Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewC dans l'air· 4 février 2026 11 min

Bataille des municipales : Paris

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Ce sera la bataille capitale, sans mauvais jeu de mots. La succession d'A.Hidalgo aiguise les appétits.

Un combat qui s'annonce serré et qui a déjà commencé. - Paris vaut bien une bataille. Et pour ses municipales, c'est sur les réseaux sociaux...

Que tout se joue. - Et en la matière, tout est permis. - Même s'inspirer de ses concurrents.

En tête dans les sondages avec 30 % d'intentions de vote, E.Grégoire, candidat de l'union des gauches hors LFI, pas toujours reconnu dans la rue... - Qui vous êtes? - E.Grégoire.

Je suis candidat. - Contrairement à celui qui l'accompagne ce jour-là, un certain B.Delanoë. - Oh! - Un candidat qui a un bilan à défendre. - E.Grégoire: Je suis fier de l'action de la gauche à Paris, qui est une action en faveur du logement, des actions de proximité.

Les Parisiens et Parisiennes le savent et le voient. Ils en profitent. - Face à lui, une concurrence féroce, l'actuelle ministre de la Culture, qui prépare sa revanche depuis 6 ans, R.Dati. - R.Dati: Grégoire, c'est Hidalgo en pire!

Applaudissements. C'est la reconduction d'une équipe municipale qui a failli dans tous les domaines. - Elle impose son style tonitruant à coups de vidéos sur les réseaux sociaux. - Mais il y a un problème: elle n'a pas réussi à unir sous son nom la droite pour le 1er tour. - R.Dati: Il y a des candidatures qui seront des candidatures du naufrage.

Si vous prenez le bloc de la droite et du centre, nous sommes majoritaires. Il faut, dès le 1er tour, que les Parisiennes et Parisiens votent utilement pour cette alternance. - En 2e position avec 26 %, R.Dati voit s'évaporer sa réserve de voix pour le 2d tour, car dans les sondages, 3 candidats dépassent le seuil pour se qualifier, à commencer par le candidat Horizons investit par Renaissance. - Nous montons en puissance.

La confiance est de plus en plus forte sur le terrain. Les Parisiens cherchent une solution pour ne pas subir le match de 2 clans du passé, celui des sortants qui sont au pouvoir depuis un quart de siècle et qui ne cherchent qu'à conserver le pouvoir, et de l'autre, une régression en arrière pour Paris. - Mais il y a aussi S.Knafo, candidate Reconquête! qui atteint désormais 10 %. - S.Knafo: Ce que je vais faire dans cette campagne, c'est mobiliser des électeurs qui n'auraient peut-être pas voté, mobiliser des abstentionnistes, des déçus du macronisme, que je vais amener au vote.

C'est mon objectif. - Vous ne répondez pas à la question. Est-ce que vous vous déciderez s'il y a un risque pour R.Dati? - S.Knafo: Jamais je ne ferai perdre la droite. - Sa stratégie: de nombreuses vidéos publiées sur les réseaux. ...

Cri de femme. - En partie créées par IA. Une candidate d'extrême droite qui assume de reprendre les codes du candidat démocrate élu à la mairie de New York. - Z.Mamdani, un exemple aussi pour S.Chikirou, mais politique cette fois. - S.Chikirou: Nous allons faire de Paris la plus grande ville insoumise de France, mais j'ai aussi envie de dire du monde!

Applaudissements. Après New York, après Z.Mamdani! - La candidate de LFI est créditée de 12 % d'intentions de vote. 3 autres candidats sont également en lice.

T.Mariani, soutenu par le RN et UDR, B.Chauvel du NPA et M.Saulnier de Lutte ouvrière. - C.Roux: Est-ce qu'il y a des dynamiques qui se jouent à Paris? - J.Fourquet: Pour l'instant, on rentre juste en campagne.

Ca s'agite sur les réseaux sociaux. Les différents sondages montrent une forte stabilité des blocs, avec néanmoins l'émergence des deux dernières listes qui ont été évoquées dans le reportage, LFI et S.Knafo pour Reconquête!.

Elles tangentent les 10 %. Pour les municipales, il faut faire 10 % des suffrages exprimés pour se maintenir. Le seuil de qualification est assez bas.

Dans cette bataille parisienne, les 2 grandes forces peinent à occuper tout le terrain. Il faut ajouter le candidat du bloc central qui fait aussi des voix. - C.Roux: Dans un scrutin comme celui-ci, comment se projeter dans le résultat de mars prochain?

Il faut surveiller les dynamiques? On a vu ce qui s'est passé en Savoie avec le candidat UDR qui l'a emporté dans un bastion de la droite traditionnelle face au LR. Faut-il surveiller ces dynamiques qu'on voit dans les sondages de J.Fourquet?

Ou est-ce que ce sont autant de cas particuliers qu'il y a d'élections? - J.Jaffré: La dynamique nationale n'est pas évidente pour les raisons qu'on a dites.

Le pouvoir en place ne joue pas le fait de défendre des mairies en grand nombre. Ca crée une multiplicité d'élections locales. Ca ne nous empêche pas de tout surveiller tout de même.

A Paris, d'abord, comme à Lyon et à Marseille, il faut souligner le changement du mode de scrutin. Il y a une personnalisation à outrance. C'est une liste pour tout Paris, tout Lyon, tout Marseille, avec un seul leader.

Ce n'est plus les secteurs ou les arrondissements. Ca faisait que c'était plus compliqué. Pour un électeur de droite dans l'Est parisien ou un électeur de gauche dans l'Ouest parisien, on se disait que son vote ne servait pas à grand-chose pour nous.

Le vote de chaque électeur compte. Comme il y a moins de meetings, moins de mobilisations politiques classiques, c'est vrai que les réseaux sociaux jouent un rôle plus important. Mamdani a permis une progression fulgurante.

Dans l'émiettement de notre vie politique...

Le seuil pour se maintenir avait été décidé il y a longtemps. Maintenant, on peut se retrouver avec 4 ou 5 listes se qualifiant dans certaines villes pour le 2d tour. Le principal ennemi, concurrent, adversaire pour chaque liste, c'est le voisin.

C'est pas du tout le camp d'en face. Pour Grégoire, ce n'est pas R.Dati, son principal problème au 1er tour.

C'est LFI, Chikirou. S.Knafo, son idée principale, c'est d'expliquer qu'elle fait tout pour que Paris passe à droite.

Pour cela, elle veut piquer le maximum de voix à R.Dati au 1er tour. C'est un jeu de voisins dans lequel on pille le voisin si on peut. - C.Roux: Quelles villes allez-vous surveiller?

Paris, OK...

Il y a d'autres villes qui peuvent être des villes-tests? C'est un peu une répétition générale avant la présidentielle? - J.Fourquet: Il y a les grandes villes, Paris, Lyon, Marseille, notamment Marseille, où le RN, aujourd'hui, dans les sondages, devance nettement l'alliance de droite macroniste.

Dans le scénario d'une éventuelle union des droites, il faut regarder ces villes du sud de la France. Il y a également Nice. Il y a un duel au sommet entre C.Estrosi et E.Ciotti, 2 anciens de l'UMP.

Il y a certaines villes écologistes dont vous avez parlé. Il y a le cas de Lyon, mais on ne pourra rien extrapoler au phénomène J.-M.Aulas. - C.Roux: Le phénomène J.-M.Aulas, c'est l'ancien patron de l'OL, qui est donné largement au-dessus dans les sondages. - J.Fourquet: Ses opposants...

On a le maire sortant, G.Doucet. On a également d'autres listes.

Il y a une autre ville à suivre, de taille plus modeste: Roubaix. C'est en périphérie lilloise. On a un candidat insoumis qui veut essayer de montrer que cette stratégie insoumise d'implantation dans les quartiers populaires, notamment dans des villes où la population issue de l'immigration est importante, va porter ses fruits. - C.Roux: Je suis sûre que vous allez souligner une ville en particulier...

Question. C'est un combat à surveiller? - M.Siraud: Evidemment.

L'ancien Premier ministre repart à la conquête de sa mairie, Le Havre. Il a vraiment suspendu quasiment intégralement sa campagne présidentielle pour ces quelques semaines. Ce sera regardé.

Sa dynamique...

Est-ce qu'il est mis en difficulté? Cette fois-ci, il y a la gauche qui est assez forte au Havre, mais il y a aussi la possibilité que le RN soit en triangulaire. Ce sera un sujet à surveiller pour cet entre-deux-tours qui sera plein de suspense, d'alliances, de configurations différentes.

Il y a aussi F.Bayrou, l'ancien Premier ministre, à Pau. On se demande si ce qui s'est passé au niveau national pèsera dans cette élection, à la mairie de Pau.

Des figures nationales qui vont jouer un rôle pour la présidentielle...

On ne peut pas calquer le résultat des municipales sur la présidentielle. Sinon, Les Ecologistes auraient fait un bon score, A.Hidalgo aussi.

Mais ça va dessiner un paysage politique. Ce qui est nouveau dans cette élection, c'est si cette dynamique forte du RN va se traduire par un nombre conséquent d'élus locaux, de maires élus, notamment dans des villes importantes. On pense à Toulon.

Est-ce que LFI, à l'inverse, qui veut jouer un rôle pour dégager le paysage de la gauche, quitte à faire perdre des maires sortants socialistes...

Vont-ils réussir? J.-L.Mélenchon va forcément s'en servir. - C.Roux: LFI a investi des candidats dans toutes les villes de plus de 100 000 habitants et 85 % des villes de plus de 30 000 habitants.

C'est une offensive de leur part. Et du côté du RN, énormément de candidats avec la volonté d'avoir une implantation locale. Ca peut compter dans l'implantation locale, les sénatoriales?