Christophe Béchu : "Critiquer les propos du président de la République est un exercice assez classique"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin dans le grand entretien le ministre de la Transition écologique et de la cohésion des territoires. Vos questions sont attendues au 01 45 24 7000 et sur l'application de France Inter. Christophe Béchut, bonjour. Bonjour. Et bienvenue à ce micro au lendemain de la conférence de presse du président de la République. Au cours de laquelle il a exposé les grands axes des trois prochaines années de son second quinquennat, le président s'est invité pendant 2h20 chez les Français en prime time à la télévision, à la radio aussi. Dites-nous, selon vous, quel était le message ? Quel cap a-t-il fixé ?
D'abord celui de montrer qu'un tournant du quinquennat, qui est à la fois dans une continuité de ce qu'il a initié depuis 2017, mais qui est marqué par la nomination de Gabriel Attal, d'un gouvernement resserré, d'un gouvernement jeune, il n'a à la fois rien perdu de sa volonté de continuer à réformer le pays, et il a fixé une liste de nouveaux défis et de nouveaux caps qui viennent compléter ceux sur lesquels il s'est fait élire et réélire par les Français en 2017 et en 2022.
Et cet exercice utile, précieux, en début d'année, quelques jours avant la déclaration de politique générale de Gabriel Attal, qui va avoir l'occasion de détailler un calendrier de réformes, avec des temporalités, avec des précisions sur un certain nombre de sujets, il fixe, il pose le cadre, et en ce début d'année, c'est particulièrement précieux, pas seulement pour le gouvernement, mais plus largement pour expliquer au pays les grands thèmes et les grands sujets sur lesquels on va travailler cette année.
Alors justement, les grands thèmes et les grands sujets, principalement et avant tout, il y a l'école. Emmanuel Macron a évoqué une France plus juste et plus forte, il a surtout, au fond, dans son propos liminaire, notamment, parlé d'école, parler des jeunes, parler des enfants, des écrans, en mettant l'uniforme, la marseillaise, la régulation des écrans, au cœur de ces propositions. C'était ça la réponse, l'uniforme, la marseillaise, la régulation des écrans. C'est sa réponse aux besoins d'ordre et d'autorité de la France. C'est ça le grand cap ?
C'est un des caps. Ce que je veux dire, c'est qu'on a bien vu, y compris il y a quelques mois, avec les émeutes, avec les critiques qui ont pu arriver au moment du dernier classement PISA, avec ce qu'on constate, qu'il y a un besoin de soutenir notre école, de faire en sorte aussi de remettre un cadre qui soit un cadre d'autorité.
Alors j'entends ceux qui vont critiquer telle ou telle mesure, mais à un moment, entendre un président de la République qui se penche sur un sujet qui, dans beaucoup de familles, inquiète, qui est celui de la place des écrans dans la vie des enfants, c'est plutôt quelque chose qui me réjouit, parce que ça montre une connexion avec le terrain et une capacité à s'interroger, tous azimuts, sur ce qui peut relever d'un besoin de cadre et d'autorité, sur ce qui peut relever parfois du symbole, et je dirais aussi des moments républicains dans lesquels on fait nation, quand on voit à quel point il y a des choses qui sont susceptibles de se déliter, et en même temps de regarder en face ce que sont des nouveaux défis,
pour les familles et pour l'école. Sophie Vénétité, la secrétaire générale du syndicat SNES-FSU, sur l'école, a trouvé ce discours assez affligeant. Il est consternant de voir ce président qui disserte sur l'école du passé, alors qu'on est quasiment dans une situation d'effondrement de l'école publique, dit-elle. Que lui répondez-vous ?
Je réponds que l'exercice qui consiste à critiquer les propos du président de la République est assez classique au lendemain d'une intervention. Je réponds que le fait d'avoir des organisations syndicales qui, par principe, considèrent même parfois que les politiques ne devraient pas se mêler de ce qui concerne de l'école, est là aussi une figure rhétorique assez classique. Mais sur le fond, reprocher au président de la République qui a lancé le dédoublement des classes, en particulier de CP et de moyenne section dans les quartiers prioritaires. Reprocher à un président de la République qui a remis des moyens budgétaires dans les écoles.
Reprocher à un président de la République qui vient d'annoncer des milliards d'euros qui vont être consacrés à ce qu'on puisse rénover thermiquement les 40 000 écoles de ce pays. De ne pas se préoccuper d'école, ça relève sincèrement d'une pure figure de style.
Et sur ce slogan qui a beaucoup fait parler depuis hier, qu'il a utilisé, qu'il a revendiqué Emmanuel Macron pour que la France reste la France, slogan qui a déjà été utilisé par LR, par Éric Ciotti, même par Éric Zemmour, vous avez compris ce que ça veut dire pour que la France reste la France ? Quel est le message ? Qu'elle n'est plus la France ?
Je ne crois pas du tout ça. J'ai été extrêmement surpris, si vous voulez, qu'on aille chercher la paternité sémantique d'une phrase de cinq mots. C'est comme si on considérait qu'on ne peut par exemple plus utiliser Merci pour ce moment au motif que ça a été le titre d'un ouvrage célèbre et qu'on a en quelque sorte des droits d'auteur à verser à celle qui l'aurait dit pour la première fois.
Politique, les mots qui sont chargés.
Oui, mais ce que je dois dire, c'est qu'il faut quand même qu'on fasse attention à ne pas aller charger, y compris, des phrases qui ont le mérite de la simplicité, en leur prétend des sous-entendus qu'elles n'ont pas. Pour que la France reste la France,
oubliez les comparaisons avec les autres. Pour que la France reste la France, ça voudrait dire qu'elle ne l'est plus ?
Je vous réponds. Il ne vous aura pas échappé qu'on est dans des désordres géopolitiques, avec le retour de la guerre en Europe qui semblait désimpensé, avec la pression du terrorisme, avec un sentiment à la fois global que le monde occidental, aujourd'hui, est en perte de vitesse, avec des interrogations sur la place, y compris parfois, sur l'actualité des valeurs qui peuvent être défendues, y compris de la démocratie, qui s'invite ensuite, chez nous, sur les traditions, sur ce que sont nos identités, nos valeurs.
Et donc, que le président de la République prenne le sujet à bras-le-corps en disant, il faut à la fois qu'on avance dans la modernité, et en même temps qu'on soit capable de s'appuyer sur le génie de ce qui a fait ce pays, non seulement ça ne me choque pas, et je trouve que cette phrase, elle le résume bien.
Christophe Véchut, venons-en à votre portefeuille. Alors, vous n'étiez pas parmi les ministres présents hier, d'ailleurs, ça a été relevé par une question de journaliste, et pour cause, vous étiez à la cellule de crise sur la neige, le verglas et les intempéries, on va en parler dans un instant, et ensuite, vous étiez au Sénat parce qu'il y avait un débat sur la transition écologique, si j'ai bien compris. Donc ça, c'est pour ceux à qui votre présence a manqué. Emmanuel Macron l'avait promis pendant sa campagne il y a deux ans, ce quinquennat sera écologique ou ne sera pas.
Il a dit ça, et il a ensuite, deux ans après, hier soir, fixé son grand cap pour le quinquennat, pour les trois ans qui restent. L'écologie, il n'en a pas parlé, il a fallu attendre 45 minutes. Cette conférence de presse devait fixer le cap, le cap n'est plus l'écologie ?
Il a attendu trois quarts d'heure pour avoir la première question sur le sujet. Il ne vous a quand même pas échappé que c'était une conférence de presse et il a répondu aux questions dans son propos liminaire. Je vais vous répondre. Dans son propos liminaire, il a été à ma connaissance le premier président de la République dans ce pays à évoquer un sujet de transition écologique qui était jusqu'à maintenant le parent pauvre à la fois de la réflexion et des politiques publiques, la question de l'adaptation.
L'adaptation au dérèglement climatique qui est un chantier que nous avons lancé il y a tout juste un an et sur lequel j'aurai l'occasion dans les tout prochains jours de faire à la fois un point et qui va venir marquer la totalité de ce semestre et comment par rapport à un dérèglement climatique qui est réel et dont nous constatons les effets la sécheresse de 2022, les inondations qu'on est en train de vivre, ce qui s'est passé à la Vésubie, le cyclone, comment on adapte notre pays, comment on les protège ? Non seulement le président a tenu un propos liminaire là-dessus mais il l'a ensuite décliné au moment où il a eu cette question. Et je veux dire la chose suivante.
Le cap sur l'écologie il a été fixé quand en septembre 2023 le président a présenté la planification écologique. C'est à la fois la première fois que notre pays se dote et nous sommes le premier pays de toute l'Europe à annoncer une planification écologique à la mettre en oeuvre. On n'a jamais autant fait en termes de budget, on n'a jamais autant fait en termes de baisse d'émission et on s'apprête maintenant à décliner toute la partie biodiversité pour laquelle une stratégie nationale a été présentée juste avant nous.
Mais vous dites vous-même que le président de la République vient en prime time pendant deux heures et demie venir expliquer et parler aux Français en ce début d'année et leur dire voilà mon cap pour les trois ans ça va être ça, ça, ça il fait un propos liminaire de 30 minutes que l'écologie n'y soit pas. Qu'est-ce que ça veut dire en fait ? On essaie de comprendre l'exégèse.
Il a dit sur l'écologie le temps n'est plus aux annonces il est à la mise en oeuvre. Depuis le début du mois d'octobre le Tour de France de l'écologie dans lequel je suis qui consiste à aller région par région au contact des élus locaux pour faire en sorte que dans toutes les communes de ce pays s'invitent ces questions écologiques pour qu'on puisse préciser un cap maintenant avec les collectivités locales. Le travail il a été fait sur le plan de l'État il faut maintenant que ce soit un sujet qui soit approprié par les collectivités territoriales et par nos concitoyens.
Christophe Béchut, le président de la République a déclaré qu'il fallait supprimer les normes réduire les délais il faut la France du bon sens contre la France des tracas visait-il les normes environnementales ? Et si oui, lesquelles ?
Il vise par définition toutes les normes on a parfois été trop loin au nom du principe de précaution et je vais vous donner un exemple très concret qui est d'actualité et qui concerne le Pas-de-Calais. On a aujourd'hui des restrictions en matière des curages des cours d'eau pour des raisons qui sont des raisons écologiques de continuité, de faire attention sur les sédiments, etc. Mais on s'aperçoit qu'en allant très très loin en imposant aujourd'hui jusqu'à 9 mois d'études avant de pouvoir commencer des travaux de curage on se complique la vie pour protéger les populations quand on a des inondations. Il ne s'agit pas de dire on ne fait plus rien il s'agit de passer de 9 mois à 6 semaines.
C'est une manière de tenir compte d'une réalité parce qu'on a besoin de s'adapter précisément à des dangers nouveaux.
Puisque vous parlez des habitants du Pas-de-Calais c'est vrai qu'ils vivent une situation très très difficile depuis des semaines et des semaines vous leur dites quoi ce matin ? Quand est-ce que vous allez commencer véritablement à pomper l'eau ? Et quand est-ce qu'il n'y aura plus d'eau ? Et est-ce que vous leur dites parce que vous l'avez laissé entendre il va falloir partir il va falloir quitter vos habitations ?
Alors je leur dis trois choses je leur dis lundi les travaux ont commencé c'est sur l'eau druide par VNF des travaux de curage c'est sur là le fait d'enlever les embâcles et à l'occasion de la visite de Gabriel Attal la semaine dernière pour son tout premier déplacement aux côtés à la fois des habitants du Pas-de-Calais et de l'ensemble des élus c'est tout un plan qu'on est en train de décliner avec un volet urgence qui va continuer à être précisé et un comité de suivi hebdomadaire que j'aurai l'occasion d'animer très bientôt.
Deux, nous lançons ce qu'on appelle un plan de résilience oubliant les mots ça veut dire deux choses un, on ne peut pas continuer comme ça sur le plan de qui fait quoi aujourd'hui une des raisons pour lesquelles les choses sont compliquées c'est qu'on a des clés des sages les watringues des EPCI et derrière tous ces sigles il y a des gens qui sur un bout du territoire ont un bout de responsabilité sauf que vous ne pouvez pas en particulier en matière d'évacuation des eaux ne pas avoir un chef et un patron et il faut qu'on mette en place un établissement public de bassins qui permette de mettre tout le monde sous une seule bannière Deux, le premier job de cet établissement ça va être de dire comment est-ce qu'on actualise la carte des zones qui sont les zones inondables et donc quels sont les secteurs où nous considérons désormais qu'il ne serait plus raisonnable de délivrer des autorisations et des permis de construire voire d'aller plus loin en assumant le fait que il y a des secteurs où on pourra racheter les maisons de ceux qui sont dans des cuvettes qui risquent d'être inondées à nouveau en les indemnisant et donc en leur permettant de refaire leur vie ailleurs je vous signale que c'est ce qui s'est passé en Vendée après Xintia c'est ce qui s'est passé dans d'autres endroits de France c'est le travail que nous lançons en termes de cartographie avec les élus
On va passer Christophe Béchut au standard inter nous attend Marc bonjour Marc bienvenue
Oui bonjour et bonne année Merci d'avoir pris ma question bonjour monsieur bonjour monsieur bonjour madame
bonjour
bonjour monsieur ma question est la suivante voilà il y a en novembre vous aviez fait un petit test sur France Inter pour savoir ce que nous pesions en termes de CO2 le français moyen pèse 9 tonnes j'ai fait le test je pèse 4,9
bravo bravo c'est très rare
c'est rare la question est la suivante est-ce que compte tenu de ce chiffre je pourrais le cas échéant bénéficier d'une réduction d'impôt et inversement ceux qui sont en dessus de 9 avoir donc un impôt supplémentaire en gros peut-on établir une sorte de carte de crédit carbone par exemple
merci Marc pour cette question précise et intéressante Christophe Béchut vous répond
j'adore l'idée parce que je pense que effectivement il y a deux choses qui sont intéressantes dans la question de Marc d'abord le fait d'expliquer que l'écologie ce ne sont pas que des taxes ça peut être aussi des bonus et donc une manière de se retrouver avec des avantages en fonction de son comportement et qu'ensuite nous devons faire évoluer notre fiscalité le chantier de la transition fiscale il est absolument incontournable si on veut réaliser la transition écologique et que sans doute que c'est autour de cette notion de carbone qu'il faudra qu'on soit capable d'avancer c'est une raison pour lesquelles on a augmenté de 70% par exemple le prix du kérosène à l'occasion du dernier budget c'est pour précisément tenir compte de ce qui relâche le plus d'émissions doit faire l'objet de la taxation la plus forte
retour au standard Elisa bonjour
oui bonjour monsieur le ministre c'est dommage d'abandonner en grande partie l'investissement du renouvelable qui est rapidement disponible et moins cher au profit du nucléaire sachant que les 6 à 14 PR 2.0 coûterait 9 milliards chacun c'est des prototypes qu'on n'a jamais testé on ne sait pas s'ils vont suivre le même chemin que le PR de Flamanville qui a coûté 19 milliards qui ne va peut-être pas démarrer cette année c'est aussi 100 milliards de démantèlement 100 milliards de grands carénages qui est le rafistolage des centrales vieillissantes 120 milliards pour le CIGEO et s'agissant du renouvelable on peut aussi s'appuyer sur les énergies hydroliennes ou l'eau motrice et géothermie dont on ne parle jamais il n'y a pas que le solaire et l'éolien
merci merci Elisa pour votre intervention Christophe Béchut vous répond
on n'abandonne absolument pas le renouvelable on est bien sur une accélération du renouvelable en particulier avec les parcs éolien offshore qui font débat cette année avec l'éolien avec le solaire et vous avez totalement raison sur le potentiel de la géothermie qui est vraiment un des axes sur lequel on veut mettre le cap cette année
pourquoi avoir supprimé les objectifs chiffrés de développement des énergies renouvelables vous avez présenté un projet de loi sur la souveraineté énergétique sur l'électricité le texte consacre le choix durable du recours à l'énergie nucléaire et supprime les objectifs chiffrés des renouvelables pourquoi ?
D'abord ce texte il va avoir l'occasion d'être présenté il ne l'a pas encore été on en est seulement au stade de projet ensuite il consacre le fait du choix qui est fait de relancer la filière nucléaire parce qu'il n'y a pas de schéma aujourd'hui ou s'il ne venait pas une source d'énergie qu'on dit pilotable vous êtes capable de pouvoir produire une énergie décarbonée de manière certaine ce qu'on voit aujourd'hui en Allemagne avec à la fois une progression forte du renouvelable mais à côté de ça un usage intensif au charbon montre la limite d'un modèle dans lequel en termes à la fois d'émissions par personne et de compétitivité pour l'industrie il y a une difficulté et on a deux enjeux on a l'enjeu de comment on produit l'énergie mais on a l'enjeu de comment on réindustrialise pour ne pas être dans une écologie hypocrite qui consiste à délocaliser au bout du monde en regardant nos émissions nationales sans regarder le bilan global
Christophe Béchut question sur l'appli que beaucoup de gens se posent il y a beaucoup de questions sur ce thème là François comment expliquer la séparation des ministères de l'énergie désormais joint à Bercy à celui de l'écologie ça c'était une des grandes annonces de la semaine dernière au moment du gouvernement donc l'énergie passe désormais chez Bruno Le Maire passe à Bercy le WWF a qualifié d'inquiétante la disparition du ministère de la transition énergétique dans l'organigramme gouvernemental et son rattachement au ministère de l'économie qu'est-ce que vous répondez ?
Je réponds que dans quelques jours les décrets d'attribution viendront préciser les choses la transition énergétique c'est deux choses c'est pas que l'énergie c'est l'efficacité énergétique et la sobriété ce sont des thématiques sur lesquelles j'aurai des occasions et de m'exprimer et d'avoir des responsabilités et c'est la production d'énergie qui elle compte tenu en particulier de l'enjeu nucléaire et du soutien à la réindustrialisation représente aujourd'hui un défi qui est économique on a le défi écologique de moins consommer d'énergie et on a le défi économique de faire en sorte de réindustrialiser Et justement
compte tenu du défi immense que représente l'énergie on l'a vu encore plus depuis la guerre d'Ukraine ça ne méritait pas un ministère à soi ?
On ne peut pas à la fois souhaiter qu'il y ait un resserrement du nombre de ministres et à la fois considérer qu'à chaque fois qu'il y a un thème ça mérite un ministère et je pense que c'est franchement un sujet qui peut être partagé entre économie et écologie
Emmanuel Macron a été interrogé sur ça il n'a pas été totalement clair sur sa réponse les prix de l'électricité vont-ils augmenter au 1er février et de combien vont-ils augmenter de 10%
elle sera prise dans les prochains jours ce qui est certain c'est qu'on a un enjeu après avoir protégé après avoir mis jusqu'à 100 milliards d'euros dans les boucliers tarifaires pour ne pas répercuter les hausses de prix il faut qu'une partie de ces hausses on les retrouve parce que l'enjeu ce sont les investissements qu'on doit faire que ce soit dans le renouvelable ou dans le nucléaire et jusqu'à maintenant on a beaucoup utilisé l'argent public pour couvrir une partie de ses dépenses il faut que cet argent public on l'investisse maintenant dans des alternatives aux fossiles et donc qu'on soit capable d'équilibrer nos dépenses tout autant que notre mix énergétique
Christophe Béchulé a le rappelé tout à l'heure vous n'étiez pas présent parmi les membres du gouvernement hier soir lors de la conférence de presse car vous teniez la cellule ministérielle sur la neige et le froid 31 départements en vigilance orange ce matin les premières neiges tombées la semaine dernière avaient entraîné bouchons accidents beaucoup de pagailles les élus locaux avaient déploré un déficit d'informations là vous avez mieux anticipé pas de pagailles aujourd'hui et demain sur les routes
la semaine dernière la vigilance météo avait été déclenchée de manière trop tardive et donc il y avait eu effectivement un défaut d'anticipation en particulier sur la circulation des poids lourds ou sur le déploiement des saleuses hier on avait à la fois les prévisions qui sont intervenues plus tôt et on a pris des décisions pour que dès 22h on ait des interdictions de circulation de poids lourds on suit la situation dans la journée on va avoir un redout sur une large partie du pays et donc on n'a pas beaucoup d'inquiétudes sur le verglas mais on a ce soir des prévisions qui laissent penser qu'on pourrait avoir des chutes abondantes de neige à peu près sur la même partie du pays que celle qui a été concernée hier et on va prendre dans la journée des décisions sur le fait de savoir si on doit restreindre cette circulation non ça ne l'est pas parce qu'on attend de savoir pour le proportionner à la fois quel territoire quels horaires on annoncera des choses en fin d'après-midi
400 abris sont morts de froid depuis le 1er janvier Pascal Brice le président de la fédération que c'est inéluctable il ajoute on ne peut déjà plus s'occuper de tous les sans-abris qu'est-ce que vous lui dites ce matin ?
Je lui dis que ce sujet c'est toujours un drame et que chaque mort c'est toujours un drame que malheureusement même si souvent on se concentre sur ce sujet en hiver on a parfois plus de décès dans la rue en plein été au moment des vagues de chaleur qu'on peut en avoir pendant l'hiver parce qu'il y a sans doute davantage d'attention je peux vous dire que j'étais avec le SAMU social en maraude il y a quelques jours je veux vraiment rendre hommage à tous ceux qui assurent ce travail le gouvernement vient de débloquer il y a 10 jours 120 millions d'euros supplémentaires pour créer 10 000 places de plus que les 203 000 qui existent déjà on est sur des chiffres jamais atteints dans notre pays
juste pour l'île de France Vous avez raison mais il reste il y a 330 000 personnes sans-abri aujourd'hui selon les chiffres de la fondation Abbé Pierre il n'y a que 200 000 places d'urgence
Je vous le redis on était à 100 000 il y a 5 ans on a franchi le cap des 200 000 on en a rajouté et vous avez ensuite des diversités de situations à l'occasion de cette maraude on a vu des gens qui font parfois ce choix on voit au contraire des gens qui sont dans la détresse et qui peuvent chercher des endroits pour s'abriter en ce moment ce sont des gymnases des lycées qui sont ouverts il y aura d'autres annonces
Mais on est loin de la promesse d'Emmanuel Macron en 2017 je ne veux plus d'ici la fin de l'année avoir des femmes et des hommes à la rue C'est un combat qui se poursuit je vous le confirme L'épisode de froid dure depuis 10 jours maintenant et puis il y a ces chiffres de l'UNICEF 40% en un an évidemment on pense à eux ce matin depuis 10 jours avec cette vague de froid 3000 enfants qui dorment dans la rue aujourd'hui en France Monsieur le Ministre
C'est très exactement la raison pour laquelle les 10 000 places qui ont été annoncées la semaine dernière elles sont fléchées vers les femmes et les enfants de manière spécifique et ces 120 millions d'euros ils sont la résultante de ces comptages
Toute autre question à présent puisque c'est l'actualité on vous fait réagir sur l'actualité Rachida Dati a annoncé il y a quelques minutes sa candidature à Paris c'est une bonne candidate
Vous me la prenez mais ça n'est pas réellement une surprise je pensais même à vrai dire qu'elle l'avait déjà annoncé pour être tout à fait honnête Elle le confirme
depuis qu'elle est ministre elle dit cette phrase je ne vais pas mentir mon objectif c'est Paris c'est Paris c'est donc pas la culture
Parce que vous pensez qu'on ne peut pas avoir plusieurs objectifs
Elle lit mon objectif
Oui mais son quotidien son ambition je l'ai entendu il y a quelques jours c'est bien la culture pour tous qu'ensuite elle se fixe comme objectif et comme ambition personnelle dans deux ans d'être candidate à la mairie de Paris et élue encore une fois ça ne surprendra personne
Ça ne vous surprend pas mais vous ne m'avez pas répondu si c'est une bonne candidate à vos yeux
Écoutez l'offre aujourd'hui n'est pas disponible et mon sujet principal ce ne sont pas les élections municipales de 2026 c'est bien le quotidien du gouvernement le cap sur lequel nous devons avancer et la façon dont Gabriel Attal va à la fois demain nous réunir à l'occasion d'un premier séminaire pour justement de manière collégiale fixer le cadre
Allez un dernier mot très rapide sur Emmanuel Macron qui a demandé de l'indulgence pour la nouvelle ministre de l'éducation Amélie Oudea Castera après son propos maladroit dit le président sur l'école publique et les problèmes de remplacement d'enseignants il dit qu'elle a bien fait de s'excuser le sujet est clos pour vous ?
pour moi le sujet est clos à partir du moment où la ministre à la fois s'est excusée ou le président a constaté qu'il avait été heureux qu'elle puisse s'excuser je pense que le vrai sujet
elle peut rester à son poste
le vrai sujet maintenant c'est celui de notre école c'est les moyens qu'on donne aux professeurs c'est comment on lutte contre ce fléau du non-emplacement c'est comment on accompagne cette relève la jeunesse ce sont ceux qui un jour seront dans ce plateau à vos places à la mienne et donc tout le sujet c'est comment on leur permet de pouvoir prendre le relais dans les meilleures conditions possibles
merci à vous
Christophe Béchu