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interviewfranceinter· 8 juin 2026 3 min

Michel Cymes, sandwicherie et les jeunes - Bruno Peki n'aurait pas fait comme ça...

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Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Mais d'abord, voici Bruno Pekin ! Vous n'auriez pas fait un film comme ça, vous, sur la cuisine ? Mais bien sûr que non. En tout cas, je n'aurais pas fait un film dans une cuisine. Même si étant plus jeune, c'était mon rêve de devenir cuisinier. Mais après mon stage de troisième, j'ai compris qu'un cuistot, ça ne mangeait pas durant son travail. Et surtout, ça restait tout le temps debout. Donc, j'ai arrêté ce rêve et j'ai fait du stand-up. Du coup, la cuisine s'est passée de mon rêve à mon cauchemar. D'ailleurs, il y aurait sûrement une émission à faire avec les cauchemars et les cuisines. Je note pour plus d'un.

Et puis, pour traiter le sujet du choc des générations, je ne l'aurais pas fait dans une cuisine, mais dans une émission de radio. Et pas avec vous, Michel, mais avec une autre star âgée du PAF surmédiatisé. Toute ressemblance avec une personne existante ou même existée serait purement fortuite. Et quel rôle horribles pour vous, Michel ? Quand j'ai vu que vous incarnez un cuistot, certes, mais surtout une star de la télé égocentrique et vaniteuse, je me suis dit que ça devait être difficile d'interpréter un rôle si loin de vous. Puis j'ai lu que les producteurs du film avaient écrit cette histoire exclusivement pour vous.

Ah ben là, quand on vous dit que c'est un scénario sur mesure, ça flatte un peu moins que prévu. Donc le coup de téléphone a dû faire plaisir. Mais attendez celui des producteurs de la nouvelle série sur Harry Potter qui ont pensé à vous pour Voldemort. Ah mais là, la fiction dépasse même la réalité, puisque j'ai appris que vous alliez ouvrir une sandwicherie avec votre fils à la rentrée. Mais je vous cite, c'est encore secret parce que c'est un concept original. C'est quoi le concept, Michel ? Une personnalité publique finance le projet de son enfant pour lui donner un truc à faire ? Ça existe déjà ! Ça s'appelle la moitié du cinéma français. Non mais on les connaît, les concepts originaux.

Soit c'est exactement la même chose que ce qui existe déjà, mais présenté différemment. Genre, venez redécouvrir l'âme des comptoirs dans une étreinte gourmande. Le jambon beurre servi par Jean avec le sourire dans sa nouvelle sandwicherie qui réinvente les classiques. Pour 10 balles de plus, parce qu'il faut bien payer l'agence de com' et l'idée à la con. Soit c'est un concept qui n'avait littéralement jamais été fait et que des gens lancent sans se demander pourquoi ça n'a jamais été fait. Généralement, ça réunit les patients du proprio qui n'ont rien à voir. Dans votre cas, Michel, ce serait la médecine et la cuisine, donc une infirme douitscherie.

Pendant que tu attends ta consultation, tu manges un sandwich. C'est une bonne idée. Bon, ça en l'occurrence, c'est le concept des urgences. Ou alors un sandwich qui rend malade. Il y a déjà les French Tacos. Enfin bref, c'est compliqué d'innover. En tout cas, je vous souhaite le meilleur pour votre sandwicherie. Je trouve cool que vous le fassiez avec votre fils. Moi, j'adore les projets intergénérationnels. Je trouve que ça permet de maintenir nos aînés en activité. Et ça, c'est beau. Non, mais c'est vrai, c'est aussi la mission qu'on s'est donnée à la bande originale. Mais ce qui est complexe, c'est que dans notre génération, on a un autre rapport au travail.

Et je pense que ça pose problème, parce que souvent, la nouvelle génération montre comment l'ancienne aurait pu se comporter et comment ils ne l'ont pas fait. Branchez vos sonotones, je vais donner un exemple. Généralement, notre génération actuelle est un peu plus détachée du travail. Il veut moins se fatiguer et avoir plus de temps libre. Donc, quand on débarque avec zéro année d'expérience face à notre N plus 4, en lui disant, s'il n'y a pas de télétravail, une souplesse dans les horaires, en fait, ce sera sans moins OK.

Eh bien, Jean-Michel, de la compta, qui est là depuis 40 ans et qui n'a pas osé prendre un arrêt maladie pour dépression alors qu'il pleurait du sang, il se dit, mais attends, j'aurais dû faire ça dès le début, en fait. Ce n'est pas les jeunes que vous détestez, c'est vous-même pour avoir laissé vos plus belles années défiler en vous laissant écraser par votre employeur. Donc, travaillons juste pour travailler bien. Prenons du recul, relativisons et restons jeunes en attendant d'être vieux. Joli ! Bravo, Bruno ! Bruno Pékin ! Sur scène à Paris au Point Virgule, ce sera après demain, mercredi, à 20h.