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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 23 février 2025 15 min

Elections en Allemagne : Manon Aubry appelle au "sursaut" face à une "internationale fasciste qui se dresse"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Manon Ombry. Bonjour. Une attaque terroriste à l'arme blanche a entraîné la mort d'une personne et blessé plusieurs policiers hier à Mulhouse. L'auteur des faits est un Algérien de 37 ans, fiché pour radicalisation à caractère terroriste sous OQTF. Le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau affirme que l'Algérie a refusé à dix reprises de l'accueillir sur son sol alors qu'il était en situation irrégulière en France. Est-ce que ça vous choque ? Est-ce que l'Algérie a manqué à son devoir ?

0:28
Manon Aubry

D'abord si vous me le permettez je voudrais commencer par avoir un mot pour la victime, ce portugais qui s'est manifestement en plus interposé. Un mot pour les blessés, remercier les forces de l'ordre, les policiers qui ont permis l'arrestation rapide du suspect. Et j'espère que l'enquête permettra de déterminer exactement ce qu'il s'est passé et comment on aurait pu évidemment éviter d'en arriver là. Et je pense ce matin à tous les moulousains et les moulousaines qui ont été probablement comme moi choqués et sidérés par ce tragique attentat et qui est aussi une attaque contre notre démocratie quelque part.

1:06
Présentateur

Et sur le rôle de l'Algérie ?

1:07
Manon Aubry

Et ensuite sur l'Algérie, écoutez, je vois bien que Bruno Retailleau essaie de gonfler un peu les muscles, il dit qu'il faut sortir de la méthode douce, mais la méthode dure est précisément ce qui a été testé ces derniers mois. Bien sûr que cet Algérien aurait dû être expulsé, mais pour qu'il soit expulsé, ça ne vous a pas échappé pour qu'il y ait une OQTF, il faut un laissé-passer consulaire. Et pour qu'il y ait un laissé-passer consulaire, il faut qu'il soit délivré par l'Algérie. Et ce n'est pas en montant le niveau de tension avec l'Algérie que vous obtenez ces laissés-passer consulaire.

1:37
Présentateur

Mais la douceur ne marche pas visiblement non plus.

1:39
Manon Aubry

Mais ce n'est pas la douceur que... Vous avez vu l'état des relations avec l'Algérie ces derniers mois. Donc je pense que la méthode choisie par le ministre de l'Intérieur, qui est de monter le niveau de tension avec l'Algérie, n'est pas la bonne méthode. Et qu'en droit international, pour expulser des ressortissants, il faut des laissés-passers consulaires. Et donc il faut les négocier en l'occurrence avec l'Algérie.

2:01
Locuteur non identifié

Manon Aubry, un mot sur cet accord de 1968 avec l'Algérie pour les Français qui nous écoutent. Depuis 1968, un Algérien n'a pas besoin de visa pour un séjour de plus de trois mois, mais doit demander un certificat de résidence. Et puis cet accord facilite aussi l'accès à un titre de séjour de dix ans. Les Algériens peuvent en faire la demande après seulement trois ans de résidence en France, contre cinq ans pour les autres ressortissants étrangers. Mais quand même, est-ce qu'il ne faut pas changer les choses ? Est-ce qu'il ne faut pas établir les mêmes règles pour tous les ressortissants étrangers en France ?

2:29
Manon Aubry

D'abord, cet accord, il est le fruit d'un équilibre, d'un accord après l'indépendance de l'Algérie, d'un équilibre entre un État colonial et un État colonisé. Ce n'est pas vrai de dire qu'il est extrêmement favorable. Il a été revu à plusieurs reprises, notamment la dernière fois en 2011.

2:45
Locuteur non identifié

Il est plus favorable que pour les autres ressortissants.

2:47
Manon Aubry

En fait, ça dépend pourquoi, par exemple, pour les étudiants, ce n'est pas si facile que ça d'obtenir des visas. Et le nombre de visas a été divisé par deux pour les Algériens depuis 2017. Donc, moi, je veux bien que d'un fait terrible qui a été commis par un Algérien, on jette l'opprobre sur l'ensemble des ressortissants algériens, l'ensemble des franco-algériens de notre pays qui vont se sentir une nouvelle fois visés, alors qu'ils n'ont strictement rien à voir avec cet attentat terroriste. Mais je veux dire que l'obsession, finalement, xénophobe de Bruno Rotaillot, qui vise à toujours monter le niveau de tension et à cibler les Algériens, moi, je ne suis pas d'accord.

3:28
Présentateur

Il s'appuie sur ce fait terroriste. Il s'appuie aussi sur les récentes affaires avec les influenceurs qui ont émis des menaces aussi.

3:34
Manon Aubry

Mais chaque fois que quelqu'un émet des menaces contre notre pays, bien sûr qu'il faut que notre démocratie réagisse. Mais est-ce que pour autant, je ne sais plus exactement, le nombre exact de ressortissants franco-algériens aujourd'hui en France doivent être pointés du doigt, comme le fait Bruno Rotaillot ? La réponse est claire, elle est non.

3:54
Locuteur non identifié

Alors, Manon Aubry, un mot sur toujours Bruno Rotaillot. Vous dites donc qu'il ne faut pas revoir ses accords de 68, on a bien compris. Par contre, lui, Bruno Rotaillot, le ministre de l'Intérieur, il propose la mise en place de peines de sûreté pour maintenir en rétention, ce sont ces termes, les individus qu'on n'a pas renvoyés. En fait, le temps qu'ils ne soient pas renvoyés, on les maintient en rétention. C'est ce que souhaite le ministre de l'Intérieur. Qu'est-ce que vous en pensez ?

4:18
Manon Aubry

Je pense que c'est une mauvaise solution à un vrai problème. Je pense que ça ne réglera pas le problème. La plupart du temps, s'agissant des OQTF, quand ils sont en centre de rétention, on tente de les renvoyer dans les premiers jours de leur rétention. Donc, la difficulté n'est pas tant liée à la durée de la rétention. Elle est liée à ce que j'évoquais un peu plus tôt, la possibilité d'obtenir des laissés-passés consulaires de la part des États vers lesquels sont renvoyés les ressortissants.

Et que c'est ça, aujourd'hui, ce sur quoi il faut prioriser, il faut se concentrer, plutôt que de maintenir en détention, en dehors du droit, parce que ça peut durer six mois, un an, deux ans, trois ans, dix ans.

4:54
Locuteur non identifié

Mais Manon Aubry, concrètement, comment on fait pour avoir ces laissés-passés consulaires ? Ça n'a pas fonctionné, là, en l'occurrence, à dix reprises.

4:59
Manon Aubry

Mais c'est précisément ce que je suis en train de vous dire. Ça n'a échappé à personne que les relations diplomatiques ont été exécrables et se sont dégradées avec l'Algérie depuis un certain nombre de mois. Et c'est précisément cette méthode dure de la part du gouvernement actuel et des gouvernements précédents qui n'a pas fonctionné. Donc il faut rétablir des canaux diplomatiques avec l'Algérie pour pouvoir renvoyer les ressortissants qui sont sous OQTF et qui présentent une menace terroriste, comme c'était manifestement le cas pour celui-là.

5:26
Présentateur

Manon Aubry, dans le même temps, on a appris hier l'arrestation de l'homme le plus recherché du pays, le narcotrafiquant Mohamed Hamra, arrêté en Roumanie, considéré comme l'ennemi public numéro un depuis son évasion l'an dernier. En mai dernier, il attaque d'un fourgon par un commando. Vous saluez le travail, la coopération, justement, de la police française et de la police roumaine ?

5:45
Manon Aubry

Bien sûr, je salue le travail des forces de l'ordre et de la police judiciaire et de tous ceux qui ont enquêté pour permettre de retrouver sa trace. De ce que j'ai compris, en très peu de temps, il a pu être arrêté. Donc c'est grâce aussi à une coopération à l'échelon européen. C'est la démonstration que quand on veut coopérer à l'échelon européen, ça peut fonctionner. J'espère aussi que ses complices pourront être retrouvés le plus rapidement possible et qu'enfin, justice soit rendue, je pense évidemment, à la famille des deux forces de l'ordre et agents pénitentiaires qui ont été tués dans l'attaque de ce fourgon et qui, aujourd'hui, doivent attendre la justice.

6:22
Locuteur non identifié

Le 830 France Info, Antoine Comte, Benjamin Fontaine. Toujours avec Mano Aubry dans le 830 France Info. Ce soir, on connaîtra le résultat des élections législatives anticipées en Allemagne. C'est le conservateur, un patron de la CDU, Friedrich Merz, qui devrait arriver en tête du scrutin selon les sondages. Mais la question est surtout de savoir quel score fera le parti d'extrême droite, l'AFD, qui devrait toujours, sur les sondages, arriver en seconde position de ce scrutin devant le chancelier sortant Olaf Scholz, pour pouvoir gouverner, et même s'il s'en défend, Friedrich Merz pourrait devoir nouer une alliance avec l'extrême droite et l'AFD.

Est-ce que ça vous inquiète, Mano Aubry, pour l'avenir de l'Europe ?

7:00
Manon Aubry

Bien sûr, je suis extrêmement inquiète. Le score de l'AFD sera probablement le score le plus important d'un pays, d'un parti néo-nazi, parce qu'il faut mettre les termes de l'histoire de l'Europe et de l'histoire de l'Allemagne fédérale. Ce sera, je veux dire, le parti dont on parle. L'AFD, c'est un parti dont le coprésident est un adorateur officiel, il ne s'en cache pas, du Troisième Reich, qui propose une remigration, c'est-à-dire ni plus ni moins qu'une déportation des personnes d'origine étrangère, des Allemands qui ont un passeport allemand. Et je pourrais faire une liste qui fait froid dans le dos.

La CDU, la droite allemande, a par ailleurs, de facto, fait un accord avec l'AFD pour faire adopter une loi qui est la loi sur la migration. Donc, on voit que les cartes sont en train de se redistribuer en Allemagne.

7:55
Locuteur non identifié

Donc, vous craignez une alliance gouvernementale entre l'AFD et la CDU ?

7:58
Manon Aubry

Oui, je le crains. C'est ce qui s'est passé dans beaucoup d'autres pays européens, où la droite s'est tournée vers l'extrême droite. C'est le cas en Italie, ça a été tenté en Autriche, dans les pays du nord de l'Europe. Et justement, face à ça... Et on voit qu'il est en train de se dessiner, face à nous, une sorte d'international fasciste. Et Jordan Bardella a beau essayer de s'en défendre, je veux dire, il a quand même... Il devait participer à un rassemblement aux Etats-Unis avec Steve Manon, qui a fait un salut nazi. « Cette internationale fasciste, elle est devant nous, elle est face à nous, elle est là, elle est forte, elle est puissante.

» Et je pense à tous ceux qui nous écoutent ce matin et qui doivent être un peu pris par un état de sidération, parce que c'est glaçant, quand on voit à quel point ce discours qui est ouvertement néo-nazi prend toute sa place dans l'espace politique. Et moi, j'appelle ce matin à un sursaut. À un sursaut parce qu'on ne peut pas juste être pris par l'état de sidération. C'est précisément ce qu'ils cherchent. Nous, en France, on appelle à une grande mobilisation le 22 mars prochain contre le racisme et contre le fascisme, parce qu'il va falloir qu'on se serre les coudes et qu'on se mobilise.

9:02
Présentateur

Mais alors, justement, mobilisation, mais on a le sentiment que face à cette montée de l'extrême droite en Europe, la gauche, votre gauche révolutionnaire, a du mal à s'imposer. Comment vous l'expliquez, ça ?

9:10
Manon Aubry

Je pense deux choses. D'abord, en Allemagne, nos camarades d'Ilinke sont plutôt en hausse dans les sondages, précisément parce qu'ils ont su opposer un discours radicalement antifasciste, radicalement antiraciste, un discours qui porte aussi sur les questions sociales et qui apporte des réponses à une Allemagne qui, économiquement, est en déclin. Parce que cette élection se fait aussi dans ce contexte-là, d'un déclin économique d'un pays vieillissant. Mais pour le reste, nous avons fait la démonstration aussi en France qu'il était possible de proposer une alternative et que, non, la montée de l'extrême droite n'est pas une fatalité.

D'ailleurs, aux élections législatives dernières, l'extrême droite était en tête dans absolument tous les sondages et on a réussi à déjouer les sondages. Et donc, il faut qu'on réussisse à se ressaisir, à recréer un récit. C'est ça qui manque, je pense, aussi dans le contexte de l'Allemagne.

9:58
Présentateur

Sauf qu'aujourd'hui, naturellement, les peuples se tournent plutôt vers l'extrême droite en recours.

10:02
Manon Aubry

Ce n'est pas le cas de l'ensemble de la population. C'est vrai qu'il y a plusieurs difficultés. C'est d'abord le déplacement de ce qu'on pourrait appeler la fenêtre d'Overton, ce qui est entendable, compréhensible. On n'aurait jamais imaginé il y a quelques années qu'on parle dans les débats publics de remigration. Il y a même un événement qui a été organisé, co-organisé par Sarah Knafo au Parlement européen sur la remigration. Donc, oui, il y a cette fenêtre d'Overton contre laquelle il faut se battre.

10:27
Présentateur

C'est l'espace accordé dans l'espace public aux idées d'extrême droite.

10:30
Manon Aubry

Exactement, et qui se déplacent de plus en plus, qui fait qu'aujourd'hui, c'est entendable et acceptable ces idées. Mais je pense qu'il faut aussi que nous, on arrive à ne pas céder une once de terrain. À chaque fois, à chaque fois que vous tolérez le moindre petit discours raciste qui vise à stigmatiser une partie de la population en fonction de son origine, de sa couleur de peau, de sa religion, alors c'est du terrain que vous cédez à l'extrême droite. Et c'est pour ça qu'il faut une gauche qui soit ferme sur ses appuis et, de nouveau, qu'il faut qu'on puisse se mobiliser. Et c'est aussi pour ça que j'appelle à cette mobilisation le 22 mars prochain.

11:04
Locuteur non identifié

Alors, Manon Aubry, c'est l'extrême droite allemande. L'AFD fait un gros score, un score en tout cas, une poussée historique ce soir lors de ces élections législatives en Allemagne. Ça aura des conséquences politiques aussi au-delà des frontières européennes. Ça va sans doute renforcer Donald Trump, Elon Musk et peut-être leurs ingérences vis-à-vis des Européens. Est-ce que vous pensez qu'on est à un tournant politique de l'histoire de l'Union européenne ?

11:27
Manon Aubry

On est certainement à un tournant historique pour l'Union européenne, ce moment où le sort des Européens peut basculer. On voit, un à un, les États européens basculer dans l'extrême droite. Je vois au Parlement européen, devant moi, se dessiner une nouvelle alliance de la droite et de l'extrême droite qui vise à s'attaquer à l'ensemble des règles sociales et environnementales. Pas plus tard que cette semaine, la Commission européenne va annoncer un détricotage d'une partie des régulations européennes qui visent à demander des comptes aux entreprises multinationales qui violent les droits humains ou saccagent l'environnement dans leurs chaînes de production.

Je pense notamment au devoir de vigilance des multinationales qui est un texte que j'ai négocié pendant cinq ans que l'on a gagné. Et la droite et l'extrême droite, aidés par les lobbies, dont ils relaient le discours des lobbies, sont en train d'obtenir gain de cause. Et donc ce moment de bascule-là, on est pris soit par la sidération, soit par le défaitisme, soit par la réaction à la mobilisation. Et c'est ça qu'il va falloir réussir à matérialiser dans les prochains mois.

12:32
Locuteur non identifié

Vous parlez d'un possible mouvement de bascule, ce que vous venez de dire. Parlons aussi de la guerre en Ukraine, où là, ça peut être aussi le cas, en tout cas, l'affaiblissement de l'Europe. Demain, ça fera trois ans, jour pour jour, que la guerre en Ukraine a éclaté. Le bilan humain est terrible. Plus d'un million de morts en trois ans. Mille morts et blessés par jour ces dernières semaines. La faute à qui ? Désolé de vous poser la question de façon aussi directe. Est-ce que c'est la faute à Vladimir Poutine uniquement ? Ou est-ce que ce sont les Européens qui n'ont pas réussi à s'entendre ?

13:01
Manon Aubry

C'est d'abord la faute à Vladimir Poutine, puisque c'est lui qui a violé le droit international, qui a envahi un territoire souverain qui est l'Ukraine, et il emporte seule la première responsabilité. Maintenant, c'est clair que je suis sidérée qu'au bout de ces trois ans de guerre, l'Union européenne ait été incapable de prendre la moindre initiative diplomatique, à tel point qu'aujourd'hui, c'est Donald Trump qui l'apprend aux conditions de Vladimir Poutine. Et il est hors de question que la paix se fasse aux conditions de Vladimir Poutine.

Et moi, ce qui m'inquiète, au-delà du sort de l'Ukraine, c'est qu'on voit très bien que, finalement, les anciennes puissances de la guerre froide, que sont les États-Unis et la Russie, sont en train de dessiner un nouvel ordre mondial.

13:46
Locuteur non identifié

Même si, Manon Aubry, on ne peut pas dire qu'Emmanuel Macron ne se démène pas. Il a réuni les chefs d'État européens en début de semaine à l'Élysée.

13:53
Manon Aubry

C'est soldé par un échec.

13:54
Locuteur non identifié

Il a fait des annonces aussi sur le fait de vouloir augmenter les dépenses militaires en France de 2 à 5% du PIB. Il va inciter les jeunes à rejoindre la réserve militaire. Il va rencontrer Donald Trump demain à Washington. Qu'est-ce qu'il doit dire à Donald Trump demain ?

14:08
Manon Aubry

Je pense que ce n'est pas l'escalade militaire qui va nous permettre de trouver une issue à cette guerre. Ce qui va nous permettre de trouver une issue à cette guerre, c'est une initiative diplomatique.

14:15
Présentateur

Alors justement, qu'est-ce qu'il doit dire à Donald Trump demain ?

14:17
Manon Aubry

Et donc, ce qu'il doit dire à Donald Trump, c'est que la paix en Ukraine ne peut se faire sans l'Ukraine et sans l'Union européenne. Et c'est précisément l'inverse qu'il propose. Il faut être ferme là-dessus. Extrêmement ferme là-dessus. Et si l'on veut que demain préserver un ordre international qui est fondé sur le droit international, alors on ne peut pas laisser notre sort être décidé par Donald Trump et Vladimir Poutine. Parce que c'est le signal d'un basculement du monde vers une nouvelle ère. On parle de l'Ukraine, je pourrais aussi vous parler de Gaza, puisque Donald Trump parle d'un nettoyage ethnique dans la bande de Gaza.

Tout ça, c'est un piétinement en règle du droit international. Et donc, le rôle de la France et de l'Union européenne dans ce contexte, c'est de défendre le droit international, de défendre cet ordre international qui est basé sur ce droit international, et ne pas laisser les Etats-Unis humilier le reste du monde, traiter l'Union européenne comme une forme de paillasson sur lequel Donald Trump viendrait s'essuyer les pieds.

15:15
Présentateur

Merci beaucoup, Manon Loury, députée européenne de la France Insoumise, d'avoir été avec nous ce matin sur France Info. Merci Antoine.