Julien Odoul : "Les Français attendent des améliorations dans leur quotidien !" (Public Sénat)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 15 %Attaque 65 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:12OuverteRéponse directe
L'actualité du jour, c'est le budget examiné à l'Assemblée nationale.
- 0:23OuverteRéponse directe
François Bayrou a annoncé utiliser le 49.3 pour faire adopter le budget. Il avait d'autres choix ?
- 0:36RelanceRéponse directe
Il a choisi une procédure antidémocratique, c'est ce que vous dites ?
- 1:31FerméeRéponse partielle
Est-ce que vous l'auriez voté, ce budget ?
- 2:18FerméeÉludée
Est-ce que vous allez voter cette motion de censure ? Oui ? Non ?
- 2:53FerméeÉludée
Quelle est votre position à titre personnel, précisément ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:26Invité politiqueFait
« Il avait le choix démocratique, régulier, de laisser les parlementaires, les députés examiner, amender le budget. »
- 0:39Invité politiqueFait
« Peut-être qu'il a été inspiré par sa ministre de l'Éducation nationale, Mme Borne, qui était Mme 49.3. »
- 1:48Invité politiqueFait
« C'est un très mauvais budget. »
- 4:31Invité politiqueChiffre
« La motion de censure a amené à l'augmentation des pensions de retraite, de la augmentation de 2,2% et à la baisse des tarifs de l'électricité. »
- 10:03Invité politiqueFait
« M. Retailleau est le ministre de la Parole. »
- 14:06Invité politiqueFait
« Si nous avons une submersion migratoire dans notre pays, nous avons aussi une submersion fiscale. »
- 16:56Invité politiqueFait
« Le protectionnisme, ce n'est pas un gros mot. »
- 20:31Invité politiqueFait
« C'est une défaite cinglante pour tous les islamistes, pour tous les dealers, pour toutes les racailles. »
Temps de parole
- Julien Odoul70 %
- Présentateur17 %
- Locuteur non identifié12 %
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Bonjour Julien Audoul, député RN de Lyon, porte-parole du RN. Vous êtes avec nous pendant 20 minutes. Voici Stéphane Vernet qui va m'épauler pendant cette interview. Bonjour Stéphane, rédacteur en chef au journal Ouest France. L'actualité du jour, c'est évidemment le budget qui sera examiné cet après-midi à l'Assemblée nationale. François Bayrou l'a annoncé, il va utiliser l'article 49.3 pour faire adopter sans vote ce texte. Il avait d'autres choix, François Bayrou ?
Il avait le choix démocratique, régulier, de laisser les parlementaires, les députés examiner, amender le budget. On a toujours le choix.
Il a choisi quelque chose, une procédure antidémocratique, c'est ce que vous nous dites.
Peut-être qu'il a été inspiré par sa ministre de l'Éducation nationale, Mme Borne, qui était Mme 49.3. Et effectivement, c'est jamais une bonne décision de passer en force et de ne pas accepter le débat. Le débat, c'est toujours la contradiction. Le débat permet aussi d'améliorer le texte.
Et malheureusement, ce n'a pas été le choix du Premier ministre. Ça a été le cas quand même. Il a été examiné au Sénat, il a été débattu au Sénat, il a été amendé au Sénat. Il a été négocié en commission mixte paritaire. Il est quand même passé par le circuit habituel du Parlement. Mais nous aurions aimé pouvoir en discuter, pouvoir le voter à l'Assemblée nationale. Parce qu'après, une commission mixte paritaire, vous ne pouvez plus l'amender. Vous pouvez juste le voter.
C'est toujours une frustration. Vous l'auriez voté, ce budget ? C'est toujours une frustration, en tant que député, en tant que représentant du peuple, d'être privé de ce droit de vote, de ce droit d'expression.
Mais c'est clair. Est-ce que vous l'auriez voté ? Est-ce que les députés du Rassemblement national, cet après-midi, s'il n'y avait pas eu 49-3, est-ce que les députés du Rassemblement national, cet après-midi, auraient voté le projet de loi de finances tel que présenté ? Écoutez, déjà, le Rassemblement national est le premier parti d'opposition.
Donc vous ne l'auriez pas voté ? Ensuite, il faut quand même remarquer que ce budget n'est pas un mauvais budget. C'est un très mauvais budget. Très mauvais budget, avec des choix qui, encore une fois, sont extrêmement contestables sur les efforts qui sont demandés aux entreprises, aux consommateurs, aux propriétaires notamment, et sur l'absence d'efforts demandés aux élus, aux trains de vie de l'État, à l'immigration de guichet social, etc.
– Très mauvais budget. Une motion de censure va être déposée par les insoumis. Elle sera examinée dans la foulée dans le courant de la semaine. Très concrètement, est-ce que vous allez voter ou pas cette motion de censure ? Oui ? Non ?
– C'est une très bonne question, à laquelle je ne peux pas vous répondre pour le moment, puisque nous avons une réunion autour de Marine Le Pen, Jordan Bardella, et puis de mes collègues du groupe Rassemblement national, cet après-midi, pour déterminer notre position. Et vous savez, nous, au Rassemblement national, on respecte justement nos instances, on respecte la concertation.
– C'est Marine Le Pen qui décide, quoi, c'est ce que vous dites, c'est Marine Le Pen qui décide. – Avec les élus, ce sera une discussion de savoir quelle sera notre position. – Et quelle est votre position à titre personnel, précisément ? – Et moi, ma position est celle du groupe, voilà. – Jean-Philippe Tanguy, lui, il dit, à titre personnel, je n'aurai pas voté ou je ne voterai pas, enfin, je voterai cette motion de censure. Vous, à titre personnel, quelle est votre position ?
– Je ne vais pas donner ma position personnelle avant quelques heures, mais Jean-Philippe Tanguy fait ce qu'il veut. Je vous dis que moi, je ne donnerai pas ma position personnelle, ce sera celle du groupe. Comme je vous le dis, c'est un budget qui est extrêmement néfaste, à la fois pour notre économie, pour la compétitivité des entreprises, pour la croissance, pour le pouvoir d'achat.
– Vous avez un avis, vous avez un avis.
– J'ai un avis sur ce budget, bien évidemment, puisque nous l'avons étudié et observé de près. Et il est vrai que par rapport aux attentes qui étaient celles à la fois du groupe Assemblée nationale, mais j'allais dire plus largement des Français, qui attendaient une rupture, ce que veulent les Français depuis plusieurs mois, c'est une rupture avec le macronisme. – En même temps… – Rupture sociale, rupture fiscale, rupture migratoire, malheureusement, on ne voit pas cette rupture.
– En même temps, vous avez aussi un grand nombre, probablement une majorité de Français qui sont inquiets et qui veulent un budget ou qui veulent un retour à la stabilité. Est-ce que vous assumeriez d'être parmi ceux qui font capoter à nouveau le budget ? Qu'en disent vos électeurs et vos sympathisants en circonscription, chez vous, dans Lyon par exemple ? – Alors déjà, vous savez, depuis plusieurs mois, les Français n'attendent pas un budget,
ils attendent des améliorations. – Ils attendent que la situation se débloque ? – Ils attendent des améliorations dans leur quotidien, on leur a fait peur avec la dernière motion de censure, on a tout eu comme propres dents. – Vous avez fait tomber le gouvernement. – Les cartes vitales qui n'allaient plus fonctionner, les fonctionnaires qui seraient plus payés, les retraites qui seraient plus versées. Résultat des courses, la motion de censure a amené à l'augmentation des pensions de retraite, de la augmentation de 2,2% et à la baisse des tarifs de l'électricité. Donc dans leur quotidien…
– Et l'histoire de la pension de revenu n'est toujours pas réglée.
– Les Français ont vu que la motion de censure avait eu des bénéfices. Après, effectivement, quand les Français regardent concrètement ce qu'on leur propose, ce qu'on leur demande de faire comme effort, comme contrainte, comme sacrifice, effectivement les comptes n'y sont pas. Et beaucoup de mes concitoyens que j'ai pu rencontrer sur le terrain sont extrêmement en colère par rapport aux choix. Je prends une mesure… – Vous sont en colère mais est-ce qu'ils vous demandent à faire tomber le gouvernement Bayrou à nouveau ? – Écoutez, je vais vous dire, je prends une mesure très concrète sur les privilèges des anciens premiers ministres et des anciens présidents de la République.
Tous les gens que j'ai pu rencontrer sont extrêmement choqués par ce maintien de privilèges, alors même que la situation des Français qui travaillent, des familles et des plus précaires se dégrade et qu'on leur demande toujours plus de sacrifice.
– Et ça, ça justifierait une censure du gouvernement, selon vous ?
– Mais beaucoup de choses peuvent justifier… – Ah mais donnez-nous quelques exemples, donnez-nous quelques exemples. – Nous, encore une fois, on ne fait pas de la politique aéri, on ne se fait pas plaisir. La motion de censure, ce n'est pas un jouet, ce n'est pas de se dire « tiens, on va faire tomber le gouvernement demain, c'est super chouette ». Nous, ce que l'on regarde, c'est l'intérêt de la France et des Français. Est-ce que, compte tenu du budget qui est proposé, est-ce qu'il est plus néfaste de le laisser en circulation, si je puis dire, en application, ou alors est-ce qu'il faut protéger les Français de ce budget ?
Une mesure symbolique, effectivement, sur les efforts qui étaient demandés. L'aide médicale d'État, qui est un totem, qui est un symbole, c'est-à-dire la palette de soins qui est aujourd'hui réservée aux migrants clandestins. M. Rotaillot a fait beaucoup de mousse à partir de ça. Cette aide médicale d'État ne va pas bouger d'un centime. Nonobstant, la petite opération d'enfumage, les 111 millions, c'est un gel des crédits par rapport à 2024. Donc l'aide médicale d'État ne va pas baisser. C'est un symbole extrêmement grave, et ce qui montre bien que la collusion socialiste et l'air a amené à une trahison.
– Ce qui justifie la censure du gouvernement, selon vous. – Décidément, c'est une idée fixe. – Non, mais c'est important, Julien Oudou, on vous invite pour que vous nous dites que vous donnez la position de votre parti.
– Bien sûr que c'est important, et c'est pour ça que nous en discuterons tout à l'heure, et c'est pour ça que c'est une discussion extrêmement sérieuse, parce que c'est le budget de la France, parce que c'est la stabilité de notre pays. Nous ne souhaitons pas le chaos, nous ne sommes pas la France insoumise, nous souhaitons effectivement que la situation s'améliore pour nos concitoyens. En revanche, nous ne pouvons pas accepter que ce budget fragilise et matraque toujours les mêmes entreprises, Français qui travaillent, consommateurs, propriétaires, au mépris effectivement des efforts qui sont demandés à l'État et à son train de vie.
– Si les socialistes ne votent pas cette censure, le gouvernement ne tombe pas. Et donc vous pouvez voter la censure un peu sans conséquence, vous allez attendre de voir un peu ce qui se décide dans le parti socialiste, ceux qui ont les clés en quelque sorte du jeu en ce moment ?
– On ne va pas se fier au socialisme, parce qu'il y a, je pense, 50 nuances de socialisme, en fonction des intérêts, en fonction des collusions, en fonction des municipales aussi, parce qu'ils ont négocié aussi des chèques pour les métropoles, pour leurs petits copains, pour leur clientèle, etc. Ces 3 milliards d'euros qui vont être versés justement pour faire plaisir avant les municipales, donc nous, on ne se fie pas aux socialistes, on se fie surtout à nos électeurs, à nos 11 millions d'électeurs, aux Français qui nous regardent et qui nous attendent, et pour qui, effectivement, nous nous combattons et nous sommes en première ligne.
– On n'aura pas de réponse là-dessus, peut-être dernière question sur le budget, le budget de la Sécu qui reprend son parcours aujourd'hui à l'Assemblée nationale, quelle est la position de votre parti sur ce texte ?
– Encore une fois, les… – Joker encore. – Non, ce n'est pas un Joker. La rupture qui était demandée, et on a bien vu qu'avec M. Bayrou, finalement, il n'avait pas tenu compte de ce qui s'était passé. Il n'a pas tenu compte de ce qui s'est passé avec M. Barnier, il n'a pas tenu compte, justement, de nos propositions, et malheureusement, le compte n'y est pas, encore une fois, le compte n'y est pas. Les Français se sont exprimés, en fait, en démocratie, si on n'écoute pas le peuple, on a toujours un mur devant soi. Alors, ils se sont exprimés deux fois aux Européennes et aux législatives.
Ils ont voulu ce changement qu'aujourd'hui, on leur refuse, avec toujours des opérations de communication savamment orchestrées.
– Mais si le budget Bayrou est très mauvais, bien pire que le budget Barnier, comment est-ce que vous pourriez justifier de ne pas voter la censure contre le gouvernement cette fois-ci ? Parce que la dernière fois, vous avez expliqué que vous le faisiez parce que ce budget était très mauvais, qu'il fallait protéger les Français. – Ça veut dire que vous allez voter la censure à nouveau cette semaine ?
– Mais vous le verrez dans quelques heures, vous le verrez dans quelques heures. Je ne peux pas vous répondre pour le moment. En tout cas, ce que je peux vous garantir, c'est que notre décision sera prise en fonction de l'intérêt de notre pays. – Stéphane, sur la dissolution.
– Question, est-ce que vous étiez au meeting du Rassemblement National à Montpellier, samedi avec Montellimard ? – Montellimard, pardon, excusez-moi. – Non, je n'étais pas avec Jordan Bardella, j'étais dans ma circonscription. – Vous avez entendu, vous avez suivi son discours quand même, j'imagine. Il est allé fort avec Bruno Retailleau, qui l'a présenté comme le ministre de l'inaction migratoire. Est-ce que la popularité de Bruno Retailleau vous pose problème ?
– Pas du tout, vous savez, Bruno Retailleau… – Pourquoi c'est une cible alors du coup ? – Vous savez, nous, on cible tous ceux qui parlent comme nous, mais qui trahissent le peuple français. – C'est le cas de Bruno Retailleau ? – M. Retailleau est le ministre de la Parole.
– Mais il trahit les Français, vous utilisez ce terme ?
– Bien sûr, vous savez, quand on fait semblant, quand on fait semblant de faire, on dit beaucoup de choses. M. Retailleau, il dit beaucoup de choses, il en fait très peu. M. Retailleau est, j'allais dire, le nouveau robot qui parle comme le Rassemblement National, mais finalement qui se couche au dernier moment. – Il vient d'adopter une circulaire, abrogeant la circulaire Valls, ça ne vous convient pas ? – La circulaire n'a de fermeté que le nom, c'est une escroquerie cette circulaire.
Mais surtout des reniements, quand on voit notamment dans un colloque sur la sécurité que dans un premier temps, il soutient le collectif féministe Némésis qui organise de très bonnes actions, qui est très courageuse, d'ailleurs son défi très courageuse. Et puis 24 heures après, il est rattrapé par la patrouille en disant, je ne savais pas qui c'était, je n'ai rien à voir avec ces gens-là. Donc on voit bien que M. Retailleau, il est quand même gangréiné par ce politiquement correct qu'on a déjà vu par le passé avec Nicolas Sarkozy et M. Darmanin, l'homme de droite dure en fait, qui est le tenant de la gauche molle.
– Marine Le Pen qui appelle à une dissolution rapide de l'Assemblée Nationale et à de nouvelles élections législatives d'ici à cet été. Comment vous vous préparez ? Est-ce que vous avez fait le ménage, notamment, à ce qu'il reste des brebis galeuses chez vous ? Ou est-ce que vous êtes prêt aujourd'hui ?
– On se prépare activement, effectivement. Nous conduisons avec mon collègue Thomas Ménager la direction de la future campagne des législatives. Nous auditionnons de nombreux candidats. Il y a un cycle de formation qui va débuter.
– On parle de formation à grande échelle. On apprend quoi dans ces formations au Rassemblement National ?
– On apprend le programme du mouvement, comment faire campagne, le rôle du député ? Enfin, j'ai l'air, ça va être un programme de formation extrêmement éteillible.
– Et comment vous déminez pour savoir si tel candidat a tenu des propos racistes, antisémites, homophobes ?
Comment vous faites pour le passer au crible ? – Il faut avoir l'honnêteté de dire que c'est une infime minorité. – Plusieurs dizaines aux dernières législatives. – C'était une infime minorité, effectivement. – Plusieurs dizaines. – Là, notre travail, c'est de détecter les meilleurs profils, les meilleurs candidats, de les former, de faire en sorte, effectivement, qu'il y ait un travail de détection en amont sur les réseaux sociaux et autres, pour que nous ayons la meilleure équipe de France possible au moment de la dissolution et des législatives.
– Pour vous, cette dissolution, elle aura forcément lieu cet été ? Vous allez la provoquer ? Comment vous faites ? C'est quoi votre stratégie ? – Ce n'est pas nous qui allons la provoquer.
– En créant une instabilité, en faisant tomber le gouvernement à nouveau ? – Encore une fois, ceux qui la provoquent sont les responsables de cette situation, c'est-à-dire M. Macron, notamment, qui n'a pas tenu compte des dernières législatives et qui a aussi faussé le résultat avec ses alliances des contraires entre macronistes et LFI. C'est ça qui a engendré l'instabilité politique actuelle.
– La démission d'Emmanuel Macron, vous vous y préparez ? Comment elle s'y prépare, Marine Le Pen, à cette démission ?
– On s'y prépare parce que ça fait partie des éventualités, effectivement. Le président de la République, selon la constitution de la Ve République, a trois leviers. Il a la dissolution, ça a déjà été fait. Il a le référendum, visiblement ce ne sera pas fait par M. Macron. Et il y a aussi la démission du président de la République qui avait été actionnée par le général de Gaulle en 1969. – Donc comment elle s'y prépare ? – Elle s'y prépare, justement, en étant déjà en phase avec les Français, en préparant son programme. – Est-ce qu'elle ne se cache pas un peu ? Elle fait peu d'interventions quand même, Marine Le Pen.
Marine Le Pen, on peut lui reprocher beaucoup de choses, mais ce n'est pas une femme qui se cache, c'est une femme courageuse. Et c'est surtout la seule en capacité, aujourd'hui, de redresser notre pays. J'ajoute que c'est la personnalité préférée, politique préférée des Français avec Jordan Bardella. Donc ce qui montre quand même une adhésion profonde, non pas seulement à ses idées, mais aussi à sa personne, à son caractère, à son engagement.
– Julien Audouli a actuellement un ras-le-bol des grands patrons. C'est un autre sujet de l'actualité. Bernard Arnault qui a jeté un pavé dans la mare en critiquant la taxe exceptionnelle sur les bénéfices des grands groupes qui est discutée dans le budget 2025. Est-ce que vous êtes pour ou contre cette taxe ?
– Déjà, je comprends ce ras-le-bol, puisque si nous avons une submersion migratoire dans notre pays, nous avons aussi une submersion fiscale. Et cette submersion fiscale, elle est insupportable.
– Donc vous comprenez les propos de Bernard Arnault ?
– Non, mais encore une fois, je comprends les propos de toutes les entreprises, qu'elles soient petites ou grandes. Je comprends les propos et l'exaspération et le ras-le-bol de tous les entrepreneurs, de tous les patrons, quels qu'ils soient. Parce qu'aujourd'hui, on est à tel niveau de prélèvement d'impôts, de taxes, de charges, que c'est insupportable. C'est insupportable compte tenu des services en retour que nous avons. Si on regarde effectivement les prix de l'électricité, si on regarde les services publics qui se dégradent année après année, on voit bien que par rapport aux impôts qu'on paye, le compte n'y est pas.
– Donc vous comprenez aussi quand Bernard Arnault dit qu'il menace en sous-texte de délocalisation, de délocaliser ses entreprises, vous comprenez ça aussi ?
– Non, vous ne me verrez jamais comprendre les délocalisations. – C'est le propos de Bernard Arnault, en sous-texte. – Ce que je comprends effectivement, c'est le ras-le-bol fiscal. Ça, je le comprends.
– Et si demain, il dit, je délocalise, je vais aux États-Unis, vous comprenez, il ne faudrait pas prendre des sanctions, il ne faudrait pas l'empêcher de partir.
– Non, mais encore une fois, le maintien de l'emploi dans notre pays est l'une des priorités du Rassemblement national. Nous sommes pour le protectionnisme, nous sommes pour le patriotisme économique et nous devons faire en sorte, avec justement un terreau favorable, et donc avec une politique adaptée, de maintenir nos emplois en France. On le voit bien que le logiciel qui est celui de M. Macron, finalement qui est celui des 30 dernières années, a conduit à un appauvrissement, à une augmentation et une pression fiscale et à des délocalisations. En fait, nous sommes perdants sur tous les tableaux. – Stéphane.
– Un mot concernant la situation internationale. On a Donald Trump qui a annoncé qu'il allait augmenter massivement les droits de douane concernant le Mexique, le Canada, la Chine. Qu'est-ce que ça vous inspire ? Et comment on fait par rapport à une menace similaire concernant l'Union européenne ? Comment est-ce que devrait réagir l'Union européenne par rapport à ces décisions ?
– Alors déjà, Donald Trump applique la politique pour laquelle il a été élu. Donc il n'y a pas vraiment de surprise. Peut-être qu'en France, c'est surprenant qu'un homme politique applique son programme.
– C'est-à-dire qu'après le Canada, la Chine et le Mexique, ça va être à notre tour, c'est ça ?
– Malheureusement, Donald Trump, ou heureusement, j'en sais rien, est américain, donc il défend les intérêts américains. À nous, Français, de défendre les intérêts français. – Comment on fait ? – Et justement, nous avons, encore une fois, des leviers qui permettent de garantir la préservation de nos emplois, de nos intérêts vitaux, stratégiques, de notre économie, par du protectionnisme. Également, le protectionnisme, ce n'est pas un gros mot. – À l'échelle française ou à l'échelle européenne ? – C'est aussi de souveraineté. – Échelle française ou échelle européenne ? – Mais les deux, mais les deux.
Moi, je considère que le meilleur échelon, et nous le disons, c'est évidemment l'échelle nationale, mais l'Union européenne également doit pouvoir se protéger, encore une fois, dans cette vaste compétition mondiale. Il faut arrêter d'être les dindons de la farce, il faut arrêter d'être ce territoire ouvert aux quatre vents qui subit, finalement, toutes les prédations, quelles qu'elles soient, et notamment de grands pays. – Donc il faut s'inspirer de Donald Trump, c'est ce que vous dites ? – Il faut s'inspirer, effectivement, de certaines mesures et d'une certaine philosophie. La défense de la souveraineté, des intérêts économiques, des frontières, je pense, devrait être partagée par…
– Si je résume, la France du RN, c'est protectionnisme, barrière douanière, et on baisse les impôts sur certains revenus, sur les plus hauts revenus, notamment ? – Non, c'est une… – Non, mais j'essaie de faire le lien avec ce que vous disiez sur Bernard Arnault.
– Non, c'est très nettement caricaturé. Nous, ce que l'on souhaite par des mesures de protection, et encore une fois, ce n'est pas un gros mot, ce n'est pas des barbelés, et le protectionnisme, c'est permettre, justement, d'adapter son économie dans cette mondialisation. La mondialisation, elle doit être une force, elle doit être un atout, elle ne doit pas être un cauchemar pour nos entreprises, pour nos salariés. Donc, effectivement, il y a des traités de libre-échange contre lesquels il faut se prémunir, il y a des barrières douanières avec certains pays sur certains produits, il y a une compétition, il y a un rapport de force, tout simplement,
pour se faire respecter. – Julien Audou, je ne sais pas si vous avez vu ces manifestations massives en Allemagne, des dizaines de milliers de manifestants ont défilé hier pour protester contre le rapprochement entre la droite et l'extrême droite à trois semaines des législatives, vous avez vu, qu'est-ce que ça vous inspire ?
– Pas grand-chose, vous savez, moi, je ne suis pas citoyen allemand, je regarde ce qui se passe… – Vous êtes citoyen européen ? – Oui, je suis citoyen français, dans l'Europe, certes, mais je ne me considère pas comme citoyen européen, ce n'est pas une citoyenneté, l'Europe, ni une souveraineté, mais très clairement, il y a en Allemagne, il faut bien le dire, comme dans beaucoup de pays d'Europe, un ras-le-bol de l'immigration, il y a un ras-le-bol de la submersion migratoire qui n'est pas un sentiment, mais une réalité, on l'observe au Danemark, on l'observe en Pologne, on l'observe en Hongrie, en Italie…
– Mais c'est aussi la fin du tabou, du rapprochement entre la droite et l'extrême droite, est-ce que ça peut vous donner des idées, à vous, ici, en France ?
– Mais les situations politiques sont très différentes, je précise d'ailleurs que le Rassemblement National n'est pas d'extrême droite, et j'y tiens, 11 millions de Français ne sont pas d'extrême droite, ils sont patriotes, ils sont souverainistes, ils sont attachés à leur identité, mais ils ne sont pas d'extrême droite. Aujourd'hui, on le voit bien, le Rassemblement National séduit, rassemble de plus en plus, et nous, nous appelons tous les patriotes sincères, mais qu'ils viennent de la droite ou qu'ils viennent de la gauche, ou d'ailleurs, à se retrouver autour du journal de Bardella et de Marine Le Pen.
– Et vous dites, vive l'AFD, qui, voilà, il y aura des élections dans trois semaines en Allemagne, vous supportez l'AFD ? – Non. – Vous espérez la victoire de l'AFD ?
– Il ne vous aura pas échappé que l'AFD ne faisait pas partie de nos alliés ? – C'était vos autres partenaires. – Ce n'est plus le cas maintenant. En revanche, vive le suffrage universel, effectivement, et les peuples sont en droit de se protéger de l'immigration massive et d'élire les représentants qu'ils souhaitent.
– Il y a eu des élections municipales anticipées hier à Villeneuve-Saint-Georges, deuxième tour, le deuxième tour a eu lieu hier, l'insoumis Louis Boyard a été battu par la candidate de droite Christelle Niasme. Il y a des enseignements attirés à l'échelle nationale, selon vous ?
– Oui, bien sûr. C'est une défaite cinglante pour tous les islamistes, pour tous les dealers, pour toutes les racailles. – Pourquoi les islamistes ? – Parce que c'est le camp de la France insoumise, très clairement. Louis Boyard a été sévèrement sanctionné, non pas sur sa personnalité, mais sur ce qu'il incarne, sur le repouchoir qu'est la France, aujourd'hui, insoumise, donc c'est une bonne nouvelle pour la République, et à chaque fois que la France insoumise recule,
je pense que la République avance.
– Dernière question Stéphane, oui.
– C'est une bonne nouvelle pour les Républicains aussi, ou pas ? Parce qu'on voit qu'il y a eu plusieurs élections anticipées, qu'elles soient municipales ou législatives, les Républicains font plutôt des bons scores à chaque fois, comment… est-ce que pour vous c'est un épiphénomène, ou c'est la marque d'une tendance, d'un retour en grâce des LR ? – Oui, c'est un mirage, vous savez, à Villeneuve-Saint-Georges,
c'est le Front Républicain qui a gagné, et notamment grâce à l'appel très clair de Jordan Bardella, qui a appelé à faire barrage à Louis Boyard. – Donc quand les Républicains gagnent, c'est grâce aux RRN, c'est ça ? – Ah ben là, pour ce qui est de la candidate des Républicains et nouvelle maire de Villeneuve-Saint-Georges, c'est grâce au Front Républicain, elle n'a pas été élue seulement par les voix de Valérie Pécresse, loin de là, et l'appel de Jordan Bardella a pesé dans la balance.
Julien Odoul