L'Iran ouvre le détroit d'Ormuz, Trump crie victoire - C dans l’air - 17.04.2026
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
C'est important de donner une partie ... - A.Casse: Bonsoir et bienvenue.
Il était 15h25 quand la dépêche AFP est tombée. L'Iran rouvre le détroit d'Ormuz. Son ministre des Affaires étrangères l'annonce.
Jusqu'à la fin du cessez-le-feu mercredi prochain. Ca faisait 49 jours que ce petit corridor était le centre du monde, faisant craindre une asphyxie de l'économie mondiale. D.Trump a réagi par un simple "merci" sur son réseau social.
Peut-il revendiquer sa première victoire? Prochain trophée possible: récupérer les 400 kg d'uranium. Il irait jusqu'au Pakistan signer une paix à la Trump.
A.Bauer, vous êtes professeur émérite au Conservatoire national des arts et métiers. Je rappelle votre livre.
L.Menget, vous êtes grand reporter, spécialiste des relations internationales. A.Levallois, vous êtes présidente de l'Iremmo et chargée de cours à Sciences Po.
P.Allémonière, vous êtes grand reporter, spécialiste des questions internationales. Je rappelle votre livre.
Est-ce que D.Trump peut revendiquer une victoire ce soir? La réouverture du détroit d'Ormuz? - A.Bauer: Il peut revendiquer la réouverture d'un détroit qu'il avait contribué à fermer.
A lire attentivement la déclaration des autorités iraniennes, il est rouvert sur le nouveau canal qui passe dans les eaux territoriales iraniennes, au nord de l'île qui fait la délimitation dans la partie la plus étroite du détroit. Quand on parle du détroit, on ne sait plus de quoi on parle. C'est la partie la plus étroite du détroit, celle où les eaux territoriales d'Oman...
Il n'y a plus d'eaux internationales à l'espace plus étroit. Au lieu de passer par en dessous, on passe par au-dessus. Ils rouvrent à l'intérieur de leurs eaux territoriales.
On suppose que c'est sans péage. Mais ce n'est pas dit. Ce n'est pas précisé.
Par ailleurs, cet endroit n'a jamais été fermé. Il était ouvert aux amis, fermé aux ennemis. Ici, plus bas, il y a le contrôle, le barrage filtrant, qui n'est pas un blocus.
Tous les mots ont un sens. Le barrage filtrant américain n'est pas levé. Il faut suivre à la minute...
Voilà ce qui se passe. Il y a un effet positif qui est qu'on revient au statu quo avant les opérations qui ont amené l'Iran à dire qu'ils fermaient. On n'a pas d'information sur s'il y a des mines ou pas.
Les Iraniens n'en parlent plus. - A.Casse: Les Américains en parlent. - A.Bauer: Les Américains disent qu'ils vont déminer alors qu'ils n'en ont pas les moyens.
Leurs 4 navires démineurs ont été envoyés à la casse en janvier. Les seuls qui le peuvent sont les Européens. Ils seraient plutôt prêts à envoyer des démineurs dans un cadre de cessez-le-feu.
D.Trump leur a dit de ne pas s'en occuper. On ne sait plus bien ce qui se passe. - A.Casse: Il parle d'une opération conjointe avec l'Iran pour déminer le détroit. - A.Bauer: Lors de la guerre Iran-Irak, ils avaient miné et avaient détruit plus de 500 bâtiments.
Les Iraniens ne disent pas qu'ils vont déminer. On ne sait même pas s'il y a vraiment des mines. C'était un argument pour les Iraniens pour changer le sens de circulation.
On n'a jamais eu aucun élément déterminant. C'est vous dire à quel point c'est flou. On n'a pas un pompier pyromane mais un pyromane pompier qui se satisfait d'avoir éteint le début de commencement de l'incendie qu'il avait contribué à allumer. - A.Casse: Est-ce qu'il a gagné? - L.Menget: Oui.
C'est parfois difficile, tellement le personnage nous repousse. Il brutalise, parfois, la presse. Il brutalise les relations internationales.
De fait, il a créé les conditions de sa propre victoire. C'est un génie pour créer une situation dont il va se sortir par une victoire. Même si la victoire est entachée d'énormément de complexité.
Il est tôt pour dire que c'est une vraie victoire. On verra ce qui se passe. Mais en 24 heures, il arrive à imposer un cessez-le-feu au Liban et à contraindre, on ne sait pas encore comment, ou alors, les Iraniens ont une stratégie à plus long terme...
Il contraint la réouverture du détroit d'Ormuz. Pour les Américains, il s'en sort grandi. Vous le savez mieux que personne, D.Trump crée ses propres événements.
Demain, si ça se trouve, on est de retour dans l'affaire Epstein ou il envahit Cuba. Le monde n'a pas le temps de réfléchir aux conséquences. - A.Casse: Qu'est-ce qui ferait que ce serait vraiment une victoire? - L.Menget: Il y a la question de l'uranium.
C'est au départ le point central de cette guerre américano-israélienne: empêcher l'Iran de fabriquer une bombe nucléaire. Si l'uranium reste aux mains des Pasdaran, le risque est le même. Cette opération n'aurait servi à rien d'un point de vue israélien.
L'économie iranienne est à genoux. La population civile iranienne a été oubliée dans cette histoire. Il annonce une victoire qui n'est pas la victoire des Iraniens et du peuple iranien.
Je sais peu de choses. On est réduits à des petits bouts d'informations sur ce qui se passe en Iran. La dictature militaire qui a pris le pouvoir en Iran peut réprimer la population.
C'est une victoire pour Trump mais pas pour les Iraniens ni pour l'Iran. - A.Casse: Comment il arrive à faire ce coup et à faire que le régime iranien annonce la réouverture du détroit? - P.Allémonière: C'est une victoire parce que Trump a besoin d'une victoire pour sortir de la crise, celle dans laquelle il s'est mis.
Tout ça pour ça! Cette guerre, c'est la fermeture du détroit d'Ormuz. Si c'est pour en revenir à saisir les 440 kg d'uranium enfouis sous terre ou à les éliminer, ils n'existaient pas le jour où il a...
Quand on remonte à 2018, ils n'existaient pas. Il est à l'origine des 440 kg et du détroit d'Ormuz. Tout ça pour ça.
Il faut voir le contexte. C'est un jeu à plusieurs bandes. Les Iraniens voulaient se sortir, car ils sont acculés, de cette crise.
Lui voulait se sortir de cette crise. Il a fallu trouver un intermédiaire magique. C'est le Pakistanais.
C'est le Pakistanais, le maréchal Munir, qui s'est déplacé à Téhéran. Le Premier ministre faisait le tour des Etats du Golfe. Tout ça pour passer des messages et faire accepter à l'Iran et montrer à l'Iran son intérêt à faire des concessions.
Tout ça a été très bien organisé avec la Maison-Blanche, avec le peu de négociateurs qui ont le sens des négociations et qui connaissent le Proche-Orient. Les Iraniens ont compris l'intérêt qu'ils avaient au cessez-le-feu à débloquer le détroit d'Ormuz. C'est génial.
Les Iraniens, peut-être avec l'aval des Pakistanais, ont mis dans la balance le Liban. D.Trump tord le bras à B.Nétanyahou qui lâche sur le Liban.
Les Pakistanais tordent le bras aux Iraniens. On sort comme ça. Chacun fait ses concessions.
Cessez-le-feu au Liban. Les Iraniens ont gagné et peuvent dire qu'ils lèvent tout. - A.Casse: Si c'est une victoire, comment Trump l'a-t-il obtenue?
Le blocus du blocage a fonctionné? - A.Levallois: Les 2 parties étaient dans une impasse.
Personne ne pouvait revendiquer une victoire, même si les Iraniens considéraient que c'était une victoire car ils avaient fait reculer les Américains pendant un certain temps. Les Américains se sont aperçus aussi que par l'utilisation de l'arme du blocus par les Iraniens, ils ont mis du temps avant de réagir et de proposer et de mettre en oeuvre ce blocus américain. Les 2 parties étaient dans une impasse totale, personne ne pouvant revendiquer une victoire ou chacun la revendiquant.
La contestation ou la critique interne aux Etats-Unis était en train de monter. Trump ne pouvait pas tenir indéfiniment avec ce blocus et les répercussions sur l'économie. Le régime iranien est extrêmement affaibli, même s'il se montre en disant qu'il a tenu tête aux Américains.
La réalité sur le terrain est que les conséquences économiques du blocus sont considérables. La seule ressource qui reste aux Iraniens est d'exporter leur pétrole. Avec ce double blocus, compliqué.
On est arrivés à un moment où les 2 parties avaient intérêt à annoncer quelque chose vis-à-vis de leurs opinions publiques, plutôt côté américain. Ca n'a pas le même poids côté iranien. Le régime iranien avait besoin de montrer qu'il était prêt à négocier, avec l'idée qu'il est plus fort dans les négociations.
L'Iran connaît ce dossier et sait négocier. Les Américains sont repartis après 24 heures. Ils voulaient une reddition et les Iraniens n'allaient pas leur offrir.
L'idée des Iraniens est de reprendre la négociation car ils y ont tout intérêt. Ca peut durer un certain temps. C'est là qu'il faut étudier la réaction de Trump.
Peut-être qu'il va estimer qu'avec ce qu'il a gagné, ça lui permet de montrer en interne qu'il a obtenu, selon ses critères, une victoire. Il peut la revendiquer. Ca peut permettre de dire que l'économie peut repartir. "J'ai fait ce que j'avais à faire." Surtout quand il annonce que les 440 kg d'uranium, les Iraniens sont prêts à lui rendre.
J'attendrais la confirmation... - A.Casse: On ne l'a toujours pas! - A.Levallois: Ils n'ont pas encore réagi. - A.Casse: Qu'est-ce que ça peut vouloir dire? - A.Levallois: Pas sûre que l'accord soit aussi clair et que les Iraniens remettent les 440 kg de poussière aux Américains. - A.Casse: Le détroit d'Ormuz peut-il rouvrir comme avant?
La stratégie de Trump a-t-elle payé? D.Trump dit qu'il ne veut pas de l'aide des Européens. - Les bateaux pourront-ils enfin passer?
L'Iran ne menace plus le détroit d'Ormuz. C'est l'annonce surprise de Téhéran cet après-midi. ...
L'espoir d'un retour à la normale pour le trafic maritime mondial après 49 jours de conflit. Ces dernières heures, les navires étaient rares à s'aventurer dans le détroit. La marine américaine a mis en place un blocus depuis lundi.
Ses bateaux de guerre contrôlent chaque allée et venue et ils veulent le faire savoir en diffusant ces conversations. ... - Le président américain salue la décision iranienne de rouvrir le détroit mais annonce continuer son blocus contre les bateaux iraniens.
Il garde ce moyen de pression. Ces derniers jours, D.Trump semblait optimiste sur les négociations en cours.
Selon lui, Téhéran pourrait même livrer son uranium. - D.Trump: L'Iran a accepté de nous restituer les restes de ses stocks nucléaires.
Ils sont enfouis profondément sous terre. Nous avons de nombreux points d'accord avec l'Iran. Quelque chose de positif va se produire. - L'Iran a officiellement démenti.
Les négociations pourraient reprendre au Pakistan, selon un média. Les Etats-Unis pourraient dégeler 20 milliards de dollars d'avoirs iraniens. Le conflit est-il presque terminé?
Tout s'est accéléré avec le cessez-le-feu entre le Liban et Israël. C'était une demande de l'Iran à Washington. Au sud du Liban, des milliers de réfugiés rentrent chez eux malgré les routes défoncées et les ponts détruits par les bombardements israéliens.
Certains découvrent leur quartier ou leur maison rasés. - Tout est détruit. C'est invivable.
Invivable. On reprend des affaires et on repart. Que Dieu protège ces jeunes.
Que Dieu nous soulage et mette fin à tout ça. - 1,2 million de déplacés et près de 2300 tués en un mois et demi. Le cessez-le-feu reste fragile et doit durer 10 jours.
Il est entré en vigueur à minuit. Au même instant, feu d'artifice et tirs de joie en banlieue de Beyrouth. La trêve s'est jouée à des milliers de kilomètres, à Washington.
D.Trump met la pression. - D.Trump: Je pense que nous aurons un accord avec le Liban.
Ils vont s'occuper du Hezbollah. Mais nous aurons aussi un accord entre Israël et le Liban. C'est très important. - Cessez-le-feu au Liban, ouverture du détroit d'Ormuz...
Le monde se prépare à la suite. Une cinquantaine de pays se réunissent aujourd'hui à l'Elysée. Leur objectif: tenter de monter une opération pour sécuriser la navigation dans le détroit.
Une mission diplomatique et militaire qui resterait défensive. Malgré les dernières déclarations de l'Iran et des Etats-Unis, ils préfèrent rester prudents. - K.Starmer: Nous nous félicitons de l'annonce faite pendant notre réunion, mais nous devons nous assurer qu'il s'agit d'une proposition durable et réalisable. - E.Macron: Tout cela fait avancer, par la diplomatie, la situation et l'initiative que nous avons tenue ensemble aujourd'hui est encore plus légitime car elle est ce qui va permettre de consolider ces annonces à court terme et de leur donner une possibilité de tenir dans la durée. - L'ouverture du détroit d'Ormuz annoncée par l'Iran rassure déjà les marchés.
Le cours du pétrole perd près de 10 % aujourd'hui. - A.Casse: Il y a 2 images qui se percutent.
D'un côté, les 4 mousquetaires, K.Starmer, G.Meloni, F.Merz reçus par E.Macron qui essayent de penser à l'après.
Et ce détroit d'Ormuz qui se rouvre et D.Trump qui nous assène une gifle. Voici son message. ... - L.Menget: Les deux mondes s'opposent.
Le monde de Trump, le monde de l'immédiateté, et le monde de la diplomatie à l'européenne qui continue à se pratiquer. Il ne faut pas les opposer. Ce qui s'est passé aujourd'hui à l'Elysée ne sert pas à rien du tout.
C'est une diplomatie qui aura un sens dans plusieurs semaines, ce dont Trump se fout complètement. Pour lui, tout ça se règle à coups de communiqués. Après, sa pique sur l'Otan est sérieuse.
Il a dit que pendant la guerre, l'Otan ne l'avait pas aidé. Il va se venger. C'est le dossier qui monte.
Quand il y aura le sommet de l'Otan en juin, ça va devenir compliqué. Trump n'est pas dans cette temporalité. Il est dans l'immédiateté. "La guerre est finie, j'ai gagné, les bateaux peuvent repasser, l'économie repart." Si tout se passait bien, ce sont des mois et des mois avant que le trafic reprenne normalement, que le pétrole soit exporté normalement.
Et on ne parle que du pétrole. On ne parle pas assez des engrais. Il pourrait y avoir des famines terribles si ces engrais n'arrivaient pas à temps pour les récoltes.
Il y a des enjeux qui vont prendre beaucoup de temps. - A.Casse: La diplomatie, c'est le temps long.
A court terme, on est spectateurs. - A.Bauer: Plus ou moins.
S'il y a des mines ou pas, ça change la donne. S'il y a des mines, il faut les enlever. Il faut avoir des moyens.
Les Américains n'en ont plus. Ils ont envoyé leurs bateaux à la casse en janvier. Parfait timing...
Soit ils laissent faire les Iraniens, sous-traitance étonnante... - A.Casse: C'est ce qu'il dit. - A.Bauer: C'est une curiosité.
La confiance n'exclut pas le contrôle. Il va y avoir un petit problème de gestion. Je suis d'accord avec cette idée.
Il ne faut pas oublier que derrière les règles habituelles de Trump, "n'avoue jamais tes erreurs, ne reconnais jamais tes erreurs, ne dis jamais que tu as perdu même si tu as perdu, sature par les mots et par l'image, crée les conditions structurelles, venge-toi". C'est la 6e règle. Le temps est très limité dans le processus de Trump.
Il fonctionne par la provocation, ce qui provoque chez nous de la sidération. Au lieu de penser à ce qu'il fait, on est dans la moraline. Ensuite, il y a la digression.
On passe d'un sujet à l'autre régulièrement et on oublie des sujets. Il récupère Panama en le piquant aux Chinois qui viennent de lancer des menaces très dures contre les principaux opérateurs de ports. Trump est en train de sécuriser Avec les Indonésiens, les Malaisiens et les Philippins le détroit de Malacca, 83 % des exportations chinoises.
Les Chinois renforcent des îles artificielles pour gagner du territoire. Il y a des confrontations généralisées partout. On ne parle pas assez du rôle de la Chine.
Les Chinois détestent le multilatéral. Ils détestent être impliqués dans une affaire. Ils avaient des bâtiments dans le nord du Golfe et du détroit.
Jamais ils n'ont été aussi près d'une zone de conflit alors qu'ils s'en tiennent éloignés. - A.Casse: Ils n'ont pas forcé le détroit non plus. - A.Bauer: Leur ministre de la Défense a dit: "Nous enverrons des bâtiments traverser le détroit et on verra bien ce qui arrivera." C'est un communiqué d'une brutalité inédite dans une diplomatie chinoise.
Il se passe beaucoup de choses pour l'instant. - A.Casse: Question. - A.Levallois: C'est tout à fait possible.
Les Chinois voulaient un déblocage de ce détroit d'Ormuz. Ils en ont besoin pour que le pétrole sorte, en particulier le pétrole iranien. Que les Chinois aient fait pression sur les Iraniens pour leur dire que la situation n'était pas tenable...
Ca a fonctionné car les Iraniens aussi avaient besoin de ça. Ils ont pu accepter de rentrer dans cette discussion avec les Chinois qui leur demandaient d'ouvrir ce détroit d'Ormuz. C'était une nécessité pour eux. - A.Casse: D.Trump semble en capacité de revendiquer plusieurs victoires: le cessez-le-feu au Liban, la réouverture du détroit d'Ormuz et peut-être les 440 kg d'uranium qu'il prétend pouvoir récupérer.
On ne sait pas dans quel état ils sont. On ne sait pas qui va la récupérer, même si V.Poutine lève la main. - P.Allémonière: Ces 440 kg, on les dit répartis sur 2 sites en Iran, enfouis sous des tonnes de montagne ou de pierres.
D.Trump ne parle plus de 440 kg mais de "poussière", d'un air méprisant. "Ils vont nous rendre leur poussière." Le Liban, la guerre au Liban, le détroit d'Ormuz et les 440 kg, c'est D.Trump qui a déclenché tout ça.
Toute cette guerre, ces milliers de morts, 2000 au Liban, pas loin de 2000 et peut-être plus en Iran, sans parler des 43 millions de personnes menacées de basculer dans l'insécurité alimentaire dans le monde suite à la fermeture du détroit d'Ormuz...
C'est Trump qui en est à l'origine. Il a réussi à régler tous ces problèmes. Heureusement!
C'est lui qui les a déclenchés. Quant à récupérer les fameux 440 kg...
Bonjour s'il faut aller les chercher sous la terre. On va mettre des pelleteuses. Qui va surveiller?
L'AIEA? Est-ce que les Pakistanais, puissance nucléaire, qui ont joué un rôle moteur dans la négociation, seront intégrés? Est-ce que cet uranium qu'a proposé de récupérer la Russie ira en Russie?
Trump a dit non. Est-ce que le Pakistan va offrir son aide pour récupérer l'uranium une fois qu'il sera sorti de terre? Ca prendra un temps fou.
Les Iraniens ont intérêt à aboutir à une sorte de mémorandum, un petit accord, qui va donner le cadre de l'accord futur. Après, on laissera durer le temps. Pendant ce temps long, le régime iranien des Pasdaran reste au pouvoir et Trump pourra aller s'occuper d'autres affaires: Cuba, le Groenland et ses élections. - A.Casse: Le régime semble se fissurer.
Je reste sur les 440 kg d'uranium. Si Trump les récupère, les Iraniens obtiennent quoi, en échange? On parle d'un deal à 20 milliards de dollars. - L.Menget: Ce qu'ils pourraient obtenir, c'est la levée des sanctions qui perturbent énormément le fonctionnement du pays et récupérer les avoirs gelés.
C'est 100 milliards! Le régime qui est en faillite à cause de la guerre, même s'il n'allait pas bien avant...
La guerre a effondré l'économie. On a très peu d'images. La réalité, c'est que les Iraniens qui sont allés dans leur usine ou au bureau arrivent devant des gravats.
Il n'y a plus rien. Il faut remettre le pays en route. Les Pasdaran, c'est aussi une économie de prédation.
Les 100 milliards gelés, ils veulent les récupérer. En plus de s'être positionnés, on va voir ce que vont faire les Etats-Unis et Israël. Ils peuvent aussi dire que ça fait 47 ans qu'on dit qu'on peut se battre contre Israël et contre les Etats-Unis.
Militairement, ils n'ont pas gagné, mais ils n'ont pas perdu. En termes d'argent et d'idéologie, le discours est assez porteur pour que les Pasdaran essaient de se maintenir au pouvoir. - A.Levallois: Dans le cadre de cet accord, si les Iraniens obtiennent la levée des sanctions, c'est essentiel pour conforter ce pouvoir qui est très malmené par la société iranienne.
Si les Gardiens de la révolution obtiennent la levée des sanctions et le retour de ces avoirs dans le pays, permettant de développer l'économie, une grande partie des Iraniens opposés au régime mais de plus en plus opposés à cette guerre, qui en veulent beaucoup aux Américains et aux Israéliens d'avoir contribué à la destruction du pays, ça permet aux Gardiens de la révolution de rebondir sur ce sujet et de montrer qu'ils ne s'en sont pas si mal sortis que ça car ils obtiennent la levée des sanctions permettant de faire redémarrer l'économie et de dire: "Vous nous avez critiqués, mais on n'est pas si mauvais que ça." Le mécontentement à l'égard des Américains, il ne faut pas le minimiser. Il y a un sentiment nationaliste très fort en Iran.
Beaucoup d'Iraniens considèrent que les Américains se sont moqués d'eux. L'opération, au départ, c'était faire tomber le régime pour sauver la population iranienne de la vive répression menée par le pouvoir. Or, Trump négocie avec les Gardiens de la révolution, régime beaucoup plus fort et répressif que le régime précédent.
La composante religieuse est beaucoup moins mise en avant. Les religieux ont été mis de côté à la faveur des militaires, des Gardiens de la révolution. Il faut observer, dans les jours et les semaines à venir, comment cette société iranienne va se comporter.
On peut assister à certaines surprises, à une vive critique de leur part, même de ceux contre le régime, qui vont se dire que ce à quoi a conduit cette opération militaire, c'est un renforcement de la branche militaire, donc répressive. S'ils obtiennent la levée des sanctions, on pourra enfin redémarrer. - A.Casse: C'est intéressant, ce que vous dites.
On se souvient des images de la guerre quand le Guide suprême a été éliminé. On se souvient des images de joie en Iran, de ce discours avec les buts de guerre affichés de faire tomber le régime. Il n'en a rien été.
Vous dites que ceux qui étaient opposés au régime s'opposent aussi aux Américains, maintenant. - A.Bauer: On a oublié qu'il y a un puissant sentiment national en Iran plus présent que dans n'importe quel autre pays: Irak, Libye, Syrie... - A.Levallois: En Iran, c'est très marqué. - A.Bauer: Il y a 55 % de Perses et une grosse minorité azérie.
L'actuel président de la République, ce sont des Azéris. Ce qu'on n'a pas vu, c'est qu'il y a eu un coup d'Etat invisible dans cette affaire. Avant, il y avait un équilibre avec une surface extérieure extraordinairement...
On appelait ça la monarchie. Elle a disparu. Ils n'ont pas été tous éliminés.
Il en reste. Mais elle n'est plus que la façade de la puissance réelle du corps des Gardiens de la révolution qui a commencé à s'affirmer lors de la guerre Iran-Irak. Les mollahs allaient au combat auréolés de leur statut de combattants.
Là, il n'y a plus de représentation réelle. Quand il y a eu les négociations à Islamabad, les Iraniens sont arrivés à 76. Ils voulaient une vraie négociation.
Ils avaient des experts sur l'ensemble des dossiers. Ces négociations se sont poursuivies malgré le départ des Américains. Aujourd'hui, il n'y a qu'un seul pouvoir en Iran, le corps de Gardiens de la révolution.
Il réussit cette prédation, ce contrôle social, économique, militaire...
L'armée iranienne ressemble à l'armée libanaise, en termes de moyens. Le corps des Gardiens de la révolution, c'est la structure centrale du régime. Elle a réussi à mettre de côté...
Ils ont inventé le Guide caché comme il y avait l'Imam caché. Il s'est produit un autre élément. Cet élément est prêt à la négociation.
Plus il paraît dur à l'extérieur, plus il est corrompu à l'intérieur et plus il est prêt à un deal. C'est pour ça qu'ils ne sont pas loin à pouvoir s'entendre avec l'administration Trump. - A.Casse: On a envie de plonger dans ce régime.
Il y a une enquête du "Wall Street Journal" qui dit que le nouveau chef des Gardiens de la révolution s'en est pris au chef du Parlement. Pour la première fois, on perçoit un début de fissure. - L.Menget: C'est un début de fissure.
On n'a pas tous les détails. Ce qui semble se dessiner, et les Israéliens sont très informés... - A.Casse: Peut-être qu'ils instrumentalisent aussi. - L.Menget: Peut-être.
Ils veulent déstabiliser l'Etat iranien. Il y a un corps politique, dont le président du Parlement, Ghalibaf, font partie. Ce sont des hommes issus d'un sérail politique qui ont été dans tous ces corps, les conseillent.
Il y a de multiples conseils, en Iran. Ce sont des personnalités de la vie politique. Comme vous le disiez, il y a eu une prise en main par les Pasdaran.
Ce sont eux qui ont l'argent et le pouvoir militaire. Ils sont avec un homme-clé à la tête, M.Rezaï.
C'est une bande d'hommes qui se sont connus pendant la guerre Iran-Irak. C'était des combattants de très bon niveau. Ils se sont connus dans les tranchées de la guerre Iran-Irak.
Ils ne se sont jamais quittés. C'est à la vie, à la mort. Les autres hommes politiques classiques ne font pas partie de ce monde.
Ils ont pris le pouvoir à Téhéran et ils disent aux politiques: "Ce n'est pas vous qui avez le pouvoir, c'est nous. Vous allez parler quand on vous dit de parler." Il est possible que Pezeshkian ne puisse parler à la télévision que quand on le lui a autorisé.
Ce sont tous des durs. Mais il y a des pragmatiques et des très rigides. - A.Casse: M.Rezaï s'oppose à la prolongation du cessez-le-feu.
On dit qu'il est allé tellement loin qu'il a fait exécuter son fils qui était passé du côté de l'opposition. C'est vrai? - P.Allémonière: On va rentrer dans un grand brouillard des récits.
A la manoeuvre, il y a les renseignements israéliens qui sont les maîtres en la matière. Il faut faire attention avec les informations. Qu'est-ce qui est arrivé à son fils?
Un jour, à Dubaï, en 2011, on l'a retrouvé mort dans sa chambre d'hôtel. Qui arrive pour inspecter? La police émiratie.
Elle a de gros liens, depuis toujours, avec les Gardiens de la révolution. C'est là-bas qu'ils déposent tous leurs avoirs cachés. C'est grâce aux Emirats que le détournement des sanctions va se faire.
Quand on a autant d'argent venant d'Iran dans ses caisses, on ne va pas faire une enquête très approfondie. On est restés au fait qu'il s'était suicidé. L'opération a été validée par le monde entier.
Je n'ai pas mené l'enquête. Je suis incapable de dire s'il s'est suicidé réellement. Toutes les sources convergent pour alimenter la thèse du suicide. - L.Menget: Il avait fui le pays, il faut le préciser.
Il avait fait défection. - P.Allémonière: Il avait fait ses études aux Etats-Unis.
Il avait pris des positions hostiles, publiques... - A.Casse: Son père devenait la risée... - P.Allémonière: Ca faisait partie de ces jeunes Iraniens...
Tous les corps des Gardiens de la révolution...
Sa fille était aux Etats-Unis. - L.Menget: Elle y est toujours. - A.Levallois: Ils ont tous fait leurs études là-bas. - P.Allémonière: Ils y vivaient très bien.
Certains prenaient des positions hostiles par rapport au régime. Par rapport à ce qu'on va entendre à partir de maintenant, même sur les fractures des Gardiens de la révolution...
Il y a forcément des fractures entre la vieille garde et les nouveaux, les plus jeunes, ceux qui ont fait la guerre en Syrie, qui sont des nationalistes, qui n'ont pas la même idéologie antiaméricaine très marquée dans leurs veines. On va entendre tout ce discours. Ca participe à une déstabilisation du régime.
Il faut que nous restions prudents et que nous nous en tenions aux faits. Les Gardiens de la révolution sont très habiles dans leur transformation. Dans les reportages à la télévision iranienne, la télévision d'Etat montre des femmes dévoilées qui s'expriment ouvertement.
Clin d'oeil à la société. "On n'est pas comme ceux d'avant." - A.Casse: Il me semble important de redire à quel point ce régime continue de pendre ses opposants.
Il y a des centaines d'opposants dans les couloirs de la mort en Iran. - A.Levallois: La situation en interne est catastrophique pour les Iraniens.
Si les Gardiens de la révolution avaient lâché sur certains points, dont le port du voile...
Pour les religieux, les fondements de la République islamique étaient ébranlés par cette revendication. Les Gardiens de la révolution, plus pragmatiques et moins religieux, ont considéré que ça ne servait à rien de s'arc-bouter sur cette question du voile. Cette composante est mise de côté.
Quand vous prenez le nom des opérations choisis par les Américains et les Israéliens pour la guerre en Iran, ce sont des appellations qui font référence à des références religieuses. Dans le cas de l'Iran, pas du tout. Il y a un renversement total de ce pays considéré comme une République islamique qui l'est moins aujourd'hui face à des Américains et des Israéliens qui mettent en avant des références religieuses pour justifier leur opération. - A.Casse: Dans les messages publiés par D.Trump, il dit qu'il a ordonné à Israël d'arrêter de bombarder le Liban alors que la trêve est entrée en vigueur hier soir.
Le débat monte aux Etats-Unis contre la livraison d'armes à l'Etat hébreu. - Quelle influence B.Nétanyahou a-t-il sur D.Trump?
Aux Etats-Unis, le débat agite les plateaux télé. - Pensez-vous que le public mesure pleinement à quel point B.Nétanyahou a pesé dans la décision du président Trump d'attaquer l'Iran? - C'est inhabituel pour un dirigeant étranger d'assister à ce type de réunion.
Ca témoigne de l'ampleur de la situation. - Le "New York Times" dévoile une scène qui se serait déroulée dans la salle de crise de la Maison-Blanche. ...
Les doutes des conseillers de D.Trump n'y changeront rien. B.Nétanyahou minimise son influence. - B.Nétanyahou: C'est ridicule.
D.Trump est le leader le plus fort au monde. Il fait ce qu'il pense être juste pour l'Amérique. - Le mal est fait pour une partie de la sphère Maga.
Cet influenceur d'extrême droite et ses propos insultants à l'égard du président américain... - J'ai de la peine pour Trump comme j'en ai pour tous les esclaves.
Il n'est pas libre de faire ce qu'il pense être le mieux pour lui-même ou son pays. - Que voulez-vous dire? - Il n'est pas libre!
C'est B.Nétanyahou qui pousse les Etats-Unis à faire quelque chose qu'il pense être bon pour lui mais qui ne nous profite pas. - Une théorie alimentée par un débat qui divise depuis des années la société américaine, celui de l'aide à Israël dans sa guerre menée dans la bande de Gaza.
Manifestations d'ampleur dans les campus aux Etats-Unis, notamment soutenues par des étudiants de gauche. Mais la remise en question du soutien américain à Israël gagne aussi du terrain dans la génération Maga. Comme ce jour où J.D.Vance est interpellé par un étudiant sur ce campus universitaire. - Je suis un homme chrétien.
Je suis confus de voir qu'il y a cette idée selon laquelle nous pourrions devoir quelque chose à Israël ou qu'ils sont notre plus grand allié, ou que nous devons fournir cette aide de plusieurs milliards de dollars à Israël. - J.D.Vance: Quand le président des Etats-Unis dit "America First", il défend d'abord les intérêts américains.
Parfois, Israël a des intérêts qui correspondent aux nôtres. Nous travaillons avec eux. - Au sein de la frange la plus radicale du mouvement Maga, la critique d'Israël, dans l'antisémitisme, à l'image de cet influenceur néonazi et suprémaciste blanc. - Il faudra écarter ces juifs sionistes du Parti républicain.
Tous ces types qui contrôlaient vraiment l'appareil médiatique. Pour moi, c'est le plus gros obstacle. - Quand l'influente podcasteuse tient un discours négationniste en réhabilitant Adolf Hitler... - Quand vous demandez aux gens ce qu'il y a avec Hitler, pourquoi il serait le plus maléfique, ils disent que c'est parce qu'un nettoyage ethnique a presque eu lieu. - Des propos fermement condamnés par certaines figures républicaines. - Au cours des 6 derniers mois, j'ai vu plus d'antisémitisme à droite que durant toute ma vie.
C'est un poison. Je crois que nous faisons face à une crise existentielle au sein de notre parti et dans notre pays. - Une fracture aussi au sein de la société américaine.
Selon une enquête, près d'un quart des citoyens de moins de 25 ans déclarent avoir une opinion défavorable à l'égard des juifs. C'est 5 fois plus que chez les personnes de plus de 65 ans. - A.Casse: Question. - A.Bauer: Il n'en avait pas besoin.
Il avait besoin d'une digression supplémentaire. Entre l'invasion du Groenland, l'asphyxie de Cuba ou une opération de la même manière qu'il n'a pas été nécessaire de le pousser à bombarder les sites nucléaires iraniens dans l'épisode précédent. Il a toujours besoin d'une sorte d'argumentaire.
Quand il convoque son état-major, il dit: "Faites-moi des scénarios." Mais il a une idée en tête. Il dit qu'il vit avec son instinct.
Sa réalité, c'est d'être trumpiste, rien d'autre. Le reste ne l'intéresse pas. Quand il est élu de la base Maga baptiste et qu'il se déguise en Jésus, avant de dire "je voulais ressembler à un docteur, c'est l'IA qui m'a trompé", il se rend compte des dégâts qu'il fait sur ses propres électeurs.
Comme il n'a pas de surmoi, ça n'a pas d'importance car il arrivera à s'en sortir en racontant une divagation. - A.Casse: C'est rare de le voir reconnaître une erreur... "Je pensais être un médecin, je me suis trompé." - A.Bauer: Il dit que c'est l'IA qui s'est trompée.
Ce n'est pas lui. Il y a une alliance de circonstance sur des objectifs communs entre l'idée du désarmement de l'Iran et d'effacer l'humiliation de 1979, la prise d'otages à l'ambassade américaine de Téhéran, et l'effondrement de l'Iran qui est la position de B.Nétanyahou.
B.Nétanyahou a toujours eu cette position. Depuis 1979, il dit la même chose: "L'Iran est notre ennemi existentiel." Rien de nouveau sous le soleil.
Tout l'entourage de D.Trump, J.D.Vance, qui n'y est pas pour rien dans l'idée que nous sommes informés dans la presse américaine...
C'est ce que tous les autres disent, ses amis républicains Maga...
Il fait la démonstration qu'il y a un vrai débat à l'intérieur de la Maison-Blanche, ce qu'on avait déjà vu avec l'interview de sa cheffe de cabinet. A la fin, D.Trump seul dit: "C'est mon instinct, c'est comme ça que je vais le faire.
Le plan qui m'est proposé a plus de sens que les autres." - A.Casse: J'ai besoin de savoir quelle est la véritable influence de B.Nétanyahou sur D.Trump.
Pourquoi D.Trump dit aujourd'hui "ça suffit" à B.Nétanyahou?
Il reprend la main? - L.Menget: Bien sûr.
D.Trump déteste les losers. - A.Bauer: "You are fired." - L.Menget: Aujourd'hui, B.Nétanyahou va faire face à des élections.
Il peut tout perdre. Il est très impopulaire en Israël. En France, on confond beaucoup le soutien de la guerre et le soutien à B.Nétanyahou.
B.Nétanyahou est à la tête d'une petite coalition d'extrême droite suprémaciste qui ne peut pas tenir longtemps. C'est pour ça qu'il repousse les élections.
D.Trump lit tout ça. Je vais être encore plus tordu dans mon explication.
Je pense que dans cette fuite du "New York Times", D.Trump choisit une victime. "Si ça foire, on dira que c'est B.Nétanyahou." D.Trump n'est copain avec personne!
Il utilise les gens. Il a su utiliser B.Nétanyahou quand il en avait besoin pour éliminer le Guide suprême.
Les Israéliens ont tout lancé sur place. En laissant fuiter, que ce soit J.D.Vance ou quelqu'un d'autre...
Le patron de la CIA, dans ce papier, dit à D.Trump qu'il n'y a qu'un point qui marche: l'assassinat du Guide. D.Trump choisit d'y aller.
En même temps, il tord le bras de B.Nétanyahou. C'est la 2e fois.
Aucun autre président américain n'a autant tordu le bras à B.Nétanyahou. B.Nétanyahou a reçu un coup de fil de D.Trump. "Cessez-le-feu à 23h." B.Nétanyahou n'a pas convoqué le Conseil de défense tellement il était isolé et surpris.
En Israël, normalement, il n'y a pas un cessez-le-feu qui s'annonce sans le Conseil de défense israélien. B.Nétanyahou est apparu à la télévision en l'annonçant, épuisé et battu par D.Trump. - A.Casse: Il a aujourd'hui la posture du "loser"? - P.Allémonière: Il ferait mieux de l'abandonner, s'il veut avoir le soutien de D.Trump.
Ce que cette séquence nous apprend, c'est qu'il n'y a pas, pour D.Trump, d'alliés. Tous les hommes, il peut les balayer d'un revers de main.
B.Nétanyahou vient d'en faire la cuisante expérience. Il l'avait déjà fait après la guerre des Douze Jours, quand il lui avait dit de ramener son avion.
Là, c'est beaucoup plus cuisant. "Tu ne peux pas bombarder le Liban." Au même moment, B.Nétanyahou dit qu'il doit continuer la guerre...
B.Nétanyahou, il en a eu besoin pour se justifier par rapport à son état-major, mais il s'en moquait complètement. D.Trump ne supporte pas ce régime iranien qui l'empêche de faire "drill, drill" dans ce pays qui est détenteur d'une masse colossale de pétrole.
C'est un homme du XXe siècle qui recherche le pétrole. - A.Casse: Si D.Trump lâche vraiment B.Nétanyahou, ça aura quelles conséquences? - A.Levallois: On voit bien qu'il y a une stratégie établie.
Il va au bout de ce qu'il veut. De son point de vue, il obtient des résultats. On va voir comment B.Nétanyahou va réagir.
Va-t-il négocier avec D.Trump? Ce que veut D.Trump, c'est la photo à Washington entre J.Aoun, président libanais, et B.Nétanyahou, pour dire qu'il a obtenu la énième paix... - L.Menget: Ce sera une réunion historique... - A.Levallois: Si elle a lieu, ce sera une réunion historique.
Il pourra s'en arroger la paternité. Ce que fait D.Trump, c'est ça.
Est-ce que ce cessez-le-feu va être respecté par Israël? Le cessez-le-feu à Gaza n'est pas respecté. Tous les jours, des Palestiniens sont tués dans la bande de Gaza.
Je n'entends pas les voix américaines se lever, alors que D.Trump a exigé un cessez-le-feu. Dans le deal, on peut imaginer que B.Nétanyahou obtienne les mains libres à Gaza.
Au Liban, pour avoir cette poignée de main sur la pelouse de la Maison-Blanche, il va y avoir des vraies pressions sur B.Nétanyahou. Au moins, obtenir dans un premier temps un cessez-le-feu respecté.
Mais je n'irai pas jusqu'à un cessez-le-feu respecté à 100 %. - A.Casse: Le pétrole a tout de suite chuté de 10 % après la ouverture du détroit d'Ormuz.
Le groupe Total, 1er groupe français, en anticipant la fermeture du détroit, a réalisé 1 milliard de dollars de profits. - Ces 40 jours de guerre au Moyen-Orient où le pétrole a flambé comme jamais ont-ils été aussi 40 jours de gros profits pour les entreprises pétrolières? - La polémique repart sur Total... - TotalEnergies est-il un profiteur de guerre? - Des questions suite à une opération financière hors normes.
Un pari gagnant sur le pétrole du Moyen-Orient pour Total. 1 milliard de dollars de profits. Comment le groupe français a-t-il fait?
Dans les 1ers jours de la guerre, Total a acheté l'équivalent de 34 millions de barils de pétrole. ...
Du pétrole produit aux Emirats arabes unis et à Oman. Un choix stratégique. Leurs principaux ports se situent à la sortie du détroit d'Ormuz.
Au moment de l'achat, Total paie le baril 70 dollars. Il se vend une centaine de dollars aujourd'hui. La stratégie de l'entreprise ne s'arrête pas là.
Elle double la mise en recourant à des instruments financiers. - On n'achète pas du pétrole physique, mais des produits financiers dérivés qui répliquent la variation des cours du pétrole. Quand les cours Commencent à grimper, Total réalise ses opérations.
Quand le conflit prend une autre dimension, les cours s'envolent. On dépasse les 115... - Pour ce spécialiste, c'est un moyen de se couvrir contre la variation des cours et de parier aussi sur la hausse des prix. - Acheter au début d'une phase de géopolitique, avec l'intensité que ça a eu dans les semaines qui ont suivi, l'évolution des cours, oui, c'est un timing parfait. - Total se défend aujourd'hui d'avoir fait de la spéculation. ...
Au-delà de cette opération remarquée, la hausse du prix du pétrole a été bénéfique pour toutes les compagnies pétrolières européennes. Selon Greenpeace, elles engrangent 80 millions d'euros de bénéfices supplémentaires chaque jour. Jackpot pendant qu'à la pompe, les citoyens voient les prix augmenter.
Sur les plateaux télé, un mot fait son grand retour... - Taxer les superprofits. - Des superprofits hallucinants. - Qu'on taxe les superprofits! - La question du partage des profits, un peu à gauche et pas seulement. - Faire des profits à cause d'une guerre... - Faire en sorte que ce qui a été perçu en trop soit récupéré par tous les Européens. - Une taxe sur les superprofits soutenue par des économistes et des ONG. 5 pays européens en ont aussi fait la demande à la Commission européenne: l'Espagne, l'Autriche, l'Italie, le Portugal et l'Allemagne.
Demande non signée par Paris. Face à la petite musique qui monte, le Premier ministre ne ferme pas totalement la porte à la proposition. - S.Lecornu: Les ministres sont en train de l'expertiser.
Nous n'avons pas d'opposition de principe à celle-ci, mais cela nous renvoie à nos discussions budgétaires de l'automne dernier. Quelle est son assiette? Son rendement?
Comment ça fonctionne? Il ne faut pas qu'on mente aux Français sur les capacités de cette initiative. Il n'y a pas d'objection en tant que telle. - Une taxation des superprofits et des aides aux entreprises énergétiques avaient été mises en place à l'échelle européenne.
En 2022, après l'invasion de l'Ukraine par la Russie, elle avait rapporté 69 millions d'euros à la France, 3 fois moins qu'espéré. - A.Casse: Question. - A.Bauer: Je ne sais pas.
En plus, je marche à pied... - A.Casse: A priori, non... - A.Bauer: On a une vision...
Quasiment zéro pourcent du pétrole d'Iran vient en France. La raffinerie gazière a été Lourdement impactée. Il n'y a pas d'achat de pétrole.
De la même manière qu'Air France parie sur le kérosène, "je compte le payer 200 dollars et, si c'est moins cher, je sors de ma poche, et si c'est plus cher, je gagne de l'argent". C'est un effet boursier. Taxer les superprofits...
La France est un pays qui a inventé la taxe. Elle sait très bien taxer. A un moment ou à un autre, si c'est du bénéfice net, il sera taxé.
L'idée générale est de faire en sorte que ce soit le moins douloureux possible pour ceux qui vivent avec leur voiture et qui utilisent du pétrole ici, mais qui n'est pas importé de cette zone. - A.Casse: On passe à vos questions.
Question. - L.Menget: Non.
Ce n'est pas si simple. A l'heure où on se parle, on n'a pas tous les détails de l'accord. J'aurais peur de dire une bêtise et faire penser des bêtises. - A.Casse: Les bateaux militaires, c'est non. - L.Menget: Pour l'instant, c'est non.
D'une certaine manière, il vaut mieux démilitariser le plus possible la zone. Dans ce genre de moment, c'est les fins de conflit, les suspensions...
Il suffit qu'un obus parte dans la mauvaise direction et c'est la catastrophe. Ils ont raison. Ce qui va être très important, c'est la route qui va être imposée.
Le détroit d'Ormuz n'a pas 36 routes possibles. Les Iraniens reviennent sur les détails de la carte mais imposent de passer au nord d'une petite île sur laquelle ils auraient instauré une forme de péage. Est-ce qu'ils vont instaurer une sorte de taxe?
Est-ce que les Américains vont accepter? Ca m'étonnerait. Mais les Iraniens veulent contrôler le passage. - A.Casse: Question. - A.Levallois: Compliqué.
On sait que la normalisation entamée entre l'Arabie saoudite et l'Iran en mars 2023 est remise en question. Les pays du Golfe n'ont pas accepté que l'Iran envoie des missiles et des drones sur leurs installations. On vient de dire que certaines vont être hors d'état de fonctionnement pendant des années.
Le peu de confiance qui commençait à être établi entre l'Arabie saoudite et l'Iran est sérieusement remis en question. En même temps, ces pays savent qu'ils vont devoir composer. Les relations vont devoir s'améliorer.
Cette guerre a démontré que c'était une catastrophe pour eux. Leur image est remise en question. Ca montre leur vulnérabilité extrême.
Ils ne peuvent pas se permettre de reprendre le risque d'être en confrontation avec l'Iran. L'Iran a des missiles qui ne coûtent pas très cher et peut mettre à plat leur économie. Eux qui ont investi massivement dans l'armement américain, qui coûte très cher, face à un armement qui coûte peu cher...
Dans cette relation asymétrique du faible au fort, l'Iran est en position de force. Ca remet en question la stratégie de ces pays du Golfe, qui se rendent compte que la vulnérabilité dont ils avaient pensé se protéger avec ces accords...
Ca a fonctionné, car 95 % des missiles sont interceptés...
Mais les 5 % qui passent... - A.Casse: Qu'est-ce qui pourrait changer? - A.Levallois: Surmonter cette crise de confiance avec l'Iran pour mettre en place une vraie coopération entre les 2 pays.
Pour se protéger du risque de prendre à nouveau des missiles qui pourraient avoir des conséquences dramatiques sur eux. - A.Casse: On nous disait que cette guerre allait forcément changer le Moyen-Orient.
On a même dit que Dubaï ne serait plus jamais Dubaï. - A.Bauer: Il ne faut jamais dire "plus jamais".
Ce qui est intéressant, c'est l'apparition des nouveaux acteurs. Que les Ukrainiens soient les principaux défenseurs des pays du Golfe pour les drones...
Les missiles ont été parfaitement interceptés. Ils sont un peu plus chers que les Shahed. Le Shahed vaut 6000 dollars.
Les installations militaires n'étaient pas bien protégées. Les grands vainqueurs, ce sont les Ukrainiens. "Nous avons appris à gérer les Shahed." Ils ont d'immenses commandes, notamment d'Abou Dhabi, qui est la Sparte locale.
Les gros opérateurs militaires ont compris qu'il fallait avoir un système dégradé, comme les Israéliens, la Fronde de David, le Dôme de fer...
Ils se rééquipent. Mais ce n'est pas les Américains qui fournissent. La garantie 100 % matériel américain pour protéger les pays du Golfe, c'est terminé. - A.Casse: Comment le prix du drone est passé de 50 000 à 6000? - A.Bauer: Ils en ont fabriqué de manière massive.
Ils ont réduit les frais de construction. Ils ont réussi à dupliquer. L'essentiel de ce qui fait fonctionner les missiles iraniens ou les drones sont des produits occidentaux copiés.
Nous sommes les principaux fournisseurs de ces équipements, comme une partie des équipements militaires russes qui tombent sur l'Ukraine. Notre absence de contrôle de ce que nous livrons à d'autres, détourné, contourné ou vendu pour l'appât du gain est un élément qu'il faudra repenser. - A.Casse: Question. - P.Allémonière: On voit bien que le régime des mollahs n'est plus aujourd'hui, même si M.Khamenei serait défiguré, malade...
Ceux qui ont le pouvoir, ce sont les Pasdaran. - A.Casse: Question. - L.Menget: C'est la question essentielle et tragique.
Pour l'instant, on ne sait pas ce qui va arriver. Beaucoup d'Iraniens en parlent, mais plutôt la diaspora qui vit ici. Ils craignent énormément un retour de bâton.
Qu'une fois que les armes se taisent face aux Américains et Israéliens, que tous ceux qui ont exprimé leur soutien se fassent arrêter, massacrer...
Peut-être que ce changement de régime a fait réfléchir 2-3 personnes au sein de l'appareil sécuritaire iranien. Au départ, c'est en leur nom qu'a été lancée cette guerre. Ils ont été complètement oubliés au fur et à mesure des négociations.
Il faut espérer qu'on va leur venir en aide. - P.Allémonière: Cette phase de cessez-le-feu inquiète aussi le régime.
La population n'est plus sous les bombes et peut à nouveau manifester son mécontentement, en particulier à cause du niveau de la vie, qui devient de plus en plus chère. La répression est plus importante. - A.Casse: Merci.
Tout de suite, "C à vous" avec M.Bouhafsi. - M.Bouhafsi: M.Le Pen a rencontré cette semaine les plus grands patrons français.
Une rencontre qui s'est mal passée, selon la presse. J.Bardella doit s'entretenir lundi prochain avec le patron du Medef.
Comment le parti d'extrême droite va gérer sa relation avec les chefs d'entreprise? J.-P.Tanguy est l'homme qui gère les questions économiques au RN.
Il est notre invité.
Emmanuel Macron