15 mai : peut-on y croire ? #cdanslair 15.04.2021
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 35 %Attaque 20 %Défensif 45 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:56OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qu'on va surveiller dans les jours qui viennent pour savoir si on est prêt le 15 mai ?
- 6:05OuverteRéponse directe
La question qu'on pose ce soir en titre de ce C dans l'air, peut-on y croire ?
- 7:34OuverteRéponse directe
Est-ce qu'ils sont tous sur la même ligne au gouvernement concernant le calendrier du 15 mai ?
- 9:11OuverteRéponse partielle
Est-ce qu'on a des éléments sur la façon dont ils imaginent cet après 15 mai ?
- 11:12FerméeRéponse directe
Est-ce que le 15 mai, on réouvrira les terrasses ?
- 11:51OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il y a un modèle de réouverture inspiré de l'étranger ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:17PrésentateurFait
« 100 000 morts, la France vient de passer un cap symbolique comme 4 pays d'Europe. »
- 0:33PrésentateurChiffre
« Cet après-midi, le Premier ministre a annoncé un autre cap, d'autres chiffres, 12 millions de Français vaccinés. »
- 0:39PrésentateurFait
« des professionnels comme les professeurs, les policiers, les gendarmes qui vont désormais être prioritaires dans les jours qui viennent. »
- 17:00InvitéFait
« Le président de la République avait fixé lui-même des critères à l'automne dernier en expliquant qu'avec 5000 cas à jour, on pouvait à peu près vivre normalement. »
- 17:25InvitéFait
« Le nombre de victimes du Covid devrait passer ce soir le cap tragique des 100 000 morts. »
- 17:34InvitéChiffre
« 42 000 cas positifs par jour en moyenne. »
- 17:42InvitéFait
« Le gouvernement a suspendu les vols avec le Brésil ce mardi. »
- 18:18InvitéFait
« le Premier ministre a annoncé que des créneaux de vaccination seront réservés aux professionnels en première ligne de plus de 55 ans à partir de ce week-end. »
- 31:08PrésentateurChiffre
« 7 millions de doses de Pfizer supplémentaires qui vont arriver d'ici à la fin du mois de juin. »
- 32:45PrésentateurChiffre
« 400 000 personnes qui sont exposées seront vaccinées en priorité. »
- 33:12PrésentateurChiffre
« 100 000 morts du Covid. »
- 34:44PrésentateurChiffre
« 100 000 victimes en France du Covid. »
- 39:46InvitéChiffre
« C'est 25% des malades en réanimation. »
- 57:46InvitéFait
« Le R en dessous de 1, concrètement, ça veut dire qu'un individu contamine moins d'une personne. »
- 1:04:37InvitéChiffre
« Lorsqu'on est vacciné, on réduit drastiquement le risque de transmettre de plus de 90%. »
- 1:05:10PrésentateurFait
« Israël a fait beaucoup mieux. »
Temps de parole
- Présentateur57 %
- Invité19 %
- Invité 216 %
- Invité 33 %
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Bonsoir à toutes et à tous, nous attendons vos questions, SMS, Internet et réseaux sociaux pour alimenter notre discussion. 100 000 morts, la France vient de passer un cap symbolique comme 4 pays d'Europe. Bon nombre de ces victimes sont parties seules, sans obsèques, des familles endeuillées qui n'ont pas pu pleurer leurs proches car le pays livre encore bataille. Pour le gouvernement, le temps de l'hommage n'est pas venu car l'heure est encore à l'action.
Cet après-midi, le Premier ministre a annoncé un autre cap, d'autres chiffres, 12 millions de Français vaccinés et des professionnels comme les professeurs, les policiers, les gendarmes qui vont désormais être prioritaires dans les jours qui viennent. Le Président, lui, conduit cet après-midi une réunion pour organiser les jours heureux, la mi-mai, cette échéance qu'il a lui-même fixée pour rouvrir peu à peu les commerces, la culture et la vie en général. Alors la réouverture dans un mois est-elle plus qu'une hypothèse ? Comment rouvrir sans prendre de risque ? 15 mai, peut-on y croire ? C'est une question, c'est le titre de cette émission.
Avec nous pour en parler ce soir, Benjamin Davido, vous êtes infectiologue, directeur médical de crise et référent vaccin Covid-19 à l'hôpital Raymond Poincaré de Garches. Caroline Tour, vous êtes journaliste sciences et médecine à l'abdomadaire Le Point, à lire sur le site de votre journal votre article sur le vaccin Johnson & Johnson, une suspension prévisible et puis un entretien avec des représentants, des réanimateurs et que vous citez. Dans 10 ans, nous demandons plus de lits de réanimation.
Nathalie Moray est avec nous ce soir, vous êtes journaliste politique pour le groupe de presse EBRAS, groupe de presse régionale, et vous avez croisé Jean Castex et des proches du Premier ministre, vous nous raconterez dans un instant. Yves Tréhard, vous êtes directeur adjoint de la rédaction et éditorialiste au Figaro, à la une de votre journal aujourd'hui, Vaccination, la France tiendra-t-elle ses objectifs ? Bonsoir à tous les quatre, merci de participer à ce C'est dans l'air en direct. Je vais me tourner vers vous Yves Tréhard pour commencer cette émission.
L'ami mai, il a pris un risque une nouvelle fois Emmanuel Macron, c'est un peu son mode de fonctionnement depuis le début de cette crise du Covid.
Oui, effectivement, il a dit je prendrai mon risque et le 15 mai, il a décidé, enfin il avait annoncé qu'il rouvrirait probablement les restaurants, les cafés, les lieux culturels et avant cela d'ailleurs seront ouvertes les écoles, puis les lycées et les collèges. Donc c'est assez fidèle, je dirais, à la philosophie qu'il défend depuis pas mal de mois maintenant, c'est-à-dire qu'il veut impérativement que la vie continue, que la vie professionnelle, que la vie scolaire, que le pays continue à fonctionner parce qu'il a le souvenir du premier confinement qui avait été très rude. Tout ça avec un équilibre qui est compliqué à trouver.
C'est un équilibre entre les problèmes de santé, le problème sanitaire qui est celui de ce virus qui frappe de nombreux Français, qui est la vie économique et sociale des Français et puis aussi la santé, plus globalement, la santé psychique, psychologique des Français. Et son souci, il l'a vu depuis le début de l'année, il le constate, il l'observe et on le lui dit, c'est qu'il y a énormément de Français qui vivent mal cette période et qui la vivraient encore plus mal s'ils étaient, eh bien, astreints à rester chez eux. Donc, il essaye de passer par un chat d'aiguille, j'ai envie de dire, pour essayer, eh bien, de trouver un équilibre qui arrive à satisfaire tout le monde.
Et c'est ce qu'on est en train, c'est ce qu'il est en train de faire en ce moment même, puisque je le disais, il réunit des ministres et il travaille sur des scénarios de réouverture, secteur par secteur, Yves Tréa.
Secteur par secteur, effectivement. Alors, évidemment, ce qui est risqué, si vous voulez, c'est que cette pandémie dure beaucoup plus longtemps qu'on ne le dit, que même avec la vaccination de masse qui est désormais engagée, eh bien, on soit exposé à de nouveaux variants de ce virus. C'est que, eh bien, cela nous emmène beaucoup plus loin que ce que le président de la République et le Conseil scientifique avaient prévu. Et c'est ça, la grande question. C'est la question qui, aujourd'hui, d'ailleurs, est posée en Grande-Bretagne. C'est-à-dire que la Grande-Bretagne est en train de préparer le coup d'après, déjà, en se disant, la population est très largement vaccinée, au moins d'une dose.
Mais ils sont déjà en train de se préparer au fait que des variants déstabilisent, en fait, cette vaccination et qu'on soit obligés, à la rentrée après l'été, qu'ils soient obligés, eh bien, de mener une autre campagne de vaccination si jamais ces variants étaient résistants aux vaccins qui étaient administrés aujourd'hui.
Vous avez raison de préciser ce qui se passe en Grande-Bretagne. Nous allons y revenir sur la campagne de vaccination et sur ce variant en particulier, le variant brésilien, qui inquiète beaucoup. Je vais vous poser directement la question, Benjamin-David Deau. La question qu'on pose ce soir en titre de ce C dans l'air, peut-on y croire ?
En tout cas, moi, j'y crois. Le pic annoncé hospitalier est prévu entre le 15 et le 20 de ce mois, donc entre maintenant et les jours qui viennent. Et je pense que ça va être conditionné ou pas, au fait qu'on a atteint ou pas le pic à l'hôpital et qu'il y a une décrue. Si on n'obtient pas malheureusement cet objectif, ça va être compliqué. Et puis, je pense que cette date, elle est aussi symbolique parce qu'elle concorde avec ce qu'on a vécu l'an dernier, à peu de choses près, avec le déconfinement. Et puis, on ne sera pas dans un déconfinement on-off comme l'an dernier, puisqu'on n'est pas dans la même situation. Et donc, je pense qu'il faut mesurer les éléments pour et contre.
C'est-à-dire que le risque est calculé, puisqu'on va se retrouver à l'extérieur, ce qu'on fait déjà aujourd'hui dans ce troisième confinement. Et donc, je pense qu'il va falloir à un moment donné, de toute façon, embrayer. Si on atteint nos 20 millions de vaccinés, comme prévu le 15 mai, parce que la réalité, c'est que les Français veulent avancer et veulent en finir avec la Covid.
Qu'est-ce qu'on va surveiller dans les jours qui viennent ? Le Président a pris garde de ne pas donner de seuil, que ce soit pour les lits de réanimation, ou que ce soit le nombre de contaminés par jour. Ça ne va pas se faire aux doigts mouillés, j'imagine. Qu'est-ce qu'on va surveiller à la place qui est la vôtre, à la place aussi des épidémiologistes, pour savoir si on est prêt le 15 ?
Souvenez-vous, on avait fixé ce critère arbitraire de 5 000 qui permettait de faire un traçage des visions. Aujourd'hui, on a tourné la page du tracing, à tort ou à raison. Ce qu'on veut, c'est observer une décrue, notamment des lits de réanimation. Parce qu'aujourd'hui, vous savez, on est à plus de 150 % de saturation dans les lits de réanimation. Et je pense que c'est cet indicateur qui va être l'indicateur principal, qui va permettre de guider. Il faut retomber à combien ? Je ne crois pas que c'est un chiffre. Ce qu'il faut, c'est passer le cap et observer cette décrue qui se dessine pour ensuite avoir un équilibre.
Et souvenez-vous, lorsqu'on avait déconfiné l'an dernier, on n'avait pas atteint la négativité et cette décrue, c'était poursuivre. Solum.
Alors c'est un peu l'impression qu'on a. En effet, on a vraiment le sentiment que, par exemple, si on revient un peu en arrière en février, alors qu'il y avait des données précises, et que quand on parlait avec des épidémiologistes, des infectiologues, des réanimateurs, il y avait des éléments objectifs, factuels, pour décider un confinement préventif, un freinage préventif. Ce n'est pas la décision qui a été prise par un seul homme, par Emmanuel Macron. Cette fois-ci, si le 15 mai, objectivement, on peut avoir des tendances qui ne sont pas encore suffisamment au freinage, et qu'il décide néanmoins de donner des signes d'ouverture, ce sera aussi le fait d'un seul homme.
Nathalie Moret, vous qui croisez très régulièrement les membres du gouvernement, les ministres, est-ce qu'ils sont tous sur la même ligne ? Parce que cette semaine, on a entendu, par exemple, Bruno Le Maire dire « ça n'est qu'une hypothèse, je ne donnerai pas de calendrier ». Alors là, on s'est dit, finalement, est-ce qu'ils sont tous sûrs du calendrier présidentiel ? Non, pour l'instant, personne n'est sûr que le 15 mai, on pourra aller boire un verre en terrasse. Ce qui est certain, c'est qu'ils vont tout mettre en œuvre pour que ce soit le cas. Le 15 mai, pour l'instant, c'est quoi ?
C'est un certain nombre d'hypothèses pour le secteur des loisirs, pour le secteur des restaurants, pour le secteur du tourisme, etc. Et il y a différents scénarii selon l'évolution de la maladie. La date du 15 mai, c'est un vrai pari. Et c'est en cela que Bruno Le Maire, lui, ne veut pas complètement suivre le président en disant « c'est la volonté du président ». En fait, c'est un vrai pari. Et on ne saura que d'ici une quinzaine de jours si ce pari peut être tenu. C'est un vrai pari dans le sens où, de toute façon, l'exécutif était obligé de donner une date. S'il n'en avait pas donné, on leur aurait fait le reproche d'avoir donné une date.
Mais effectivement, à contrario, si le 15 mai, on ne peut pas réouvrir parce que les différents variants ont pris de l'ampleur en France, on leur dira que de toute façon, nous avons eu tort de donner une date. Là-dessus, Jean Castex, il dit « de toute façon, on a le choix entre se faire engueuler et se faire engueuler ». Donc finalement, il fallait donner une perspective aux Français, donner un cap et ça, c'était plus important. Juste sur les scénarios envisagés en termes de réouverture, ce qu'on a entendu quand le président s'était exprimé en donnant la perspective du 15 mai, c'était qu'il avait évoqué les lieux de culture. Est-ce que ce sera plus du registre, du symbolique ?
En gros, sur quoi travaille-t-il en ce moment, Nathalie Moret ? Est-ce qu'ils se disent « il va falloir ouvrir quelques musées avec un échéancier très étalé » comme l'ont fait les Britanniques d'ailleurs, en disant les terrasses et puis après ? Est-ce qu'on a des éléments, des indications sur la façon dont ils imaginent cet après 15 mai ? Alors déjà, il y a un truc qui va a priori être différent de l'année dernière, c'est qu'on n'aura pas des zones vertes et des zones rouges. D'accord. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, le virus, il est présent partout et on sera « déconfinés » de la même façon partout.
Ensuite, les professionnels, par exemple, vous évoquiez la culture, n'ont pas tous les mêmes envies. Par exemple, pour les musées, qui sont des lieux où c'est passant, où il y a du mouvement, c'est quand même très différent des cinémas. Or, vous pouvez autoriser un musée d'ouvrir assez rapidement. Or, pour un cinéma ou pour une salle de spectacle, il faut attendre, il faut faire leur donner 15 jours ou 3 semaines de délai pour qu'ils puissent réserver les copies, etc. Donc, ce sont des problématiques différentes pour chaque partie, si vous voulez. Même dans le milieu de la culture, il y a X hypothèses qui sont posées sur la table. Donc, je ne peux pas répondre précisément à votre question.
Parce que c'est tout simplement plus en train d'être arbitré. C'est ce qui est en train d'être discuté. Si je ne veux pas arbitrer ce soir, c'est ce que je vais vous dire ce soir, les différents scénarios vont être présentés au président de la République. Et à part peut-être un ou deux secteurs qui sont plus évidents, rien ne devrait être arbitré ce soir. On entend un gros coup de pression, Nathalie Moret, de la part, sans doute légitime, de la part des restaurateurs qui disent « bon, ça y est, on va faire comme la dernière fois, on va rouvrir et rouvrons au moins les terrasses ».
C'est vrai qu'on se dit, vous nous disiez tout à l'heure, Benjamin Davido, on est à l'extérieur, donc les choses sont quand même plus favorables. Ce serait compliqué de dire le 15 dans le scénario de réouverture, bon, pas les restaurants. C'est d'autant plus compliqué qu'ailleurs, nos voisins européens ouvrent ou auront ouvert les terrasses au 15 mai. Donc moi, je suis quasiment prête à parier, sauf catastrophe sanitaire que n'on ne devine pas aujourd'hui, que le 15, effectivement, on réouvrira les terrasses. Les restaurateurs, eux, vont plus loin. Ils ont envie, parce qu'ils ont travaillé depuis des mois sur des protocoles très précis qu'on ouvre plus que les terrasses.
Donc c'est ça qui est en train d'être arbitré. Est-ce qu'il y a un modèle de réouverture ? Alors je ne me trompe pas, je sais bien que vous êtes un infectiologue, que vous n'êtes pas autour de la table aux côtés des ministres, mais est-ce qu'il y a un modèle ? Quand vous regardez ce qui s'est passé, par exemple, en Grande-Bretagne, est-ce que l'idée est d'ouvrir doucement ? Est-ce que l'idée est d'ouvrir d'abord les lieux en extérieur ? Enfin, je veux dire, ça paraît aller de soi ce que je dis, mais est-ce qu'il y a ? Donc quand vous regardez ce qui s'est fait à l'étranger,
ce fait par les Israéliens et les Anglais, en effet. Et aujourd'hui, la différence à un an de crise, en effet, c'est le fait qu'on a appris qu'on se contaminait dix fois moins à l'extérieur qu'à l'intérieur. Et donc on va aussi profiter, on ne l'a pas dit, pourquoi cette date du 15 mai ? C'est dans l'esprit d'une saisonnalité. Et en espérant qu'on va changer aussi notre mode de vie, indépendamment du fait que les virus, ils ont une temporalité, souvent sur le calendrier. Pour la Covid, on ne sait pas encore, puisqu'on n'a pas un an et que l'an dernier, on était confinés comme beaucoup de pays dans le monde.
Mais l'idée, très clairement, c'est de respecter des jauges, à l'image des jauges des six personnes qu'on a dites, vous vous rappelez ? Et donc le moins il y a d'interaction entre les individus et le plus elles se font à l'extérieur, le plus on limite ce risque. Et d'ailleurs, moi, je fais partie du comité scientifique pour Roland-Garros. Il y a une date qui a été fixée au 30 mai. Il a été retardé d'une semaine, avec l'idée de se dire que c'est justement un événement qui se passe en extérieur et que donc le risque est moins important.
Et on espère que les conditions seront bonnes au niveau de l'épidémie pour pouvoir assurer ce spectacle qui fera aussi l'exemple de la France dans le monde entier, je l'espère. Et donc c'est extrêmement compliqué. Mais évidemment, on ne va pas pouvoir commencer par rouvrir les discothèques en intérieur, par exemple. Et donc je pense qu'il va falloir beaucoup de pédagogie pour accompagner ce déconfinement.
Vous dites, on va voir comment les choses se passent. On ne sait pas comment elles vont se passer ?
On ne sait pas, puisque d'abord, on n'a pour l'instant pas assez de recul. Il n'y a aucun pays qui a complètement déconfiné avec ces nouveaux variants. Si on veut se rassurer, depuis peu, on a un exemple tout petit, 35 000 personnes, Gibraltar, où il y a plus de 100 % de la population qui est vaccinée avec une première dose, 88 % avec une deuxième dose, si mes souvenirs sont bons. Et pour l'instant, il n'y a pas d'épisode de recontamination. Et le masque n'est quasiment plus porté dans quelques situations à l'intérieur. Et donc on a envie de croire que c'est possible. Mais le virus nous joue des tours. On n'est jamais à l'abri d'une mauvaise surprise.
Alors en tout cas, c'est la date à laquelle tout le monde s'accroche désormais. Ben non. Et vous ajouterez, mais après, je vous promets, je vous rendrai la parole. Je me disais, c'est la date à laquelle tout le monde s'accroche. Le 15 mai, un cap fixé par le président lui-même qui réunit en ce moment les ministres pour mettre en place un plan d'ouverture des commerces, des lieux de culture. Mais ce qui n'est encore qu'une hypothèse repose sur les courbes d'une épidémie qui, on l'a bien compris, n'a pas cessé de nous surprendre. Depuis un an, Romain Vesneno et Christophe Roquet.
C'est une date synonyme d'espoir. Dès la mi-mai, nous recommencerons à ouvrir avec des règles strictes certains lieux de culture. Nous autoriserons sous condition l'ouverture de terrasses. La promesse d'un retour à la vie normale. Et nous allons bâtir entre la mi-mai et le début de l'été un calendrier de réouverture progressive pour la culture, le sport, le loisir, l'événementiel, nos cafés et restaurants. Mi-mai, dans un mois tout juste, peut-être la sortie de crise. C'est en tout cas l'objectif fixé par le président de la République. Mais est-il tenable cette fois ? Pas sûr, car depuis des mois, le gouvernement a plusieurs fois esquissé une date de sortie de crise en vain.
Il ne s'agit pas d'un horizon lointain et incertain. Les salles de cinéma, les théâtres, les musées pourront reprendre leur activité. Malheureusement, la perspective d'une réouverture en janvier n'est pas réaliste. Il s'agit d'un horizon de plus en plus proche. Peut-être nous l'espérons dès la mi-avril. Nous sommes mi-avril et c'est la douche froide. Après autant de faux espoirs, beaucoup de Français, les deux tiers d'après un sondage, n'y croient plus. C'est le cas de ce restaurateur parisien pessimiste. Moi, quand je me lève le matin, c'est un trou noir. On veut travailler. Je n'ai jamais pris de vacances dans ma vie. Donc, on veut travailler.
Et je parle en nom de tous les restaurateurs et des cafétiers. C'est pour ça qu'ils nous disent quand est-ce qu'on pourra rouvrir. On organise et on veut travailler. Il rêve de pouvoir au moins ouvrir sa terrasse dès mi-mai. Ça me fera 30 à 35 places dehors. C'est pas mal déjà. Tout est prêt. Ce sera un mètre entre chaque table. Vous voyez que là, il y a deux mètres. Mais financièrement, ce ne sera pas suffisant. Même comme ça, on ne travaillera pas assez comme avant. Donc, on espère qu'avec les vaccins, tout ça, arriver à éradiquer cette maladie-là et travailler comme d'habitude. Plus de 11,5 millions de Français ont reçu une première injection.
Mais mauvaise nouvelle, les livraisons de 8 millions de doses du vaccin Johnson & Johnson ont été suspendues suite à la découverte de cas de thrombose aux Etats-Unis. Un coup dur après la polémique autour d'AstraZeneca qui risque de ralentir la campagne de vaccination. Alors, pour l'opposition, avant de rouvrir le pays, prudence. Le président de la République avait fixé lui-même des critères à l'automne dernier en expliquant qu'avec 5000 cas à jour, on pouvait à peu près vivre normalement, mais qu'au-delà, il fallait prendre des mesures sévères de freinage. Donc, aujourd'hui, la question, c'est sur quels critères se fixent-ils ?
Les critères habituels, justement, ne sont pas bons et la situation épidémique est loin de s'arranger. Le nombre de victimes du Covid devrait passer ce soir le cap tragique des 100 000 morts. Près de 6000 patients sont en soins intensifs et on recense 42 000 cas positifs par jour en moyenne. Autre mauvaise nouvelle, les variants qui menacent. Le gouvernement a suspendu les vols avec le Brésil ce mardi, trop tard pour l'opposition. Il ne s'agit pas de bloquer les vols, il s'agit que toute personne qui arrive du Brésil ait une quarantaine dans un hôtel. De toute façon, on est gouverné par des dingues, on est gouverné par des inconscients, par des nuls.
Ne prenons aucun risque en la matière et il vaut mieux avoir un temps d'avance qu'un temps de retard. Et pour l'instant, malheureusement, nous avons un temps de retard. Le gouvernement se réunit ce soir à 18h à l'Elysée pour organiser la sortie de crise mi-mai en ligne de mire. Un exécutif qui se veut optimiste. Cet après-midi, le Premier ministre a annoncé que des créneaux de vaccination seront réservés aux professionnels en première ligne de plus de 55 ans à partir de ce week-end.
Nous allons revenir sur la vaccination de ces personnels prioritaires. D'abord, cette question, doit-on croire à l'optimisme de notre gouvernement ou au pessimisme de nos experts en infectiologie, vous, virologie et épidémiologie ? Hubert, dans le Pas-de-Calais. Caroline Tourbe. C'est vraiment une question de positionnement. En fait, moi, je ne trouve pas que les épidémiologistes ou les infectiologues soient pessimistes. Ils décrivent une réalité qui est sûrement déplaisante quand on a décidé de réouvrir le 15 mai, quoi qu'il arrive. Mais bon, voilà, ils ne sont pas pessimistes.
L'optimisme, ce serait en effet de prévoir une réouverture, c'est-à-dire des signes qui soient forts, mais qui permettent aussi que le public ait compris, et moi, je crois qu'on a tous compris que ça ne sera pas, en effet, le déconfinement de l'année dernière. Pourquoi ? Qu'est-ce qui sera différent ? Ce qui est différent, c'est qu'on a, je pense, quand même saisi le fait qu'en effet, c'est beaucoup plus en intérieur qu'en extérieur qu'on est contaminé, qu'il y a beaucoup de gestes barrières qui sont quand même intégrés, même si on a tous envie de les oublier, de les laisser de côté.
Donc ça va permettre d'être un peu en mode vigilance, même si on a une réouverture, même si on peut profiter de nouvelles choses. Et puis, en effet, on peut imaginer que pour certaines choses, on va pouvoir tester, tracer plus régulièrement, chose qui n'avait pas été faite du tout il y a un an, et si cette fois, on s'y met, et par exemple, la prochaine réouverture, celle dont on n'a pas encore parlé, mais qui est imminente, c'est dans une semaine, on réouvre les écoles, les écoles primaires, les maternelles, et par exemple, est-ce qu'on va faire ? On va utiliser les autotests. C'est ce qu'ils font en Autriche.
Ils font deux autotests dans les écoles primaires, je crois, dans les collèges et les lycées aussi, par semaine. Si l'enfant est positif, il ne vient pas à l'école. Et du coup, alors qu'ils ont une résurgence de l'épidémie dans la population générale, à l'école, c'est bien contrôlé. Donc quand on va réouvrir quelque part, décider de réouvrir, il faut accompagner ça, à la fois individuellement, chacun d'entre nous a saisi la façon dont on se connaît. On était un peu naïfs l'année dernière. C'est-à-dire qu'on pensait que c'était fini, alors que là, on a bien compris qu'il pouvait y avoir de mauvaises surprises. Ça, j'avoue, moi, je n'arrive pas à me l'expliquer.
Je veux dire, c'est quelque chose qui est... Quand l'année dernière, on ouvre, on réouvre les portes, cette sensation, l'école est finie et tout le monde sort et va s'égayer joyeusement, quand vous discutiez avec des spécialistes des virus et des épidémiologistes, ils nous avaient déjà clairement expliqué qu'on n'en était pas sortis et que le risque, pas forcément d'une... Ce n'était pas la deuxième vague, mais assez rapidement, on nous a dit le virus est encore là. Donc, de toute façon, il va réémerger. Donc, c'était quelque chose... On le savait, je pense que les politiques, ils avaient ces informations.
Si nous, journalistes, on avait ces informations-là, évidemment que les politiques avaient ces informations-là. Donc, pourquoi est-ce qu'on s'est lancé massivement dans un déconfinement sans avoir les moyens de tester, tracer ? Je ne me l'explique pas et on n'est pas les seuls. On n'est pas les seuls. D'autres ont fait les mêmes erreurs que Benjamin Davidot. Il faudra faire mieux, il faudra faire différemment tracer, c'est-à-dire que j'ai l'impression qu'on dit ça depuis un an, mais peut-être que cette fois-ci, on pourra le mettre en œuvre juste pour alimenter peut-être un élément de votre réponse à Berlin pour entrer dans un magasin.
Il faut être muni d'un test antigénique, négatif, réalisé le jour même et parfois, il faut même avoir pris rendez-vous en ligne pour qu'elle ait une heure de passage parce que si c'est ça, la réouverture, ça ne fait pas rêver.
C'est certain qu'il faudra faire différemment. D'abord, il faut rappeler qu'au moment donné, on a déconfiné l'an dernier, on n'avait pas cette capacité, cette faute de frappe à tester massivement. Et donc, à partir du moment où on ne testait pas, on ne pouvait pas isoler et on ne pouvait pas tracer, on n'avait pas les outils. Moi, je fais partie de ceux qui pensent que la reprise de cette deuxième vague, elle est massivement due au brassage des populations et au fait aussi qu'on n'a pas voulu tracer numériquement. Pourquoi ? Parce que l'objectif des 5000 qu'on n'a jamais réussi à atteindre, c'était un objectif pour tracer manuellement.
Et ce qui nous manque aujourd'hui face à une épidémie qui est invisible, c'est un outil d'intelligence artificielle transport sanitaire dont vous parlez, c'est-à-dire des QR codes. On est au XXIe siècle et on est face à la pandémie du XXIe siècle. Quelle est la réponse ? Un vaccin du XXIe siècle par un messager et qu'est-ce qu'il nous faut ? Un outil de traçage du XXIe siècle. Je crois qu'il n'y a pas de hasard. Et si on ne tire pas les conclusions de ces vagues épidémiques, comme vous l'avez dit, pas qu'on avait prédit, ce n'est pas une sorte de prédiction, mais qui sont le propre des maladies infectieuses. On n'avait pas anticipé
le variant anglais. On n'avait pas anticipé mais avant d'être malade
par le variant anglais, vous êtes malade du Covid.
D'accord.
Le Covid, il était là.
Ça a changé quand même les modélisations ? Ça a accéléré la reprise épidémique ?
Ça a probablement accéléré la reprise épidémique, mais aujourd'hui, la réalité, c'est qu'on est face à une maladie qui se transmet entre les individus, qui se transmet de façon silencieuse et c'est ça qui la rend extrêmement dure à contrôler. À contrario, une maladie comme Ebola qui est très visible et qui tue massivement, s'arrête rapidement. Vous voyez où je veux en venir. L'épidémie d'Ebola, elle a duré plus de trois ans. Elle a touché massivement un continent. Là, on est face à une pandémie. Donc, ça va être extrêmement long, extrêmement dur. Là, on est très fort.
Il faut s'armer, en fait. C'est ça que vous dites ?
Absolument. Là, on est très fort, c'est qu'on a réussi à avoir un vaccin efficace en un an. Et donc, il faut aller plus loin, plus vite. Et c'est ça, l'objectif de 2021.
Yves Tréhard, sur cet aspect-là qui vient d'être développé par Benjamin Davido avec force, c'est de dire, en gros, on ne peut pas lutter contre cette épidémie-là si, à un moment donné, on ne se donne pas tous les outils. Alors, les outils, vous l'avez dit, Caroline Tourbe, c'est aussi les autotests, mais c'est une forme d'outil numérique, de passeport sanitaire, on l'appellera comme on veut, qui va, à un moment donné, nous permettre de rouvrir, de reprendre quasiment une vie normale, mais en montrant pas de blanche à l'entrée des magasins, des boîtes de nuit et des restaurants. Est-ce que ça, vous pensez qu'on est collectivement capable de l'accepter ?
Oui, je pense qu'on est capable de l'accepter, surtout qu'on sait que maintenant, on entre dans le temps long de cette épidémie. Et moi, je reste persuadé, et je vais compléter ce qui vient d'être dit, je crois qu'il y a quand même eu des erreurs politiques qui ont été faites. On est sortis du premier confinement de façon un peu insouciante et naïve, y compris de la part des responsables politiques qui nous gouvernent. Pourquoi ? Parce qu'ils ont cru que cette épidémie, finalement, ne changerait pas de profil. et le problème, c'est qu'il y a des mutations du virus et que ces mutations du virus, on ne les a pas du tout anticipées.
Et on ne les a d'autant moins anticipées qu'on a, je dirais, à peu près ratées. Il faut le dire, il faut le dire. Et même si l'autre pays européen sont dans la même situation que nous et on a eu le sentiment qu'ils s'en sortaient mieux comme l'Allemagne à un moment, en fait, ce n'est pas tellement vrai. Mais on a quand même raté l'épisode de dépistage à la sortie de l'été. On a été très lent dans la vaccination et tout ça me fait avoir quelques doutes sur l'avenir de cette épidémie. Est-ce qu'aujourd'hui, le gouvernement pense déjà à l'après, c'est-à-dire à ces mutations du virus ?
Regardez, il y a un exemple qui est tout à fait patent, c'est que quand on est revenu, on est tous partis en vacances, on est revenu, on a voyagé comme on voulait. Or, aujourd'hui, on est un peu plus sérieux. On se dit, quand vous revenez de certaines destinations, vous êtes obligés d'avoir un test, d'être munis d'un test. Vous êtes retestés. C'est ce qu'on fait aujourd'hui avec le Brésil et avec la Guyane. Et vous êtes mis en quarantaine de façon plus systématique comme on l'a fait jusqu'à présent. Pas encore,
pas encore, pas encore en France, la quarantaine.
La quarantaine, non, mais c'est en train de se décider, ça devrait se décider cet après-midi. D'accord. Et donc, la quarantaine, simplement, on la décide mais on ne l'applique pas. C'est ça le sujet aussi, c'est que vous avez beaucoup de gens qui passent entre les filets, entre les mailles du filet parce qu'il n'y a pas suffisamment de contrôle. Donc, moi, je pense que comme on s'inscrit dans un temps long et tous les épidémiologistes, ce que je ne suis absolument pas, eh bien, disent, il va falloir que le gouvernement fasse davantage de prévention et anticipe davantage ce qui pourrait se produire. Parce que sinon, eh bien, on va louper cette date du 15 mai.
Moi, le 15 mai, à mon avis, on va rouvrir de façon ténue, c'est-à-dire que ça ne va pas être, on ne va pas rouvrir tout et on ne va pas rouvrir comme en temps normal. Et si, on ne se donne pas les moyens de faire cette ouverture intelligemment, progressivement, eh bien, on va replonger et même si la météo nous est favorable, eh bien, à la rentrée du mois de septembre, on va retomber dans les mêmes travers et dans les mêmes problèmes que nous prenons aujourd'hui.
Et ça change un peu la logique, Nathalie Maures qui est en train d'expliquer Yves Tréhac. Le 15 mai, ce n'est pas le retour des jours heureux, ce n'est pas on va préparer nos vacances. Si c'est bien, si c'est bien fait au regard de ce que vous nous expliquez les uns les autres, c'est voici nos nouvelles armes, voici une nouvelle méthode pour que ça ne recommence pas. Est-ce qu'ils sont, à votre avis, Nathalie Maures, dans cette logique-là ? Oui, le 15 mai, ce n'est pas les jours heureux, mais quand même, essayons de voir les choses un peu positivement, ça va être le début des jours heureux.
Ce qui n'est pas calé pour l'instant, pour rebondir sur ce que disait Yves Tréhard, c'est cette histoire du pass sanitaire. Est-ce qu'il faudra vraiment pour aller au cinéma qu'on montre un QR code avec, je ne sais pas, le fait qu'on ait un test PCR datant de moins de 48 heures, par exemple ? Est-ce que ça va être la même chose pour aller au restaurant, au cinéma ? Est-ce qu'il va falloir que, pour prendre rendez-vous dans un musée, on présente aussi ce type de document ? Ça, ça fait partie des choses qui sont sur la table, qui sont négociées aussi avec les professionnels de chaque secteur.
Sachez que, quand même, le véhicule législatif, si jamais il y a des dispositions législatives qui sont obligées d'être prises, il est prêt. c'est le projet de loi sur l'état d'urgence sanitaire. Donc ça, c'est possible. Est-ce que les Français sont prêts à ça ? Yves Tréhard dit oui. Moi, je n'en suis pas totalement convaincue. Je pense que c'est quelque chose qui est difficile à prendre politiquement comme décision, de demander aux gens comme ça d'avoir des... Pourquoi, Nathalie Moret ? Pourquoi vous dites ça ? Parce que c'est vrai qu'on a l'impression... Pardonnez-moi, je sais juste pour relancer la discussion.
C'est vrai qu'on a l'impression qu'il y a quelques mois, c'était dur à entendre parce qu'on se disait « Ah non, jamais ! » Même au tout début de la vaccination, on disait « Ah non, un pass qui prendra en compte la vaccination, ce serait injuste, etc. » Et on voit bien que le fait d'avoir des images d'autres pays qui utilisent ces méthodes-là et qui recommencent à vivre peut-être fait bouger un peu l'opinion. Ce n'est pas votre sentiment ? Si, je pense que l'opinion est en train d'évoluer sur ces questions et on l'a bien vu sur la problématique de la vaccination.
Un maximum de Français étaient très réticents à l'idée de se faire vacciner rien qu'au mois de décembre et aujourd'hui, quatre mois plus tard, au mois d'avril, une majorité de Français a envie d'être vaccinés. Donc effectivement, vous avez raison, l'opinion bouge. En revanche, sur l'idée du traçage numérique, moi, je sens quand même une réticence un petit peu plus importante. Est-ce que cette réticence-là va bouger ? Moi, j'observe pour l'instant et je me dis que pour l'instant, elle est encore tout à fait là parce qu'il y a quand même des gens qui ne veulent pas se faire vacciner. Ça existe aussi.
Et ces gens-là, du coup, par leur désir individuel tout à fait objectif et normal de ne pas vouloir se faire vacciner, à ce moment-là, eux n'auraient pas le droit de reprendre une vie normale. Politiquement, c'est quelque chose d'assez difficile à apporter. Je ne dis pas que les Français ne sont pas prêts à l'entendre, je m'interroge. C'est juste que ça peut reposer sur ce qu'on disait à l'instant, c'est-à-dire un QR code, c'est-à-dire un autotest qu'on fait chez soi ou un test antigénique, c'est ça qui peut être mis en place. Ça, il y a des modèles à l'étranger qui nous inspirent, qui sont vraiment au point, qui pourraient servir de référents justement sur cette numérisation ?
Écoutez, je n'ai pas de notion, mais en tout cas, ce qu'il faudrait, c'est qu'il faudrait justement, si on parle de passeport, comme le son lundi, qu'il faudrait quelque chose d'au moins européen, qu'on se mette d'accord une bonne fois pour toutes. C'est ce qu'on a réussi à faire sur cette commande du vaccin. Et je pense que c'est nécessaire parce que cette sortie de crise, souvent, on la voit nationale, mais elle ne peut se faire qu'à l'échelle des pays, puisqu'on voit bien ce qu'on est en train de faire. Ce qu'on a décidé, c'est de barricader la France avec le Brésil. On s'interroge par rapport à notre propre Guyane.
Ou à part au Portugal, où il y a 20% de barrières brésiliens.
Bien évidemment. Et on sait très bien qu'on peut venir à Paris en passant par Francfort en faisant une correspondance. Donc de toute façon, il y aura toujours des chemins détournés. Donc il faut réfléchir comment faire pour se protéger et s'immuniser beaucoup plus largement qu'au-delà de nos frontières. Et je pense que le mot passeport prend tout son sens dans cette définition.
Sur la vaccination, l'objectif du gouvernement est un peu... En tout cas, là, pour le coup, il le tient, son objectif. 12 millions de vaccinés. Oui, oui, oui. Les objectifs sont tenus. Les mésaventures d'AstraZeneca, de Johnson, évidemment, continuent à... La question qui se pose, c'est de savoir jusqu'à... Enfin, la rencontre entre le désir de se faire vacciner les doses disponibles pour l'AstraZeneca et le Johnson qui est suspendu, mais qui serait quand même... qui serait néanmoins à utiliser en France. À quel moment ça va... Les courbes vont plus se croiser ? C'est-à-dire, est-ce que la volonté de ne pas avoir ces vaccins-là par rapport au nombre de doses disponibles ?
Est-ce que ça peut... Avec 7 millions de doses de Pfizer supplémentaires qui vont arriver d'ici à la fin du mois de juin ? Voilà, la bonne nouvelle, c'est ça. C'est qu'il y a plus de vaccins ARN qui arrivent. Et c'est aussi une très bonne nouvelle parce qu'on sait que les vaccins ARN vis-à-vis des variants, ce sera quand même eux qui seraient aussi les plus en position pour nous permettre d'avoir de nouveaux vaccins des vaccins qui nous protègent contre des variants le plus rapidement. Donc ça, c'est vrai que c'est quelque chose quand même, on l'a dit un peu tout à l'heure, mais c'est quand même quelque chose qui est radicalement différent par rapport à il y a un an.
Quand il y a un an, on ouvre, c'est fini, c'est les beaux jours. Là, la différence, on va rouvrir, je pense qu'évidemment, il y aura des mesures QR code, pas QR code. Et puis, il y a le vaccin. Oui, mais il y a toujours ce variant brésilien ou sud-africain qui inquiète. Là, le fameux coup d'être, un coup d'avance, donc on bloque les vols vers le Brésil, mais pas vers d'autres pays d'Amérique du Sud dans lesquels il peut aussi y avoir un très fort taux de variant brésilien, comme le Chili. Et puis, on décide d'une quarantaine mais qui n'est pas appliquée, c'est ce que disait Yves Tréard tout à l'heure. Donc, ce sont des mesures qui sont extrêmement nécessaires et qui sont logiques.
C'est ça, avoir un coup d'avance. C'est vraiment ça. On n'y est toujours pas, dans la gestion de la crise. Je n'ai pas l'impression. Il nous reste encore presque un mois pour avoir ce coup d'avance. Enfin, il faut vraiment l'avoir. Le problème, c'est qu'il faut, et vous l'avez dit tout à l'heure, Benjamin Davidot, avancer à 27 et sur les questions des frontières qui sont vraiment des questions de souveraineté nationale, c'est très compliqué. Nous, on prend ces décisions mais pas à côté. Juste sur... C'est une des annonces de l'après-midi du Premier ministre.
Faciliter la vaccination des professionnels, donc professeurs, policiers, gendarmes, 400 000 personnes qui sont exposées seront vaccinées en priorité avec des créneaux qui vont être dégagés. Ça aussi, c'était une des conditions pour ouvrir les écoles à la fin du mois, notamment pour les professeurs. Oui, notamment pour les professeurs, même si les études ont montré que les professeurs n'étaient pas plus exposés. Ce n'est pas une profession plus exposée en fait qu'une autre profession parce qu'il y a des protocoles et que, en tout cas, jusqu'à présent, ils ont été assez bien respectés. Donc, ils ne sont pas surreprésentés parmi les personnes infectées.
Alors, il y a un an, sans doute, personne n'imaginait atteindre ce chiffre-là. 100 000, 100 000 morts du Covid et autant de familles qui n'ont bien souvent même pas pu accompagner leurs proches des obsèques expédiés, des corps rassemblés dans des hangars et des familles qui, des mois après, restent littéralement sidérées. Aubry Perrault, Arnaud Fora, Maxime Logier et Pierre Barbin les ont rencontrés. Ce chemin, Marie-Michelle l'empruntait il y a quelques mois encore avec son mari. Leur balade du week-end, leur moment à eux.
Pour décompresser de la semaine, on avait ce besoin de marcher et puis, bon, il n'y a jamais personne. Donc, c'était... C'est très agréable.
Marie-Michelle revient chaque semaine en souvenir de son époux, emporté brutalement par le Covid début janvier. Quand vous avez un cancer, on se prépare,
quelle que soit la maladie,
soit si vous avez un AVC, si vous avez... On se prépare, on tient la main de la personne. Tandis que là, on ne la tient pas.
Vous comprenez ? Il est parti le... Il est rentré à l'hôpital le 13. Il n'en est plus ressorti. Donc, le remords de ne pas lui avoir dit plein, plein de choses. Son mari s'appelait Louis, un Marseillais de 62 ans, l'une des 100 000 victimes en France du Covid. 100 000 visages comme celui d'Emilia.
Ça, c'est comme elle est montée à Paris. Voilà. Mais là, vous voyez ses yeux, son visage, elle est déterminée. Elle vient à la capitale. Mais c'était une femme exceptionnelle, ma mère. Toutes les mères sont exceptionnelles. Mais je pense que la mienne était mieux encore.
En avril 2020, Emilia part aux urgences après une mauvaise chute. Elle attrape le Covid et ne reviendra jamais chez elle, la veille de ses 90 ans.
Sans vouloir exagérer, je pensais qu'elle serait arrivée à 100 ans, oui. Parce qu'elle avait tout. Je lui dis, la veille qu'elle tombe, on a dîné ensemble, elle était en pleine bourre. Elle a regardé la télévision jusqu'à minuit. La veille, elle a mangé ses petits gâteaux. J'arrêtais pas de l'engueuler parce qu'elle grossissait comme un loukoum.
Un quotidien bouleversé soudainement et la pandémie rend plus difficile encore le deuil. Bruno ne peut pas revoir le corps de sa mère, lui préparer une dernière tenue pour lui dire au revoir. Il doit se rendre au marché de Rungis où son cercueil est entreposé.
Aller dans un entrepôt de fruits et légumes à 11h du matin lundi, désertique, froid et les bennes à ordures, tout ce qui passe, vous ne pouvez pas oublier. C'est impossible. Et puis le pire de tout ça, c'est de la savoir nue dans un sac en plastique. Voilà, dans une housse en plastique, pardon. Et ça, c'est abominable. C'est abominable. C'est une chose que vous pouvez... Tous les jours, je pense. Vous ne pouvez pas voir votre mère, Martine, comme ça. Ce qui me console un peu, c'est que je me dis qu'il n'y a pas que moi. Beaucoup de gens ont souffert de ça. Beaucoup de gens doivent être chez eux en train d'y penser et se dire, ben oui, nous aussi.
Comme à Marseille, où Marie-Michelle et sa fille peinent à réaliser devant le mari et le père qu'elles aimaient tant. Voilà, cette photo, même toujours à Barcelonette. Toujours. Il n'y a pas une photo de lui où il n'a pas le sourire. Louis meurt à quelques jours de la retraite après deux mois de réanimation, terrassé par ce virus si contagieux. On se pose toujours la question comment l'attraper ? C'est bête, mais on cherche la source et d'autant plus là. On s'en veut parce qu'on se dit qu'il y en a c'est bête, mais il y en a un autre qui est responsable. La culpabilité des proches.
Elle se mettait comme ça, oui, puis elle regardait tout le temps. L'horizon, comme elle me disait.
Et leur incompréhension lorsque les gestes barrières ne sont pas respectés, lorsque les victimes du Covid deviennent des chiffres.
Tous les jours, vous voyez à la télévision, vous voyez à 300 morts, 295, ça passe comme une lettre à la poste. C'est un avion tous les jours ou un train qui s'écrase ou qui déraille.
100 000 victimes et tous leurs proches pour qui l'après-Covid ne ressemblera à jamais plus à leur vie d'avant. Et après ce reportage, Caroline Taub, on se dit qu'on est devenus pendant cette crise-là indifférents à la mort. Je n'irai pas jusqu'à dire qu'on est devenus indifférents à la mort. Collectivement ? Collectivement, c'est vrai que l'accumulation de chiffres et le fait qu'ils soient égrenés comme ça chaque jour, ça nous a peut-être aussi comme abasourdi. Et puis, quand on n'a pas eu autour de soi précisément quelqu'un qui est décédé du Covid, ça reste abstrait.
Il suffit par contre d'avoir une personne dans son entourage qui ou est passée pas très loin ou est décédée pour que là, tout d'un coup, ça devienne très concret. Est-ce qu'on est meilleur quand même, Benjamin Davidot, dans l'accompagnement des malades ? Il y avait cette femme qui racontait qu'elle a vu partir son mari et que pendant toute la période où il a été en réa, elle n'a jamais pu aller le voir. Est-ce que c'est encore comme ça aujourd'hui ?
Ça a radicalement changé. D'abord, maintenant, la plupart des hôpitaux autorisent un droit de visite d'au moins une heure à une personne attitrée, souvent la personne de confiance, tous les jours. Et puis, on s'est aussi armés de technologies. On a utilisé des systèmes de visioconférence lorsque c'était possible et que les malades étaient en état de pouvoir faire ce type de conversation pour notamment des familles éloignées, souvenez-vous, parce qu'il y a aussi eu des transferts, on l'oublie, et que ça, ça a été extrêmement compliqué. Donc là-dessus, ça s'est radicalement amélioré, mais malheureusement, la peine et le deuil est toujours là.
Et je pense qu'on se dit que ça ne peut arriver qu'aux autres, mais la réalité, c'est que ça peut arriver à n'importe qui d'entre nous.
Vous avez vu des choses folles pendant cette période ?
Oui, absolument. J'ai vu des trucs incroyables que je n'oserais raconter et que je ne souhaite à personne. Et je pense que c'est pareil pour beaucoup de soignants et on a tous hâte de tourner la page tout autant soignants qu'on est. On est avant tout des concitoyens.
On peut encore être surpris, évidemment, la mort, quand on est dans des services des réas ou des services comme les vôtres ?
Oui, je pense absolument parce qu'on n'est pas préparé à une maladie qui tue autant. Parce qu'on a beau dire que ça tue peu en proportion, à l'hôpital, ça tue énormément. C'est 25% des malades en réanimation. C'est énorme et que nous, on voit forcément les malades les plus graves et on n'est pas préparé à ça. Et on n'est pas préparé aussi à quelque chose qui dure autant sur la durée. Depuis octobre, depuis la reprise de cette deuxième vague, ça n'a jamais cessé.
Et on le dit peu parce qu'on n'a pas envie de le dire, mais il y a beaucoup de soignants qui sont en burn-out, qui ont arrêté et d'autres qui ne veulent plus travailler dans les secteurs, notamment là où c'est le plus dur de réanimation, là où la pression est la plus difficile. Parce que la réalité, c'est qu'après la réanimation, lorsqu'il y a un échec, il y a la mort. Et c'est d'autant plus dur pour ces équipes parce qu'on a l'impression
d'aller d'échec en échec.
Absolument.
Se pose la question, Yves Tréhard, comment on va vivre collectivement après avec ça ? L'exécutif en ce moment est beaucoup interrogé sur la nécessité de rendre hommage à tous ces gens. C'était l'image qui était prise dans le reportage. Ce serait un avion chaque jour qui s'écraserait sur le territoire français. C'est-à-dire, et évidemment, on imagine si les choses se produisaient dans le monde d'avant. On se serait tous arrêtés, on aurait pleuré ensemble, on aurait essayé de faire corps. Là, il n'y a pas eu ce moment-là. Est-ce qu'il est nécessaire de l'avoir ensemble maintenant ? Est-ce qu'il faut attendre la fin de l'épidémie ?
Est-ce qu'il y a un arbitrage en cours au sommet de l'État sur ce sujet-là ?
Alors, je pense que l'arbitrage est rendu déjà. Je pense qu'il y aura la politique, elle se fait aussi de symbole. Alors, 100 000 morts, c'est évidemment un chiffre très symbolique. Le malheur, c'est qu'il y en aura d'autres et que même 10 000 morts s'eût été trop parce que vous avez vu et ces reportages en témoignent, ça vous tombe dessus et vous partez sans crier gare et sans pouvoir vous préparer. Moi, je crois qu'effectivement, ça va avoir changé le discours politique et probablement nos comportements personnels. nos comportements personnels vont durablement changer. C'est-à-dire qu'avant, il y avait une espèce de tradition où on se faisait la bise pour un oui ou pour un non.
Ça ne sera pas le cas. On se serrait la main à tout bout de champ. Eh bien, ça ne sera pas le cas. Peut-être qu'on aura adopté cette tradition asiatique de porter un masque quand on sera au milieu d'une foule. Enfin, il y aura des comportements individuels et collectifs qui vont nécessairement changer. Et ça va échanger aussi beaucoup dans les rapports professionnels parce qu'il est probable que ces grands open spaces où s'agglutinaient plusieurs collaborateurs, peut-être que ça ne sera plus du tout de mise et que le télétravail va s'imposer davantage.
Ça, c'est vrai que vous avez raison, Yves Tréhér, sur les usages, mais sur l'effet que ça... 100 000 morts. 100 000 morts. Arrêtons-nous juste sur ce chiffre. Pardonnez-moi, mais quel effet ça aura sur le pays, à votre avis ? Est-ce que ça laissera une colère, une tristesse, l'envie de tourner la page ?
Alors, moi, je pense que ça va évidemment laisser... Enfin, donner envie de tourner la page, mais on n'est pas sorti de l'épidémie. C'est bien ce qu'il faut se dire. C'est qu'on n'est absolument pas sorti de l'épidémie. Et moi, je regarde et je lis beaucoup ce qui se fait, notamment en Grande-Bretagne et aux États-Unis. Il y a une anticipation, justement, de cette non-sortie de l'épidémie à Londres et à Washington qui est assez intéressante parce qu'on n'a pas le sentiment qu'elle soit aussi prégnante chez nous en France.
Alors, ce qui est sûr, c'est que le président et son gouvernement imaginent vraisemblablement qu'il faut qu'ils se mettent en ordre de bataille, surtout qu'il y a une élection présidentielle qui risque d'être quasiment concentrée que là-dessus, que sur cette épidémie, sur ses répercussions dans la nation, sur ses répercussions sur le monde économique. Et il faut absolument que l'attitude des pouvoirs publics change, qu'elle soit plus, je dirais, plus dans l'anticipation, plus dans l'empathie.
Et il est sûr qu'à l'heure du bilan, eh bien, à l'heure du bilan, on ne peut pas savoir quelle sera l'attitude des uns et des autres, mais il est sûr que certainement, les responsables qui ont été au pouvoir, eh bien, pourront essuyer quelques critiques qui seront rudes à encaisser.
Nathalie Moret, il y a cette volonté, comme l'a fait par exemple Joe Biden, d'organiser quelque chose, même si évidemment l'épidémie n'est pas finie, d'organiser quelque chose pour rendre hommage et s'arrêter à un moment donné sur ces vies qui n'étaient pas que des chiffres, sur ces destins qu'on a vus dans ce reportage. Oui, il y a une volonté, je ne sais pas encore quelle forme elle prendra. Cela dit, moi, je voudrais insister sur la réalité des 100 000 morts et de ce chiffre que vous énoncez. 100 000 morts, c'est l'équivalent de la ville de Annecy et de celle de Belfort, c'est-à-dire deux villes qui sont sur la zone de diffusion de mes journaux régionaux.
Je voulais aussi vous dire que sans doute, de notre point de vue, à nous, presque quotidienne régionale, ces 100 000 morts ont eu une réalité plus forte que dans les médias nationaux. Par exemple, nous, on a vu très tôt, lors de la première vague, le nombre d'avis d'obsèques et de pages d'avis d'obsèques se multiplier de façon extrêmement visible dans nos pages. On a vu des gens qui structuraient la vie associative mourir. C'est un président d'association, c'est un commerçant connu, c'est un conseiller départemental, c'est un ancien élu municipal. Et tous ces gens-là qui structuraient la vie locale, on a fait des papiers sur eux.
Donc, ça veut dire que très tôt, la réalité de cette maladie a été très visible dans nos pages. Sur le deuil, puisque votre reportage très poignant expliquait la réalité du deuil, mes collègues en région ont fait à peu près le même travail que votre équipe et tous disent cette même chose. C'est-à-dire que des mois après, le fait de ne pas avoir pu choisir une tenue pour les... est insurmontée. Et je terminerai juste par autre chose. Il y a les 100 000 personnes qui sont mortes du Covid, mais il y a aussi d'autres personnes qui sont mortes pendant un an, durant cette année, qui sont mortes de leur belle mort, d'une maladie ou d'un accident de voiture.
Et ces gens-là n'ont pas pu avoir des obsèques ordinaires puisqu'il y a des conditions d'organisation qui sont très drastiques. Et pour de multiples familles, cette impossibilité de se réunir à plusieurs a aussi été quelque chose de très douloureux. Donc, c'était juste pour mettre le focus sur, oui, il y a les 100 000 personnes qui sont mortes, mais il y en a aussi d'autres. Et ça a été... Oui, bien sûr, vous avez raison. Une conséquence assez dure pour beaucoup, beaucoup de Français. Vous avez raison, Yves Tréard, vous levez le doigt.
C'est vrai que c'est des destins qui ont été complètement écrasés, des personnes qui sont tombées malades cette année, qui ont vu leur vie basculer et qui ont eu le sentiment en arrivant parfois à l'hôpital, même si j'imagine qu'ils étaient toujours quand même bien reçus, que leur cas n'était pas prioritaire. C'est aussi ces situations-là qu'il y a derrière ces 100 000 morts. Vous avez raison, Nathalie Moret. Yves Tréard ?
Oui, ça laissera effectivement, collectivement, quand même des traces énormes. Vous voyez, au début de l'épidémie, de façon un peu légère, on disait, oui, mais dans les années 60, à la fin des années 60, il y a eu la grippe de Hong Kong et à l'époque, on n'en parlait pas, il n'y avait absolument pas de médiatisation de cette grippe, sans doute parce qu'il n'y avait pas non plus les médias qu'il y a aujourd'hui, mais la vie continuait et simplement, la grippe de Hong Kong, il faut se le dire, ça a fait 50 000 morts, je crois me souvenir, en France.
Alors que cette grippe-là, cette épidémie, on est déjà au double et ça laissera des traces bien supérieures parce qu'effectivement, ça a complètement bousculé nos vies et ça a complètement bousculé la vie des familles aussi. Ça a creusé les fractures générationnelles, ça a creusé les fractures sociales et ça ne sera certainement pas anodin à la sortie de cette pandémie.
Ça a bousculé nos vies et ça a bousculé aussi nos vies professionnelles parce qu'il y a ceux qui espèrent peut-être entreprendre une activité normale en France et ceux qui sont déjà partis depuis bien longtemps, nous sommes allés à Mallorque à la rencontre de jeunes actifs qui se sont expatriés pour travailler avec l'accord de leur entreprise, une expérience qui leur a même donné des idées pour la suite. Laurent Arado, Stéphane Lopez avec Juliette Perrault. C'est un paysage de cartes postales. Mallorque, ses plages et ses 300 jours de soleil par an.
Une destination accessible à moins de 2 heures d'avion de Paris où les restaurants sont ouverts jusqu'à 17 heures, le couvre-feu fixé à 22 heures. Un air de liberté retrouvé qui a poussé Maud Fellman, 26 ans, à venir s'installer ici. Non pas pour des vacances mais pour travailler à distance. Ici, en fait, à chaque fois que je sors de la maison, je peux me sentir en vacances justement par le fait qu'il y ait ce ciel vieux, qu'il y ait ce climat qui soit agréable, rien que d'être à côté de la mer. Tout simplement, par exemple, parfois le matin, je me lève et puis 10 minutes à pied, je suis à la mer et je marche. Donc c'est vrai que c'est un vrai bol d'air.
Consultante dans le digital, son bureau se trouve à quelques mètres de là, dans cette maison de 400 mètres carrés avec piscine. Pour 950 euros par mois, elle y dispose d'une chambre et d'un espace de travail qu'elle partage avec plusieurs autres télétravailleurs. Une solution validée par son employeur. J'ai eu un entretien avec mon manager. En fait, à la situation, les bureaux sont fermés depuis mars de l'année dernière. Du coup, ça a été, en fait, oui, tu peux travailler de n'importe quel endroit du moment que tu délivres ton travail et ce qui est demandé par les clients. En tout, ils sont une dizaine à loger ici.
Des trentenaires, la plupart freelancers ou auto-entrepreneurs, tous ou presque, sont français.
On vit dans un pays avec beaucoup moins de restrictions. Finalement, comparé à la France, on a beaucoup moins l'impression que le Covid existe, effectivement. et le fait qu'on se retrouve tous ici, entre nous, en vivant tous ensemble, c'est vrai qu'on est un petit peu éloigné de tout ça parce qu'on est un peu comme dans une bulle.
Travailler, mais aussi profiter de la vie en communauté. Une expérience entre la colocation et le co-working, baptisée co-living. Un business aussi très rentable, alors que l'activité de l'île dépendante à 80% du tourisme est en chute libre depuis le début de la crise sanitaire. Déborah Sovieni et Manon Véret font partie de ces Français venus grossir les rangs des télétravailleurs à Mallorque. De juste passer un bon moment, ça c'est un truc qui m'avait manqué en France et qui fait du bien de voir ici, je trouve. L'une est graphiste, l'autre en reconversion pour devenir auto-entrepreneuse dans le web. Il y a deux semaines, elles ont décidé de quitter la France, un soulagement.
Il y a un goût de vie normal. Et c'est ça qui fait vraiment du bien. Et même, je pense qu'au niveau du travail, c'est génial parce que ça nous permet d'être plus productive parce que j'ai moins d'angoisse et du coup, je travaille mieux et je suis plus productive et ça, c'est quand même vachement bien aussi. Moins d'angoisse, moins d'isolement aussi. Alors même une fois la crise sanitaire passée, elle se verrait bien renouveler l'expérience. J'aime beaucoup l'idée de me dire deux fois dans l'année, je pars faire du télétravail dans un autre pays, découvrir une nouvelle culture, découvrir de nouvelles personnes, un nouveau décor. C'est très stimulant en fait.
Sur le mur, les photos des centaines de personnes qui ont déjà franchi le pas de ce nouveau mode de travail. D'ici 2035, les nomades numériques pourraient être près d'un milliard. En regardant ce reportage, ils échappent surtout à leur vie, mais ils n'échappent pas forcément à l'épidémie elle-même.
Bien sûr que non. On sait qu'elle est à peu près la même partout en Europe et très clairement, on voit bien qu'on a besoin d'une évasion, mais une évasion intellectuelle. Mais c'est, comment dire, très arbitraire.
Cette question du télétravail, tout à l'heure, Yves Tréard en parlait, ça restera peut-être comme certains usages de cet après-crise, même si on a bien compris qu'on n'en était pas sorti. Oui, oui, oui, ça restera vraiment. Et puis ça a permis, je ne suis pas du tout spécial et ça a permis vraiment d'avoir des directions qui prenaient quelque chose d'impossible et de le réaliser très vite, de le permettre aux salariés. Donc oui. Et puis l'idée, en effet, on voyait la jeune fille qui témoignait en disant pourquoi pas le refaire de temps en temps. On peut se dire que ça, c'est le côté positif de toute cette année passée, c'est que ça a ouvert des cases dans nos esprits.
Peut-être qu'on n'avait pas l'impression qu'on pouvait ouvrir des portes qui se sont ouvertes alors qu'on pensait qu'elles étaient fermées. Donc peut-être, Yves Tréard, qu'on va rouvrir le pays, mais ce que vous disiez tout à l'heure, on le rouvrira le 15 mai, on l'espère, sans doute différemment, y compris avec des usages comme ceci, davantage de télétravail, peut-être pas forcément à Mayork, mais en tout cas, une habitude qui peut rester.
Oui, c'est sûr. C'est qu'en plus, on a les outils de communication aujourd'hui qui existent et qui nous permettent de travailler à distance. Alors pas pour tout le monde, il faut quand même le dire aussi. Et ça, je pense que c'est une chose sur laquelle les gouvernants doivent être très attentifs. C'est-à-dire qu'il y a ceux qui peuvent se le permettre, financièrement et intellectuellement. Et puis il y a ceux qui sont ce qu'on appelle la première ligne et la deuxième ligne. Alors d'abord, je vois M. Davido, d'abord les médecins qui sont obligés d'être dans leurs unités et de soigner les autres. Et puis tous les autres qui font, je dirais, marcher la ville, les villes et les campagnes.
On pense évidemment aux commerçants, aux salariés et à tous ceux qui sont obligés d'être en poste, je dirais. Mais c'est intéressant. Et là où le gouvernement, d'ailleurs, devrait, et nos dirigeants, devraient faire très attention, c'est que le jour où il y aura une espèce de, si vous voulez, de rupture numérique, comme on vient d'avoir une rupture épidémique, c'est-à-dire où tous les systèmes seront au rideau parce qu'il y aura des cyberattaques et des choses comme ça, eh bien, il faudra aussi anticiper ça. Il faudra anticiper ce genre de virus.
Alors, cette question, parce que c'est peut-être les images de la mer qui ont suggéré et inspiré Chantal qui habite à Paris, sans même parler du 15 mai, est-il seulement envisageable de passer des vacances normales cet été en France ? Voyons, on est déjà dans cette idée aussi, ce que vous nous disiez tout à l'heure, Caroline Tour, on n'anticipe pas du tout que ça va continuer encore cet été. Ça dépend de ce que veut dire normal. Si normal, ça veut dire est-ce que je vais pouvoir me déplacer et choisir un lieu de résidence en France ou alors dans un pays européen qui sera mis d'accord ? Normalement, ça devrait pouvoir se faire. Quelles sont les conditions sur place ?
Les restaurants, les salles de restaurant sont-elles ouvertes pour les soirées un peu fraîches ? Je ne pense pas. Les boîtes de nuit ? Voilà, les boîtes de nuit. Je ne pense pas. En tout cas, ce n'est pas gagné. Non, ça, ce n'est pas gagné. Benjamin Davidot, les vacances ?
Non, je pense que les vacances, ce qu'on peut espérer, d'abord, c'est avoir les mêmes que l'an dernier, mais probablement avec les outils de surveillance dont on a parlé tout à l'heure, ça me semble légitime et je crois que tout le monde aura en tête que la ligne d'arrivée ou la ligne de départ, ça sera l'automne et on ne sera pas dans les mêmes conditions psychologiquement. On va avoir besoin de ce relâchement à l'image de ces gens qui sont partis loin pour télétravailler. Mais il faudra garder à l'esprit que tout n'est pas terminé. D'abord, la campagne de vaccination ne sera pas terminée.
Une unité collective au 15 juillet a dit Thierry Breton.
Je pense qu'il faut atteindre des chiffres beaucoup plus importants de vaccination de la population pour espérer une immunité collective. On en a parlé tout à l'heure. Je pense qu'il faut être proche de l'objectif de la rougeole, c'est-à-dire 90%. Pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui, on sait qu'il y a des variants, on sait que les vaccins ne sont pas forcément efficaces vis-à-vis des variants et que la vraie question, c'est faudra-t-il une troisième dose d'ARN messager avec des modifications prenant en compte ces variants. Et donc, bien malin est celui qui peut prédire quand est-ce qu'on aura atteint l'immunité collective.
En fait, vous ne parlez même plus des autres vaccins. Ils ont plié le match les ARN messagers. En fait, c'est ça qui va se passer. Ils vont remplacer des autres vaccins.
Écoutez, je suis ravi parce que c'est ce que j'expliquais sur votre plateau en décembre dernier. Et très clairement, je pense que c'est ça qui va se passer. Je pense que la médecine va être bouleversée. D'abord, vous le savez peut-être aussi bien que moi, ces vaccins ARN messagers vont permettre d'autres thérapies bien au-delà des domaines des maladies infectieuses, notamment dans la cancérologie, dans les traitements des maladies cardiovasculaires.
Et donc, ce qu'il faudra retenir aussi, on a parlé tout à l'heure que cette épidémie nous avait appris à télétravailler, mais elle va bouleverser la façon dont on a des contacts entre les individus et dont on pense la médecine et dont on pense la vaccination.
Mais sur la vaccination, à proprement parler, quand on voit la crise de confiance autour de AstraZeneca ou du vaccin Johnson & Johnson, pour le coup, on voit bien qu'on va monter en dose sur les ARN messagers ?
Oui, on va monter en gamme. Ce qui freinait d'abord, il faut le rappeler, on est passé de moins 70 degrés pour Pfizer à moins 20 maintenant et on va arriver à une température quasiment ambiante pour les vaccins de chez CureVac, l'allemand, qui vont arriver à la mi-juin. Et donc, ce qui nous freinait finalement, c'était ces modes de transport, de conditionnement. Et demain, on aura peut-être des unidoses aussi qui favoriseront justement cette vaccination de masse.
Juste un dernier mot avant de passer aux questions des téléspectateurs sur l'allongement du délai, c'est ça, entre deux doses, on va arriver jusqu'à 40 jours ?
Écoutez, les Canadiens sont même arrivés jusqu'à trois mois. Donc, je ne pense pas que ce soit un problème.
Ce n'est pas une prise de risque.
Je ne pense pas que ce soit une prise de risque. Je pense qu'il y a un bénéfice à cet exercice. C'est d'ailleurs ce qui avait été suggéré par l'EMS en cas de tension de pénurie et surtout d'épidémie massive. Et aujourd'hui, on sait qu'il faut vacciner le plus de personnes possible parce qu'on sait que malheureusement, trop souvent, on se retrouve avec des gens qui se contaminent dans les jours suivant la vaccination parce qu'on délaie tellement les délais pour avoir un rendez-vous pour une date qu'on perd du temps et que chaque jour qu'ils passent compte.
Nous revenons maintenant à vos questions. Sur CovidTracker, le taux de reproduction R vient de passer d'un spécialiste sous un 0,96. N'est-ce pas une bonne nouvelle ? Si, il paraît que le R en dessous de 1, c'est bien.
Le R en dessous de 1, concrètement, ça veut dire qu'un individu contamine moins d'une personne, c'est-à-dire que l'épidémie se freine. Bien sûr, c'est une bonne nouvelle mais ce n'est pas suffisant. Sans répéter tout ce qu'on a dit, je crois que l'enjeu aujourd'hui, c'est de s'inscrire dans la durée avec des mesures pérennes et d'éviter un rebond épidémique qu'on a connu à R en dessous de 1 et pourtant, on est toujours là à discuter du Covid, malheureusement.
Malheureusement, comment ça malheureusement ? Parce que moi, j'aimerais bien parler d'autre chose, de bactéries, de ce que vous voulez. Oui, vous viendrez parler de bactéries, ça sera le monde d'après, ça nous fait rêver d'un coup. Est-ce qu'il est aussi prévu ou possible que le couvre-feu soit levé le 15 mai ? Peut-être Nathalie Moret. En tous les cas, c'est ce que beaucoup de gens veulent, moi en premier par exemple, mais de toute façon, très honnêtement, mais en tous les cas, je sais que pour l'instant, la décision n'est pas prise et d'ici avant une dizaine de jours, elle ne sera pas prise. On espère. Croisons les doigts. Mélenchon fait une tournée en Amérique du Sud.
Quelle case a-t-il coché sur son attestation ? Ça, c'est pour vous, Yves Tréa.
Il a choisi la case révolutionnaire, sans doute, parce qu'il est allé en Équateur et ce week-end, on va assister à la fin du castrisme puisque Raoul Castro va quitter le pouvoir à Cuba. Non, plus sérieusement, ça fait pas mal jaser à gauche, effectivement, parce que d'abord, il n'est pas là alors que normalement, il y a une grande réunion de tous les leaders des partis de gauche samedi à Paris. Et puis deuxièmement, il a posté des photos de lui sans masque et beaucoup de ses...
de militants et de partisans à gauche ont trouvé que c'était un exemple détestable à montrer parce que ça montrait sa légèreté alors que, eh bien, le masque est obligatoire en France et que là-bas, en Amérique latine, ils sont en train de subir une vague extrêmement violente, on l'a dit, au Brésil, au Chili et sur toute l'Amérique du Sud.
Yves Tréa, peut-être qu'on va le mettre en quarantaine ? Quand il va rentrer ? Alors peut-être,
alors normalement, si tout est respecté, il doit repartir de là-bas avec un test PCR. Il est possible qu'il soit soumis à un autre test en arrivant à un test antigélique parce que c'est ce qui se pratique en tous les cas pour ceux qui reviennent du Brésil actuellement. Et normalement, il y a effectivement une quarantaine qui est prévue. Alors cette quarantaine, c'est ce que je disais tout à l'heure en début d'émission, c'est pour le moins aléatoire, on va voir si les autorités publiques prennent des dispositions pour qu'elles soient davantage respectées dans des conditions qui ne sont pas simples parce qu'il faut imposer aux gens d'aller à l'hôtel.
C'est sans doute un des sujets qui est au menu des discussions aujourd'hui autour du président de la République qui a réuni ses ministres pour travailler et plancher sur les scénarios des réouvertures le 15 mai. Pourquoi en dépit du slogan « Tester, tracer, isoler » n'a-t-on jamais organisé le dépistage et la mise en quarantaine de façon systématique et autoritaire ?
Parce que peut-être autoritaire, c'est peut-être un peu sur ce point dont on pourrait discuter, débattre avec les autres invités parce que c'est vrai que ça nécessite, c'est intrusif aussi l'isolement, c'est-à-dire qu'il y avait aussi l'idée d'avoir des équipes qui pourraient aller rendre visite dans les maisons, dans les foyers où il y avait une personne contaminée, de faire en sorte d'expliquer quels étaient les gestes qu'il fallait adopter, l'attitude et ce qu'était l'isolement en fait. Et ils n'étaient pas forcément toujours bien reçus. Ça n'a pas forcément fonctionné. Il y a une défiance qui s'est instaue à ce moment-là.
Oui, c'est ce qui est un paradoxe parce que l'autorité elle s'est exercée pour confiner l'ensemble de la population française. Et puis je pense qu'il y a eu aussi un débordement, c'est-à-dire que quand on a pu être prêt à chaque fois les chiffres de toute façon étaient trop forts donc on n'arrivait plus à tracer, il y avait trop de contamination, c'était trop tard le coup d'avance il faut l'avoir quand il n'y a pas trop. Là, il y a trop de contamination pour tracer tout. Non, mais c'est maintenant qu'il faut prendre les décisions pour être bon, on a compris, le 15 mai. Peut-être plus que la réouverture, on s'est peut-être trompé de titre ce soir, peut-on y croire ?
Le sujet c'est comment on s'y prépare surtout et c'est sans doute ça que prépare en ce moment on l'espère le président et ses ministres. Quel est l'avis du Conseil scientifique pour l'ouverture des lieux publics le 15 mai ? Alors peut-être Nathalie Morel là-dessus, il y a eu un avis du Conseil scientifique ? Alors j'avoue que je ne l'ai pas en tête. Non, j'ai pas la vidéo. Non, on ne les entend plus en tout cas les membres du Conseil scientifique.
Je crois que la dernière fois que c'est exprimé c'était sur les élections.
Ils doivent parler des variants d'ici quelques jours il doit y avoir quelque chose sur les variants. Comment est-ce qu'on fait pour éviter que les variants brésiliens indiens enfin tous ceux qui sont en train de se développer prennent le terrain comme le variant britannique l'a fait ? Pensez-vous que les écoles vont rouvrir ? Une mamie vaccinée certes mais bien fatiguée. Marie-Louise, Paris, retraitée. Alors oui, c'est ce que vous disiez tout à l'heure. C'est un vrai sujet en tout cas. Il y a plusieurs points de vue c'est sûr on peut l'espérer que les écoles réouvrent. Donc c'est ce que j'expliquais tout à l'heure. Elles vont réouvrir. Là par exemple le délai il est très court.
D'ici une semaine les écoles primaires les maternelles ça va réouvrir. On sait qu'en primaire quand même le fait d'avoir un enfant contaminé c'est peu contaminant pour sa famille. Donc on sait que ce ne sont pas des foyers particulièrement actifs les écoles mais par contre quand ça circule beaucoup dans la population générale ça circule beaucoup à l'école donc il va falloir se donner les moyens de tester ses enfants et puis d'aérer les écoles d'aérer les classes d'ouvrir les fenêtres. Ça a l'air d'être un détail mais ça ne l'est pas du tout quand vous avez vos 30 élèves toute la journée qui sont en train d'écrire sur leurs copies il faut aérer c'est nécessaire.
Nathalie Moret les écoles tenir le calendrier sur les écoles on imagine que c'est une des priorités de cette équipe de l'exécutif. C'est une priorité mais il y a quand même une possibilité qu'il se donne un petit peu du lest. C'est encore pas totalement acté. Normalement les écoles et les crèches réouvrent le 26 mai et les autres sont en distanciel pendant une semaine mais si jamais il devait y avoir des chiffres inquiétants il est possible que ça soit différé d'une semaine. Je n'y crois pas mais c'est une possibilité. Six personnes vaccinées pourront-elles se réunir presque normalement ? Alain dans les bouches du Rhône.
On le souhaite c'est ce qui se passe d'ailleurs aux Etats-Unis où quand vous êtes dix personnes vaccinées vous avez le droit d'enlever le masque mais il faut pour ça qu'on ait atteint un certain nombre de personnes vaccinées pour pouvoir s'autoriser ça et ça se rejoint l'idée de ce passeport sanitaire en sus du passeport vaccinal et aujourd'hui on voit bien qu'on en est encore loin.
Je retrouve quelqu'un qui a été vacciné deux doses il y a un mois on ne peut pas se comporter normalement sans la mettre en danger si moi-même je ne suis pas vaccinée.
Il faut savoir absolument que lorsqu'on est vacciné on réduit drastiquement le risque de transmettre de plus de 90% mais ce n'est pas 100% et donc on peut quand même se retrouver avec une PCR positive avec la bonne nouvelle une charge de virus beaucoup plus faible et c'est pour cette raison-là qu'il faut vacciner massivement aujourd'hui. Il faut vraiment un coup d'accélérateur il faut aller jusqu'aux tranches d'âge les plus jeunes.
On a accéléré quand même.
Ça c'est évident mais j'espère qu'on arrivera à l'objectif de faire ce qu'on a fait en trois mois et demi en un mois 20 millions le 15 mai.
Quels pays ont vraiment fait mieux que la France dans la lutte contre le Covid ? Israël on en a beaucoup parlé mais c'est clair évidemment Israël a fait beaucoup mieux.
La Grande-Bretagne c'est intéressant parce qu'ils ont fait beaucoup moins bien au début avec des décisions qui étaient à l'inverse du sens de l'histoire du Covid et de la pandémie prise par Boris Johnson puis une accélération une vaccination la décision de ne faire qu'une seule dose ils ont réouvert et j'ai trouvé que l'intervention de Boris Johnson je crois que c'était hier ou avant-hier était intéressante quand il a expliqué qu'à partir du moment où on réouvre en fait on va avoir des cas des gens qui vont dans les pubs et on va avoir une contamination qui va repartir donc voilà eux ils ont eu le plus gros atout pour les réouvertures ne serait-il pas la hausse des températures ?
C'est ce qu'on évoquait et ce que ça sera le plus gros je crois que le plus gros atout c'est la vaccination de masques
comment peut-on être infecté si on respecte à la lettre les gestes barrières et le confinement ?
D'abord parce que tout le monde ne porte pas de masque et que malheureusement l'exemple des restaurants c'est qu'on enlève son masque et qu'on va se continuer dans des endroits souvent clos
Est-ce crédible de fixer des dates alors qu'on n'a même pas atteint le pic de la troisième vague Nathalie Moret ?
Non c'est pas crédible mais c'est obligatoire parce que sans date vous plombez encore plus le moral des gens et qu'au bout d'un moment il faut donner une perspective Je voudrais terminer avec une image c'est une image emblématique du Covid-19 qui a été dessornée par le World Press Photo de l'année une image que vous allez voir qui s'affiche ici d'une dame âgée en laissant une infirmière protégée du Covid par des sacs plastiques c'est aussi l'une des images de cette année qui aura fait 100 000 morts en France Merci à vous d'avoir participé à cette émission Demain vous retrouvez Axel Detarlet pour un nouveau C'est dans l'air N'oubliez pas que vous pourrez retrouver C'est dans l'air en podcast et en replay Tout de suite c'est à vous