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interviewRMC — Face à Face· 5 février 2021 26 min

L'invité de Bourdin Direct : Marine Le Pen - 05/02

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Marine Le Pen

Vous écoutez RMC. RMC Bourdin Direct.

0:05
Présentateur

Jean-Jacques Bourdin. Marine Le Pen, bonjour. Bonjour. Député, présidente du Rassemblement National. Nous sommes le 5 février. Vous avez peut-être suivi l'intervention du Premier ministre hier, Jean Castex, à propos du coronavirus. Alors, que dit-il ? La situation ne nécessite pas de confinement. À ce jour, un nouveau confinement sera pris. La décision sera prise en tout dernier recours. C'est ce qu'a dit hier Jean Castex. Est-ce que la situation nécessiterait un nouveau confinement ?

0:41
Marine Le Pen

A priori, non. Mais si vous voulez, ce que je trouve frappant et particulièrement pénible, j'ose le terme, c'est qu'on a le sentiment que dans l'esprit du gouvernement, il n'y a que deux solutions. Le confinement et le couvre-feu. Confinement, pas confinement, couvre-feu, pas couvre-feu, couvre-feu à 18h, couvre-feu à 20h. Mais tout le reste de la stratégie qui doit être mise en œuvre face au Covid et où les soins. On a abandonné l'idée de soigner le Covid et notamment les gens, dès qu'ils ont des symptômes, il y a des études qui continuent à être faites.

Parce que vous savez qu'il y a énormément de maladies qui, si elles ne sont pas soignées du tout, ou si elles ne sont soignées qu'avec du doliprane, tournent mal. Le diabète, si on n'avait pas de médicaments. Or, il n'y a pas de recherche sur des médicaments. Quels soins, quels traitements ? Il n'y a pas de recherche sur les médicaments ? Non, je ne vois pas d'études, je ne vois pas de recherche sur les médicaments. Je ne parle pas de l'hospitalisation. Ou par ailleurs, on n'a d'ailleurs que des médicaments anciens. On n'a pas de nouveaux médicaments à l'hôpital pour soigner ceux qui ont une forme grave du Covid. Mais, je ne sais pas, l'ivermectine, qu'est-ce qu'on en pense ?

L'hydroxychloroquine, quoi qu'on en dise,

1:54
Présentateur

qu'est-ce qu'on en pense ? On n'en passe pas beaucoup de biens. Enfin, du moins, toutes les études qui ont été engagées. Si, il y a beaucoup d'études autour de l'ivermectine.

2:02
Marine Le Pen

D'accord.

2:03
Présentateur

Mais bon, on ne va pas rentrer dans ce détail. Donc, il n'y a pas de soins.

2:05
Marine Le Pen

Donc, premièrement, les soins. Deuxièmement, le suivi, si vous voulez, des clusters. Bon. Moi, je suis désolée, ça fait des mois que je réclame qu'il y ait une analyse généralisée des eaux usées pour être au plus près de la détermination des clusters à venir.

2:23
Présentateur

Il y a des analyses des eaux usées.

2:25
Marine Le Pen

Pas généralisées, M. Bourdin. Ça n'est pas vrai. Ça n'est pas une politique qui est impulsée par l'État. Il y en a, dans certains endroits, certaines villes, certaines communautés d'agglomération. Mais il n'y a pas un plan général pour pouvoir détecter en amont des symptômes quels sont les lieux de contamination. Ce qui permet d'intervenir au plus vite. Je vous disais qu'avec l'analyse des eaux usées, on peut aller jusqu'à déterminer s'il existe un cluster dans une école, dans un EHPAD, dans une restauration collective. Ce qui permet d'intervenir au plus vite, de tester massivement là où on voit qu'il y a une augmentation de la circulation

3:04
Présentateur

pour pouvoir isoler. La France teste massivement, Marine Le Pen. Très bien, les traitements... Tester massivement, ça ne veut rien dire, M. Bourdin. D'abord, ces traitements qui sont très controversés. Toutes les études disent que ces traitements n'ont aucun effet significatif. Mais peu importe, vous n'êtes pas comme Nicolas Dupont-Aignan, tout de même, qui défend... Vous avez vu, vous avez vu ce qu'il dit. Non, je n'ai pas vu ce qu'il dit. Bon, qui défend tous ces traitements jusqu'à la coupe...

3:31
Marine Le Pen

Mais non, mais moi, je défends... Je défends juste l'idée que l'on cherche un traitement.

3:37
Présentateur

Quelle décision, aujourd'hui, vous seriez présidente de la République, quelle décision prendriez-vous ?

3:40
Marine Le Pen

Alors, je prendrai la décision de généraliser l'analyse des eaux usées. Je prendrai la décision de tester massivement, quand il y a une augmentation de la circulation, les endroits où il y a une augmentation de la circulation. Je prendrai la décision d'opérer un isolement des personnes qui sont contaminées avec une aide extérieure, ce qui, pour l'instant, n'est pas le cas. Je prendrai la mesure de la territorialisation

4:09
Présentateur

des mesures contraignantes. Confinement localisé ?

4:12
Marine Le Pen

Si c'est nécessaire, oui.

4:14
Présentateur

Avec interdiction de déplacement ? Avec interdiction de déplacement ? Mais non, ce n'est pas le sujet, M. Bourdin. Attendez, ce n'est pas le sujet. Si, c'est le sujet. S'il y a confinement localisé, il y a forcément interdiction de déplacement d'une région à l'autre, ou d'un département à l'autre. M. Bourdin ? Oui. En Australie, la technique que je souhaite

4:33
Marine Le Pen

voir mettre en œuvre... Oui, en Australie. Je ne vois pas le rapport. En Australie. En Australie, la technique que je veux voir mettre en œuvre est utilisée. A savoir que, plutôt que de fermer tous les restaurants, tous les théâtres, tous les cinémas de l'ensemble du pays sous prétexte d'égalitarisme, ce qui est, objectivement, une ineptie, lorsque, avec l'analyse des eaux usées, on voit apparaître un futur cluster, parce que ça permet de voir 3 à 4 jours avant l'apparition des symptômes. On teste.

Si on voit qu'il y a effectivement une circulation importante du virus, eh bien, on peut décider le confinement, comme c'est fait en Australie, d'un quartier, d'une ville, la fermeture d'une école. Et l'on détermine comme ça. Par exemple, récemment. Et l'on détermine comme ça. Précisément, et parfois, 5 ou 6 jours, ça suffit d'ailleurs. Mais ça évite la fermeture globale.

5:30
Présentateur

Très bien. C'est un confinement localisé. Vous défendez. Mais avec interdiction de déplacement. Parce qu'en Australie, c'est ce qui se passe. Interdiction de déplacement. On n'a pas le droit de se rendre dans les zones

5:41
Marine Le Pen

qui sont infectées. Monsieur Brodin, est-ce qu'il vaut mieux ça pendant 6 ou 7 jours ? Ou est-ce qu'il vaut mieux que nous vivions comme nous vivons actuellement ? Totalement contraints, totalement bloqués, avec les restaurants fermés, les bars fermés, les discothèques fermées, les stations de ski qui sont en train de mourir sous nos yeux. Des gens qui sont obligés de courir à la sortie de leur travail pour récupérer leurs enfants, faire leurs courses en quelques minutes, pour être à 18h chez eux. Est-ce qu'il vaut mieux la spécificité, la localisation, la territorialisation, ce qui permet aussi à l'économie de respirer ?

Parce que tous les endroits où le virus circule peu, il y a une vie économique qui se déroule normalement. Où est-ce qu'il vaut mieux ce que nous vivons actuellement ? Moi, mon choix est fait.

6:27
Présentateur

Bien, Marine Le Pen, les vaccins, vous dites à juste raison, d'ailleurs le gouvernement finalement vous a rejoint puisque le gouvernement

6:34
Marine Le Pen

nous a dit

6:36
Présentateur

qu'il était prêt à acheter le vaccin russe, le Spoutnik V, s'il est homologué. Évidemment. Là, vous êtes d'accord, j'imagine. Bien sûr. S'il est homologué, on l'achète. Bien sûr. C'est bien cela. Donc on attend l'homologation avant de l'acheter. Oui. Bon, très bien. En ce qui concerne les vaccins, j'ai deux questions à vous poser. La première, ce sont les certificats de vaccination. Vous êtes formellement opposé aux certificats de vaccination. J'ai vu que la Suède et le Danemark allaient mettre en place des passeports vaccinaux. Pourquoi faire ? Pour pouvoir voyager ou pour accéder à des événements sportifs culturels ou à des restaurants. Vous êtes contre pourquoi ?

7:15
Marine Le Pen

Oui, je suis contre. Je suis contre d'abord parce qu'on est dans l'incapacité de vacciner les Français qui le souhaitent. Donc, excusez-moi, mais on ne peut pas donner un passeport vaccinal en privant les gens de leur liberté alors même qu'ils souhaitent se faire vacciner.

7:29
Présentateur

Mais lorsque, comme en Suède ou au Danemark, lorsqu'une grande majorité de la population sera vaccinée, bien sûr.

7:36
Marine Le Pen

Mais je suis contre, moi. je ne vois pas l'intérêt de ce passeport vaccinal. Je suis désolée, je n'en vois pas l'intérêt. Je vois une atteinte à nos libertés une fois de plus et il y en a eu beaucoup au point que la France est en train de s'effondrer dans les classements des démocraties et est aujourd'hui considérée comme une démocratie défaillante. Ça devrait tout de même interpeller ceux qui sont à la tête de notre pays. Donc, je suis contre ce passeport vaccinal. En revanche, je souhaite que tous les Français qui le veulent puissent être vaccinés. et je m'aperçois qu'on a assisté à un fiasco dans la campagne de vaccination dont on n'est pas sorti d'ailleurs.

Probablement, au mois de février, on ne pourra pas vacciner de nouvelles personnes parce qu'on va être obligés de réserver le mois de février à accorder aux gens leur deuxième vaccination. Vous auriez espacé les doses ? Non, pas du tout. Je trouve que c'est très dangereux d'espacer les doses. Que font les Britanniques, par exemple. Oui, c'est très dangereux et je crains qu'il n'en ait à s'en mordre les doigts dans le futur. Et pour le coup, je suis d'accord avec M. Véran quand il dit qu'il ne faut pas espacer les doses. Espacer les doses, c'est prendre le risque d'un affaiblissement possible des gens qui sont vaccinés face au virus. Ils le rencontrent entre les deux vaccinations.

Et c'est surtout prendre le risque de l'aggravation du risque de mutation du virus. Or, nous avons une capacité de séquençage qui n'est pas suffisante. Et ça, c'est un des grands aspects de priorité, je crois, qui doit être celle du gouvernement. Il faut développer massivement le séquençage du virus. Nous sommes en train de rechercher des variants que nous connaissons. Mais ce qu'il faut aussi, c'est être capable de déterminer des nouveaux variants qui pourraient intervenir. Or, il faut au moins 10% des tests qui puissent être séquencés. Nous en sommes aujourd'hui encore très loin. Donc, commençons encore une fois par organiser cela de manière précise, rigoureuse.

Moi, je crois qu'on aurait dû confier au secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale le soin de mettre en œuvre cette stratégie et de la contrôler. Or, ça part un peu dans tous les sens.

9:45
Présentateur

Bien, on va parler d'autre chose puisque j'ai vu dans une interview récente que vous avez accordée aux Parisiens, vous dites on ne peut parler de rien, le coronavirus écrase tout.

9:56
Marine Le Pen

C'est vrai ? Écrase tout ? Oui, c'est vrai.

9:59
Présentateur

Oui, mais le 25 janvier, vos voeux, vous avez consacré l'essentiel de vos voeux au coronavirus.

10:04
Marine Le Pen

C'est vrai, vous avez raison. C'est une forte inquiétude chez les Français. Bien sûr, je le comprends. Mais il n'en demeure pas moins qu'il y a une situation économique dont il faut que nous parlions, qu'il y a une situation migratoire qui continue, qu'il y a évidemment l'islamisme qui reste, on va en parler bien sûr, reste un danger majeur et que dans tous ces sujets-là, il faut qu'ils puissent trouver un espace à côté de la crise sanitaire parce que j'espère que la crise sanitaire disparaîtra, que ce virus disparaîtra ou au moins sera maîtrisé. Pour l'instant, tout ce dont je viens de parler là n'est pas maîtrisé.

10:42
Présentateur

Alors, avant de parler politique, avant de parler projet de loi confortant le respect des principes de la République en cours de discussion, de vote à l'Assemblée nationale, Marine Le Pen, deux questions internationales. Est-ce que vous demandez la libération d'Alexaïe Navalny ?

10:56
Marine Le Pen

On va avoir du mal à demander à un pays étranger, à la justice d'un pays étranger, d'opérer la relaxe en quelque sorte de quelqu'un. C'est compliqué, vous voyez, sur le plan international. En revanche, je demande à la Russie d'être attentive aux droits de la défense de M. Navalny qui a été jugé pour avoir, je crois, être allé à l'encontre de son contrôle judiciaire dans une affaire d'ailleurs qui l'oppose à un Français, à une grande société française, Yves Rocher. Donc, tout ça n'a pas grand-chose à voir avec la politique, vous l'admettrez avec moi. Il n'en demeure pas moins qu'encore une fois...

11:37
Présentateur

10 000 personnes arrêtées depuis le 23 juillet. Voilà.

11:39
Marine Le Pen

Oui. Oui, oui. Oui, oui, oui. Il y en a eu aussi beaucoup pendant les gilets jaunes. Oui,

11:44
Présentateur

10 000 personnes en prison pendant les gilets jaunes.

11:46
Marine Le Pen

Il y a eu beaucoup de gens qui sont partis en garde à vue. Depuis le 23 juillet. Mais moi, je suis très attachée, encore une fois, au respect des droits de la défense dans tous les pays. Les sources sont très claires dans mon esprit. Donc, s'il y a une violation des droits de la défense, alors, je suis prête à intervenir.

12:03
Présentateur

Vous défendez les Ouïghours en Chine de la même manière.

12:06
Marine Le Pen

En tout cas, ce qui est sûr, c'est que je défends effectivement la dignité humaine et je souhaite que les Ouïghours puissent bénéficier du respect de la dignité humaine.

12:17
Présentateur

Bien, vous avez renoncé à sortir la France de l'Union Européenne. Pourquoi ne voulez-vous plus maintenant suspendre les accords de Schengen ?

12:24
Marine Le Pen

Ah non, ça n'est pas du tout ce que j'ai dit.

12:26
Présentateur

Ah bon ? Qu'est-ce que vous avez dit ? Ce n'est pas du tout ce que j'ai dit. Vous avez dit

12:31
Marine Le Pen

qu'il fallait permettre

12:32
Présentateur

la libre circulation des citoyens à l'intérieur de l'espace Schengen.

12:36
Marine Le Pen

C'est ce que vous avez dit. J'ai beaucoup de respect pour vous, mais ne me parlez pas à ma place. Alors, allez-y, allez-y. Monsieur Emmanuel Macron, président de la République française, est venu à la frontière espagnole pour dire qu'il faut réformer Schengen. Ah, merveilleux ! Enfin, un mot et une ouverture vers la réforme très attendue de Schengen. Et puis, plus rien. Et donc, je suis venue lui dire écoutez, si vous souhaitez réformer Schengen, je pense que la première des choses que vous devriez faire en urgence, c'est déjà parce que c'est du bon sens de réserver, puisque je me doute que monsieur Macron ne souhaite pas la maîtrise totale des frontières nationales.

Au moins, vous devriez réserver la libre circulation exclusivement aux nationaux des pays de l'Union européenne. Ça veut dire quoi ? Des pays de l'espace Schengen. Non, mais ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'aujourd'hui...

13:25
Présentateur

Je suis bien d'accord, des pays de l'espace Schengen.

13:27
Marine Le Pen

Ça veut dire qu'aujourd'hui... Des pays de l'Union européenne

13:28
Présentateur

plus les pays associés.

13:30
Marine Le Pen

Oui, ça veut dire qu'aujourd'hui, en réalité, bénéficient de la libre circulation tout le monde. Les clandestins, ceux qui ont les étrangers en situation légale, qui ont une autorisation de séjour. Et moi, je viens de dire que si un pays veut ouvrir ses frontières aux migrants, veut accorder des visas, veut accorder des autorisations de séjour. Il faut qu'il assume les étrangers qu'il accueille. Et qu'ils ne se disent pas je les accueille et puis après, ils pourront aller s'égayer ou s'installer dans n'importe quel pays de l'Union européenne. Je trouve que c'est un véritable scandale. Moyenant quoi, M. Bourdin ? Vous ne pouvez plus suspendre les accords de Schengen ? Non, M. Bourdin.

Car moi, ce que je souhaite... Ça, je pense que M. Macron pourrait le faire en urgence. Mais moi, ce que je souhaite, c'est que chaque pays retrouve la maîtrise totale de sa politique migratoire et de ses frontières. Ça veut dire qu'en revanche, ce que je ferai, moi, quand je serai présidente de la République, c'est que je plaiderai pour qu'on puisse passer des accords bilatéraux entre pays. Sûr. La France décide de passer un accord bilatéral, par exemple, avec le Portugal. Puisque je considère que le Portugal est un pays sûr. Et je viens dire au Portugal, écoutez, nous allons passer un accord de libre circulation entre vos nationaux et les nôtres.

que je pourrais suspendre si jamais il y a une difficulté. Voilà. Donc, il n'y a plus d'espace Schengen. Il y a une libre circulation décidée dans l'espace Schengen. par chaque pays, par des accords bilatéraux. Ça s'appelle la maîtrise de nos frontières et de notre politique migratoire.

15:05
Présentateur

Mais dans un cadre européen.

15:07
Marine Le Pen

Oui, mais on a... Mais nous ne sommes pas... Mais M. Bourdin... Vous avez évolué, mais très bien. Mais M. Bourdin... Mais admettez-le. M. Bourdin, vous avez lu tout ce que nous avons écrit. Vous savez bien que nous avons fait un grand manifeste pendant les élections européennes.

15:20
Présentateur

Très bien, mais c'est votre choix. C'est pas le mien. C'est votre choix. Qui s'appelle le manifeste

15:25
Marine Le Pen

pour une alliance européenne des nations. Nous sommes pour une alliance européenne des nations. Nous ne sommes pas contre l'Europe.

15:32
Présentateur

lancé une grande campagne contre le pacte européen sur la migration et l'asile. Avec une pétition. Contre. D'ailleurs, on se demande où est cette pétition. Contre le pacte.

15:43
Marine Le Pen

Oui, oui. Voilà. Mais encore une fois, nous ne sommes pas des anti-européens, nous sommes contre l'Union européenne. Vous avez évolué. Très bien. Mais en quoi, là, le fait de lutter contre... Non mais M. Bourdin, vous ne pouvez pas balancer comme ça une phrase en disant vous avez évolué et puis passer à autre chose. Mais sur l'espace Schengen, vous avez évolué, mais très bien. Mais nous n'avons pas évolué. Nous avons toujours plaidé pour que chaque pays maîtrise ses frontières. Ce que nous disons à Emmanuel Macron, président de la République, en urgence, au moins plaidé pour que cette libre circulation soit réservée exclusivement à ceux qui ont la nationalité d'un pays de l'Union européenne.

De l'Union européenne de l'espace. Mais nous n'avons pas le droit d'être constructifs dans le débat. Si, c'est bien, je trouve de la part.

16:28
Présentateur

de l'opposition d'être constructifs. Parlons du projet de loi confortant le respect des principes de la République. Nous avons essayé

16:35
Marine Le Pen

d'être constructifs dans celui-là aussi. Mais nous avons eu du mal.

16:39
Présentateur

Regardons ce qui a été adopté puisque l'article 4 a été adopté. Il crée un nouveau délit de séparatisme. Vous êtes favorable.

16:48
Marine Le Pen

Oui, mais en quoi c'est un délit de séparatisme ? Je suis désolée. On va le lire ensemble. Toute personne menaçant, violentant ou intimidant un élu ou un agent du service public dans le but de se soustraire totalement ou partiellement aux règles des services publics. Chouette alors. 50 prisons, 75 000 euros d'amende. Je signe dès demain. Moi, ceux qui s'attaquent aux élus, ceux qui s'attaquent aux agents du service public. Oui, bien sûr. Évidemment. Mais en quoi c'est la lutte contre l'islamisme, ça ?

17:14
Locuteur non identifié

L'article 4.

17:15
Marine Le Pen

En quoi est-ce de la lutte contre l'islamisme ? Parce que n'importe quelle personne peut venir à un guichet pour menacer un agent du service public. Ça peut. Mais en quoi est-ce une lutte contre l'islamisme ? Vous voyez ? En fait, c'est ça le problème. On attendait une grande loi de lutte contre l'islamisme. Et on a... Alors, il y a quelques articles qui sont pas mal, mais c'est une petite loi de police administrative.

17:40
Présentateur

L'article 4 bis qui est, je crois, suite à un amendement de Mme Genevard.

17:46
Marine Le Pen

C'est très bien.

17:46
Présentateur

Les Républicains. C'est très bien. C'est très bien. Très bien. Réaction du délit d'entrave à la fonction d'enseigner par personne, par pression ou insulte. Non, c'est très bien.

17:58
Marine Le Pen

C'est très bien ? C'est très bien.

17:59
Présentateur

C'est à la suite de Samuel Paty.

18:01
Marine Le Pen

Mais est-ce que c'est la lutte contre l'islamisme ? Encore une fois, enfin, regardons un peu.

18:07
Présentateur

C'est quand même la lutte contre l'islamisme, non ?

18:09
Marine Le Pen

Non, moi, contre le séparatisme. Moi, j'ai déposé, moi, j'ai déposé, clairement, une proposition de loi de lutte contre l'islamisme. Parce que le problème de la loi, du gouvernement tel que nous la votons, c'est qu'en réalité, comme souvent avec En Marche, d'ailleurs, elle a vocation à s'appliquer à tout le monde. Elle attend d'ailleurs en partie aux libertés de tous. C'est le cas avec la suppression de l'instruction à domicile, sous prétexte que quelques islamistes extraient leurs enfants de l'école et sous prétexte d'instruction à domicile les soumettent à cette idéologie totalitaire.

Eh bien, on interdit l'instruction à domicile pour tout le monde plutôt que de contrôler l'instruction à domicile, ce qui est déjà dans la loi et ce qui n'est pas fait.

18:55
Présentateur

Une autorisation sera demandée pour instruire ses enfants à domicile.

18:58
Marine Le Pen

Oui, mais vous...

18:59
Présentateur

Ce sera obligatoire.

19:00
Marine Le Pen

Vous voyez bien que c'est une atteinte à une liberté constitutionnelle. Et à chaque fois, avec En Marche, c'est comme ça, à chaque fois, on tape sur tout le monde plutôt que d'avoir le courage de lutter contre les islamistes.

19:13
Présentateur

Donc, j'ai regardé les votes article par article, vous êtes peu présente. Vous étiez présente à l'Assemblée ? Est-ce que les... Monsieur, moi, j'étais présente déjà,

19:20
Marine Le Pen

j'étais présente à la commission parce que j'ai participé à la commission.

19:25
Présentateur

Je regardais l'article 4 bis, personne n'a voté au Rassemblement National. Vous m'étonnez beaucoup parce que nous avons fait

19:33
Marine Le Pen

justement un calendrier pour que le Rassemblement National soit représenté partout. Mais nous ne sommes que 6, Monsieur Bourdin. Oui, 6. En Marche, ils sont 300. Vous pourriez voter. Et LR, ils sont 150. D'accord ? C'est beaucoup plus facile d'être présent en toutes circonstances quand on est 150. Mais lors du vote, on est présent. Parce qu'il n'y en a jamais 150. Lors du vote, on est présent. Non, mais c'est les votes des amendements. Nous allons voter sur la loi et évidemment, nous serons présents pour... Vous allez voter pour ? Mais j'attends, Monsieur Bourdin, parce que le débat, encore une fois, n'est pas terminé.

Ce débat sur lequel, Monsieur Bourdin, et ça devrait vous scandaliser, nous n'avons aucun temps de parole. Nous n'avons même pas la capacité, entendez-moi bien, de défendre nos propres amendements. Est-ce que vous croyez que quand on présente un grand projet de loi, soi-disant un grand projet de loi, avec les timbales, parce que ça a été ça, les tambours, regardez ce projet de loi. Est-ce que vous croyez qu'il n'est pas normal d'envisager de se donner le temps d'en débattre à l'Assemblée nationale ? Alors justement, la représentation... Eh bien, en l'occurrence, nous ne pouvons pas défendre nos propres amendements. Nous avons zéro minute de temps de parole.

20:44
Présentateur

Marine Le Pen, vous avez soulevé le débat de la représentation à l'Assemblée nationale. Vous avez vu l'initiative prise par François Bayrou, qui est écrite au président de la République. Il demande une loi électorale juste. Il demande à tous les chefs de parti d'envoyer le même courrier. Il demande une proportionnelle, évidemment, aux prochaines législatives. Est-ce que vous répondez favorablement à ce courrier de M. Bayrou ?

21:05
Marine Le Pen

J'ai répondu favorablement et j'ai envoyé ce courrier hier. Donc, je partage évidemment ce souhait, cette volonté de voir les Français représentés à l'Assemblée nationale. Parce que c'est ça, le fond du problème. C'est que nous avons une Assemblée nationale qui n'est pas représentative des Français. Et le Rassemblement national que je préside a 1% du nombre de députés. Or, il ne me semble pas que nous fassions 1% des voix. Et par conséquent, nous devrions avoir le nombre de députés qui correspond au nombre de Français qui votent pour nous. Donc, vous demandez

21:38
Présentateur

le retour de la proportionnelle comme François Bayrou ?

21:40
Marine Le Pen

Oui, bien sûr. Et comme d'autres, je le crois. Et comme d'autres. Car il y a beaucoup de mouvements politiques en France qui sont pour cette proportionnelle. Je rappelle que nous sommes le seul pays en Europe à ne pas avoir la proportionnelle aux élections législatives. Et c'est surtout une promesse d'Emmanuel Macron. S'il pouvait en tenir une, ça pourrait être bien.

21:57
Présentateur

Bien. la présidentielle. J'ai vu la déclaration du président des Républicains ce matin qui dénonce une entente tacite entre vous et Emmanuel Macron. Christian Jacob qui dit leur vision de la politique est la même. Leur projet, c'est eux-mêmes. Voilà ce qu'il dit.

22:14
Marine Le Pen

Oui, mais je n'arrive même pas à comprendre le sens profond de cette déclaration. M. Jacob devrait travailler. Et moi, je vais vous dire, j'en appelle à tous les élus locaux, en fait, y compris les élus locaux LR, venez nous rejoindre. Voilà. Détournez-vous de ces états-majors qui sont manifestement compromis, qui ont arrêté de travailler pour la France et venez nous rejoindre parce que nous avons vraiment la capacité de créer une très grande dynamique aux élections présidentielles et moi, j'ai besoin de tout le monde. Il faut qu'on sorte de la politique qui est menée par Emmanuel Macron. Il vous faut des alliés pour gagner.

Il me faut tous les gens qui sont de bonne volonté et qui ne veulent plus de la politique d'Emmanuel Macron, qui souhaitent une France souveraine, libre, indépendante, le retour de la prospérité, du bon sens, de la raison, M. Bourdin. Ceux qui veulent le retour de la raison dans notre pays, la raison, un monde organisé, structuré, dans lequel on ne demande pas aux policiers d'être des assistantes sociales. Par exemple, on leur demande, on ne dépense pas une énergie folle à essayer de rendre facile la vie des délinquants et des criminels, mais plutôt, on dépense une énergie folle pour tenter de s'occuper des victimes où les méchants sont condamnés et les gentils sont récompensés.

Excusez-moi, mais c'est ce qui a fondé notre société. Aujourd'hui, on a parfois l'impression d'un renversement absolu et total des valeurs. Et moi, je viens de dire à tous ceux à qui ça ne va pas, venez avec moi, nous allons remettre la France sur les rails de la raison.

23:50
Présentateur

Si vous êtes élu présidente de la République dans 16 mois, quelle sera votre première décision ?

23:55
Marine Le Pen

Ma première décision, ce sera de maîtriser l'immigration. Ma première décision. Parce qu'encore une fois... Et comment ? Immédiatement ? Par l'intermédiaire de la reprise en main de nos frontières, de la reprise en main de notre politique... Vous envoyez des douaniers à toutes nos frontières. De notre politique de visa. Oui. Et vous instaurez des visas. Oui, j'irai voir les pays dont sont issus les immigrés pour leur dire qu'ils doivent reprendre leurs compatriotes lorsque ceux-ci sont en situation irrégulière. Je changerai le code de la nationalité pour que la nationalité française s'érite ou se mérite, qu'on ne se retrouve pas à donner de manière quasi automatique à M.

Koulibaly la nationalité française alors qu'à 18 ans il avait déjà un casier judiciaire long comme le bras. Je vais réinstaurer là aussi dans la politique migratoire de la raison. C'est ce que je souhaite faire partout en économie dans la fiscalité dans la politique migratoire dans nos relations internationales aussi parce qu'il faut qu'il y ait une cohérence encore une fois de la politique de la France avec sa politique internationale

25:03
Présentateur

sa diplomatie. J'ai une dernière petite question pas si anecdotique que cela vous avez vu l'augmentation de l'enveloppe de frais des députés vous en bénéficiez plus 15% est-ce que vous trouvez logique cette augmentation ?

25:17
Marine Le Pen

Je comprends bien qu'elle tombe mal quand la situation du pays est difficile moi j'ai peu de difficultés avec cette enveloppe parce qu'elle est je ne l'utilise quasiment pas mais je pense qu'on aurait pu peut-être faire des compensations entre députés entre ceux qui ne l'utilisent pas et ceux qui l'utilisent pour éviter d'avoir augmenté l'enveloppe en ce moment.

je comprends que ça choque les gens qui sont dans la difficulté mais en même temps il faut savoir et je le dis parce que je pense qu'il est juste aussi de le dire que les députés ont fait beaucoup beaucoup d'efforts pour baisser le coût de la démocratie il faut quand même le savoir il faut que les français sachent je sais qu'aujourd'hui il faut faire du politique bashing à tout prix et que les politiques sont les assiettes du baltrap mais attention à cela les députés ont fait beaucoup d'efforts ils ont appliqué leur par exemple leur retraite ils l'ont calé sur le système général donc beaucoup de choses ont été faites il faut aussi qu'ils aient les moyens de travailler correctement

26:15
Présentateur

bien merci Marine Le Pen d'être venue nous voir ce matin 8h56 sur RMC BFM TV