Un levier industriel pour soutenir nos armées
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 80 %Attaque 20 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« La création du fonds européen de défense est l'aboutissement d'un très important travail »
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« il ne s'agit pas de créer une armée européenne mais de mettre à la disposition des forces armées de nos États les moyens de leurs missions en investissant ensemble dans notre autonomie stratégique »
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« l'Europe a des amis dans le monde, mais elle n'a pas de suzerain, et nous ne sommes pas des vassaux »
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« on aura sacrifié en particulier l'ampleur que ce fonds aurait dû avoir »
- 1:18Invité politiqueChiffre
« 7 milliards, c'est évidemment un début, et ce doit être un début »
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« le deuxième risque, c'est le saupoudrage des fonds : nous devons éviter à tout prix la dispersion de ces financements »
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« le troisième risque majeur [...] encore faut-il que l'Europe ait une stratégie »
Temps de parole
- François-Xavier Bellamy100 %
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Merci Monsieur le Président. Monsieur le Commissaire, Avant tout, je voudrais partager avec vous la joie de ce moment. La création du fonds européen de défense est l'aboutissement d'un très important travail, et je voudrais commencer par saluer tous ceux qui y ont contribué. Tout particulièrement notre collègue Zdzisław KRASNODĘBSKI pour le travail important qu'il a mené sur ce sujet. Il me semble que le fonds européen de défense concrétise ce que nous aimons dans l'Union Européenne, c'est à dire le fait que nous sommes capables de nous donner ensemble une ambition commune, en l'occurrence en matière d'industrie de Défense, pour pouvoir soutenir d'abord les armées de nos pays.
Vous l'avez dit, Monsieur le Rapporteur, il ne s'agit pas de créer une armée européenne mais de mettre à la disposition des forces armées de nos États les moyens de leurs missions en investissant ensemble dans notre autonomie stratégique. De fait, l'Europe a des amis dans le monde, mais elle n'a pas de suzerain, et nous ne sommes pas des vassaux, et nous devons pouvoir décider, lorsque nous engageons nos forces armées dans une opération militaire, des moyens que nous mettons à leur disposition, sans avoir à demander d'accord à d'autres puissances mondiales, fussent-elles proches de nos valeurs ou de nos intérêts.
Il me semble que ce fonds est malheureusement guetté par trois menaces, trois risques, que je voudrais évoquer brièvement. Le premier risque, c'est celui d'un manque d'ambition. Nous voyons bien que dans la négociation budgétaire, malheureusement, sur l'autel de ce grand emprunt européen, on aura sacrifié en particulier l'ampleur que ce fonds aurait dû avoir. Et un documentaire a montré d'ailleurs, lorsque le Conseil se réunissait pour discuter de cette emprunt, que c'était autour d'un coin de table, dans un coin de couloir, que l'on avait décidé d'amputer encore ce fonds, pourtant déjà diminué d'un milliard d'euros de plus. 7 milliards, c'est évidemment un début, et ce doit être un début.
Le deuxième risque, c'est le saupoudrage des fonds : nous devons éviter à tout prix la dispersion de ces financements. Investir dans des projets structurants, dans des projets stratégiques. Et enfin, pour qu'il y ait des projets stratégiques, c'est le troisième risque majeur, encore faut-il que l'Europe ait une stratégie. Encore faut-il que nos pays soient capables de s'unir dans une véritable vision de leur rôle dans le monde qui se dessine. Et il me semble que sur bien des sujets majeurs aujourd'hui de l'actualité internationale, l'Europe ne sait pas parler d'une seule voix, elle ne sait pas parler clairement pour ses principes et pour ceux qui l'unit.
Voilà le défi qui est devant nous aujourd'hui. Merci encore.
François-Xavier Bellamy