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interviewFrance Inter — L'invité du week-end· 14 septembre 2019 17 min

Fabien Roussel : "Les délinquants en col blanc sont encore trop nombreux à échapper à la justice"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

France Inter, le 6-9 du week-end, Éric Delvaux. Bonjour Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste français et député du Nord. L'actualité, c'était hier, la condamnation du maire de Levallois-Péret à 4 ans de prison ferme pour fraude fiscale. Son avocat fait appel. Faut-il maintenir Patrick Balkany en prison ou lui rendre la liberté en attendant le nouveau procès ?

0:30
Fabien Roussel

Écoutez, pour nous c'est clair. L'évasion et la fraude fiscale, ça coûte 80-100 milliards d'euros à notre pays par an. Il n'y a aujourd'hui aucun délinquant en col blanc en prison. Patrick Balkany sera peut-être le premier. Je ne souhaite moi à personne d'aller en prison. Ce que je dis, c'est que ceux qui sont coupables de fraude et d'évasion fiscale doivent être condamnés sévèrement. Et pendant que Patrick Balkany, là aujourd'hui, va peut-être aller derrière les barreaux, il y a Google qui lui a bénéficié d'une négociation avec le gouvernement et qui va payer seulement 500 millions d'euros d'amende alors qu'il n'a pas payé d'impôts pendant plusieurs années dans notre pays.

1:12
Présentateur

On parle quand même de deux choses bien différentes là.

1:14
Fabien Roussel

Mais c'est de la fraude et de l'évasion fiscale. Or Google, lui, on n'aura pas de procès sur Google. On ne connaîtra pas comment ils ont réussi à faire l'évasion fiscale.

1:24
Présentateur

Non mais le gouvernement cherche à imposer une taxe de 3% pour éviter les paradis fiscaux.

1:27
Fabien Roussel

Taxe peanuts, 3% sur leur chiffre d'affaires et qui est déductible des impôts. Non mais je ne parle pas de ça. Google, lui, il n'y aura pas de procès Google. Il n'y aura personne de Google qui ira en prison. Les mecs, ils ont fait de l'évasion fiscale. Ils ont évité de payer des centaines de millions d'impôts à notre pays. Pendant ce temps-là, on ferme des hôpitaux. Et eux, pas de procès, personne en prison. Alors Balkany, c'est peut-être celui que l'on va agiter là aujourd'hui comme étant celui qui ira en prison. Et il doit aller en prison. Et il doit aller en prison. Mais les gros, les plus importants, eux, continueront à échapper à la justice de notre pays. Et ça, c'est injuste.

Parce qu'ils ne font pas de fraude fiscale mais de l'évasion. Non, ils sont Google, vous verrez, c'est écrit, fraude fiscale. C'est le communiqué du parquet national financier. Mais ils ont négocié avec la justice de notre pays pour payer une simple amende. Et ils n'iront pas derrière les barreaux.

2:22
Présentateur

On parle de morale en politique. L'épouse de M. Balkany a été condamnée, elle aussi, à trois ans de prison ferme. Elle échappe à la prison pour raison de santé. Et elle va assurer l'intérim à la mairie de Levallois-Pérez. Ça vous inspire quelques commentaires ? No comment. Un long silence. C'est un procès politique, selon vous, le procès de Patrick Balkany ? Parce que Jean-Luc Mélenchon, qui était interrogé sur ce sujet hier soir, disait qu'en fait, il ne savait pas. Il disait que pour lui, oui, pour son propre procès, c'était un procès politique. Mais que pour Patrick Balkany, il ne se prononçait pas.

2:57
Fabien Roussel

Non, non, ce n'est pas un procès politique. Enfin, les Balkany, ce n'est pas une casserole qu'ils ont au cul, c'est une batterie de cuisine. Enfin, je veux dire, ça va, quoi. Ils ont détourné, ils ont planqué de l'argent. Voilà, ils sont condamnés. C'est une bonne chose. Mais il y a des contribuables qui sont rattrapés par la justice. Il y a des patrons PME qui sont rattrapés par la justice. Voilà, mais qu'eux aussi soient rattrapés par la justice, c'est tout, c'est normal.

Mais moi, ce qui me fait hurler, je vous le dis encore une fois, c'est que les plus importants encore au-dessus, et qui coûtent à notre pays des milliards d'euros d'argent qui ne sont pas versés en impôts, ceux-là, ils échappent à la justice encore. La délinquance en col blanc. La délinquance en col blanc. Ils sont encore trop nombreux à échapper à la justice et à pouvoir négocier avec la justice. Enfin, moi, je serais Dupont-Moretti, mais je gueulerais. C'est insupportable. Mais il gueule, justement. Mais bien sûr, il a raison.

3:53
Présentateur

Le dossier des retraites, Fabien Roussel, après la grève hier largement suivie à la RATP, les syndicats divergent sur la marche à suivre. Est-ce qu'il faut mettre dorénavant sur pied des grèves illimitées ou bien à la RATP ou bien des journées d'action interprofessionnelles ? Vous avez une préférence pour la continuité de l'action des syndicats là-dessus ?

4:12
Fabien Roussel

Mais d'abord, il faut faire entendre sa voix parce qu'on a un gouvernement qui nous dit « Ça fait 18 mois qu'on fait de la concertation et on va continuer de faire de la concertation. » Mais de toute façon, il y a une chose qui ne changera pas. C'est que ce sera ou allonger la durée du temps de travail ou allonger le temps de cotisation. Mais dans les deux cas, il y a « allonger ». Et donc, il se moque de nous, quoi. « Allonger », ça veut dire quoi ? Ça veut dire travailler plus. Réforme Fillon, réforme Balladur, réforme Touraine, réforme Macron, travailler plus. À chaque fois, c'est ça. Il y a un allongement qui est certain, c'est celui de la durée de la vie. Et alors ? Et alors ?

En 2050, en 2050, vous avez travaillé jusqu'à 75 ans ? Au nom de l'allongement de la durée de la vie. On va avoir des routiers jusqu'à 75 piges, des chirurgiens jusqu'à 75 piges. On ne peut pas avoir... L'allongement de la durée de la vie, c'est une chance ou c'est un problème ? Pour nous, c'est une chance. Nous, c'est un projet de société. Est-ce qu'on décide ensemble de regarder comment on fait de l'allongement de la durée de la vie, une nouvelle vie ? Comment on fait pour que ces plus belles années après le travail soient du bonheur pour tous ? Ou est-ce qu'on fait une nouvelle période d'exploitation ? D'autant qu'il y a de moins en moins de travail, disent... Tout à fait.

Vous avez raison. Moi, j'entends des philosophes et des économistes dire que dans les prochaines années, avec la robotisation, les changements de mode de production, il va y avoir plein de métiers qui vont disparaître. Il va y avoir beaucoup de monde sans travail. Alors, comment on organise la société pour faire en sorte qu'après 60 ans, et nous, on dit 60 ans, cette nouvelle période, ce soit une période heureuse et où on peut participer à la vie de la société ? Comment vous faites pour financer une retraite pour tous ? On peut être responsable associatif, on peut socialiser ses enfants.

6:06
Présentateur

On parle de la RATP, il peut y avoir des rames automatisées, ça existe, des bus sans chauffeur, c'est resté. Et comment vous faites pour financer une retraite pour tous avec moins d'actifs, puisqu'ils partiraient à 60 ans avec vous ? Tout en préservant le système de répartition, par répartition.

6:21
Fabien Roussel

Eh bien, je vais vous dire, on ne s'attaque pas au capital dans notre pays. C'est peut-être un détail pour vous, mais pour nous, ça veut dire beaucoup. Comme disait l'autre, Berger, et Paul-Laurent Berger, le chanteur. Michel Berger. Comment vous faites pour financer ça, alors ? Eh bien, vous taxez les plus riches. Je vais en parler ce midi. Il y a dans notre pays des rentiers, des actionnaires, qui ont touché en 2018, source INSEE, 298 milliards de revenus financiers. Nous, on touche un salaire avec une fiche de paye, eux, ils touchent des revenus financiers. Là-dessus, vous voulez que je vous dise, taux de cotisation, zéro. Nous, le taux de cotisation employeur, 10,45.

Vous, si vous êtes payé normalement, comme une fiche de paye, vous avez un taux sur votre fiche de paye employeur de 10,45. Eux, zéro. Moi, je vais m'attaquer aux régimes spéciaux. Mais les régimes spéciaux, des rentiers, des actionnaires, pourquoi ils cotisent zéro et nous, 10% ? Donc, si eux, ils cotisaient à 10% appliqués sur 300 milliards, c'est 30 milliards d'euros qui tombent direct, net, dans les caisses de la caisse de retraite.

7:31
Présentateur

Vous êtes en phase avec l'économiste Thomas Piketty. Dans son dernier livre, il veut réduire les inégalités, notamment par la cogestion dans les entreprises, notamment par cette justice éducative, ou encore un impôt progressif jusqu'à 90%. Vos idées au Parti Communiste, elles infusent maintenant les économistes qualifiés de sociodémocrates ?

7:49
Fabien Roussel

Bien sûr, il produit un très beau bouquin, Thomas Piketty, qu'on accueille d'ailleurs sur la fête de l'UMA. Ce qu'il dit, comme nous, alors on n'est pas sur les mêmes taux, mais c'est le même principe. Moi, je suis pour l'impôt révolutionnaire, c'est-à-dire la cotisation révolutionnaire. C'est-à-dire que ce taux de cotisation appliqué aux revenus financiers sur les entreprises, eh bien que cette cotisation, elle soit modulable en fonction de la politique des entreprises. Plus vous investissez en France, plus vous relocalisez les productions, ce qui est bon pour l'emploi et l'environnement, moins vous paierez de cotisations, on les baisse.

Par contre, si vous faites le choix de délocaliser, de distribuer des dividendes aux actionnaires, de ne pas investir dans notre pays, vous paierez plus d'impôts sur ces bénéfices pour vous inciter à réinvestir dans notre pays. Ça, c'est l'impôt révolutionnaire et c'est la proposition que nous ferons, que je ferai à Jean-Paul Delvoix, qui vient d'ailleurs à la fête de l'Humas cet après-midi pour en parler.

8:44
Présentateur

Avec le leader de la CGT, M. Martinez. Jean-Paul Delvoix, il sera bien accueilli devant les communistes réunis à la fête de l'Humas ?

8:51
Fabien Roussel

Bien sûr, ou il va s'erruer ? Non, bien sûr, parce que la fête de l'Humas, c'est une fête d'abord. Et nous, on fait de la politique avec notre tête et avec notre cœur, et pas avec de la bile et avec nos tripes. Donc, on accueille tout le monde.

9:05
Présentateur

89e fête de l'Humas organisée ce week-end. Quel sens, aujourd'hui, vous donnez à ce grand rassemblement ?

9:12
Fabien Roussel

C'est la plus belle fête qui existe en Europe et en France, mais c'est surtout parce qu'elle est unique. J'ai discuté avec les organisateurs de la fête. Vous savez combien il y a de personnes qui organisent la fête de l'Humas ? Ça doit se compter par milliers. 25 000 militantes et militants qui font ça bénévolement pendant une semaine pour monter la fête et pendant trois jours pour accueillir près de 500 000 visiteurs avec des concerts, avec des restos, avec des débats. Personne d'autre ne sait faire ça. Et hier, je rencontre une militante qui est là depuis une cinquantaine d'années et qui me dit « Et si on nous payait, on ne le ferait pas.

» Parce qu'on fait ça comme ça chez nous, c'est vraiment du plaisir d'accueillir tout le monde.

9:55
Présentateur

La fête de l'Humas, c'est la fête d'un journal engagé qui peine aujourd'hui à trouver ses lecteurs. Votre père, d'ailleurs, était journaliste à l'Humas. Pourquoi est-ce que ce journal ne fait plus recette aujourd'hui ?

10:06
Fabien Roussel

Oh, à mon avis, ce qui est difficile aujourd'hui dans notre pays, c'est... Bon, d'abord, la presse écrite a une difficulté qui n'est pas propre qu'à l'humanité. La presse papier, donc la presse papier doit faire sa révolution.

10:21
Présentateur

Enfin, d'autres quotidiens s'en sortent bien mieux que l'humain qui cherche des souscriptions.

10:26
Fabien Roussel

Non, non, non. D'autres quotidiens ont des actionnaires riches derrière qui allongent des dizaines de millions d'euros pour enfouer les caisses. Et les actionnaires chez l'humanité, ce sont ses lecteurs. Nous sommes un journal indépendant et libéré des marchés financiers, libéré et délivré. Mais nous, ça fonctionne à l'abonnement et à la souscription. Et c'est pour ça que nous lançons un appel, que nous avons eu 5000 abonnements supplémentaires depuis que l'Humas a annoncé ses difficultés. Et 3 millions de souscriptions nouvelles. Et bien ce journal, il vit grâce à ses lecteurs. Et c'est la force de ce journal, c'est d'être indépendant des marchés financiers.

11:03
Présentateur

Mais d'une manière générale, il faut que vous fassiez la démonstration de votre utilité. Peut-être que les municipales seront un bon exemple pour cela, dès le premier tour d'ailleurs.

11:14
Fabien Roussel

Oui, c'est pour ça que j'ai lancé un appel que je répéterai cet après-midi avec un peu plus de force.

11:22
Présentateur

Un peu plus de voix, j'espère.

11:23
Fabien Roussel

Vous avez la voix cassée, c'est que l'ensemble des forces de gauche et écologistes soient unis, dès le premier tour, lors de ces élections, sur la base des projets construits avec les habitants dans chaque ville.

11:39
Présentateur

Donc des propositions très concrètes.

11:40
Fabien Roussel

Voilà. Moi je suis pour le programme en commun. Il y avait le programme commun en 80, qui a apporté beaucoup de belles choses, qui a été trahi après. C'est pour ça qu'il nous faut un programme en commun, partagé, construit avec les gens. Et que ce soit avec les gens que nous le mettions en œuvre. Et si les forces de gauche et écologistes sont unies dès le premier tour, nous pouvons faire la démonstration de gagner et de l'emporter face à la droite et l'extrême droite.

12:05
Présentateur

C'est surprenant Fabien Roussel, parce que lorsque vous êtes arrivé à la tête du PCF il y a moins d'un an, vous preniez l'autonomie des communistes aux élections. C'était votre ligne dite identitaire. C'en est fini de cette stratégie d'autonomie des communistes aujourd'hui ?

12:18
Fabien Roussel

Non, j'ai jamais défendu une ligne identitaire, parce que ça c'est pas une ligne identitaire.

12:24
Présentateur

Redonner une identité au Parti communiste autonome.

12:27
Fabien Roussel

J'ai défendu lors des élections européennes, et vous l'avez payé cher, l'originalité, la force du PCF depuis qu'il existe sur l'Europe, c'est que nous nous défendons la souveraineté de la France, la voix de la France et le respect des Français dans les choix que nous devons faire dans notre pays. Nous n'acceptons pas que le budget de la France soit soumis à l'autorisation au feu vert de Bruxelles. Ça nous ne l'acceptons pas, nous ne l'accepterons jamais. Donc nous ne ferons pas l'union pour un plat de lentilles avec des forces de gauche qui eux sont prêts à soumettre le budget de la France à Bruxelles.

Nous voulons plus que tout et jusqu'au bout défendre la souveraineté démocratique de notre pays. Nous c'est pas un repli des frontières comme le prône Marine Le Pen. Nous on veut des frontières pour exercer notre souveraineté, pour pouvoir décider librement de nos choix politiques et économiques. C'est la force de la nation française depuis la révolution. On a aboli la monarchie, on s'est libéré du nazisme, on veut se libérer de la finance et on se battra jusqu'au bout là-dessus.

13:28
Présentateur

L'union des gauches et des écologistes pour les municipales, c'est ce que vous souhaitez. Avec quel parti êtes-vous prêt à faire, si ce n'est fusion en tout cas, de collaborer ? Avec quel parti précisément ?

13:38
Fabien Roussel

D'abord avec les Français. Oui mais c'est pas qu'une fin. Nous on veut construire l'union de la base au sommet. Parce que tout ce qu'on a construit au sommet tombe comme un château de cartes quand le mouvement social, les syndicats, les Français, les travailleurs ne sont pas derrière pour pousser. Et vous pouvez revoir l'histoire, à chaque fois ça s'est construit comme ça, ça s'est cassé la figure. Ma question c'était est-ce que vous discutez avec le parti socialiste par exemple ?

Aujourd'hui les communistes dans les grandes villes sont en train de soutenir des têtes de liste socialistes, des têtes de liste insoumises, des têtes de liste écologiques, des têtes de liste citoyennes sans étiquette mais qui correspondent aux attentes des habitants. Et nous nous battons et nous ferons en sorte pour qu'il y ait aussi la même union et le même rassemblement qui se fasse derrière des têtes de liste communistes et notamment les maires communistes qui n'ont pas démérité et qui se sont battus ces dernières années pour leur population.

14:26
Présentateur

Et Jean-Luc Mélenchon, je reviens à lui, va venir à la fête de l'humanité.

14:29
Fabien Roussel

Alors écoutez, j'ai vu lors de sa conférence de presse qu'il hésitait, j'espère qu'il va venir.

14:37
Présentateur

Quelles sont vos relations personnelles aujourd'hui avec Jean-Luc Mélenchon ? Je rappelle que lorsque vous avez pris vos fonctions à la tête du PCF, vous vouliez là aussi sortir de l'ombre des insoumis. Paris réussit et quelles sont vos relations aujourd'hui avec Jean-Luc Mélenchon ?

14:50
Fabien Roussel

On se parle régulièrement, on se voit toutes les semaines, on échange avec nos collègues députés de la France insoumise. A l'Assemblée nationale, dans l'ensemble des commissions et dans les débats publics, nous tapons sur le même clou, ensemble, contre les politiques d'austérité qu'applique ce gouvernement pour l'ensemble des Français. Nous avons beaucoup, énormément de points communs, donc nous sommes ensemble dans de nombreux combats. Je pourrais dire d'ailleurs avec les députés socialistes que nous nous retrouvons aussi beaucoup sur de nombreux sujets, mais en tout cas pour revenir sur mes collègues insoumis et Jean-Luc, comme Adrien qui est en plus du Nord. Vous êtes député du Nord.

On prend même le train ensemble et on se parle souvent, et je connais Adrien depuis très longtemps. Et bien que nous nous retrouvons sur de nombreux sujets, nous voulons sortir du capitalisme. Il y a urgence, et pour notre pays, et pour le climat.

15:46
Présentateur

A propos de l'idéologie, est-ce que le Parti communiste n'a pas raté quelques virages idéologiques, comme l'écologie par exemple ?

15:52
Fabien Roussel

Oh bah non, alors ça, quand on dit nous qu'il faut sortir d'un modèle économique qui exploite et l'être humain et la planète, c'est pas nouveau, et nous le disons depuis un moment. Non, vous savez, tout le monde veut s'attaquer au capital, mais personne ne veut sortir du capitalisme. Alors nous, nous le disons, et on propose ça justement.

16:13
Présentateur

Mais c'est de l'écologie, moi.

16:14
Fabien Roussel

Oui, mais justement, comment on finance la transition écologique ? Comment on fait les transports en commun gratuits ? Comment on rénove et construit 500 000 logements par an dans notre pays, qui ne soient pas des passoires thermiques ? Va bien falloir la sortir, la planche à billets. Comment on finance ça ? Nous, on propose que la Banque Centrale Européenne, elle prête à taux négatif, comme elle le fait aujourd'hui aux banques, qu'elle le fasse auprès des États, pour financer un fonds dédié à cela, à hauteur de 100 milliards d'euros par an. Voilà ce que nous proposons.

Mais pour faire ça, il faut bien s'attaquer et aux traiteaux européens, parce que la Banque Centrale, elle n'a pas le droit de faire ça aujourd'hui. Et on propose que la France, elle investisse massivement pour répondre à ses besoins, pour lutter, pour sauver le climat. Je vais vous dire une dernière chose. Nous, on veut sauver le climat, mais on veut que l'ensemble des Français puissent manger des fruits et des légumes, manger de la viande, se chauffer. C'est ça qu'il faut faire. L'urgence climatique et l'urgence sociale. On veut tenir tous les bouts.

17:10
Présentateur

Et il n'y a pas plus d'écologistes ce matin que Fabien Roussel, secrétaire national du Parti Communiste français. Vous prendrez la parole cet après-midi à partir de 15h30 à la fête de l'Huma, l'Humanité, la bien nommée. Merci beaucoup Fabien Roussel. Merci à vous, c'était très sympa. Sur France Inter, il est 8h39.

Fabien Roussel : "Les délinquants en col blanc sont encore trop nombreux à échapper à la justice" — Fabien Roussel · Pourquijevote