ÉCOLOGIE : LES CONTRE-VÉRITÉS D'E. MACRON, PRÉSIDENT YOUTUBEUR
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Si vous n'êtes pas souvent sur les réseaux sociaux, vous avez peut-être raté ça.
Il y a quelques jours, je vous ai proposé de me poser des questions sur l'écologie. Donc j'ai eu plein de questions, je vous en remercie, d'interpellations plus ou moins précises et plus ou moins sympathiques. Mais je vais essayer de répondre à tout. Allez. Je m'y remets.
Et oui, notre président est devenu youtubeur. Et pas sur n'importe quel sujet. L'écologie. Après tout, on aurait pu s'y attendre, après sa vidéo avec McFly et Carlito, qui avait fait 18 millions de vues et donnait déjà un certain ton.
Selon vous, cette anecdote, est-elle vraie ou fausse ? Je pense qu'elle est fausse.
C'est un bonheur !
Non, excusez-moi, j'ai fait une petite danse de la victoire dans l'Elysée.
Pour à nouveau toucher un public jeune, légitimement angoissé et en colère face à l'urgence écologique, Emmanuel Macron s'est donc mis en scène en train de répondre à des questions des internautes sur l'écologie. L'occasion de vanter son bilan et la politique du gouvernement vivement critiquée par une grande partie de la société civile depuis des années. Le tout avec quelques messages clés faciles à repérer. L'action, le concret, le mouvement. En bref, à écouter le président, le gouvernement est sur tous les fonds.
Donc on avance, on agit. Action, concrète, forte, déterminante. C'est ça le plan. Donc on y va à fond.
Au-delà du côté un peu inattendu du format, de l'opération de communication qui va avec, du ton cash, du langage détendu.
Donc vous êtes très sympathique, Melvac, d'essayer de m'en coller une sur Twitter.
Du montage ultra cut, bref, de la forme, il y a évidemment le fond. Et c'est ici ce qui m'intéresse. Dès sa première vidéo, le président le dit.
Les réseaux ne doivent pas nous empêcher d'essayer de vérifier les faits et la vérité.
Alors justement, c'est ce que je vais faire. Vérifier les faits et la vérité. Est-ce que tout ce que dit Emmanuel Macron est vrai justement ? Spoiler alert, non. Il y a plusieurs approximations et raccourcis un peu faciles. Pour y voir plus clair, je vous propose donc ici un décryptage des deux premières vidéos du président.
Est-ce qu'on a tout fait pour que notre maison ne brûle plus autant ? Non.
Tout a commencé avec un appel vidéo posté sur les réseaux sociaux le 5 novembre à la veille de la COP27. Emmanuel Macron, face caméra, propose aux internautes de lui poser des questions comme le ferait n'importe quel influenceur, sauf qu'il est président. Mais passons.
Je voulais vous proposer de m'adresser très directement vos questions sur ce sujet. Tout ce que vous attendez du gouvernement et du président de la République sur le plan national, européen et international face à ce défi écologique qui est à la fois celui du climat et de la biodiversité. Et donc, j'attends vos questions et j'y répondrai dès la semaine prochaine, là aussi de manière très directe, pour essayer d'expliquer ce qu'on fait, ce qu'on veut faire. Le président s'interroge sur ce que nous faisons face au défi écologique qui est le défi de notre génération.
Et on peut déjà noter un mieux. Il utilise le mot écologie et parle de climat et de biodiversité. Des centaines de questions plus tard, le dimanche 14 novembre, il sortait le premier épisode de sa série de réponses. Il apparaît sans veste, à la cool, le montage est dynamique, l'étalonnage flatteur, le ton est direct, un peu enjoué, et il lance même la caméra lui-même. Bref, tout y est. Les codes YouTube pour parler aux jeunes, donner un sentiment de proximité, d'un moment de vérité, d'échange.
Une opération séduction, en somme, puisque les jeunes, tout comme le reste de la population, sont de plus en plus angoissés par l'avenir et de plus en plus nombreux à demander des comptes au gouvernement sur son action climatique. Ce qu'on peut reconnaître, c'est que le président commence cette première vidéo avec une certaine lucidité concernant l'alignement de la France avec l'accord de Paris.
On n'est pas encore au rendez-vous, c'est-à-dire qu'on ne fait pas encore assez, mais on avance.
Mais l'exercice d'humilité s'arrête là, car ces vidéos ont surtout pour objectif de défendre son bilan. Et ils ne lésinent pas sur le nombre d'exemples de mesures données, avec des chiffres qui impressionnent.
Les cinq dernières années, on a fait 22 000 kilomètres de pistes cyclables. Je crois que c'est concret, clair. On a rénové plus d'un million de logements, d'un point de vue thermique, grâce à MaPrimeRénov'. Plus d'un million de véhicules qu'on a accompagnés pour être changés, des vieux véhicules polluants. Plus d'un million, là aussi, du concret, du clair. Et surtout, du concret. Il y avait 392 000 bouteilles par an en plastique qui étaient utilisées à l'Elysée pour l'eau. Il n'y en a plus, parce qu'on les a supprimées, on a mis des fontaines à eau. C'est très concret.
Mais c'est justement, lorsque l'on rentre dans le détail, que ces affirmations, dites avec beaucoup d'assurance, révèlent des approximations et des erreurs, ou plutôt des inexactitudes. Dès le début de la vidéo, le président s'attaque à une question clé qui revient souvent. La double condamnation de l'État pour inaction climatique.
Comment peut-on se faire condamner pour inaction climatique, tout en ayant l'audace de faire croire qu'on peut se justifier sur Twitter ? Nous nous sommes faits condamner pour inaction climatique sur la période 2015-2018. Parce que sur la période 2015-2018, la France n'a pas été au rendez-vous des objectifs qu'elle s'était donnée. Et il se trouve que j'ai été élu pour la première fois en mai 2017. Et que j'ai commencé à passer des lois à partir de l'été, la plupart plutôt en fin d'année. Et donc elles ont commencé à avoir un effet en 2018. Donc vous êtes très sympathique, Melvac, d'essayer de m'en coller une sur Twitter.
Mais la condamnation pour inaction climatique, c'est plutôt pour la période d'avant, pas pour ma pomme.
Alors là déjà, il y a la façon de présenter l'argument et l'argument en question. Et sur ces deux points, ça ne va pas. La double condamnation de l'État, ce ne serait donc pas pour sa pomme, puisqu'il a été élu en 2017. Si, dans le cadre de l'affaire du siècle, campagne à laquelle avaient d'ailleurs participé McFly et Carlito,
Bonsoir, on a beaucoup réfléchi ces derniers temps. Et on va attaquer tout simplement l'État français en justice.
Pour inaction climatique, la période concernée est bien de 2015 à 2018. C'est en octobre 2021 que le tribunal administratif a demandé à l'État de réparer le préjudice écologique causé par le non-respect des objectifs fixés par la France sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Et en 2021, Emmanuel Macron était président. Le tribunal administratif a donné jusqu'au 31 décembre 2022 au gouvernement pour prendre toutes les mesures utiles afin de compenser l'excès d'émissions de CO2 constatées entre 2015 et 2018. Donc en fait, si, c'est quand même un peu pour sa pomme. Je cite la décision.
Par conséquent, la réparation de ce préjudice implique non seulement l'adoption de mesures propres à le faire cesser, mais également que celle-ci soit mise en œuvre dans un délai suffisamment bref pour prévenir l'aggravation des dommages constatés. Et si l'on revient quand même sur l'argument du passé, Emmanuel Macron n'était alors pas président, mais occupait un poste clé au sein du gouvernement, puisqu'il était ministre de l'économie de 2014 à 2016. Et puis, en 2017, on ne peut pas vraiment dire que l'écologie était une thématique au cœur de sa première campagne présidentielle. Mais passons. Enfin, l'État a été condamné deux fois pour inaction climatique.
Le président omet donc la deuxième affaire, celle de Grande-Synthe, qui a débouché sur une nouvelle condamnation de la part du Conseil d'État. Cette fois-ci, l'institution a demandé au gouvernement de prendre toute mesure utile permettant d'infléchir la courbe des émissions de gaz à effet de serre. Elle lui a donné jusqu'au 31 mars 2022 pour le faire. Le dossier ne concerne pas le passé, mais le présent et le futur, puisqu'il porte sur la capacité de la France à respecter ses obligations pour 2030 dans le cadre de l'accord de Paris. Et pour le moment, ce n'est pas le cas.
Moi, j'aime bien les faits et la vérité.
Sur la forme, désormais, il y a quelque chose de terriblement enfantin et inconséquent à dire « ce n'est pas pour ma pomme ». Pour, en d'autres termes, rejeter la faute sur un autre, ici François Hollande, et dire « non, non, ce n'est pas moi ».
Non, ce n'est pas moi, j'ai un alibi, j'étais au cinéma.
Mais la question aujourd'hui n'est pas simplement de savoir qui n'a pas respecté les objectifs, surtout que ce gouvernement ne les respecte pas, mais de tout faire pour apporter des réponses et réparer le préjudice écologique, car tant que les émissions de gaz à effet de serre s'accumuleront dans l'atmosphère, le climat continuera de se réchauffer, avec des conséquences dévastatrices partout dans le monde. Et chaque pays doit prendre sa part, surtout les pollueurs historiques comme la France.
J'en ai plein d'autres, donc voilà, on continue ?
Ok, on continue. Petite pause d'abord. Le président enchaîne sur le même registre et assure ensuite que depuis, le gouvernement a mis les bouchées doubles.
On a réduit deux fois plus vite nos émissions qu'on ne l'avait fait dans les cinq années passées. Deux fois plus vite. Et maintenant, ce qu'on va faire dans la période 2022-2027, c'est d'aller encore deux fois plus vite.
Mais pas si vite. D'une part, comme je vous l'expliquais dans mon bilan écologique du premier quinquennat, les objectifs ont été changés. Si le gouvernement est dans les clous, c'est parce qu'il a lui-même revu à la baisse ses ambitions pour la période 2019-2023. Le nouvel objectif est de 1,5% de réduction annuelle au lieu des 2,3% prévus à l'origine. Le gouvernement s'est donc autorisé à y mettre davantage que prévu pour ensuite se féliciter, en 2021, d'avoir réalisé ses objectifs pour 2019. Et le problème, c'est que cette révision de trajectoire est censée être compensée par des efforts bien plus importants à réaliser après 2024.
Ensuite, il y a aussi l'effet de la pandémie et du confinement qui ont provoqué une réduction de nos émissions. Enfin, le Haut Conseil pour le climat, dans son dernier rapport de juin 2022, écrit que la réponse de la France au réchauffement climatique progresse mais reste insuffisante. Et il pointe des risques majeurs de ne pas atteindre les objectifs fixés par la France pour la réduction des gaz à effet de serre. Il appelle donc à un sursaut de l'action climatique. Et rappelle que la France va devoir revoir ses objectifs à la hausse, puisque l'Union européenne a adopté un objectif plus ambitieux de réduction pour 2030, passant de moins 40% à moins 55%. Que disait le président déjà ?
L'inaction climatique, c'était pour avant, ça a changé, maintenant on avance, c'est pourquoi je peux décemment vous répondre sur Twitter et vous dire qu'on a beaucoup de défis, on a tous beaucoup de travail, mais évitons de dire des bêtises et nous accuser mutuellement, c'est mieux pour agir tous ensemble.
Venons-en à sa réponse à la question posée par Bonpote sur la Convention citoyenne pour le climat.
Alors sur la Convention citoyenne sur le climat, 150 propositions, on a dit oui à 146, et on avance. Donc les choses se mettent en place.
Le président avait promis de reprendre les propositions de la Convention citoyenne sans filtre. Et s'il a bien sorti trois jokers face aux 149 propositions de la Convention citoyenne et non 150, il n'a pas dit oui à 146 propositions. En réalité, la grande majorité des mesures proposées par la Convention ont ensuite été détricotées par le gouvernement. Je vous le racontais ici, au moment de l'élaboration de la loi climat. Selon les calculs du Monde, seulement 18 des 146 propositions ont été reprises intégralement, soit 12%. La plupart des propositions ont été dénaturées ou édulcorées, leur périmètre a été réduit ou leur délai allongé.
Et c'est justement le cas d'un des exemples donnés par le président.
La suppression des vols intérieurs quand le même trajet en train existe et qui dure moins de deux heures et demie, c'est fait.
C'est faux. D'une part, parce que la proposition de base des citoyens de la Convention était d'interdire les trajets en avion faisables en moins de quatre heures de train et non deux heures trente. Ce qui change totalement l'impact de la mesure. Et surtout, cette interdiction n'est toujours pas entrée en vigueur puisqu'elle est bloquée au niveau européen. Pour un Paris-Bordeaux qui prend environ deux heures vingt en train, on peut donc toujours prendre un avion aujourd'hui. Ça, c'est pour les grands sujets clés et symboliques. Mais il y a aussi de nombreuses approximations sur des thématiques variées. Petit tour d'horizon. Le président évoque un million de logements rénovés.
Et s'il concède que
Il y a des rénovations complètes, intégrales, elles sont beaucoup moins nombreuses.
Ça passe un peu vite. Pourquoi ne pas donner les chiffres réels ou du moins les ordres de grandeur ? Peut-être parce qu'ils ne sont pas très glorieux. Selon le rapport de la Cour des comptes publié en mars 2022, seuls 60 000 logements ont fait l'objet d'une rénovation globale. Dans une nouvelle enquête publiée en octobre 2022, la Cour des comptes estime que les objectifs de la politique publique de rénovation énergétique des bâtiments restent à préciser, les dispositifs à clarifier et certains freins à lever. L'enquête pointe l'incohérence et le risque d'inefficacité des mesures pour réduire l'empreinte carbone des bâtiments. Ensuite, concernant les lignes de train, le président affirme que
Et donc on a sauvé au rouvert environ 9 000 kilomètres de petites lignes.
Seulement, les 9 000 kilomètres, c'est l'objectif que s'est fixé le gouvernement sur 10 ans. Mais il n'est pas atteint pour le moment. En avril dernier, le ministère des Transports avait expliqué à l'AFP que d'ici fin 2022, ce sont plutôt 1 500 kilomètres qui auront été rénovés. On est donc loin des 9 000.
Moi, j'aime bien l'effet et la vérité.
Ensuite, en ce qui concerne les voitures électriques.
La voiture électrique, une escroquerie écologique. Non, ce n'est pas une escroquerie écologique, Jeanne. Alors aujourd'hui, on a environ une voiture sur 8 qui est achetée, qui est une voiture électrique, 100% électrique. Et une sur 3 qui est hybride. On a fait un vrai progrès parce qu'il y a 5 ans, quand j'ai été élu la première fois, on en avait environ une sur 30.
S'il est vrai qu'il y a bien une voiture électrique sur 8 parmi les voitures neuves achetées depuis le début de l'année, il ne faut pas oublier que la part des voitures électriques parmi les voitures en circulation aujourd'hui en France est infime. Au 1er janvier 2021, les voitures électriques représentaient 0,64% du parc automobile français et les véhicules hybrides rechargeables, 0,41%. Surtout, le président affirme avec beaucoup d'aplomb quelque chose de partiellement faux.
La voiture électrique, c'est la meilleure réponse écologique.
Si Emmanuel Macron veut désormais produire plus de voitures électriques, 2 millions d'ici 2030, et extraire du lithium en France, il ne mentionne jamais l'impact de la construction d'une voiture électrique sur le climat et la biodiversité. L'extraction de lithium, par exemple, altère irrémédiablement l'environnement et est associée à une pollution des sols et de l'air, ainsi qu'à la surconsommation d'eau, une ressource dont on manque de plus en plus. Surtout, une voiture électrique pollue beaucoup plus lors de sa production.
Elle part avec une dette carbone plus importante qu'une voiture thermique puisqu'elle a des émissions près de deux fois supérieures avant même d'avoir roulé, comme le mentionne le média vert. Ces émissions sont compensées seulement si on fait usage de cette voiture électrique sur la durée et si l'électricité qu'elle utilise est décarbonée. Emmanuel Macron omet de mentionner tout ceci, mais surtout de s'attaquer au véritable problème aujourd'hui. La réelle réponse écologique est de réduire le nombre de véhicules en circulation ainsi que la taille des voitures. Car si l'on remplace toutes les voitures thermiques par des voitures électriques, on remplace un problème par un autre.
Ce serait comme commencer à fumer pour perdre du poids. Ça n'a pas de sens. Et malheureusement, ces solutions simples à des problèmes compliqués, souvent mises en avant par le gouvernement, sont rarement mises en perspective.
Par contre, le grand n'importe quoi, il est passé sur les solutions aux problèmes. C'est-à-dire que maintenant, on entend beaucoup de bruit sur l'avion à hydrogène qui va permettre de sauver l'aviation commerciale, la voiture électrique qui va permettre d'avoir 1,2 milliard de véhicules particuliers d'une tonne ennemis dans le monde, etc. Donc en gros, on exagère ou on rend excessivement simple la solution au problème. Et là, du coup, on voit énormément d'informations qui sont reprises sans hauteur de vue, sans mise en perspective et qui donnent l'illusion que le problème va être très facile à mettre sous contrôle.
Voilà, c'était un rapide décryptage. Je n'ai pas pu être entièrement exhaustive, sinon j'aurais fait une vidéo bien trop longue. Mais je continuerai à analyser la politique et la communication du gouvernement dans les semaines à venir. J'espère que ces éléments vous ont aidé à y voir plus clair et à comprendre les approximations non négligeables du chef de l'État sur un sujet majeur qui conditionne nos vies aujourd'hui et dans les années à venir. Et surtout, décrypter un discours qui vise à s'arranger avec la réalité et enjoliver l'action du gouvernement. Une action qui, malgré des avancées, n'est toujours pas à la hauteur de l'urgence.
Cette communication montre qu'Emmanuel Macron refuse, encore et toujours, de changer de logiciel et de remettre en question le modèle économique, pourtant à l'origine de la catastrophe. Je vous invite d'ailleurs à suivre la recommandation du président comme je l'ai fait.
Si vous avez des réactions, des compléments ou des vérifications d'ailleurs, parce que j'ai vu qu'il y avait plein de, parfois, de vérifications qui sont faites, envoyez-les-moi.
C'est la fin de cette vidéo. Si vous voulez aller plus loin, vous pouvez retrouver le bilan écologique du premier quinquennat que j'ai fait pour Blast en février. Pour voir les deux vidéos du président en entier, je vous mets les liens en description, ainsi que d'autres liens de décryptage et éléments pour creuser les sujets évoqués. Depuis septembre, nous avons lancé une grande campagne d'abonnement et de dons pour sauver Blast. Vous êtes près de 4000 abonnés à nous avoir rejoints depuis et des milliers à nous avoir fait des dons même de 1 euro. C'est exceptionnel et nous vous remercions pour votre immense soutien.
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