Mort de Quentin Deranque, le collectif identitaire Némésis, la proposition de loi sur la fin de la vie... Le "8h30 franceinfo" de François Ruffin
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France Info Bonjour François Ruffin, merci d'être avec nous sur France Info Avec plaisir, bonjour Paul Bonjour à tous François Ruffin, on vous a lu mais on ne vous a pas entendu encore sur la mort de Quentin Deran que drame qui a enflammé la classe politique le rapport de LFI à la violence a été pointé du doigt et dans le silence gêné à gauche au départ vous avez condamné cette violence et vous l'avez nommé Quentin Deran qui a été tabassé par des militants d'un groupe antifasciste avez-vous écrit sur X vous reconnaissez que l'ultra gauche a tué
D'abord, puisque vous le soulignez j'ai choisi le silence, le silence médiatique pendant ce temps de déchirement du pays permettez-moi d'avoir pour commencer des mots d'évidente condoléances pour les proches de Quentin Deran vous savez, il n'y a rien de pire il n'y a pas de pire tragédie pour des parents que de perdre leur enfant et jamais je n'ai fait le tri moi dans ma compassion jamais je n'ai sélectionné selon la religion selon le prénom, selon les convictions de la victime ou de l'agresseur et mon rapport à la violence est très clair je suis hostile à toute violence individuelle je suis hostile à toute violence groupusculaire pour des raisons morales qui sont évidentes mais aussi pour des raisons politiques parce qu'on sait que la violence, elle éloigne de nous elle dégoûte les gens qui sont soucieux de bon sens et de décence ils sont écœurés par ça et quand on doit se faire aimer faire aimer nos idées vouloir obtenir dans le pays une majorité il est évident que tout ce qui est fait avec des tabassages, des coups et encore davantage des meurtres ça contribue à nous rendre minoritaires maintenant
vous avez parlé d'un groupe antifasciste vous reconnaissez aujourd'hui que l'ultra-gauche peut tuer ?
elle peut tuer mais si on regarde sans vouloir se livrer à une comptabilité macabre ces dernières décennies 90% des meurtres politiques sont commis par l'extrême droite dans notre pays
90% ? qu'est-ce qui vous fait dire ça ?
sur les 40 dernières années il y a des statistiques qui sont sorties et qui montrent que 9 meurtres sur 10 sont commis par l'extrême droite en matière de violence politique et encore ces dernières années l'extrême droite a frappé dans notre pays je ne suis pas là pour me livrer à une comptabilité macabre je ne veux de violence ni d'un côté ni de l'autre
parce que là on vous interroge sur la mort de Quentin Doran qu'en l'occurrence est-ce que vous diriez comme Sandrine Rousseau quelques jours après ce meurtre sur France Info nous avons besoin des militants antifascistes ils sont indispensables
comment lutte-on contre le fascisme ?
le papier que j'ai lu le plus intéressant ces derniers temps c'est un papier d'une historienne américaine qui est spécialiste de la montée du nazisme et qui dit au fond les contre-manifestations les échanges de coups ça n'a pas marché c'est pas ça qui fonctionne et au contraire ça leur offre des images ça leur offre de la visibilité possiblement ça leur offre des martyrs donc c'est pas ça qui marche nous dit cette historienne américaine ce qui marche c'est de produire de l'espoir le seul voie pour l'antifascisme dans notre pays c'est d'être un chemin d'espoir c'est que les gens soient dit avec eux, avec nous on vivra un peu mieux que, vous savez, c'est comme une inquiétude qui est devenue une certitude dans notre pays nous vivons moins bien que nos parents et ça sera pire pour nos enfants c'est à ça qu'on doit répondre voilà comment on lutte contre le fascisme aujourd'hui dans le pays
dans votre condamnation la semaine dernière vous citez Anna Arendt avec cette très belle formule la violence peut détruire le pouvoir elle est parfaitement incapable de le créer est-ce que la violence est en train de détruire LFI et quelle est la responsabilité politique de LFI ?
vous savez mes désaccords à la fois électoraux et moraux avec la France insoumise je les ai posés je les ai posés avec clarté j'en ai fait même un livre en entier et à l'évidence ce qui est fait ne contribue pas à nous rendre majoritaires dans le pays ça contribue tous les jours à nous rendre un peu plus minoritaires mais je veux quand même dire que le vrai danger pour moi demeure de l'autre côté il demeure de l'autre côté parce qu'il y a des chances pour qu'on ait l'année prochaine Marine Le Pen ou Jordan Bardella à l'Elysée et ça va être un danger un danger pour les quartiers un danger pour les immigrés un danger pour les enfants d'immigrés un danger aussi pour nos libertés vous savez j'avais pour ami et il me considérait comme un ami et j'en fais un honneur Maurice Creil et Jolvarimont l'un des trois grands dirigeants de la résistance armée et il me disait la liberté quand on l'a on ne sait pas ce que c'est mais quand on en est privé on le voit et nous nous sommes habitués à des libertés d'expression à des libertés politiques à des libertés associatives à des libertés syndicales et il est évident que l'extrême droite est dans notre pays la force qui risque d'entraver fortement ces libertés
mais François Ruffin là on parle de la mort de Quentin Doran qui était un militant identitaire et qui a été tué par un groupe antifasciste parmi les sept hommes mis en examen dans ce meurtre beaucoup faisaient partie de la jeune garde un parti fondé par un député la France Insoumise Raphaël Arnaud Raphaël Arnaud qui avait aussi été condamné pour violence en réunion en 2022 LFI l'a investi en connaissance de cause est-ce que c'est une faute est-ce que c'est une erreur est-ce que LFI doit faire le ménage dans ses rangs comme l'a dit le premier ministre
à l'évidence moi si jamais j'avais deux de mes assistants parlementaires plus un ancien stagiaire qui était pris dans une affaire de meurtre qui était lié et que j'avais fondé un mouvement politique qui aboutissait à ça je serais dans une profonde remise en cause vous demandez Raphaël Arnaud de démissionner je serais dans une profonde remise en cause de ce qu'est le sens de mon action politique et personnellement je remettrais ma démission et je ne me sentrais plus légitime pour être représentant de la nation
donc il y a bien un lien entre LFI et ce drame même lointain parce que LFI dit on n'est lié ni de près ni de loin à cette affaire malgré les collaborateurs parlementaires impliqués
il y a des évidences qu'il ne faut pas nier sinon on n'est pas crédible à l'égard du pays et pourquoi elle est niaie d'après vous ? vous savez je me suis trouvé sur le Titanic quand j'étais dans le groupe parlementaire de la France insoumise et j'avais le sentiment de voir arriver un iceberg j'ai tout fait pour alerter le capitaine j'ai tout fait pour alerter les lieutenants pour leur demander un changement de cap pour leur demander un changement d'orientation à défaut j'ai préféré sauter par-dessus bord prendre un canot de sauvetage plutôt que de vivre ce naufrage vous avez eu un contact direct avec Raphaël Arnaud depuis ce drame à Lyon ?
non je n'ai pas de contact direct avec Raphaël Arnaud la question qui se pose
à la gauche et notamment à vous aujourd'hui François Ruffin et une fois de plus d'ailleurs c'est celle de l'alliance avec LFI une alliance impossible pour Jérôme Gage député socialiste il était à votre place lundi sur France Info
mieux vaut prendre le risque de perdre une élection que de perdre son âme on a déjà constaté que ce n'était plus possible la France insoumise a fait le choix d'une conflictualisation qui ne correspond pas à notre tradition politique elle a fait le choix de franchir la ligne rouge sur plusieurs sujets dont le rapport à la violence d'être plus qu'ambigu dans la question de la lutte contre l'antisémitisme vous savez la politique ça commence par les valeurs et par les principes
Est-ce que vous êtes d'accord avec Jérôme Gage et est-ce que vous dites plus d'alliance avec LFI ?
En tout cas pour les élections municipales ce sont des élections plurielles moi je n'ai jamais considéré qu'on avait une seule grande élection on a 36 000 communes et il y a 36 000 formes d'alliances différentes dans notre pays et ce n'est pas depuis le studio de France Info et depuis Paris qu'on va donner des ordres à tous les candidats dans des villes dans des grandes villes évidemment Il ne peut pas y avoir de consigne national on ne peut pas être un grand chef qui vient dire alors à Orsain-Val vous savez quand on est dans des petits bourgs parce qu'il n'y a pas que les grandes villes dans tout ça quand on est dans des petits bourgs les républicains la gauche elle se serre les coudes parce qu'elle sait qui elle doit affronter à quoi elle doit faire face et moi je suis toujours pour l'année prochaine notre objectif principal est de barrer la route à Marine Le Pen et à Jordan Bardella
Donc même en s'alliant avec LFI et est-ce que vous êtes d'accord sur le fond avec Jérôme Gage quand il dit LFI fait le choix d'une conflictualisation qui ne correspond pas à notre tradition il franchit la ligne rouge sur plusieurs sujets le rapport à la violence l'ambiguïté dans la lutte contre l'antisémitisme est-ce que vous partagez ce constat ?
Je pense Mme Lambré qu'on en est à la 17ème évocation de LFI ce matin vous dire que moi je suis candidat à l'élection présidentielle et on va en parler je ne suis ni l'avocat ni le procureur de Jean-Luc Mélenchon vous avez appartenu à ce parti
et aujourd'hui certains réclament une clarification à gauche donc je vous interroge sur votre position la France insoumise a un positionnement qui est pointé du doigt par certains approuvé par d'autres je veux savoir vous qu'est-ce que vous pensez de LFI
j'ai quitté le groupe la France insoumise pour une raison simple c'est que je considérais que le chemin qui était choisi ne nous contribuait pas à nous faire aimer du pays à faire aimer nos idées mais à nous rendre tous les jours un peu plus minoritaires et à faire baisser le plafond et vers baisser ce plafond de vert là où j'ai pour objectif d'être majoritaire dans le pays et que je pense que nos idées peuvent l'être notre idée de partage notre idée de protection en fait il n'y a jamais plus de raison qu'aujourd'hui d'adopter nos idées mais le ton qu'on peut adopter que certains adoptent conduit à nous faire rejeter plus qu'à nous faire aimer
c'est ça notamment le rapport à la presse Jean-Luc Mélenchon qui trie les journalistes pour une conférence de presse Sophia Chikirou qui qualifie certains journalistes de fascistes et de nazis aux petits pieds vous qui connaissez bien la profession vous l'élu aujourd'hui qu'est-ce que vous pensez de ces propos ?
Vous dire ce que je pense moi de ce qu'il faut faire pour la presse je pense que le programme du conseil national de la résistance qui réclamait l'indépendance de la presse à l'égard à la fois de l'état des puissances d'argent et des influences étrangères et plus d'actualité que jamais parce qu'on a à la fois des anciens médias qui des chaînes de télé de radio qui appartiennent pour beaucoup à l'oligarchie et à une oligarchie qui maintenant est liée à l'extrême droite mais qu'on a d'autres côtés des nouveaux médias les réseaux sociaux qui eux sont liés à des influences étrangères qui sont pilotés par des algorithmes depuis la côte ouest des Etats-Unis ça a dû dire depuis Elon Musk et compagnie avec un projet politique un projet qui est de semer la zizanie dans nos pays de mettre en permanence des pommes de discorde et de faire qu'on ait un éclatement de la nation pour faire un basculement de la France et de l'Europe dans le camp du rassemblement national voilà et donc je considère que l'enjeu de la presse est en effet un enjeu central et que ça réclame des régulations des régulations à la fois sur les anciens médias radio-télé qui ne peuvent pas être entre la main de quelques milliardaires et de quelques milliardaires réactionnaires et de ces réseaux sociaux sur lesquels on doit retrouver notre souveraineté pour ne pas être dépendant des algorithmes américains ou chinois
Vous réclamez également la dissolution de Nemesis le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez ne l'exclut pas il a qualifié mardi à l'Assemblée Nemesis de gros puscule de la mouvance identitaire susceptible de faire l'objet d'une procédure de dissolution sauf que la porte-parole du gouvernement était à votre place hier elle a rappelé hier que le gouvernement ne peut pas dissoudre un groupe sans éléments précis sans fondement juridique clair Est-ce que vous entendez cela et vous fondez sur quoi aujourd'hui pour demander la dissolution de Nemesis ?
Je me fonde sur l'article L212.1 du code de la sécurité intérieure qui dit que voilà quand il y a des faits d'appel à la haine ou des faits de violence il y a la possibilité d'une dissolution ça fait suite à quoi ?
à ce que vos confrères de l'humanité ont révélé qu'on a ce groupe qui se dit féministe mais qui en vérité est lié de très près à des mouvements fascistes des mouvements violents et qui les jeunes femmes se proposent des cadres de Nemesis se proposent de servir d'appât pour venir casser du gaucho donc on a là manifestement un lien dans le service d'or de Nemesis on a un militant néo-nazi qui s'est déjà illustré par des violences racistes on a des plaintes qui ont été déposées par les mairies de Lille et de Besançon par exemple pour incitation à la haine raciale contre Nemesis donc il y a maintenant un certain nombre de faits qui sont pointés et je pense que la police du Rassemblement Intérieur qui fait correctement son travail va pouvoir documenter ça également et je fais confiance au ministère de l'Intérieur pour prendre les décisions je ne me suis pas opposé aux principales aux précédentes dissolutions de groupes qui s'agissent de groupes d'extrême gauche ou de groupes d'extrême droite
le 830 France Info Agathe Lambret Paul Larouturou avec François Ruffin candidat à la présidentielle et président de Debout on parle de la fin de vie qui a connu une avancée hier la loi
exactement Agathe les députés ont adopté hier soir pour la seconde fois cette proposition de loi créant un nouveau droit à l'aide à mourir réforme sociétale majeure en discussion depuis des années et des années qui doit à nouveau être examinée désormais au Sénat on écoute Olivier Falorni le rapporteur général du texte très ému à ce moment je pense à tous ces malades à leurs proches ce sont eux qui m'ont fait comprendre qu'il y avait parfois pire que la mort quand la vie n'est devenue qu'une agonie sans fin et sans espoir aujourd'hui nous leur disons que nous les avons entendus et qu'ils auront enfin dans notre pays le droit de pouvoir partir en paix en liberté et par humanité est-ce que ça vous a ému vous aussi monsieur Ruffin et est-ce que vous comprenez la réticence de certains soignants
d'abord dire qu'on a eu des débats qui ont été respectueux à l'Assemblée Nationale et qui à mon sens parviennent à l'arrivée à un texte équilibré un texte équilibré qui permet qu'un certain nombre de patients en fin de vie trouvent une option qui évidemment n'est pas réjouissante mais qui va alléger leur peine et la garantie aussi auquel j'étais du reste très attaché que ça soit bien un choix individuel et que ça soit devienne pas finalement un mode d'action collective par souci économique décourter la vie des personnes âgées et c'est une alerte qu'on doit poser c'est un garde-fou qu'on doit bien avoir à l'esprit parce qu'il y a un certain nombre d'états américains ou un certain nombre de pays qui en facilitant la fin de vie ont en vérité ouvert cette dérive à l'endroit des plus âgés ou des plus pauvres donc là on aboutit à un texte équilibré qui voilà offre une solution pour on pense aux malades de charcot par exemple que j'ai pu avoir dans mon entourage mais qui dans lequel on doit toujours garder quand même un certain nombre de garde-fou à l'esprit
François Ruffin vous êtes donc candidat à la présidentielle on va essayer de comprendre un peu mieux votre vision notamment sur les sujets diplomatiques en 2019 vous avez raconté dans un livre votre rejet physique et viscéral du président que vous décriviez comme un atlantiste un mondialiste aujourd'hui dans une tribune dans la revue le grand continent vous déplorez le fait que la France a perdu son influence sur la scène internationale c'est-à-dire que 7 ans après ces critiques rien ne trouve grâce à vos yeux dans la politique étrangère d'Emmanuel Macron
je ne viens pas pour me positionner par rapport au naufrage diplomatique à la fois du Moyen-Orient à l'égard de l'Afrique concernant le Mercosur notre perte d'influence jusqu'à Bruxelles voilà la France a perdu en influence générale et je pense que c'est une douleur pour les français c'est pas vous savez il y a la douleur du porte-monnaie des fins de mois difficiles mais de voir notre pays perdre pas seulement en puissance ça c'est acté pas seulement en influence mais aussi en indépendance c'est un souci on a eu des moments de fierté des moments de fierté collective quand Jacques Chirac dit non à la guerre en Irak je pense qu'il y a une immense fierté qui est ressentie par les français et sans parler sans remonter au général de Gaulle qui bien qu'étant coincé entre deux blocs ça fait faire entendre une voix originale et d'indépendance de la France et bien ça s'est perdu alors Emmanuel Macron n'est que le point d'achèvement d'un déclin démarré avec Nicolas Sarkozy poursuivi avec François Hollande et je dirais achevé avec Emmanuel Macron je signale par parenthèse que ce sont trois présidents qui appartiennent tous trois qui ont tous tous les trois été formés et déformés par les Young American Leaders
un programme de sélection américain pour vous c'est la faute un programme de sélection américain
et je le dis moi avec clarté qu'on doit avoir des dirigeants français qui viennent défendre les intérêts français seulement les intérêts français justement vous président
pardon Agathe
le plus souvent
vous dites les intérêts français mais les intérêts européens ils ne sont pas importants pour vous
nous devons défendre les intérêts français pas les intérêts de l'occident pas les intérêts du couple franco-allemand pas les intérêts globaux les intérêts français qui le plus souvent se conjuguent avec les intérêts de nos voisins qui le plus souvent se conjuguent avec les intérêts européens mais même qui le plus souvent se conjugue avec les intérêts des pays lointains parce que nous avons tous un intérêt général à la paix et à la prospérité.
Vous, Président, vous aimeriez ce que vous appelez un plan des 100, 100 produits prioritaires essentiels à notre souveraineté avec des barrières douanières et des quotas. Qu'est-ce que c'est ? Et en vous lisant attentivement dans cette longue tribune avec Gagat, on s'est demandé ça veut dire quoi ? Ça veut dire on ferme toutes les frontières avec Ruffin, Président ?
Vous savez, avoir une politique commerciale c'est faire des choix qu'on ne laisse pas à la technique en pensant que plus c'est ouvert mieux c'est et là on signe d'accord pas seulement avec le Mercosur mais avec l'Inde avec l'Indonésie, avec l'Australie. Donc on fait des choix pour pouvoir derrière mener une politique industrielle, pour pouvoir derrière mener une politique commerciale et nous n'avons pas le choix. Les 100 c'est quoi ? Nous n'avons pas le choix entre on laisse tout ouvert ou on ferme tout et c'est l'autarcie. Non, il y a plein d'autres choix.
Donc je suis opposé à ce qu'a fait Donald Trump d'un relèvement général des taxes aux frontières ou ce que même recommande le commissariat au plan en disant ça doit être 30 plus 30% à l'égard de tous les produits chinois. Pourquoi ? Parce que par exemple le téléphone portable que vous avez là, on ne va pas le produire à nouveau en France. Est-ce que c'est une priorité qu'on rapatrie nos vestes, nos chemises ? Peut-être pas. En revanche, nous devons identifier sans produit, alors je dis l'armement évidemment, je dis l'acier, je dis les aliments, je dis les médicaments, je dis les technologies liées à l'environnement, sur ça on doit pouvoir retrouver notre souveraineté.
Et les taxes aux frontières, les barrières douanières, les quotas d'importation sont des outils pour retrouver la souveraineté sur des produits. Je vous donne un exemple, un exemple positif puisque j'étais hier au salon de l'agriculture. Je me suis battu sur une usine qui s'appelle Eurolysine, le dernier fabricant de la lysine, un acide aminé pour les porcs et les volailles. C'est la dernière usine en Europe. Les Chinois produisaient pour deux fois moins cher, en polluant cinq fois plus. Nous nous sommes battus et nous avons obtenu que sur ce produit spécifiquement, il y a un relèvement de 50% des droits de douane. Ça a sauvé pendant un temps l'usine.
Le problème c'est que les Chinois sont à revenu avec davantage de dumping et que là, si jamais il n'y a pas un relèvement à nouveau des taxes aux frontières, l'usine est cuite et on perdra notre dernier instrument de souveraineté sur cette assise aminée en particulier.
On a encore beaucoup de questions, François Ruffin, vous êtes candidat à la présidentielle, est-ce que vous tendez toujours la main à Jean-Luc Mélenchon pour qu'il participe à la primaire de la gauche dans ce contexte ?
J'ai dit et je maintiens que je veux une primaire qui aille de Poutou à Hollande. Vous voyez comme mes bras sont couverts. Vous êtes opriménique. Et moi je me demande, puisque vous en recevez un certain nombre sur ces plateaux qui se disent hostiles à ça, de quoi ont peur les petits martis de la politique ? Qui sont les petits martis ? De quoi ont peur les apparatchiks ? Des noms ?
Raphaël Glucksmann ? C'est un petit martis ?
De quoi ils ont peur ? Je veux dire, ils ont peur de leurs électeurs. Ils ont peur du peuple de gauche. Ils ont peur du profond désir unitaire du peuple de gauche. Qu'il a aujourd'hui, aux trois quarts, et que s'il s'agisse des électeurs insoumis ou qu'il s'agisse des électeurs socialistes, ils disent nous voulons une primaire parce que nous voulons un candidat commun. Pourquoi ? Vous savez, j'étais à Nantes et je visais une ancienne usine Lue, devenue un lieu culturel, le lieu unique. Je rencontre le chef d'équipe de l'entretien qui me dit d'abord déjà on est passé au travail en journée, et bien grâce à ça j'ai retrouvé ma famille.
Je le signale parce que voilà ce que la gauche peut faire de concret pour les gens, leur permettre de vivre dignement de leur travail, y compris l'entretien. Mais à la fin de l'entretien, il me dit, il me prend à part et il me chuchote presque en confessant en disant vous, la gauche, vous êtes notre voix. Mais pour 2027, on a peur. On vit avec une boule au ventre, alors entendez-vous, entendez-vous. Et bien je pense qu'on a un devoir de s'entendre pour avoir une candidature qui soit suffisamment forte, suffisamment portée par des millions d'activistes, de militants, de personnes engagées, de bonne volonté dans notre pays et qui nous permettent d'ouvrir un chemin d'espoir et de victoire.
Alors, réponse courte, question courte.
Une question très courte. Oui, non, Marine Le Penier a annoncé qu'elle ne ferait pas campagne avec un bracelet électronique chez nos confrères de BFM. Est-ce que vous, ça veut dire que mentalement, vous vous préparez à affronter Jordan Bardella ?
Je me prépare de toute façon à affronter le Rassemblement National depuis toujours puisque je l'ai déjà battu trois fois dans une circonscription. Vous savez qu'il arrive largement en tête aux élections nationales qu'il s'agisse des élections présidentielles ou européennes.
Très rapidement, c'est l'heure de la question qui se drape. Je n'ai pas le temps de vous interroger sur pourquoi vous vous êtes drapé comme ça dans le drapeau français en ligne de Marianne. Par contre, je vais vous demander si au fond de vous, est-ce que vous pensez avoir les tripes pour avoir la force de vous opposer à un Donald Trump, à un Vladimir Poutine, de déclencher des opérations qui peuvent conduire à la mort et d'avoir la responsabilité d'utiliser le bouton nucléaire ?
J'espère que dans les prochaines années, nous n'aurons surtout pas à appuyer sur ce terrible bouton nucléaire. Maintenant, je vais vous dire que je n'ai aucun doute sur le fait de pouvoir affronter Vladimir Poutine ou Donald Trump. Vous savez, ça fait plus de 20 ans que dans mon existence, je suis habitué à dire non, à dire non à des plus puissants que moi, qu'il s'agisse de Bernard Arnault, première fortune de France ou de Bernard Squarsini, premier flic de France.
Et quand on sait pour qui on vient parler, quand on sait qui on vient défendre, les intérêts français et seulement les intérêts français, je pense que ça vous fait parler avec clarté et poser vos positions sur la scène internationale.
Justement, vous dites que vous défendez les intérêts des français, vous revendiquez d'être proche du peuple. Vous dites qu'une de vos premières annonces, c'est qu'avec vous, le président sera payé au SMIC. Est-ce que vous serez un président normal, François Ruffin ?
Est-ce qu'il faut se prendre pour Jupiter et vouloir tout gérer depuis l'Elysée enfermé dans son petit palais ? Ça ne sera pas ma pratique. Maintenant, est-ce que je suis quelqu'un de normal ? Mon parcours, mes choix d'existence, d'engagement depuis 25 ans, à monter mon propre canard, à me bagarrer contre les plus riches de notre pays simplement pour qu'il y ait de la justice fiscale, pour qu'il y ait du partage, pour qu'il y ait de la protection pour tous, mon engagement aux côtés du mouvement ouvrier avec fidélité, disent qu'il y a sans doute, vous savez, si on était des gens normaux, on ne serait pas là autour de cette table. Ni vous, ni vous, ni moi. D'accord ?
On a un message reçu. Merci François Ruffin d'avoir répondu aux questions de France Info. Merci beaucoup. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous.
Merci à vous.
François Ruffin