Le discours d'Emmanuel Macron à la Conférence de sécurité de Munich
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Et deuxièmement, merci d'incarner les relations transatlantiques. Je n'étais pas là l'année dernière, mais heureusement que vous êtes de nouveau parmi nous.
C'est juste une bonne nouvelle. Je vais essayer de rebondir sur les points que vous avez mentionnés sur l'affirmation de l'Europe.
Mais j'aimerais venir à vous aujourd'hui avec un message d'espoir et de détermination. Là où certains voient de la menace, je vois de la fortitude. Là où certains voient des doutes, je vois des possibilités. Car je suis convaincu que l'Europe est forte et peut être rendue encore plus forte. C'est le moment. Une Europe plus forte sera une meilleure amie pour nos alliés, pour les Etats-Unis. Et tout le monde nous demande de nous renforcer, sauf évidemment nos adversaires. Et évidemment, même nous, parfois, et c'est incompréhensible, nous-mêmes, nous sommes les obstacles. C'est pourquoi nous devons nous remédier, je pense. Je suis convaincu vraiment. J'aimerais commencer par cette remarque.
Nous avons besoin d'un état d'esprit beaucoup plus positif. J'aimerais commencer par une clarification. Il y a eu certaines tendances, ici et ailleurs, que ces derniers temps, on ignore l'Europe et de critiquer l'Europe. L'Europe a été discréditée comme une construction qui prend de l'âge et qui n'est plus du tout pertinente, mais comme une ancienne société qui est maintenant ouverte à des traditions barbares, à une économie déclinante. Or, c'est un continent où, c'est ce qu'on dit, que la liberté d'expression, que les faits alternatifs gouvernent en Europe. C'est ce qu'on entend. Ce serait donc un continent de vieille garde. L'Europe, je vous propose une autre grise de lecture.
L'Europe, c'est un continent inédit où nous avons constitutionnalisé la paix par l'interdépendance économique. Ne croyez pas une seule seconde que c'est une construction qui relève de la vienne garde. C'est exactement ce dont nous avons besoin, et je le défends. Et nos amis des Balkans occidentaux sont présents. Ils veulent nous rejoindre dans l'Union européenne, car ils savent quelle est la valeur de cette approche. Mais nous sommes trop timides. Nous n'osons pas dire que oui, nous sommes comme ça. C'est terrible pour nous de ne pas croire en nous-mêmes.
Je pense que tout le monde devrait s'inspirer de nous, au lieu de nous critiquer sans cesse ou d'essayer de nous diviser.
Le président Poutine est venu ici même il y a 20 ans et s'est influencé et a essayé d'obtenir des sphères d'influence pour son pays. Et la peur de la coercition s'est faite aux dépens de l'Europe. Il s'est vraiment mis, enfin, il a essayé de défendre une doctrine qui avait disparu déjà avant la fin de l'URSS. Là, mais nous sommes en Europe, là où des satellites sont créés, là où des pays n'ont pas disparu. Ces idées passéistes du président Poutine semblent redevenir d'actualité. Mais nous sommes dans l'Union Européenne. Nous avons des alliés très proches, le Royaume-Uni, le Canada, les Balkans occidentaux.
Nous pouvons avoir un partenariat sur un pied d'égalité.
Nous pouvons avoir une paix basée sur la prospérité, avec des indicateurs très clairs de prospérité. Mais nous parlons de la santé. Et je pense que cela vaut mieux.
Nous parlons de compétitivité. Parlons de cohésion entre nos politiques publiques.
Parlons de convergence, de nos citoyens, de la presse, qui sont ainsi protégés, tout comme notre liberté universitaire. C'est un espace de liberté et non pas un espace de coercition.
Nous sommes un espace contre à tous. Nous sommes proches de nos forces, bien évidemment.
Hier encore, nous avons parlé de notre compétitivité au niveau européen. Et je sais très bien ce que nous devons atteindre comme objectif. Nous avons donc du travail à faire. Mais faisons notre travail derrière des portes closes et atteignons nos objectifs. Mais projetons un effet positif vers l'extérieur, puisque après tout, c'est ce dont ont besoin nos concitoyens et concitoyennes. Et je crois tout à fait dans la réalité de nos concitoyens.
Nous devons être fiers de tout ce qui a été réalisé sur le continent européen.
Et nous devrions être inspirés et inspirants. Ce n'est pas le cas.
Cela ne veut pas dire, évidemment, que nous n'avons pas des défis.
Mais il est temps, il y a toujours temps de lister les défis.
Je voulais commencer par de l'optimisme, comme peut-être que vous aurez des questions sur le Moyen-Orient.
Je ne vais pas parler plus que ça de l'Iran, évidemment.
Nous soutenons les sociétés civiles après ce qui s'est passé.
Mais j'aimerais me concentrer plutôt sur les défis existentiels. L'Ukraine, l'Ukraine aujourd'hui, demain et après la guerre. Et la sécurité en Europe. L'Ukraine, évidemment, est le plus grand défi auquel nous sommes confrontés.
Nous avons été mis au défi et nous avons fait ce qu'il fallait. Nous avons déjà réalisé un paquet d'aides de 127 milliards d'euros. Et aujourd'hui, c'est une des seules sources de financement militaire de l'Ukraine.
Nous avons réalisé 20 paquets de sanctions envers la Russie. Et nous avons décidé de mettre fin à notre dépendance envers la Russie. Et personne, en février 2022, pensait que nous serions capables de mettre fin à notre dépendance envers la Russie. Je soutiens la volonté du président Trump de provoquer et de créer la paix. Et je pense, effectivement, que nous nous en rapprochons.
Mais alors que la paix se dessine, la Russie continue de tuer des civils
et de s'attaquer à des infrastructures stratégiques et critiques pour la population civile. La réponse ne peut pas être de céder aux exigences de la Russie, mais au contraire, d'augmenter la pression que nous exerçons sur la Russie. Et regardons le contexte plus large. Vous prenez ces quatre dernières années. La Russie a envahi l'Ukraine. C'est maintenant un pays affaibli. La Russie dépense des milliards pour financer sa défense. C'est une puissance économique isolée qui dépend complètement de la Chine. C'est un pays qui avait déjà des problèmes démographiques conséquents. Et aujourd'hui, c'est encore pire. Il ne reste qu'une illusion.
La Russie prétendait lutter contre l'expansion de l'OTAN. Résultat, la Suède et la Finlande ont rejoint l'OTAN. Et maintenant, l'Europe se réarme massivement. C'est une erreur, un piège fallacieux économique et militaire et stratégique, bien évidemment. Évidemment, nous entendons ici encore des discours des fétistes sur l'Ukraine. J'entends pourtant certains chefs d'État et de gouvernement qui appellent l'Ukraine à accepter les conditions de la Russie. C'est une erreur stratégique. Un jour, la Russie devra, et les Russes surtout, devront réaliser ce qui a été commis en leur nom. Et ils verront les conséquences de très long terme sur leur pays.
Mais avant cela, nous ne relâcherons pas la pression. Nous devons continuer à préserver l'aide à l'Ukraine, préserver nos traités, continuer à maintenir cette pression sur la Russie.
Emmanuel Macron