Laurent Jacobelli : "Le Mercosur signifie la fin de l'agriculture française !" (France Info)
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Questions et réponses
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Vous dites ce matin un dictateur de moins ou vous dites haro sur la méthode américaine ?
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Donc ça veut dire que vous ne demandez pas ce matin la libération de Nicolas Maduro aux Américains ?
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Emmanuel Macron n'a pas dit un mot dans son communiqué sur le droit international bafoué par Donald Trump.
- 1:44OuverteRéponse directe
Est-ce que finalement Emmanuel Macron n'a pas fait preuve de pragmatisme ?
- 2:37RelanceRéponse directe
Mais est-ce que ce n'est pas ça le vrai problème plutôt que l'impuissance française, l'impuissance européenne qui se contente parfois de commenter ?
- 2:47OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il n'y a pas une Europe plus forte, une Europe militaire plus forte ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« probablement à la tête d'un narcotrafic qui a ruiné son pays, pourtant un des plus riches au monde potentiellement avec ses ressources naturelles en pétrole. »
- 0:29Invité politiqueFait
« Je pense que personne ne peut pleurer le pouvoir de M. Maduro à part peut-être M. Mélenchon, toujours fan d'ailleurs des dictatures et des régimes les plus improbables et les plus sanguinaires. »
- 3:29Invité politiqueChiffre
« Je vous rappelle que le dernier budget proposé par ce gouvernement prévoyait 19 milliards, tenez-vous bien, de taxes et impôts supplémentaires pour une dépense publique de 30 milliards supplémentaires. »
- 3:48Invité politiqueChiffre
« Bien sûr qu'on a une liste de course. Des milliards à trouver, à peu près 10 dans le coût de l'immigration, 5 à 7 milliards dans le coût de l'Union européenne, »
- 4:58Invité politiqueChiffre
« 3 400 milliards de dettes qui continuent à se creuser chaque jour. »
- 5:03Invité politiqueChiffre
« 250 milliards d'impôts supplémentaires imposés par Emmanuel Macron depuis qu'il est allé l'Élysée. »
- 5:48Invité politiqueFait
« Les demandes d'asile ne cessent d'augmenter. Nous sommes le pays refuge de toute l'immigration du monde en Europe. »
- 6:21Invité politiqueChiffre
« Vous savez de combien l'électricité a augmenté en disant 78%, 30% depuis 2017, qu'Emmanuel Macron est au pouvoir. »
- 7:24Invité politiqueFait
« Tenez bon parce que cet accord du Mercosur est terrifiant. C'est la fin de l'agriculture française. »
- 8:21Invité politiqueChiffre
« On l'a vu au moment du débat sur Shine. Il n'y a même pas 1% des importations qui peuvent être contrôlées. »
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Bonjour Laurent Jacobili. L'opération militaire menée au Venezuela par Donald Trump pour arrêter Nicolas Maduro a sidéré le monde entier. Vous dites ce matin un dictateur de moins ou vous dites haro sur la méthode américaine ?
Non mais d'abord je pense que tout le monde peut se féliciter qu'un dictateur communiste connu pour ses méthodes dure envers sa population, probablement à la tête d'un narcotrafic qui a ruiné son pays, pourtant un des plus riches au monde potentiellement avec ses ressources naturelles en pétrole. Je pense que personne ne peut pleurer le pouvoir de M. Maduro à part peut-être M. Mélenchon, toujours fan d'ailleurs des dictatures et des régimes les plus improbables et les plus sanguinaires. Non, je pense que là-dessus il peut y avoir consensus.
Donc ça veut dire que vous ne demandez pas ce matin la libération de Nicolas Maduro aux Américains ?
Non, on va penser au peuple vénézuélien qui je pense est débarrassé d'un des spots et on ne va pas lui remettre cette dictature en face. En revanche, il faut maintenant réfléchir à la démocratie, au retour des élections, avoir un gouvernement légitime et voulu par la population, c'est-à-dire ramener la liberté dans ce pays. Et ce qui peut choquer c'est la méthode qui est contraire au droit international et qui clairement est un droit auto-déclaré par M. Trump à l'ingérence. Nous nous sommes très attachés à la souveraineté des États et ce type de méthode ne fait pas partie des méthodes que nous pouvons approuver.
Emmanuel Macron n'a pas dit un mot dans son communiqué sur le droit international bafoué par Donald Trump. C'est Jean-Noël Barraud, le ministre des Affaires étrangères, qui s'en est chargé. Mais l'Élysée nous dit que c'est pour préserver aussi ces échanges avec l'allié américain sur l'Ukraine. Je rappelle qu'il y a un rendez-vous très important demain à Paris, l'émissaire américain sera à Paris. Couper les ponts avec Trump pourrait annuler les espoirs de paix en Ukraine. Est-ce que finalement Emmanuel Macron n'a pas fait preuve de pragmatisme ?
Je pense qu'Emmanuel Macron a lâché l'éponge. Je pense qu'il ne fait qu'acter ce que tout le monde a déjà vu depuis longtemps, la diplomatie française. Sous Emmanuel Macron ne compte plus. Même son propre ministre des Affaires étrangères ne dit pas la même chose que le président de la République. En fait, il y a une répartition des rôles.
On peut aussi voir ça à Jean-Noël Barraud, le droit international, à Emmanuel Macron, le fait de préserver effectivement Donald Trump.
Donc il s'occupe du régalien tous les jours, sauf le jour où il y a une crise internationale, Emmanuel Macron. Non, je pense que tout cela n'est pas possible. Je pense que simplement c'est un manque de concertation. Et c'est parce que la France n'a plus ce rôle central dans la diplomatie mondiale qu'on a aujourd'hui un Donald Trump qui se croit peut-être autorisé à tout faire. La France ne contrebalance plus ce type de décision. La France n'est plus entendue dans le monde entier. Et c'est bien un problème parce qu'Emmanuel Macron a laissé les mains, a laissé la clé de la diplomatie française dans les mains de Mme von der Leyen qui n'en a pas le pouvoir.
Mais est-ce que ce n'est pas ça le vrai problème plutôt que l'impuissance française, l'impuissance européenne qui se contente parfois de commenter ?
Il ne fallait pas laisser Mme von der Leyen prendre les rêves.
Est-ce qu'il n'y a pas une Europe plus forte, une Europe militaire plus forte ?
C'est l'inverse. Il faut que la France redevienne souveraine militairement, vous l'avez signalé, et diplomatiquement parce que tous les pays d'Europe n'ont pas les mêmes intérêts. Tous n'ont pas la même histoire, tous n'ont pas les mêmes alliés. Et donc nous devons avoir cette voie singulière dans le concert des voies diplomatiques du monde. Ce que nous n'avons plus, et ce qui, on le voit bien aujourd'hui, manque à la paix mondiale.
Ce matin, le budget fait son retour à l'Assemblée nationale. Ça va se jouer cette semaine au sein déjà de la Commission des finances. Amile Monchalin souhaite un budget fin janvier, même dans la première quinzaine. Ça paraît possible pour le rapporteur Philippe Juvin. Est-ce que vous pensez que c'est possible ?
Oh, qu'il y a un budget, tout est possible. Que ce budget soit adopté, c'est une autre paire de manches. Je vous rappelle que le dernier budget proposé par ce gouvernement prévoyait 19 milliards, tenez-vous bien, de taxes et impôts supplémentaires pour une dépense publique de 30 milliards supplémentaires. C'est-à-dire que ça creusait le déficit et ça demandait plus d'efforts aux Français. C'est l'inverse qu'il faut faire. C'est des économies dans le coût de l'État. L'immigration, l'Union européenne, les agences qui ne servent à rien, l'administration...
Donc c'est ça, vos exigences ? Est-ce que vous avez une liste de course ?
Bien sûr qu'on a une liste de course. Des milliards à trouver, à peu près 10 dans le coût de l'immigration, 5 à 7 milliards dans le coût de l'Union européenne, des dizaines de milliards dans le fonctionnement de l'État. C'est clairement la priorité. Pas un sou ne doit être pris dans la poche des Français, tant que l'État n'a pas fait sa cure d'amincissement. Tant qu'ils n'auront pas compris ça, il y aura plus de dettes, plus d'impôts et moins d'efficience économique.
Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a répété hier, il pense qu'il existe toujours un chemin. Est-ce que pour vous, il y en a toujours un ?
Oui, il y en a un vers la sortie pour M. Lescure. C'est le chemin qu'il devrait emprunter, lui et le gouvernement. Tant qu'il n'y aura pas de nouvelles élections, tant qu'il n'y aura pas une majorité à l'Assemblée nationale, il n'y aura pas de budget. Un budget, c'est quoi ? C'est la transcription en chiffre d'une volonté politique. Aujourd'hui, il n'y a pas de volonté politique, puisqu'il n'y a pas de majorité. C'est pour ça que le retour aux urnes, que demandent Marine Le Pen et Jordan Bardella, est la seule solution. M. Lescure, apparemment, ne l'a pas compris, mais il n'est pas le seul dans ce gouvernement.
Mais est-ce que vous ne pensez pas que les Français en ont assez de ce feuilleton, qu'il est temps, effectivement, de passer à autre chose ? Faire tomber un Premier ministre à deux mois des municipales, voire donc une loi spéciale qui est coûteuse, perdurée, pendant des mois, des semaines, vous pensez que c'est ça la solution ?
Il faut arrêter, oui, il faut une solution. La solution, ça ne peut pas être 3 400 milliards de dettes qui continuent à se creuser chaque jour. Ça ne peut pas être 250 milliards d'impôts supplémentaires imposés par Emmanuel Macron depuis qu'il est allé l'Élysée. Ça ne peut pas être des entreprises qui, chaque jour, ferment. Et moi, je le sais bien, dans ma circonscription, j'ai ArcelorMittal. Donc tout cela, tout cela doit être maintenant résolu. Et pour ça, il faut une nouvelle équipe. Vous l'avez dit, il faut une solution. Il faut que ça s'arrête. Eh bien, il faut que ça s'arrête. Il faut donc des élections. Il faut très vite aller aux présidentielles.
Parce que, je vous le dis, tant qu'Emmanuel Macron sera président de la République, la France connaîtra un budget déficitaire, plus d'impôts et le chaos généralisé.
– Si Sébastien Lecornu passe le budget avec le 49-3, est-ce que pour le Rassemblement National, ce sera la motion de censure automatique ?
– Automatique, je ne sais pas, mais une forte probabilité. Une fois encore, nous le voulons. Nous voulons que cette France soit dirigée sereinement avec une vraie équipe qui se mette au boulot. Il faut des réformes profondes. L'immigration est galopante. On a encore battu tous les records. Les demandes d'asile ne cessent d'augmenter. Nous sommes le pays refuge de toute l'immigration du monde en Europe. L'insécurité galope. Chaque jour, la une des journaux nous le montre. Il faut reprendre les rênes de ce pays qui ne connaît plus l'idée d'autorité, qui ne connaît plus l'idée de respect. Donc il faut tout refaire. Et puis il faut donner nos entreprises aussi à créer de l'emploi.
Il faut changer d'équipe.
– Il y a quand même une bonne nouvelle pour les Français, c'est que l'électricité va baisser. C'est ce qu'a annoncé Roland Lescure.
– Non, alors j'imagine que vous avez pris des bonnes résolutions. Et l'optimisme en fait partie. Bravo. Écoutez, 80 centimes d'économie par mois. Roland Lescure se moque de la tête des Français.
– Ça peut aller jusqu'à 200 euros pour les boulangers, c'est pas rien.
– Ah oui, mais d'accord. Vous savez de combien l'électricité a augmenté en disant 78%, 30% depuis 2017, qu'Emmanuel Macron est au pouvoir. Tout ça n'est pas possible. Il faut maintenant prendre des vraies mesures. Baisser la TVA sur l'électricité de 20% à 5,5% alors que le gouvernement a fait l'inverse. C'est ce que nous proposons. Et puis sortir de la tarification unique européenne qui fait que nous payons notre électricité beaucoup plus cher. Alors que ça devrait être un élément de concurrence pour nos entreprises et un élément de pouvoir d'achat pour les particuliers.
– Il y a aussi une semaine cruciale qui s'ouvre pour l'agriculture. Sébastien Lecornu va rencontrer à partir d'aujourd'hui les syndicats agricoles. Il a même envoyé une lettre hier aux agriculteurs. Il y a quand même une annonce par le biais d'un arrêté. Avocats, manques, goyaves, agrumes, raisins et pommes en provenance d'Amérique du Sud ne pourront plus entrer en France. Alors naturellement, il faudra encore le feu vert de la Commission européenne. Mais c'est quand même un pas, un vrai pas vers les agriculteurs qui dénoncent le traité du Mercosur.
– Mais attendez. D'abord, je dis bon courage à tous nos agriculteurs et tenez bon. Tenez bon parce que cet accord du Mercosur est terrifiant. C'est la fin de l'agriculture française. Écoutez, les goyaves, je ne suis pas sûr que ce soit la première production française.
– Non mais c'est un signe. Ça veut dire qu'on peut arrêter, sur des histoires de contrôle sanitaire, on peut arrêter des produits en provenance d'Amérique du Sud.
– Je vais vous dire, c'est le signe de ceux qui ne peuvent plus rien faire. En fait, le vrai problème, c'est qu'il ne faut pas autoriser l'importation en France de produits qui ne respectent pas les mêmes normes que celles qu'on impose à nos agriculteurs. Et donc, il faut libérer nos agriculteurs d'un certain nombre de normes, notamment des normes que j'appellerais des colos dingo, qui sont de l'affichage politique, mais qui au final ne servent pas à grand chose. Il faut les libérer d'un certain nombre de taxes et d'impôts. Il faut les laisser bosser, tout simplement, et les préserver d'une concurrence malsaine.
– Mais Emmanuel Macron tient bon sur le Mercosur. Avec de l'aide de l'Italie, il a pu repousser une première fois la ratification du traité. Il pense toujours pouvoir peser.
– Et donc vous croyez que ce traité sera plus acceptable dans six mois ? – Mais s'il y a les clauses de contrôle, les clauses miroir, – que personne ne pourra faire respecter. – Les agriculteurs, sans doute, sont en contraire. – Vous savez très bien que tout et n'importe quoi rentre en France. On l'a vu au moment du débat sur Shine. Il n'y a même pas 1% des importations qui peuvent être contrôlées. Arrêtons avec ça, ne mentons pas aux agriculteurs. Le président de la République ment aux agriculteurs et ses ministres aussi. Il faut leur dire la vérité.
Et la vérité c'est ça, tant qu'on autorisera en France des produits qui ne respectent pas les mêmes normes, ça s'appelle de la concurrence déloyale. Et c'est inacceptable dans une économie de marché, économie à laquelle nous tenons, nous tenons aux échanges, mais avec des règles. Aujourd'hui c'est la foire d'empoigne et évidemment ce sera néfaste pour nos agriculteurs. Les manipulations de communication d'Emmanuel Macron n'y changeront rien.
– Un tout dernier mot, une minute juste. Est-ce que vous avez été choqué par l'administration Trump qui a annoncé une interdition de séjour contre 5 personnalités européennes pour engager dans une stricte régulation de la tech ? Le commissaire, l'ancien commissaire européen Thierry Breton est visé. Est-ce que ça vous a choqué ?
– Oui bien sûr c'est choquant. C'est choquant d'abord parce que le respect de libre circulation doit être appliqué, parce qu'on voit bien que c'est une mesure politique, mais il y a effectivement une façon de s'imposer de Donald Trump face à un négociateur invisible qui est l'Union Européenne. il faut arrêter de donner les clés, je le répète à l'Union Européenne, la souveraineté des États c'est important et la diplomatie fait partie de ces souverainetés. Tant qu'on ne l'aura pas retrouvé, Donald Trump fera exactement ce qu'il veut. – Sous-titrage FR 2021
Laurent Jacobelli