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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 18 mars 2022 26 min

Programme d'Emmanuel Macron, fin de vie, relation avec les insoumis... Le "8h30 franceinfo" de Fabien Roussel

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour Fabien Roussel. Bonjour à vous. Ça y est, Emmanuel Macron est candidat à la présidentielle et on connaît son programme. Il l'a déroulé hier pendant 4 heures. Est-ce que vous êtes satisfait qu'il soit enfin pleinement lancé dans cette course à l'Elysée ?

0:13
Fabien Roussel

Quand même, à 3 semaines du premier tour, il est temps quand même qu'il annonce un petit peu la couleur. Je regrette qu'il n'y ait pas de débat sur les grandes chaînes de télévision, dont les grands médias, pour que les Français puissent connaître le projet de société de chaque candidat, qu'on puisse en parler, dans le respect de la diversité de chacun.

0:32
Présentateur

Ça ne suffit pas de l'expliquer pendant 4 heures comme il l'a fait hier ?

0:35
Fabien Roussel

Enfin, je veux dire, il y a quand même une forme d'inégalité de traitement. 4 heures d'antenne, il a eu, c'est long d'ailleurs.

0:45
Présentateur

Pas forcément, ce n'était pas forcément 4 heures en direct.

0:47
Fabien Roussel

Mais je regrette qu'il n'y ait pas de débat entre nous, sur les grands médias. Ils refusent tout débat. Et nous sommes déjà dans un temps où la guerre qui se déroule aux portes de l'Europe occupe beaucoup l'actualité. Et c'est normal, parce qu'il y a beaucoup d'inquiétudes pour les Français, notamment pour notre pouvoir d'achat sur la hausse des factures. Mais déjà, l'actualité est fortement occupée par ce sujet grave et important. Mais il est important de savoir à quelle sauce, demain, on pourrait être mangé ou quelles sont les belles réformes que nous pourrions mettre en œuvre si c'était le programme des jours heureux.

1:24
Invité

Fabien Roussel, vous pouvez le faire, ça, puisqu'il y a des émissions politiques qui sont organisées où vous êtes invité, où tous les candidats sont invités. Emmanuel Macron a répondu hier sur les débats auxquels il refuse de participer. Il dit, de toute façon, mes prédécesseurs ne l'ont pas fait. Donc pourquoi lui, il le ferait ?

1:39
Fabien Roussel

Je pense qu'on est quand même dans une situation un peu particulière. On a eu la pandémie pendant deux ans, qui n'a pas favorisé, justement, beaucoup les rencontres avec les Français. On a été confinés pendant de nombreuses semaines. On a aujourd'hui cette guerre qui occupe beaucoup l'actualité. C'est normal. Mais de fait, on a moins d'espace pour pouvoir parler des sujets qui concernent les Français, leur vie quotidienne, chacun dans leur domaine. Enfin, je veux dire, j'ai fait des grands oraux, comme beaucoup. Le candidat Macron n'en a quasiment pas fait. Mais quand on répond aux personnes en situation de handicap, quand on s'adresse au monde du sport...

Des secteurs professionnels qui vous invitent... Des grands organisations syndicales, quand on parle du travail, de la vie chère, des enseignants, de la fonction publique et hospitalière, sur toutes ces questions-là, il y a derrière des millions de Françaises, de Français, de retraités, des jeunes, des travailleurs qui sont concernés. Je regrette qu'on ne puisse pas connaître dans le détail les propositions des uns et des autres. Vous imaginez que 5 ans de présidence de la République, 5 ans à venir, ne peuvent pas être résumés en 4 heures de conférences de presse. Ça serait style, allez, je vous balance mon programme en 4 heures.

3:00
Invité

Ça va continuer, il va faire d'autres choses d'ici le premier tour.

3:04
Fabien Roussel

Il y a un peu de mépris de la démocratie, de mépris de nos institutions. Et y compris, il ne faudra pas venir pleurer le soir du premier tour, si on voit qu'il y a un taux d'abstention élevé. On a une campagne qui est un petit peu anesthésiée, on va dire, par le climat...

3:25
Présentateur

Vous faites aussi le procès en légitimité que fait Gérard Larcher, par exemple, le président du Sénat, potentiellement.

3:31
Fabien Roussel

Ben quand même, oui, bien sûr. Oui, bien sûr.

3:33
Invité

Un président de Sénat ne veut pas dire ça.

3:35
Fabien Roussel

Un président de... Un candidat à l'élection présidentielle qui ne participe pas au débat, qui se contente d'une conférence de presse, qui ne fait même pas de débat avec les Français, qui ferait, j'entends dire, un seul meeting. Enfin, je veux dire, quelle légitimité ? Si demain, il était élu pour dérouler son programme. Il a dit, oh ben ça, je l'avais dit, donc je le fais.

4:01
Présentateur

Mais François Mitterrand, par exemple, en 88, qui ne fait pas de débat. Jacques Chirac en 2002, ils ne sont pas légitimes.

4:07
Fabien Roussel

Je vous dirais qu'il y a aussi des élections législatives après, qu'elles sont, pour nous, très importantes. Que le pouvoir doit revenir au Parlement, et que j'espère que l'on aura aussi ces élections législatives pour construire une force à l'Assemblée nationale qui saura mettre en œuvre des réformes heureuses pour les Français.

4:27
Présentateur

Parmi les propositions, on va parler des vôtres, évidemment, mais Emmanuel Macron propose de conditionner le RSA à 15 à 20 heures de semaine de formation, insertion ou d'emploi. Précision ce matin sur France Info d'Amélie de Montchalin, la ministre de la fonction publique, ça peut être des soins de l'accompagnement psychologique ou de la formation, c'est ce qu'elle a dit. Vous trouvez ça normal ou au contraire, ça vous choque ?

4:48
Fabien Roussel

Ce qui me choque, c'est que le candidat Macron nous prévoit une France encore plus pauvre. Une France pauvre, parce que ce qu'il demande, c'est de nouveau d'énormes efforts aux Français. Il demande aux salariés âgés de travailler jusqu'à 65 ans et il demande à ceux qui touchent aujourd'hui le RSA de travailler pour 7 euros de l'heure. Ce n'est même pas le niveau du SMIC. C'est un appauvrissement généralisé de la France. Il dit aux enseignants, vous ne travaillez pas assez. Si vous voulez être augmenté, vous travaillerez plus.

Tout ça donne une image du projet du candidat Macron de dire, pour s'en sortir, il va falloir que vous vous serriez un peu plus la ceinture, que vous travaillez plus et sans gagner plus. Le mot pouvoir d'achat n'a pas été utilisé. Le mot vie chère n'a pas été utilisé. Il n'a pas parlé d'augmentation de salaire alors que c'est de ça dont on a besoin. Et concernant le RSA, s'il considère, d'ailleurs comme je pense pareil, qu'il y a besoin aujourd'hui d'embaucher dans beaucoup de secteurs parce qu'il y a d'énormes besoins auxquels on doit répondre. Lui, il parle plutôt d'accompagnement, d'insertion, de dignité. Mais enfin, la dignité, c'est par le travail et par le salaire qu'on la conquiert.

Mais c'est ce qu'il dit ? Mais vous travailleriez, vous, pour 7 euros de l'heure ?

6:07
Présentateur

Il ne parle pas de travail, il parle de réinsertion.

6:09
Fabien Roussel

Oui, mais c'est quoi la réinsertion ? C'est remplacer un salarié par un bénéficiaire du RSA et donc de travailler pour un salaire qui n'est même pas au niveau du SMIC. En fait, il est en train d'abaisser le niveau du SMIC au niveau du RSA sans aucune cotisation. D'ailleurs, ça posera la question du financement de la sécurité sociale. Moi, je veux garantir à chacun un travail, une formation, de l'insertion, mais avec un vrai salaire qui permette de vivre dignement. La dignité, c'est quand on peut payer son loyer, quand on peut payer ses courses, quand on peut payer, je crois, répondre aux besoins de ses enfants. Pardon, Fabien Roussel, ça, c'est pour les gens qui travaillent.

6:51
Invité

Juste sur la question du RSA, pardon, j'ai une question. Sur la question du RSA, quand on sait qu'un bénéficiaire sur deux du RSA en est encore bénéficiaire 4 ans plus tard, sur ceux qui perçoivent ce RSA, vous dites quoi ? On ne fait rien, on les laisse dans cette situation ? Ou alors, on tente de les insérer, justement, par de la formation ?

7:10
Fabien Roussel

Mais le candidat Macron propose de faire travailler des gens bénéficiaires – Pas forcément, ce n'est pas de la formation. – Ceux qui le peuvent. – Mais qu'il précise sa pensée. Je propose, moi, que chacun ait accès à un travail, à une formation. Que ceux qui sont au RSA, qu'on leur propose, justement, une formation rémunérée, correctement rémunérée, à hauteur du SMIC au minimum, leur permettant de vivre. Et pas pour faire 80%, pas pour faire 20 heures par semaine. Vous imaginez, vous, comment vivent les aides à domicile ? Elles, elles sont déjà payées au niveau du SMIC et ça ne leur permet pas de vivre. Elles vivent. Elles ont 900, 950 euros nets par mois.

Les AESH, celles qui accompagnent les enfants en situation de handicap. Toutes, d'ailleurs, souvent des femmes qui sont en temps partiel et dont le salaire est au niveau du SMIC, elles n'arrivent pas à vivre dignement. Et aujourd'hui, on met sur la table la proposition que ceux qui perçoivent le RSA pourraient demain, dans une politique d'insertion, quoi ? Remplacer ces personnels-là, ces salariés-là, pour un salaire qui reviendrait, pour une allocation qui reviendrait à 7 euros de l'heure. Mais c'est véritablement une arnaque empruntée au programme du MEDEF. Ce n'est pas de la dignité. C'est au contraire un profond mépris de ce qu'est le travail.

Moi, je défends la France du travail, du salaire et de la bonne paye. Ils ne parlent pas d'augmentation de salaire. Ils proposent de tripler la prime Macron. La prime, c'est la déprime. La prime, ça ne cotise pas pour les retraites. Les gens qui perçoivent une prime, au lieu de percevoir un salaire, ne verront pas des trimestres supplémentaires pour cotiser pour leur retraite. C'est ça, le problème de sa France à lui. C'est que c'est une France qui nous appauvrit, qui nous tire par le bas, que ce soit dans la fonction publique ou dans le privé.

8:57
Présentateur

Fabien Roussel, candidat communiste à la présidentielle. On s'interrompt juste deux petites minutes pour le fil. Info à 8h42, c'est avec Diad Farchit.

9:05
Invité

Ils doivent se parler à 14h, les présidents américains et chinois, alors que les Etats-Unis menacent Pékin de représailles en cas de soutien à la Russie. En Ukraine, c'est le 23e jour de guerre. Les bombardements se concentrent sur les grandes villes. Kiev, Kharkiv, Mariupol, où l'on ignore encore le nombre de victimes après qu'un théâtre a été touché. Des combats sont en cours dans le centre-ville, selon l'armée russe. Alviv, dans l'ouest cette fois, des panaches de fumée sont observés ce matin dans la zone de l'aéroport.

Le RSA, versé en contrepartie de 15 à 20 heures d'activité, proposition d'Emmanuel Macron en vue de la présidentielle, qu'il y ait un engagement réciproque, ne me choque pas, réagit sur France Info le président de la Fédération des acteurs de la solidarité. Mais il faut en contrepartie, selon lui, qu'il y ait un accompagnement pour ces personnes au RSA. En Corse, Gérald Darmanin termine aujourd'hui son déplacement sur l'île après la flambée de violences qui a suivi l'agression d'Ivan Colonna, le ministre de l'Intérieur qui va repartir avec entre les mains un protocole de sortie de crise rédigé par les nationalistes corse.

Et puis, 30 ans après son dernier album et la mort de Franquin, Gaston Lagaffe fait son retour, sorti de ce nouveau tome. Ce sera le 19 octobre. Son créateur ne souhaitait pourtant pas que Gaston Lagaffe lui survive. France Info

10:18
Présentateur

Le 8.30 France Info, Salia Brakia, Laurent Sénéchal.

10:23
Invité

Toujours avec Fabien Roussel, le candidat communiste à l'élection présidentielle. Le candidat écologiste, lui, Yannick Jadot, propose de réformer les rythmes scolaires en rognant par exemple sur les vacances d'été qu'il juge beaucoup trop longues. Il a raison, il faut que les élèves passent encore plus de temps à l'école.

10:39
Fabien Roussel

D'abord, je regrette tout à fait cette proposition de Yannick Jadot qui s'attaque au congé payé, à un acquis du Front populaire de 36. C'est quand même grave de la part d'un candidat qui se dit de gauche. Mais bon, ça montre aussi le programme libéral qu'il propose aux Français. Et donc, bien sûr, je m'en éloigne complètement. Rien à voir. Ce que nous proposons, nous, c'est surtout pas de renier sur les vacances de qui que ce soit, que ce soit pour les enfants ou que ce soit pour les enseignants. Ce que nous proposons, nous, c'est d'augmenter le temps d'enseignement à l'école pendant les périodes où les enfants vont à l'école.

Pendant ces périodes scolaires, nous voulons augmenter le temps d'enseignement. Passer à l'école primaire de 24 à 27 heures, comme c'était avant la réforme Sarkozy, et augmenter le temps d'enseignement au collège et au lycée. Ce sera en dessous de 32 heures en sixième, au-dessus de 32 heures en terminale, en moyenne 32 heures. Ce que nous proposons, c'est d'augmenter le temps d'enseignement des enfants sans augmenter le temps de travail des enseignants. Ce que nous proposons, c'est qu'il n'y ait plus de devoirs qui soient faits à la maison. Tous les devoirs des enfants doivent être faits à l'école. C'est une question d'égalité.

Nous proposons d'augmenter le nombre d'enseignants pour qu'il y en ait 90 000 de plus pour pouvoir accompagner ce temps d'enseignement. Et nous ne voulons pas plus de 20 à 25 élèves par classe.

11:56
Présentateur

Mais vous n'avez pas peur que ça fasse des grosses journées pour les élèves ?

11:59
Fabien Roussel

Mais aujourd'hui, ce que je souhaite, c'est que les élèves, d'ailleurs, ils passent beaucoup de temps à l'école avec le périscolaire. Les parents travaillent. On vient les chercher tard. Je préfère que les enfants passent une heure de plus à l'école tous les jours, mais que quand ils rentrent chez eux, et que les parents m'écoutent, quand ils rentrent chez eux, il n'y a plus de devoir à faire. Ils sont tranquilles. Ils peuvent profiter de leurs enfants. Les enfants peuvent profiter de leurs parents et de leurs amis. Ils peuvent aller faire du sport. On en a parlé hier au CNOSF. Ils peuvent faire de la musique, de la culture. C'est la vie. Plus de devoirs.

Mais imaginez plus de devoirs à la maison pour tous les parents. Mais c'est un vrai bonheur. Et pour les enfants aussi. Mais ça fait forcément plus de travail pour les professeurs. Ça veut dire une heure de plus à l'école. Ça veut dire plus d'enseignement sportif, plus d'enseignement, plus de travail avec les enfants, et y compris avec des équipes pédagogiques, pour que les devoirs soient faits à l'école.

12:52
Présentateur

Mais qui encadrent justement les devoirs ? C'est les professeurs.

12:54
Fabien Roussel

Mais les professeurs, mais aussi des équipes pédagogiques. Je viens de parler d'équipes pédagogiques. Beaucoup plus d'accompagnement pour les enfants en situation de handicap. Il faut en embaucher là aussi à peu près 100 000 pour pouvoir répondre à toutes les demandes.

13:08
Invité

Donc ça veut dire pas plus de travail pour les professeurs, pour les équipes pédagogiques, mais parce que vous recrutez.

13:13
Fabien Roussel

Parce qu'il faut recruter. On va faire ça sur 5 ans. Et quand même, je trouve particulièrement scandaleux les propos du président de la République hier, qui a dit aux enseignants, « Vous êtes une bande de fainéants ». Il n'a pas dit ça, je précise quand même. Oui, mais en substance, les enseignants l'ont bien compris comme ça. Si vous voulez gagner plus, vous travaillerez plus. Il emprunte à Sarkozy un propos qu'il applique aux enseignants. Quand on sait qu'un enseignant, pour pouvoir être diplômé et enseigné, il a 5 ans d'études, et aujourd'hui, il commence à 1650 euros net. D'accord ? Après 5 ans d'études. Et en plus de ça, ils veulent leur proposer de travailler jusqu'à 65 ans.

Ça fera même plus que 65 ans, parce que quand on fait 5 ans d'études, on commence à bosser, on a 25, 24, 25 ans. Et donc, on va devoir bosser... 42 annuités. 42 annuités. Donc, on va avoir des enseignants qui vont devoir bosser jusqu'à 67, 68 ans, et devoir, en plus de leurs heures, remplacer d'autres profs, si jamais ils veulent avoir une petite prime. Parce que c'est ça qu'a proposé Emmanuel Macron. C'est vraiment la casse de l'école de la République qui est le pilier de notre République. C'est de cette manière que l'on incite les parents à mettre leurs enfants, d'ailleurs, dans des écoles privées qui auront d'autres méthodes.

C'est véritablement abîmer l'école publique, l'école de la République. Alors, ça doit être un socle pour l'avenir. On doit garantir les meilleures formations pour nos enfants. Reconstruire la France, c'est garantir la meilleure école de la République pour nos enfants, de la maternelle jusqu'à l'enseignement supérieur.

14:43
Présentateur

Et quand ils donnent la possibilité au directeur de participer au choix de leur...

14:48
Fabien Roussel

C'est la privatisation de nos écoles primaires. C'est, par exemple, faire en sorte que... Ça, ce que ça va faire, c'est que dans les villes riches, Neuilly, où on a beaucoup de riches qui viennent s'installer, les maires vont avoir beaucoup d'impôts et vont pouvoir donner un petit peu plus de sous à leur école pour pouvoir aller acheter les meilleurs professeurs. C'est le mercato dans l'école publique. C'est inadmissible. Dans les communes plus pauvres, où, justement, il y a des usines qui ferment, je pense à la SAM, dans l'Aveyron, et où toutes les maires des communes disent « Mais ça va appauvrir notre territoire ».

Comment ils vont faire avec l'autonomie des écoles dans ces territoires, dans la ruralité, dans les villes de banlieue ?

15:26
Invité

Les directeurs vont pouvoir participer au choix des enseignants dans leur récord.

15:29
Fabien Roussel

Oui, mais participer, quel niveau ? Comment ils vont les appâter, les professeurs, dans ce mercato qui existe aussi dans nos hôpitaux ? Mais c'est vraiment le délitement de la République. C'est extrêmement grave et dangereux. D'ailleurs, ils ont mis ça en place avec les universités. À l'origine, c'était d'ailleurs Valérie Pécresse quand elle était ministre, l'autonomie des universités. Et on voit aujourd'hui des universités qui se font la guerre, qui se font la concurrence entre elles. Il n'y a pas de concurrence à avoir dans l'école de la République. Il doit y avoir le même enseignement pour tous nos enfants, dans les dom-toms, comme dans l'hexagone.

16:01
Présentateur

Le même enseignement pour tous les enfants. On va passer à un autre sujet, Salia Braché.

16:05
Invité

Sur la fin de vie, Anne Hidalgo, Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon, eux, se sont prononcés pour la légalisation de l'euthanasie. Et vous ?

16:11
Fabien Roussel

C'est un sujet extrêmement complexe, sensible. J'y suis sensible. Et j'y suis plutôt favorable. Mais je dis aussi... Donc je vous réponds. J'y suis plutôt favorable. Il y a aussi une loi Léonetti-Claesse qui prévoit un tas de choses. La directive anticipée, l'accompagnement des personnes, la sédation profonde. Tout ça n'est pas forcément mis en place. Et il manque de moyens dans nos hôpitaux publics pour faire vivre au moins la loi Léonetti-Claesse. Mais, oui, moi j'y suis plutôt sensible.

16:45
Invité

Ça veut dire que vous, président, pourra...

16:47
Fabien Roussel

Moi, président, je poursuivrai ce débat pour mettre à l'ordre du jour à l'ordre du jour un texte de loi qui pourrait le légaliser. Mais je souhaite avoir ce débat jusqu'au bout à l'occasion de la présentation d'un texte de loi dépassionné le plus possible pour que l'on puisse avoir le consensus le plus large.

17:09
Présentateur

Vous y êtes plutôt favorable mais il faut d'abord en discuter.

17:11
Fabien Roussel

Je souhaite... Parce que c'est un sujet sensible, il faut travailler au consensus le plus large. Ce n'est pas de gauche ni de droite. C'est une question d'humanité.

17:19
Présentateur

On poursuit cette discussion dans un tout petit moment. 8h50, c'est l'heure du Filinfo avec Diane Fershit.

17:24
Invité

Des combats en plein centre-ville de Mariupol en ce moment selon l'armée russe. Moscou qui continue ses bombardements sur l'Ukraine. Des tirs de missiles dans la zone de l'aéroport de Lviv dans l'ouest du pays. Ce matin, les Etats-Unis accusent la Russie de crimes, de guerres. Le président américain, Joe Biden, s'entretiendra tout à l'heure avec son homologue chinois, Xi Jinping. Il va lui adresser une mise en garde si Pékin soutient Moscou dans cette invasion en Ukraine. La candidate, les Républicains, la présidentielle Valérie Pécresse, estime qu'Emmanuel Macron a présenté un projet du déni et de la contrefaçon. Elle l'accuse notamment de reprendre sa proposition sur la retraite à 65 ans.

Emmanuel Macron qui évalue son programme à 50 milliards d'euros par an. Il promet 15 milliards d'euros de baisse d'impôt. Le vaccin français sans ARN messager Valneva en phase finale pour obtenir son autorisation de mise sur le marché. Le directeur général de Valneva estime pour mai sa livraison. L'épidémie de Covid est près de 80 000. Nouveaux cas quotidiens en moyenne, les contaminations progressent. Mais à l'hôpital, le nombre de patients en soins critiques continue de reculer. Ils sont ce matin près de 1 700 en réanimation. France Info

18:32
Présentateur

Le 8.30 France Info Salia Braquia Laurent Sénéchal Avec toujours Fabien Roussel, candidat communiste à l'élection présidentielle. Il y a un rapport sénatorial qui a fait beaucoup de bruit hier, Fabien Roussel, sur l'utilisation par les ministères, par l'État en général, des cabinets de conseil, notamment le cabinet américain McKinsey, auquel le gouvernement a beaucoup fait appel pendant la crise du Covid. Et pas seulement. Dans la foulée, on a aussi appris que ce cabinet de conseil n'avait pas payé d'impôts de société pendant près de 10 ans. Il s'agirait d'optimisation fiscale.

19:05
Fabien Roussel

C'est de la fraude fiscale. D'abord, je salue le rôle des parlementaires communistes. Eliane Assasi, la présidente du groupe qui est à l'initiative de cette commission d'enquête. Voilà à quoi ça sert d'avoir des sénateurs, des sénatrices, des députés communistes. C'est de mettre en place des commissions d'enquête qui révèlent comment le président de la République et son gouvernement ont dépensé 4 milliards d'euros pour remplacer l'administration. Ils ont, je crois que c'est 4 millions d'euros pour piquer 5 euros aux APL des Français. Et derrière, il y a de la fraude fiscale. Le siège de McKinsey est installé dans l'état du Delaware aux Etats-Unis. Le Delaware est un paradis fiscal.

Il y a 900 000 habitants et 1 100 000 entreprises domiciliées là-bas. Vous imaginez un petit peu, ce sont des boîtes aux lettres, rien que des boîtes aux lettres, où transitent les bénéfices des entreprises, dont celle de McKinsey, qui n'a pas payé d'impôts. Alors on va parler d'impôts. C'est un scandale d'État pour vous ? Mais c'est un scandale d'État, c'est un scandale fiscal. Je souhaite que la fraude fiscale soit au cœur de cette élection présidentielle, que l'on s'attaque à ces multinationales qui payent 4 à 5 % d'impôts, voire 0 comme McKinsey, alors que nos PME ou nous, simples citoyens, devons payer rubis sur ongles.

Je propose le prélèvement à la source des bénéfices des multinationales. J'ai déposé ce texte de loi à l'Assemblée nationale. Il est prêt à être appliqué. Voilà une proposition simple et efficace pour récupérer ces 100 milliards d'euros qui manquent au budget de l'État.

20:30
Présentateur

Est-ce qu'il faut des cabinets de conseil publics ?

20:32
Fabien Roussel

Non, il faut faire confiance à l'administration publique. Et quand j'entends de Pécresse à Zemmour, en passant par Macron, les économies qu'ils veulent faire sur les services publics, sur notre administration, sur le dos des fonctionnaires, justement, en disant à la place on va faire travailler des cabinets comme McKinsey, c'est une honte, c'est une manière de mépriser, de vomir sur nos services publics et sur notre administration.

20:56
Invité

Depuis le début de la campagne, Fabien Roussel, vous essayez de vous démarquer à gauche et pour ça, vous avez eu par exemple cette phrase dans le JDD il y a quelques jours. Vous avez dit ça fait longtemps que le PS ne parle plus qu'aux bobos des villes et Mélenchon à la fraction radicalisée des quartiers périphériques. Moi, je parle au peuple. C'est votre manière de vous détacher du reste de la gauche. Alexis Corbière, le porte-parole de Jean-Luc Mélenchon, a réagi la semaine dernière à cette phrase. Écoutez.

21:22
Locuteur non identifié

La fraction radicalisée des quartiers périphériques. Écoutez, je pense que ceux qui ont le communisme au cœur doivent comme moi se poser des questions sur ce qu'a voulu dire Fabien Roussel. Parce que moi, je suis un élu de cette fraction périphérique. Et c'est des gens, c'est des citoyens qui ont des droits et qui sont souvent maltraités. Donc c'est un honneur pour moi de défendre les gens qui en banlieue, par exemple en Seine-Saint-Denis, ont plus de professeurs absents dans les lycées, ont plus d'hôpitaux malmenés, ont pas de commissariats, etc. ont des immeubles qui sont pas toujours, qui sont assez délabrés. Donc je comprends pas ce qu'il veut dire. Parce que le peuple, il est là aussi.

21:52
Invité

Est-ce que vous regrettez ce que vous avez dit ?

21:54
Fabien Roussel

Non, pas du tout. La France périphérique, elle est autant dans les grandes villes de banlieue que dans la ruralité. Cette France périphérique, c'est celle des gens ordinaires qui vivent autant en Seine-Saint-Denis qu'à la campagne et qui aujourd'hui n'ont pas accès aux services publics et à une vie digne, qui subissent la précarité.

22:09
Invité

Vous avez dit Mélenchon et le candidat de la fraction radicalisée des quartiers périphériques.

22:12
Fabien Roussel

Et donc je porte moi justement cette voix des travailleurs qu'ils habitent dans les grandes villes de banlieue ou qu'ils habitent à la campagne et qui n'ont pas accès à une vie digne. Et j'en ai marre justement, contrairement à tous ces discours, que l'on culpabilise ces Français qui n'ont pas accès à une vie digne, à qui on va interdire demain de prendre la voiture, à qui on interdit de manger de la viande au nom de l'écologie, à qui on interdit de prendre l'avion, à qui... Eh bien stop !

Moi je veux respecter justement le peuple qui veut vivre dignement et je dis qu'on peut relever le défi climatique sans taper sur les classes populaires, sans taper sur le pouvoir d'achat de la classe ouvrière. C'est tout mon projet de la France des jours heureux. On a reconstruit la France en 1945 avec le programme des jours heureux et le Conseil national de la Résistance dont on célèbre l'anniversaire. Je souhaite moi les 30 heureuses pour mon pays dans cette période difficile où je dis que nous avons énormément de richesses dans notre pays qu'il faut mettre au service du développement humain, du climat et de la dignité humaine.

23:11
Invité

Fabien Roussel est-ce que pour vous dans cette élection Jean-Luc Mélenchon est un adversaire comme l'est Emmanuel Macron pour vous ?

23:17
Fabien Roussel

Je n'ai pas d'adversaire à gauche. Je souhaite incarner un espoir à gauche nouveau. Il est important pour cela que le 10 avril prochain le bulletin de vote des Français, des salariés du monde du travail soit en direction de la France des jours heureux pour reconstruire cette gauche populaire, laïque, républicaine qui prend tous les sujets de la sécurité jusqu'à l'emploi, jusqu'au pouvoir d'achat.

23:43
Invité

Dans les intentions de vote, Jean-Luc Mélenchon lui est à 12%, il est le mieux placé à gauche, vous êtes à 3,5%, 4%. Est-ce que vous comprenez qu'il soit perçu comme le vote utile ?

23:53
Fabien Roussel

Il n'y a pas de vote utile quand on vote au premier tour d'une élection présidentielle. On vote pour ses idées. C'est la seule fois où son bulletin de vote il vaut autant que celui de Bernard Arnault, de François Pinault. Vous préférez un débat

24:04
Présentateur

au second tour Macron-Le Pen ou Macron-Mélenchon ?

24:06
Fabien Roussel

Non mais moi je ne me présente pas et on ne se présente pas à une élection présidentielle pour faire un débat de second tour. Vous vous rendez compte ? Rabaisser la présidentielle à ça, à un débat de second tour, tout ça pour avoir un face-à-face, Macron-Mélenchon, mais on se présente à une élection présidentielle avec l'ambition de l'emporter et de changer la vie des Français. Or aujourd'hui, la gauche est au ras des pâquerettes. Elle pèse 25%. On a tous une part de responsabilité. Nous n'avons pas présenté de candidature en 2012, en 2017. Il faudrait qu'on s'efface en 2022 et bientôt en 2027 parce qu'il a dit qu'il mourrait sur scène.

Eh bien, à ce rythme-là, les idées que je porte, cette France du pouvoir d'achat, d'une république laïque, sociale, féministe, universaliste, elle ne sera jamais représentée à une élection présidentielle. Donc je souhaite qu'elle soit représentée et ça va être très important de me donner de la force le 10 avril prochain, y compris pour les élections législatives, parce qu'on a besoin, besoin d'avoir beaucoup de députés de gauche à la fin de l'année nationale.

25:02
Invité

Le 10 avril au soir, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon sont qualifiés pour le second tour. Est-ce que votre soutien à Jean-Luc Mélenchon est automatique ?

25:12
Fabien Roussel

Oui, et je vous demanderai de poser la même question à Jean-Luc Mélenchon et bien sûr qu'il dise que si je suis au second tour qu'il appellera à voter pour moi. Je n'en doute pas. En tout cas, moi je tends la main justement à toutes ces forces de gauche qui se présentent aujourd'hui pour que nous construisions véritablement les meilleures chances de l'emporter dans toutes les circonscriptions de notre pays là où la gauche est majoritaire ce qui n'est pas le cas en France mais il y a beaucoup de circonscriptions où la gauche est majoritaire et ce serait dommage que l'on n'arrive pas là à créer les conditions de notre victoire aux élections législatives.

Elles vont être déterminantes pour la suite.

25:45
Présentateur

Merci Fabien Roussel, candidat communiste à la présidentielle. Bonne journée à vous. Merci Fabien Roussel,