Point presse du Président Emmanuel Macron depuis la médiathèque Jean Macé à Château-Thierry.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 8:01OuverteRéponse partielle
Est-ce qu'on va inéluctablement vers la vaccination obligatoire des soignants comme l'a suggéré votre ministre de la Santé ce matin ?
- 10:01OuverteRéponse directe
Vous croisez de nombreux Français dans toutes vos déambulations, vous sentez qu'il y a un poids en moins après les restrictions, la fin des restrictions annoncées hier ?
- 11:00OuverteRéponse directe
Monsieur le Président, sur la liberté retrouvée, juste parce que vous nous aviez promis il y a une semaine des annonces le 21 juin sur les discothèques, est-ce qu'on peut en savoir plus ?
- 12:00OuverteRéponse directe
Est-ce que vous avez été surpris qu'un enfant vous interroge ce matin sur la claque dont vous avez été victime ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:00Emmanuel MacronChiffre
« La France doit s'enorgueillir d'être l'une des nations d'Europe qui a le moins fermé ses écoles pendant la crise Covid. Onze semaines de fermeture »
- 6:00Emmanuel MacronFait
« Villers-Cotterêts nous avons entrepris de ne pas simplement rénover mais au fond réinventer collectivement ce que fut le château »
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J'espère que tout le monde va bien. Heureux d'être là. Nous étions ce matin à Poix-de-Picardie et nous nous retrouvons à Château-Thierry.
Heureux de vous retrouver. On était ce matin à Poix-de-Picardie dans une école et on se retrouve à Château-Thierry, après avoir passé quelques instants au musée La Fontaine, dans cette médiathèque parce que nous lançons aujourd'hui la lecture comme grande cause nationale de l'été 2021 à l'été 2022, avec une volonté qui est d'abord de consolider et de renforcer ce que nous avons fait depuis le début du quinquennat pour la lecture. Et je le dis parce que c'est pour moi un sujet extrêmement important qu'on a mis au cœur de l'Éducation nationale mais au-delà, et je veux vraiment remercier ici nos instituteurs, nos professeurs mais aussi les associations et tous les personnels qui les aident à former notre jeunesse.
La bataille pour pouvoir savoir lire, écrire, mais aussi savoir compter et se comporter est essentielle. C'est celle qui nous a conduits à réduire le nombre d'élèves par classe en CP-CE1 dans les zones les plus défavorisées, dès la rentrée 2017-2018, continuer de le faire sur les maternelles et grandes sections. C'est ce qui nous a ensuite conduit à lancer un " plan bibliothèques " pour aider dans de nombreuses communes de France à ouvrir plus tard, aux bonnes heures, aussi le week-end, les bibliothèques pour que tous nos enfants, nos adolescents, puissent avoir accès justement aux livres et à la lecture.
C'est ce qui nous a conduit aussi à lancer ce projet de Micro-Folies pour développer à travers tout le territoire l'accès évidemment pas seulement aux livres, mais aussi aux œuvres d'art et aux plus grands opéras, comme au théâtre. Et nous avons résisté durant le Covid pour continuer à justement faire les passeurs à l'égard de nos enfants. La France doit s'enorgueillir d'être l'une des nations d'Europe qui a le moins fermé ses écoles pendant la crise Covid.
Onze semaines de fermeture, deux à trois fois moins que la plupart de nos homologues qui ont été autant touchés que nous, et je veux encore une fois remercier nos enseignants, remercier les parents d'élèves parce que ça a été une mobilisation collective. Néanmoins, au moment où nous nous trouvons, je souhaite qu'on puisse relancer les choses encore plus fort. C'est pour ça qu'en rouvrant les activités culturelles qui avaient été fermées, nous avons décidé de lancer le Pass Culture il y a quelques semaines.
Ce pass va permettre d'accompagner les plus jeunes dès la quatrième jusqu'à la terminale, puis à 18 ans avec le complément des 300 euros pour tous les jeunes qui veulent accéder à la culture, acheter un livre en particulier. En lançant aujourd'hui cette grande cause nationale qu'est la lecture, ce que nous voulons faire c'est véritablement mobiliser les enseignants, toutes les associations qui, depuis tant d'années, se battent sur ce sujet, évidemment aussi nos bibliothécaires, nos libraires, nos éditeurs, nos écrivains, nos acteurs, nos diseurs parce que lire, et en particulier lire à voix haute, doit être remis au cœur de l'engagement de toute la nation. D'abord c'est essentiel pour pouvoir se former, apprendre et trouver sa place dans la vie.
Si on ne sait pas lire et écrire, si on ne sait pas bien le faire, on ne trouve pas sa place. Et je parle ici dans un territoire que nous connaissons, le Président du département me le rappelait tout à l'heure, on était tout à l'heure aussi dans la Somme où les défis sont comparables. La lutte contre l'illettrisme est véritablement un défi du quotidien.
Ensuite, parce que lire à voix haute c'est faire cette rencontre amoureuse avec la langue française, c'est-à-dire découvrir des idées, des histoires, mais aussi découvrir que quelqu'un peut nommer ce que je ressens, le partager avec moi. C'est la découverte de la beauté littéraire mais c'est aussi découvrir le rythme, la musique, la vérité de la langue française. Et elle se dit à voix haute et elle s'entend.
Et donc nous allons lancer toute une série d'initiatives. Il y a ce soir ce que Monsieur Bunel va d'ailleurs parachever, qui est une cause qu'il défend depuis longtemps et je veux vraiment d'ailleurs ici lui rendre hommage, ainsi qu'à Erik Orsenna. Ils ont beaucoup fait pour que la lecture à voix haute soit absolument mise au cœur de ces combats.
Et je veux remercier Fabrice Lucchini qui a admirablement démontré aujourd'hui devant ces élèves, comme il le fait chaque jour et depuis tant d'années, l'importance de ce qu'est la lecture à voix haute, ce que c'est que de dire un texte, voyager parmi des auteurs. Et donc cette grande cause nationale va nous permettre de nous mobiliser à travers des initiatives dans nos écoles pour la rentrée scolaire, vous savez que depuis maintenant, près de quatre ans nous distribuons les Fables de La Fontaine, de prendre des initiatives, des concours de lecture à voix haute, des défis aussi. La Fontaine, avec le 8 juillet et les 400 ans, sera au cœur de ces initiatives.
Flaubert sera aussi au cœur de plusieurs initiatives pour la lecture à voix haute puisque c'est aussi une année anniversaire. Et donc nous allons, entre l'été 2021 et 2022, nous mobiliser tous et toutes pour mettre au coeur de la nation ce beau travail, cette belle mobilisation pour la lecture. Dans quelques instants ensuite, nous nous rendrons à Villers-Cotterêts et tout cela se tient sur un fil.
Je salue notre député Monsieur Krabal qui a beaucoup œuvré en particulier sur ce projet, parce qu'à Villers-Cotterêts nous avons entrepris de ne pas simplement rénover mais au fond réinventer collectivement ce que fut le château qui avait été laissé à l'abandon après avoir été largement transformé et que nous allons véritablement transformer en lieu de la langue française, pas simplement en musée, mais en voyage, au fond en odyssée, autour des Français. Et je le dis à dessein parce que la langue française est un voyage et donc c'est comprendre d'où vient le français, comment il s'est transformé, comment il s'est mâtiné, comment il s'est créolisé, comment il s'est consolidé à travers l'époque classique et comment il continue aujourd'hui de vivre à travers tous les continents. Nous y serons tout à l'heure puisque les mois qui viennent sont décisifs pour pouvoir ouvrir ce lieu de Villers-Cotterêts.
Voilà cette journée dédiée à la fois à la langue française, la lecture, l'éducation. Et, au fond, c'est ce qui tient très profondément notre nation unie, ce rapport à la langue et la lecture, et donc cette grande cause est pour moi très importante. Monsieur le Président, si votre quinquennat était une fable de La Fontaine et peut-être la dernière ligne droite d'ailleurs de ce quinquennat, ce serait laquelle ?
C'est irréductible parce qu'il y a eu trop d'étapes. Je citais tout à l'heure Les Animaux malades de la peste qui correspond, pour une partie de la fable, à ce que nous avons ensemble vécu et d'ailleurs ce qu'il faut combattre et les injustices face aux aléas du temps. La beauté de La Fontaine, c'est qu'il couvre beaucoup de situations de la vie, on le disait tout à l'heure, s'inspirant justement des autres et d'ailleurs de plusieurs autres.
Au fond il décrit des situations typiques mais il décrit aussi des caractères et, en prenant le prétexte de parler d'animaux, il nous dresse un portrait de la comédie humaine. Elle est assez inchangée. Et donc nous pouvons, à travers notre existence, nous retrouver dans beaucoup de ces fables, étape par étape, selon les parcours.
Le mandat qui est en cours n'est pas réductible à l'une d'elles mais elles nous permettent de voyager. Elles permettent surtout d'à la fois prendre du recul mais, ce qui est admirable, Fabrice Lucchini le disait tout à l'heure, c'est le style, c'est la modernité, c'est la brisure chez La Fontaine, c'est-à-dire cette capacité à posséder la langue, en plus le français à ce moment-là vit son temps classique. Quelques décennies après la mise en place de l'Académie française, c'est un temps où le français essaie de se simplifier, de correspondre aussi à ce moment du classique qui vaut aussi en architecture et que vous connaissez où on veut presque tout corseter, où la forme et les mots se simplifient.
Et La Fontaine maîtrise admirablement ce français-là et cette forme mais en même temps, brise le style, les rythmes, y insère de l'oralité, de la liberté. Et la vie de La Fontaine, cette trajectoire, correspond admirablement d'ailleurs à la vérité de ce style. Est-ce qu'il y en a une, malgré tout, qui pourrait servir de guide à un candidat à la présidentielle, dont les enseignements sont plus judicieux ?
J'ai compris qu'il y avait en ce moment beaucoup de candidats. Il se peut parfois qu'il y en ait déjà pour la présidentielle mais posez-les plutôt à ces dits candidats. Vous avez l'expérience.
Vous avez raison, mais je vais plutôt continuer à lire La Fontaine pour ce qu'il est, c'est-à-dire ne pas chercher un prétexte. C'est un auteur qu'on ne peut pas écraser derrière l'actualité. Il vaut mieux courir ou partir à point ?
Vous êtes, et je vais citer un autre grand auteur, vous m'entendez souvent le citer parfois, vous concernant, c'est Audiard que j'aime beaucoup et qui est un grand auteur de l'oralité aussi, lui il vient de l'argot et c'est pour moi un des plus grands dialoguistes du vingtième siècle, vous êtes la proie des idées fixes. J'ai compris que vous vouliez me faire répondre sur quelque chose mais qui n'a rien à voir avec le schmilblick. Mais j'ai le droit d'aimer La Fontaine, de venir défendre la langue française et de ne pas vouloir repartir dans la mêlée ou les miasmes.
Donc je reste avec La Fontaine et la langue française et je réponds à toutes les questions. C'était très politique La Fontaine à l'époque ? Cela a été très politique.
D'ailleurs, comme vous le savez, il a eu un rapport très ambigu avec la Cour. Il a été proche du surintendant des finances qui a mal fini et il a eu une vraie liberté. On n'oublie pas le contexte sanitaire.
Est-ce qu'on va inéluctablement vers la vaccination obligatoire des soignants comme l'a suggéré votre ministre de la Santé ce matin ? Je pense que la logique sur laquelle nous sommes et l'approche qui est la nôtre continuent d'être et de jouer sur l'adhésion, l'intelligence, la responsabilité. Et je pense que c'est très important.
Et d'ailleurs, on le disait il y a quelques mois, les Françaises et les Français doutent de la vaccination, du vaccin en général. On a vu, et les chiffres continuent à monter, qu'il y a une vraie adhésion au vaccin parce que tout le monde a compris qu'on ne pouvait s'en sortir qu'avec le vaccin. Maintenant, notre travail va être d'aller convaincre, d'aller aussi vers nos concitoyens qui sont les plus loin du soin, dans les semaines qui viennent.
Je le dis parce que vous avez beaucoup de nos concitoyens qui sont dans des situations plus fragiles, plus précaires, qui ont parfois autant besoin que vous et moi de se faire vacciner et qui n'ont pas de médecin référent, qui n'ont pas le même accès à l'information donc il va falloir aller les chercher, ce qu'on a commencé depuis début février. Et puis il y a des gens qui, en effet, continuent à douter, donc c'est ce travail de conviction auquel je crois davantage. Il y a des situations, par contre, que nous souhaitons régler durant l'été, ce sont celles des établissements en particulier, accueillant des personnes en situation de grande fragilité, les EHPAD, les maisons de retraite.
Là, il est très clair qu'il faut vraiment une mobilisation pour qu'il y ait un maximum des personnels soignants qui puissent être vaccinés. Sinon, le risque, si l'épidémie devait repartir, est que tous ces personnels soient eux-mêmes contaminés à un moment donné et qu'ils ne soient plus en situation de travailler, mais surtout que, par malheur, ils contaminent des aînés qui sont toujours plus fragiles, même en étant vaccinés, parce que l'immunité n'est pas exactement la même, on sait qu'elle diminue avec l'âge. Donc j'appelle d'abord à la responsabilité.
Le Ministre a eu raison de dire qu'à un moment donné, on ne pourra pas en tout cas revenir vers l'automne et l'hiver, où on sait que l'épidémie a tendance à repartir, en tout cas que, si le virus est encore là, l'état endémique peut repartir, sans avoir rien fait d'ici là. Je crois plus à la mobilisation générale. Donc j'appelle tous les personnels soignants et encadrants de ces établissements à se faire vacciner aujourd'hui.
Vous avez d'autres questions ? Sur la lecture ? Un mot sur Villers-Cotterêts, peut-être, le château où vous irez dans quelques instants.
Ce château avait été longtemps abandonné et cette ville a eu un maire RN depuis 2014. Est-ce que, derrière cette rénovation, il y a aussi le signe que l'État investit sur le terrain et que c'est un signal envoyé ? Oui !
Vous le savez, on investit sur le terrain, sur beaucoup de sujets, parce que nous sommes ici sur des terres qui ont beaucoup souffert de la désindustrialisation à certains endroits, de la grande difficulté économique. Plus au nord du département, j'en parlais avec Monsieur le Préfet tout à l'heure, on a fait le pacte Sambre-Avesnoy-Thiérache, on est sur le Nord, les confins de l'Aisne et du Nord, et c'est une zone qui a beaucoup souffert économiquement. Villers-Cotterêts a encore des industriels qui sont présents, mais c'est une ville qui a aussi souffert.
Mais je ne voudrais pas que cette ville soit réduite au Front national. J'en combats les idées, il y a un maire démocratiquement élu et je le verrai tout à l'heure en tant que maire. Mais c'est aussi une ville qui épouse formidablement l'histoire de la langue française, et dont nous devons être fiers.
C'est en effet la ville des ordonnances royales par lesquelles François 1er décide de faire du français la langue administrative. Donc c'est le premier moment où un souverain décide de fonder ce qui va nous unifier. C'est pour ça que je dis souvent : La France se tient par son état et sa langue.
Nous sommes une des seules nations au monde qui s'est construite ainsi, par la langue, et puis par la puissance de l'État, de ses services, de ses structures, qui a progressivement ramené royaumes et duchés qui parfois étaient ennemis, les comtés, dans un accord unique. Le choix de cette décision de François 1er est fondateur. Et en effet, elle se fait au château.
Ensuite, c'est aussi le lieu qu'un grand général d'Empire mulâtre, qui était le général Dumas, choisit pour s'installer. On a souvent revisité l'histoire, on a parlé il y a pas longtemps de Napoléon, on oublie de dire qu'il y a aussi des grandes figures de femmes et d'hommes de couleur qui ont fait notre histoire. Dumas, le père d'Alexandre Dumas, en fait partie.
Et c'est là qu'Alexandre Dumas, un de nos plus grands écrivains, est né. Et c'est de là qu'il est parti, la légende dit " à pieds ", je n'ai pas vérifié moi-même, pour aller vers Paris quand il a voulu écrire. Donc cette ville a quand même une histoire extraordinaire.
Et elle se trouve aux confins d'un territoire qui a porté parmi les plus plus grands écrivains : La Fontaine à quelques encablures, Racine un peu plus loin, à La Ferté. Vous êtes quand même dans l'épicentre de ce qu'est la langue française, et donc le génie de notre nation. Je le dis, parce que tout ça, les élèves nous l'ont montré, c'est une actualité formidable.
Savoir parler la langue, savoir en épouser les subtilités, en connaître l'histoire, en accepter les métamorphoses contemporaines, c'est aussi comprendre qui nous sommes, d'où nous venons, et penser le monde. Quand on ne la maîtrise pas, quand on l'abime, pour paraphraser Camus, on ajoute aux malheurs du monde que nous vivons. Et quand on décide d'y voyager, on y trouve aussi beaucoup de rassurance, parce qu'on voit que d'autres éprouvent la même chose que nous.
Découvrir un poète, on l'a tous vécu, un livre de littérature, c'est d'un seul coup comprendre que quelqu'un d'autre a éprouvé ce que je croyais être le seul à ressentir. C'est aussi pour ça que je veux qu'on lance cette grande initiative. Parce que l'une des choses que l'on ne doit pas sous-estimer, j'ai été frappé en écoutant ce matin à Poix-de-Picardie la dizaine de parents d'élèves que j'ai voulu entendre pendant un peu plus d'une heure, c'est la solitude.
Beaucoup de gens ont éprouvé la solitude dans ce confinement ! Et nos enfants l'ont éprouvée. Ce sentiment d'être seuls, de ne plus pouvoir voir les amis, les cousins et cousines, le reste de la famille, d'être repliés sur eux-mêmes.
Ils m'en ont tous parlé, ça m'a profondément touché. Et la lecture est quelque chose qui permet de briser la solitude, dans une parole silencieuse lorsque je lis chez moi et que je découvre justement que je comprends mieux ma vie par les mots d'un autre, que je voyage par les histoires que me raconte un écrivain. Mais la lecture à voix haute, c'est un formidable moyen de transmettre, de partager, et donc de briser cette solitude.
Donc on va continuer ce voyage. On peut être fiers de notre langue, de notre littérature. C'est un trésor inestimable.
Vous croisez de nombreux Français dans toutes vos déambulations, vous sentez qu'il y a un poids en moins après les restrictions, la fin des restrictions annoncées hier ? Vous le ressentez, vous ? Oui, on le ressent tous.
Il y a un besoin de liberté. Il y a aussi, c'est un des défis du moment que nous vivons, que nous avons vécu de manière très différente, les uns et les autres, cette période. On sent en général un formidable vent de liberté et d'optimisme.
Nous sommes une partie à avoir vécu les choses et à se dire qu'au fond, on va retrouver une vie normale. Mais nous sommes une autre partie à avoir éprouvé bien davantage cette période, et au fond à être dans l'anxiété économique, sociale, pour nos enfants, ou nos aînés. Et nous sommes aussi une partie à l'avoir éprouvée dans notre chair.
Beaucoup d'entre nous ont perdu des proches, ont parfois été touchés, ont encore des Covid longs. Il faut veiller à ce que ces destins très différents puissent se retrouver dans ce moment. Mais dans l'ensemble, je trouve plutôt que les gens se sentent plus libres.
Avez-vous été surpris qu'un enfant vous interroge ce matin sur la claque dont vous avez été victime ? Non, parce qu'il avait vu la télé. C'est normal, c'est plutôt spontané.
Il m'a demandé si ça m'avait fait mal, j'ai trouvé ça gentil. C'était là quelques jours. J'ai trouvé ça naturel de sa part.
Monsieur le Président, sur la liberté retrouvée, juste parce que vous nous aviez promis il y a une semaine des annonces le 21 juin sur les discothèques, est-ce qu'on peut en savoir plus ? Je vais recevoir justement les établissements sur lesquels il y a le plus de contraintes. On sait qu'il y a des établissements où les contraintes sont un peu plus fortes parce que on est enfermés, on doit forcément enlever le masque parce qu'on boit, on danse, on fait la fête.
Donc il faut être très vigilants. Si on rouvre tout, tout de suite, le risque est que le virus recircule et qu'on revienne en arrière. Des discussions sont en cours, et je les recevrai le jour de la Fête de la musique pour pouvoir ensemble envisager un calendrier avec des mesures sanitaires.
Vous organisez une soirée le 21 juin à l'Elysée ? Je vous confirme qu'il y aura, en respectant les règles décidées par ailleurs, donc avec les contraintes sanitaires de jauge, de distance, assis, c'est ça ? il y aura donc le public qui convient avec la jauge, et il y aura un concert de musique électro et de DJ. Ҫa ne va pas être du tout Bach, Monsieur le Président.
Non, ce n'est pas très Bach, ce concert ! On va l'annoncer, mais ce sera plus Jean-Michel Jarre et Cerrone, avec des jeunes au milieu. C'est un métier fascinant, votre métier, Monsieur le Président.
Il faut intégrer les composantes du temps, il faut cette patience avec les êtres humains. Il faut en fait accepter le temps long, et le moment. Merci à tous.
Est-ce que vous avez d'autres questions ? J'ai fait un teasing, mais il y aura une Fête de la musique. On a assisté à un sacré débat tout à l'heure entre vous et Fabrice Lucchini.
On vous a senti un peu surpris. Non, je le connais bien. Vous ne pouviez plus beaucoup en placer une.
Je trouve qu'il a un amour de la langue française qui est communicatif. Je parle de Monsieur Lucchini en sa présence, donc c'est toujours gênant, je pense qu'il a cette trajectoire qu'il a admirablement rappelée tout à l'heure, mais il habite avec beaucoup de générosité la langue française, parce que derrière son incandescence, sa truculence, son style un peu coruescant, dirai-je, il y a en fait beaucoup de pudeur. Il ne parle jamais de lui, et parce qu'il ne veut pas parler de lui, il se met au service des textes des autres.
C'est pour ça qu'il parle toujours d'un texte à l'autre et qu'il [INAUDIBLE], parce que je pense, c'est que ce que je disais tout à l'heure, que sa vie en est l'illustration. Et je pense très profondément que la littérature et le style l'ont sauvé. Oui, et il y a une phrase très belle de Nietzsche qui convient bien à la journée, " Tout esprit profond avance masqué ", Monsieur le Président.
Là, je crois qu'on est en face de gens très, très profonds. On est tous très profonds. Oui, parce que tout esprit profond avance masqué.
On va continuer, on va à Villers-Cotterêts. Merci en tout cas de relayer cette grande cause de la lecture, je compte sur vous. Merci, Messieurs, Mesdames.
Emmanuel Macron