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interviewyoutube.com· 27 janvier 2026 19 min

Réseaux sociaux, présidentielle, Renaissance...L'interview de Gabriel Attal en intégralité

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Il est 8h28 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Gabriel Attal.

0:04
Gabriel Attal

Bonjour Apolline de Malherbe.

0:05
Présentateur

Merci d'être dans ce studio pour répondre à mes questions. Vous êtes l'ancien Premier ministre, bien sûr, aujourd'hui député des Hauts-de-Seine. Et vous êtes président du groupe des macronistes, mais aussi secrétaire général du parti Renaissance, enfin qui s'appelle encore Renaissance, on va y revenir. Ça devrait changer de nom. Pourquoi vous n'avez pas tout fait péter quand vous étiez Premier ministre ?

0:23
Gabriel Attal

J'ai fait ce que j'ai pu tout au long de la fonction qui m'a été confiée, le temps que j'ai eu pour le faire. Ça a été malheureusement interrompu par la dissolution.

0:32
Présentateur

Ça ne vous choque pas le mot que j'utilise parce que vous savez évidemment à quoi je fais référence. Mais ceux qui nous écoutent ne peuvent peut-être pas vous organiser. Ce soir, une grande soirée de réflexion, de table ronde. Et le premier thème de la table ronde, c'est faut-il faire tout péter pour refonder la France ? Mais au fond, je me dis, vous avez quand même été longtemps au pouvoir. Si vous estimez qu'il faut tout faire péter, pourquoi vous ne l'avez pas fait ?

0:53
Gabriel Attal

D'abord, moi j'ai été dans différentes responsabilités. J'ai été Premier ministre, j'ai été ministre de l'Éducation nationale, j'ai été à Bercy. Je pense que quand on regarde ce que j'ai porté, ce que j'ai défendu, des décisions que j'ai prises dans ces fonctions, il y a eu des mesures assez radicales. Et d'ailleurs, à l'époque, on me l'a parfois reproché. On pourrait citer à l'Éducation nationale le choc des savoirs avec le retour du redoublement, les groupes de niveau. On pourrait citer l'interdiction de l'ABAIA dans les établissements scolaires. Quand j'étais à Matignon, les mesures que j'ai préparées sur l'assurance chômage, sur la délinquance des mineurs.

Bref, il y a beaucoup de choses qui ont été engagées. Surtout à Pauline de Malherbe. Je crois qu'aujourd'hui, et les Français, je crois, le perçoivent, on arrive au bout d'un modèle. Beaucoup de choses ont été faites ces dernières années pour réformer ce modèle, pour essayer de le faire évoluer. Moi, je crois qu'il est aujourd'hui totalement décalé de la réalité du pays aujourd'hui. C'est vrai pour notre modèle social. C'est vrai pour notre modèle institutionnel. C'est vrai pour les questions de sécurité, de justice, d'immigration. Tout ça, ça a été fondé au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, dans une France qui était totalement différente. Et aujourd'hui, tout a changé.

1:53
Présentateur

Mais c'est vrai que c'est étrange d'entendre ça. Je comprends parfaitement ce que vous dites. Je vais même... Vous allez plus loin. Tous les politiques que j'ai devant ce micro disent tous qu'il faut tout changer. Aucun désormais ne dit qu'il faut absolument préserver tout ce qu'on a aujourd'hui.

2:07
Gabriel Attal

Vous avez quand même beaucoup de politiques, Apolline de Malherbe, qui donnent le sentiment qu'on est encore dans des débats de paramètres. Est-ce que sur la retraite, il faut passer de 64 à 65 ans, 65 ans et demi ? Est-ce que sur la fiscalité des entreprises...

2:19
Présentateur

Vous voulez plus d'âge ?

2:21
Gabriel Attal

Moi, je propose, avec le Parti Renaissance, un nouveau mode système de retraite. Il faut en changer parce que... Toutes ces réformes qui ont été faites ces dernières années pour décaler un peu l'âge légal de retraite, on voit que ça n'a pas réglé le problème. Et donc, il faut assumer de changer le système. Je veux un système universel, les mêmes règles pour tout le monde, un système libre. Effectivement, je suis pour la suppression de l'âge légal. On ne garde que la durée de cotisation avec des décotes, des surcotes. Vous voulez partir tôt ? Vous avez peu. Vous voulez partir tard ? Vous avez beaucoup plus.

Et je veux qu'on assume la capitalisation dans notre système de retraite qui permettra aux Français d'avoir une meilleure retraite et par ailleurs qui permettra de financer notre économie. C'est un exemple sur tous les sujets.

3:00
Présentateur

Faut-il tout péter pour refonder la France ? Il y a écologie, économie, autorité. Est-ce que tout est foutu ? Et enfin, faire de la politique en 2026, comment y croire encore ? J'avoue que ce n'est pas très encourageant parce que si vous vous demandez si on peut encore y croire, c'est que même vous, vous vous le demandez, c'est qu'effectivement les gens n'y croient plus.

3:19
Gabriel Attal

Je pense que tous les Français, en tout cas beaucoup de Français, se posent exactement les questions que vous venez d'évoquer. Et on pourrait en rajouter d'autres. Il y en a une sur les chefs d'entreprise. Parce que moi, je veux qu'on se déroule. Je veux qu'on se pose les bonnes questions. Je suis à la tête d'un parti politique, dans un moment qui est extraordinairement difficile pour notre pays, par ailleurs qui est difficile dans le monde, si on n'est pas capable d'assumer, de se poser les bonnes questions. Même si nous, ça nous conduit à faire une autocritique.

Même si ça nous conduit à avoir un regard sur ce qui a pu être fait ces dernières années, qui a pu être mal fait ces dernières années, sur certaines choses. On n'arrivera pas à s'en sortir. La France ne s'en sortira pas. Donc moi, je ne suis pas là. Mon objectif, ce n'est pas de réunir des gens pour dire tout va bien, dans le meilleur des mondes, les Français sont heureux, il n'y a pas de problème. Au contraire, il faut parler des problèmes. Vous posez la question de savoir si tout n'est pas foutu.

Et surtout, ce qui est intéressant dans ces sujets-là que vous venez d'évoquer, c'est que seront réunis ce soir des personnalités, qui ne sont pour beaucoup pas des politiques, qui sont des personnalités de la société civile. Il y aura des syndicalistes, il y aura des partenaires sociaux, des gens du patronat, il y aura des chefs d'entreprise, il y aura des associatifs, il y aura des intellectuels qui ne pensent pas forcément la même chose entre eux, qui sont loin d'être tous d'accord avec moi et avec ce que je propose, mais qui vont finalement confronter leurs idées, leurs points de vue, pour participer peut-être à refonder la France.

4:26
Présentateur

En revanche, un certain nombre de poids lourds de votre parti ne seront pas là. Elisabeth Borne, qui était invitée de BFM TV hier soir, a dit qu'elle n'avait absolument pas prévu de venir. Elle dit même, je ne crois même pas que Gabriel Attal soit mon patron. Vous n'êtes pas le boss du parti.

4:39
Gabriel Attal

Vous savez, je suis secrétaire générale de ce parti, les militants m'ont élu pour ça, et mon objectif, c'est d'en faire un véritable parti, c'est de tout refonder, et d'assumer, de dire que notre pays a changé, qu'il y a beaucoup de problèmes à régler en France, et que pour ça, on ne peut pas faire comme avant. Voilà, c'est ça la ligne qui est la mienne. Après, pour le reste, vous savez, il y a toujours des commentaires ici ou là. Ça vous a quand même surpris ? Il y a toujours des commentaires, et honnêtement, chacun est libre de sa parole. Moi, l'important...

5:01
Présentateur

Vous l'avez invitée, ou pas ?

5:03
Gabriel Attal

Bien sûr, tout le monde est invité à ce moment, ce soir. Tous nos adhérents ont été invités. Il y aura beaucoup de monde, il y a beaucoup d'inscrits, mais encore une fois, l'important, ce n'est pas de parler de nous. L'important, c'est de parler du pays, et de laisser parler des Françaises et des Français qui ne sont pas en politique, mais qui ont des choses à nous dire.

5:17
Présentateur

Alors, puisqu'on est sur le parti, et j'aimerais bien quand même y voir plus clair sur votre histoire de nom, ça s'est appelé En Marche, ça s'est appelé La République En Marche, LREM, ça s'est appelé Ensemble pour la République, ensuite, ça s'est appelé Ensemble tout court, ensuite, ça s'est appelé Renaissance, et maintenant, ça va s'appeler Nouvelle République. Alors, je vous avoue qu'en regardant tous ces noms en si peu de temps, je me suis quand même dit qu'il y avait un côté... Vous vous cherchez, quoi.

5:39
Gabriel Attal

Vous savez, moi, quand j'ai pris les rênes de ce parti il y a un an, les adhérents eux-mêmes m'ont dit qu'il fallait changer de nom. Mais pourquoi est-ce qu'il y a eu plein de changements de nom avant ? Parce qu'on ne savait pas très bien où vous habitez ? Quand je n'étais pas aux responsabilités ? Je pense parce que les noms qui ont été choisis ne reflétaient pas forcément un projet politique. Or, je pense que le nom d'un parti, ça doit permettre d'identifier le projet politique de ce parti. Ce que j'ai répondu aux adhérents il y a un an, c'est que je souhaitais d'abord qu'on travaille sur le fond et sur le projet.

6:05
Présentateur

D'ailleurs, vous dites qu'une fois qu'on a fait ce travail, ce travail de réflexion sur le fond, le nom peut changer pour refléter une idéologie. Exactement. C'est quoi votre idéologie ?

6:13
Gabriel Attal

Moi, je le dis souvent et je pense que ça rassemble les femmes et les hommes qui sont chez Renaissance. Moi, je suis libéral en matière économique. C'est-à-dire que je crois que si on veut avoir un financement de nos services publics, notre modèle social, il faut de l'emploi, il faut de la croissance. Pour ça, il faut des entreprises. Et donc, il faut permettre à nos entreprises d'être compétitives. Je suis très ferme sur les questions régaliennes. La sécurité, la justice, l'immigration, la laïcité, l'autorité. C'est peut-être un angle mort de ces dernières années. Il faut assumer de le dire dans la politique qui a été conduite par les gouvernements. Le régalien.

6:43
Présentateur

C'est-à-dire tout le monde. Tout le monde. Vous, ces questions d'autorité, de laïcité, vous estimez que vous n'êtes pas suffisamment attaqué. Vous, les macronistes, je veux dire.

6:48
Gabriel Attal

J'estime que collectivement, effectivement, il y a une forme de constat d'échec sur un certain nombre de sujets. C'est une réalité. Et encore une fois, ce n'est pas un gros mot de le dire. En tout cas, moi, à chaque fonction qui a été la mienne, j'ai tout fait pour agir sur ces sujets-là. On pourra y revenir. Je suis progressiste sur les questions sociétales et sur les questions climatiques. Je pense qu'il y a encore des choses à faire, des droits supplémentaires pour les Français, que ce soit en matière d'égalité entre les femmes et les hommes, que ce soit en matière de fin de vie.

Vous savez que je défends un texte pour que, pour des personnes qui sont dans une situation incurable, qui souffrent, qui n'ont pas d'autre solution, il puisse y avoir une aide active à mourir. Et enfin, je suis profondément pro-européen. Voilà, si je devais résumer ce en quoi je crois. Je pense que ça permet de répondre à un certain nombre de problèmes que se posent les Français et par ailleurs que ça permet de rassembler assez largement.

7:32
Présentateur

Le journal La Nouvelle République, initialement La Nouvelle République du Centre, vous l'avez vu, a réagi. Il y a votre nouveau nom. Il n'y a pas de nouveau nom, d'accord, à point de malheur. A vous, ce ne sera pas La Nouvelle République ?

7:44
Gabriel Attal

J'ai annoncé que le nouveau nom, ce serait après les municipales. Il y a plusieurs noms qui sont possibles. Dont La Nouvelle République ? Parce que La Nouvelle République, c'est une dynamique qu'on a lancée au mois de septembre dernier, à Arras, précisément pour assumer qu'il faut refonder les institutions en France, qu'il faut refonder notre modèle si on veut qu'ils survivent.

8:00
Présentateur

Vous ne dites pas que c'est complètement acté, mais enfin, c'est quand même La Nouvelle République qui tient l'accord.

8:03
Gabriel Attal

Je dis rendez-vous après les municipales. C'est vrai que sur La Nouvelle République, ça incarne ce projet qu'on veut porter pour le pays. Maintenant, on verra ce moment-là. Non, ce n'est pas tout à fait pareil. Parce que derrière La Nouvelle République, on ne parle pas que des institutions, comme le fait LFI avec La Sixième République. On parle de notre modèle social, qui ne peut plus tourner dans la démographie actuelle. On parle de notre modèle régalien. Comment est-ce qu'on juge les mineurs ? Comment est-ce qu'on garantit la sécurité ? Comment on gère les flux d'immigration en France ?

On parle de notre modèle démocratique, c'est vrai, nos institutions, et on parle de notre modèle économique. Merci.

8:35
Présentateur

Comme le disait le journal Nouvelle République, en tout cas, pense effectivement que tout converge à changer votre nom vers Nouvelle République. Ils disent que le président du parti de La République changera bientôt de nom. Problème, il opterait pour celui d'un groupe de presse historique, le nôtre. Gabriel Attal ambitionne de changer le nom de son parti. Après En Marche, La République En Marche, ce serait donc La Nouvelle République. Peut-être parce que Jean-Luc Mélenchon, disent-ils, a politiquement préempté l'appellation Sixième République. Et ils ajoutent, l'hommage est embarrassant, si la timidité de Gabriel Attal est émouvante. On y perçoit une certaine ironie.

Le leader politique n'a en effet pas osé informer La Nouvelle République de son idée. Timide, mais prudent, il a tout de même interrogé des juristes. Et puis surtout, cette fin assez grinçante. La Nouvelle République en a vu d'autres, dit l'édito ce matin de La Nouvelle République. Elle attend déjà que la Macronie passe à autre chose. Si Gabriel Attal manque d'inspiration, qu'il s'intéresse aux municipales. Ce rendez-vous électoral dans lequel son parti peine à peser, mais que La Nouvelle République chronique sans parti pris. Qu'est-ce que vous répondez ?

9:39
Gabriel Attal

D'abord, heureusement, La Nouvelle République, ou La République tout court, elle appartient à tout le monde. Et d'ailleurs, il y a déjà un parti qui s'est appelé comme ça, ou quasiment. Tout à fait. Le parti du général de Gaulle, en 1958, qui l'a créé, l'Union pour la Nouvelle République. Voilà, après, moi j'ai beaucoup de respect pour la PQR, y compris les éditos grinçants, comme vous dites. Je suis très engagé aussi sur la question des municipales, évidemment, qui est un scrutin majeur pour les Français. On a des candidats Renaissance. Ils disent, effectivement... Que votre parti peine à peser, c'est juste.

10:08
Présentateur

Ils peinent à peser, quand même.

10:09
Gabriel Attal

D'abord, il faut voir les élections, le résultat des élections. Ensuite, vous savez...

10:11
Présentateur

Il y a beaucoup d'endroits où vous n'avez même pas de candidats.

10:13
Gabriel Attal

Mais vous savez, d'abord, la plupart des candidats aujourd'hui en France, quelle que soit leur partie d'origine, en général, ils se présentent avec leur étiquette propre locale. C'est vrai pour les gens qui viennent de gauche, de droite, du centre, etc. Parce que c'est des élections locales. Et ensuite, on a des candidats un peu partout en France, je peux vous dire. Il y a plein de villes, on a des candidats, je pourrais en parler ici. Et il y a d'ailleurs plein de villes qu'on va gagner avec nos candidats à l'occasion de ces municipales.

10:36
Présentateur

Donc, pour vous, il n'y a pas de problème sur les municipales ?

10:38
Gabriel Attal

Ah non, vous savez, ça fait un an qu'on travaille sur les municipales. Et on a assumé de dire qu'il y a certaines villes où on considère qu'il faut se présenter sous nos propres couleurs. Parce que c'est nous qui avons les meilleures idées pour cette ville, parce qu'on a travaillé, etc. Il y a des villes où on a assumé de dire, on va soutenir un maire sortant ou une autre équipe qui se présente. Parce qu'ils sont mieux préparés que nous, parce qu'ils ont des valeurs, des idées qui correspondent aux nôtres. J'ai envie de vous dire, c'est très bien. Ils en ont marre aussi de voir ces partis qui, en permanence, disent « Quoi qu'il arrive, je ne suis pas d'accord avec les autres.

Je vais me présenter sous ma bannière, avec mon drapeau. Et je me fiche de savoir s'il y a d'autres candidats qui sont en accord avec mes idées. »

11:12
Présentateur

Interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans. Première étape, franchie hier. Est-ce que vous vous dites que ça va effectivement pouvoir entrer en application, comme vous l'espérez, au 1er septembre ? Certains disent que si l'Union européenne ne vous suit pas, ça restera lettre morte.

11:30
Gabriel Attal

L'Union européenne ? Elle nous donne la possibilité de l'interdire. Et ça, c'est très important. Vous savez, moi, c'est un combat que je mène depuis longtemps. Septembre 2023, je m'exprime pour la première fois en tant que ministre de l'Éducation nationale pour l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Il y a eu beaucoup de travail depuis, notamment avec une députée de mon groupe, Laure Miller, avec des membres du gouvernement, je pense à Clara Chappaz, qui était membre du gouvernement précédent sur le numérique. Et il y a eu aussi un travail au niveau européen, grâce à deux eurodéputés de notre groupe, Valérie Ayé et Stéphanie Yoncourtin.

Elle nous a donné, il y a quelques mois, le droit de pouvoir interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. On vient de le voter à l'Assemblée nationale. C'est une étape décisive. Donc, pour vous répondre, oui, cette mesure pourra entrer en vigueur au 1er septembre 2026, à condition que le texte soit définitivement adopté. Ça va passer au Sénat, je pense, à peu près dans un mois. Mais on sera le premier pays de l'Union européenne à mettre en œuvre cette mesure qui est essentielle.

12:22
Présentateur

Mais précisément, selon une source à la Commission européenne qui s'est confiée à notre journaliste sur les questions, notamment d'Internet, Raphaël Grabli, la France ne pourra pas, les réseaux sociaux, à vérifier l'âge des internautes à partir du 1er septembre 2026 parce qu'il s'agit d'une compétence européenne.

12:37
Gabriel Attal

Mais justement, la compétence européenne, c'est le Digital Services Act. Désolé de rentrer dans les détails. Non, non, au contraire, allons-y.

12:42
Présentateur

Moi, ce que je veux, c'est justement qu'on rentre dans les détails pour savoir si, au-delà des mots, ça va vraiment marcher.

12:46
Gabriel Attal

Et dans son article 23, ce texte européen donne la possibilité désormais aux États membres de pouvoir l'interdire dans leur pays. Pourquoi c'est important ? Juste, très rapidement, parce qu'il y a probablement beaucoup de parents qui nous écoutent et que ça intéresse. C'est important parce que, vous savez, je suis très engagé dans la lutte contre le harcèlement à l'école. J'ai beaucoup œuvré en la matière. Le harcèlement, il passe aujourd'hui beaucoup, malheureusement, par les réseaux sociaux. C'est important parce qu'on voit que l'usage des réseaux sociaux très jeunes et de manière très prolongée, ça a un impact sur les capacités de réflexion de nos enfants.

Il y a une étude américaine qui est sortie il n'y a pas très longtemps, qui montre que pour un adolescent qui passe cinq heures par jour sur les réseaux sociaux, en deux ans, c'est un retard par rapport aux autres adolescents, de l'ordre de six mois en termes de développement, en termes d'apprentissage, etc. C'est important parce que ça agit sur la santé mentale de nos enfants. Et c'est important, enfin, parce que derrière ces plateformes de réseaux sociaux, il y a des puissances, il y a des pays, la Chine, les États-Unis, qui parfois, tenez-vous bien, n'autorisent même pas ces réseaux sociaux pour leurs propres enfants dans leur pays.

Et donc, moi, je veux qu'on puisse être indépendant en la matière, qu'on puisse protéger nos enfants.

13:49
Présentateur

Et est-ce qu'il ne faut pas carrément interdire TikTok ? Certains estiment qu'il faut interdire TikTok. C'était le cas de Raphaël Glucksmann à ce même micro. Hier, d'autres s'interrogent même sur la vente de smartphones au moins de 15 ans.

14:03
Gabriel Attal

Non, moi, d'abord, je ne suis pas contre les réseaux sociaux par principe. Les réseaux sociaux, ça peut aussi être quelque chose de bien. Ça permet de découvrir des choses, ça permet d'apprendre, ça permet de rencontrer des gens. Je ne suis pas pour l'interdiction des réseaux sociaux. D'ailleurs, je les utilise moi-même pour communiquer. En revanche, je pense que, comme pour tout, il faut un cadre, il faut une régulation. Et oui, il faut assumer de dire qu'en dessous de 15 ans, les réseaux sociaux, ça apporte plus de mal que de bien. Et donc, j'assume de défendre cette mesure depuis trois ans. Désormais, l'Assemblée l'a voté. C'est une étape décisive. On va pouvoir poursuivre.

La question qui est posée derrière tout ça, c'est dans quel modèle de société on veut vivre, Apolline de Malherbe ? Est-ce qu'on veut vivre dans une société de l'incivisme, une société de la brutalité, du harcèlement ? Ou est-ce qu'on veut vivre dans une société humaniste ? On accepte de prendre soin les uns des autres. On refuse la violence, notamment dès le plus jeune âge. Moi, c'est dans cette deuxième vision que je m'inscris. Et donc, oui, on va pouvoir interdire les réseaux sociaux.

14:53
Présentateur

Vous savez que du côté de l'Élysée, ils estiment quand même que vous êtes assez mesquins sur cette histoire. Ils trouvent que finalement, c'est quand même un des combats d'Emmanuel Macron et que vous êtes en train de tenter d'en faire votre combat à vous.

15:03
Gabriel Attal

C'est un combat collectif. Vous savez, vous pouvez reprendre toutes mes déclarations. Septembre 2023, je crois que j'étais un des premiers à dire qu'il fallait interdire les réseaux aux moins de 15 ans. Il y a un an, j'ai signé une tribune avec Marcel Ruffaut, le grand pédopsychiatre.

15:14
Présentateur

Est-ce qu'il y a une logique ? Est-ce que ça a même du sens de vous poser cette question-là ? C'est vrai qu'on a quand même l'impression que maintenant, c'est à celui qui va montrer qu'il s'émancipe le plus du président de la République.

15:23
Gabriel Attal

En l'occurrence, je défends une idée, une proposition qui est aussi défendue par le président de la République. Donc, c'est votre combat ensemble. Pour le coup, il y a de nombreux Français, de nombreux responsables politiques qui défendent ce combat. D'ailleurs, regardez hier à l'Assemblée nationale. Je crois que quasiment tout le monde a voté ce texte, à l'exception évidemment des Insoumis, qui votent contre tout. Mais on voit bien que c'est un combat qui est collectif.

15:42
Présentateur

Donc aujourd'hui, ceux qui sont vraiment hors, j'allais dire, d'une sorte de consensus, c'est la fille.

15:49
Gabriel Attal

On a encore vu sur ce sujet-là hier, je veux dire, là, on parle de protéger nos enfants. Et en plus, on a entendu des choses assez lunaires, parce que dans les discours qui avaient été faits par les Insoumis à la tribune, ils expliquent effectivement qu'il y a un problème de santé mentale chez nos plus jeunes, qu'il y a un problème de harcèlement, qu'il y a probablement un problème d'enfermement dans des algorithmes. Mais quand il s'agit de dire, on prend une mesure pour régler ce problème-là, il n'y avait plus personne. Je dis un mot pour les parents qui nous écoutent ou les jeunes qui nous écoutent. Ils posent beaucoup de questions.

Je reçois un nombre de messages, comme je n'ai jamais reçu, de parents, de jeunes, qui nous posent des questions, comment ça va se mettre en œuvre, etc. On a lancé un site Internet, stoprezo, au pluriel, donc x.fr. Vous vous rendez sur ce site, on a mis toutes les informations. Vous pouvez vous abonner d'ailleurs pour être mis à jour et recevoir régulièrement les informations dans les mois qui viennent, parce que beaucoup de gens se posent des questions. stoprezo, au pluriel, .fr.

16:37
Présentateur

C'est clair. Gérald Darmanin dit, j'y pense et je m'en sens capable. Edouard Philippe est officiellement, clairement, en campagne. Est-ce qu'il y aura une primaire pour vous départager ? Vous allez faire quoi ? Je ne sais pas.

16:47
Gabriel Attal

Moi, d'abord, il y a beaucoup de candidats sans projet. Moi, je veux que notre projet ait un candidat. Je prends les choses dans l'autre sens. C'est le droit de plein de personnalités de dire...

16:56
Présentateur

Mais vous aussi, à un moment, il faut quand même lire les choses. Gérald Darmanin dit tout le temps.

16:59
Gabriel Attal

Je n'ai pas déclaré de candidature.

17:00
Présentateur

Non, mais vous ne pouvez pas dire que vous n'y pensez pas.

17:02
Gabriel Attal

Moi, ce que je dis d'abord, c'est que pour se présenter devant les Français, ce n'est quand même pas une petite chose, président de la République. D'abord, il faut avoir beaucoup réfléchi soi-même. Ça nécessite beaucoup d'humilité, beaucoup de détermination. Ensuite, il faut se présenter avec un projet. Donc, qu'il y ait des candidats sans projet, c'est leur droit. Moi, ce que je veux, c'est d'abord qu'on finalise notre projet avec renaissance. Ça fait un an qu'on est dessus. On a présenté nos mesures en matière de sécurité, de justice, d'immigration, de laïcité. Nos mesures en matière d'économie et de climat. Nos mesures en matière de retraite.

On va continuer dans les semaines qui viennent sur la santé, sur l'éducation. Mais est-ce que ce sera un projet commun ?

17:33
Présentateur

Est-ce que vous allez proposer ce projet que vous êtes en train d'écrire ? Vous dites que c'est notre projet. Pour paraphraser, évidemment, Emmanuel Macron. OK, c'est votre projet. Mais est-ce que ça veut dire que vous allez voir, Gérald, vous allez voir Edouard Philippe, vous allez leur dire « Voilà, on s'est mis d'accord sur un projet. Maintenant, est-ce que tu veux l'incarner ? Est-ce que toi, tu préfères l'incarner ? Est-ce que je l'incarne ? » Comment vous allez faire ?

17:53
Gabriel Attal

D'abord, c'est un projet qui incarne renaissance. C'est un projet sur lequel ont travaillé les adhérents, les élus, des experts qui sont venus nous aider aussi avec renaissance. Les personnalités que vous citez, que ce soit Edouard Philippe ou Gérald Darmanin, ne sont pas membres de renaissance. Donc ça, c'est notre projet. Ensuite, on va le défendre. Ensuite, je vais vous dire, il y aura une campagne. Et dans cette campagne, j'espère que ceux qui défendent les mêmes idées, les mêmes mesures…

18:13
Présentateur

En tout cas, vous ne souhaitez pas de primaire ? Quand vous voyez que la gauche est en train de mettre en place cette primaire, vous vous dites « Ce n'est pas notre… » ?

18:18
Gabriel Attal

Je n'ai jamais exclu cette possibilité-là. Ce que je constate aujourd'hui, c'est que la plupart de ceux qu'on présente comme des candidats principaux sont contre l'idée de la primaire, qu'il y a beaucoup de débats sur le périmètre de cette primaire, etc. Mais vous ? Moi, je vais vous dire ce qui m'importe. C'est un, qu'on puisse défendre un projet pour le pays. Oui, j'ai compris. Et deux, à peine de malherbe…

18:36
Présentateur

Et détermination.

18:37
Gabriel Attal

Et deux, qu'on ne se retrouve pas avec un second tour entre la France insoumise et le Rassemblement national qui serait terrible pour le pays. Et donc, que des personnalités qui défendent, grosso modo, un projet proche, évidemment, ne soient pas toutes candidates à l'élection présidentielle. C'est dans 16 mois. Je pense qu'il y a du chemin d'ici là. Et d'ici là, vous allez tout faire péter ce soir au Palais-Boignard.

18:56
Présentateur

Merci Gabriel Attal d'avoir été mon invité ce matin, ancien Premier ministre et évidemment à la tête du parti. Renaissance, 8h48.

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