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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 25 avril 2023 18 minContradictoireActualité / polémiqueRetraitesTravail & emploiÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Thomas Porcher à Macron : "les français ne passeront pas à autre chose"

Source d'origine 3 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 90 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 50 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:03OuverteRéponse partielle

    Thomas, comment tu sens le mouvement ? Qu'est-ce que ça va devenir malgré la promulgation de la loi ?

  • 3:36OuverteRéponse partielle

    Emmanuel Macron s'est fixé l'objectif de 100 jours pour accélérer sur les chantiers prioritaires. Est-ce que cela veut dire que la contestation sociale s'arrête là ?

  • 6:07OuverteRéponse partielle

    Toi, comment tu analyses cette séquence politique qui est loin d'être terminée ? Comment ça va se terminer le quinquennat ?

  • 8:25OuverteRéponse partielle

    Il agissait en grand prince en disant je m'en fiche de la popularité, je ne peux pas être réélu, je fais ça pour l'intérêt général. Dans tous les cas, il faut faire cette réforme. Toi, tu penses que oui, ça va être le président le plus détesté de la Vème ?

  • 11:39OuverteRéponse partielle

    Quels sont les réels changements à venir dans cette nouvelle entité en 2024 ?

  • 14:25OuverteRéponse partielle

    Pourquoi l'objectif du gouvernement est d'atteindre les 5% de chômage ? Et c'est quoi qui va être sa stratégie pour atteindre ce chiffre-là ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:05InvitéFait
    « Il est persuadé, lui, qu'il va passer à autre chose avec ses 100 jours, avec un petit chèque sur l'électricité, une petite hausse sur les enseignants. »
  • 0:12InvitéFait
    « Mais c'est faux, les gens ne vont pas passer à autre chose. »
  • 2:06InvitéFait
    « On arrive au point que Macron a cherché depuis le début et qui est le point en fait qu'il maîtrise le moins bien. »
  • 2:40InvitéFait
    « Partout, il y a des gens qui vont lui dire qu'ils sont contre. »
  • 3:29InvitéFait
    « Et je pense qu'après lui, ce sera le déluge. »
  • 7:06InvitéFait
    « Bon, les retraites, personne n'en veut. Mais il est persuadé, lui, qu'il va passer à autre chose avec ses 100 jours, avec un petit chèque sur je ne sais pas quoi, l'électricité, une petite hausse sur les enseignants. »
  • 7:20InvitéFait
    « Il se trompe. Déjà parce que la conjoncture est très négative, là, avec l'inflation, etc. »
  • 7:31InvitéFait
    « Il a fait énormément de réformes. La baisse sur l'ISF, la loi travail. »
  • 7:41InvitéFait
    « Et dans les choix budgétaires, ceux qui payent, c'est toujours les mêmes. C'est les chômeurs et maintenant, c'est les retraités. »
  • 7:52InvitéFait
    « Macron, sa caractéristique, c'est qu'il a un très mauvais thermomètre de la colère sociale. »
  • 8:37InvitéFait
    « Alors effectivement, il va être vu comme un réformateur. Si c'est ça le but, ça va être le Thatcher français. »
  • 9:08InvitéChiffre
    « Vous avez 7 personnes sur 10 qui sont poussées à cette réforme des retraites, il va passer en force. »
  • 11:20PrésentateurChiffre
    « l'actuel taux de chômage est de 7,2% et a ramené la France au niveau de 1982 »
  • 11:27PrésentateurPromesse
    « c'est désormais la barre des 5% que l'exécutif souhaite viser d'ici 2027 »
  • 12:05InvitéFait
    « Macron ne veut pas faire baisser le chômage, il veut faire baisser le chiffre du chômage. »
  • 14:28InvitéFait
    « Avec la réforme de l'assurance chômage, les indemnités vont baisser, les temps, les temps des durées d'indemnisation vont baisser. »

Temps de parole

  • Invité59 %
  • Présentateur34 %
  • Locuteur non identifié4 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité

Macron, il nous refait le goût du grand débat après les Gilets jaunes. Il est persuadé, lui, qu'il va passer à autre chose avec ses 100 jours, avec un petit chèque sur l'électricité, une petite hausse sur les enseignants. Les gens vont oublier, on va passer à autre chose. Mais c'est faux, les gens ne vont pas passer à autre chose. Il va tenir par la matraque. C'est la seule solution.

0:16
Présentateur

Bonjour tout le monde et bienvenue pour ce nouvel Instant Porchet. Je suis ravie de vous retrouver. L'Instant Porchet, c'est un petit moment qu'on se prend entre nous avec Thomas Porchet. Chaque semaine, pour décrypter l'actualité, avec la multitude des discours qu'on entend de part et d'autre, se poser, connaître et comprendre est une véritable arme démocratique. Ce programme s'inscrit dans notre grande ambition, débarquer à la télé et continuer de tenir notre antenne sur YouTube et Dailymotion pour vous proposer une autre hiérarchie et un autre traitement de l'information. A partir du 7 mars, s'est lancée la bataille décisive contre la réforme des retraites.

Et le Média est là pour vous faire vivre cette lutte de manière quotidienne sur son plateau, sur les piquets de grève, en manifestation, bref, aux quatre coins de la France, partout où il y aura les points levés et des slogans scandés. Ils ont des milliards, mais nous sommes des millions. Alors abonnez-vous au Média à partir de 5 euros par mois sur soutenez.lemédiatv.fr. Vous êtes notre seule force pour garantir une information libre et indépendante. Au programme aujourd'hui, travail, ordre, progrès. Bon, ça, non. C'est la nouvelle devise du pouvoir. Nous, aujourd'hui, on va décrypter un gouvernement empêché de gouverner par son peuple en colère. C'est l'instant porché.

Ça y est, la réforme des retraites a été officiellement promulguée samedi 15 avril, le lendemain de la validation du Conseil constitutionnel. Est-ce que cela veut dire que la contestation sociale s'arrête là ? C'est mal connaître les Français. Jeudi dernier, la colère cheminote s'est faite entendre dans les rues quand l'allocution d'Emmanuel Macron lundi dernier, elle était inaudible. Pendant que le président disait à la télé, oui, vous n'êtes pas d'accord, mais on va faire avec. Les rues de France étaient jonchées de concerts, de casseroles par le peuple. L'intersyndical, les opposants, les militants annoncent un 1er mai historique.

La réforme des retraites est le catalyseur d'une colère sociale qui monte depuis des années où la question fondamentale est le partage des richesses. Et c'est avec tout ça que la fête des travailleurs et des travailleuses se prépare. Thomas, comment toi tu sens le mouvement ? Qu'est-ce que ça va devenir malgré la promulgation de la loi ?

2:09
Invité

En fait, on arrive au point que Macron a cherché depuis le début et qui est le point en fait qu'il maîtrise le moins bien. C'est-à-dire qu'on a eu quand même des syndicats qui ont fait plusieurs grèves. On a eu une intersyndicale et Macron a mis à genoux les syndicats. Il ne les a pas écoutés, il a fait comme s'ils n'existaient pas. Et il savait très bien qu'en faisant ça, ça allait se radicaliser et ça allait dépasser finalement le cadre syndical pour aller vers plusieurs types de manifestations comme on a vu, les casseroles. Et partout où il va aujourd'hui Emmanuel Macron, finalement, il n'est plus audible. Partout, il y a des gens qui vont lui dire qu'ils sont contre.

À la fin, il va faire des discours comme dans les républiques socialistes, de Corée du Nord ou d'ailleurs, où on va débarrasser les véritables personnes des endroits où ils habitent et on va mettre un petit public qui aura été sélectionné, qui applaudira notre président. Mais sinon, ce ne sera plus possible. Ce ne sera plus possible parce que maintenant, le mouvement, il a dépassé le cadre des syndicats. Alors, on va tous aller manifester bien sûr le 1er mai, mais ce n'est pas là que ça se joue maintenant le rapport de force. Ce n'est plus entre les syndicats et le gouvernement puisque les syndicats ont perdu, de fait. Ils ont déjà perdu.

Maintenant, ça va être une opposition avec les Français, avec les Français qui sont massivement opposés à cette réforme. Donc, moi, je ne vois pas qu'on peut se finir le quinquennat. Les députés vont avoir des retours très mauvais dans leur circonscription. Macron dit qu'il va y avoir un déplacement. Ça va très mal se passer. Et je pense qu'après lui, ce sera le déluge. Même, il y a un gros risque politique. Donc, le quinquennat, la fin du quinquennat va être très difficile.

3:36
Présentateur

Alors, pendant son allocution l'année dernière, Emmanuel Macron s'est fixé l'objectif de 100 jours pour accélérer sur tous les chantiers prioritaires pour notre pays et a promis l'apaisement. Le lendemain, Olivier Véran a précisé cette feuille de route en mettant en avant les mots d'ordre, comme j'ai dit, travail, ordre, progrès. On va regarder un petit florilège de l'apaisement.

3:53
Locuteur non identifié

Une coupure de courant prive l'établissement d'électricité, action revendiquée par la CGT Énergie du département. Faute de courant jusqu'à il y a quelques minutes. La table ronde prévue avec des élèves et des professeurs se tient dans la cour. Ce n'est pas les casseroles qui font un nom, c'est la France. On peut relancer massivement l'industrie de casserole aussi, qui ne produit pas assez. Ah, casserole. Oui, deux casseroles. Il faudra les enlever, madame. Pourquoi on va enlever les casseroles, s'il vous plaît ? On est sur un préfectoral. Non, je vous ai demandé un papier. On a l'arrêté préfectoral. Vous allez le lire, vous le mettez-vous là. Je trouve le fric foutu pour ça.

S'il était tranquille, je pense qu'on ne prendrait pas autant de préoccupations. On ne peut pas poser les gamelles, c'est ça ? On ne peut pas prendre les gamelles.

5:01
Présentateur

Beaucoup de ministres, vous le dites, se déplacent. C'est important d'aller à la rencontre des Français. Tout le temps, Emmanuel Macron se fait sans cesse rattraper. Et ses déplacements bousculés par le peuple en colère, on l'a vu. Chaque déplacement du président ou d'un de ses ministres, quels qu'ils soient, même ceux qui ne sont pas très connus, sont perturbés. On ne les lâchera pas, écrit Attaque, avec même une carte des mobilisations. Et elles sont vraiment nombreuses. C'est l'Interville ou encore les JO du Sebel sur les réseaux. C'est ça, la France.

Et cela pourrait même prêter à sourire tellement les gens sont déterminés et ne manquent pas d'imagination pour faire payer au président le déni de démocratie en cours. Toi, comment tu analyses cette séquence politique qui est loin d'être terminée, j'ai l'impression ? Comment ça va se terminer le quinquennat dans le sens où il reste quand même quatre ans là ?

6:15
Invité

Alors déjà, la première chose, c'est cette histoire de 100 jours. Macron, il nous refait le coup du grand débat après les Gilets jaunes. Et c'est toujours bien de rappeler les choses parce qu'il faut, même si on l'a déjà dit, il faut le redire. Quand le mouvement a été protéiforme, qu'il n'était pas tenu par des syndicats et que Macron ne savait pas à qui il avait affaire à l'époque des Gilets jaunes, il a lâché prise, il a été moins fort sur les réformes et puis il a été aussi très fort sur la répression policière, le maintien de l'ordre. Et après, il a organisé ce grand débat pour apaiser tout le monde. Qui a plus ou moins fonctionné puisque nous sommes passés à autre chose ?

Personne, on n'a pas été dupe. On a très bien vu ce que c'était le grand débat. Les questions étaient très orientées. Les questions étaient toujours dans un cadre budgétaire. de fait qu'à la fin, quoi qu'on réponde à ce fameux questionnaire du grand débat, on arrivait toujours à la politique de Macron. C'était à peu près ça le truc. Mais quand même, cette tournée où il a parlé aux Français, etc., ça a été un petit coup pour passer à autre chose. Pour qu'on oublie les Gilets jaunes, qu'on passe à autre chose. Et là, c'est exactement la même chose qu'il dit. Bon, les retraites, personne n'en veut.

Mais il est persuadé, lui, qu'il va passer à autre chose avec ses 100 jours, avec un petit chèque sur je ne sais pas quoi, l'électricité, une petite hausse sur les enseignants. Les gens vont oublier, on va passer à autre chose. Mais je pense que là, il se trompe. Il se trompe. Déjà parce que la conjoncture est très négative, là, avec l'inflation, etc. Et puis déjà parce que les gens ne sont plus dupes. Là, on a un quinquennat entier de Macron et on a vu ce qu'il a fait comme cadeau. Alors, il y a beaucoup de gens qui disent qu'il n'a fait aucune réforme. Il a fait énormément de réformes. La baisse sur l'ISF, la loi travail. Là, il va refaire une loi travail.

Les baisses d'impôts de production. Il a fait énormément de choses. Et dans les choix budgétaires, ceux qui payent, c'est toujours les mêmes. C'est les chômeurs et maintenant, c'est les retraités. Donc, c'est quasiment l'ensemble de la population active qui va à un moment être confrontée à sa retraite. Donc, ce n'est pas sûr que les gens passent à autre chose. Et Macron, sa caractéristique, c'est qu'il a un très mauvais thermomètre de la colère sociale. Il n'a pas vu venir les gilets jaunes. Il s'est dit bon, il a cru que le mouvement au début, il était persuadé que le mouvement au début, avec l'inflation, ça n'allait pas durer.

Et puis, il a parlé sur le pourrissement qui faisait que l'opinion publique allait se retourner contre les casseurs et qu'il allait récupérer ça. Ça n'a pas été le cas. Et donc là, il pense que les gens vont passer à autre chose. Mais c'est faux, les gens ne vont pas passer à autre chose. Et c'est pour ça que la fin du quinquennat va être difficile pour lui. Ça va être perturbé constamment. Et ce sera peut-être même le président le plus détesté de la Vème République.

8:25
Présentateur

Justement, il agissait en grand prince il y a quelques semaines en disant je m'en fiche de la popularité, je ne peux pas être réélu, je fais ça pour l'intérêt général. Dans tous les cas, il faut faire cette réforme. Toi, tu penses que oui, ça va être le président le plus détesté de la Vème ?

8:37
Invité

Alors effectivement, il va être vu comme un réformateur. Si c'est ça le but, ça va être le Thatcher français. Enfin, Thatcher, pendant ses obsèques, il y a un certain nombre d'Anglais qui se sont retournés. Je veux dire, Thatcher, elle a laissé des traces très dures dans la population anglaise, surtout pour les plus pauvres. Alors, elle a réussi à mettre les mineurs à genoux, ce que personne n'avait réussi à faire, au prix également d'une forte répression policière, ce qui a permis au patronat d'imaginer que tout était possible. Parce qu'elle avait mis à genoux les mineurs que personne n'avait réussi à mettre à genoux. Et là, c'est à peu près ce qui se passe.

Lui, Macron, il ne veut pas mettre les mineurs à genoux, il veut mettre la population française, comme on a dit à genoux. Vous avez 7 personnes sur 10 qui sont poussées à cette réforme des retraites, il va passer en force. Et là, effectivement, pour le patronat, après, tout est possible. Donc là, on s'attaque à la loi travail, une autre loi travail. On a fait quand même la loi El Khomri, la loi travail de Macron. Et là, il va attaquer le RSA, l'assurance chômage, etc. Donc, on est vraiment dans une dynamique où là, après l'assurance chômage, les retraites, on va s'attaquer aux aides sociales. Parce que tout est possible maintenant, après cette réforme de retraite.

9:35
Présentateur

Avec tout ça, on se demande comment le gouvernement va pouvoir s'en sortir, tenir cette colère ?

9:41
Invité

Par la matraque. Il va tenir par la matraque. C'est la seule solution. Ça va être quoi ? Ça va être le moins en moins de déplacements sur le terrain. Parce que chaque fois qu'il y a un déplacement, il y a toujours quelqu'un qui va dire oui, on ne veut pas de vote, qui va huer le président, on ne veut pas de vote réforme, etc. Et ce qu'on a vu ces derniers jours, ce qui est quand même, moi, je n'avais jamais vu ça avant. Donc, ça va être le moins de déplacements sur le terrain pour tous les membres du gouvernement et de la majorité. Ça va être ça.

Les déplacements du président, ils vont être faits type république socialiste où on débarrasse les habitants, on trie les gens pour avoir exactement ce qu'on veut avec le petit drapeau comme ça et peut-être la petite tête de Macron comme ça. Ça va être exactement ça. Et lui pourra faire son discours et là, tout le monde applaudira. Puis, pour le reste, les manifestations et tout, elles vont être réprimées pour dégoûter les gens d'aller manifester, pour dresser finalement le peuple qui n'a pas très bien compris. Ça va être ça. Ça va être ça. Et c'est ce qui se passe là aujourd'hui. C'est ce qui se passe aujourd'hui.

En fait, les drones, etc., tout ça qui sont utilisés, c'est utilisé que contre les manifestants. Ce n'est pas utilisé pour démanteler des trafics, etc. Tout est utilisé en ce moment. Les violences policières, on les voit contre les manifestants. Et donc, il y a bien une volonté de dresser les opposants.

10:49
Présentateur

Alors, dans cette devise avancée par le gouvernement, travail, ordre, progrès, on a vu un peu la couleur de l'ordre et du progrès. Concernant le travail, bon, ça commence déjà par travailler plus longtemps. Ça, je crois qu'on l'avait déjà tous compris. Et puis, pas le droit à l'erreur ou au repos. Bref, travailler et produiser. L'objectif affiché par le gouvernement, c'est faire baisser le chômage à un niveau que la France n'a pas connu depuis près d'un demi-siècle. Et pour ça, l'entité France Travail va remplacer Pôle emploi à partir du 1er janvier 2024.

Alors que l'actuel taux de chômage est de 7,2% et a ramené la France au niveau de 1982, c'est désormais la barre des 5% que l'exécutif souhaite viser d'ici 2027. On rappelle quand même qu'il s'agit surtout des chômeurs de catégorie A, parce que les inscrits en catégorie B et C, c'est-à-dire ceux qui ont des contrats courts et intermittents, ont connu une forte augmentation en quatrième trimestre 2022. Puis, quand on durcit les conditions d'accès au chômage, facile d'en baisser ces statistiques. Quels sont les réels changements à venir dans cette nouvelle entité en 2024 ? Eh bien, parmi eux se trouve l'accompagnement renforcé des allocataires du RSA.

Comprenez, les bénéficiaires du RSA devraient suivre quasiment 20 heures de formation dans un objectif affiché d'insertion gérée par France Travail. Thomas, tout d'abord, comment s'explique le chômage en France en comparaison à d'autres pays ?

12:00
Invité

En fait, nous, nous avons un chômage qui est gonflé artificiellement. Parce que vous savez, quand on parle de faire baisser le chômage, je crois que Macron ne veut pas faire baisser le chômage, il veut faire baisser le chiffre du chômage. C'est le chiffre qu'il veut faire baisser. Le chômage, il s'en fout, en fait. Et donc, c'est pour ça, comme tu l'as très bien dit, qu'on peut faire baisser le chiffre du chômage des catégories A en augmentant les catégories B et C. Et ça, on peut le faire juste en changeant, en fait, la définition de ce qu'on appelle être un chômeur.

Chez nous, en France, il y a plus de chômage, naturellement, parce que quand vous êtes au chômage, vous devez vous identifier comme chômeur pour avoir la sécurité sociale. Vous touchez le RSA, qui est quasiment un peu moins d'un mi-temps qui vous est offert par l'État. Vous touchez votre chômage. Dans le cas, par exemple, des États-Unis, vous n'avez pas d'RSA, vous n'avez aucune obligation à vous inscrire, à vous identifier en tant que chômeur parce qu'il n'y a pas de sécurité sociale. Donc, vous sortez des statistiques. Et à partir de ce moment-là, comme il n'y a pas d'assurance chômage ou très faible, vous n'êtes pas obligé de vous inscrire en tant que chômeur, le chiffre baisse.

Mais en plus, vous êtes considéré comme quelqu'un qui travaille. À partir du moment où vous travaillez une heure par semaine, c'est-à-dire que quelqu'un qui travaille deux heures par semaine, donc huit heures par mois, n'est plus chômeur. Donc, il rentre dans la statistique de celui qui travaille. Pourtant, huit heures par mois, on ne peut pas dire. Nous, c'est impossible, ça, parce que le RSA est plus intéressant que ces huit heures-là. Donc, quand vous cassez finalement l'assurance chômage, quand vous cassez le RSA, que vous mettez des barrières à l'entrée pour avoir ce statut de chômeur, vous avez un chiffre de chômage qui se réduit drastiquement. Et c'est ça l'objectif du gouvernement.

Mais si demain, on mettait le même modèle, le modèle français, c'est-à-dire le RSA, l'assurance chômage, et on l'appliquait aux États-Unis, vous savez quel taux de chômage on aurait ? Le même qu'en France. En réalité, les États-Unis ont choisi les travailleurs pauvres, nous, on a choisi les chômeurs. Donc, nous, on a choisi une assurance sociale. Une petite partie de ce que l'on gagne, on le met parce qu'on pense que le chômage, c'est quelque chose de mauvais, qui n'est pas dû à la personne, donc on lui donne une assurance chômage. Aux États-Unis, ils n'ont pas choisi ça.

Mais le nombre de personnes qui bossent très peu d'heures, qui sont très précarisées, en fait, c'est quasiment le même que le nôtre. Donc, si on avait les mêmes systèmes, on aurait les mêmes taux de chômage. Ça, c'est la première chose qu'il faut dire. Donc, Macron, il ne veut pas lutter contre le chômage. Il veut avoir un plus beau chiffre du chômage, c'est tout.

14:07
Présentateur

Assurance chômage, on rappelle qu'on cotise, bien sûr, pour y avoir droit. Et puis, des droits au chômage qui ont été fortement réduits. Donc, j'invite évidemment à regarder les anciens instoporchers où on a bien décrypté la réforme de l'assurance chômage il y a quelques mois. L'objectif du gouvernement, c'est d'atteindre les 5% de chômage. Enfin, en tout cas, ce chiffre. Pourquoi ? Et c'est quoi qui va être sa stratégie pour atteindre ce chiffre-là ?

14:28
Invité

Là, on a vu, comme tu l'as bien rappelé, qu'avec la réforme de l'assurance chômage, les indemnités vont baisser, les temps, les temps des durées d'indemnisation vont baisser. Et les contrôles vont augmenter. Donc, il y a vraiment une volonté de rendre ce statut de chômeur qui était évident à un moment. Quand vous arrêtez de travailler, vous alliez... Alors, à l'époque, c'était l'ANPE, l'Agence Sociale pour l'Emploi. Après, ça a été Pôle Emploi qui ressemblait beaucoup à Job Center, les Job Center américains. Et là, ça va être France Travail qui ressemble vraiment beaucoup aux abréviations américaines où tu ne mets que deux mots.

Au Canada, le ministère de la Santé, je crois que ça s'appelle Santé, Ministère. C'est que des trucs comme ça. Tu y allais et tu touchais tout de suite ton assurance chômage, tes prestations chômage, c'était normal. Là, maintenant, il faut rendre ça beaucoup plus difficile. Il faut faire beaucoup plus de contrôles pour radier. Il faut radier. L'objectif, c'est la radiation. Ça, c'est la première des choses. Et la deuxième des choses, c'est de s'attaquer après à ce qui est le deuxième poste. Une fois qu'on n'a plus de chômage, qu'est-ce qu'on fait ? Si on n'a plus de chômage et qu'on n'a pas trouvé d'emploi, on passe à quoi ? On bascule sur le RSA. C'est ça.

Tous ceux qui sont sur les chômeurs de très longue durée, c'est des gens qui sont au RSA. Une femme qui est au foyer, qui va avoir un enfant, le mari travaille si le mari se casse. Parfois, elle n'a pas travaillé pendant 10-15 ans. Elle n'a pas trouvé un emploi comme ça du jour au lendemain. Surtout si elle a un enfant. En plus, c'est très difficile de trouver des horaires qui consistent avec les horaires d'école. Là, elle basculait au RSA. Et elle cherchait un emploi. Elle basculait au RSA. Aujourd'hui, on va lui mettre des conditions en plus. Parce qu'on part du principe qu'elle est au RSA par choix.

Donc, on va lui donner des conditions, des heures de formation, des heures de travail, etc. Déjà, quand on était au RSA, on devait justifier quand même des démarches de travail. On avait des rendez-vous. Si c'était bien fait dans les agences, on a des rendez-vous. On doit justifier qu'on allait se faire chez un travail. Ce n'est pas on touche le RSA comme une rente en faisant n'importe quoi. On doit quand même justifier de la recherche d'une activité. Et les études ont montré que quasiment 90% des demandeurs d'emploi recherchent activement un emploi. C'est Pôle emploi lui-même qui le dit. Donc, le but, c'est de basculer sur ce RSA.

Et ce RSA-là, que déjà, un tiers des gens ne demandent pas, ne réclament pas parce que c'est humiliant, parce qu'ils estiment qu'ils n'en ont pas besoin, parce qu'ils ne veulent pas un tiers, on va lui mettre des complications pour qu'il y en ait encore moins. Et donc, Macron, il va baisser le chômage. C'est sûr que le chiffre va être beau. Il va être beau, mais au prix d'une armée de pauvres qui sera à côté, soit qui sera radiée, soit qu'on aura des petits boulots, mais très petits, très très petits, mais qui lui suffiront pour sortir du statut de chômeur et Macron agitera sa belle statistique. Donc, la boucle est bouclée avec le premier sujet.

Il aura fait toutes les réformes que le patron n'a veut et il aura des belles statistiques en se disant je peux me vanter de statistiques, elles ne disparaîtront jamais. Et il y aura une armée de précaires à côté pour qui la vie ne se sera pas du tout améliorée. Et lui, Macron pourra dire j'ai fait des réformes, elle se les note une par une. J'ai des belles statistiques, je les note une par une. C'est moi le meilleur président, alors qu'il sera sur une partie de la population, enfin il sera sur un pays avec une partie de la population qui se sera fortement appauvri.

17:13
Présentateur

Ce programme s'inscrit dans notre grande ambition, débarquer à la télé et continuer de tenir notre antenne 24-7 sur YouTube et Dailymotion pour vous proposer une autre hiérarchie et un autre traitement de l'information. A partir du 7 mars, s'est lancée la bataille décisive contre la réforme des retraites et le média est là pour vous faire vivre cette lutte de manière quotidienne sur son plateau, sur les piquets de grève, en manifestation en quatre coins de la France. Bref, partout où il y aura des points levés et des slogans scandés, ils ont des milliards, mais nous sommes des millions.

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