Laurent Jacobelli : "Faire le plein d’essence, c’est faire le vide dans le frigo !" (France 2)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 50 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:03OuverteRéponse directe
Face à la hausse du prix des carburants, le RN préconise une baisse de la TVA de 20 à 5,5%. Pourquoi cette mesure ?
- 0:49RelanceRéponse partielle
Un argument opposé : cette baisse favorise tout le monde, y compris ceux qui n'en ont pas besoin.
- 1:49OuverteRéponse directe
Comment compenser 10 milliards de recettes en moins pour le budget de l'État ?
- 2:20OuverteRéponse directe
Vous êtes contre les aides ciblées pour les routiers ?
- 2:58OuverteRéponse directe
Quelle impression vous a donnée la marche contre le racisme à Saint-Denis ?
- 4:08RelanceÉludée
Condamnez-vous les propos tenus sur M. Bagayoko comparant sa famille à des grands singes ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:16Invité politiqueFait
« Pourquoi c'est selon vous la meilleure solution ? Parce qu'il faut rendre leur argent aux Français. »
- 0:19Invité politiqueFait
« Aujourd'hui, faire le plein d'essence, c'est faire le vide dans le frigo. »
- 0:27Invité politiqueChiffre
« On a un gouvernement qui se frotte les mains de la situation actuelle, 270 millions d'euros de taxes supplémentaires depuis la guerre en Iran. »
- 0:42Invité politiqueChiffre
« Nous, on propose une baisse de la TVA de 20% à 5,5. C'est 15 euros par litre d'économisé et c'est une relance du pouvoir d'achat. »
- 1:56Invité politiqueChiffre
« Je rappelle que le premier mois, c'est 270 millions de recettes en plus prises dans la poche des Français. »
- 2:02Invité politiqueChiffre
« Mais la baisse de la TVA, c'est 10 milliards, vous l'admettez vous-même. »
- 6:03Invité politiqueFait
« Moi, je porte ce projet depuis 2021 et même peut-être un peu avant, soutenu par Marine Le Pen. »
- 6:07Invité politiqueChiffre
« Il y a 47% de frais de fonctionnement supplémentaires par rapport aux anciennes régions. »
- 6:17Invité politiqueChiffre
« Je rappelle que 80% des Alsaciens veulent retrouver une région de plein exercice. »
- 6:55Invité politiqueFait
« Toutes les taxes ont été augmentées, les indicateurs sont tous au rouge, la fiabilité des transports, etc. »
Temps de parole
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- Présentateur35 %
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Bonjour Laurent Jokaboudi. Bonjour. Merci d'être avec nous ce matin. Effectivement, face à la hausse du prix des carburants, le Rassemblement national dont vous êtes le porte-parole préconise, on l'a encore fait ce week-end, une mesure radicale, c'est-à-dire la baisse de la TVA qui passerait de 20 à 5,5% sur les carburants.
Pourquoi c'est selon vous la meilleure solution ? Parce qu'il faut rendre leur argent aux Français. Aujourd'hui, faire le plein d'essence, c'est faire le vide dans le frigo. On ne peut pas demander aux Français de choisir entre aller travailler avec leur voiture ou simplement nourrir leurs enfants. Or, on a un gouvernement qui se frotte les mains de la situation actuelle, 270 millions d'euros de taxes supplémentaires depuis la guerre en Iran. Voilà le résultat. Donc, les Français s'appauvrissent, l'État s'enrichit et le gouvernement refuse de rendre aux Français leur argent. Nous, on propose une baisse de la TVA de 20% à 5,5.
C'est 15 euros par litre d'économisé et c'est une relance du pouvoir d'achat.
Monsieur Jacobedi, vous connaissez l'un des arguments que l'on oppose à cette mesure ? Il y en a un quand même qui fait sens, c'est que ça, finalement, ça favorise tout le monde. Y compris ceux qui ont les moyens et pour qui la hausse du plein est presque indolore et ceux qui n'ont pas les moyens et qui, comme vous le dites, font des choix entre renoncer parfois à des déplacements et payer l'essence plus chère. Écoutez, c'est une excuse d'un État. Mais est-ce que ce n'est pas vrai ? Non, c'est faux. C'est la même baisse pour tout le monde, la baisse de la TVA.
Bien sûr, mais aujourd'hui, c'est la même hausse pour tout le monde. Et moi, je me demande pourquoi en Italie, en Pologne, en Hongrie, en Espagne, au Portugal, de telles mesures sont prises. Donc, tous les pays d'Europe auraient tort. Pas forcément la baisse de la TVA. La plupart du temps, c'est baisse de la TVA ou baisse de taxes. Tous ces pays auraient tort et le gouvernement de M. Macron aurait raison seul contre tous. Et il aurait raison seul contre les Français. Moi, je n'y crois pas. Je crois que cet État vautour fonce sur la dépouille du pouvoir d'achat des Français de manière très cynique pour remplir des caisses qu'ils n'ont pas su gérer.
Il faut baisser la TVA, il faut baisser la TICPE, qui est une taxe sur l'essence que M. Édouard Philippe, d'ailleurs, avait augmentée.
Comment on compense, M. Jacobelli ? Ça ferait 10 milliards de recettes en moins pour le budget de l'État dans un pays qui est déjà, et vous êtes les premiers à le souligner, en lourd déficit.
Je rappelle que le premier mois, c'est 270 millions de recettes en plus prises dans la poche des Français. Mais la baisse de la TVA, c'est 10 milliards, vous l'admettez vous-même. Si on ne fait rien... Comment on fait pour compenser ? Oui, mais je vous explique. Si on ne fait rien, qu'est-ce qui va se passer ? Il y aura une baisse de la consommation, et donc une baisse des recettes fiscales. Et donc, on a un gouvernement à petite vue, qui ne regarde pas plus loin que le bout de son nez, et qui essaye de tenir un an avant les présidentielles. C'est à peu près tout ce qu'ils essayent de faire.
Ils essayent aussi de faire des aides ciblées, vous êtes contre, pour les routiers...
Vous savez quoi ? Le gouvernement vient de voter une aide, enfin, une contribution supplémentaire de 6 milliards pour le budget de l'Union européenne. Vous cherchez des milliards, voilà, je viens de vous donner une piste, il y a la piste de l'immigration, etc. Vous connaissez toutes les pistes. Mais ça ne se fait pas du jour au lendemain, vous le savez bien. Oh mais écoutez... On baisse la TVA de 20 à 5,5 en un jour avec vous. Oui, et donc l'effet est immédiat, comme aujourd'hui en Espagne, où le litre est à 1,80€, et non pas à 2,10€ comme en France. Une fois encore, si Emmanuel Macron a raison contre la terre entière, tant mieux.
Mais il se trouve que, pour l'instant, il a montré qu'il avait en général assez tort en matière d'économie.
M. Jacobelli, autre sujet dans l'actualité de ce week-end de Pâques, la marche qui a eu lieu samedi à Saint-Denis, des milliers de personnes qui étaient rassemblées pour dire non au racisme et pour soutenir M. Bali Bagayoko, le maire de cette ville, qui a été victime d'un jure qualifié de raciste par le parquet qui a ouvert une enquête. Quel sentiment vous a donné cette manifestation ? Est-ce que vous auriez pu y participer ?
Non. D'abord, s'il y a eu racisme, c'est un délit en France et la justice se prononcera. Mais moi, je ne veux pas rentrer dans le piège dans lequel beaucoup tombent, y compris le ministre de l'Intérieur, qui est de dire « bah voilà, dès que M. Bagayoko est critiqué, il y a racisme ». Non. Pourquoi est-ce qu'ils allument ce contre-feu ? C'est un contre-feu, vous n'êtes pas dupe, qu'allume la France insoumise. C'est parce que les placations de pouvoir dans les mairies acquises par la France insoumise se sont très mal passées. Humiliation pour les anciens maires, menace. Les premières mesures du maire de Saint-Denis sont terribles. Il annonce quoi ? Le désarmement de la police municipale.
Il dit que si les fonctionnaires territoriaux ne sont pas d'accord avec lui, il s'en débarrassera. Il nous explique aussi qu'il n'appliquera pas la loi en matière de logement. Tout cela est très grave.
Vous parlez de son action. Je vous parle de propos qui ont été tenus sur une chaîne de télévision, où l'on a parlé de famille des grands singes, d'attitude de mal dominant. Est-ce que pour vous, ce sont... Est-ce que vous condamnez ces propos ? Par exemple, Éric Zemmour ne veut pas les condamner. Est-ce que vous voulez condamner ces propos ?
Moi, je ne suis pas juge, mais je ne suis surtout pas naïf. Je ne rentrerai pas. Donc vous ne les condamnez pas ? C'est à la justice de le faire. Et si la justice décide de le faire, évidemment, j'abonderai.
Mais vous avez quand même un sentiment par rapport à ce qui a été dit à la télévision sur M. Bagagioco.
Je n'ai lu que des extraits. Et pour être très honnête avec vous, je n'ai pas vu l'interview. Et je connais la capacité de la France insoumise d'extraire une phrase et de dire... Mais pas que la France insoumise, ce sont des ministres, Aurore Berger à votre place ici même. Et de crier au racisme. Une fois encore, l'antiracisme pour la France insoumise et la manière de faire digérer la pilule très dure, des mesures prises par certains de leurs cadres. Mais une fois encore, c'est un contre-feu pour faire oublier que le parti qui a appelé à voter pour ses candidats pour des raisons racialistes, c'est la France insoumise.
Et que les députés qui ont tenu des propos antisémites, c'est la France insoumise. Il s'agit là d'une opération de marketing. Que vous comprenne bien. Et le racisme est une chose trop grave, trop grave, pour en faire un élément commercial.
En votre âme et conscience, en votre fort intérieur, vous estimez que M. Bagagioco n'a pas été victime de racisme depuis qu'il a été à la tête de la mairie de Saint-Denis.
C'est très clair. S'il a été victime de racisme, je le condamne. Mais je ne veux pas non plus que l'antiracisme soit un pare-feu pour empêcher toute critique de la France insoumise qui, dans les premiers pas dans les communes qu'il dirige, ont commis de graves atteintes à l'esprit républicain.
Tout autre sujet. Mardi à l'Assemblée, c'est-à-dire demain, une proposition de loi visant à restaurer la région Alsace va être proposée, non pas par vous d'ailleurs, par le groupe Ensemble pour la République, les macronistes, mais vous soutenez cette mesure parce que vous êtes un élu de Lorraine, je précise, mais vous voyez, on voit de nombreux présidents de région qui sont contre ce démantèlement des grandes régions, la région Grand Est en l'occurrence. Pourquoi voulez-vous revenir à l'ancienne, à l'Alsace ?
Moi, je porte ce projet depuis 2021 et même peut-être un peu avant, soutenu par Marine Le Pen. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'aujourd'hui, le Grand Est est une trop grande région, ça ne fonctionne pas. Il y a 47% de frais de fonctionnement supplémentaires par rapport aux anciennes régions. C'est un ogre administratif et qui broie les identités, et notamment l'identité alsacienne. Je rappelle que 80% des Alsaciens veulent retrouver une région de plein exercice. On le dit depuis longtemps. Nous avons déposé un projet de loi avec mon collègue Théo Bernard Alsacien pour ce faire. Et maintenant, les macronistes nous suivent. Tant mieux.
Mais vous pensez vraiment qu'il n'y a que du négatif dans ces grandes régions dont vous dites que l'Alsace veut retrouver son identité ? Mais je regardais les chiffres. La région Grand Est en 2025 a accueilli près de 200 projets. La création de 5000 emplois de projets étrangers, pardon, d'investissements étrangers. Est-ce qu'à l'image des landeurs allemands, les régions françaises n'ont pas intérêt à être plus grandes, à avoir ce qu'on appelle une taille critique pour exister économiquement ?
Non, parce que pour exister, finalement, ça devient des monstres administratifs. Toutes les taxes ont été augmentées, les indicateurs sont tous au rouge, la fiabilité des transports, etc. Et l'Alsace, qui était très largement au-dessus du taux d'emploi de la nation en moyenne, est devenue dans la moyenne. C'est-à-dire que l'Alsace y a perdu, comme la Lorraine d'ailleurs.
Laurent Jacobelli