Jean-Louis Bourlanges : "C'est extravagant de reprocher au chef de l'État d'avoir consulté le peuple français"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Et l'invité du grand entretien ce matin au lendemain de l'allocution solennelle du président de la République est en pleine crise inédite sous la Vème République. Il est ancien neurodéputé, ancien député modem. Il a présidé la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale jusqu'il y a peu de temps. Il est aussi essayiste et c'est un observateur avisé de la vie politique. Bonjour Jean-Louis Bourlange. Bonjour Ali Vadou. Et bienvenue, les auditeurs d'Inter pourront dialoguer, intervenir au 01 45 24 7000 ou sur l'application France Inter. Je disais que vous étiez député modem, ça n'est pas anodin par les temps qui courent.
Hier soir Emmanuel Macron s'adressait au français Jean-Louis Bourlange dans une allocution télévisée et il est revenu sur la dissolution qualifiée d'inéluctable. Il assure qu'il exercera son mandat jusqu'à son terme. Qu'est-ce que vous avez retenu de ces dix minutes de parole présidentielle ?
Je crois que c'était un discours qui était très opportun. Il a fait preuve d'une relative humilité sur la dissolution dont je crois, chacun doit convenir et lui aussi, que c'était une erreur stratégique de première grandeur.
Il dit qu'elle n'a pas été comprise.
Oui mais elle n'a pas été comprise parce qu'elle était vraiment incompréhensible. Mais je pense qu'il faut faire une distinction et c'est là où je suis assez alarmé quand je vois des appels à la démission. Il faut faire une distinction entre ce qui est une erreur stratégique, une erreur de manœuvre politique et une faute morale. Je crois que c'est assez extravagant de reprocher comme une sorte de manquement à sa fonction au chef de l'État, et ça il l'a rappelé, d'avoir consulté le peuple français. On dit vous êtes Jupiter, vous êtes vertical, vous n'écoutez rien. Il a dit bah écoutez je donne la parole au peuple français. Alors il l'a donné au mauvais moment dans de mauvaises conditions.
Et le résultat a été très pédible parce qu'il a fait apparaître le dissensus.
Double défaite aux législatives. Maintenant la motion de censure, est-ce que le roi est nu Jean-Louis Broulon ?
Non, je ne parlerai pas de double défaite aux législatives. Je pense que nous sommes rentrés, et sans doute le président de la République, n'en a pas tenu suffisamment compte en 2022. Nous sommes entrés dans une nouvelle phase de l'équilibre entre le Parlement et le président de la République. On a eu deux phases avant. On a eu la concordance, majorité présidentielle, majorité parlementaire, ça roulait. Ensuite on a eu l'opposition à plusieurs reprises, entre une majorité de droite et un président de gauche, ou l'inverse. Et on a inventé la cohabitation, c'est-à-dire une sorte de paix armée entre les deux factions. Et ça n'a pas trop mal marché.
Et là nous sommes, depuis 2022, nous sommes, et ça s'est aggravé en 2024, dans une situation différente où il y a une majorité relative. Donc on ne peut pas dire que le président soit contesté. C'est lui qui a la majorité relative, et même le bloc central, globalement, ça représente à peu près ça. On en discutait. Et des contestations.
Et je pense que l'erreur du président de la République en 2022, je l'avais d'ailleurs demandé qu'il fasse ainsi, c'était de ne pas comprendre que ça impliquait un retour à un pouvoir beaucoup plus autonome du Premier ministre, qui devait être en charge de construire lui-même une majorité parlementaire, et pas simplement de dire, venez chez moi, vous êtes dans l'opposition, mais vous serez bien venu chez nous. Retrouvez la lettre de la Constitution.
Oui, la Constitution, telle qu'elle avait été conçue par Michel Debré, et effectivement, elle a dérivé depuis 1962, c'est-à-dire depuis le moment où les Français ont décidé que le président de la République serait élu au suffrage universel, elle a dérivé vers quelque chose de plus en plus présidentiel. Or là, le système doit respirer. On doit avoir un gouvernement qui n'est ni contre le président, ni simplement le relais, l'outil, le collaborateur du président, mais une sorte, un équilibre à trouver entre les principes fondamentaux qui sont ceux du président, et une vie parlementaire qui doit être diversifiée.
Il faudrait que le système politique français, Jean-Louis Bourlange, devienne parlementariste. Est-ce que la France a cette culture politique-là ?
Parlementariste, comme on dirait, manantropo. Il faut... La Ve République a... La République telle que l'avait conçue Michel Debré, parce que c'est lui le grand... C'est un homme remarquable. J'ai fait un désaccord rétrospectivement avec lui sur les choix européens, il était assez peu européen, mais je trouve qu'il a fait des choix absolument extraordinaires sur le plan institutionnel, qui étaient, à mon avis, ceux de la Troisième République. Avec une différence... Expliquez-nous ça. Écoutez, la Troisième République, c'était des gens, Ferry, Gambetta, Valdez-Crousseau, qui croyaient à l'autorité du gouvernement.
Et qui croyaient que le Parlement devait être puissant, mais que le gouvernement devait être puissant. Puis, il y a eu un problème qui s'est posé, c'est qu'à la faveur de la crise du 16 mai 1877, on a écarté le droit de dissolution. Elle prévoyait initialement le droit de dissolution. Or, c'était l'élément central d'équilibre. Il y avait la responsabilité du gouvernement devant le Parlement, donc le Parlement tenait le gouvernement par la barbichette, et il y avait le droit de dissolution, qui empêchait l'Assemblée de voter la censure à tout va. Là, si les parlementaires ont voté la censure, c'est parce qu'ils se sentent protégés par le fait que le Président ne peut pas dissoudre.
Sinon, ils ont la trouille de la dissolution. Et cet équilibre-là, il faut le maintenir.
– Cet équilibre-là, il faut le maintenir. Est-ce que vous avez compris deux choses ? D'abord, la référence d'Emmanuel Macron à ses 30 mois. 30 mois qui sont son horizon, le temps qui lui reste à l'Élysée. Et la deuxième chose, cette métaphore ou cette comparaison de la vie politique française avec la réouverture de Notre-Dame de Paris ou l'organisation des Jeux Olympiques. Vous qui connaissez le sens des mots, est-ce que vous avez été surpris par ce parallèle ?
– Oui, on a tendance à dire, avec Emmanuel Macron, une crise, une fête. On a la dissolution, les Jeux Olympiques. On a la censure, Notre-Dame de Paris. Je plaisante. Mais je crois que, sur le second point, c'est une métaphore de l'Union. Ce qu'il montre, c'est que la création, la renaissance de Notre-Dame de Paris a été l'expression d'un formidable consensus à la fois religieux, laïque, républicain, social, de tous les corps de métier. Et il appelle les Français à l'Union. Et de ce point de vue-là, c'est quelque chose de très juste. Parce que, alors c'est une métaphore, il faut aller beaucoup plus loin.
Mais le problème central, ce qu'on n'admet pas, ce qu'on ne reconnaît pas actuellement, c'est que le problème central, c'est la division des Français. Ce n'est pas le président de la République, les parlementaires, ils n'arrivent pas à s'entendre, mais ils sont l'expression...
– Donc, les responsables de la crise, vous reprenez quasiment les arguments du philosophe Pierre-Henri Tavoyeux qui était à ce micro il y a un ou deux jours et qui disait qu'il y avait une véritable responsabilité des citoyens dans la crise politique.
– Je ne fais pas une sorte de responsabilité collective, mais je crois que c'est un élément absolument central. Et je réponds à votre question sur les 30 mois. – Je pense que ce qui nous manque actuellement dans l'analyse de cette crise, c'est de reconnaître sa profondeur et sa longueur. Ce n'est pas une crise de personnes, ce n'est pas une crise de parties, c'est une crise de vocation pour la société française, c'est une crise de longue durée et qui peut se terminer très mal.
Je suis très inquiet, et la fin ce sera évidemment l'élection présidentielle, et je crains que nous nous remettions en cause à travers ces péripéties et le fait de faire confiance à deux parties, aux deux extrêmes, qui sont des parties qui sont en rupture profonde avec les choix qui ont été ceux de la société française depuis la libération, depuis en tout cas 47, c'est-à-dire le choix de la démocratie représentative, de la solidarité européenne, de la solidarité occidentale, de la résistance au stalinisme et maintenant au poutinisme, d'une économie à la fois dynamique, ouverte et débouchant, permettant le partage des richesses.
Vous n'avez cessé de soutenir, alors ça n'a pas duré très longtemps, trois mois, Michel Barnier, lui-même demandait qu'on respecte, par exemple, les 11 millions d'électeurs du Rassemblement National, et vous avez l'air de ne pas du tout être sur cette même ligne. Ah si, je crois,
je suis vraiment très clair, quand j'ai été président de la commission des affaires étrangères, j'ai maintenu un strict respect à l'égard de toutes les formations, y compris LFI, et y compris le Rassemblement National, et quand il s'est produit à un moment, il y a eu un petit élément, on a dû remplacer un secrétaire du bureau de la commission, il y a eu l'idée, est-ce qu'on remet un Rassemblement National, et j'ai imposé le respect, le respect de la règle du Parlement, qui était la règle proportionnelle, et je suis, comme le modem d'ailleurs, nous avons été très hostiles à l'idée d'évincer du bureau de l'Assemblée Nationale les membres du Rassemblement National.
Donc, mais en revanche, sur les options fondamentales de Mme Le Pen et de M. Bardella, oui, je suis très, très inquiet, car je crois que c'est un basculement dans géopolitique, si je peux... Rien de moins géopolitique ! Ah bah écoutez, je crois que c'est vraiment ça l'enjeu dans lequel nous sommes. Nous avons une Europe qui est actuellement très, très travaillée, notamment bipolarisée entre les Baltes, enfin le Nord et le Sud. Nous avons une Europe balkanique qui est très travaillée par, et centrale, très travaillée par les éléments poutiniens. la Hongrie, la Slovaquie, la Roumanie, la Moldavie, qui a été... Qui n'est pas membre de l'Union, mais qui est voisine de l'Ukraine.
La Géorgie, puis la Bulgarie, tout un ensemble de pays qui sont très travaillés par la tentation de la soumission à Poutine. Nous avons au Nord... Et ça, ça travaille certains partis politiques français. Quand on a dit la Roumanie, c'est très grave, moi je dis la prochaine, la vraie Roumanie, c'est nous. Est-ce qu'on va basculer dans ce camp ? Et au Nord, on a en revanche des pays, la Pologne, les pays baltes, la Finlande, la Suède, le Danemark, et puis derrière, bien qu'elles soient dehors de l'Union Européenne, le Royaume-Uni, qui disent il faut résister. Et nous, nous sommes au milieu.
Et si nous basculons dans le camp de la complaisance à Poutine et du refus de l'approfondissement européen, c'est l'équilibre géopolitique du continent européen qui bascule. Je crois que là, il y a un enjeu très très essentiel.
On va y revenir, on va filer au standard Jean-Louis Bourlange où de nombreux auditeurs veulent vous interroger d'un mot puisque vous êtes membre du même parti. François Bayrou a été reçu deux fois hier par le président de la République, alors il est temps de nous livrer le scoop. Sera-t-il le prochain Premier ministre de la France ?
Je me suis gardé d'appeler François Bayrou au téléphone parce que je sais qu'il est très très désireux dans ces cas-là de garder la confidentialité de ses entretiens avec le président de la République et je ne suis pas là pour l'embarrasser. Envoyez-lui un SMS ce matin et on le gardera entre nous. Je crois deux choses. Je ne sais rien donc, je ne sais rien mais je dis tout comme dirait, comme on dit dans Madame Sangène du ministre de l'Intérieur qui succède à Fouché. Vous savez, Fouché dit moi je sais tout et je ne dis rien et c'est mon successeur et c'est rien et il dit tout. Alors là, moi je ne sais pas si je dirais tout mais je ne sais rien.
Mais je crois qu'il y a deux choses qui sont très importantes. C'est d'une part, je pense que François Bayrou a été mis sur le côté par la procédure judiciaire pendant des années. Il en est sorti le front haut de cette procédure judiciaire et maintenant, je crois qu'il est vraiment très désireux de donner sa mesure et deuxièmement, je crois qu'il est très bien situé, que le modem et lui-même sont très bien situés pour créer cet équilibre parce que ce que je ne vous ai pas dit mais qui est essentiel pour moi mais que vous avez développé tout à l'heure, c'est le fait que la variable essentielle c'est les socialistes. Il faut que les socialistes fassent le bon choix.
Dans ce grand ensemble géopolitique, il faut qu'ils fassent le bon choix. Ils l'ont fait.
Ils l'ont fait dans le passé.
N'oublions pas que c'est eux qui ont chassé les Staliniens du pouvoir. C'est eux qui ont signé le traité de Rome, l'acte unique européen, le traité de Maastricht. Ils ont été tout à fait solidaires de l'Occident, notamment dans l'affaire des Pershing. Ils ont tendance aujourd'hui à oublier pour une partie d'entre eux et à basculer dans des choix qui ne sont absolument pas les leurs, qui sont ceux de LFI. Or, cette variable est essentielle. Si les socialistes tombent du mauvais côté, nous tomberons tous, nous autres Français européens, du mauvais côté.
Et là, je crois que François Bayrou est effectivement le modem, mais il n'est pas le seul, je ne dis pas du tout, mais il est exactement au point d'équilibre où il peut nouer des relations étroites et avec... Il a été très fidèle à Barnier, très très fidèle, et a dénoué avec le parti présidentiel et avec les socialistes.
Bonjour Frédéric, et bienvenue sur France Inter. vous aviez une question à poser à notre invité, Jean-Louis Bourlange.
Oui, bonjour France Inter. J'avais une idée, justement, à vous proposer. En imaginant que de l'extrême gauche à l'extrême droite, il n'y ait pas de méchants, en fait, il y ait juste des gens avec des priorités qui leur sont propres et différentes. Est-ce qu'on pourrait imaginer qu'une coalition avec les sujets de la justice sociale, la lutte contre le blanchiment et l'écologie gérée par des personnalités de gauche, le libéralisme et l'économie libérale plutôt droit et centre droit, et puis les questions de sécurité et d'immigration sur une aile un peu plus à droite ?
Merci pour votre question, Frédéric. Bonne idée, Jean-Louis Bourlange ?
Voilà un interlocuteur, un auditeur qui fabrique le consensus. Je crois qu'il faut en rendre hommage à cet effort. Je pense que le grand problème de la société française depuis la dissolution, c'est que nous n'avons pas posé les problèmes de fond. Nous sommes dans une situation extrêmement grave où il y a un décrochage économique. Regardez le destin de l'industrie automobile française et européenne. Mais c'est colossal. La menace qui pèse sur ce secteur, ça atteint le centre de l'économie européenne. Or, on n'évoque pas directement cela. On a les ensembles, les réalités géopolitiques liées à l'Ukraine et à l'arrivée de tout Trump. C'est également évacué du débat public.
Donc, je pense que là, il y a la nécessité de reposer à côté des grands enjeux. Je réponds à l'interlocuteur, je crois que la base du consensus, c'est de reconnaître la légitimité des revendications catégorielles de toutes les catégories, mais de voir que la priorité, ce sont les enjeux de puissance, de croissance, d'alliance.
On a l'impression que dans ce qui se dessine pour former une coalition, c'est davantage la non-censure. Mots étranges, néologisme qui s'imposent, on compose avec ceux qui s'engagent à ne pas censurer, à ne pas utiliser le 49-3. Qu'est-ce que vous en pensez ? C'est le plus petit dénominateur commun ou c'est vraiment la faillite de la politique ou de toute ambition politique ?
Je penserais, pour paraphraser Jean-Paul Lange, je dirais progrès en compromis assez lent. Je pense que les socialistes ont inventé ce concept qui est effectivement assez peu mobilisateur, il faut le reconnaître, parce que c'est l'expression de leur profond désarroi et de leur profonde division. Je pense qu'il faut, au sein du Parti Socialiste ou à la périphérie du Parti Socialiste, il y a des gens qui ont pris la mesure au gouvernement, il y a M. Migaud, par exemple, qui a tout à fait pris la mesure et qui a gardé le bon rapport avec les socialistes. On a M. Glucksmann qui a quand même été, qui a arraché le Parti Socialiste à sa non-existence électorale.
Quand on voit le score présidentiel de Mme Hidalgo et le score européen de M. Glucksmann, il y a donc des gens qui sont prêts, résolus à faire quelque chose, mais il y a une espèce d'incapacité très structurelle au sein du Parti Socialiste à faire clairement ce choix. Mais c'était, vous savez, en 1947,
d'entendre un membre du MoDem, comment on dit, un centriste, démocrate chrétien, c'est une tradition...
Oui, je suis démocrate et chrétien,
mais je manque le trait d'union. Quelque chose qui est frappant, c'est que vous insistez sur le rôle fondateur, pivot, de, j'allais employer une métaphore qui serait celle de la construction d'une cathédrale, mais le rôle essentiel du Parti Socialiste aujourd'hui, dans la situation dans laquelle nous sommes, pour vous, le salut viendra de là ?
Je crois que non, mais c'est l'acteur qui manque. Nous avons... La France de l'après-guerre a été faite par trois grandes forces. Elle a été faite par les centristes, démocrates chrétiens, MRP, qui ont porté notamment le projet européen. Elle a été faite par les socialistes qui ont cautionné ce choix qui n'était pas évident pour eux. Ça a été la grande conversion de Léon Blum après la guerre qui a été l'homme de la relation occidentale, américaine, l'homme de la défense de la démocratie face au stalinisme, l'homme de l'engagement européen, et troisièmement les gaullistes qui ont été les gens de la mise en œuvre de ces grands choix avec des compliqués...
Mais ces catégories n'existent plus, Jean-Louis Bourlange. Elles existent. Ce qui existe à Libadou, ce sont les choix fondamentaux qui sont les nôtres. Est-ce que nous croyons ou pas à la pérennité de la démocratie représentative, libérale et de l'État de droit ? Moi, j'y crois. Est-ce que nous croyons au dynamisme d'une économie ouverte, contrôlée, régulée et débouchant sur une politique d'État-providence ? Moi, j'y crois. Est-ce que nous croyons que la France va s'en tirer toute seule ou elle va s'en tirer dans l'Union européenne ? Moi, je crois à l'Union européenne. Est-ce que nous devons renoncer aux solidarités occidentales et à fortiori si les Américains font défaut ?
Moi, je crois à la solidarité des puissances européennes sur le plan militaire. Ces choix-là, ils sont aujourd'hui comme hier les choix déterminants pour l'avenir de nos enfants.
Mais il faudra les défendre face à celui... Et les socialistes, ils doivent faire ce choix. C'est eux qui manquent.
Il y a les gaullistes, il y a le bloc central. Ils ne sont pas bons. Ils se sont comportés de façon très irresponsable pendant le gouvernement barbier. Vous êtes centriste,
mais vous n'êtes pas bloc central.
Comment ? C'est subtil, la politique, mais Jean-Louis Bourlan, vous êtes centriste et pas bloc central. Bon, le Modem était un parti qui se réclamait du centre. Le bloc central, c'est plus vaste. Mais le bloc central, c'est ce qu'on appelait sous la 4ème République la 3ème force, plus les gaullistes. Et les socialistes doivent en faire partie. Nous ne gagnerons la partie. Nous ne gagnerons cette grande partie de la solidarité européenne, de la défense de la laïcité et de la démocratie, d'une économie prospère. Nous ne gagnerons que si les socialistes sont à bord. Mais ils ne sont pas les seuls, heureusement.
Bonjour Marc et bienvenue sur Inter. Vous avez une question
à poser à Jean-Louis Bourlange. Merci de bien vouloir prendre la question. Bonjour à tous. Le Président hier a parlé de gouvernement d'intérêt général. Alors je m'interroge sur la signification de ce mot. Est-ce que c'est un gouvernement d'union nationale ? Et j'en profite pour dire quand même aussi une chose, c'est qu'avec cette censure, le Parlement a été quand même quelque part totalement décrédibilisé. et on pourrait penser et on pourrait penser aussi que le gouvernement fasse appel à une convention nationale qui permette aux Français de s'exprimer et aux jeunes surtout. Parce qu'on a vraiment l'impression que tout cela est une question de vieux.
Alors une question de vieux, je ne sais pas Marc, mais réponse Jean-Louis Bourlange, en tout cas d'Emmanuel Macron qui parlait d'un gouvernement d'intérêt général et Marc qui avoue sa perplexité et Patrick Cohen tout à l'heure qui disait heureusement que ce n'est pas un gouvernement.
L'invité transataire ce matin est assurément un vieux, ça je plaide coupable. Mais je crois qu'il y a un léger paradoxe, je comprends très bien ce que vous dites, vous dites qu'il faut faire appel au peuple, à la convention et le grand reproche qu'on fait à Emmanuel Macron c'est d'avoir prononcé la dissolution. Moi je crois et pour reprendre votre interrogation sur l'intérêt général, je crois que ce qui a manqué ce qui manque encore c'est de donner un contenu.
C'est ce que j'ai essayé de faire ce matin en disant que il y a un contenu fondamental aux luttes politiques actuelles et que l'intérêt général et c'est je pense pour ça que le président Macron en excluait en réalité le LFI et le Rassemblement National parce qu'il considère qu'ils sont sur d'autres bases idéologiques que celles qui peuvent former un gouvernement conforme à ce qu'ils souhaitent c'est ce que personne ne veut pas rester là il faut poser les problèmes au fond c'est ça la question les problèmes au fond j'ai essayé de les poser et c'est sur ces bases qu'on peut s'entendre et qu'on peut sortir de cette querelle qui n'en finit pas sur les personnes les parties les choses non il faut un grand front
Jean-Louis Bourlange ce grand front mené par François Bayrou donc ça c'est fait ?
Écoutez ne me faites pas dire je serais très heureux que François Bayrou soit nommé Premier ministre mais si c'était quelqu'un d'autre si c'était Bernard Cazeneuve si c'était Sébastien Lecornu si c'était je crois que les personnes sont importantes je crois que Bayrou présente les caractéristiques requises à la fois de positionnement politique d'ouverture aux compromis et de réflexion sur les grands enjeux de la société il n'est pas le seul mais le problème fondamental c'est celui des structures comment peut-on réconcilier les français sur un projet qui soit à la hauteur du défi historique auquel nous sommes confrontés
Merci infiniment Jean-Louis Bourlange d'avoir été l'invité de France Inter
Jean-Louis Bourlanges