Unions des droites, détention de Nicolas Sarkozy... l'interview d'Éric Ciotti en intégralité
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L'autre invité de cette émission, c'est quelqu'un qui a appartenu au même parti que vous il y a tout juste un peu plus d'un an. Il l'a quitté, c'est Éric Ciotti qui va nous rejoindre, président de l'Union des droites pour la République, président de ce parti député des Alpes-Maritimes, allié désormais de Marine Le Pen. Je vois que vous n'êtes pas fâché, vous êtes serré la main.
Heureusement, c'est le débat démocratique. Mais bon, j'ai entendu la fin de l'intervention de M. Bertrand sur les insoumis.
Oui, il a parlé d'indignité, il a raison, mais il a appelé à voter pour les insoumis aux élections législatives il y a un an. C'est la vieille politique, c'est celle que les Français ne veulent plus, c'est ces discours tellement contraires. Il n'a dit pas une voix pour aller finir le RN.
Oui, mais l'année dernière, rappelez-vous, aux élections législatives, celles qui ont mis le pays dans le chaos, qu'est-ce qui a mis le pays dans le chaos ? C'est cette alliance des contraires aux contours. C'est ce fameux et ridicule front républicain.
C'est des gens comme M. Bertrand qui nous ont mis dans ce chaos. Ils ont appelé, il a appelé dans sa région, à voter pour M.
Ruffin. Il a appelé à voter communiste, comme M. Philippe d'ailleurs.
Il a appelé à voter insoumis. C'est pour ça qu'on est dans ce chaos aujourd'hui. Qu'est-ce que vous dites quand vous entendez celui qui était membre de votre parti ?
Vous étiez dans le même parti il y a un peu plus d'un an. Je regardais la phrase de David Lissnard tout à l'heure. La vieille politique, celle des années 90.
Je crois que M. Bertrand, il n'a rien compris, comme d'autres, à l'évolution de la société. Pourquoi ?
Il est toujours dans les vieux codes, dans ce ridicule cordon sanitaire au front républicain qui crache, qui insulte des millions de Français. Notre coalition, celle que j'ai voulu bâtir l'année dernière avec le Rassemblement national en tant que président des Républicains, elle a obtenu 11,5 millions de voix. Et on a des gens comme M.
Bertrand ou d'autres qui insultent ces électeurs. Ces électeurs, qu'est-ce qu'ils veulent ? Ils constatent que le pays sombre, que la France que nous aimons, celle dont nous avons hérité, elle est victime aujourd'hui de la dette, des déficits, des impôts, de la sur-réglementation, de l'immigration et de l'insécurité.
Et ce sont les amis de M. Bertrand qui nous ont mis dans cette situation. Donc nous, ce que nous disons, c'est que nous voulons changer.
Et ce discours qui appelle, qui évoque des dangers, où sont-ils les dangers ? Est-ce que le pays aujourd'hui, il n'est pas en danger ? Est-ce que ceux qui ont gouverné le pays depuis tant d'années n'ont pas placé notre France en situation de péril ?
Donc voilà, ce que ça m'inspire, c'est qu'une politique dont les Français ne veulent plus. Ils veulent qu'on tourne cette page de l'impuissance, du mensonge, de l'insincérité. Quand j'entends M.
Bertrand, ça sent l'insincérité. Il n'y a rien de sincère dans ce qu'il dit. Il veut revenir.
On verra combien il vend de livres. Ça sera assez révélateur de l'influence qu'il a aujourd'hui dans notre pays. On reviendra dans un instant sur cette question de l'ignure des droites.
Vous parliez de David Lissnard, mais d'abord, on évoquait aussi la question du débat budgétaire qui a lieu en ce moment à l'Assemblée nationale. Très clairement, le vote sur la partie recette, d'après les informations du service politique de BFM, ne pourra pas avoir lieu la semaine prochaine. La faute à qui, finalement ?
Au gouvernement ou aux oppositions ? LFI et RN, et vous également, parce qu'il y a trop d'amendements. La faute à qui ?
La faute, naturellement, au gouvernement et à l'alliance avec le Parti Socialiste. Tout ça est un théâtre. Pourquoi un théâtre ?
Tout ça, on connaît le scénario. Le budget ne sera pas voté. Et il n'est pas voté parce que M.
Fort et M. Lecornu, sous la tutelle de M. Macron, se sont mis d'accord.
C'est écrit depuis l'alliance qui a été passée entre les macronistes, le Parti Socialiste et LR. Il n'y a pas de deal, disent, d'un côté le PS et de l'autre le gouvernement. C'est quand même prendre les Français pour des bonnets.
Bien sûr qu'il y a un deal. M. Lecornu gouverne avec le pistolet de M.
Fort, sous la tempe. Donc il est sous la dictée du Parti Socialiste. Mais le deal, il est sur quoi alors ?
Le deal, il est sur la suspension, révocation, on l'appellera comme on veut, de la réforme des retraites. Le deal, il est sur plus d'impôts. Les socialistes veulent taxer, taxer, imposer, imposer.
Et la macronie s'est reniée sur tout. Il revient sur la seule réforme qui a marqué les neuf ans de gouvernance de M. Macron.
Il n'y a pas eu grand-chose dans ces neuf ans. Il y a eu le déclin, la dette, les déficits, l'insécurité, l'immigration. Il y avait une réforme que j'ai personnellement soutenue, qui me paraissait courageuse.
Vous avez négocié avec Elisabeth Borne aussi de président des Républicains. La réforme des retraites, elle était impopulaire, elle était très imparfaite, mais elle prenait acte d'une situation. On est en train d'effacer ça.
Où est l'intérêt du pays ? Où sont les convictions ? Est-ce que ce n'est pas un compromis nécessaire à la stabilité politique, Éric Ciotti ?
Mais c'est quoi la stabilité ? Les entreprises disent, elles ont peur de l'instabilité, il faut qu'un budget soit voté. Il ne faut pas un budget à tout prix.
Les entreprises, vous ne devez pas trop les rencontrer, ne disent absolument pas ça. Les entreprises, elles disent, laissez-nous travailler, arrêtez de réglementer, arrêtez de taxer, arrêtez d'imposer. Aujourd'hui, on est dans le pays qui ne s'est créé que des impôts.
On est dans un gouvernement qui est tenu par le Parti Socialiste. C'est quand même ahurissant que le Parti Socialiste, qui a obtenu 1,7% par la voix de Mme Hidalgo à la présidentielle, gouverne aujourd'hui le pays, qu'on soit sous la dictée de M. Fort et de M.
Hollande. Alors vous dites la dictée de M. Fort et de M.
Hollande. Pourtant, la nuit dernière, c'est par exemple vos alliés du RN qui ont voté une taxe. Alors il y a notamment cet impôt universel sur les multinationales, à l'initiative de la France insoumise.
Une mesure qui vise à taxer les bénéfices des multinationales proportionnellement à leur activité réalisée en France. Et pour lutter, disent-ils, contre l'évasion et l'optimisation fiscale, ça pourrait rapporter jusqu'à 26 milliards d'euros au budget de l'État. J'ai regardé, 78 députés RN qui ont voté pour.
Vous êtes à l'aise avec ça, vous ? Moi, je n'ai pas voté, et les députés du groupe UDR n'ont pas voté cette taxe. Vous avez voté contre, j'ai regardé.
Par principe, moi, je suis contre toute augmentation d'impôts. Aujourd'hui, la France est le pays qui connaît le plus de prélèvements obligatoires au monde. Chaque année, nous gagnons la Coupe du monde des impôts.
Celle-là, on aimerait bien que d'autres puissent la récupérer. Et donc, rajouter de l'impôt à l'impôt me paraît être...
Et vous l'avez dit à Marine Le Pen, ça ? Pour autant, nous en discutons avec Marine Le Pen, avec Jordan Bardella, ce qu'il y a dans ce dispositif repose sur des éléments assez véridiques et pertinents. C'est dire qu'on en a assez que des entreprises internationales, je prends l'exemple d'Amazon, soient taxées, payent leurs impôts en Irlande ou payent leurs impôts au Delaware, alors que les entreprises françaises payent un impôt sur les sociétés de 25%.
Donc, qu'il y ait cet équilibre n'est pas quelque chose de délirant. Ce que je conteste, c'est qu'on augmente les impôts des sociétés françaises, parce qu'elles sont aujourd'hui très lourdement taxées, qu'on essaie de mettre de la souveraineté dans notre économie en évitant qu'il y ait des effets d'aubaine par des grands groupes internationaux comme McDo ou comme Amazon, qui quelque part viennent prendre des bénéfices sur le territoire national mais ne paient pas d'impôts, c'est une forme d'équilibre qui est recherchée. C'est ce qui a guidé le Rassemblement national dans le vote de cet amendement, mais je répète que je ne l'ai personnellement pas voté. – Je vais même aller voir, vous avez voté contre, j'ai regardé effectivement dans le rapport qui est fait le contre-en-dru de l'Assemblée nationale. – Mais ce débat devra avoir lieu. – Oui, mais vous échangez maintenant. – Ce débat devra avoir lieu pour qu'il y ait une fiscalité qui soit plus harmonisée. – Vous discutez économie notamment avec Marine Le Pen, est-ce que Marine Le Pen n'est pas plus proche économiquement des socialistes que de vous ? – Absolument pas, regardez, vous êtes un expert avisé, vous avez sans doute vu le contre-budget qu'a proposé le Rassemblement national. – Absolument. – Ce n'est pas totalement le même qu'a proposé l'UDR.
Nous, nous proposons 120 milliards d'euros de baisse des dépenses publiques et nous proposons une baisse à la fois pour moitié de la baisse des prélèvements obligatoires et l'autre moitié la baisse des déficits. Le Rassemblement national, puisque vous ouvrez ce débat, propose 47 milliards d'euros de diminution des dépenses publiques et propose une diminution quasiment équivalente de 45 milliards d'euros des impôts. Quand on baisse les dépenses publiques et quand on baisse les impôts, est-ce qu'on est socialiste ?
C'est très exactement l'inverse que l'on entend dans le discours de la gauche. Gauche qui est aujourd'hui aux commandes de notre pays par l'intermédiaire de ce gouvernement qui applique sous la dictée, je le redis, la politique de la gauche. Donc arrêtons avec les fables, arrêtons avec les clichés qui sont répétés sans que l'on vérifie.
Le contre-budget porté par le Rassemblement national baisse de 17 milliards d'euros. Les impôts sur les entreprises, notamment la cotisation sur les salaires, la cotisation sur la valeur ajoutée. Vous parlez justement de la répartition et des taxations des plus riches.
Ce matin, Gabriel Zuckman, qui était l'invité d'Apolline dans le face-à-face, a dit que c'était sa taxe un élément nécessaire pour qu'il y ait plus d'égalité entre les Français. Vous l'entendez, ça ? Il y a des Français qui disent « Oui, les plus fortunés doivent payer un peu plus, ou en tout cas autant que tout le monde ».
Mais si on est les seuls à faire cela, en Europe, ce principe, s'il s'appliquait dans tous les pays, et notamment dans tous les pays de l'Union européenne, on pourrait l'entendre. C'est une logique qui peut être recevable. Mais si nous sommes les seuls, alors que nous payons déjà le plus d'impôts au monde, à mettre cette taxe, qu'est-ce qui va se passer ?
Tous ceux qui créent, tous ceux qui ont de la richesse, tous ceux qui créent des emplois aussi, vont partir à l'étranger. Regardez aujourd'hui les investisseurs qui s'installent en Italie, qui s'installent sur la place financière de Milan, parce que l'Italie a créé un forfait fiscal. Vous payez 200 000 euros d'impôts et vous n'en payez plus d'autres.
Ça a été fait avant Mme Méloni, ça a été doublé par Mme Méloni. Eh bien, aujourd'hui, beaucoup d'entreprises, beaucoup d'investisseurs, beaucoup de grandes fortunes, qui créent des emplois aussi, se sont installés en Italie. Donc, si on n'a pas cette harmonisation globale, la taxe Zugmann, elle va incarner la mort de centaines d'entreprises françaises.
Elle va être un drame pour l'économie française et pour les emplois. Elle ne va pas enrichir la France, elle va appauvrir tous les Français et pas simplement les riches. Vous avez participé, vous étiez présent hier à la grande soirée de lancement du nouveau livre de Jordan Bardella.
Est-ce que vous vous sentez plus proche politiquement de lui que de Marine Le Pen ? Moi, j'ai une alliance avec le Rassemblement National. J'ai cassé le mur du politiquement correct l'année dernière.
Vous êtes marié avec les deux ? Il y a Jordan Bardella préside le Rassemblement National, Marine Le Pen préside le groupe du Rassemblement National Assemblée. Je travaille bien en loyauté avec les deux.
Nous sommes différents. Je ne suis pas membre du Rassemblement National. Ça ne vous a pas échappé.
Nous avons des différences sur les retraites, notamment. Je suis un homme de droite. Je l'assume.
J'assume cette baisse massive de la fiscalité, cette réforme de l'État, cette baisse des dépenses publiques. Mais à un moment, je me suis posé une question. Notre pays est en danger.
C'est notre constat. C'est mon constat. Que faut-il faire ?
Soit on continue avec ceux qui l'ont mis en danger, soit on arrête avec les vieilles lubies et on s'allie avec ceux dont on est les plus proches. Eh bien, excusez-moi, je suis beaucoup plus proche de Jordan Bardella et de Marine Le Pen, notamment sur les questions de sécurité, d'immigration, de défense de notre identité, de réforme de notre pays que, naturellement, je le suis du Parti Socialiste, de celui de M. Hollande ou de celui de M.
Macron. Donc, j'ai fait un choix. Vous dites oui à l'union des droites ?
Absolument. Il y en a une, je l'ai dit. Presque.
Je vous propose qu'on l'écoute. C'était cet après-midi. J'entends, j'ai écouté.
On écoute Marine Le Pen. Je ne suis pas pour l'union des droites. Je ne suis pas pour sauver la droite.
Moi, je suis là pour sauver la France. Donc, je suis pour l'union de tous les patriotes. S'adresser exclusivement à une droite qui, par ailleurs, est de plus en plus faible, ne m'apparaît ni être une bonne chose pour le pays, ni susceptible de créer les conditions de l'union nationale pour laquelle je plaide.
Qu'est-ce que vous en pensez, Marine Le Pen ? Elle dit « je ne suis pas pour l'union des droites ». Marine Le Pen est candidate à l'élection présidentielle.
Il est normal, c'est une posture somme toute gaullienne, de vouloir rassembler tout le pays, tous les Français. Elle a pris de la hauteur. Moi, je suis à la tête d'une formation de droite.
Et j'ai voulu cette alliance avec le Rassemblement national. Donc, je reste dans cette logique. Mais j'entends et je respecte la position de Marine Le Pen.
C'est normal, quand on est candidat à l'élection présidentielle, d'autres l'ont fait avant elle. Je pense à Nicolas Sarkozy, notamment, on dit « on veut rassembler tous les Français ». Si c'est Jordan Bardella qui est finalement candidat à l'élection présidentielle, ce sera vous le Premier ministre ?
Quelle question ! Quelle question ! Moi, ce que je souhaite, c'est que notre coalition gagne. que demain, il y ait une nouvelle politique pour la France.
Voilà. Et j'aspire à ce que cette coalition que nous avons fondée l'année dernière, qui est solide, qui est loyale, qui porte des projets de réformes considérables pour le pays, pour rétablir l'ordre dans la rue, l'ordre dans les comptes, pour préserver notre identité. Oui, Edouard Philippe, il a fait très exactement l'inverse.
Quand il a gouverné le pays, c'est l'homme de la dette et c'est l'homme de l'insécurité. Jamais l'insécurité n'a autant augmenté que lorsque M. Philippe était Premier ministre et M.
Macron, naturellement, président de la République. Et jamais la dette n'a autant augmenté que sous la gouvernance de M. Philippe.
Donc, il est assez mal placé pour utiliser ce slogan. Éric Ciotti, vous dites et vous aviez dit au lendemain de son départ du gouvernement, vous aviez lancé un appel à Bruno Rotaillot, vous l'aviez appelé à un renversement d'alliance à droite. Il le dit encore ce matin chez nos confrères de RTL, je suis contre l'union des appareils, je suis pour l'union des électeurs.
Eh bien, on fera cette union par les électeurs. Moi, je crois que les appareils de LR, et on en parlait tout à l'heure au début de cette émission avec M. Bertrand, ces appareils sont usés, je dirais même qu'ils sont morts.
C'est terminé. Ils n'ont plus la confiance des Français. Par contre, il y a des électeurs de droite.
Il y a des électeurs qui se désespèrent de la situation actuelle. Il y a des Français, plus globalement, qui ne se résignent pas que la France disparaisse, qu'elle devienne une nation de seconde zone. C'est à eux que je m'adresse.
C'est à eux que nous nous adressons en disant, unissons-nous parce que ce qui nous rapproche est infiniment supérieur à ce qui nous sépare. La gauche peut être unie. La gauche peut être unie avec LFI, avec le Parti communiste.
Il n'y a pas de problème. Ça, c'était le stratagème de M. Mitterrand.
Mais en revanche, les droites, dans leur diversité, elles, on a jeté un interdit moral depuis des décennies sur leur rapprochement, sur leur union. Eh bien, moi, je veux casser cet interdit. Je veux qu'on arrête avec la moraline.
Et M. Retailleau, quelque part, il est prisonnier de ces clichés. Il est, lui aussi, otage de la peur.
Eh bien, je l'invite à se libérer pour la France, qu'il pense à la France, avant de penser à l'intérêt de son parti. Mais quand on voit, effectivement, le fait que, pour l'instant, il n'ait pas souhaité répondre à votre appel, vous échangez avec lui, Bruno Retailleau ? Ça fait quelque temps que je n'ai pas échangé avec lui.
En tout cas, pas depuis qu'il a quitté le ministère de l'Intérieur. La dernière fois que j'ai échangé avec lui, c'est le jour de la fusillade qui avait fait sept victimes à Nice, deux morts, cinq blessés, victimes du narcotrafic dans le quartier des Moulins, où je l'avais appelé pour lui demander des moyens de police pour ma ville, qui nous font, par ailleurs, réellement défaut. On le disait, demain, il y a une niche parlementaire, comme on dit, du Rassemblement National, qui va proposer, notamment, une résolution pour dénoncer les accords franco-algériens de 1968, de rétablir le délit de séjour irrégulé.
Bien sûr, vous allez voter ça. Vous mettez la pression sur vos anciens amis des Républicains aussi ? Écoutez, lorsque nous avions déposé des textes similaires au mois de juin dernier, LR avait brillé par son absence, notamment sur la question, vous vous a rappelé, des mariages blancs qui sont imposés aux maires avec des OQTF.
On prononce des OQTF en France, mais les maires qui refusent de marier un étranger en situation irrégulière, y compris violent et condamné pour violence, ce fut le cas pour Robert Ménard à Béziers, c'est le maire qui est condamné et pas l'étranger qui est expulsé. Nous avions déposé ce texte. À l'époque, LR avait brillé par son absence.
J'espère demain, et ça sera peut-être un premier signe, que LR, de façon cohérente, soutiendra des idées qu'on a toujours défendues. Il faut arrêter, parce que c'est le Rassemblement national qui porte une bonne idée, de dire qu'on est contre. Donc moi, je regarde l'idée avant de regarder celui qui la porte.
Deux questions courtes, deux réponses courtes. On le disait, ça fait une semaine, un peu plus d'une semaine, dix jours désormais, que Nicolas Sarkozy est incarcéré à la prison de la santé. Quels sont les retours que vous avez ?
On sait qu'il y a deux personnes notamment qui vont être jugées pour avoir menacé l'ancien président, promettant justement de s'en prendre à lui pour venger Kadhafi. Ce que je sais, parce que je me suis entretenu avec une de ses collaboratrices, c'est que les conditions de sa détention sont très dures, qu'il ne bénéficie d'aucun privilège. Je pense à lui, je pense à l'épreuve qu'il subit, à l'épreuve que sa famille subit également.
Tout cela dans un cadre, vous l'avez rappelé encore récemment, qui n'est qu'une condamnation provisoire. Aujourd'hui, Nicolas Sarkozy est présumé innocent. C'est un principe fondamental de notre droit.
Il a fait appel d'une condamnation très lourde. Il est présumé innocent. Et malgré le fait qu'il soit présumé innocent et qu'il ne présente naturellement aucun risque pour la société, il est incarcéré.
C'est un ancien président de la République. Là aussi, par rapport à l'image de notre pays, ça interroge. – Dernière question, rapide, on a appris par nos confrères du Canard-enchaîné qu'il y a eu une altercation à Nice entre l'ancien garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti et Christian Estrosi, maire de Nice, que vous allez affronter, en tout cas que vous souhaitez affronter, puisque vous êtes vous aussi candidat à la mairie de Nice. – Et que je vais battre. – En marge, on verra le résultat au mois mars prochain.
Comment vous avez perçu ça ? – Écoutez, j'ai vu que manifestement, le maire de Nice, mais c'est assez fréquent, a perdu ses nerfs, voilà, bon, ça fait partie aujourd'hui de ce que lui reprochent les Niçois, un pouvoir usé, un pouvoir agressif, qui ne supporte pas la contradiction, un pouvoir d'opportunisme politique, c'est ce que reprochait, je crois, j'ai lu la presse comme vous, mais je crois que c'est ce que reprochait M. Dupond-Moretti à M.
Estrosi. M. Estrosi est le premier macroniste historique, il a soutenu trois mois avant l'élection de M.
Macron, sa candidature, alors qu'il était encore à LR, et puis maintenant qu'il voit que M. Macron a quelques difficultés, un peu du plomb dans l'aile, on va dire, il tente de s'échapper ailleurs. Voilà, ça fait partie de ces girouettes qui ne font pas honneur à la politique, c'est ce que lui reprochent aussi les Niçois. – Merci beaucoup Éric Ciotti d'avoir été notre invité, on suivra bien sûr à Nice, comme partout en France, ses élections municipales sur BFM TV au mois de mars prochain. – Sous-titrage Société Radio-Canada –
Éric Ciotti