Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
ChroniqueFrance Inter (sur YouTube)· 23 janvier 2025 3 minComplaisantActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalImmigration & asile

Bruno Retailleau, l'Algérie et les coups de menton - L'édito politique de Patrick Cohen

Au micro : Patrick CohenSource d'origine 1 locuteur

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 30 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:28PrésentateurFait
    « la reconnaissance par la France de la souveraineté marocaine sur le Sahara fin juillet »
  • 0:38PrésentateurFait
    « il y eut mi-novembre l'emprisonnement pour délit d'opinion d'un écrivain franco-algérien âgé et malade, Boilem Sansal »
  • 0:51PrésentateurFait
    « L'Algérie que nous aimons entre dans une histoire qui la déshonneure »
  • 1:44PrésentateurFait
    « C'est dans une longue interview que Bruno Retailleau a accordée à l'Express »
  • 1:56PrésentateurFait
    « la remise en cause de l'accord franco-algérien de 68 »
  • 2:05PrésentateurFait
    « le ministre de l'Intérieur admet qu'il n'avait pas consulté les autorités algériennes avant de placer dans l'avion l'influenceur d'Oalem »
  • 2:21PrésentateurFait
    « on peut se demander quel est le but recherché quand Bruno Retailleau accuse ensuite l'Algérie d'avoir voulu humilier la France »
  • 2:29PrésentateurFait
    « Son annonce erronée hier matin de l'arrestation d'un autre influenceur algérien dénoncé comme une fuite prématurée par le parquet de Paris »

Temps de parole

  • Présentateur100 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

L'édito politique Patrick Cohen, Bruno Retailleau, l'Algérie et les coups de menton. Comment faire avec l'Algérie ? Plus de 60 ans que la question nous est posée, que les brouilles succèdent aux réconciliations, les coups de froid au réchauffement face à un régime obsédé par sa relation avec l'ancien colonisateur et qui appuie sur le ressentiment anti-français à chaque fois qu'il veut ressouder autour de lui.

Mais la crise cette fois n'a jamais été aussi profonde entre la reconnaissance par la France de la souveraineté marocaine sur le Sahara fin juillet et le refus par l'Algérie d'admettre sur son sol l'un de ses ressortissants expulsés pour propos violents, il y a deux semaines, il y eut mi-novembre l'emprisonnement pour délit d'opinion d'un écrivain franco-algérien âgé et malade, Boilem Sansal, dans ce qui ressemble à la prise d'otage d'un combattant de la liberté. L'Algérie que nous aimons entre dans une histoire qui la déshonneure, avait dit Emmanuel Macron début janvier, et l'évocation de ce déshonneur avait suscité une nouvelle bordée d'invectifs de l'autre côté de la Méditerranée.

Alors que faire avec l'Algérie ? Si vous demandez au gouvernement, ça dépend si vous vous adressez au good cop ou au bad cop, c'est un peu comme dans un commissariat, mais cela compose une invraisemblable cacophonie. Good cop, le chef de la diplomatie, Jean-Noël Barreau, qui fait de la diplomatie, il est là pour ça, il se dit prêt à aller à Alger pour aplanir les difficultés, et fustige les effets de manches et de plateaux, tiens tiens. Sur la même ligne, le ministre de la Défense, Sébastien Lecornu, qui était ici il y a deux jours, et qui a sous son autorité le chef de la DGSE, Nicolas Lerner, dont le Figaro nous apprend qu'il vient de renouer le lien avec Alger lors d'une visite éclair.

Mais c'est encore le bad cop qui les couvre de sa grosse voix pour menacer d'employer la manière forte. C'est dans une longue interview que Bruno Retailleau a accordée à l'Express, tout en plaidant pour dépassionner la relation. Le ministre ajoute aussitôt « puisque la manière douce n'a pas suffi » avant d'évoquer la remise en cause de l'accord franco-algérien de 68, la fin des facilités de voyage pour les dignitaires et de l'accord pour les soins en France. Dans le même entretien, le ministre de l'Intérieur admet qu'il n'avait pas consulté les autorités algériennes avant de placer dans l'avion l'influenceur d'Oalem.

Il n'y était pas obligé, mais comme il se dit que le Kédorset avait averti du refus probable d'Alger de l'accueillir, on peut se demander quel est le but recherché quand Bruno Retailleau accuse ensuite l'Algérie d'avoir voulu humilier la France. Vous trouvez qu'il en fait trop ? Son annonce erronée hier matin de l'arrestation d'un autre influenceur algérien dénoncé comme une fuite prématurée par le parquet de Paris dans un recadrage rarissime montre qu'il y a de la fibrilité sur ce dossier. Pour le reste, je ne sais pas si les coups de menton assénés comme preuve de fermeté à l'opinion française ont un effet quelconque sur les autorités algériennes.

Je ne sais pas quelle est la bonne méthode. Je sais qu'il n'en faut qu'une. Et c'est le plus embarrassant pour ce gouvernement. Le problème de la stratégie suivie, c'est qu'il n'y a pas de stratège.