La Grande interview de Laurence Ferrari avec Karim Bouamrane, maire PS de Saint-Ouen et candidat à la présidentielle
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Bonjour Madame Ferrar.
Maire socialiste de Saint-Ouen et candidat à l'élection présidentielle. Merci d'être avec nous ce matin. Beaucoup de sujets dans l'actualité. Je remercie par la journée justice morte qui est organisée aujourd'hui. Les magistrats et les avocats se mobilisent contre la loi portée par Gérald Darmanin sur la justice criminelle, le respect des victimes. Au départ, ça n'avait aucun lien avec la mort de Liana. Et pourtant, les dysfonctionnements graves constatés lors de l'enquête qui a été menée par Gérald Darmanin l'ont conduit à prendre des sanctions contre le substitut du parquet à Hocher.
Est-ce que vous comprenez que cette journée de mobilisation, qui au départ devait être corporatiste, se transforme ainsi ? Est-ce que vous soutenez cette mobilisation ? Est-ce que c'est la réponse qu'attendent les Français ? Deux tiers des Français ne font plus confiance à la justice qu'à Bramran ?
Donc effectivement, deux tiers des Françaises et des Français ne font plus confiance à la justice. Mais j'ai vraiment confiance dans la justice. J'ai confiance dans les magistrats. Les magistrats font un boulot exceptionnel. Et aujourd'hui, on manque cruellement de moyens. Lorsque vous voyez qu'on a un peu moins de 8000 magistrats et qu'aujourd'hui, l'affaire Liana renvoie un dysfonctionnement en termes de moyens. On l'évoquait notamment, les rôles, le manque de simplification, mais aussi le fait que nous avons une justice qui croule dans les demandes.
Alors, il n'y a pas qu'un manque de moyens dans l'affaire qui a mené malheureusement à la mort de Liana. Il y a aussi des faillances sans doute personnelles et c'est là-dessus qu'a insisté Gérald Darmanin. Il faut que les magistrats soient sanctionnés comme toutes les autres professions ?
Que ce soit les magistrats ou que ce soit n'importe quel fonctionnaire, à partir du moment où il y a un dysfonctionnement, il y a une enquête administrative, il faut que les responsables paient. Mais derrière, il ne faut pas que les magistrats soient le bouc émissaire de ce qui se passe. Aujourd'hui, on a deux fois moins de magistrats que dans un pays comme l'Allemagne. Un pays comme le nôtre, une république comme la nôtre, protéger les plus faibles, protéger nos enfants, protéger les personnes qui sont le plus victimes de violences. Les femmes et les enfants doivent requièrent plus de moyens et une réforme structurelle.
On pense notamment à l'IA, les moyens techniques, les simplifications et puis qu'on arrête avec le fait qu'on ait une tonne, une tonne, une tonne de process. Et on ne peut pas avoir une justice forte sans avoir une police forte.
Gérard Larcher, le président du Sénat, se dit choqué, lui, par cette journée, il estime que les réactions corporatrices ne sont plus qu'indécentes vis-à-vis de la douleur des familles. Est-ce qu'on peut se servir comme ça de la mort d'une enfant pour faire avancer des propositions ?
Vous savez, les petites phrases, il faut... Moi, ça me gêne. Mais qu'est-ce que vous proposez-vous, alors ? Moi, ce que je propose, c'est vraiment un travail de fond avec la justice. Quand vous regardez, quand vous êtes dans le réel, Mme Ferrari, quand vous voyez les magistrats, aujourd'hui, la hantise d'un magistrat, c'est de se dire, avec la pile de dossiers, est-ce que je ne tombe pas sur une affaire Liana ? Aujourd'hui, on a un manque de greffier. Aujourd'hui, entre le dossier qui tombe au niveau du parquet, la gestion des familles...
Moi, je le vois tous les jours, lorsque j'ai des signalements dans ma ville, on voit le nombre d'affaires qui peuvent être classées sans suite, par manque de moyens, malgré tous les efforts du procureur, malgré tous les efforts des magistrats, malgré tous les efforts de la police. Donc, c'est vraiment un problème de moyens. Et l'autre versant, Mme Ferrari, sanctuariser la parole de l'enfant. Parce qu'il y a un problème technique, il y a un problème de moyens.
On ne croit pas la parole de l'enfant, pour vous, Karim Boehm?
On ne croit pas, on ne prend pas en compte la parole de l'enfant. Un, sanctuariser la parole de l'enfant. Apprendre aux parents à sanctuariser la parole de l'enfant. Toute la génération des boomers, vous en souvenez de ce qu'on nous apprenait ? Oh, c'est normal, le gamin, la gamine divague, c'est l'âge des rêves avec des espèces d'interprétations freudiennes. Non, il faut sanctuariser la parole de l'enfant. Il faut donner aux parents la possibilité de comprendre la parole de l'enfant. Et les employeurs, un principe que j'ai mis en place à Saint-Ouen, le principe de précaution. C'est-à-dire que dès qu'il y a un doute... Ça consiste en quoi, ça ?
Le principe de précaution, Mme Ferrari, c'est dès qu'il y a un doute, un doute, pas la confirmation que la personne est bien un prédateur, un doute, on le suspend. On le met hors d'état de nuire, c'est ce que je dis tout le temps. Là, vous parlez du périscolaire, par exemple. Pas que le périscolaire, parce que justement, les prédateurs ne se focalisent pas uniquement dans le périscolaire, ça serait facile. Les prédateurs oeuvrent là où il y a des enfants. Association sportive, culturelle. Exactement, absolument. Sportive, culturelle, périscolaire, l'éducation nationale. Il ne faut pas travailler de façon silotée.
Il faut remettre la sanctuarisation de la parole de l'enfant au centre et donner les moyens à la justice de pouvoir mettre en œuvre cette sanctuarisation.
Il y a 8000 magistrats en France, vous en voulez combien ? On augmente de combien le nombre de magistrats ?
50%, il faut augmenter 50% de magistrats, il faut augmenter le nombre de policiers, augmenter le nombre de médecins, il faut donner la possibilité de financer cela. On y reviendra avec une discussion sur les questions budgétaires parce qu'un des principes de notre République, c'est une démocratie sociale et c'est l'économie qui doit financer cet état protecteur, cet état providence.
Vous êtes très attaché, Karim Bamran, à la protection de l'enfant. Vous avez organisé des assises, je crois, à Saint-Ouen.
Absolument, Madame, avec Arnaud Gallet, Mouve Enfant, Mitou École.
On a eu ce drame concernant le jeune Louis, 17 ans, massacré par 5 autres enfants placés à l'ASE, Aide sociale à l'enfance. Là aussi, on a un problème structuré, systémique dans notre pays. Selon l'avocat Michel Hamas, qui était notre invité il y a quelques jours, on estime que 20 000 enfants de l'ASE seraient prostitués. Mais comment est-ce qu'on peut remettre, encore une fois, ce système en ordre et qu'ils protègent les enfants au lieu de les exposer aux pires violences alors même qu'ils sont victimes de violences chez eux ?
Mais vous avez complètement raison. Ils sont victimes de violences sexuelles. Ils sont souvent victimes de violences physiques. C'est une bonne partie d'entre eux qu'on retrouve sans domicile fixe. On a cette espèce de machine endémique de reproduction de la violence. On a 400 000 personnes qui sont dans l'ASE, il manque à peu près 100 000 places, 150 000 places. Et paradoxalement, on est en train de couper les aides aux collectivités territoriales comme les départements. Et ensuite, les gamins, quand ils sortent de l'ASE, qu'est-ce qu'ils deviennent ? Donc, on ne naît pas violent. Il y a cette espèce de machine structurelle. Il y a une fabrique de la violence.
Oui, il y a une fabrique de la violence. Oui, il faut avoir une intransigeance totale lorsqu'on commet une violence. Je pense aux parents d'Elias, aux parents de Louis, aux parents de Théo. Oui, c'est très très dur. Il faut que la justice soit intransigeante et il faut qu'il y ait les moyens de cette ambition.
Même si c'est des mineurs, il faut qu'elle soit dure, la sanction. Même s'il s'agit de mineurs, il faut revoir l'ordonnance des mineurs.
Pas particulièrement revoir l'ordonnance des mineurs de 1945. En revanche, il faut, à partir du principe qu'à partir du moment où il y a crime, il faut qu'il y ait sanction et sanction tout de suite.
Alors donc, on revient sur la loi Belloubet qui est en train d'une césure entre l'acte commis et la punition.
Absolument, absolument. Il faut la revoir. Il faut qu'il y ait une discussion là-dessus. Je n'ai pas de tabou. En revanche, c'est la question, c'est la génèse systémique de cette violence. Et souvent, souvent, il y a une violence physique, une violence sexuelle, une violence sociale. Et on est dans le déni qui fait qu'il y a une reproduction. Et malheureusement, à chaque fois, on a ce type de drame.
Karim Bamran, on essaie de comprendre encore une fois ce qui vous motive. Quelle est votre structure personnelle ? Est-ce qu'il y a un problème endémique de structure familiale ? Est-ce que les enfants aujourd'hui sont laissés pour compte ? Est-ce que les parents ont démissionné ? Qu'est-ce que vous proposez pour responsabiliser les parents ? Est-ce qu'il faut taper le portefeuille des parents lorsque les enfants commettent des délits, des crimes ?
Alors, c'est multifactoriel. Le premier principe qu'on devra avoir en ligne de compte dans le cadre de la présidence de la République, protéger nos enfants. Les enfants, ce sont des futurs jeunes, des futurs mineurs. Donc, protéger nos enfants contre les violences, toutes formes de violences. Je prends les violences sexuelles, sexistes, incestueuses. 80% à son issue de la cellule familiale. On l'a évoqué avec Yana. Il y a cette espèce de déni. Il y a ce manque de sanctuarisation de la parole de l'enfant.
Il faut une grande loi intégrale ?
Une loi intégrale. Je soutiens cette loi intégrale. Je la porte. Je combats. Je salue le travail des parlementaires qui allaient dans ce sens. Ensuite, il y a un sujet qu'on évoque très peu. La question de la protection sociale, notamment la question du logement. 80% de la source des inégalités, du type de violence, ce sont la question du logement. Moi, à présent de la République, pour paraphraser d'aucun, je mettrai en place une politique de logement ambitieuse. Il faut donner la possibilité à chacune et chacun de pouvoir se loger. Proposition très concrète. Par exemple, pour ceux qui ont des logements HLM, de pouvoir les acheter un jour. Pas forcément sur le parcours résidentiel.
C'est déjà en construire. Vous savez, Madame Ferrari, il manque 500 000 logements en France. Il y a 12 millions de mal logés. Baisser la TVA, baisser la TVA de 20% à 5%, faire en sorte que la question du logement soit un produit de première nécessité. C'est consubstantiel à l'idéal républicain. On ne peut pas s'émanciper. On ne peut pas vivre de façon sereine et apaisée si on n'a pas un logement, si on n'a pas un parcours résidentiel. Ensuite, ça peut être les HLM, parcours d'acquisition. Ça se travaille. Je le vois, je le fais à Saint-Ouen en tant que maire. Mais la question, c'est comment donner cette sécurité sociale digne.
Mais vous ne m'avez pas répondu sur la responsabilisation des parents. Est-ce qu'encore une fois, il faut suspendre les prestations sociales ? Il faut parfois sortir les familles des logements HLM s'il y a un défaut, encore une fois, sur un mineur hyper violent ?
Je vais répondre de façon très factuelle, très pragmatique. Sur les questions de narcotrafic, il y a la loi narcotrafic. Lorsqu'effectivement, on sait qu'il y a des familles qui sont impliquées directement ou indirectement sur les questions de narcotrafic, il faut les expulser. Ma réponse est claire. En revanche, lorsqu'il y a une question de violence, vous pensez vraiment que si jamais on expulse une famille qui sont 4, 5, parce qu'il y a un enfant qui a commis des actes graves, ça va résoudre la situation de fond ? Je ne pense pas.
Donc, pas là-dessus. On enlève les prestations sociales uniquement en cas de narcotrafic, c'est ça ?
Non, les prestations sociales, je parlais de l'expulsion dans le cadre du logement social, dans le cadre de la loi narcotrafic. En revanche, suspendre les prestations parce qu'on a un enfant qui a commis un crime, je ne pense pas que ça va donner la possibilité à ce que ce type de crime se reproduise.
On est sur CNews et sur Europe 1. Vous êtes Karim Boimoran, le maire de Saint-Ouen, depuis 6 ans déjà. L'un de vos principaux combats, c'est justement cette lutte contre le narcotrafic. Il y a un an, une école maternelle a dû déménager dans votre commune. Elle était à côté d'un centre de trafic de drogue. Où est-ce qu'on en est aujourd'hui ? Qu'est-ce qui a changé sur le terrain ?
J'ai été le seul maire de France à démanteler 100% des trafics de drogue dans ma commune. Donc, souvenez-vous, il y a eu un grand débat. Le service public ne doit pas être fermé. On laisse la place au trafic. Le service public n'a jamais été fermé.
On n'a pas cédé face au dealer ce jour-là ?
On n'a rien cédé. On a déplacé et on a continué. Il y a eu un continuum du service public. Et justement, 4 mois après, le point de dieu a été démantelé avec une méthode dite Saint-Ouen. Travailler avec la justice, travailler avec la police, travailler avec les parents. Justement, vous avez évoqué la question des parents. Travailler avec les parents d'élèves, travailler avec les associations, la prévention et puis les moyens techniques. Je n'ai pas de tabou avec les moyens techniques. Il y a 1000 caméras. 500 dans les espaces publics, 500 dans le privé. En France,
Police municipale armée.
Police municipale armée. Pas de tabou là-dessus. Police municipale formée. Police municipale avec la question de proximité. Question du logement. Lorsqu'on parle de réhabilitation, rénovation, le logement, c'est la source de tout. Donc, voyez-vous, on peut lutter contre le narcotrafic, mais c'est une conception multifactorielle, holistique, et bien sûr, donner de l'espoir aux enfants. Si on continue à avoir cette espèce de nostalgie du passé, d'aigreur du présent, et de colère et de haine en direction de l'avenir, on n'arrivera pas à avoir des jeunes qui seront portés par l'espoir. Moi, je veux améliorer la vie des gens.
Nostalgie du passé, vous dites quoi en réalité ?
La nostalgie du passé, c'est tout ce qui est porté par le Rassemblement National, où c'était mieux avant, c'était mieux avant qu'on n'était pas porté par le Grand Remplacement, ou la nostalgie du passé en expliquant qu'une bonne partie de nos problèmes, l'insécurité, c'est parce qu'il y a des immigrés, c'est parce qu'il y a des musulmans, et c'est parce que les musulmans sont tous islamistes. Donc, il y a cette espèce de vision extrêmement raductrice. Moi, ce que je dis, c'est que, oui, le pacte républicain...
Sur lequel travaille aussi la France Insoumise, on est d'accord ?
La France Insoumise ne travaille pas sur un pacte républicain.
Non, non, pas sur un pacte républicain.
Pardon, sur les sous-entendus que vous venez d'évoquer. Sauf que la France Insoumise utilise la notion de communautarisation, de monter les communautés les unes contre les autres pour défaire l'idéal républicain. Ce n'est pas du tout la façon avec laquelle j'appréhende mon pays. Moi, ce que j'estime, c'est qu'aujourd'hui, il faut redonner de l'espoir aux gens. Il faut arrêter avec cette espèce de posture outrancière qui consiste à ethniciser les quartiers et en partant du principe que lorsqu'on est des compatriotes maghrébins, lorsqu'on est des compatriotes de couleur noire, Éric Coquerel appelait ça... Voilà, il vous a appelé un homme de couleur.
Des hommes de couleur digne, vraiment digne du code noir, digne des propos colonialistes. C'est typique de la lecture ethnicisée, hypocrite de la France Insoumise, de Jean-Luc Mélenchon. Qui apparaît un parti raciste ? Je dirais que c'est un parti colonialiste. C'est un parti dont les responsables sont portés par une vision colonialiste et donc ethnicisée. Et parfois, chassé naturel, il revient au galop. Donc, pour caricaturer, ce n'est pas une caricature, pour simplifier, on aime bien les maghrébins, on aime bien les noirs, les hommes de couleur, selon Éric Coquerel, quand ils sont totalement au service de Jean-Luc Mélenchon. Moi, j'ai une autre lecture.
Je pars du principe que quelle que soit votre origine sociale, quelle que soit votre orientation sexuelle, quelle que soit votre couleur de peau, que vous soyez de confession juive, musulmane, catholique, que vous ayez un phénotype asiatique, peu importe, on est républicain et on a le droit d'avoir de l'espoir et voir sa vie s'améliorer tous les jours. C'est ça une France humaine, c'est ça une France forte.
Vous êtes candidat à l'élection présidentielle, vous dites que ça dérange. Il y a beaucoup de critiques qui concernent votre origine sociale parce que vous êtes fils d'ouvrier. Or, vous avez travaillé comme chef d'entreprise notamment dans la sille des Cônes-Valais. C'est ça, en fait. On essaie de vous invisibiliser, Karim Boimran.
Mais Mme Ferrari, vous avez complètement raison. Lorsque je viens, quels que soient les médias, que ce soit des médias dits de droite, des médias de gauche, je suis respecté. J'ai gagné, j'ai regagné. Les seuls, les seuls, les seuls qui m'invisibilisent et qui me méprisent, ce sont souvent les barons du Parti Socialiste et les barons de la gauche. Donc votre parti. Parce que mon parti, une frange de la gauche également, cette espèce de mépris social est mépris par rapport à ce que je représente. Alors ensuite, à vous de voir ce que je représente. Et qu'est-ce que vous représentez ?
Je représente un Français républicain de gauche qui se bat pour la démocratie sociale qui est musulman et ça peut poser problème. Et cette espèce de mépris, cette espèce de côté sournois. Les médias, il n'y a aucun problème. Les électeurs, mais les électeurs, Mme Ferrari, ils m'ont fait confiance. J'ai gagné et j'ai regagné. Souvenez-vous. Face à la France insoumise. Face à la France insoumise. En 2020, les mêmes barons de certaines gauches nostalgiques d'un passé colonialiste écrivaient noir sur blanc Karim Boimran ne pourra jamais être maire pour deux raisons. La première, il est fils d'immigré, il est issu de l'immigration.
Je suis issu, comme vous, je ne suis pas du tout issu de l'immigration. Ce sont nos parents. Nous, on est Français, bien Français et fiers d'être Français. Et la deuxième, c'est qu'il est trop dans le bling-bling. Encore une espèce d'essentialisme, d'essentialisation. Ah bah oui. Pourquoi vous êtes bling ? Parce que c'est facile de caricaturer les personnes d'origine italienne, les personnes d'origine maghrébine, les personnes de confession juive. On aime bien essentialiser. Voilà, c'est ce qui s'est passé.
La France insoumise, mais en avant, c'est une nouvelle France qu'elle souhaite, évidemment, voter, qui voterait pour elle. Vous, qu'est-ce que c'est pour vous, cette France que vous portez et que vous aimez ?
Moi, la France que j'aime, c'est la France qui donne la possibilité à toutes les Françaises et les Français de pouvoir se soigner. Moi, c'est la France que j'aime, c'est la France qui donne la possibilité de se loger, à pouvoir bénéficier de la démocratisation d'excellence, qu'on soit fils d'ouvrier, fille d'ouvrier ou issu des zones rurales. Moi, c'est ça, la France que j'aime.
La France que j'aime, c'est la France qui donne la possibilité de se dire que c'est consubstantiel à l'idéal républicain de pouvoir bénéficier d'une sécurité et ne pas être dans la haine du policier, la haine du compatriote juif, la haine du patriarcat, le libéralisme, le fait qu'on soit nostalgique d'une certaine France où on considère qu'il y a une stratification des communautés. Moi, la France que j'aime, c'est la France qui m'a donné la possibilité d'arriver là où j'en suis.
La France que j'aime, c'est la France qui donne la possibilité à toutes celles et ceux qui ont dû bosser trois, quatre, cinq fois plus de pouvoir se dire tiens, je peux gagner plus d'argent parce qu'on peut être de gauche et ne pas avoir de tabou par rapport à l'argent. Donner la possibilité de valoriser aussi bien le travail que le capital. Voilà la France que j'aime. Voilà la France humaine, voilà la France forte.
Vous êtes candidat à l'élection présidentielle. D'aucuns ont dit c'est une candidature de témoignage. C'est vrai qu'il y a beaucoup de candidatures. Si on prend la liste des candidats à gauche, elle est longue comme le bras. Est-ce que vous irez jusqu'au bout ? Et est-ce qu'à la fin, encore une fois, vous voulez porter vos valeurs et s'il y a un second tour RN, LFI, est-ce que vous voterez Jean-Luc Mélenchon ?
Je mets tout en œuvre pour qu'il n'y ait pas un second tour RN, LFI. C'est la raccord classique. Non mais déjà. Est-ce que c'est tout ça que Mélenchon pour vous ? J'aimerais bien savoir si jamais il y avait un second tour Bardella-Le Pen, Boimran, que ferait Mélenchon ? Donc si vous l'invitez, posez-lui la question. Je suis impatient et en attendant, je vous le dis, RN, LFI, Mélenchon, Bardella, je les mets dos à dos pour moi. Les deux extrêmes, je les combats. Donc moi, je ferais tout en sorte pour être le prochain président de la République. Ce n'est pas du tout une candidature de témoignage. J'ai de plus en plus de soutien.
Les signatures, les maires, les responsables et les signatures, on avance bien, que ce soit du côté des Cévennes, que ce soit du côté de Bretagne, de la Bretagne, que ce soit du côté de la Picardie, que ce soit du côté des Ultramarins. Donc ça avance bien. On est confiant.
Donc dos à dos, RN et LFI, mais il y aura un second tour. Il faudra choisir et pour l'instant, vous ne choisissez pas.
Je serai au second tour.
Vous serez au second tour ?
Je serai au second tour.
Face à qui ?
Ça, l'avenir nous le dira. Moi, je suis de ceux qui pensent que le fait que Bardella-Le Pen soit automatiquement au second tour n'est pas quelque chose d'acté. Mais bon, ça c'est d'ordre des chroniqueurs et des experts en politique. Moi, mon boulot, c'est de faire en sorte que la vie des gens s'améliore très concrètement avec un projet qui est le nôtre, c'est-à-dire sécurité, protéger, souveraineté et contribuer à faire en sorte que les gens soient plus heureux. Si on peut renouer avec cette utopie réaliste...
Une infraction de candidats dans ce fameux bloc central. Mais lesquels ? Bernard Cazeneuve, Aléa, il n'est pas candidat. Raphaël Guzman. Il n'est pas candidat. Mais non, mais donnez-moi des noms. Mais oui, mais c'est ça. Ils sont nombreux, effectivement. Vous êtes le seul candidat à gauche, c'est ça ?
Jérôme Guède. Jérôme Guède. On est deux. Donc, ils s'échauffent, ils s'étirent, ils sont éventuellement candidats à une éventuelle candidature. En attendant, moi, je suis candidat, je suis déterminé, on rassemble, on a démontré qu'on a gagné, on a regagné et là, vous avez des espèces de conclaves en petits comités pour la primaire de la primaire de la primaire dignes de calcul de petits boutiquiers. ce que je demande aux responsables socialistes, aux responsables de gauche, très bien, on a une bonne candidature, on se mobilise et on peut lui donner, on peut avoir les moyens de faire en sorte que c'est une gauche républicaine. Et vous avez le sentiment
qu'ils vous entendent ou pas du tout ?
Il faudra leur demander mais a priori, ils passent leur vie à faire des conclaves ou des conférences téléphoniques et pas à soutenir ma candidature, contrairement aux Françaises et aux Français qui sont de plus en plus nombreux. Donc, j'ai totalement confiance.
Un dernier mot concernant le budget, alors c'est une vaste question, il nous reste peu de temps mais nous sommes à la tête d'un pays en faillite, 3536 milliards de dettes. Qu'est-ce que vous proposez ?
Il y a deux dénis, Madame Ferrari. Il y a le déni climatique, on l'a évoqué avec la sécheresse, c'est-à-dire qu'il y a un réchauffement climatique, il faut sortir des énergies fossiles et il y a un déni démographique. C'est simple, notre pays est de plus en plus vieux, il y a 3500 milliards de dettes dont 2000 milliards qui sont dédiés aux dépenses sociales. Aujourd'hui, il faut faire en sorte que toutes celles et ceux, nos jeunes, rentrent de plus en plus tardivement sur le marché du travail et nos travailleurs sortent de plus en plus tôt comparativement à ce qui se passe dans un pays comme l'Allemagne. Vous savez quoi ?
Entre les 400 milliards de dettes et les 300 milliards de dépenses liées à la santé, il faut avoir un vrai débat de fond sur le thème « Voilà le débat, voilà la France que je veux, une France qui protège, une France sociale, mais voilà combien ça coûte. Je serai le président courageux, sincère et qui redonne de l'espoir. Et pour cela, il faut regarder sur les dépenses de 400 milliards et 300 milliards sans tabou.
D'accord, avec un regard sur l'assistance, un assistanat acéré sur lequel celui qui travaille ne peut pas gagner moins que celui qui ne travaille pas ?
Oui, exactement, revaloriser le travail, solidarité, ça ne veut pas dire assistana, ça c'est un postulat et surtout aujourd'hui, lorsque vous regardez les analyses, dans les années 70, des profils comme le vôtre, comme le mien, il nous fallait 15 ans pour doubler notre pouvoir d'achat. Aujourd'hui, il faut plus de 30 ans. Premier élément. Deuxième élément, on n'arrive plus à donner de l'espoir, à gagner plus d'argent pour les classes populaires et les classes moyennes. Il y a cette espèce de pudibonderie lexicale, le pouvoir d'achat.
Les classes populaires, les classes moyennes veulent gagner plus d'argent et pour cela, une proposition très claire, faire en sorte que les entreprises puissent participer à plus de dividendes au regard de la productivité des salariés.
Merci beaucoup. Karim Boimran, candidat à l'élection présidentielle qui était notre invité ce matin sur Facebook et sur Europe 1. Bonne journée à vous.
Merci. Merci Karim Boimran, merci Laurence Ferrari. Dans un instant, vos signatures Europe 1 du lundi à commencer par Philippe Val dans un instant sur Europe 1 8h33.
Certaines choses gagnent à rester simples, comme Simply Lemonade. Préparez avec de vrais citrons et du sucre de canne pour un goût frais et entièrement naturel. C'est la boisson idéale pour illuminer les petits moments du quotidien. Elle est vive, rafraîchissante et conçue pour ceux qui apprécient les bonnes choses. Dites oui à la simplicité et retrouvez Simply Lemonade au rayon frais de votre supermarché. Appuyez sur la bannière pour l'acheter dès maintenant.