Ursula von der Leyen : L'Europe va devoir trouver le "courage de se battre" - 13/09/2025
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bienvenue au Parlement européen de Strasbourg pour parler d'une Europe qui va devoir trouver le courage de se battre. Les mots forts sont ceux d'Ursula Vleyen lors de son discours sur l'état de l'Union le 10 septembre. La présidente de la commission a adopté un ton dramatique pour ce discours de rentrée évoquant un monde sans pitié où elle annonce de nouvelles mesures contre la Russie et de soutien à l'Ukraine ainsi que des sanctions contre Israël.
Oui. Alors, un appel lancé dans un contexte de fragilité souligné par l'accord commercial déséquilibré signé avec les États-Unis qu'ula Van Derleyen a tenté de défendre devant les eurodéputés fragilité politique aussi au sein du Parlement. un Parlement européen fragmenté où son groupe le Parti populaire européen participe à une majorité pro-européenne avec le centre et les socialistes, mais vote parfois contre les mesures environnementales avec une droite plus extrême.
Et d'ailleurs, cette droite radicale et la gauche radicale également ont posé des motions de défiance dès la fin de son discours sans d'ailleurs espoir de l'emporter. Alors, une Europe forte avec une présidente de la commission affaiblie. Pour en parler, nous recevons trois invités.
Fabienne Keller, bonjour. Eurodéputée française du groupe Rou au centre de l'émissie. Vous êtes aussi questeur du Parlement européen.
Ravier Moreno Sanchez, bonjour. Chef de la délégation du groupe socialiste et démocrate espagnol. Et enfin, Georg Pipera.
Bonjour. Vous êtes eurodéputé roumain du groupe des conservateurs et réformistes à la droite de la droite. Vous avez défendu une motion de censure déjà en juillet dernier contre la présidente de la commission qui a été rejetée.
Parlons justement de ce grand discours qui a fait une large place aux affaires étrangères. Virgila Van Derleyen a même suggéré d'abandonner le véau sur ces affaires étrangères, ce qui fait pas tout à fait plaisir au aux États en général. Elle a commencé sur l'Ukraine avec le un soutien fort sur la Pologne qui a été donc survolé par des drones russes et se félicite d'ailleurs de notre montée en puissance sur l'armement.
C'est c'est vrai tout ça ? C'est non seulement vrai, mais c'est vital pour l'Union européenne. Défendre notre territoire, c'est important.
Et les Russes nous ont montré qu'il n'hésite pas à entrer dans l'espace européen. Donc, il y a une défense des Polonais et de l'OTAN, en l'occurrence des avions des F35 néerlandais. Et on peut qu'en être très heureux mais très inquiet aussi.
Je rappelle que les Polonais ont été maintenus chez eux, que quatre aéroports ont été fermés. Euh c'est ce que nous rappellent souvent aussi nos collègues Baltin, cette réalité de la volonté d'invasion, d'agression quelque chose sur Gila Van Derle dans notre renforcement de la défense, est-ce qu'elle est suffisante d'ailleurs pour gagner la guerre ? Bien sûr, elle est patronne de la commission.
La défense, on l'a pas voulu dans les années 50, mais là elle s'impose à nous. Et ce dont on parlait depuis longtemps, et ben on le fait dans la pratique par les aspects financiers, les 150 milliards de prêts pour que les États puissent aller plus loin dans leur équipement militaire et aussi tout le monde qui fait désormais partie de l'OTAN, une volonté de participer aux garanties de sécurité. Alors, c'est l'Union européenne avec le président Macron qui a organisé la coalition des volontaires mais en présence d'Ursula Fundayen et d'Antonio Costa et en intégrant les Britanniques.
Donc une Union européenne pragmatique euh et efficace et acteur. Donc oui, elle est forte. Là, le discours a été ferme et rassembleur et c'est absolument essentiel à ce moment historique où nous sommes en tension maximum avec Vladimir Poutine.
Alors, un discours ferme aussi sur un autre point. On l'attendait peut-être moins d'ailleurs celui de la du conflit entre Israël et le Hamas. Le discours a marqué un changement de ton avec des mesures annoncées pour sanctionner l'État hébreu.
On écoute Urleyen. Ce qui se passe à Gaza est inacceptable. C'est la raison pour laquelle je proposerai un train de mesure visant à tracer la voie à suivre.
D'abord, la commission fera tout ce qui est en son pouvoir pour aller de l'avant. Nous allons suspendre notre soutien bilatéral à Israël. Deuxièmement, nous proposerons des sanctions à l'encontre des ministres extrémistes et des colons violents.
Nous proposerons également une suspension partielle de l'accord d'association sur les questions liées au commerce. Alors Ravier Moreno Sanchez, les membres de votre groupe, les socialistes et démocrates, vous êtes affiché en rouge avec d'autres eurodéputés de gauche lors de cette séance en signe de soutien à Gaza. Les annonces que l'on vient d'entendre vous satisfont-elles ?
Alors, c'est un début et c'est sous la pression de justement de notre groupe et entre de certains premier ministres comme mon premier ministre espagnol Pedro Saintet, vous savez la ligne qu'il a depuis le début, lui condamnation des attentats de Hamas, libération des otages, dire que c'est un génocide, une solution cesser le feu et une solution des deux états. Donc cette ligne il l'a il l'a proposé et elle a pas dit que c'était un génocide. Sa vice-présidente l'a dit espagnole justement elle était habillé.
Je suis en train de dire la la ligne de mon de mon de mon premier ministre est un peu tard mais elle commence à réagir parce qu'on demande à madame Van Dererlen c'est qu'elle agisse avec la même fermeté dans les deux guerres qu'on a à nos portes. On a on a l'invasion de de Poutine l'agression de Poutine en Ukraine mais on a pas très loin. nos voisins aussi une poudrière là au au prochain rayon et on veut que ce soit avec les les mêmes standards et la même fermeté et vous savez et moi je l'ai demandé officiellement dans pendant le débat on veut la suspension de l'accord euh d'association avec l'IS là elle parle de suspension partielle ça c'est elle comme je vous dis elle avance mais c'est sous pression c'est pas assez vous dites c'est pas assz alors autre dossier chaud du moment c'est le chapitre le plus délicat peut-être pour Urula Van derle l'accord du 27 juillet qu'elle a signé avec le président Trump pour des droits de douane à 15 % sur les exportations européennes vers les USA, ce qui n'est pas réciproque.
D'ailleurs, la présidente de la Commission a défendu Bec et ongle cette décision. Nous avons fait en sorte que l'Europe obtienne le meilleur accord possible. Mais si on considère les exceptions que nous avons obtenu et les taux supplémentaires auxquels d'autres pays sont soumis, nous pouvons constater que nous avons le meilleur accord.
C'est incontestable. Mais je veux être aussi très clair sur un point. Qu'il s'agisse de la réglementation environnementale ou numérique.
Et bien, nous fixons nos propres normes, nous fixons nos propres règles. L'Europe décidera toujours par elle-même. Pipéa, est-ce que vous êtes d'accord sur l'idée que finalement elle a obtenu le meilleur deal possible avec Donald Trump par rapport à la protection de notre commerce ?
Non, pas du tout. Euh on doit euh on doit se souvenir du fait que euh depuis le 20 de janvier 2025, il n'y a pas eu des euh contacts avec l'administration Trump. Euh madame Vonderline et aussi madame Kaya Kalas n'ont pas eu des relations, des discussions, des négociations avec l'administration Trump.
Donc cet accorde qui a été fait sur le sur un terrain de golf en Écosse, c'est une échec et c'est pas moi qui le dit, c'est il y a quelques il y a quelques sondages d'opinion euh notamment le sondage qui est fait en France, en Espagne, en Italie et aussi en en Allemagne et euh au Pays-Bas, 60 % euh de la population euh estime que madame Fonderline doit partir parce que cette accord c'est une accord désastreuse. C'est un sondage qui a qui a qui a eu comme résultat 7 % 60. Vous avez demandé vous qu'elle parte parce que vous avez posé une presque tous les intervenants presque tous les intervenants ont dit sur cet accord que c'est une accord qui est pratiquement une échec, c'est une désastre.
Euh et dans le même temple madame Fonderline a dit quelque chose qui est contradictoire. elle a dit que même cette accord c'est bon c'est très bon elle ne va pas permettre la modification la modification de notre législation sur le technology c'est-à-dire le DSA et le DMA et c'est monsieur c'est monsieur Trump qui a exigé qui a demandé spécialement l'annulation de DSI pour avoir une accorde commerciale avec les États Justement Fabien Keller Vlen Layen l'a dit lors de son discours sur l'état de l'Union. Elle veut préserver l'indépendance européenne sur le numérique.
On ne transigera pas avec cette régulation sur le numérique. Vous la croyez ? Elle va pouvoir tenir bon face à Donald Trump ?
En tout cas, nous la soutenons dans cette démarche très fortement. Il faut rappeler que c'est une législation qui est bien antérieure d'ailleurs à l'élection de monsieur Trump. Enfin, ça a rien à voir avec la la situation récente.
Ça vise en fait à la fois à organiser la concurrence pour pas laisser des entreprises toujours plus grande comme les GAFA dominer le marché et d'autre part à se donner le moyen à éviter que les discours haineux, les appels aux violences, voir les indications dangereuses, vous savez, les aides au suicides et cetera soient diffusé, que ce soit pas utilisé comme c'est le cas malheureusement. Si elle a cédé sur le commercial, est-ce qu'elle va pas céder sur quelque chose qui serait justement l'encadrement des géants du numérique parce que on veut que les États-Unis soient avec nous sur l'Ukraine et sur nous l'encourageons à ne pas le faire. Elle applique elle a appliqué il y a quelques jours, il y a 10 jours la régulation de la concurrence hein qui est un autre sujet qui a conduit à une amende de plus de 2 milliards de dollars ou d'euros à l'égard de 3 milliards.
Oui. à l'égard de Google. Donc on l'encourage à cette fermeté à être simplement européen.
C'est-à-dire que nous avons des règles et la commission a en charge leur application. Mais on a un interlocuteur qui est peu fiable, monsieur Trump, puisqu'il en demande toujours plus. Donc la question c'est aussi de savoir être ferme.
C'est peut-être là que on aurait souhaité un peu plus de fermeté encore ce matin. Mais sachez que du côté du Parlement de la majorité proeuropéenne, nous allons continuer à être exigeants sur cette mise en al. Alors il y a des nuances dans cette majorité proeuropéenne, on va les écouter.
D'ailleurs, le chef des écologistes Bass écoute, a accusé Urgila Van Derle d'avoir oublié la transition écologique avec un Green Deal largement détricoté en même temps que l'accord avec les États-Unis. Écoutons-le. Vous avez signé cet accord avec Trump. 750 milliards d'investissement dans l'énergie américaine.
C'est ça que vous avez signé. Une énergie qui est plus sale que la nôtre. C'est un accord complètement fou que vous avez signé avec les Américains.
Il faut remédier à cela. Monsieur Moreno Sanchez, est-ce que vous êtes d'accord avec votre collègue vert ? Cette commission a renoncé à l'écologie détricote régulièrement tout ce qu'elle a mis sur la table lors du pacte vert la dernière le pacte vert dans d'autres domaines.
Il y a une tendance on savait dans l'accord en particul on savait qu'on arrivait dans une dans un Parlement européen une commission qui était beaucoup plus à droite. Ce qu'on savait pas c'est que la droite traditionnelle proeuropéenne allait commencer à jouer un peu avec l'extrême droite. Et donc effectivement nous notre grande lutte c'est de pas démonter toutes les propositions que elle a fait que nous avons mené ensemble à terme comme le parc migratoire la la la directive sur la l'intelligence artificielle sur sur les services digitaux enfin tout ça.
Donc pas qu'on revienne en arrière qu'elle soit tentée par attirée par par l'extrême droite de de revenir en arrière. Quant à l'accord, pour le moment, on a qu'une déclaration politique. Moi ce que j'ai demandé que personne m'a dit qu'est-ce qu'on va nous présenter au Parlement, sur quoi on va voter ?
Et de toute façon, ce qu'on va pas accepter, ce qu'on ne doit pas accepter, Fabienne, c'est un changement de paradigme. On a construit le commerce international depuis des décennies avec l'OMC des règles, la la clause de la nation la plus favorisée. On peut pas laisser ça entre les mains de la loi du plus fort parce que sinon est-ce qu'on fait accord ou non avec l'extrême droite et puis là en l'occurrence vous allez plutôt déclencher le le feu de la censure contre elle.
Oui, de motion de de censure à venir he une de de l'extrême gauche et puis une des patriotes de Jordin de Bardella à laquelle vous avez certainement vous associé monsieur Pipera. Vous en aviez déposé une en juillet dernier. Ces motions ont peu de chance d'être adopté.
À quoi ça sert à part affaiblir finalement la commission au moment où on voit le a besoin d'une Europe forte ? Je vous donne un bon exemple. Madame Fonderlin dit quelque chose très intéressante aujourd'hui.
On doit commencer rebâtir l'Europe, c'està-dire une nouvelle Europe. Mais cette nouvelle Europe, c'est pas une Europe sociale, c'est une Europe militariste. C'est une Europe qui euh doit se se présenter avec cette caractéristique d'être une Europe intéressée de l'environnement, mais c'est une Europe militariste.
Et ça, vous êtes pas pour. Vous êtes pas intéressé par l'environnement ? Euh moi moi je suis intéressé, très intéressé.
Moi je suis intéressé de la d'une Europe sociale. Euh mais ce qui se passe c'est que cette intérêts du peuple européen sont euh maintenant euh subp priorisé parce que madame Vonderline doit euh boxer, doit devenir une boxeur et doit faire euh veulent faire des boxeurs de nous. Uneurilitariste, c'est pas mon idée.
Neurilitariste, vous entendez madame Keller ? Alors, il y a il y a d'ailleurs on est pas là, on est à une Europe qui se défend, qui se protège, c'est ce que nos concitoyens demandent en premier hein. Mais ce qu'on peut retenir Fabien peut-être de cette motion qui qui s'accumule, c'est que la majorité elle est plus fragile qu' ne l'a été.
Est-ce que celen elle va être en mesure de faire passer les votes importants qui arrivent ? On pense au mercour par exemple qui qui divise beaucoup. Alors, le Mercosour ce sera compliqué parce que ce sujet extrêmement sensible.
Vous savez qu'il y a une bonne clause de sauvegarde sur l'agriculture qui a été négociée notamment par la France et par le président Macron. Donc on peut penser que voilà c'est plus acceptable. Vous êtes un peu plus mis d'accord avec monsieur Moreno Sanchez que qu'avant.
Mais non non, on se met toujours d'accord parce que ici au Parlement européen socialiste, RW et le PPE bossent en général ensemble. Maintenant, ils ont la tentation, le PPE de temps en temps travailler avec l'extrême droite et je le regrette profondément en terme de valeur européenne. Mais une Europe militarisée, franchement, on n'y est pas du tout.
On est à l'Europe qui est efficace pour ce qui est d'être ensemble. Par exemple, dans le domaine militaire, les industries de la défense sont nationales. On serait tellement plus fort en étant européen.
Donc, il y aura des programmes industriels de développement à l'échelle européenne. Les militaires resteront nationaux parce que les commandes bien vos attentes par rapport à madame Van Derle. En quelques mots, qu'est-ce que vous attendez d'elle aujourd'hui en 2025 ?
Euh j'attends la euh démission de madame Vonderleine euh pour éviter pour éviter la honte d'être démissionné euh par une motion de jour des patriotes qui euh sont euh les soitdites euh extrémistes mais qui n'ont pas n'ont pas de majorité pour l'instant au Parlement. Malheureusement, c'est le discours de toutes les extrêmes droites européennes et notamment le Rassemblement national français, le dégagisme. Ce que j'attends, c'est de la fermeté et de la mise en œuvre parce que c'est ce qu'on attend de la Commission, de nos décisions qui sont puissantes et puis une Europe forte et respectée dans le monde.
Est-ce qu'elle en elle est capable de délivrer ça ? Je rejoins Fabienne, il faut qu'elle agisse. Et nous les socialistes et démocrates, on demande qu'elle agisse dans les domaines.
On lui a écrit une lettre avec nos priorités, par exemple sur le sur le problème du logement, sur le problème pour les jeunes. Il faut qu'elle agisse et qu'elle agisse avec la majorité proe européenne, avec la majorité qu'elle qu'elle a elle a mentionné le longement et certains passages de cette lettre. Merci à vous d'avoir bien illustré ce débat.
Merci à tous et bonne suite de programme sur nos chaînes.
Fabienne Keller