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interviewSud Radio (sur YouTube)· 21 avril 2025 14 min

Baptêmes, Pâques, Education : Mgr Chauvet est l’invité de Sud Radio

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Monseigneur Patrick Chau record de baptême d'adultes cette année plus de 10000 en hausse de 45 % c'est énorme par rapport à l'an dernier. Alors ce sont que des chiffres mais ça traduit tout de même quelque chose. Comment vous l'expliquez ce rebond cette hausse record de du nombre d'adultes qui souhaitent se faire baptiser ?

Oui. C'est impressionnant. C'est impressionnant parce que c'est 10000 adultes et 7000 adolescents.

Donc ça veut dire que l'esprit saint travaille. Quand j'écoute les médias, je lis des rapports des sociologues qui on nous dit "C'est parce que on avait moins de baptême de petits enfants parce que X Y Z." Mais on oublie une chose, c'est que l'Esprit Saint il peut aussi travailler et que là on a du mal à le cerner.

Voyez, c'est c'est une sorte de miracle. C'est en tout cas le surnaturel, le surnaturel qui s'empare du naturel. Et on est dans un monde où pendant des années, on a voulu supprimer le surnaturel, hein.

Et donc, on a naturalisé ce qui peut-être venait de Dieu. Et donc pour moi, euh l'explication c'est que on est dans un monde où il y a un peu une perte de sens et donc les gens ils cherchent, ils cherchent, il frapp une on revient du religieux chez les jeunes générations notamment. Je vais vous prendre un exemple d'un cathéque humaine que j'ai rencontré.

J'étais à son avis car général et j'étais à Saint-Laurent dans le 10e arrondissement. C'est lui-même qui me le raconte. Il était comment ça est venu son appel ? et bien il pleuvait, il mangeait son sandwich et pour pas être sous la flotte et bien il est rentré sous il est rentré dans l'église.

Et il y a une dame qui était une dame d'accueil sans doute qui ne s'est même pas imaginé que Dieu pouvait se servir de d'elle. Et donc elle lui dit "Vous cherchez quelque chose ?" Et lui répond "Oui, Dieu et elle dit "Bah, c'est ici." Et donc voyez peu de choses ou faut une phrase anodine enfin c'est pas si anod selon vous.

Ah moi pour moi c'est l'esprit saint. Voilà. Et donc c'est clair que et il y a aussi toute une stratégie hein du côté de de l'église plus moderne avec ses ses réseaux sociaux aussi TikTok, Instagram, Snapchat.

Je sais pas si vous êtes sur les réseaux sociaux pas très doué la Madeleine oui mais pas moi. Mais il y a beaucoup de prêtres qui passent aussi par les réseaux sociaux aujourd'hui. Ça ça participe peut-être du regain de religiosité en tout cas ça permet aussi pour certains jeunes qui sont en demande de religiosité de de retrouver cela.

Ah mais moi j'y crois j'y crois. Je ne suis pas très doué parce que je suis une autre génération, mais je vois bien que par exemple YouTube, nos nos célébrations sont sur YouTube et et que ça attire des gens. En tout cas, on regarde, hein.

Mais euh je pense qu'il faut rejoindre les jeunes là où ils sont. Ils sont où ? Sur TikTok, sur Instagram.

Voilà. Et donc non, je pense qu'il faut évangéliser. Avant on allait dans les boîtes hein de nuit pour essayer de trouver les jeunes.

Ah oui, on allait dans les bo naturellement il faut que moi j'ai évangélisé dans les bars dans les à la plage, il faut trouver là où ils sont les jeunes. Bon et ben là maintenant ils sont sur les réseaux, il faut y aller. Un paradoxe tout le même mon seigneur Patrick Chaué, c'est c'est qu'on atteint des records de baptisés d'un côté et dans le même temps les églises se vident.

Le nombre de prêtres est en chute libre. Vous le dites hein dans votre livre. H la France perd 700 prêtres par an.

C'est un sacré paradoxe quand même ça. Oui. Et c'est une question importante et grave pour l'église parce que s'il n'y a pas de prêt, s'il n'y a plus de prêtres, je ne veux pas dire qu'ils sont indispensables, mais on peut pas imaginer une église sans prêtre comme on peut pas imaginer une église sans laïque.

Ça va ensemble. Les prêtres, ils sont au service. On parle de déserts médicaux, mais là, il faut parler de spirituer spirituel.

Ah oui, moi je le crois. Je vois bien, j'entends hein des des personnes qui m'écrivent de province en disant "Mais il y a plus d'église, il y a plus de curé, tout est fermé, la personne elle est fatiguée, elle peut pas se déplacer." C'est vrai que il y a une question mais alors là aussi moi je je ne désespère pas et je pense que l'Esprit Saint peut travailler, il peut y avoir encore des prêtres et le Seigneur peut encore appeler.

Est-ce qu'il faut un nouveau Vatican 2 également qui sera moi Vatican 3 ? C'est c'est un éternel débat. Est-ce que est-ce qu'il faut s'orienter vers cela aussi pour relancer je ne sais pas les les vocations ?

En tout cas, moi je dis qu'il faut déjà que Vatican 2 soit bien appliqué. Il y a encore du travail. Vous savez dans l'histoire de l'église, il faut des années que ça soit au niveau de la liturgie, que ça soit au niveau de la liberté euh religieuse, que ça le retour des messes en latin notamment.

Ça ça me gêne pas, vous savez. Moi j'ai célébré en latin donc au contraire. Mais euh je veux dire par là que là aussi soyons à l'écoute de ce que veulent les fidèles.

Je pas dit je ne dis pas uniquement les jeunes hein, mais les fidèles. C'est vrai que les jeunes ils aiment cette maise en latin. C'est un paradoxe parce qu'ils n'ont jamais fait de latin et je pense qu'ils ne comprennent absolument rien.

Mais c'est pas grave. Il n'empêche que ce qui est important pour eux c'est la dimension du sacré. Je ne suis pas contre mais attention à ce que ce sacré ça soit pas un sacré païen.

Donc il faut que ça soit un sacré qui nous mène vraiment vers le Seigneur. Journal d'un curé de Paris, c'est le titre de votre livre aux éditions Fillard Monseigneur Patrick Chaué. Vous restez avec nous dans un instant.

On va revenir sur l'incendie, le terrible incendie et la magnifique reconstruction de Notre Dame de Paris. un drame et une renaissance que vous avez vécu vous étiez aux premières loges. On y revient juste après çaion Fillard souvenir de 84 ans de prêtrise et parmi ces souvenirs il y a ces 6 années passés à Notre-Dame de Paris entre 2016 et 2022 vous y consacrez d'ailleurs un chapitre Notre Dame la toute belle vous avez vécu ce cet incendie terrible et puis la reconstruction aussi de la cathédrale.

Quel souvenir vous gardez de cette période qui est un moment d'histoire finalement ? C'est un moment d'histoire et pour le recteur euh un cauchemar d'abord, le cauchemar de voir sa cathédrale brûlé devant. Vous étiez où quand vous l'avez appris ?

J'étais sur euh j'étais sur le parville hein. Tout de suite, j'étais dans la rue du cloître. Dès qu'on m'a téléphoné et que j'ai vu qu'il y avait des de la fumée qui sortait de la flèche, ouais.

Je suis revenu tout de suite. Euh, on a attendu les pompiers parce que il faut qu'ils viennent et puis surtout on s'est pas rendu compte finalement de l'ampleur de l'incendie. Et donc avec cette question qui se pose à un moment, c'est que fait-on ?

La façade risque de s'écrouler à tout moment. Est-ce qu'on envoie les pompiers ou pas ? Je crois que c'est Emmanuel Macron qui tranche.

Voilà. Et j'étais avec le président effectivement et parce que le général Galet le directeur des enfin le général des pompiers avait dit "Non, c'est trop dangereux, on n pas d'accès hein." Et finalement c'est le président qui a dit "Si si, il faut des volontaires et il faut y aller, on peut on peut sauver encore Notre Dame." Et donc les volontaires sont venus, ils ont sauvé Notre Dame.

On avait 25 minutes. et on n'arrivait pas à à arrêter l'incendie dans la tour nord, elle s'écroulait h et elle entraînait toute la façon et tout l'édifice s'écroulent parce qu'il était déjà très fragilisé. Donc tout ça, ce sont des heures euh vous regardez, je ne peux pas moi voir toutes ces images encore aujourd'hui.

Voyez, vous pouvez pas les regarder aujourd'hui. Non, aujourd'hui c'est pour moi c'est c'est tellement cauchemaré, c'est douloureux. Euh voilà, donc il faut pas se faire mal.

Voilà. Faut pas se faire mal inutilement. Et donc c'est comme ça.

Mais ça fait partie en tout cas de jour ce jour-là, est-ce que vous auriez pu imaginer que 6 ans plus tard Notre Dame puisse rouvrir ses portes ? Si on vous l'avait dit à l'époque, vous aurez répondu quoi ? Et bien euh j'ai dit c'est bien d'avoir, j'allais dire un un terminus pour les pour les les réparations. 5 ans.

Je me disais à la fois jeis c'était long mais ça c'est le recteur en disant mais c'est pas possible, on va mettre 5 ans. Et à la fois le lendemain quand je suis rentré dans la cathédrale et que j'ai vu que les l'ampleur des dégâts, je me dis comment 5 ans va pouvoir reconstruire ça ? Et donc c'est vrai que on a été aidé hein par le général Georgeelin qui était un j'allais dire malheureusement qui mort accidentellement hein.

Mais euh c'est lui qui a mené le la guerre hein. Il me disait toujours "Mon seigneur nous menons une guerre." Voilà et pour le faire rire parce qu'il voulait euh voilà maréchal.

Il voulait être maréchal mais pour être maréchal il faut faire la guerre. Mais je dit bah ça y est là vous allez terminer maréchal. Finalement il termine.

Il a sûrement eu le bâton de maréchal au ciel. Mais oui, ça a été une guerre parce que il y a toutes les difficultés, ce cet échafaudage qui faisait des tonnes sur la cathédrale, le le plomb, on a été embêté par le plomb, on a été embêté par bah la Covid. Euh donc tout ça a retardé euh et donc c'était pas si simple.

Que pensez-vous du résultat final ? Alors, on a un choc, hein, un choc esthétique parce que c'est fabuleux quand on voit ce qu'ils ont ce qu'ils ont fait tous ces compagnons, je dis "Mais bravo !" Dès le premier jour, je me suis dit, on a affaire à des professionnels extraordinaires qui qui se sont donnés sans compter, hein.

Moi, je je suis témoin de jeunes et moins jeunes qui ont travaillé parfois même la nuit pour voilà pour sauver ce patrimoine, hein, parce que il y en a certains qui étaient pas du tout croyants, mais ils étaient là parce que c'est c'était Notre Dame. Monseigneur Patrick Chauvé, est-ce qu'on saura un jour précisément ce qui a déclenché cet incendie ? est toujours en cours.

La piste privilégiée, c'est celle d'un d'un accident. Voilà, un incendie accidentel. Est-ce qu'on le saura un jour précisément ce qui s'est passé ?

Ce qu'on sait, c'est que effectivement l'incendie a dû démarrer près près de la flèche, hein. Euh voilà. Alors maintenant, comment ça a été déclaré ?

Je peux pas vous dire, hein. Pourtant, j'ai été interrogé plus d'une fois. Hm.

Euh non, je je pense qu'on ne saura jamais d'ailleurs souvent d'ailleurs dans des grands incendies comme ça comme c'était pas criminel, on aurait si ça avait été criminel, jeonis vu mais voilà c'est c'est dur de pas savoir en tout cas. On aimerait bien. On aimerait en tout cas la réouverture est une réussite.

Plus de 3 millions de visiteurs qui sont déjà qui ont déjà visité la nouvelle Notredame de Paris. Euh visite gratuite pour le moment, pas encore payante. Ah bah j'espère j'espère.

Je sais pas si c'était l'idée qui avait été envisagée par euh par Rachidati à un moment que que vous connaissez bien. On ne peut pas avoir toujours de bonnes idées. Voilà.

En tout cas, c'est une mauvaise idée, ça c'est clair. On ne peut pas. et je me suis battu déjà avec Stéphane Bern avant l'incendie où il voulait aussi pour restaurer la cathédrale, faire payer et puis alors c'était un prix de choc et je me suis dit non.

Pourquoi ? Parce que d'abord ça doit être un lieu de grâce gratuit hein. La grâce ça veut dire gracieux gratuit.

Je veux dire par là que quand vous allez en Espagne, mais je comprends pourquoi en Espagne on fait payer parce que c'est l'église qui doit maintenir. Mais quand vous rentrer dans une cathédrale où vous payez, et bien je peux vous assurer que vous avez l'impression d'être dans un musée. Or Notre Dame ne peut pas être un musée.

Je me suis battu dès le début après l'incendie pour rappeler que on garde la cathédrale. Monseigneur Patrick Chauvé, il y a un sujet dont dont vous parlez assez peu. Je regrets le temps fil de de terminer là-dessus mais les affaires les affaires Betétaram les affaires de pédophilie les affaires d'agression sexuel je parle de Betaram, je parle aussi des révélations de la Bé Piierre sur la baie Pierre vous n'en parlez pas ou très peu dans votre livre pourquoi et bien parce que dans mes dans mes mémoires, je voulais mettre que de belles choses.

Je ne veux pas dire que ce qu'a fait l'abé Pierre c'était pas beau parce que il a fait de très belles choses que moi j'aurais bien été incapable de faire mais la face cachée est un scandale. Et donc face cachée, on a l'impression que beaucoup de gens étaient au courant tout de même. Oui.

Bah oui. En tout cas ceux qui étaient dans les Vatican notamment dans le Vatican, les les autorités. Vous vous étiez au courant ou pas ?

Non. Je peux dire que Ouais. Ouais.

Je t'ai ce que j'ai trouvé mais dès le début avant même jeis attention n'allons pas idolâtrer les personnes. C'est toujours dangereux vous savez. Je connais des prêtres, on les a idolâtré, ils ont quitté le ministère.

Je veux dire, voyez, on est on peut pas être des stars. Quand vous êtes un prêtre, vous êtes d'abord un serviteur. C'est toujours dangereux et je vous le dis devant un micro hein parce que on a un côté narcissique qui peut devenir pervers et donc à s attention pour un prêtre, on n'est pas des stars.

Monseigneur Patrick Chaué, Journal d'un curé de Paris. Euh souvenirs souvenir de 44 ans de prêtrise et puis des réflexions également assez nombreuses sur la foi, sur l'église. Ça se lit très vite, je le conseille, c'est aux éditions Filler.

Merci d'avoir été avec nous ce matin sur Sud Radio Monseigneur Patrick Chauvé. Très bon lundi de Pâqu à vous. Ça a été un plaisir de vous recevoir ce matin dans un instant Sud Radio Média, le meilleur de Sud Radio Média avec Valérie Expert, Régile Gonzman au menu, Jean-François Piège et Nora Malagré.

M.