Line Papin : L'Heure des Livres (Émission du 08/09/2026)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 95 %Défensif 5 %
Questions et réponses
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- 0:03OuverteRéponse directe
On est ravis de vous recevoir, ce n'est pas la première fois, parce que malgré votre jeune âge, vous écrivez depuis longtemps.
- 1:32OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est un peu votre expérience ?
- 3:08OuverteRéponse directe
Alors, vous avez déroulé le...
- 3:13OuverteRéponse directe
Je reviens un petit peu sur cette première partie de la vie parisienne.
- 4:28OuverteRéponse directe
Et alors, l'héroïne, on voit bien, avant de partir, elle tâtonne.
- 4:50OuverteRéponse directe
ce conseil que lui donne Thi, sa marraine, qui dit, elle utilise une formule en vietnamien, qui veut dire, en gros, rentre au bled.
Temps de parole
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- ?4 %
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Bienvenue
à l'heure des livres, Aline Papin. On est ravis de vous recevoir, ce n'est pas la première fois, parce que malgré votre jeune âge, vous écrivez depuis longtemps, bien longtemps, puisque votre premier livre est paru en 2016, c'était L'éveil. Alors depuis, vous en avez écrit d'autres, Les eaux des filles, Après l'amour. Et vous venez de publier aujourd'hui votre huitième roman, déjà, qui s'appelle I know stories,
c'est difficile
à prononcer. C'est paru aux éditions Albain Michel, illustré par un tableau de Matisse. Et c'est un roman qui fait penser à vos
premiers,
d'ailleurs, comme un retour aux sources, une forme de quête, des origines, d'autres choses aussi, peut-être du sens de la vie aussi, plus profondément. L'histoire, une jeune fille qui vous ressemble pas mal, on va dire, puisque vous êtes née à Neuil en 1996-15, que vous y avez vécu jusqu'à vos dix ans. Vous êtes née d'une mère vietnamienne et d
'un
père français, avant de vous installer en France. Alors, cette jeune femme qui vous ressemble, elle décide alors qu
'elle
traverse une passe difficile. Elle est en panne d'inspiration, elle a des aventures, des histoires avec des hommes
qui
sont pour le moins cabossés, narcissiques, aventuriers, menteurs. Enfin bon, ce n'est pas ça. Et donc, elle décide de retourner vers son pays natal, le Vietnam. Alors, évidemment, c'est un peu votre... Est-ce que c'est un peu votre expérience ? On va finir de s'interroger.
Alors, ce que j'avais envie d'écrire, c'était un livre qui soit une quête du bonheur. Et donc, c'est vrai que le livre s'ouvre sur Paris. Donc, la vie parisienne, avec un côté un peu Bridget Jones, c'est ce que je voulais. Donc, un personnage, effectivement, qui se prend les pieds dans le tapis, qui est maladroite, qui n'arrive pas à écrire, qui est à peine sur un roman qui n'avance pas, un film qu'elle n'arrive pas à faire financer. Son éditeur lui dit, écoutez, vous voulez un conseil éditorial ? Arrêtez le prosa qu'est les hommes. Et donc, on a ce début un peu à la Bridget Jones qui m'a permis, en fait, surtout, d'introduire de l'autodérision, de l'humour, ce que je voulais.
Donc, un ton comme ça, un petit peu humoristique. Et ce personnage, en fait, cherche l'équilibre et le bonheur. C'est à ce moment-là que sa marraine vietnamienne vient la chercher et lui dit, écoute, rentre au pays, je veux t'introduire au bouddhisme. Il y aura, du coup, un retour au Vietnam avec une grande partie sur la question du bouddhisme à travers des visites de monastères, des scènes avec des moines, des séances de bol tibétain. Et donc, le ton comique reste, mais avec une question un peu plus profonde qui est pourquoi, dans nos sociétés occidentales, où l'on a visiblement tout, pourquoi sommes-nous sous Prozac ? Pourquoi sommes-nous si névrosés et malheureux ?
Et y aurait-il une réponse à travers, justement, un Vietnam communiste oriental ? Donc, c'est vraiment deux mondes qui s'opposent dans le roman. Voilà, la narratrice se demande si elle peut trouver là des réponses.
Alors, vous avez déroulé
tout
le...
Pardon !
Non, mais c'est parfait. Je reviens un petit peu sur cette première partie de la vie parisienne, parce qu'effectivement, il y a cette auto-dérision, cet œil un peu critique sur un petit milieu. Tout le monde dit Germano-Pratin. Aujourd'hui, c'est devenu un peu tart à la crème. mais dans lequel vous avez évolué, mais dont vous vous êtes éloignée, en fait. On a l'impression, dans le...
Oui,
disons que c'est vrai qu'il
y a un œil un peu... Celui des éditions, celui des
médias, du cinéma, qui se retrouvent toujours aux mêmes endroits, les mêmes personnes.
C'est vrai qu'il y
a
un œil un peu... Je ne dirais pas moqueur, mais en tout cas, avec beaucoup d'auto-dérision et d'humour sur ce milieu-là. Et puis, surtout, ce que je voulais écrire, c'était aussi qu'est-ce qu'avoir 30 ans aujourd'hui, c'est-à-dire, en écoutant ce qui se passe autour de moi, pourquoi est-ce qu'on a tant de mal à trouver et définir l'amour, le bonheur. En fait,
c
'est comme si, aujourd'hui, on a un peu de mal à trouver du sens dans tout ça et dans les valeurs. Et donc,
on
a, au début, des personnages. Donc, la meilleure copine qui, à 30 ans, se fait botoxer, le comédien. En
fait,
des personnages un peu caricaturaux, mais qui ont pour but d'interroger, justement, nos pertes de sens aujourd'hui.
Et alors, l'héroïne, on voit bien, avant de partir, elle tâtonne. Elle voit un psychologue qui, lui-même, semble un peu désemparé, un peu goguenard. Enfin, il y
a
une forme de
distance.
Enfin, bon, ce qui est normal. Son métier, elle voit aussi une voyante. Donc,
elle
cherche. Elle cherche. Donc, juste qu'effectivement, ce conseil que lui donne Thi, sa marraine, qui dit, elle utilise une formule en vietnamien, qui veut dire, en gros, rentre au bled.
Exactement. J'avais un peu envie d'écrire le roman du retour au bled. Et surtout, des histoires du bled. C'est pour ça que ça s'appelle Hanoi Stories. C'est qu'ensuite, une fois qu'on arrive au Vietnam, ce que j'avais envie de raconter, c'était aussi, pas seulement mon histoire, mon retour au pays natal, mais aussi les histoires des gens qui habitent là-bas, aujourd'hui. Et j'avais envie de donner à voir des personnages qu'on ne voit pas souvent en littérature, qui sont ces personnages des Vietnamiens d'aujourd'hui qui ne sont pas les Vietnamiens de l'Indochine française, ni ceux des films américains qu'on voit pendant la guerre du Vietnam.
Mais j'avais envie d'offrir le récit d'un Vietnam contemporain avec des Vietnamiens comme ma marraine qui sont donc à la tête d'entreprises de luxe.
Elle a la tête d'une grosse entreprise.
Vous
venez là-bas notamment aussi parce qu'elle se fait remettre une légion d'honneur. Exactement. Donc effectivement, elle ne correspond pas peut-être à l'image un peu au cliché
qu'on a
de la femme vietnamienne. Oui,
de
ceux qui font les manucures ou qui roulent les nèmes.
En gros,
c
'est vrai que j'avais envie
de faire entendre aussi des nouveaux personnages, des nouvelles voix et de faire un livre qui soit un peu sur la spiritualité. C'est-à-dire que toutes les discussions avec les moines et tout ça, je trouve que ça offre aussi des réponses. J'avais le sentiment que dans la partie occidentale du livre, peut-être qu'il manquait de mythologie, de récits pour nous consoler. Le sens.
Et d'ailleurs, le sens, c'est toujours cette fameuse qui voudrait aussi au passage vous trouver un fiancé parce que vous dites que très souvent les vietnamiennes ont une vocation de marieuse d'ailleurs et qui finit par vous convaincre de lire Siddhartha
Dermannès.
Vous l'avez vraiment lu ?
Ça
a
vraiment été une révélation
? Tout à
fait,
c
'est un livre
extraordinaire et
donc qui est très bouddhiste puisque sur la vie de ce fils de Brahman
et
c'est vrai que le cheminement de mon livre va dans le sens de cette quête-là. Et le livre de Dermannès qui est une perfection d'écriture évidemment est un peu le référent à l'intérieur de mon livre, on va dire.
Alors, il y a ces personnages ces vietnamiens contemporains et puis il y
a
aussi Max. Oui. La bourre d'enfance.
Exactement, parce qu'une bonne histoire comporte une histoire d'amour et donc la narratrice en retournant dans son pays natal
en
quête du bonheur tombe par hasard sur son amoureux de primaire, un garçon qu'elle a aimé de ses 5 ans à 10 ans dont elle écrivait le nom dans ses carnets de petites filles. Et donc, ils ne se sont pas vus depuis 20 ans et à l'âge de 30 ans après 20 ans d'absence ils se retrouvent et ils ont un coup de foudre 20 ans plus tard. Et ce qui m'intéressait dans cette histoire c'était la manière dont la mémoire travaille pendant 20 ans, dont la mémoire est capable de cimenter les êtres
et
surtout toutes les questions que soulève un amour de jeunesse quand on le retrouve 20 ans plus tard à savoir qu'est-ce qu'on aurait pu qu'est-ce qu'on aurait dû évidemment quelle aurait été ma vie si j'étais restée là-bas.
Alors évidemment ça interroge un sujet assez universel qui est celui de l'exil. Est-ce que vous vous sentez en exil en France ou au Vietnam ou est-ce qu'il vous faut les deux ? Vous êtes constituée des deux finalement.
Un peu les deux et dans le livre je tourne autour du mot expatrié quand moi j'ai grandi
en tant une
enfant d'expatrié et c'est vrai qu'en latin expatrié veut dire hors de sa patrie et j'ai toujours eu le sentiment que j'étais hors de ma patrie quelle qu'elle soit
où que vous soyez.
Oui,
où que je sois. Oui,
et
alors donc ça oui donc c'est quand même une forme de déchirement et en même temps vous vivez avec c'est ce que vous êtes il vous constitue.
Oui et je pense que le livre est aussi beaucoup un livre sur l'écriture et sur la place de la littérature et ma théorie c'est que peut-être que la littérature et l'art sont un pays pour ceux qui n'en ont pas ou qui n'arrivent pas à trouver le leur et que donc un livre pourrait être un nid.
C
'est très bien dit c'est très joliment dit comme c'est joliment écrit ce Hanoi Stories qui est donc paru aux éditions Elbin Michel cette fois. Merci Linn Papin je vous conseille de lire vraiment ce livre que ça soit la partie française franco-parisienne ou la partie vietnamienne toutes les deux sont passionnantes tout à fait différemment. Merci beaucoup.
Sous
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