Comme Sandrine Rousseau, Philippe Poutou revendique le droit à la paresse
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 80 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse directe
Vous revendiquez un droit à la paresse comme Sandrine Rousseau ?
- 1:02RelanceRéponse partielle
Ça voudrait dire arrêter de travailler pendant des mois sans chercher de travail salarié, la collectivité paie ?
- 1:59FerméeRéponse partielle
Comment financez-vous moins de travail et moins de richesse produite ?
- 2:31FerméeRéponse directe
Le travail est-il une valeur de droite pour vous ?
- 3:02OuverteRéponse directe
Êtes-vous de la gauche des allocs ou de la gauche du travail ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:18Invité politiqueFait
« Face à l'exploitation du travail forcené, il y avait besoin de réduire le temps de travail. »
- 1:41Invité politiqueFait
« Une bonne partie de l'économie qui est socialisée, qui est entre les mains d'un collectif. »
Temps de parole
- Invité politique86 %
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Donc vous bossez, mais comme Sandrine Rousseau, vous revendiquez un droit à la paresse.
Tout à fait, un droit à la paresse, qui est une vieille formule, qui est une formule aussi de militant socialiste du 18e siècle, c'était Paul Lafort qui avait écrit un bouquin qui s'appelle Le droit à la paresse. C'était une formulation polémique, mais pas que. C'était pour dire que face à l'exploitation du travail forcené, il y avait besoin de réduire le temps de travail, il y avait besoin et la possibilité de faire en sorte qu'il y ait un partage du travail entre toutes et tous.
Vous vous rendez compte, c'était déjà il y a plus d'un siècle, avec la productivité, avec les progrès techniques, qui rendaient possible, à son avis, et c'est encore plus possible à notre avis aujourd'hui, de faire en sorte qu'on travaille beaucoup moins, mais pas juste pour du loisir, parce que ça c'est important, ou s'occuper de sa famille et tout ça, mais aussi pour faire autre chose de sa vie que du travail rémunéré, ou en tout cas du travail exploité. Il y a du travail associatif, il y a s'occuper de son quartier, il y a des tas de choses à faire qu'on n'appelle pas travail, mais qui restent quand même des activités qui sont importantes et vitales pour la société.
Donc vous voyez, c'est un peu ça que ce droit leur apparaît, c'est le droit de faire autre chose de sa vie, de maîtriser sa vie aussi.
Oui, mais ça voudrait dire, je m'arrête de travailler pendant des mois, voire des années, sans chercher du travail salarié, et c'est la collectivité qui paye.
Oui, mais vous savez que la collectivité, elle paye plein de choses, elle paye les capitalistes à coups de dizaines de milliards pour toutes les aides qu'ils ont. Donc oui, ça veut dire, oui, effectivement, une société qui fonctionne beaucoup plus collectivement, qui ne fait pas passer les profits avant tout le reste, qui discute de comment on peut vivre ensemble, comment on peut fonctionner ensemble. Les services publics, c'est les collectivités qui payent, et c'est une activité fondamentale. D'ailleurs, on pense que ça passe par des services publics très développés.
Mais c'est une autre conception du travail, mais c'est surtout une autre conception de la société, une autre organisation économique. Et ça veut dire, effectivement, une bonne partie de l'économie qui est socialisée, qui est entre les mains d'un collectif, où là, on ne raisonne pas pour les profits d'une poignée, où on voit aujourd'hui les aberrations des profits énormes, des dividendes distribués alors qu'il y a une misère à côté. Enfin voilà, c'est un peu tous ces problèmes-là. Oui, c'est une remise en cause, en tout cas, de la société telle qu'elle fonctionne aujourd'hui.
Sébastien Crêpe, c'est une question. Comment vous le financez, puisque moins de travail, c'est aussi moins d'activité, c'est moins de richesse produite ?
Mais ça dépend ce qu'on entend par le travail, encore une fois. Aujourd'hui, il y a du travail domestique, il y a du travail associatif qui n'est pas rémunéré, et qui est pourtant fondamental dans la vie de la société. Et on se démerde bien, pourtant, ça fonctionne comme ça. Donc c'est favoriser tout ça. C'est favoriser finalement tout un secteur de l'économie qui n'est pas marchand, mais qui est nécessaire à la société, et qu'on peut financer tout simplement parce qu'il est utile, parce qu'il faut qu'on ait ce travail qui soit fait.
Est-ce que le travail est une valeur de droite, Philippe Poutou, pour vous ?
Le travail tel qu'il est aujourd'hui, oui, sous la forme de l'exploitation, sous la forme du fait que c'est des rapports de subordination, on signe un contrat, on est dépendant des décisions patronales, on est licencié facilement aujourd'hui, quel que soit le secteur économique. Donc ce travail-là, ou en tout cas le salarié n'a pas la main, c'est sa propre activité. Donc nous, on discute qu'il faudrait reprendre le contrôle de tout ça, collectivement, et le travail changerait de sens. Alors justement, je vous pose la question différemment.
C'est produire ce... Philippe Poutou, il y a cette formule de Fabien Roussel, le communiste, est-ce que vous, vous êtes plutôt de la gauche des allocs ou de la gauche du travail ?
Ah oui, oui, s'il faut choisir ce qu'on dit en ce moment, s'il faut choisir, on est de la gauche des allocs, parce que la gauche des allocs, derrière, c'est la protection sociale, c'est la répartition des richesses, c'est justement ça.
Parce qu'évidemment, on entend assister, on entend parasitisme, mais vous vous rendez compte que, finalement, ceux qui ont le plus d'aide aujourd'hui, ceux qui ont le plus d'allocs, entre guillemets, encore une fois, ce sont les gros capitalistes, à travers le CICE, bon, même si lui, il n'existe plus, mais enfin, les exonérations de cotisations sociales, c'est quand même marrant qu'on voit toujours le petit qui reçoit son allocation, et on ne pense jamais aux grosses fortunes qui, ou payent quasiment plus d'impôts, ou ont des aides faramineuses, et notamment, on ne paye plus les cotisations sociales. à l'alpha.