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interviewFrance Culture — L'Esprit public· 20 février 2022 19 min

Atouts et handicaps du Président-Candidat Emmanuel Macron

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:06
Présentateur

France Culture, l'esprit public.

0:15
Emmanuel Macron

Il ne lui reste que deux semaines pour officialiser son entrée en campagne, puisque comme tous ses concurrents, Emmanuel Macron est tenu d'adresser au Conseil constitutionnel son consentement à être candidat et sa déclaration de patrimoine et d'intérêt. Il doit le faire avant le vendredi 4 mars à 18h. Le président sortant a argué jusqu'ici de la crise sanitaire et de la situation internationale pour retarder son changement de statut. La crise ukrainienne et l'extrême tension de ces dernières heures pourraient le conduire à différer encore une candidature qui était attendue la semaine prochaine.

Mais ses occupations ne l'ont pas empêché de délivrer des discours-programmes sur la sécurité et l'énergie, où il se projette très au-delà de sa fin de mandat et même bien au-delà d'un éventuel second et dernier mandat. Situation inédite pour un président sortant hors cohabitation, malgré un très fort rejet, voire une détestation de la part d'une partie de l'électorat, d'une partie des Français, il est le favori de l'élection à venir. Comme le souligne le président de la Fondation Georges Haurès, Gilles Finkelstein, si l'élection présidentielle était un référendum, Emmanuel Macron serait en très grande difficulté.

Mais le système présidentiel à deux tours avec élimination n'est pas un référendum. Je vous propose de nous dire quels sont ses atouts et ses handicaps à l'orée d'une campagne éclair. Dominique Reynier, si vous voulez commencer.

1:33
Invité

Les atouts d'Emmanuel Macron sont nombreux. D'abord, il a, de manière très à plat, il a pour lui des oppositions, des challengers qui sont divisés, faibles ou bien divisés et peu susceptibles de l'emporter au second tour. Donc c'est quand même un paysage qui est, de ce point de vue-là, où il y a un contraste entre les challengers et le président Macron. Il a pour lui une... ça vaut ce que ça vaut, mais c'est mieux d'avoir de bons chiffres dans ce domaine, une popularité qui est à un très bon niveau comparativement avec ses prédécesseurs au même moment. Il a aussi pour lui de se voir crédité d'une bonne gestion de la crise sanitaire.

Et quand on demande, puisqu'on le fait les uns et les autres, quand on demande aux Français si tel autre candidat ou tel autre parti aurait fait mieux qu'Emmanuel Macron, la réponse est toujours non de façon très massive. Donc il y a vraiment là quelque chose qui lui est attribué. Et puis il y a aussi, dans le domaine de l'économie, des chiffres qui sont bons. D'autres qui le sont moins, mais il y a des chiffres qui sont bons, notamment en matière de chômage. Quand même, on a une situation qui est particulièrement bonne. Et depuis, je crois, une quinzaine d'années, on n'avait pas vu une situation aussi bonne.

Alors bien sûr, il y a beaucoup de questions sur l'effet de la relance liée au rattrapage ou bien la possibilité que ce soit une croissance durable. Sur le long terme, les économistes sont plus sceptiques en ce qui concerne le niveau annuel de croissance. Mais enfin, tout ça, à l'approche d'une élection présidentielle de renouvellement, est très bon signe. J'ajouterais qu'un peu dans le droit fil de ce que je disais tout à l'heure, le fait de n'être identifié, en fait, clairement à aucun parti, c'est sans doute une intuition qu'il a eue depuis le départ. Le fait de ne pas être l'homme d'un parti identifié à une formation politique est un très bon point aujourd'hui.

On peut s'en désoler, mais c'est un très bon point dans l'opinion. Donc il n'est pas identifié à une fidélité partisane qui, en quelque sorte, le mettra à distance de l'intérêt pour tous, qui doit animer celui qui aspire à l'Élysée ou qui s'y trouve. Donc ça fait quand même beaucoup d'éléments. Et puis ces phénomènes de ralliement qui viennent de la droite de gouvernement, qui viennent aussi de la gauche de gouvernement, anciennement PS, enfin qui viennent du PS, je veux dire qui est au PS, ou qui viennent des LR. On sent bien que Nicolas Sarkozy soutient, et même un peu à la manœuvre dans ses ralliements de la droite de l'air à Emmanuel Macron.

Et c'est peut-être d'ailleurs, je dis ça pour arrêter là-dessus, mais c'est peut-être d'ailleurs le signe qu'on veut contenir Édouard Philippe, et que cela se passe, ces ralliements, sans nécessairement qu'il y ait joué un grand rôle, comme si déjà aussi se déroulait la bataille suivante, celle pour la réorganisation du paysage politique. Donc dans un tel contexte, on pourrait penser que la crise internationale le favorise. C'est peut-être pas si sûr que ça, parce qu'il va falloir qu'il se déclare au plus vite pour ne pas avoir à se déclarer dans une situation qui pourrait peut-être compliquer la compréhension de sa déclaration. Bref, voilà, une situation inédite sur le plan historique.

Jamais nous ne l'avons vécu, une telle présidentielle depuis 1965 inclue. Dans laquelle, aujourd'hui, il est considéré, d'ailleurs, y compris chez les Français, quand ils font des pronostics, ce qui compte, il est largement le favori de l'élection.

5:09
Emmanuel Macron

Absolument. Thierry Pêche.

5:13
Présentateur

Je ne vais pas répéter une partie des choses que vient de dire Dominique et avec lesquelles je suis d'accord sur les atouts dont il dispose. Je voudrais mettre l'accent sur un point qui n'a pas été dit et qu'en dépit de tous les reproches de droitisation qui lui ont été faits, Emmanuel Macron a gardé la confiance d'une grande partie de l'électorat de centre-gauche. Électorat qu'il avait capté en 2017, qu'il avait arraché aux formations de gauche traditionnelles. Et je pense qu'il ne l'a pas gardé par hasard. Il l'a gardé avec un positionnement constant sur les questions européennes. C'est un sujet qui est important pour cet électorat.

Et il l'a gardé parce qu'aussi, le bilan socio-fiscal de ce gouvernement, je sais que Julia a sorti son fusil économétrique et qu'elle va le ressortir, mais je regarde...

6:05
Invité

On a invité à une économiste, il faut que...

6:07
Présentateur

Non, non, mais ne t'excuses pas, c'est très bien, tu sais ce que tu dois faire. Mais moi aussi, je lis un peu, tout en étant plus amateur, les documents de l'IPP, de l'Institut des politiques publiques et de la Direction Générale du Trésor, ce que tu as dit sur les tout premiers centiles de la distribution tout en bas et ce que tu as dit sur le dernier centile tout en haut est très juste. Et ça fait 5% de la distribution, il reste 95%, pour lesquels ce quinquennat n'est pas un échec social, objectivement, pour des tas de raisons, qui ne sont pas simplement liées à l'intention qui était celle du Président de la République, mais qui sont liées aussi à la gestion des circonstances.

Et vous savez, quand on fait le bilan d'un Président de la République, on fait le bilan des intentions réalisées, des intentions non réalisées et des contingences. Les circonstances, les surprises de l'histoire, pèsent très lourd sur l'orientation d'un quinquennat. Et là, pour le coup, celui-ci n'y a pas échappé. Crise des gilets jaunes, évidemment crise Covid, et à la fin de l'histoire, ça compose un bilan socio-fiscal où les circonstances ont leur part, mais qui n'est, je dirais, pas si dramatique qu'ont voulu faire croire les formations de gauche qui l'ont combattu avec une grande vigueur et qui vont continuer à le combattre.

L'augmentation du minimum vieillesse, l'augmentation de l'allocation adulte handicapé, la création d'un chômage partiel qui est le plus généreux d'Europe et du monde. Enfin, je pourrais continuer. La suppression de la taxe d'habitation, ça a profité à pas mal de monde aussi. Ce qu'il a fait en matière de congé parental, le chèque énergie, enfin, tout ça n'a pas été mis en scène, n'a pas été très vocalisé, mais tout ça, à la fin, fait un résultat qui fait qu'il garde, je crois, la confiance d'une partie de ce centre-gauche qui n'intéresse plus assez les formations de gauche traditionnelles. Julia Cagé.

7:55
Invité

Il y a un certain nombre de choses qui ont été dites, avec lesquelles je suis entièrement d'accord, et d'une certaine manière, je pourrais dire que le principal atout aujourd'hui d'Emmanuel Macron, c'est la division des oppositions qui lui font face. Et ça, c'est vraiment frappant sur la question de la crise sanitaire. Dominique Régnier mentionnait, et c'est tout à fait vrai, que les Français pensent que personne n'aurait fait mieux qu'Emmanuel Macron dans la gestion de la crise sanitaire. Et en même temps, si vous interrogez les Français ou vous leur demandez « Êtes-vous satisfaits de la gestion de la crise sanitaire ? », ils sont 58% aujourd'hui à dire que ce n'est pas le cas.

Donc ça montre, en fait, qu'il y a quand même la faiblesse des oppositions, que les Français ne trouvent personne pour faire mieux potentiellement qu'Emmanuel Macron, ce qui ne veut pas dire qu'ils sont satisfaits, puisqu'en fait, majoritairement, ils ne le sont pas. Thierry Pêche rappelait des chiffres sur le pouvoir d'achat. Je voudrais en souligner quand même quelques-uns sur le chômage, parce que je pense que régulièrement, on a tendance à ne pas prendre assez de recul. Donc là, on nous dit, cocorico, le chômage a baissé, c'est grâce à Emmanuel Macron. Je voudrais juste prendre une quinzaine d'années de recul. Le taux de chômage en France en 2007, il était autour de 7%.

Ensuite, il y a la crise économique de 2008-2009. On est monté en 2012-2013 à 10-11% de chômage. Et ensuite, il y a une baisse régulière du chômage qui a été rentamée dès 2014. Et on revient aujourd'hui, en 2022, à 7%, ce qui est une excellente chose. Je veux dire, on ne va pas se plaindre que le chômage ait baissé. Mais si vous regardez la courbe de la baisse du chômage entre 2014 et 2022, il n'y a pas d'inflexion particulière en 2017. Donc il n'y a pas d'effet Emmanuel Macron. Alors ça tombe bien pour lui parce que les chiffres sont bons et les chiffres sont bons à quelques mois de l'élection présidentielle.

Mais ce n'est pas quelque chose qu'on peut mettre d'une certaine manière à son actif puisqu'on a juste continué une tendance qui avait commencé auparavant. Si maintenant, on parle de ses principaux... Dernière qualité d'ailleurs, on en a discuté pendant la première partie, mais je ne vais pas y revenir. Quand je parle de la faiblesse des oppositions, il faut aussi parler de son talent politique qui a vraiment consisté à complètement étouffer en fait la droite au cours de ce quinquennat après avoir fait exploser la gauche à la fin du quinquennat précédent.

Si on veut parler de ses faiblesses principales, moi je pense que la principale faiblesse d'Emmanuel Macron pour le futur, et si on considère sérieusement les préoccupations des Français, c'est-à-dire le pouvoir d'achat et c'est-à-dire la question du changement climatique, je pense qu'une de ses faiblesses, c'est de ne pas réussir à concilier ces deux questions-là et de ne pas voir qu'en fait, sans réduction des inégalités et sans prendre en compte le fait que les plus gros émetteurs aujourd'hui et les plus gros pollueurs aujourd'hui sont de très loin les plus riches et les plus favorisés, on n'arrivera jamais à résoudre la crise climatique et qu'on risque de se retrouver avec des mouvements de protestation sociale tels que celui des Gilets jaunes assez rapidement au début du second quinquennat Macron, si second quinquennat Macron, il devrait y avoir.

Et je trouve que de ce point de vue-là, Emmanuel Macron n'a pas du tout tiré les leçons de ce qui s'est passé sur les Gilets jaunes.

Dernier point que je veux souligner, tant mieux, c'est un peu comme pour le chômage, tant mieux, et on ne peut que se féliciter du fait que le pouvoir d'achat est augmenté pour 95% des Français, même si je pense que c'est extrêmement dangereux socialement et surtout extrêmement injuste socialement qu'il ait diminué pour les 5% les plus modestes, mais il faut quand même souligner qu'une grande partie des réformes qui ont été mises en œuvre et qui ont conduit à cette hausse du pouvoir d'achat pour les classes moyennes sont des réformes qui ont eu lieu contraintes et forcées à la suite de la crise des Gilets jaunes.

Ce n'étaient pas des réformes qui étaient dans le programme d'Emmanuel Macron, c'est des mesures qu'il a prises en urgence au tournant de l'année 2018 suite au mouvement de protestation sociale lié à la crise des Gilets jaunes et à son incapacité, encore une fois, de vraiment lier la question du changement climatique à la question des inégalités.

11:42
Emmanuel Macron

Un petit mot de tiripèche puisque pour les auditeurs qui n'ont pas l'image, vous approuviez tout à l'heure aussi de la tête le risque de protestation, le risque de nouveaux mouvements de protestation suite à la contradiction soulignée par Julia Cagé.

11:57
Présentateur

Deux choses. D'abord, ce que dit Julia quand elle dit une partie des politiques disons de générosité sociale qui ont été conduites ont été décidées à l'ombre de circonstances particulières, en particulier sociales, avec le mouvement des Gilets jaunes. Elle a raison. Ce n'est pas vrai de toutes ces politiques mais c'est vrai d'une partie d'entre elles, notamment sur la prime d'activité, sur celles qui ont le plus compté. Elle a tout à fait raison. Mais je disais précisément, évaluer le bilan d'un homme d'État, c'est évaluer aussi ses réactions face à des circonstances et des contingences. Et c'est aussi ça que font les Français, je crois, aujourd'hui en se disant bon, il fait le job.

Je crois que c'est ça le sentiment dans le pignon. Deuxième point, Julia a raison aussi et Dominique le disait d'une autre façon tout à l'heure, ce qui va être compliqué c'est de gouverner après. Et il y a des contradictions qui nous attendent et des contradictions qui ne sont pas résolues et notamment la contradiction entre une politique de redressement économique, de politique de l'offre, etc. et une politique de gestion du changement climatique, de lutte contre le changement climatique. On n'a pas trouvé la martingale là-dessus. Ça c'est vrai.

Ce gouvernement ne l'a pas plus trouvé que les précédents et il a été, contrairement aux précédents, soumis à des demandes qui étaient bien supérieures dans l'opinion et dans la société. Il y a des contradictions sociales qu'il va falloir lever. Et on ne le fera pas sans une politique sociale relativement généreuse et ambitieuse. Ça j'en ai la conviction et je crois que je la partage avec Julia.

13:12
Emmanuel Macron

Jean-Noël Jeannet.

13:13
Invité

Sur le dernier point évoqué, je ne peux que vous rejoindre tout à fait. C'est là que se joueront beaucoup les choses. Alors vous m'interrogez, vous nous interrogez sur les chances d'Emmanuel Macron. Première observation d'histoire. Non, non, non. Ce n'est pas la formulation peut-être.

13:26
Emmanuel Macron

Non, atout et handicap. Atout et handicap. Non, non, pas de pronostic.

13:29
Invité

Très bien. Ah non, je ne pensais pas à des pronostics. C'est trop imprudent. L'historien a déjà suffisamment de peine à expliquer ce qui s'est passé ou à tâcher pour ne pas risquer de se poser en position de prophète. Encore que, il est intéressant d'observer que comme l'inattendu arrive toujours, l'inattendu peut arriver notamment en politique étrangère. Je crois qu'en ce moment même, si j'ai bien compris, Emmanuel Macron est en train de parler à Vladimir Poutine de l'Ukraine. Donc cela concrétise en réalité cette donnée-là majeure. À partir de quoi, on peut se demander s'il va réussir ou non. C'est un peu comme pour Valérie Pécresse tout à l'heure.

Il réussira une synthèse, c'est toujours une question d'ambition, mais en même temps, au contraire, est-ce que les forces de dispersion vont l'emporter au moment de l'élection et ensuite, s'il est élu, comme en effet, cela paraît probable. Alors on dit toujours qu'on est élu sur un programme et pas sur un bilan. Cette affirmation paraît devoir être nuancée, d'autant plus que c'est la première fois finalement que nous avons un président qui pourrait être réélu hors période de cohabitation et comme le quinquennat et ses perversités viennent compliquer encore les choses, cela est de grande portée.

Alors si on ne parle pas uniquement de programme, on a parlé de ça tout à l'heure de façon tout à fait pertinente, je m'interroge aussi sur, il y a du romanesque en politique et en histoire, sur la rencontre entre cette personnalité et notre peuple avec de fait la constatation que le socle sur lequel il s'appuie est très durable et très solide et que la haine, il y a des livres à ce propos-là, la détestation que sa personnalité provoque qui surprend enfin en tout cas qui incite à s'interroger d'après la plupart des observateurs est plus grande que c'était le cas même du côté de ceux qui n'aimaient pas Sarkozy par exemple ou de la haine évidemment contre De Gaulle à l'occasion de la guerre d'Algérie.

A partir de là, j'aurais envie de m'interroger sur sa capacité de parler au français ou de ne pas lui parler. C'est le problème aussi de son éloquence, on y revient, de sa façon de s'exprimer. Je me disais que c'était un des seuls chefs d'État que je pouvais imaginer qui avait fait du théâtre. Je ne pense pas qu'il y en ait beaucoup d'autres. Il y a Zelensky évidemment en Ukraine, c'est important en ce moment. Je pense... Mais ce n'est pas le cas de Poutine Jean-Noël je crois. Cette observation me paraît très pertinente, très très juste. Alors Baclav Havel aussi peut-être... Il a fait plus d'espionnage

15:56
Emmanuel Macron

que de théâtre.

15:57
Invité

Baclav Havel s'est approché du théâtre évidemment, il en a fait. On a même pensé à Yves Montand, c'était frappant à un moment donné, vous vous rappelez ? Ça s'est écroulé assez vite. Je passe sur cet aspect des choses. Néanmoins, il est intéressant de se demander pourquoi Emmanuel Macron combine des discours très bien charpentés, généralement enracinés dans une vraie culture, aux yeux de beaucoup de ses auditeurs trop longs, et des petites phrases que nous avions déjà dans une émission antérieure analysées comme très révélatrices et qui n'ont pas toujours eu un effet très positif sur son image.

Donc cette rencontre, cette personnalité et la France après tout on rejoint ce que disait De Gaulle. C'est une rencontre, c'est comme ça qu'il a conçu la réforme de 1965 et c'est un peu bonapartiste, une rencontre avec un pays. Maintenant, quant aux différents aspects de son action passée et à venir, on ne peut pas faire un inventaire. Je m'attarderai seulement à deux aspects. Le problème des relations avec l'État, on en parlait tout à l'heure mais c'est très important. Quelle idée se fait-il de l'État ? Quelle manière cet ancien inspecteur des finances qui est aussi une formation philosophe, enfin toute sa diversité un peu qualidoscopique, quelle idée se fait-il de l'État ?

Alors, de temps en temps, on a l'impression qu'il le prend de façon très centralisée et très jacobine aux dépens de contact qui auraient été utiles pour lui avec l'entièreté des représentants élus du territoire. Tantôt, c'est ça.

17:29
Emmanuel Macron

Jean-Noël, je dois vous signaler qu'on entre dans la dernière minute d'émission.

17:32
Invité

Alors, dans ce cas, je vais ramasser de façon drastique en disant qu'en même temps, en même temps, l'État, il bouscule d'une façon souvent préoccupante et je pense notamment à l'ENA et à la disparition que je déplore du corps diplomatique parce que c'est un métier. Voilà, j'aurais voulu développer ça mais je comprends bien que votre regard me l'interdit. Un tout dernier mot

17:55
Emmanuel Macron

sur cette campagne et sur un point très particulier, Emmanuel Macron a fait savoir qu'il excluait de participer à des débats d'avant-premier tour. Est-ce que ça vous semble comme d'autres politologues problématiques, Denis Crénier ?

18:08
Invité

Ça me paraît problématique en soi parce que cette campagne a du mal à démarrer mais on peut le comprendre puisque c'était quand même la position de ses prédécesseurs dans cette même situation. Michel Droit est mort qui avait permis à De Gaulle de sortir de ce silence en 1965.

18:20
Emmanuel Macron

Ah oui, mais pas dans un débat, dans des questions qui n'étaient pas particulièrement abrasives.

18:29
Invité

Je pense qu'on a un véritable problème de la Ve République où on a un président de la République qui n'est soumis à aucun contradictoire. Le dernier débat qu'il a fait c'était en 2017 face à Marine Le Pen. Depuis, il fait des conférences de presse, il parle le seul, il se met en scène sauf que dans une démocratie fonctionnelle et je suis vraiment la dernière en général à prendre l'exemple des Etats-Unis comme une démocratie fonctionnelle mais vous avez un président qui va rendre des comptes. Nous, on a un président qui n'en rend pas de comptes et finalement, c'est sans doute cela son principal avantage aujourd'hui dans la campagne présidentielle.

18:56
Emmanuel Macron

Thierry, c'est un problème ? Plutôt. Plutôt oui. Merci. Merci de cette brièveté. Merci à vous tous. Vous ne m'avez pas laissé le temps de dire beaucoup plus. cette émission a été préparée par Anne-Claire Bazin réalisée par Luc-Jean Reynaud avec à la technique Christian Lahondès, Mathieu Goudin, Patrick Beaulieu, Guillaume Rialand et Vojtech Noiré. Je vous donne rendez-vous dimanche prochain à 11h. Merci.