Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Interviewfranceinfo (sur YouTube)· 8 octobre 2025 27 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesRetraitesSolidarités & famille

Démission, échec, budget 2026... Sébastien Lecornu est l'invité du 20h

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 20 %Défensif 50 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:30OuverteRéponse directe

    On va tenter de poser toutes les questions ce soir, mais d'abord je voulais savoir qui se présente devant nous ce soir ?

  • 1:29OuverteRéponse directe

    Et vous sentez qu'ils sont affligés par ce spectacle, vous les entendez ?

  • 1:59FerméeRéponse directe

    Est-ce que vous serez encore à Matignon lundi ?

  • 2:24FerméeRéponse directe

    Quand aurons-nous un nouveau Premier ministre, Sébastien Lecornu, vous ou un autre ?

  • 4:01RelanceRéponse directe

    Qu'est-ce qu'on a entendu dimanche soir ? C'était ça, la grande rupture de Sébastien Lecornu ?

  • 5:09RelanceRéponse partielle

    Pourquoi vous avez démissionné ? À cause de Bruno Retailleau ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:42Invité politiqueFait
    « Le Premier ministre qui a démissionné, qui a remis la démission du gouvernement lundi matin, donc j'expédie les affaires courantes »
  • 2:56Invité politiqueFait
    « il y a une majorité absolue à l'Assemblée nationale qui refuse la dissolution. Une nouvelle dissolution. »
  • 4:30Invité politiqueFait
    « C'est sûr que si on le résume comme cela, évidemment, le match est plié. »
  • 10:33Invité politiqueFait
    « Je pense que c'est le, de fait, un des dossiers les plus bloquants, les plus difficiles, y compris dans les réunions privées ou les réunions publiques, dans les négociations que j'ai pu avoir. »
  • 11:37Invité politiqueFait
    « il s'est installé l'idée dans le pays qu'il n'y a pas eu de vote. Ce qui n'est pas complètement vrai, mais j'ai envie de dire... Ce qui n'est pas complètement fou. »
  • 14:53Invité politiqueChiffre
    « pas moins de 3 milliards d'euros en rendement. On peut dire technocratique, mais en clair, pas moins de 3 milliards d'euros en fonction du périmètre de ce qui peut être suspendu en 2027. »
  • 15:02Invité politiqueChiffre
    « C'est pratiquement 0,1% de notre PIB, si on est à peu près sûr. »
  • 17:24Invité politiqueChiffre
    « une copie à 4,7% du déficit, avec des mesures d'économie qui sont courageuses »
  • 18:33Invité politiqueFait
    « il n'y a pas de schéma dans lequel on n'est pas à moins de 5%. »
  • 18:45Invité politiqueChiffre
    « c'est que cette année, on respecte bien les 5,4%, parce que la crédibilité de la France, c'est déjà de tenir parole pour l'année en cours. »
  • 20:12Invité politiqueFait
    « pourquoi quand on est sur une courbe sur nos prélèvements obligatoires, sur les impôts, pourquoi on a un tassement qui donne cette impression, je mets des guillemets parce que ce n'est pas qu'une impression, c'est assez vrai, à certains égards, qu'au fond la fiscalité n'est pas inégalement répartie. »

Temps de parole

  • Sébastien Lecornu81 %
  • Présentateur19 %

4,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Votre parole est très attendue, vous le savez, vous venez de sortir du bureau du président de la République, vous lui avez rendu les conclusions de votre mission flash, vous allez nous dire ce qui va se passer, avec des Français qui sont déboussolés, parfois affligés, parfois dégoûtés carrément du spectacle politique et qui ont du mal à comprendre ce qui s'est passé ces 72 dernières heures, depuis la nomination de votre gouvernement, puis votre démission surprise, puis cette mission flash de 48 heures que vous a donnée le président de la République. On va tenter de poser toutes les questions ce soir, mais d'abord je voulais savoir qui se présente devant nous ce soir ?

Est-ce l'ex-premier ministre, le futur Premier ministre, un médiateur, qui ?

0:42
Sébastien Lecornu

Le Premier ministre qui a démissionné, qui a remis la démission du gouvernement lundi matin, donc j'expédie les affaires courantes, parce qu'il n'y a pas que la vie politique, la vie réelle, les reportages viennent de le montrer, il y a la vie de l'État, d'autant plus que je suis ministre des Armées, des missionnaires, et donc j'expédie aussi les affaires courantes sur le ministère des Armées.

Il est vrai que depuis 48 heures, le président de la République m'a fait revenir lundi après-midi, considérant que les trois semaines que j'avais passées dans le secret, parfois, ou plus ou moins publiquement, avec les différents partenaires politiques, sociaux, syndicaux, patronaux, au fond j'avais ce réseau qui me permettait en 48 heures d'essayer de mener d'ultimes discussions ou négociations, parce que moi je mesure bien évidemment ce que les Françaises et les Français peuvent penser de la situation, c'est un peuple politique, néanmoins ils attendent que la classe politique s'entende pour le pays.

1:29
Présentateur

Et vous sentez qu'ils sont affligés par ce spectacle, vous les entendez ?

1:32
Sébastien Lecornu

Je crois qu'il faut être sourd et aveugle pour ne pas voir que le peuple français, qui une fois de plus est un grand peuple politique, a voté il y a un an, quoi qu'on pense de la décision du président de la République de dissoudre, redonner la parole au peuple français c'est un acte démocratique, que l'Assemblée ressemble aux tensions du pays, aux divisions du pays, aux sensibilités du pays. Si j'étais même un peu provoquant, je dirais que cette Assemblée ressemble davantage au pays que les précédentes. Et donc ça impose la classe politique à changer de manière de travailler, mais j'imagine qu'on va développer.

1:59
Présentateur

Est-ce que vous serez encore à Matignon lundi ?

2:02
Sébastien Lecornu

Moi j'ai présenté ma démission lundi matin. On pourra peut-être aussi y revenir, je pense donc démontrer que je ne cours pas après le job, dans la mesure où j'ai démissionné. J'ai accepté de faire 48 heures dans des conditions qui ne sont pas que faciles, j'ai un côté moins de soldats, donc j'ai accepté évidemment la mission que le président m'a demandé. Ce soir je considère que ma mission est terminée.

2:24
Présentateur

Quand aurons-nous un nouveau Premier ministre, Sébastien Lecornu, vous ou un autre ?

2:29
Sébastien Lecornu

Je pense que la réponse dépend déjà de ce qu'on peut constater de ce qui se passe à l'Assemblée nationale, et de ce que j'ai dit au président de la République ce soir, en faisant le rapport de cette mission pour commencer.

2:41
Présentateur

Alors vous nous direz donc à la fin de l'entretien si on aura ou non un Premier ministre.

2:44
Sébastien Lecornu

Je vais tout de suite vous le dire, parce qu'il faut bien comprendre, c'est qu'au fond on a une Assemblée qui est évidemment fragmentée, avec des possibilités de compromis. Au fond ce soir ce que je peux dire, après mes consultations, c'est qu'il y a une majorité absolue à l'Assemblée nationale qui refuse la dissolution. Une nouvelle dissolution. Et pas que parce qu'il y aurait la peur de retourner aux urnes, comme on a pu l'entendre tout à l'heure.

C'est peut-être vrai chez certains, mais c'est surtout parce que beaucoup de personnalités politiques, connaissant leur terrain, leur circonscription, voient bien au fond qu'une dissolution amènerait au même résultat, et à une fuite en avant, vers un blocage qui pourrait être davantage définitif. Et de cette majorité absolue qui refuse la dissolution, au fond on a après plusieurs sous-blocs. On a une majorité très relative, de plusieurs formations politiques, qui au fond sont prêts à s'accorder sur un budget commun.

Des formations politiques de l'opposition, notamment de gauche, qui au fond veulent aussi cette stabilité, veulent un budget pour la France et pour la sécurité sociale avant la fin de l'année, mais ils mettent des conditions. Et ce que je peux donc vous dire, c'est que je sens qu'un chemin est possible encore, il est difficile, et j'ai dit au président de la République que les perspectives de dissolution s'éloigner, et que je pense que la situation permet pour le président de nommer un Premier ministre dans les 48 prochaines heures.

3:58
Présentateur

C'est une information, et on va y revenir, mais je voudrais quand même, parce que vous avez accepté de nous répondre ce soir, revenir sur ce qui s'est passé ces trois derniers jours, et ce qui s'est passé la journée de dimanche, la soirée de dimanche. Vous aviez annoncé, quand vous avez pris Matignon, quand vous avez été nommé à Matignon, une grande rupture, sur le fond et sur la forme, vous nous aviez dit ça. Qu'est-ce qu'on a entendu dimanche soir ? On a entendu le secrétaire général de l'Elysée annoncer des ministres les mêmes que ceux d'avant, avec l'arrivée de Bruno Le Maire. C'était ça, la grande rupture de Sébastien Lecornu ?

4:30
Sébastien Lecornu

C'est sûr que si on le résume comme cela, évidemment, le match est plié. La réalité, c'est que pendant trois semaines, j'ai aussi dit plusieurs choses. Déjà qu'il n'y aurait pas de débauchage. Vous avez vu ce qu'a dit le Premier secrétaire du Parti Socialiste, le Premier secrétaire du Parti Communiste Français, pareil pour les responsables d'Europe Écologie Les Verts. Au fond, on est dans un moment où personne ne veut de compromission, personne ne veut quelque chose qui ne soit pas clair. Et donc il y a quand même une majorité qui peut gouverner, très relative, on pourra y revenir, avec un socle commun et des oppositions.

Et au fond, pas de débauchage, c'est donc aussi un gouvernement qui représentait ce socle. Mais je vais vous dire, parce qu'ayant démissionné...

5:09
Présentateur

Pourquoi vous avez démissionné ? À cause de Bruno Retailleau ? Parce que vous ne l'avez pas prévenu ? Parce qu'il y a eu une rupture de confiance ? Que vous n'avez pas prévenu que Bruno Le Maire revenait au gouvernement ? C'est ce qu'il a dit ?

5:18
Sébastien Lecornu

Si vous voulez, davantage, ma parole est assez libre ce soir. Ce n'est pas un problème de Bruno Retailleau à titre personnel. C'est un ministre de l'Intérieur qui a servi son pays courageusement depuis un an, qui a beaucoup de convictions. Et puis d'ailleurs, il ne faut pas réinventer l'histoire. Les Républicains ne se sont jamais dit qu'ils devenaient macronistes. Ils sont venus épauler d'autres formations politiques pour se faire.

5:39
Présentateur

Alors qu'est-ce qui s'est passé ? Vous avez dit oui, qu'il vous a dit non ?

5:41
Sébastien Lecornu

Ce que j'ai sûrement sous-estimé... Vous savez, je suis un militant. J'ai été maire, président de département, sénateur. J'ai commencé très jeune en collant des affiches. Les partis politiques participent à la vie démocratique. La réalité, c'est que nos partis politiques, en ce moment, quels qu'ils soient, me semble-t-il, manquent un tout petit peu de vie. Et on le voit bien, et moi je peux le dire au bout de trois semaines, c'est que dans le secret des conversations, les responsables politiques veulent avancer, mais parfois les bases militantes poussent aux lignes les plus dures.

Et ça, ce n'est pas vrai que des Républicains, c'est vrai de toutes les formations politiques, y compris celles auxquelles parfois j'appartiens. Et c'est ça qui rend les choses beaucoup plus difficiles pour les compromis. Et puis après, les choses, je l'ai dit, se sont enrayées sur la composition du gouvernement, avec quelques appétits partisans, c'est assez classique.

6:25
Présentateur

Ça veut dire quoi en fait ? Parce qu'on a du mal à comprendre. Alors c'est ça, qu'est-ce que vous avez raté ?

6:29
Sébastien Lecornu

Ah ben, j'ai forcément raté plusieurs choses, mais si j'ai un regret sur la composition du gouvernement, c'est que j'ai désormais l'intime conviction que l'équipe qui devra prendre les responsabilités dans les temps à venir, quelle qu'elle soit, quel que soit le choix du président de la République, devra être une équipe qui est complètement déconnectée des ambitions présidentielles pour 2027. car au fond, la situation est déjà suffisamment difficile. Il faut qu'on ait au fond une équipe qui décide de se retrousser les manches et de régler les problèmes du pays jusqu'à l'élection présidentielle.

Et c'est bien légitime des équipes pour un beau débat démocratique qui se prépare à l'élection présidentielle 2027. Et au fond, je l'ai senti dans la composition du gouvernement, qui manquait sans doute d'originalité, je plaide coupable, mais derrière l'éléphant qui est dans la pièce. Et c'est normal, c'est l'élection présidentielle. Et je pense que, quel que soit le choix du chef de l'État dans les jours à venir, parmi ce que je lui ai dit ce soir dans le secret de nos conversations et du bureau, je me suis permis de lui faire ce retour d'expérience.

7:28
Présentateur

Est-ce que ça pourrait être, dans les 48 heures, un Premier ministre de gauche ? Est-ce que vous pourriez le soutenir ?

7:33
Sébastien Lecornu

Ça appartient au chef de l'État. C'est à lui de mener les ultimes consultations. Il y a un beau discours, qui est le discours de Bayeux, que le général de Gaulle a prononcé. Au fond, le président de la République, qui nomme, on dit qu'il veut, avec quand même la sensibilité que le discours de Bayeux, le général de Gaulle donne. Donc au fond, en fonction des rapports de force. Il est clair qu'au terme de mes consultations, au bout de 48 heures, vous avez toujours 210 députés, voire même un peu plus, qui veulent une plateforme de stabilité. Alors certains ont appelé ça socle commun dans le passé, je pense que c'est peut-être du passé.

8:05
Présentateur

Le socle commun n'existe plus, ce soir.

8:06
Sébastien Lecornu

Non, mais en revanche, il y a toujours une plateforme de stabilité avec des députés, j'imagine aussi en lien avec les sénateurs, qui veulent au fond plus ou moins la même chose pour le budget, et certainement des conditions à débattre sur la dépense publique, la fiscalité. Mais au fond, vous avez globalement quelque chose qui peut toujours converger par là, et qui constitue, si on convoque le discours de Bayeux, au fond, l'endroit dans lequel le président de la République peut nommer. Puis après, vous avez la gauche, qui revendique, comme vous le savez, aussi Matignon.

Et ça, ça appartient au seul chef de l'État, moi je suis Premier ministre des missionnaires, mais de regarder dans ses ultimes consultations ce qui peut être fait.

8:40
Présentateur

Olivier Faure a dit, en sortant de votre bureau tout à l'heure, ce sera un gouvernement, moi je veux un gouvernement de gauche, c'est ce qu'il dit, en tout cas lui, sans macroniste. Comment vous l'avez reçu ?

8:50
Sébastien Lecornu

Non mais les gens de droite veulent un gouvernement de droite, les gens de gauche veulent un gouvernement de gauche, je pense que les choses au moins sont pas très...

8:56
Présentateur

Ce sera ni un ni l'autre, c'est ce que vous dites.

8:57
Sébastien Lecornu

Non, c'est pas ça, c'est que l'Assemblée est morcelée, donc de toute façon, tout le monde devra bien faire un petit bouger et un bout de chemin pour s'entendre, c'est ce que les Français nous demandent.

Après, Olivier Faure a dit quelque chose d'important, et auquel, moi j'ai eu cette discussion avec lui, dès notre première rencontre avec le président Cannaire et le président Vallaud, qui sont les deux présidents des deux groupes socialistes à l'Assemblée nationale et au Sénat, je leur ai dit, on n'est pas en Allemagne, on ne va pas réussir à faire une coalition à l'Allemande, il faudrait partir pratiquement trois mois en province pour se mettre d'accord sur quelque chose de compliqué, est-ce qu'on est capable de faire quelque chose en commun jusqu'à fin décembre ?

Et d'un commun accord, nous nous sommes dit non, il y a une opposition, il y a des gens qui veulent gouverner, dans les deux sens d'ailleurs, et donc il faut que ça se fasse dans la clarté. Et au fond, c'est ça qui nous manque, c'est le dernier maître, mais vous entendez bien que je suis plutôt optimiste, c'est la capacité tout simplement à bâtir des compromis dans l'hémicycle.

Et pardon, mais on est vite passé, et les reportages ne l'ont pas resitué, vendredi dernier, j'avais fait quelque chose de pas banal, y compris pour un gaulliste, qui est de dire, le gouvernement ne utilisera pas le 49 aligné à 3 de la Constitution, tout simplement pour assurer les parlementaires qu'ils pourront jouer leur rôle jusqu'au bout des débats, et donc prendre aussi toutes les responsabilités qui s'imposent.

10:09
Présentateur

– Ça pourrait être un Premier ministre technique, un Premier ministre qui n'est pas politique. Est-ce que c'est ça la solution, puisque vous dites chacun veut…

10:16
Sébastien Lecornu

– Ça peut en être une, c'est le Président qui nomme une fois de plus, respectons la Constitution, parce que je pense qu'on est bien avisé de la respecter.

10:23
Présentateur

– Alors, sur les préoccupations des Français, la question qui cristallise tout, vous l'avez compris, vous l'avez entendu évidemment, c'est la réforme des retraites. Est-ce qu'on va vers une suspension de la réforme des retraites ?

10:33
Sébastien Lecornu

– Je pense que c'est le, de fait, un des dossiers les plus bloquants, les plus difficiles, y compris dans les réunions privées ou les réunions publiques, dans les négociations que j'ai pu avoir. Et au fond, je pense qu'on a plusieurs problèmes à régler sur le dossier des retraites. Bon, déjà, il y a celles et ceux qui demandent la suspension, il y a celles et ceux qui sont opposés, il y a celles et ceux qui sont opposés uniquement en disant attention au financement, et c'est vrai, parce que derrière, on joue aussi, on a parlé des taux d'intérêt tout à l'heure, on joue ce qu'on appelle la signature de la France, c'est-à-dire la capacité à emprunter sur les marchés.

C'est certain que si on augmente brutalement la dépense sans dire comment on fait la recette en face, on a évidemment une situation de tension. Mais l'affaire ne s'arrête pas là. Vous vous dites quoi ? Je suis en train de vous répondre, c'est que la deuxième affaire dans le dossier des retraites, c'est qu'on ne peut pas être dans un déni démographique. On vieillit, il faut équilibrer le régime, moi je suis très attaché à ce système par répartition, si on se compare avec les autres pays européens, c'est compliqué. Mais une fois que je vous ai dit ça, mes positions sont connues de là où je viens.

Bon, il faut quand même être sourd aussi, pour ne pas entendre que vous avez des Françaises et des Français qui disent qu'il y a une blessure démocratique. Alors on pourrait dire non. Ma collègue Elisabeth Borne et Ami, quand elle a déposé ses 49.3 sur la réforme des retraites, elle l'a fait dans un cadre constitutionnel, qui est d'ailleurs entendu par Michel Debré dans la capacité de le faire. Mais peu importe, il s'est installé l'idée dans le pays qu'il n'y a pas eu de vote. Ce qui n'est pas complètement vrai, mais j'ai envie de dire... Ce qui n'est pas complètement fou. Mais si, parce que l'engagement de la responsabilité du gouvernement est une forme de vote.

Mais peu importe, j'ai envie de vous dire, je ne suis pas venu pour faire du droit constitutionnel, je suis maire de Vernon, je vois bien comment mes concitoyennes et mes concitoyens peuvent réagir. Les Françaises et des Français ont le sentiment que le débat ne s'est pas déroulé normalement, alors qu'il s'est déroulé normalement. Et donc moi, ce que je crois de là où je suis, je ne suis pas là pour faire des annonces sur la retraite et pour cause, j'ai démissionné, mais donc j'ai spédé des affaires courantes.

Mais je vais vous dire, à la fois c'est une source de blocage, regardez la fin du conclave, CFDT, CFTC, MEDEF, c'est une source de blocage au Parlement, on aura bien du mal à dire qu'il ne faut pas qu'il y ait un débat.

J'ai souvent considéré que le débat démocratique pour les retraites serait la prochaine présidentielle, et il aura lieu, parce que de toutes les évidences, il faudra continuer à travailler sur la question des retraites à l'avenir, certains diront capitalisation, d'autres diront système par point, d'autres diront retour en arrière, mais je vois bien que, en tout cas, je l'ai dit au président de la République, il faudra trouver un chemin pour que le débat ait lieu sur la réforme des retraites.

13:04
Présentateur

– Donc on rouvre le débat sur la réforme des retraites, pas de suspension, mais…

13:08
Sébastien Lecornu

– Je suis précis, parce que… – Oui, c'est très important. – Pendant trois semaines de discussion, je n'ai pas ouvert le débat sur la suspension de la réforme des retraites, ce qui me permet d'en parler d'autant plus facilement que je n'ai pas de leçon à recevoir sur le sujet, parce que justement la gauche m'a reproché d'être un peu rigide.

Je dis juste que, entre suspendre, et ce sera un nouveau gouvernement qui devra le décider, avec une méthodologie en lien avec l'Assemblée nationale et le Sénat, et dire « circulez, il n'y a rien à voir », je pense que dans une démocratie et politique, l'Assemblée, le Sénat, et sociale avec les partenaires sociaux, vous aurez du mal à siffler en disant « non, non, circulez, il n'y a rien à voir », c'est ma conviction, en tout cas, de citoyen, de Premier ministre sortant et d'élu local par ailleurs.

13:52
Présentateur

– On entend donc qu'on va rouvrir le débat au Parlement sur les retraites, c'est ce que vous avez dit au Président de la République, il était d'accord ?

13:57
Sébastien Lecornu

– Non, je n'annonce pas l'ouverture d'un débat, j'ai démissionné, ça sera au successeur et au nouveau gouvernement de le dire, soyons précis. – Le Président de la République, il est d'accord pour ouvrir un débat ?

14:07
Présentateur

– Il est d'accord pour ouvrir un débat ?

14:09
Sébastien Lecornu

– Mais c'est lui qui prendra ses responsabilités, une fois de plus, moi je crois beaucoup à la Constitution. Quand vendredi matin, j'ai dit « je ne me savais pas du 49 à l'île, il y en a trois », c'est une prorogative du Premier ministre, nommer un Premier ministre, engager justement les réflexions et discussions avec un gouvernement que lui seul peut nommer sur la proposition d'un nouveau Premier ministre, c'est sa responsabilité, respectons l'institution présidentielle si je puis me permettre.

14:33
Présentateur

– Sébastien Lecornu, ça va coûter combien à la France si on suspend la réforme borne ?

14:37
Sébastien Lecornu

– Ça dépend ce qu'on suspend, ça dépend combien de temps on suspend, donc là aussi c'est un peu le problème, c'est qu'on vit dans un système avec un grand bavardage politico-médiatique où tout se règle dans un bandeau et un tweet, en fait globalement, pas moins de 3 milliards d'euros en rendement. On peut dire technocratique, mais en clair, pas moins de 3 milliards d'euros en fonction du périmètre de ce qui peut être suspendu en 2027. Donc c'est quand même une somme qui est considérable, c'est pratiquement 0,1% de notre PIB, si on est à peu près sûr.

15:08
Présentateur

– Mais on a les moyens de ça quand on cherche des milliards d'euros pour nos finances publiques. Vous nous avez expliqué pendant deux ans, la majorité, vous et la majorité, que c'était intouchable, que si on rouvrait le débat sur la réforme des retraites, eh bien ce serait le chaos, qu'on emprunterait très cher ou qu'on n'en prêterait plus. Et là, vous cassez ce totem.

15:26
Sébastien Lecornu

– Soyons précis. Dire que l'on veut suspendre ou ouvrir le débat, je ne suis pas en train de le confisquer, j'ai démissionné une fois de plus. Je dis juste que les forces de gauche m'ont dit, les forces syndicales m'ont dit, c'est quand même bizarre de dire, il n'y a pas de débat. Et ça, c'est ce que je suis venu dire. Et je vais vous dire une chose, de toute façon, même si les successeurs n'organisent pas de débat sur le sujet, ce débat, il s'invitera à l'élection présidentielle.

Et je vais vous dire, les candidats à l'élection présidentielle, je le dis d'autant plus que je ne le suis pas, eh bien il va falloir qu'ils disent des choses précises aux Françaises et aux Français sur ce sujet, parce que de toutes les évidences, il y a une attente.

16:01
Présentateur

– La France aura-t-elle en budget l'an prochain ?

16:03
Sébastien Lecornu

– C'est l'objet de mes consultations, pendant 48 heures.

16:07
Présentateur

– Et ?

16:07
Sébastien Lecornu

– Et j'ai dit à chacune des forces politiques que je voyais deux urgences, trois, un budget pour l'État, un budget pour la sécurité sociale, et pardonnez-moi, et pour moi, à titre personnel, ce n'est pas anecdotique, les textes sur la Nouvelle-Calédonie, puisqu'à 18 000 kilomètres d'ici, nous avons une situation institutionnelle qui ne peut pas attendre.

Et ça, c'est ce que j'ai dit à chacune des formations politiques que j'ai reçues pendant 48 heures, et tout le monde dit qu'on ne pouvait pas prendre le risque d'avoir, enfin toutes celles qui sont venues me voir, pour être précis, donc hors LFI et Rassemblement national, pardonnez-moi, toutes m'ont dit qu'il ne fallait pas prendre le risque de ne pas avoir de budget au 31 décembre, parce que les conséquences pour la France et les Français, mais ça a été dit tout à l'heure dans les reportages, seraient absolument dramatiques.

16:48
Présentateur

– Donc il y a un projet de budget qui va être déposé, on entend que lundi, c'est la date limite pour avoir un budget l'an prochain ?

16:54
Sébastien Lecornu

– Oui, et en même temps, une fois plus, ne donnons pas la pression comme certains l'ont fait dans le débat politique, que ça y est, c'est fini, c'est la copie définitive. Je ne peux pas le vendredi avoir posé le 49-3 par terre et faire comme si le texte de démarrage était le texte définitif.

17:06
Présentateur

– Non, mais est-ce qu'il y aura un projet de budget qui sera déposé lundi ?

17:08
Sébastien Lecornu

– J'ai veillé, il ne sera pas parfait par définition, j'avais été nommé il n'y a pas très longtemps, c'est le seul moment d'indulgence que je demande aussi. Donc ce n'est pas un budget qui sera parfait, c'est un budget dans lequel même il y a beaucoup à débattre, parce que c'est un budget qui avait été plutôt imaginé aussi pour que le débat ait lieu, une copie à 4,7% du déficit, avec des mesures d'économie qui sont courageuses, d'autres qui peuvent avoir un impact social à débattre, et moi-même d'ailleurs j'avais mis cette question sur la table, mais ça veut dire aussi qu'il faut que les débats démarrent, et c'est ce que j'ai dit depuis 48 heures aux formations politiques.

Les parlementaires ne peuvent pas dire « Ah ben non, il n'y a plus de 49,3%, mais on va censurer préalablement le gouvernement quel qu'il soit et on ne va pas faire notre boulot de député, parce que j'ai été élu sénateur, j'aime le Parlement, quand on est parlementaire, on discute de la loi, on l'amende, on la vote, on la rejette, mais c'est compliqué de la refuser a priori.

17:59
Présentateur

– Encore deux questions sur le budget, je vous écoute, vous dites avec une économie, un déficit de 4,7%, ce matin je vous ai entendu devant Matignon, vous parliez de 5%, vous êtes revenu au 4,7% de François Bayrou ?

18:10
Sébastien Lecornu

– Non, là aussi, comme d'habitude, soyons rigoureux, ce matin j'ai rendu compte de ce que les formations politiques de l'ancien surcle commun, de cette plateforme de stabilité, avaient travaillé, on a une bonne réunion de travail avec la présidente de l'Assemblée, il y a le Brune Pivet, le président du Sénat, Gérard Larcher, hier matin, qui est de dire qu'il n'y a pas de schéma, enfin me semble-t-il, pour la crédibilité de la France, pour les taux d'intérêt, ça a été dit, il n'y a pas de schéma dans lequel on n'est pas à moins de 5%.

Et je vais vous dire, l'urgence, personne n'en parle, mais celle-là, j'y veille, sous l'autorité du chef de l'État avec les ministres démissionnaires, c'est que cette année, on respecte bien les 5,4%, parce que la crédibilité de la France, c'est déjà de tenir parole pour l'année en cours. – Et on va la respecter ? – On est début, je fais tout pour, et je peux commencer à m'engager en ce début du mois d'octobre, je ne sais pas ce qui va se passer en octobre, en novembre et en décembre, mais pour dire que la parole de la France sera honorée, c'est clé.

19:00
Présentateur

– Dans ce budget, il y aura des mesures sur la fiscalité des plus riches, vous avez dit non à la taxe du CMA, non à le retour de l'ISF, est-ce qu'une taxe sur les holdings, est-ce que la remise en cause ou l'augmentation de la flat tax, est-ce que ce sera dans ce projet de budget ?

19:11
Sébastien Lecornu

– Je ne peux pas parler du projet de budget, j'ai démissionné, il est tombé avec moi.

19:16
Présentateur

– Elle m'avait dit que vous l'avez préparé depuis trois semaines.

19:17
Sébastien Lecornu

– Oui, techniquement, mais il n'a pas été présenté en Conseil des ministres.

19:20
Présentateur

– Est-ce que vous souhaitez qu'il y ait des mesures ?

19:21
Sébastien Lecornu

– Non, juste, vraiment, on ne peut pas avoir la colère des Français et pas aussi avoir le moment de rigueur là-dessus, aucun budget, et c'est bien le problème, aucun budget n'a été présenté dans un Conseil des ministres, c'est bien l'urgence et il y a un décalage, mais je vais répondre à vos questions si vous voulez sur la fiscalité, sur ce que je pense de tout ça, mais le problème du moment, c'est qu'il faut que la crise politique se dénoue, qu'un gouvernement soit nommé, qu'un projet de budget pour la Sécu et pour le pays, pour l'État, soit débattu, adopté par le Conseil des ministres et ensuite que les travaux ouvrent à l'Assemblée nationale.

Après, est-ce que la question de la justice fiscale, comme il est dit, ou au fond, si on est encore plus précis et rigoureux, pourquoi les 0,01% de nos compatriotes les plus riches du pays, pourquoi quand on est sur une courbe sur nos prélèvements obligatoires, sur les impôts, pourquoi on a un tassement qui donne cette impression, je mets des guillemets parce que ce n'est pas qu'une impression, c'est assez vrai, à certains égards, qu'au fond, la fiscalité n'est pas inégalement répartie. C'est toute la question de l'optimisation fiscale, des holdings en mauvais français, de comment, au fond, certains outils sont utilisés. Et ça, vous le voyez, parle moins de Zuckman aujourd'hui.

Il suffit que je dis ça pour qu'à mon avis, beaucoup en reparle, donc je fais attention à ce que je dis, mais la réalité, c'est qu'en trois semaines, on a tenté collectivement de montrer qu'il ne fallait pas faire n'importe quoi, parfois sur la fiscalité parce que ça pouvait avoir un impact sur l'emploi, sur la croissance. Ça s'appelle l'outil professionnel, les entreprises. Ça, moi, j'étais très clair dès le début que néanmoins, on pouvait aussi avoir un débat sur la fiscalité au Parlement.

C'est aussi pour ça que j'avais posé le 49.3 de côté pour permettre aux formations politiques de gauche d'avoir ce débat et aux formations politiques de droite, de centre droit et du centre de dire attention à ce qu'on fait en matière de prélèvement obligatoire. Si des impôts augmentent, ils doivent diminuer.

21:13
Présentateur

C'est ce que j'allais vous dire parce que ça, c'est un autre totem macroniste. Il n'y aura pas de hausse d'impôts ou s'il y en aura ?

21:19
Sébastien Lecornu

Je pense que c'est un totem pour les Français, non. D'ailleurs, les forces de gauche ne sont pas trompées. Zucman, c'est 0,01% des plus riches. Quand vous avez des responsables de gauche qui disent nous, on ne veut plus de l'ISF parce que ça taxe les petits riches. Vous voyez quand même qu'il y a une petite révolution culturelle.

21:36
Présentateur

Pas de nouvelle hausse d'impôts pour les Français.

21:37
Sébastien Lecornu

Je ne sais pas. Je ne suis plus

21:39
Présentateur

Premier ministre.

21:40
Sébastien Lecornu

Non, après, moi, j'avais imaginé, je l'ai dit publiquement, que je pense que si certains... Enfin, pour qu'on ait quand même une copie qui ressemble à quelque chose. On est la France quand même. Si certains impôts pouvaient augmenter, il faudra le justifier, mais que d'autres pouvaient diminuer. Typiquement, j'avais proposé une baisse d'un impôt de production. L'impôt de production, c'est un impôt sur les petites entreprises, notamment, qu'on appelle la CVAE. Et je souhaitais typiquement que la CVAE puisse baisser. Parce que vous êtes un patron de PME en ce moment, ça a été dit, quelle ambiance ? Si vous n'envoyez pas un choc de confiance pour aller aussi...

Parce que plus personne ne parle de croissance, plus personne ne parle d'emploi, mais pardon, on a des moyens de réduire quand même le déficit public, c'est quand même accessoirement d'augmenter notre capacité à produire de la richesse.

22:21
Présentateur

Sébastien Lecornu, il y en a un que vous connaissez bien, qui a sa solution pour la sortie de crise, il s'appelle Édouard Philippe, et lui, il dit, c'est trop le chaos, il faut maintenant une présidentielle anticipée, il faut qu'Emmanuel Macron annonce qu'il partira plus tôt, qu'il quittera le pouvoir, et qu'on organise une présidentielle anticipée, plus tôt, pour sortir de cette crise et de ce bourbier où on est un peu ridicule devant le monde entier, en fait.

22:47
Sébastien Lecornu

Il y a deux choses, il ne dit pas que ça, il dit qu'il faut d'abord que la France a un budget.

22:50
Présentateur

Et qu'Emmanuel Macron parte après le vote de ce budget.

22:53
Sébastien Lecornu

Oui, pardon de mes idées fixes, mais si on pense à son pays, on a un budget, une fois de plus, au 31 décembre, et chacun doit faire ce qu'il faut pour cela, et j'ai tenté de faire ce que je pouvais encore ces 48 dernières heures. Et ça, j'ai eu cette discussion avec Édouard Philippe, qui est mon ami, par ailleurs, vous le savez, ne faisons pas croire aux Français que c'est le président de la République qui vote le budget. Donc quoi qu'il arrive, vous avez cette responsabilité qui pèse sur l'Assemblée nationale et le Sénat. Ensuite, si votre question... Vous ne me répondez pas sur Édouard Philippe ? Si, si, je crois que je montre, je parle peu, mais quand on pose une question, j'y réponds.

Je vais vous dire, dans la démocratie dite représentative, quand on donne un mandat au chef de l'État, à un maire, à un député, à un conseiller départemental, je le suis, si on commence, dès qu'il y a un peu de tempête, à dire, ah ben, il faut s'en aller, je pense que, si c'est vrai pour le président d'aujourd'hui, ça pèsera sur les futurs présidents et demain, ça pèsera sur les maires, sur les députés en disant, tiens, on n'est pas d'accord, donc il faut s'en aller.

Puis je rajoute un dernier élément, je suis toujours ministre en charge des armées, je peux vous témoigner que ce n'est pas le moment de changer de président de la République parce que, par définition, la parole de la France à l'étranger et heureusement, avec l'instabilité gouvernementale que nous connaissons depuis un an, le visage à l'étranger, c'est le président de la République et donc, cette stabilité, et je ne parle pas de sa personne parce que vous connaissez la loyauté que j'ai pour sa personne, néanmoins, pardon, je parle moi de sa fonction et donc, cette institution présidentielle elle doit être protégée et préservée.

24:30
Présentateur

Edouard Philippe qui le lâche, Gabriel Attal qui le lâche également, ça s'appelle de la trahison.

24:35
Sébastien Lecornu

Non, je ne rentre pas là-dedans. En revanche, je vous le disais tout à l'heure, il y a des ambitions présidentielles, elles sont légitimes et la vie politique et après, c'est ce que je disais, je pense que la démocratie représentative, elle doit être protégée et préservée.

24:50
Présentateur

Comment il le vit, pardon, mais comment il le vit le président de la République de voir ses deux anciens premiers ministres qui le lâchent ainsi publiquement ?

24:56
Sébastien Lecornu

Je crois que, il ne faut pas sous-estimer surtout la tension à l'international qu'il doit gérer en ce moment. Vous savez, de mes trois ans et demi à la défense,

25:06
Présentateur

il y a la tension à l'international et c'est certain.

25:08
Sébastien Lecornu

De mes trois ans et demi à la défense,

25:09
Présentateur

il y a le chaos en France.

25:10
Sébastien Lecornu

Je veux aussi vous dire quelque chose, c'est qu'en fait, nous ne sommes plus suffisamment puissants malheureusement depuis 20 ou 30 ans pour qu'à l'international, la France soit autoportée, c'est-à-dire qu'au fond, on vienne nous chercher spontanément. Et ça, c'est une réflexion aussi pour l'avenir, je le dis autant plus, une fois plus, je ne suis pas candidat, c'est qu'au fond, le degré d'énergie et de prise de risque qu'un chef de l'État est prêt à prendre à l'international est absolument clé pour la parole de la France. Ok, il y a la vie politique, le président de la République, mais une fois de vue, c'est la vie politique.

25:42
Présentateur

Quand Emmanuel Macron va-t-il parler ? Il est silencieux, là, depuis 5 jours.

25:46
Sébastien Lecornu

Mais il s'adressera aux Français en temps utile, mais il s'adressera aux Français naturellement.

25:49
Présentateur

Ce week-end ?

25:50
Sébastien Lecornu

Je suis son Premier ministre et missionnaire, je ne suis pas son chef de cabinet.

25:55
Présentateur

Il ne vous l'a pas dit tout à l'heure, quand est-ce qu'il allait s'exprimer ?

25:57
Sébastien Lecornu

Ça lui appartient, mais il le fera comme il l'a toujours fait à chaque moment.

25:59
Présentateur

Donc on aura un Premier ministre dans les 48 heures, on aura un gouvernement aussi, bientôt ?

26:04
Sébastien Lecornu

Comment voulez-vous que je vous réponde ?

26:06
Présentateur

Est-ce que ça peut être vous ? Est-ce que vous avez dit il y a quelques jours je ne suis plus candidat, mais s'il vous appelle et qu'il vous dit il faut y aller ? Est-ce que vous y allez ?

26:13
Sébastien Lecornu

J'ai démissionné parce qu'un certain nombre de conditions n'étaient plus remplies. Pas retourner, enfin je ne peux pas dire que je ne pourrais pas faire le job. Donc pas retourner dans quelque chose dans lequel les conditions n'auraient pas changé toute la conversation qu'on vient d'avoir. Moi, je vous l'ai dit, je suis un moins de soldat. Ce soir, ma mission est terminée.

26:31
Présentateur

Votre mission est terminée ce soir ? Est-ce qu'elle est réussie ?

26:36
Sébastien Lecornu

Pas complètement, de toutes les évidences. Une fois de plus, en tout cas, j'ai appris ça au contact de nos militaires. J'ai tout essayé.

26:46
Présentateur

Merci infiniment d'avoir été avec nous ce soir. On attendait votre parole. Beaucoup de Français ne comprenaient pas ce qui se passait vraiment. Merci d'avoir été et d'avoir répondu aux services publics comme vous avez dit. Merci d'avoir été là ce soir dans le 20h. Merci Sébastien Lecornu.

27:00
Sébastien Lecornu

Merci pour votre invitation.

27:00
Présentateur

Merci.