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interviewEurope 1 — La Grande interview· 6 avril 2026 20 min

La grande interview de Romain Desarbres avec Charles Rodwell

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

La grande interview Europe 1 CNews, Romain Desartes.

0:05
Charles Rodwell

8h13, la grande interview CNews Europe 1 avec Charles Rodouel. Bonjour Charles Rodouel.

0:09
Présentateur

Bonjour, merci pour votre invitation. Permettez-moi aussi de démarrer cette interview en adressant de très joyeuses fêtes de Pâques à tous les Français qui la fêtent ce week-end.

0:18
Charles Rodwell

Charles Rodouel, député ensemble pour la République des Yvelines et membre de la Commission des finances de l'Assemblée nationale. On va parler évidemment de la situation politique. On va parler également de la guerre en Iran et de ses conséquences en France et dans le monde entier avec notamment la hausse des prix des carburants. Qu'est-ce que vous dites aux Français ce matin, cette hausse des prix des carburants ? C'est le prix à payer pour se défaire de l'abominable régime des Mollahs ou ce n'est pas notre guerre comme l'a dit à votre place la ministre des Armées, Catherine Vautrin ?

0:46
Présentateur

Personne ne plaindra le régime des Mollahs qui est en menace d'effondrement et qui aujourd'hui met tout un peuple sous tutelle dans une violence que l'on connaît tous. Mais effectivement, ce n'est une guerre que la France n'a pas choisie et qu'aujourd'hui les Français subissent aussi par la hausse des prix de l'énergie et des carburants. Moi, j'ai fait le tour de ma circonscription ce week-end dans les deux stations de service dans lesquelles je me rends habituellement.

Quand l'essence était à 2,20€ et le gasoil allait jusqu'à 2,30€ voire 2,40€, effectivement, on est en pleine aujourd'hui choc sur les prix de l'essence et du carburant et le seul moyen à terme, Romain Desarbres, pour que ces prix baissent, c'est que nous réduisions nos dépendances. On peut prendre toutes les mesures d'urgence qu'il est souhaitable de prendre, on peut y venir avec plaisir, mais la seule issue à ce type de crise, c'est que la France réduit ses dépendances, notamment par l'électrification massive de ses usages et c'est la politique que nous portons.

1:51
Charles Rodwell

On va y revenir. Déjà sur le conflit, tous les yeux sont rivés sur le détroit d'Hormuz qui à ce jour reste quasiment bloqué. Donald Trump menace l'Iran de tout détruire, Emmanuel Macron et la France croient à la diplomatie. Et vous ?

2:05
Présentateur

Moi, je suis parfaitement aligné aujourd'hui avec la politique diplomatique que mène le président de la République pour résoudre ce conflit. L'Iran, au-delà de son régime tortionnaire, est une civilisation multimillénaire. C'est une civilisation qui ne va pas disparaître du jour au lendemain. Ses racines, c'est l'Empire perse qui a fait les plus grandes heures de l'histoire de cette région. L'issue à cette crise est une issue politique. Et le seul moyen de débloquer le détroit d'Hormuz, qui débloquerait derrière une bonne partie du trafic mondial, notamment pour nos hydrocarbures, est une issue politique.

Et donc, je soutiens sur ce point tous les efforts qui sont entrepris par le président de la République et son administration pour débloquer le détroit d'Hormuz et pour faire baisser la pression sur la population française.

2:56
Charles Rodwell

Est-ce que la France doit se préparer à une crise d'approvisionnement en énergie ?

3:00
Présentateur

Fort heureusement, ce type de crise a été anticipée. Ce sont les fameux stocks qu'ils sont faits à l'échelle nationale et à l'échelle européenne. J'insiste sur la dimension européenne parce que tous ceux qui, jour après jour, semaine après semaine, essayent d'abattre les institutions européennes sont bien silencieux actuellement, tout simplement parce que la solidarité européenne, elle fonctionne.

3:24
Charles Rodwell

Mais en quoi on a besoin de l'Europe pour avoir des stocks d'essence ?

3:28
Présentateur

Sur toute la crise énergétique et même, je dirais, sur toute la crise politique. Heureusement que la solidarité européenne existe aujourd'hui. En quoi, concrètement ? Très concrètement. Parce que la France dispose de stocks d'essence. La France dispose de stocks d'essence. Mais si, à l'échelle du marché européen, on met nos stocks en commun avec l'Italie, avec l'Allemagne, avec l'Espagne, au profit de l'ensemble de notre marché, eh bien, nécessairement, la force de frappe n'est pas la même. Je vous prends un autre exemple. Nous avons très, très régulièrement des pénuries sur les semi-conducteurs.

Eh bien, moi, je suis très heureux de constater que la France, l'Allemagne, l'Italie investissent conjointement avec leurs efforts publics et leurs entreprises privées dans le déploiement d'une industrie des semi-conducteurs européennes. Eh bien, aujourd'hui, la solidarité européenne, elle est très concrète. Face aux crises, face à nos crises d'approvisionnement, heureusement que cet échelon existe. Et c'est la raison pour laquelle, même si elle est impopulaire, je resterai indéfiniment pro-européen, tout simplement parce que cet échelon est absolument indispensable pour nous permettre communément, en solidarité, de faire face à ces crises.

4:37
Charles Rodwell

Charles Rodwell, justement, vous avez cité l'Italie. L'Italie a aidé les automobilistes. Est-ce qu'en France,

4:41
Présentateur

il faut aider les automobilistes ? Je voudrais tuer dans l'œuf une rumeur qui est montée par tous les populismes de ce pays. Non, l'État français n'est pas un profiteur de crise. Pourquoi ? Depuis le début du conflit et de, je dirais, la crise énergétique, l'État a engrangé 250 millions d'euros de reçus de produits fiscaux.

5:04
Charles Rodwell

Alors, 270 millions, selon le ministre des Grands publics. 270 millions.

5:08
Présentateur

270 millions. Cette crise a, pour le moment, coûté 400 millions d'euros à l'État français sur les intérêts de sa dette et sur les aides ciblées qu'il a mises sur la table. Je pense notamment aux aides pour les pêcheurs et je pense notamment aux aides pour les automobilistes qui ont été annoncées par le Premier ministre au début de cette semaine.

5:27
Charles Rodwell

Oui, il y a 270 millions en plus qui sont rentrés, mais il y a un peu plus de 400 qui sont ressortis.

5:33
Présentateur

Mais nous serions d'un cynisme terrible de profiter de cette crise sur le dos des Français. L'État est largement perdant. Il a engrangé 270 millions. Il a sorti, et heureusement, il a mis sur la table, 400 millions d'euros. Un, pour l'intérêt de sa dette. Deux, pour les mesures et les aides ciblées. Il n'y a donc pas de profit de crise. Au contraire, cette crise coûte l'État, mais de manière bien plus importante, elle coûte aux Français. C'est la raison pour laquelle les mesures d'urgence à court terme et c'est la raison pour laquelle aussi, à long terme, le seul moyen de sortir de ce type de crise, c'est de réduire nos dépendances. Comment est-ce qu'on fait ?

Par le nucléaire et par les renouvelables pour électrifier notre mix énergétique, pour réduire nos dépendances aux hydrocarbures.

6:20
Charles Rodwell

Alors, vous comprendrez que le Premier ministre, qui, alors que les Français font le plein à la pompe et ont des factures de carburant qui touchent les 100 euros, parce que quand on fait 50 litres à 2,20 euros, on dépasse les 100 euros, que la réponse du Premier ministre soit uniquement on va électrifier l'économie et moins dépendre des hydrocarbures à terme dans les années qui viennent, vous comprendrez que cette proposition du Premier ministre ne fait pas mouche auprès des Français.

6:47
Présentateur

Romain Desarbes, je l'aurais compris si c'était la seule proposition qu'il avait faite, mais soyons honnêtes, ce n'est pas la seule proposition qu'il a faite. Un, il a annoncé des mesures sectuelles ciblées, je pense, notamment celles dédiées aux pêcheurs français qui sont absolument essentiels. Eh bien, je vous dis tout l'inverse. Il a annoncé jeudi qu'il publierait des mesures sectorisées, spécialisées à destination des automobilistes français, notamment ceux qui dépendent totalement de leur voiture. Moi, j'assume totalement cette logique et je le soutiens à 100%. Je ne vois pas pourquoi les mesures devraient bénéficier à tous.

Je vous prends un exemple, je ne vois pas pourquoi les mesures qu'il annoncerait devraient bénéficier à moi, alors que je prends ma voiture pour faire le tour de ma circonscription matin, midi et soir. En revanche, pour des Français qui n'ont pas d'autres moyens que d'utiliser leur voiture, évidemment qu'il faut qu'ils soient accompagnés et c'est les mesures ciblées que le Premier ministre s'est engagé à annoncer en début de semaine. De toute façon, on n'a pas les moyens financiers d'aider tous les automobilistes.

7:41
Charles Rodwell

Moi, je vais le souvenir,

7:43
Présentateur

Romain Desarbes, lors de la dernière crise énergétique qui a eu lieu en 2022 et en 2023, les mêmes qui demandaient à l'État de soutenir massivement les Français étaient les mêmes qui ensuite refusaient de faire toute économie. On a fait porter à Bruno Le Maire le chapeau des comptes publics et de l'aide publique, alors qu'il est le seul à avoir alerté sur les comptes publics à l'époque et avoir demandé le retrait des aides ciblées qui ont coûté 70 milliards d'euros à l'État français. Qui étaient les premiers à s'opposer à ce type d'aide, à ce type d'économie, pardonnez-moi ? C'est Éric Ciotti et c'est tous ceux qui aujourd'hui dénoncent la crise de la dépense publique.

Nous n'avons pas d'autre choix que de faire des économies en parallèle des aides que nous accorderons. C'est ce que le ministre des Comptes publics a annoncé.

8:34
Charles Rodwell

On va changer de sujet. Je voulais vous entendre déjà sur ce qui s'est passé à Lyon cette nuit. Des violences dans le 8e arrondissement de Lyon, phénomène très préoccupant, le rajeunissement de la délinquance en France. L'un de vos chevaux de bataille est de mettre en place une vraie réforme de la justice des mineurs. Est-ce qu'il faut en finir avec l'excuse de minorité ?

8:54
Présentateur

Ça fait des années Romain Desarbres que je soutiens comme vous le dites la fin de l'excuse de minorité. C'était l'objet, le cœur de la proposition de loi Attal pour la justice des mineurs. C'est une disposition qui a été censurée par le Conseil constitutionnel il y a maintenant un peu plus d'un an. Je suis très heureux de voir qu'aujourd'hui Gérald Darmanin prend à bras-le-corps ce combat de la justice, de la réforme pénale notamment envers les mineurs parce que nous le constatons tous. Vous parlez des événements à Lyon, je le constate aussi sur ma circonscription mois après mois.

La délinquance rajeunit, elle rajeunit drastiquement et il faut outiller nos forces de l'ordre et la justice pour faire face à la fois par des mesures d'accompagnement mais surtout par des mesures d'autorité et des mesures pénales pour empêcher que ce type d'événements ait lieu. Je ne vois pas comment les Français peuvent comprendre que ce type de mesures se poursuivent, que ce type d'actes criminels la nuit se poursuivent. Il est donc urgent de mener la révolution pénale qui arrive à l'Assemblée nationale dans quelques semaines à l'initiative de Gérald Darmanin pour cela.

10:01
Charles Rodwell

À Freyne, dans l'enquête sur les dégradations dans la mairie de Freyne, 10 individus mineurs ont été interpellés et placés sous contrôle judiciaire. Sur ces 10 individus, deux ont été à nouveau arrêtés quelques heures après qu'ils aient été libérés par la justice. Qu'est-ce que ça dit du message de la justice ?

10:23
Présentateur

Je comprends que des millions de Français soient révoltés par ce que vous dites. Et moi, je veux dire, je ne vais pas jeter les magistrats en pâture parce que je connais tous les magistrats ou presque de ma circonscription. Il serait trop facile pour moi en tant que responsable politique de jeter en pâture les magistrats qui sont tous débordés avec leurs équipes par le nombre d'affaires qu'ils ont en cours. Il y a deux éléments de réponse. Ça veut dire qu'on ne peut pas faire confiance à ce type d'individus ? Il y a deux éléments que je peux apporter de réponse. Un, les moyens. La loi de programmation de la justice a été vitale.

Nous avons mis 8 milliards d'euros sur la table très concrètement pour recruter des magistrats et recruter des équipes autour d'eux parce que la France était en pénurie de magistrats, notamment par rapport aux pays qui les entourent. Très concrètement, plus de magistrats, ça veut dire plus d'affaires traitées et ça veut dire une réduction de l'embolisation de nos cours et de nos tribunaux. Deuxième des choses, nous devons absolument adopter la réforme pénale d'ampleur que Gérald Darmanin pose sur la table et qui arrivera à l'Assemblée nationale dans quelques semaines.

L'objectif, c'est de réduire les délais de traitement dans nos tribunaux, dans nos cours d'appel, notamment pour ce type d'affaires parce que les Français ne peuvent pas comprendre que ce type de situation se reproduise et il serait lâche de ma part de mettre cela sur le dos de nos magistrats alors que la première des choses, c'est de changer la loi pour accélérer le traitement de ce type d'affaires.

11:49
Charles Rodwell

On va parler des OQTF, Charles Rodoel. Vous avez porté une proposition de loi destinée à allonger la durée de détention dans les cras des personnes faisant l'objet d'OQTF. Cette proposition sera examinée le 13 avril prochain. Vous êtes optimiste quant à son adoption ?

12:04
Présentateur

Je suis optimiste quant à son adoption parce que nous n'avons pas d'autre choix que cette mesure. Cette mesure, elle vise à quoi ? Elle vise à dire que des criminels et délinquants étrangers, des terroristes sous OQTF ou des gens qui ont été accusés et coupables d'actes de séquestration aggravée, d'actes de torture, d'actes de viol, on parle de ce type de profil quand même, qui sont présents sur le territoire français illégalement, à savoir qu'ils n'ont rien à y faire. L'objectif, c'est de les enfermer dans un centre de rétention avant de les expulser et pour éviter qu'ils ne soient relâchés.

Je mène cette proposition de loi en mémoire des familles françaises qui ont été frappées et qui n'ont pas pu passer Pâques avec un de leurs enfants parce que cet enfant a été lâchement assassiné par ce type d'individu. Et en mémoire

12:52
Charles Rodwell

de Philippines.

12:53
Présentateur

De Philippines, de Lola, de Morane, de Laura, d'Aboubacar, de tous ceux, de tous ces enfants qui ont été assassinés par des gens qui n'avaient rien à faire sur le territoire français. Je veux que ces individus soient enfermés en centre de rétention avant d'être expulsés. Ça demande deux choses, Romain Desarbres. Première des choses, ça demande l'adoption de cette proposition de loi. Deuxième des choses, ça demande l'adoption de crédits complémentaires lors du prochain budget pour construire des places en centre de rétention administratif. Je suis rapporteur du budget sur l'immigration.

Je déposerai des amendements, un, pour construire ces places en CRA, deux, pour faire des économies par ailleurs. J'espère que ces désamendements seront adoptés et j'alerte mes collègues sur ces points afin que nous puissions assurer la sécurité des Français. Il est urgent de poursuivre ces combats.

13:46
Charles Rodwell

Charles Rodouel, député Ensemble pour la République des Yvelines. Jeudi dernier, le Parlement européen justement a validé un règlement qui vise à durcir la politique migratoire et à faciliter les retours des personnes en séjour irrégulier qui se trouvent sur le territoire de l'Union européenne. Ce texte autorise la création de hubs de retours qui seraient en dehors du territoire européen, du territoire de l'Union européenne. Il faudra les utiliser ces hubs de retours. Benjamin Haddad ne veut pas les utiliser.

14:11
Présentateur

Alors, Benjamin Haddad, qui est le ministre de l'Europe, on échange énormément avec lui. Benjamin Haddad n'a pas dit qu'il ne voulait pas les utiliser. Il a dit que les hubs de retours ne pouvaient pas répondre à toutes nos problématiques. Et en cela, on est parfaitement alignés. Il y a deux textes qui sont importants. Le pacte Asile et l'immigration à l'échelle européenne. Je regrette que, notamment, le Rassemblement national ait refusé de voter ce pacte. Et la procédure retour. L'objectif, il est simple. Il est d'empêcher à des centaines de milliers de migrants illégaux de rentrer en Europe.

Et il est de renvoyer les centaines de milliers de migrants illégaux qui sont déjà présents sur le territoire européen, de les renvoyer soit dans leurs pays origines, soit dans ce qu'on appelle des pays de transit. Depuis maintenant plusieurs années, l'Union européenne et notamment à l'initiative de la France, négocie des accords fondamentaux avec des pays qui les entourent. La Turquie, la Tunisie et d'autres. Je me suis rendu en Tunisie il y a quelques mois. L'objectif, il est très concret. Il est que l'on empêche des migrants illégaux de quitter les côtes tunisiennes pour entrer en Europe. Il y a trois gagnants dans ce type d'accord. Un, d'abord, les migrants illégaux eux-mêmes.

La Méditerranée est aujourd'hui un charnier, c'est un cimetière. Nous avons depuis des années laissé des centaines de milliers de hommes et de femmes traverser au péril de leur vie cette mer. Mettre en œuvre ce type d'accord, c'est sauver des centaines de milliers de vies. Deuxième des choses, par ce type d'accord, nous empêchons des centaines de milliers de personnes de rentrer illégalement sur le territoire européen. Troisième gagnant, la Tunisie elle-même, parce que lorsqu'elle signe ce type d'accord, elle devient moins attractive pour les migrants illégaux qui viennent d'ailleurs.

Et donc, nous avons tout intérêt à signer ce type d'accord avec les pays qui nous entourent parce qu'il y a trois gagnants. Un, des centaines de milliers d'hommes et de femmes qui ne traversent pas la Méditerranée au péril de leur vie. Deux, la France et l'Europe parce qu'il y a moins d'immigrants illégaux qui viennent sur le territoire national et européen. Trois, les pays de transit eux-mêmes parce que la pression migratoire baisse et ils ont moins de migrants illégaux qui viennent sur leur territoire.

16:18
Charles Rodwell

Je voulais vous entendre également, Charles Rodouel, sur ce qui s'est passé ce week-end à Saint-Denis. Rassemblement organisé par le maire et les fils Bali Bagayoko. Des journalistes de Frontières et de BFM TV ont été violentés. Qu'est-ce que ça dit ?

16:32
Présentateur

Ça dit que tous ceux qui sont soi-disant les défenseurs du vivre ensemble, du l'antiracisme, sont en réalité ceux qui mettent de l'huile sur le feu partout sur le territoire de la République. Moi, je veux dire, Romain Desarbres, il y a une chose qui m'inquiète en 2027, c'est l'affrontement identitaire dans notre pays. Entre des gens qui nous expliquent que la Nouvelle France, eh bien, il n'y a pas la place pour les blancs tout moches comme le qualifie Jean-Luc Mélenchon. Et de l'autre, vous avez des forces politiques qui expliquent que, par exemple, l'islam est l'ennemi de la République et qui défendent cette conception tout aussi racialiste de l'identité française.

Je pense, par exemple, à une partie de l'extrême droite française. J'ai lu, par exemple, les propos d'Éric Zemmour sur ce sujet il n'y a ne serait-ce que quelques jours. Moi, la raison pour laquelle j'appelle au rassemblement des forces politiques modérées, ce n'est pas simplement pour un coup politique, électoral, machin. C'est parce que nous avons le devoir... Parce que Marine Le Pen

17:30
Charles Rodwell

ne dit pas qu'islam est de la République.

17:32
Présentateur

Nous avons le devoir impératif, Romain Desarbres, de nous rassembler pour éviter que la France soit soumise à un affrontement identitaire entre l'extrême gauche et l'extrême droite. Je suis franco-britannique. Je vois aujourd'hui ce qui se passe dans mon second pays, le Royaume-Uni, avec un affrontement identitaire qui est en train de se mettre en œuvre. Un, parce qu'ils ont accepté une immigration de masse et renoncé à leur culture. Et deux, parce qu'aujourd'hui, vous avez deux forces politiques identitaires qui vont s'affronter. C'est tout ce que je ne souhaite pas pour la France.

Et donc, les deux choses que je défends, c'est un, une réduction de l'immigration et la promotion de nos valeurs, de la culture française qui est une culture universaliste. Et de deux, je refuse l'affrontement identitaire entre deux forces politiques extrêmes qui souhaitent créer un conflit civil dans ce pays. Et c'est la raison pour laquelle j'appelle tous nos chefs à plumes et toutes les forces modérées de ce pays, notamment de la droite et du centre, à se rassembler pour éviter cet affrontement identitaire.

18:32
Charles Rodwell

Et c'est l'union de la droite et du centre qui permettra d'éviter à la France de devenir ce qui est en train de devenir la Grande-Bretagne.

18:39
Présentateur

Mais j'en suis convaincu parce que regardez...

18:41
Charles Rodwell

Pourquoi c'est plus l'union de la droite et du centre qui permettra d'éviter ça que le RN ?

18:46
Présentateur

Mais regardez, sur cette question, aujourd'hui, on gouverne ensemble. Ça n'a aucun sens de présenter deux, trois, quatre, cinq candidats léliputiens à l'élection présidentielle. On parlait à l'instant de la proposition de loi que je porte sur la rétention administrative. Avec qui ai-je préparé cette proposition de loi ? Je l'ai préparée, certes, avec Sébastien Lecornu, Premier ministre, mais avant lui, avec Bruno Rétaillot, ministre de l'Intérieur. Je sais ce que je dois à Bruno Rétaillot lorsqu'il était ministre de l'Intérieur. Il n'y a aucun sens à ce que nous présentions deux, trois, quatre, cinq candidatures alors que nous avons travaillé et que nous avons gouverné ensemble ce pays.

On a nos succès, on a aussi nos échecs, nos échecs notamment sur la politique régalienne. J'en suis parfaitement conscient. On doit faire notre adjournmento sur cette question. Mais nous avons gouverné ensemble ce pays. Il est donc, à mon avis, lunaire que nous présentions des candidats différents à l'élection présidentielle. L'appel que nous avons lancé dans la presse la semaine dernière pour l'union de la droite et du centre n'est que la première étape. Nous, la base, nous, les députés, nous, les millions d'électeurs qui poussent pour cette solution derrière nous, nous allons faire monter la pression dans les semaines qui viennent pour créer cette union.

19:59
Charles Rodwell

Merci beaucoup, Charles Rodwell. Merci à vous. D'être venu ce matin pour cette grande interview C News Europe. Bonne journée, à bientôt.

La grande interview de Romain Desarbres avec Charles Rodwell — Charles Rodwell · Pourquijevote