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Podcast / conversationLe Média (sur YouTube)· 7 septembre 2025 20 minAutoproduitPortrait personnelInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesSolidarités & familleJustice

BAYROU : LE PREMIER MINISTRE EN QUI PERSONNE N’A CRU

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

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Bonjour et bienvenue dans C'était pas avant, une nouvelle émission dans laquelle on va revenir sur des événements et des personnalités marquants de l'histoire politique de la France et du monde. Et pour ce premier épisode, on s'est dit que c'était important de revenir sur François Baou. Après tout, il ne reste que quelques jours avant qu'il retombe définitivement dans l'anonymat.

Du coup, et ben François Bairou, mais là, vous pourriez vous demander quel est l'intérêt de parler de François Bairou ? Est-ce qu'il y a vraiment des choses à dire sur lui ? Et ben, étonnamment, il y a beaucoup de choses à en dire. [Musique] Vous l'aurez peut-être remarqué, mais ces derniers mois, on n peut-être jamais autant entendu parler de François Bairou.

Ça a été particulièrement vrai ces derniers jours où le B harnet a été absolument partout pour essayer de sauver sa peau de premier ministre et son budget ultra austéritaire. Comme c'est souvent ce que la personne a fait en dernier dont on se souvient, on retiendra surtout de lui son implication dans un scandale de violence physique et sexuel sur mineur, l'affaire Betaram, mais aussi son obsession pour la dette et l'austérité budgétaire, sans oublier ses nombreuses gaffes et autres stupidités comme les allers-retours en jet privé entre Paris et PA. Mais François Bairou ne se résume pas à ça.

C'est un vieux routier de la politique et c'est marrant parce que Bairou, bah c'est le politicien que tout le monde connaît un peu depuis des décennies. Pour beaucoup d'entre nous, on en entend même parler depuis qu'on est gosse. Mais dans le même temps, rarement au premier plan.

C'est plus un running gag, genre il est toujours plus ou moins là jusqu'ici. Il faisait rien d'assez dingue pour nous énerver mais rien de très intéressant non plus. Et en même temps, il est assez iconique pour que tout le monde sache qui c'est.

C'est c'est un peu paradoxal. Bon, si vous demandez à quelqu'un de vous définir l'idéologie politique de François Bairou, il y a des chances qu'il vous répondent. Probablement quelque chose comme ça.

Mais si on veut quand même essayer de comprendre, il y a deux choses qui viennent à l'esprit. Déjà le centre Bairou, il est au centre. On n'est pas à gauche, on n'est pas à droite non plus, mais aussi la démocratie chrétienne et les deux sont intimement liés puisque dans les deux cas, il y a l'idée de proposer une forme de trisème voie entre la gauche et la droite traditionnelle.

La démocratie chrétienne déjà, c'est un terme qui daterait de la Révolution française et qui avait commencé à esséer au 19e siècle, mais dont on place souvent le début en 1891 avec l'encyclique Rum Novarum du pape Léon X. Alors que la classe ouvrière s'est développée au 19e siècle et que face à ces conditions de vie, les idées du socialisme émergent de plus en plus, l'Église prend position pour les ouvriers appelant à ce que l'État se consacre à leur bien-être et à leur droits et les encourageant à s'engager dans des syndicats mais en dénonçant tout de même la proposition socialiste et la suppression de la propriété privée. Une encyclique qui cherche en gros à réduire les inégalités de classe tout en s'assurant que le modèle social traditionnel chrétien ne soit pas remis en cause.

Malgré tout, la démocratie chrétienne au début du 20e siècle, c'est un courant d'idées assez vaste couvrant tout le spectre politique de l'extrême gauche à l'extrême droite. Les démocrates chrétiens de gauche ont participé au Front populaire en 1936 par exemple. Ce spectre d'idées se réduit toutefois à mesure que les militants démocrates chrétiens se fondent peu à peu dans d'autres parties et idéologies de leur époque et le concept survit par la suite dans des parties modérées assez proches de la vision initiale de Léon X.

C'est après la Seconde Guerre mondiale que la démocratie chrétienne prend de l'ampleur, notamment parce que comme la droite catholique traditionnelle conservatrice et réactionnaire avait été discrédité par sa collaboration à Vichi, le Parti démocrate chrétien mouvement républicain populaire fondé par des résistants occupe en partie ce vide. Ce parti politique emblématique de la 4e République définit pas mal l'idée qu'on se fait de la démocratie chrétienne. Une idéologie qui soutient la République et le régime parlementaire à la volonté d'améliorer le sort des plus précaires mais se distingue de la gauche par un certain conservatisme social et se considère comme étant au centre de l'échiqué politique.

On est pile pile pile pile pile pile au milieu. Et ça c'est une excellente transition pour parler de ce fameux centre. La notion même de centre est quelque chose d'assez ambigu parce que ça désigne rarement une idéologie en tant que telle.

C'est plutôt l'un des termes qui désigne l'idée de se placer entre les idéologies dominantes à droite et à gauche. En l'occurrence dans le contexte actuel du 21e siècle, une ligne médiane entre la social-démocratie de gauche et le néolibéralisme de droite. Sur les dernières décennies, les partis et gouvernements centristes ont soutenu un certain progressisme sur le plan social et sociétal.

Genre l'avortement qui a été voté à l'Assemblée nationale par une alliance entre les centristes et la gauche, mais un certain conservatisme socioéconomique sans remise en cause particulière de la propriété privée, du capitalisme et de l'économie de marché. Maintenant, vous l'aurez remarqué, mais il y a assez peu de parties politiques qui s'identifient réellement au centre. Le modem de François Bairou, c'est justement l'exception la plus connue, mais la plupart du temps, on parle plutôt de partie de centre gauche et de centre droit.

Et en vrai, les partis qui se disent centristes sont en réalité des parties de centre-Droit qui se sont quasiment toujours allié aux partis de droite comme le rassemblement pour la République dans les années 70 à 90 ancêtre des républicains d'aujourd'hui. Si vous voulez approfondir le sujet, d'ailleurs, je ne sauraai que trop vous recommander la vidéo au centre de la droite du youtubeur Titi Mitle qui l'a très bien couvert. Et maintenant qu'on a assez bien établi l'idéologie dont se réclame Bairou, on va pouvoir le placer sur la carte.

Pour se poser la question de la pensée du parcours d'un politicien, s'interroger sur son milieu social, c'est super important. François Bairou, c'est un enfant d'agriculteur du Béarne à la base. Alors dit comme ça, on pourrait s'imaginer qu'il vient d'un milieu populaire, mais en vrai pas trop vu que son papa a été maire du village où il a grandi.

Ça n'indique pas une grande richesse pour autant mais par contre on peut se dire que la famille Bairou c'est des petits notables locaux béarnés et accessoirement qu'ils sont câau. Très câau. Je veux dire François Bairou est catholique pratiquant.

Sa conjointe Elizabeth Perlan était prof de lettre et de catéchisme dans un établissement d'enseignement privé catholique où ICBARAM et accessoirement ils ont eu six enfants. Donc voilà, bien câau quoi. Ah et au passage une partie de ces informations viennent d'un article du point où on apprend notamment information cruciale attention que François Bairou aime les péné à l'arrabiata, ce qui lui fait au moins un point commun avec mon papa.

C'est donc issu d'un milieu social chrétien, notable sans être spécialement riche mais assez politisé tout de même que François Bairou fait ses débuts en politique en s'engageant auprès de Jean Lec Canuet à l'époque leader de ce qu'on appelle le centrisme d'opposition. En d'autres termes, la partie des politiciens centristes qui n'étaient pas alliés à la droite gauliste alors au pouvoir. Pendant les années 70 et 80, Bairou est un cadre politique assez classique, hein, présent dans le cabinet ministériel de truc, conseiller politique de machin dans telle ou telle assemblée.

Son ascension se poursuit au législatif de 1986, les seuls de l'histoire de la 5e République à s'être déroulé à la proportionnelle où Bairou est élu député. C'est pas anodin parce qu'on parle souvent d'un François Bairou qui défendrait la proportionnelle notamment parce qu'il a été élu à la proportionnelle. Surtout que bon 8 ans personnage influent puis carrément premier ministre d'un président qui s'était plutôt prononcé favorablement à la proportionnelle et elle est toujours pas là donc bon voilà quoi.

D'autant plus qu'il fait à l'époque partie de ceux qui soutiennent l'union de la droite et du centre dans un seul grand mouvement ce qui n'est pas une constante chez lui. Mais ça on va y revenir. Et c'est en 1993 que François Bairou va prendre une envergure nationale et que la plupart des gens vont le découvrir quand il devient ministre de l'éducation nationale.

En tant que ministre de l'éducation nationale, c'est à lui qu'on doit notamment les bacs S, L et qui parleront probablement aux jeunes vieux. Et oui, votre bacass sph physique obtenu au rattrapage, c'est à Bairou que vous le devez. Ce qui veut aussi dire que c'est à François Bairou que vous devez cette chanson.

Je vais prouver pourquoi meilleurs sont les direct une anastrophe pour t'en mettre plein les prunelles. Pendant que tu étudiais les games mâ et femelle, moi je découvrais les relations mâles et femelle. Moi je suis que la messagère hein, vous prenez ça comme vous voulez.

Mais le marqueur principal de son ministère, c'est surtout qu'il a largement soutenu l'enseignement privé catholique. Non seulement parce que c'est à cette époque là que commence la fameuse affaire Betaram où Baou s'est illustré par son soutien à l'établissement où ses propres enfants étaient scolarisé dont une fille Hélène Perl qui a témoigné des années plus tard avoir été elle-même victime de violence dans l'établissement mais aussi parce qu'il a tenté de réformer l'éducation nationale pour largement faciliter le financement des établissements privés provoquant un important mouvement de contestation populaire avant de se faire finalement mettre un stop par le Conseil constitutionnel puis arrive la dissolution de l'Assemblée nationale. François Bairou retourne dans l'opposition et il s'agit de sa dernière participation à un gouvernement pendant 20 ans.

Mais paradoxalement, c'est pendant cette période que François Bairou va connaître une certaine apogée politique. Bon, est-ce que vous vous rappelez du début de la vidéo quand j'ai parlé du principal démocrate chrétien poste 1945, le mouvement républicain populaire ? Comme vous le savez, ce nom de partie, il existe plus aujourd'hui parce que comme souvent avec ce genre de mouvement, il a changé de nom à plusieurs reprises, fusionné avec d'autres.

Mais bon, en gros, aujourd'hui, bah c'est le modèle. Mais à la fin des années 90, le descendant de ce parti s'appelle Force démocrate et il est l'une des composante d'un parti centrist, l'UDF ou Union pour la démocratie française. En gros, l'UDF plus qu'un parti, c'est une coalition de parti centriste qui a été créée pour soutenir le mandat présidentiel de Valérie Giscard Destin.

Des partis souvent trop petits pour peser tout seul, mais qui en étant réunis dans une structure commune était bien plus puissant. François Bairou qui dirige force démocrate incarne l'aile démocrate chrétienne de l'UDF. Il finit par en prendre la tête en s'opposant à l'ancien étudiant néofasciste devenu leader centristin Madelin et la transforme petit à petit en un vrai parti politique avec une carte de membres unifiée pour tout le monde.

L'élément décisif dans la prise de contrôle de l'UDF parou, c'est son intransigence face au Front National, vu qu'à l'époque se posait déjà la question pour la droite et le centre de coopérer avec les fachaots de Jean-Marie Le Pen au niveau des collectivités, ce que Bairou a catégoriquement refusé de soutenir parce qu'à l'époque visiblement il avait une boussole. Et celui qui dans les années 80 était partisan d'un grand parti de droite et du centre unifié devient paradoxalement l'artisan d'une stratégie d'autonomisation de l'UDF par rapport à la droite gauliste. En effet, en 2002, Bairou choisit de présenter sa candidature à l'élection présidentielle où il termine avec un peu plus de 6 % des voix.

Clairement, les débuts sont difficiles. Les cadres de l'UDF favorables à une fusion avec la droite dans ce qui devient l'UMP de Jacques Chirac soutiennent justement la candidature de Chirak à cette présidentielle et la plupart d'entre eux se barrent de l'UDF malgré le fait que Bairou est le soutien de la base militante du parti. Et puis ce départ massif de cadre le sert finalement parce que ça accélère la transformation de l'UDF qui de grands rassemblement de toutes les tendances centristes devient progressivement le parti à Bairou sa chose à lui.

Oui. Oui. Le gentil démocrate sympa qui pourfend les autoritaires comme Mélenchon et défend le pluralisme n'a jamais lâché les reenes de son parti depuis plus de 30 ans.

Mais malgré tout, ce recentrement porte ses fruits. Quelques années plus tard, lors de l'élection présidentielle de 2007, François Baou se présente et il profite à la fois de la droitisation de l'UMP mené par Nicolas Sarkozy qui va tellement loin à droite qu'il pique des voix à Le Pen et aussi dans une certaine mesure de la campagne assez droitière par rapport à son parti que mène Segolen Royal la candidate du PS. En comparaison, Bairou avec son profil de démocrate libéral raisonnable et sympa engrange beaucoup de soutien et termine 3e avec 19 % des voix.

Alors oui, il finit assez loin de SarkoZi et Royal, mais il fait aussi bien que Shirak en 2002 et 1995. Un renouveau pour lui et l'UDF dont il entend profiter. Fort de ce succès relatif donc il transforme l'UDF en mouvement démocrate ou modemne pour marquer une modernisation du parti.

Mais cet engouement ne dure pas longtemps du tout et Bairou se brise les dents sur la bipartisation de la vie politique française qui est à son apogé dans les années 2000 au détriment des centristes. Une bonne partie des notables locaux de l'UDF s'étant barré au cours des dernières années, le parti se retrouve privé d'une grande partie de son ancrage local s'il reste bien implanté dans le béarne avec Bairou qui est maire de peau, mais aussi Jean Lassal, maire de Lourdus cher. Et le modem n'obtient que quelques députés en 2007 et 2012 condamnés à jouer ce rôle de second couteau de la vie politique qui lui colle à la peau.

Voyant que l'aile droite du Parti socialiste est sur la même ligne que lui, voire même plus à droite par moment, il tente de jouer le rapprochement avec le centre gauche, notamment en soutenant François Hollande contre SarkoZi au second tour de l'élection présidentielle de 2012, mais il se voit opposer une fin de non recevoir et disparaît des radars politiques pendant plusieurs années. On arrive en 2017 et François Bairou compte bien se présenter à l'élection présidentielle. Il faut dire qu'un parti comme le Modem qui a des ambitions nationales, il a besoin de flous pour continuer à exister et pour ça faut des élus.

Faut bien entretenir la machine à cash. Mais une meilleure opportunité se présente quand Emmanuel Macron, ancien ministre de l'économie de François Hollande, qui représente assez bien la partie de la gauche, vous avez pas vu mais j'ai mis les guillemets, prête à une ouverture vers le centre et la droite libérale, présente une candidature autonome à l'élection. Bairou qui était au départ très critique de Macron qu'il voyait comme un rival finit par lui proposer une alliance en voyant que c'est un combat qu'il ne peut pas gagner.

Macron était certes haut dans les sondages mais pas garanti de second tour et c'est le ralliment de Bairou ainsi que l'affaire Pénélope Fillon qui éclate à ce moment-là qui lui donne l'élan nécessaire pour être élu. Sans cet accord, il y a fort à parier que les voix de Bairou auraient privé Macron de second tour contre Marine Le Pen. On doit donc en grande partie l'élection de Macron à François Bairou.

Wouou ! Bon, malgré tout, on parle bien d'une alliance stratégique et pas de personne qui s'aime. Déjà, Macron, c'est pas un démocrate chrétien, même s'il a des affinité, c'est plus un tenant de l'aile libérale et il ne s'est d'ailleurs jamais présenté comme centriste, mais comme ni de droite ni de gauche.

Et on peut se dire que ça fait pas de grosse différence, mais en vrai si. Les centristes se considèrent comme entre la gauche et la droite. Il ne ni pas l'existence du clivage gauche- droite.

Alors que Macron, en jouant le ni droite ni gauche se plaçait au-dessus des clivages et ambitionnait de les faire disparaître. Et ça c'est un positionnement beaucoup plus proche des bonapartistes et de l'extrême droite même si Macron ne s'en revendiquait pas et qu'en vrai il était loin d'être le seul à jouer le ni à l'époque. Bref, tout ça pour dire que c'était plus une alliance de circonstan qu'une adhésion de cœur.

Et Macron prouve après la présidentielle qu'il est digne de confiance puisquealors que l'accord entre le Modem et Enche était censé prévoir que le parti de Bairrou obtiendrait 120 candidatures aux élections législatives, le parti n'en obtient finalement que 35. Et après que Bairou est allé gueuler dans les médias, il finit par en obtenir 80, donc moins que prévu, mais suffisamment pour avoir des financements publics et réussir à reformer un groupe parlementaire pour le modèem. Bairou n'a toutefois pas donné à Macron un chèque en blanc.

Il a eu le mérite de conditionner son ralliment au dépôt d'une loi de moralisation de la vie politique. Lui qui s'était surtout distingué de Nicolas Sarkozy en critiquant son exubérance et ses affaires judiciaires. C'est à Bairou et au Modè qu'on doit donc la loi sur la moralisation et la transparence de la vie politique dont pas mal de dispositions sont utilisées aujourd'hui. l'obligation pour les candidats à l'élection présidentielle de déclarer leur patrimoine et leurs intérêts ou encore l'interdiction des conflits d'intérêt et l'interdiction pour un parlementaire d'employer les membres de sa famille.

Une loi phare du premier mandat de Macron mais qui n'a malheureusement pas empêché la multiplication des affaires de conflit d'intérêt au sein même du camp présidentiel. Et puis ironie du sort, François Bairou, nommé ministre de la justice en 2017 est débarqué du gouvernement au bout d'un mois lorsqu'il est mis en cause dans une affaire d'emploi fictif au Parlement européen. Ce qui est d'ailleurs à l'origine de la blague.

Macron a débranché le modèeme. Macron. Le modem, je Ouais, bon, ça parlera peut-être pas à tout le monde.

Suite à cela, le rôle du modem dans le premier quinquena de Macron devient assez mineur. Même si le parti a un groupe parlementaire, il ne pèse pas lourd face à celui de la République en marche qui détient une majorité absolue tout seul pendant la plus grande partie de la législature. Le parti reprend de l'importance lors du second mandat de Macron du fait de la majorité seulement relative dont il dispose pour gouverner.

Et l'influence de Bairou sur Macron semble assez limitée au bout du compte. À noter toutefois que grâce à sa semi-autonomie, le modem est probablement le parti qui a le moins souffert des défaites électorales de sa coalition et son parti a assez peu perdu de députés depuis 2017 et ça nous amène à décembre 2024. Alors qu'on est toujours en pleine crise politique, du fait du non respect par Macron du résultat des élections législatives, Bairou réussit à lui tordre le bras pour se faire nommer premier ministre.

Une consécration pour quelqu'un qui a passé sa vie à manœuvrer et intriguer pour arriver jusqu'au plus haut sommet de l'État. Consécration qui se transformera rapidement en débacle total. Bairou n'a pas réussi grand-chose à part un budget et par contre il a réussi l'exploit de devenir le premier ministre le plus impopulaire de l'histoire de la 5e République.

Ce qui n'est pas mince he quand on sait que Manuel Vals existe. Alors d'un côté on pourrait se dire que c'était difficile de faire autrement. Bairou s'est retrouvé obligé de composer avec un gouvernement allant de démocrates chrétiens de centre-Droit jusqu'à des réactionnaires d'extrême droite.

D'autant plus qu'une bonne partie de ses ministres le détestaient et n'avait aucune raison d'être discipliné. Mais c'est aussi la stratégie et l'absence totale de vision qui ont caractérisé son passage à Matignon. Bairou a contredit ses propres engagements et s'est surtout contenté d'en faire le moins possible en priant pour durer jusqu'à 2027 et ne surtout pas cliver. ce qu'il a quand même largement réussi à faire avec l'explosion de l'affaire Betaram et ses déclarations sur le sentiment de submersion migratoire.

Et finalement, c'est un peu tous les reproches qu'on avait toujours fait à François Bairrou qui se sont concrétisés avec son passage à Matignon, l'attentisme, l'absence de boussole politique et le fait de jamais rien vouloir trancher. Il y avait pourtant bien un élément, une mesure qu'aurait pu être le marqueur de son passage, le retour à la proportionnelle. C'était une revendication de longue date du modèle.

La majorité des députés étaient d'accord, mais il a préféré s'en servir comme d'une carotte pour amadouer le Rassemblement national le plus longtemps possible, privant ainsi son mandat d'un bilan et sortant de la scène politique par la petite porte. Parce que oui, est-ce qu'on peut parler de la fin de Bairou ? Après tout, c'est un vieux briscar de la politique qui est là depuis des années et qui a jamais rien lâché.

Bah probablement qu'ou quand même son parti, le modè est toujours très faible. Pour vous donner un ordre d'idée, il a encore moins d'adhérents que les écologistes et il disparaîtra probablement à la seconde où les macronistes le soutiendront plus. En fait, il y a fort à parier que son héritage soit le même que celui du Parti radical, un petit groupe modéré qui recycle éternellement ses élus en s'attachant à des groupes plus gros.

Mais ces rêves d'élection présidentielle risque fort de partir en poussière et vu ce à quoi on a assisté, c'est peut-être pas plus mal. Merci d'avoir regardé ce premier épisode. Si vous l'avez apprécié, n'hésitez pas à vous abonner à la chaîne du média, mais aussi à soutenir Repost, la campagne de financement en cours qui vise à aider le média à rester la première chaîne d'info indépendante en France. et à rejoindre la TNT francilienne.

Plus d'infos sur campagne.fr. À la prochaine. [Musique]