"Bloquons tout" : la menace qui inquiète Bayrou - C dans l’air - 23.08.2025
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... - A.de Tarlé: Bonsoir.
F.Bayrou est-il menacé par la journée d'action "Bloquons tout" du 10 septembre? C'est un mouvement de contestation soutenu par LFI, mais aussi les Verts, le PS et une très large majorité de Français, puisque selon un sondage RTL, près de 2 Français sur 3 soutiennent ce mouvement.
Quels sont les ressorts de cette colère? Le budget 2026, qui prévoit notamment la suppression de 2 jours fériés ou de l'abattement fiscal pour les retraités, est-il menacé? Avec lui, le Premier ministre est-il menacé?
Il devra affronter une 1re motion de censure le 23 septembre. Est-ce qu'on s'oriente vers une rentrée sociale explosive, avec une crise politique à la clé? C'est dans ce contexte que F.Bayrou prendra la parole lundi pour une conférence de presse.
C'est le sujet de ce "C dans l'air". Pour répondre à vos questions, nous avons le plaisir d'accueillir E.Duteil, directeur de la rédaction de "L'Usine nouvelle".
V.Lecasble est journaliste pour LeJournal.info.
A.Malval est grand reporter au service politique de "Marianne". B.Sananès est politologue, président de l'institut de sondage et de conseil Elabe.
On commence avec vous, B.Sananès. Vous êtes un spécialiste de l'opinion publique.
Vous avez une boule de cristal. Ce mouvement "Bloquons tout" est annoncé à grand renfort de fanfares pour le 10 septembre...
Quel avenir? Est-ce que vous sentez qu'il peut s'enraciner? - B.Sananès: L'astrologie n'est pas mon domaine.
On a effectivement des éléments qui montrent que les ingrédients d'une mobilisation sont là. Est-ce que ça va se traduire? C'est trop tôt pour le dire.
Pourquoi les ingrédients sont là? D'abord, près de 2/3 des Français disent qu'ils sont prêts à soutenir le mouvement. Entre soutenir le mouvement et aller dans la rue, c'est différent.
Cette proportion de 2/3 n'est pas si loin du mouvement des "gilets jaunes". Près de 7 Français sur 10 étaient en soutien ou en sympathie du moment. En plein coeur de l'été, ou proche de la rentrée...
Ca a été un sujet pendant l'été, un sujet de discussion. Bien sûr, il y a le plan de rigueur. F.Bayrou est un fin politique qui sait que ce n'est pas en lançant des mesures rigoristes qu'il allait être populaire.
Il y a 2 mesures, notamment celle sur les dépenses de santé, le forfait de 100 euros sur les médicaments, et surtout la suppression des jours fériés. Ca cristallise l'opposition. 3/4 des Français se disent contre cette mesure.
Plus de 1 sur 2 se dit tout à fait opposé. On voit bien que ça cristallise les oppositions des Français. Qu'est-ce qu'il peut y avoir, comme autres éléments?
Un renfort potentiel possible: les syndicats. Pour l'instant, nous en sommes à la mobilisation citoyenne. Il y aura une intersyndicale le 1er, je crois. - A.de Tarlé: S.Binet se réjouit que les Français se réveillent et veuillent tout bloquer le 10 septembre. - B.Sananès: Un renfort de la mobilisation syndicale donnerait un autre élan au mouvement.
Pour l'instant, on a un mouvement citoyen, spontané. Le dernier point qui diverge des "gilets jaunes", c'est que ce mouvement a potentiellement un débouché politique: le vote ou pas d'une motion de censure. Au moment des "gilets jaunes", il n'y avait pas ce débouché. - A.de Tarlé: En ligne de mire, il y a F.Bayrou. - B.Sananès: Certes, pendant les "gilets jaunes", il y avait des demandes de démission d'E.Macron, mais sur le plan politique...
Les ingrédients sont là. Est-ce que la mobilisation peut prendre? Sans doute.
Est-ce qu'elle va être aidée par la politisation du mouvement? C'est à voir. C'est surtout sur Telegram que le mouvement a démarré.
Il y a une mise à distance des partis politiques. Ce qui s'est passé ce week-end avec l'offensive de LFI et de J.-L.Mélenchon pour soutenir le mouvement...
On va voir si ça va entraîner des retraits ou pas dans les prochains jours. C'est un peu tôt pour le dire. Il reste 3 semaines.
Les ingrédients sont là. Il y a un potentiel de mobilisation assez élevé. - A.de Tarlé: C'est à la une du "Courrier picard", ce mouvement "Bloquons tout".
Il parle des ex-"gilets jaunes". Ca rappelle les "gilets jaunes"? - V.Lecasble: Ce qu'il faut comprendre dans le discours de J.-L.Mélenchon, c'est que le grand regret de sa vie, c'est d'avoir raté la récupération des "gilets jaunes".
C'est exactement la forme de lutte qu'il souhaite. Il considère que tout ce qui est centriste, que ce soit de droite ou de gauche, est complètement foutu, est assimilé aux bourgeois qui sont pour l'Europe et qui n'ont rien compris. Lui, il est pour la révolution du peuple dans la rue, du peuple de gauche et de droite. - A.de Tarlé: Il dit ceci. - V.Lecasble: Exactement.
C'est ce qu'il appelle de ses voeux. Ca a été bien dit par B.Sananès.
Ce qu'il y a de plus par rapport aux "gilets jaunes", c'est cet objectif: ce budget qui exaspère les Français. Tout le monde est exaspéré par ce qui se passe. On s'est baladés en France cet été.
On entend que ça fait 20 ans qu'on nous tond et que c'est toujours sur les mêmes que ça tombe. Les riches en sont exclus. De toute façon, le président de la République a fait n'importe quoi et il a jeté l'argent... "C'est nous qui allons payer." Cette fois, ce sera non.
Ce "non" est important. Il y a une levée de boucliers. Les Français ruent dans les brancards.
Ils ne veulent plus payer. On a appelé ça la résistance à l'impôt. Jusqu'où peut-on faire payer les Français?
On dit toujours que c'est en France que le taux de prélèvement public est le plus important. Ils ont l'impression que cette fois encore, ils vont être les dindons de la farce. Ils pensent qu'ils vont devoir mettre la main à la poche.
Va-t-il y avoir cette conjonction des luttes? C'est ça qui est intéressant à voir. Ce mouvement "Bloquons tout" est plutôt venu De l'extrême droite, au départ. - A.de Tarlé: Il est en train de se gauchiser? - V.Lecasble: Comme d'habitude, J.-L.Mélenchon a dit: "Moi, je soutiens." Il a repris la main à gauche.
C'est l'homme politique le plus détesté des Français, mais il a essayé de se remettre un peu...
Qu'est-ce qui s'est passé depuis? Les autres suivent. Les écologistes et le PS ont suivi.
Il y a une espèce de doux mélange des "gilets jaunes", de l'extrême droite et de l'extrême gauche, et cette tentative de récupération politique. On va voir ce que dit F.Bayrou demain, s'il a des cartes dans son jeu à sortir, c'est-à-dire ce sentiment que le budget tel qu'il est aujourd'hui n'est pas juste...
Ce n'est pas acceptable. - A.de Tarlé: Parmi les irritants, il y a cette idée qu'on paie des impôts et qu'on n'en a pas pour son argent.
Il y a aussi cette suppression des 2 jours fériés. 73 % des Français sont contre. Il y a même des patrons qui sont contre.
Le lundi de Pentecôte et le 8 mai, on va travailler... - E.Duteil: Ils ne sont pas tous contre, pour la même raison.
Je pense que vous pensez à un lobby patronal qui défend le monde industriel, qui a dit que ce n'était pas la bonne mesure car ça allait être une autre taxe pour eux. La suppression des 2 jours fériés, ce serait une soulte que les entreprises devraient verser. - A.de Tarlé: Ils viennent travailler gratuitement, mais en échange, le patron est obligé de payer une taxe de 4 milliards... - E.Duteil: C'est un chiffre fait sur un coin de table.
C'est très compliqué de savoir combien cela pourrait rapporter. C'est l'irritant principal partout. - A.de Tarlé: On vous en a parlé partout cet été? - E.Duteil: Enormément.
Et ce, y compris du côté des entreprises. "Ca va nous mettre le feu. C'est extrêmement compliqué." Il y a certainement des téléspectateurs qui nous regardent qui sont au forfait jours.
C'est un nombre de jours travaillés par an. Ce n'est pas simple à retravailler, surtout quand il y a des tensions au sein des entreprises, déjà. "On nous renvoie le bousin et ça va être à nous de gérer." Le fait sur lequel tout le monde est d'accord ou presque, c'est qu'il faut travailler plus.
F.Bayrou a posé un diagnostic relativement partagé par le camp patronal sur les efforts à faire. Tout le monde est conscient qu'il a mis le curseur le plus loin possible.
Quand vous touchez un bout chez l'un ou chez l'autre en France, chacun se sent attaqué. Chacun va défendre son boudin. On a vécu la même chose l'an dernier au moment du budget.
M.Barnier voulait toucher tout le monde, bille en tête. Au final, le budget a été relativement sobre.
Je pense que ce n'est pas si différent du mouvement des "gilets jaunes". On a eu ce mouvement à cause des 80 km/h. Il y a eu aussi la réforme des retraites discutée au Parlement.
Surtout, il y avait le sentiment de déclassement, le sentiment que c'était toujours une partie de la population qui payait, ou en tout cas, qui n'était pas aidée. Ce mouvement du 10 septembre a les mêmes fondements, les mêmes relents de doute de la part de la population française. Ce n'est pas si éloigné.
C'est inquiétant. Ca veut dire qu'on n'a rien réglé. - A.de Tarlé: A.Malval, le fait que 63 % des Français soutiennent cet appel à bloquer le pays, ça veut dire que F.Bayrou n'a pas réussi à convaincre de la pertinence de son plan de rigueur qu'il a présenté mi-juillet aux Français? - A.Malval: Effectivement.
F.Bayrou s'était dit qu'il présentait son plan le 15 juillet avec l'Assemblée nationale en vacances et qu'il allait pouvoir essayer de convaincre l'opinion. C'est une bataille de l'opinion.
Il faut le consentement à l'impôt et à tous ces efforts. C'est ça qui est en jeu. F.Bayrou a fait des vidéos, ces fameux "FB direct" qui n'ont pas remporté un franc succès. - A.de Tarlé: Voici un extrait.
On a sélectionné...
Il en fait régulièrement. Hier, il a fait une nouvelle vidéo. C'était pour dénoncer l'idée très répandue que les ministres et les Premiers ministres bénéficient d'avantages indus.
F.Bayrou s'est adressé aux Français. Il y a eu 5000 vues.
Ce n'est pas beaucoup. Il dit que c'est une légende urbaine. Voici cet extrait.
Il a été posté hier depuis Matignon par F.Bayrou. - A.de Tarlé: Alors, arrêtons-nous un peu sur cette façon de communiquer.
F.Bayrou veut s'adresser directement aux Français. Il y a 8000 abonnés sur sa chaîne. - A.Malval: Il y en a beaucoup moins sur les groupes Telegram qui s'organisent avec le hashtag "Bloquons tout".
Cet effort est louable, mais ça apparaît assez déconnecté pour les Français qui sont en colère. 63 % sont favorables à ce mouvement, y compris chez les électeurs du bloc central. C'est intéressant de voir que presque 40 % des électeurs d'Ensemble sont d'accord avec le mouvement et contre les propositions du budget de F.Bayrou. - A.de Tarlé: Même dans son propre camp, on a envie de tout bloquer? - A.Malval: Oui.
On a envie de manifester une colère qui dépasse le budget. Il y a aussi l'envie de reprendre le contrôle. Pourquoi la pétition contre la loi Duplomb a récolté 2 millions de signatures?
Ce ne sont pas 2 millions d'écologistes Ou d'électeurs d'EELV. Ce sont des gens qui ont l'impression qu'ils ne savent pas ce qu'ils ont dans leur assiette, qu'on les amène dans une direction dans laquelle ils ne veulent pas aller. Il y a ce désir de reprendre le contrôle et une colère qui s'expriment. - A.de Tarlé: En dehors des partis politiques. - A.Malval: Oui, et en dehors des modes d'action traditionnels.
Pour l'instant, c'est ce qui différencie ce mouvement et qui peut inquiéter jusqu'au gouvernement par rapport aux "gilets jaunes". Il y avait une radicalité où le curseur était poussé très loin. C'est ce qui a fait son succès au début et qui a causé sa perte par la suite.
On assiste à des discussions sur des boucles Telegram où on dit qu'on va boycotter, qu'on ne va plus consommer, qu'on va rester chez nous et qu'on ne va plus participer à l'économie, qu'on va se confiner pendant une journée. Les modes d'action ne sont pas tout à fait les mêmes. Ca peut changer.
Plus le mouvement gagne en popularité, plus l'idée dans la rue va prendre. Au début, la façon d'envisager la protestation n'était pas la même. - B.Sananès: Certaines des mesures du plan cristallisent un mécontentement, une opposition.
Il y a ce sentiment d'injustice, qu'on a mesuré dès le 15 juillet, au lendemain de la conférence de F.Bayrou. Sur le diagnostic, sur la nécessité de s'attaquer au déficit, ou plutôt à son aggravation, de prendre ce sujet à bras-le-corps, là, F.Bayrou a marqué des points.
Il est soutenu. - A.de Tarlé: Sur le constat. - B.Sananès: Sur le fait qu'on ne peut pas continuer comme ça.
Il y a un certain nombre de mesures qui sont soutenues très largement. Le problème pour l'exécutif, c'est que les mesures totems rendent peu audible le reste et ont même éloigné certains électeurs du bloc central. Faire des efforts pour réduire le déficit, c'est une chose, mais là, ça va trop loin.
L'effort n'est pas le même pour tous. Ca renvoie à la question de l'exemplarité. "Vous nous demandez des efforts." Les gens ne vont pas sauter de joie. - A.de Tarlé: Il a dit que les ministres et Premiers ministres n'avaient pas de retraite à vie, contrairement aux rumeurs. - B.Sananès: Ceux d'en haut, ce sont les ministres, mais aussi les plus aisés.
Il y a l'idée qu'il n'y a pas d'efforts demandés aux plus aisés. Peut-être que lundi, c'est sur ces 2 sujets qu'il y aura des débouchés. - A.de Tarlé: Lundi, il tiendra une conférence de presse à Matignon. - V.Lecasble: F.Bayrou, dans cette vidéo, a aussi dit: "On nous prend pour des voleurs, la classe politique." Il a demandé à un ancien ministre socialiste de faire un état des lieux des revenus des hommes politiques.
On entend qu'ils s'en mettent plein les poches, ce qui est faux. Est-ce que ça va suffire de montrer cet état des lieux pour prouver ça aux gens? Mais il y a une espèce de révolte qui va très loin: "Eux s'en mettent plein les poches et ils sont à côté du sujet." Ce qui est très important, et je suis persuadée qu'il va évoluer...
Deux sujets sont incompréhensibles. Le premier, c'est qu'il envoie aux syndicats, en plein coeur de l'été, l'histoire des jours fériés et de la réforme de l'assurance-chômage...
Est-ce que le plus urgent est la réforme de l'assurance-chômage? C.Vautrin, la ministre du Travail, va recevoir les syndicats à partir de lundi pour remettre à plat le sujet du travail et essayer de redonner envie aux Français de travailler.
C'est un des piliers indispensables et sur lequel il faut travailler. Elle va aussi leur expliquer que le taux d'emploi doit augmenter dans ce pays. Ce qui est incompréhensible...
C'est une provocation d'envoyer ça le 10 août. Il n'y a pas le feu au lac. On n'a toujours aucune mesure annoncée, notamment pas une qui est fermement réclamée par le PS, en particulier sur les haut revenus et les très riches, ni sur les très grandes entreprises...
L'hypothèse est que les jours fériés, c'est le chiffon rouge et c'est ce qui sautera pour donner un signe clair à l'opinion qu'il l'a entendue. Comme c'est visible, ce sera très visible le jour où il renoncera à ces jours fériés. Il va sûrement annoncer aussi un moment donné quelque chose sur les très haut revenus et les très riches, comme E.Lombard le promet depuis des mois.
Les fameuses holdings familiales...
La seule question, c'est une histoire de timing. N'a-t-il pas trop attendu? La colère qui monte, va-t-il pouvoir la faire rentrer chez les gens?
N'est-ce pas trop tard? - E.Duteil: En fin de semaine, il va au Medef.
Il va sûrement y avoir 3 temps. - A.de Tarlé: La rentrée s'annonce particulièrement délicate pour F.Bayrou.
Le Premier ministre a bien tenté cet été de faire de la pédagogie pour justifier les 44 milliards d'euros d'économies annoncés, mais rien n'y fait, les menaces de mouvements sociaux et de censure se multiplient. - La France sera-t-elle à l'arrêt le 10 septembre? C'est un appel à bloquer le pays qui prend de l'ampleur sur les réseaux sociaux, pour dénoncer les coupes budgétaires envisagées par le gouvernement.
Symbole d'une rentrée politique qui s'annonce très tendue, certains partis s'emparent de ces protestations, à commencer par LFI hier. - J.-L.Mélenchon: Il nous faut la grève générale le 10 septembre.
Le 23 septembre, nous déposerons la motion de censure pour faire tomber le gouvernement de monsieur Bayrou. Elle va mettre tout le monde au pied du mur. - Une censure déjà annoncée et soutenue par les autres partis de gauche.
Quant aux blocages, socialistes et écologistes restent prudents, mais suivent de près cette future mobilisation. - O.Faure: Nous devons l'accompagner.
Notre vocation n'est pas non plus de la canaliser, de la dompter, de l'instrumentaliser, de la soumettre. Mais c'est de lui offrir un débouché politique qui ne soit pas celui de l'extrême droite. - M.Tondelier: Tout va se jouer dans ces mobilisations.
Est-ce une fois? Est-ce que ça retombe? J'attends ça avec impatience. - La rentrée de tous les dangers pour F.Bayrou, plus impopulaire que jamais et sans majorité à l'Assemblée.
Cet été, le Premier ministre a tenté d'expliquer ses choix aux Français en lançant un podcast. - Conscient de la défiance qu'il suscite. - Il défend ses propositions, qu'il juge nécessaires. - F.Bayrou: Si nous ne décidons pas de nous ressaisir, alors c'est que nous sommes irresponsables devant nos enfants. - Mais serait-il déjà trop tard pour convaincre, tant les oppositions sont nombreuses?
Plusieurs appels à la grève sont lancés et les syndicats font front commun contre les propositions du Premier ministre. La suppression de 2 jours fériés ou de nouvelles règles plus restrictives sur l'assurance-chômage, la réforme de trop pour la CFDT. - On sait qu'il y a eu plusieurs réformes successives.
Le résultat, c'est qu'il y a eu beaucoup d'économies. Les efforts ont été faits, déjà, par les demandeurs d'emploi. On est dans une situation où une nouvelle réforme ne ferait que précariser encore plus. - Chez les LR aussi, on se montre critique envers certaines propositions. - L.Wauquiez: Il y a trop d'efforts demandés aux Français et pas assez par l'Etat sur sa dépense publique.
C'est la première chose qu'on veut changer. La 2e, c'est qu'on ne peut pas demander plus d'efforts à la France qui travaille et ne rien faire pour lutter contre l'assistanat et les abus. - Le gouvernement survivra-t-il à l'examen du budget?
Le vote d'une motion de censure par l'extrême droite serait déterminant. Malgré sa nette opposition au gouvernement, le RN fait durer le suspense. - Vous nous dites déjà que c'est la censure assurée à l'automne? - Non.
Nous sommes des élus responsables et nous espérons qu'ils nous écoutent, mais ça fait 3 ans qu'ils ne nous écoutent pas. - Les négociations ne font que commencer pour le gouvernement, qui recevra les partenaires sociaux ce lundi. F.Bayrou s'exprimera le même jour face à la presse. - A.de Tarlé: Question.
On va regarder ensemble le niveau des taux d'intérêt que j'ai récolté cet après-midi. La France est exactement au même niveau que la Grèce, qui était le pays au bord de la faillite il y a une dizaine d'années. Ca devrait nous alerter. - E.Duteil: Ca doit nous alerter.
L'Italie était, comme la Grèce, le mauvais élève de l'Europe. Ca y est, on emprunte le même chemin que l'Italie. Ca montre que notre pays inspire moins confiance aux investisseurs que ces pays.
La Grèce, on peut le comprendre, il y a eu un retournement. L'Italie aussi commence à avoir une amélioration de ses finances publiques assez intéressante. Depuis le début de l'année, il y a eu des lois d'incitation. - A.de Tarlé: Vu de l'étranger, on se demande si la France est tenue. - E.Duteil: La réforme de l'assurance-chômage, ce sont des totems qui ne sont pas envoyés aux Français, même si c'est plutôt soutenu par une part des Français, mais c'est envoyé aux agences de notation.
On dit aux agences de notation et aux investisseurs qu'on va faire des choses, mais si on ne le fait jamais...
La réforme des retraites a été réduite par rapport à ce qui était prévu. On ne réduit pas le déficit alors que tous les autres le font. On pourrait parler en termes de taux d'emprunt des Espagnols et des Portugais.
Le travail fait par ces pays...
Le Premier ministre espagnol n'est pas quelqu'un de droite et il n'a pas une stabilité politique très forte, mais il arrive à faire des réformes qui changent son pays. Cette dame a raison, il y a une inquiétude. Mais il faut toujours faire très attention.
On n'est pas la Grèce ni l'Argentine. On ne va pas faire faillite demain. On a toujours 16 ou 17/20 quand on regarde les agences de notation.
On a un peu de marge. Mais chaque jour qui avance est une autre marge. - A.de Tarlé: Comment expliquer cette exception française?
D'accord pour réduire les déficits, les autres pays sont arrivés à le réduire, mais nous n'y arrivons pas. Y a-t-il une spécificité française? - A.Malval: Pour réduire un déficit, le poids du déficit par rapport au PIB, soit on coupe dans les dépenses, soit on augmente le PIB.
L'Espagne a choisi la 2e option. Ce qui marche, c'est aussi la croissance et l'augmentation du PIB. Ca porte l'économie espagnole.
Par rapport à la question de savoir comment on résout ça, notre exception française, c'est qu'on a un pays où personne n'a la majorité pour dicter une politique claire qui puisse être validée par tout le monde. Dans l'Assemblée tripartite, quand on essaie de bricoler ce budget...
C'est contradictoire. F.Bayrou souhaite faire presque 44 milliards d'euros d'économies, ce qui est un des budgets les plus ambitieux.
Il le revendique en disant qu'il fait le choix le plus courageux des 2 quinquennats d'E.Macron en présentant ce budget. Il voudrait qu'une Assemblée qui n'est pas à sa main valide ce plan.
C'est mission impossible. Tout ce que vous donnez à l'un...
S'il veut embarquer le PS pour avoir un accord de non-censure comme il a réussi, ça veut dire aller taxer les plus riches. Alors que les LR, qui font partie du socle commun, ne veulent aucune augmentation d'impôts, que ce soit pour les entreprises... - A.de Tarlé: Donc on ne fera rien avec cette Assemblée nationale? - A.Malval: Le seul chemin de crête que F.Bayrou entrevoit peut-être, outre le fait de convaincre l'opinion publique, ce qui n'est pas un franc succès, c'est de se dire qu'en 2027, tous les partis politiques ont les yeux braqués sur la présidentielle... - A.de Tarlé: "Laissons F.Bayrou faire le sale boulot." - A.Malval: Si le RN arrive au pouvoir et qu'ils ne peuvent appliquer aucun élément de leur programme dans un monde qui sera peut-être encore pire...
On parle de l'Italie ou de la Grèce, mais le plus inquiétant pour la France, c'est lorsque l'Allemagne empruntera sur les marchés. L'Allemagne est le meilleur élève de l'Europe. Elle va avoir des taux d'intérêt meilleurs et va peut-être prendre une part de l'épargne. - A.de Tarlé: V.Lecasble? - V.Lecasble: Je voudrais revenir sur l'exception française.
Elle commence bien avant. C'est le "quoi qu'il en coûte". Quand on est sorti du covid, tous les pays d'Europe sont revenus à leur dette d'avant.
C'est à ce moment-là qu'ils ont commencé à serrer les boulons. On s'est dit qu'on allait faire cette politique de l'offre que vient de décrire Aurore, c'est-à-dire qu'on va augmenter le PIB, les impôts vont rentrer et on va s'en sortir comme ça, et on a jonglé. Comme les taux d'intérêt étaient à 1 % à peine, on s'est dit que c'était de l'argent gratuit et qu'il n'y avait pas de problème, qu'on pouvait continuer avec le "quoi qu'il en coûte".
C'est là qu'a commencé cette situation catastrophique dans laquelle on est aujourd'hui. Quand ça allait bien, on n'est pas devenus vertueux. On a continué à distribuer aux uns et aux autres. - A.de Tarlé: E.Macron est un président dépensier? - V.Lecasble: Très dépensier.
C'est pour ça que les marchés ne nous croient pas. Aujourd'hui, sur la façon dont on est en train de traiter le budget, quand on ne touche pas à la flat tax, qu'on ne touche les sociétés sur aucun sujet...
Regardez la taxe Zucman proposée au Parlement. On n'en parle même pas. On ne met même pas le sujet sur la table.
Les Français ne veulent plus en entendre parler. Il y a ceux qui vivent dans les hautes sphères et il y a ceux qui n'ont pas accès à la mondialisation, qui sont dans les territoires, qui sont chez eux, quoi. Ils ont l'impression qu'ils sont tout le temps en train de payer pour... - A.de Tarlé: Réduire un déficit qui ne se réduit pas? - V.Lecasble: Non.
Ils payent pour ce qu'ils considèrent ne pas être des bonnes raisons. On a eu cette rigueur budgétaire l'an dernier car les impôts ne sont pas rentrés. Pourquoi?
Car on a perdu en compétitivité, car la France s'est désindustrialisée. On n'est plus assez innovants. - A.de Tarlé: Un mot sur ce que disait A.Malval: "Si F.Bayrou faisait le sale boulot et nous rendait des finances publiques à l'équilibre en 2027, ce pourrait être..." Ca peut expliquer la position du RN vis-à-vis de ce mouvement "Bloquons tout".
Ils ne soutiennent pas le mouvement. "On n'a pas vocation à être l'instigateur ni l'organisateur", dit E.Diaz. - B.Sananès: Le RN est arrivé nettement en tête des législatives de 2019.
On voit que les électeurs RN sont favorables au soutien du mouvement et favorables au vote de censure. C'est un point important. Deuxièmement, le RN a du mal, vis-à-vis d'une partie de son électorat, à prendre la responsabilité d'une instabilité politique. - A.de Tarlé: L'électorat voudrait faire tomber Bayrou, mais les cadres du RN... - B.Sananès: L'élection reine, c'est la présidentielle, pas la législative.
Au second tour, le RN n'avait pas obtenu le score escompté. Il y a un lien entre la mobilisation du 10 septembre, celles des jours suivants, et le vote de censure. Quand vous êtes député socialiste, député RN, si la mobilisation a rassemblé plusieurs centaines de milliers de personnes, que vous retournez dans votre circonscription et que vous dites que vous n'allez pas voter la censure, souvent, vous ne vous faites pas bien accueillir.
Si F.Bayrou cherche à déminer, dès lundi...
Vous connaissez cette métaphore qu'on utilise beaucoup dans les conflits sociaux: le tube de dentifrice. C'est très difficile de faire rentrer le dentifrice dans le tube, de faire rentrer les manifestants une fois qu'ils ont démarré. - A.de Tarlé: Il ne faut pas que la CFDT accompagne ce mouvement... - B.Sananès: Si la CGT appelle à un blocage dans les grandes entreprises publiques, ce mouvement peut avoir une réussite numérique au soir du 10 septembre.
Nous dirons que ça a été réussi. Ca peut faire pression sur un certain nombre de députés qui hésitent, notamment les députés PS. Ils disent qu'il n'y a pas de discussion sans, au préalable, le retrait de la mesure de suppression des jours fériés.
Pour ces députés, ça peut être compliqué de dire à son électorat qu'on ne vote pas la censure et qu'on attend de voir ce qui va se passer. - A.de Tarlé: La liste des mécontents du budget est longue.
L'Association des maires de France menace elle aussi de se mobiliser à la rentrée si le gouvernement ne revoit pas sa copie. Le maire de Saint-Cloud a carrément décidé d'attaquer l'Etat devant le tribunal administratif pour protester contre la baisse des dotations. - Aux portes de Paris, Saint-Cloud, une ville de 30 000 habitants gérée depuis 20 ans par le maire, E.Berdoati.
C'est une commune aisée, et pourtant... - E.Berdoati: Ce gymnase a été livré en 1976.
Vous voyez que son état est plutôt pitoyable. - Au fil des décennies, l'enceinte sportive s'est dégradée. Elle est devenue une vraie passoire. - E.Berdoati: On voit la pluie dans le gymnase.
On est dans le hall d'entrée. Vous voyez qu'il n'y a plus du tout d'étanchéité du toit. Cela nous a obligés à sécuriser et à interdire la présence d'enfants ou d'associations.
On voit qu'il faut reconstruire cet équipement. Malheureusement, nous ne pourrons pas le faire. Nous avons trop de réductions des contributions.
Notre budget de fonctionnement est en difficulté. - Le chantier coûterait à la ville entre 7 et 10 millions d'euros, soit 1/3 de son budget d'investissement. - E.Berdoati: En 2012, la recette des dotations de l'Etat, c'était 5 millions d'euros.
Aujourd'hui, c'est 121 000 euros. La chute est vertigineuse. Le désengagement est matérialisé par ça: ce recul incompréhensible de quelque chose que nous continuons de faire, mais qui n'est plus financé. - Alors, la ville rafistole, et en attendant, installe des filets au plafond pour éviter les chutes, mais ce n'est pas près de s'arranger.
Le budget alloué aux collectivités par le gouvernement va être amputé de 5,3 millions d'euros l'an prochain. - E.Berdoati: Vous étiez en vacances?
Vous êtes resté là tout l'été? - Le coup de rabot de l'Etat inquiète aussi les administrés. - Les communes ont besoin d'argent.
Nous, on participe à donner de l'argent à l'Etat. Il faut que ça retourne un peu à l'envoyeur. Avant, il y avait des bus gratuits.
Ca a été supprimé. Bon...
Certaines personnes âgées s'en servaient beaucoup. Elles en avaient besoin. Maintenant, c'est supprimé. - E.Berdoati: On fait des économies depuis très longtemps.
On n'a pas attendu que l'Etat nous demande de faire quelque chose. Je suis plutôt un maire gestionnaire. On a supprimé le transport scolaire.
On a vendu un centre de vacances à Saint-Brevin. On fait des économies. Il y a un moment où vous ne pouvez plus.
Vous êtes à l'os. - Un budget municipal pour l'instant encore excédentaire mais de plus en plus étriqué. Excédé, le maire de Saint-Cloud a décidé d'attaquer l'Etat.
E.Berdoati a déposé un recours contre la baisse des dotations devant le tribunal administratif. - E.Berdoati: A partir du moment où l'Etat a dit que ça, on allait le faire à sa place, qu'il ne financerait plus, du jour au lendemain, c'est un comportement de voyou.
Imaginez une relation commerciale entre une entreprise cliente et une entreprise fournisseur. Le client dit que l'entreprise va continuer le service mais qu'il ne va plus payer. - La colère est partagée par de nombreux élus locaux.
L'Association des maires de France menace de se mobiliser à la rentrée si le gouvernement ne revoit pas sa copie. - A.de Tarlé: Question.
On a vu le maire qui dit qu'ils sont à l'os. - E.Duteil: Ils sont à l'os, effectivement, mais je ne suis pas sûr que les collectivités, si on les prend au sens large, aient fait tous les efforts.
Tous les rapports disent que les agents de l'Etat ne sont pas tous aux 35 heures. Il y a encore un peu de marge pour revenir...
Par ailleurs, il y a eu énormément d'embauche ces dernières années dans les différents services, pour des raisons relativement objectives. L'Etat a transmis aux collectivités territoriales de nombreuses missions. Malgré tout, en 2025, n'importe quelle entreprise va regarder, grâce à l'IA, grâce aux logiciels, comment on peut optimiser les besoins de chaque entreprise.
Les collectivités ont un peu de marge là-dessus, mais c'est vrai qu'avec l'arrêt des contributions qui est arrivé, notamment avec la suppression de la taxe d'habitation, elles ont perdu en marge de manoeuvre. C'est réel. C'est compliqué pour de nombreuses collectivités.
Il y a trop d'échelons territoriaux. A-t-on besoin de l'échelon des départements? C'est tabou en France.
Bien malin celui qui va nous dire à quoi sert un département, aujourd'hui. A-t-on besoin de doublonner la mairie et la communauté de communes? Tout cela pose la question du maillage territorial.
C'est très compliqué à défendre. Le maire de Saint-Cloud a l'air d'être gestionnaire. Il fait de gros efforts.
Il a raison, mais il y a encore un peu de marge de manoeuvre. Cela rejoint la totalité de cette émission. C'est très symbolique. - A.de Tarlé: La Cour des comptes dit qu'il faut supprimer 100 000 postes dans les collectivités locales. - V.Lecasble: Ce que vient de dire Emmanuel est exact.
Quand on a fait les grandes régions, il était question de supprimer les départements. C'était l'objectif, au départ. Si je ne dis pas de bêtises, c'était sous F.Hollande.
Il a reculé sur ce sujet. - A.de Tarlé: On en rajoute une couche? - V.Lecasble: On a l'impression qu'ils travaillent tous en silo.
Ils font leur tambouille dans leur coin. Il n'y a pas de mutualisation des effectifs et de l'argent. Il y a cette multiplication de petits lieux de travail, avec une petite enveloppe pour chacun.
Quand vous vous promenez dans ce beau pays qu'est la France, je suis étonnée de voir que des ronds-points ont été rajoutés. De belles fleurs sont mises. Il y a 2 sujets.
C'est 100 000 personnes de trop, dit la Cour des comptes. Il n'y a pas d'efficacité dans les effectifs. Chacun fait son petit truc, sa petite boutique, dans son coin.
Ca ne fonctionne pas. Le 2e truc, c'est qu'il faudrait faire un audit des dépenses. Je suis convaincue qu'il y a des dépenses incontournables et importantes, mais le sont-elles toutes?
Beaucoup de maire aiment se faire plaisir. On vit dans un pays magnifique, mais tout ça coûte très cher. Ce qui est vrai, en revanche, c'est que la dotation globale de fonctionnement, qui représente 53 % des recettes des collectivités au total, diminue.
C'est 12 %. Ce ne sont pas des chiffres considérables. Les collectivités locales doivent faire un effort, comme les autres.
Il n'y a pas de raison que ce soient les seules qui n'en fassent pas. - A.de Tarlé: Comme l'Etat... - V.Lecasble: La Sécurité sociale, l'école...
Il faut leur rendre justice. Ce ne sont pas elles qui grèvent le plus le déficit. Ce sont elles dont l'accélération est la plus importante. - A.de Tarlé: Les collectivités locales, ça représente 20 % des dépenses, mais c'est là que ça a le plus augmenté. - V.Lecasble: Oui. - A.de Tarlé: On voit des Français qui ont l'impression de payer beaucoup d'impôts.
Voici 2 unes de la presse régionale. On va regarder "Nord éclair". Et voici "Nice-Matin".
Les urgences ne fonctionnent pas et on ferme les piscines alors qu'on paie beaucoup d'impôts. A quoi sert le maire? - A.Malval: On parlait de la colère des Français, mais vers qui s'exprime-t-elle?
Qui est le 1er échelon? C'est le maire. Il a longtemps été épargné par la colère des Français.
Quand on mesure la crise de confiance entre les citoyens et leurs représentants politiques, souvent, le maire est moins mal vu que les autres. Pourtant, on voit que la situation se complique. De plus en plus de maires jettent l'éponge.
Ils vivent très mal ces situations. Ils ont le sentiment...
Quand les urgences ferment, ce sont les services publics...
Ils ne sont pas responsables, mais pourtant, c'est à eux qu'on fait le reproche. Lorsque le médecin quitte une ville...
Les déserts médicaux, ce sont eux qui le prennent en pleine face et qui essaient de trouver une solution, pour installer une maison de santé, pour prendre en charge un peu d'administratif pour un médecin...
Il y a des missions un peu plus régaliennes, comme les polices municipales, dont le budget a beaucoup augmenté, plutôt dans les communes moyennes, voire les grandes. Faute d'effectifs suffisants de police nationale, on organise des polices municipales. En plus, elles doivent être armées.
Ce sont des budgets. Evidemment, il y a des aides prévues, mais on sait bien que ce n'est jamais au même niveau. Cette colère s'exprime de plein fouet face aux maires. - A.de Tarlé: Que disent les maires?
En mars, on va élire les maires. Est-ce qu'il y a des villes où on va avoir des difficultés à constituer des listes électorales? - B.Sananès: C'est quelque chose qu'on entend beaucoup.
Les élus nous disent que c'est de plus en plus difficile de constituer des listes. - A.de Tarlé: Trouver des "bénévoles"? - B.Sananès: Oui, des gens prêts à s'engager.
Ce n'est pas l'indemnité de mandat qui constitue un revenu pour ceux qui s'engagent. A la fin, c'est vrai qu'il y a un sursaut, dans les derniers jours. On arrive à boucler des listes.
Les maires ont le sentiment d'être un peu empêchés. Le maire a longtemps été l'élu dont on se sentait le plus proche. Ca reste toujours vrai, mais les jugements sont un peu plus critiques.
On allait voir le maire en se disant qu'il allait régler notre problème. Le maire ne peut pas agir car il n'a pas de marge de manoeuvre. Quand on demande aux Français qui est responsable, c'est d'abord le train de vie de l'Etat, un peu l'enchevêtrement des compétences, mais les collectivités locales, pas trop.
C'est de l'investissement de proximité. Je crois que ça représente près de 50 % de l'investissement public. C'est la voirie, les équipements, les grands projets...
On a le sentiment qu'on paie plus et que le service en général se détériore. Ce sujet du consentement à l'impôt...
Plus de 6 Français sur 10 considèrent qu'ils donnent plus qu'ils ne reçoivent. - A.de Tarlé: Un maire disait ce matin sur France Inter qu'il était obligé de dire à ses administrés qu'il n'avait pas d'argent pour boucher le nid-de-poule devant chez eux. - V.Lecasble: Ce millefeuille administratif participe à les empêcher.
Quand le maire a des projets, il doit demander l'autorisation du département. La région s'en mêle. On a l'impression...
Quand il y a trop de personnes autour d'une table pour la même réunion et que chacun a un intérêt particulier qui est le sien, on n'avance pas. La 1re raison de démission des maires en France, c'est le fait que leurs projets n'aboutissent pas. On dit qu'ils ont peur à cause de l'insécurité.
Ce n'est pas exact. 30 % des démission de maires en France proviennent du fait qu'ils ont l'impression qu'ils n'arrivent pas à avancer. Ils bossent et ça ne passe pas parce qu'il y en a toujours un qui est là pour leur mettre des bâtons dans les roues. - A.de Tarlé: On a parlé de l'incapacité de la France à réduire ses déficits.
Devrait-on parler de l'incapacité de la France à faire le choc de simplification que tout le monde promet et qui fait qu'on est peut-être découragés à l'échelle municipale face à toutes les paperasseries qu'il faut remplir? - E.Duteil: Vous avez bien résumé la chose.
Nous n'avons pas fait des réformes au moment où nous avions les capacités de les faire. C'est quand on est riche qu'il faut faire les réformes les plus difficiles. Typiquement, au moment de la crise des dettes, au moment de la Grèce, nous aurions dû faire une réforme des retraites plus drastique, comme l'Allemagne, ainsi qu'une réforme du travail plus forte.
On a raté le coche, on a toujours cru qu'on pouvait reculer ça. Vous êtes journaliste économique depuis plus longtemps que moi. Combien avez-vous vu de chocs de simplification?
F.Hollande nous avait sorti sa boîte à outils, et on n'a toujours pas compris dans quel sens le tournevis devait fonctionner. B.Le Maire avait fait une loi que tout le monde a dû oublier sur l'industrie verte, qui devait permettre que les recours soient plus simples.
Les décrets sont sortis, mais ce n'est pas beaucoup plus simple. On a une perte de compétitivité forte. Le 3e point au fond de ce mouvement "Bloquons tout", c'est qu'il va falloir retrouver la valeur travail.
Il n'y a pas de réforme possible en France, de réduction des déficits, si nous ne travaillons pas plus. Ce sont des jours fériés, travailler plus chaque semaine, travailler plus longtemps, travailler plus, avoir plus de gens qui travaillent. Ca va être le nerf de la guerre.
F.Bayrou, lundi, va quand même esquisser des chemins. C'est tout le boulot que les partenaires sociaux ont à faire à la rentrée, sur le fait de travailler plus. - A.de Tarlé: Dans une interview à paraître demain au "Parisien", F.Bayrou dit: "Seule l'adhésion des Français peut changer les choses." Il n'a pas renoncé à l'idée que, par la conviction, il pourra emporter l'adhésion des Français? - B.Sananès: C'est une forme de dramatisation et un appel à la responsabilité de chacun.
Pour être entendu, il faut avoir une cote de popularité qui n'est pas celle du sondage. - A.de Tarlé: 12 %...
Sondage Elabe pour "Les Echos". - B.Sananès: Quand vous vous lancez dans ce type de plan, vous ne vous attendez pas à être dans le top.
E.Macron est à 21 %. Il y a 3 choses qui nourrissent cela: le budget, l'impopularité de l'exécutif...
On le voit sur Telegram et les groupes, il y a des mouvements anti-Macron. Il y a un 3e élément qu'on n'a pas encore cité, qui est un point convergeant avec les "gilets jaunes", la préoccupation soutenue en matière de pouvoir d'achat. Il y avait 2 grands mots d'ordre, la justice sociale et le pouvoir d'achat, au moment des "gilets jaunes".
On n'est pas loin de retrouver les mêmes motifs. Plus d'un tiers des Français nous disent qu'ils ne bouclent pas leurs fins de mois sereinement. On a vu ce matin dans la presse des premières analyses des budgets de vacances des Français.
Les Français arbitrent en permanence, même en vacances. Cette pression sur le pouvoir d'achat, même si la spirale inflationniste ralentit, on a vu qu'elle avait beaucoup pesé sur le moral des Français. - A.Malval: J'ajouterai, par rapport au plan Bayrou, et pourquoi c'est si dur pour F.Bayrou de trouver une adhésion, même si les Français s'accordent sur le diagnostic, que quand on regarde les dépenses publiques, ça ne coïncide pas avec le fonctionnement des services publics, qui sont stables, voire baissent.
L'Education nationale, l'hôpital, etc. Les gens ne s'y retrouvent plus. Il y a un volet énorme sur la question des retraites d'une population vieillissante et des dépenses de santé qui ne peuvent que croître. - A.de Tarlé: C'est ça qui mange l'argent de l'Etat? - A.Malval: Oui, dans des proportions majeures.
Le plan tel qu'il est présenté ne correspond pas à ça dans cette mesure. Il y a un sentiment partagé, la question du consentement à l'impôt. On est un des pays les plus prélevés, mais aussi avec les meilleurs services publics.
Combien de temps ça va être encore vrai? Les gens se posent la question et le manifestent. - V.Lecasble: Le sujet, c'est la réforme de l'Etat.
On a un Etat très important, avec beaucoup de personnes qui travaillent au service de l'Etat. C'était le mot d'ordre de 2017, on devait réformer l'Etat. On devait rendre l'Etat plus efficace.
Les gens ne s'annulent pas les uns les autres avec des différences d'intérêts qui font qu'on n'avance pas. "Bloquons tout", on est assez bloqués...
On n'a pas d'argent, pas de marges de manoeuvre. On n'arrive pas à se réformer de l'intérieur. Quand les Français reprochent à leurs politiques de s'en mettre plein les poches, il y a de ça dedans. "Nous, on trime, on est là à risquer notre peau parce qu'on doit diriger notre boîte et que ça va se casser la figure." Dans les restaurants, vous sentez ça très fort dès que vous parlez à un restaurateur.
Ils disent que c'est compliqué, qu'ils ne trouvent pas les bonnes personnes. Ils ont l'impression qu'à côté d'eux, il y a un grand magma de gens qui font partie de la fonction publique, qui sont tranquilles, qui font leurs horaires, qui ne prennent pas trop de risques. - A.de Tarlé: C'est un ressenti, bien sûr. - V.Lecasble: Ce n'est pas la réalité de la situation.
Quand ils ressentent ça...
On a l'impression qu'on ne sait pas où est la sortie. Le seul espoir aujourd'hui, c'est que F.Bayrou arrive à reprendre la main, qu'il dise que 44 milliards sur un budget de 1700, ce n'est pas le bout du monde.
Il faut y arriver. Sinon, les marchés financiers nous rattraperont et le FMI finira par pointer le bout de son nez. On n'en est pas là, mais on redoute ça.
Il va falloir trouver une forme de conviction et ne pas perdre trop de temps en tergiversations et à préparer l'opinion avec des vidéos. Il faut y aller. - B.Sananès: On est aussi en fin de mandat dans une Assemblée nationale où il n'y a pas de majorité.
La réforme de l'Etat est une réforme tellement lourde qu'on ne peut la réussir qu'en début de mandat, dans le souffle d'une victoire de majorité présidentielle. - A.de Tarlé: Dans ce contexte morose, les vagues de chaleur à répétition de ces dernières semaines n'arrangent rien.
La facture de cet été chaud et sec pourrait être bien salée. Activité ralentie, baisse de productivité...
La canicule freine l'économie. -36 degrés ce jour-là sur ce chantier, en Seine-Saint-Denis. Ces ouvriers construisent une piste cyclable. - Avec le moteur, exposé à une canicule de 40 degrés, voire 45, ça va être des conditions pénibles pour travailler.
Il faut commencer plus tôt, 7h30 au lieu de 8h. On finit à midi. On prend une petite pause jusqu'à 12h30.
Et on s'arrête à 15h-14h15. Ca nous évite le soleil, la canicule, la chaleur de 14h. - Les ouvriers travaillent 45 minutes de moins à salaire égal.
Des températures extrêmes qui pèsent sur les finances de l'entreprise. - L'assainissement avance bien? Vous aurez fini? - Demain, on mettra une 2e équipe. - Le chantier va prendre du retard.
Votre calendrier de chantier va prendre du retard aussi. Vous pouvez être soumis à des pénalités, des aménagements, vous pouvez avoir des chantiers qui se télescopent. Ca rend difficile la gestion globale de l'entreprise. - Mais il n'y a pas que les travailleurs qui fuient les heures les plus chaudes.
Les touristes aussi. Les terrasses et les lieux d'ordinaire fréquentés sont désertés. Cet été, la France a connu 27 jours de vagues de chaleur avec des pics au-delà des 40 degrés.
Certains trains ne l'ont pas supporté. Au plus fort de l'été, une dizaine d'Intercités, Paris-Clermont-Ferrand et Bordeaux-Marseille ont été supprimés chaque jour. Les centrales nucléaires aussi ont souffert.
Exemple dans le Tarn-et-Garonne: un réacteur a été mis à l'arrêt pendant plus de 10 jours. Des conséquences chiffrées. Une journée à plus de 30 degrés équivaut à une demi-journée de grève.
Des manques à gagner, mais aussi des dégâts matériels. La sécheresse a amplifié les incendies. Plus de 35 000 ha de forêts ont été ravagés depuis le début d'année. - C'était tout petit au début.
Après, c'est devenu de plus en plus gros. Quand ça arrive vraiment, c'est compliqué. On se soutient comme on peut. - Une année record avec, dans l'Aude, le plus vaste incendie en France depuis un demi-siècle. 2000 pompiers mobilisés, 16 000 ha brûlés, dont plus de 10 % de cultures. - C'est foutu.
Cette vigne a été plantée en 1936, l'autre en 1939. Je vais être obligé de l'arracher. - La ministre de l'Agriculture, A.Genevard, a promis un fonds d'urgence de 8 millions d'euros.
A 600 km plus au nord, la sécheresse a aussi des conséquences sur le long terme pour les agriculteurs. Cet éleveur cultive 50 ha de maïs. - Depuis que je suis installé, je n'ai jamais connu ça.
J'ai connu des périodes difficiles, mais pas comme celle-ci. Ce qui fait la richesse d'un maïs, c'est ça. S'il n'y a pas d'épis sur un maïs, ça ne vaut rien.
Il faut du grain dedans. Là, il n'y a rien. Ce n'est pas un épi, c'est avorté.
Ca vaut zéro. Ca n'a aucune valeur nutritive au niveau des animaux. Ca va impliquer derrière d'acheter de l'alimentation. - Des coûts de production qui explosent pour une filière déjà en grande difficulté.
Gaël peut compter sur les récoltes précédentes. - Il y a 2 stocks de cette année et des stocks de l'an dernier qu'on avait. Ca va nous permettre de passer le cap.
Les bonnes années, il faut savoir en mettre de côté pour pouvoir pallier ces années compliquées. Il ne faudrait pas qu'il y ait une autre année comme celle-ci. A un moment donné, il n'y aura plus de stock.
C'est inquiétant. - Des événements climatiques extrêmes de plus en plus récurrents. L'été particulièrement sec et chaud cette année pourrait réduire la croissance de 0,3 point. - A.de Tarlé: Question.
Quel regard les Français portent-ils vis-à-vis de cette urgence climatique avec, une fois de plus, un été caniculaire? - B.Sananès: On dit souvent qu'il y a un recul des préoccupations environnementales.
Objectivement, ce n'est pas le cas. Ce n'est pas comme aux Etats-Unis. D.Trump a balayé un dernier projet sur l'éolien en disant que le vent ne fonctionne pas.
On n'est pas là-dessus en France. Ce qui est vrai, c'est que l'engagement écologique fait moins recette que la solution. Les Français sont conscients qu'il faut agir, mais de manière pragmatique.
Ils refusent l'injonction politique à l'écologie plutôt que les solutions. Est-ce qu'on peut embarquer dans cette transition? Le bon exemple...
Peu de gens disent qu'ils sont contre la voiture électrique. Seulement, ils n'ont pas les moyens pour y accéder. Il y a une demande de mode d'emploi.
On est un peu perdus dans ce qu'il faut faire ou pas. Dans les enquêtes, des gens se demandent ce qu'il faut faire avec toutes ces normes et tous ces labels. Ils sont un peu perdus.
Mais ils sont convaincus... 2/3 des personnes interrogées disent que l'inaction coûterait plus cher que l'action.
C'est intéressant. Bien sûr, il y a la pression du pouvoir d'achat et la question du modèle social, mais la préoccupation environnementale reste très forte dans le quotidien des Français. Je pense notamment à l'Occitanie, à la région PACA, à la région Auvergne-Rhône-Alpes.
Les gens envoient l'impact sur la vie économique qui commence à se dessiner. - A.de Tarlé: On revient à vos questions.
Le petit jingle? ...
Question. C'est vrai que sur ce mot d'ordre, "Bloquons tout", on a l'impression que c'est un peu court. Qu'est-ce qu'on fait?
On bloque? Quand on bloque, on n'avance pas. - A.Malval: Cette question est très intéressante.
Je me la posais avant de venir sur le plateau. Les députés ont-ils besoin de ça? La censure du gouvernement Bayrou...
Quand on voit le taux de mécontents aujourd'hui, les sondages d'opinion, avec presque 70 % des Français qui souhaitent la motion de censure...
C'est une pression qui existe déjà. A-t-on besoin d'un grand mouvement social pour la voter? Je ne suis pas sûre.
Si toute la France est dehors, si les citoyens français sont là, les élus du peuple ne pourront pas ignorer cela. Ils seront tenus par cette pression populaire. Ils ne pourront pas faire le marchandage qui s'était peut-être passé avec F.Bayrou lors du précédent budget ou avec M.Barnier avant qu'il ne tombe.
Chacun donnait un peu sa liste de courses. A l'époque, c'était aussi une pression populaire qui avait poussé le RN, au dernier moment, à faire renvoyer la copie en censurant. - A.de Tarlé: Est-ce que les électeurs souhaitent la chute du gouvernement Bayrou, là où les députés sont beaucoup plus circonspects? - V.Lecasble: Les députés raisonnent.
Ils se demandent qui il faut mettre après F.Bayrou. Quand il y aura un successeur, est-ce qu'il faudra faire une dissolution?
S'il y a une dissolution, qui est prêt? Les députés sont dans un raisonnement tactique. - A.de Tarlé: Ils pourraient perdre leur poste au passage. - V.Lecasble: Voilà.
M.Le Pen dit toujours que son inéligibilité ne pèse pas dans les décisions du RN. C'est plus compliqué.
C'est moins spontané. En revanche, même si c'est difficile de répondre à cette question, il me semble que la gauche trouverait difficile de ne pas voter la motion de censure s'il y a une grosse mobilisation sociale. A quelques mois des municipales, avec la surenchère que fait J.-L.Mélenchon en disant qu'il faut suivre le mouvement...
Si jamais la mayonnaise prend et que ça devient un vrai mouvement social, je ne vois pas comment le reste de la gauche, y compris les socialistes, pourrait réitérer le fait de ne pas voter la motion de censure. - A.de Tarlé: Il faudrait que le RN la vote... - V.Lecasble: C'est ça.
Donc ça met... - A.de Tarlé: Le RN en rôle d'arbitre. - V.Lecasble: C'était le pire cauchemar de F.Bayrou, que le RN ait les cartes de son destin.
Ce n'était absolument pas son objectif. Il reste ce mince espoir de cette monnaie d'échange sur les très hauts revenus que le PS attend. C'est pour ça que F.Bayrou n'en parle pas encore, pour mettre le curseur au bon endroit et pour sortir quelque chose qui tienne la route.
Nous en saurons peut-être plus lundi. Je vois mal une vraie colère populaire et un PS tout seul à dire que c'est très bien et qu'il ne vote pas la censure. Cela deviendrait politiquement complexe, en raison de la proximité des municipales, cruciales.
Elles vont établir le rapport de force politique pour la présidentielle. Est-ce que les écologistes vont s'allier au PS ou à LFI? Dans quelles circonstances?
Vont-ils faire en fonction des situations des villes? A Montpellier, ils ont tenté de s'allier à LFI. A Paris, pour l'instant, c'est D.Belliard, l'écologiste, qui est devant le candidat socialiste, E.Grégoire, ce qui n'est jamais arrivé.
Cela fait 24 ans que le PS...
On rentre dans une séquence politique extrêmement importante. Le 10 septembre va donner un coup d'envoi de l'humeur générale. - A.de Tarlé: Question.
B.Sananès, vous nous parliez de boucles Telegram. - B.Sananès: 2 boucles Telegram, Les Essentiels et Indignez-vous.
Au début, avec les "gilets jaunes" c'était très horizontal. Pas de chef, pas de porte-parole. Il y avait des mots d'ordre inhabituels.
Appeler à ne pas consommer, c'est plus étonnant. L'entrée en jeu de LFI, et peut-être demain des syndicats, ça pourrait donner un autre rôle au bout. Ce qui se joue aussi à gauche...
J.-L.Mélenchon a été très rapide là-dessus.
Ce sont des thèmes de gauche. Ce sont des questions sociales. C'est l'ADN de la gauche.
Deuxièmement, pour LFI, il y a aussi l'occasion de reprendre très nettement le leadership à gauche. Il commençait à lui être contesté par le PS. Peut-être qu'à La présidentielle, J.-L.Mélenchon n'aura pas la même dynamique.
Pour LFI, c'est très important. - A.de Tarlé: Il a repris la main avec ce mouvement "Bloquons tout". - B.Sananès: En tout cas, c'est l'objectif. - A.de Tarlé: Question.
En tout cas, on sait qu'il y a des éléments d'extrême droite et d'extrême gauche parmi ceux qui appellent à bloquer. - V.Lecasble: Ce sont eux qui l'ont suscité, les extrêmes.
Ils sont à l'origine de cela. On ne voit pas encore comment ils vont s'organiser. Ils sont peut-être encore moins organisés que ne l'étaient les "gilets jaunes" à l'époque.
Ca part un peu dans tous les sens. C'est la grande question. On peut dire que ça vient d'un sentiment populiste ou populaire.
On ne sait pas si ça va se matérialiser politiquement avec un débouché politique plus organisé que celui-là. C'est la question, aujourd'hui. - A.Malval: Les "gilets jaunes" n'avaient pas été vraiment récupérés.
Les partis étaient passés à côté. Ils avaient refusé. Le mouvement n'avait pas été compris.
A voir ce qui se passera ici, avec ce contexte de la motion de censure possible le 23 septembre. - A.de Tarlé: C'est la fin de cette émission.
C'est aussi une journée un peu spéciale pour moi. C'était ma dernière présentation de "C dans l'air", après toutes ces années. Mon premier "C dans l'air", c'était en novembre 2010, avec les élections en Côte d'Ivoire.
Je m'en souviens très bien. J'étais très heureux et honoré. J'ai beaucoup appris en présentant cette émission pendant ces 15 ans.
On a parlé d'international, d'économie et de santé. Pendant le covid, nous étions tous devenus des épidémiologistes. Un grand merci à vous et aux équipes.
J'ai eu beaucoup de plaisir à travailler avec elles. Vous allez me manquer. Mais "C dans l'air" continue.
Lundi, une nouvelle saison avec C.Roux.
François Bayrou