France/Angleterre : Les Windsor, le faste…et les ogives nucléaires ! - C dans l’air - 10.07.2025
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Questions et réponses
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- 2:00OuverteRéponse directe
La famille royale britannique a déployé tous les fastes pour cette visite d'Etat. Quel message cela envoie-t-il ?
- 4:00OuverteRéponse directe
Y a-t-il une proximité particulière entre Emmanuel Macron et le roi Charles III ?
- 6:00OuverteRéponse directe
Sur l'immigration, la France a accepté un accord avec le Royaume-Uni. Est-ce une concession ?
- 8:00OuverteRéponse directe
Les Britanniques regrettent-ils le Brexit selon les sondages ?
- 10:00OuverteRéponse directe
Quels sujets lourds ont été abordés lors de cette visite d'Etat ?
- 12:00OuverteRéponse directe
La coordination nucléaire franco-britannique est-elle une avancée majeure ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 11:00E.MacronFait
« Vive l'amitié franco-britannique. »
- 12:00E.MacronFait
« Nous devons travailler ensemble pour défendre un multilatéralisme efficace et protéger l'ordre international tel que nous l'avons forgé après la Seconde Guerre mondiale. »
- 13:00K.StarmerFait
« Nous renforçons notre puissance commune en tant que seules puissances nucléaires européennes. »
- 14:00Gal P.DutartreChiffre
« On a une dissuasion européenne qui passe à 500 ogives nucléaires, du jour au lendemain. »
- 15:00K.StarmerPromesse
« Je peux annoncer que nous allons nous procurer au moins 12 avions de chasse F-35. »
- 17:00E.MacronFait
« Ces échanges culturels sont des outils imbattables. Il n'y a pas de guerre commerciale ni de droits de douane contre ce type d'approche. »
- 21:00D.TrumpFait
« Nous avons le Premier ministre au téléphone. Nous avons une bonne liaison. »
- 22:00K.StarmerFait
« Nous réunissons la coalition des volontaires pour pousser Poutine à la table des négociations. »
- 23:00C.RouxChiffre
« La France et la Grande-Bretagne ont dépensé 246 milliards d'euros dans leur budget militaire l'année dernière. »
- 25:00A.BellangerFait
« Les Britanniques pensent que ça les embête un peu, parce que ça les empêche de venir librement en France. »
- 27:00J.StaronFait
« L'immigration... L'accord qui a été conclu n'est pas très favorable à la France. »
- 31:00Gal P.DutartreFait
« L'immense force de l'Europe, c'est un grand succès. C'est la paix pendant plus de 80 ans. »
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Parlez-en à votre pharmacien. ... - C.Roux: Bonsoir.
Bienvenue. La couronne britannique a sorti le grand jeu pour mettre en images les retrouvailles avec la France. Une visite d'Etat de 3 jours pour le couple Macron: les jardins de Windsor, les dîners fastueux, les parades en calèche...
Tous les fastes de la monarchie ont été déployés pour les amitiés retrouvées après le Brexit. Pour sa rencontre avec le roi Charles III, qui n'a que peu apprécié les ambitions du président américain sur le Canada. Au-delà de la parade accusatoire, le Premier ministre britannique, des sujets lourds ont été abordés.
La coordination entre nos 2 puissances nucléaires. Avec un alignement moins évident sur les sujets historiquement sensibles entre nos 2 pays, comme l'immigration. Avec nous pour en parler, A.Bellanger.
Vous êtes éditorialiste à franceinfo TV, spécialiste des questions internationales. C.Norris Trent, vous êtes grand reporter franco-britannique à France 4.
J.Staron, vous êtes directrice des études des relations internationales de Synopia. Le général P.Dutartre est avec nous.
Vous êtes général de l'armée de l'air et de l'espace, ancien pilote de chasse. Bonsoir. Regardons quelques images.
Tout a été fait pour que ces retrouvailles aient de l'allure. Les Windsor n'ont pas fait dans le détail. - J.Staron: Dès l'arrivée de l'avion présidentiel sur le tarmac, il y avait le prince William et Kate qui étaient là pour accueillir le président français et B.Macron.
Le jeune couple sont les membres de la famille royale les plus populaires. C'était un signe fort. Toute la cérémonie...
C'était une journée haute en symboles. Le choix de faire cette visite d'Etat s'est organisé assez rapidement. On n'avait pas ça dans le calendrier depuis longue date.
Il y avait question de placer cette visite avant celle de D.Trump. On sent qu'il y a la main du roi Charles là-dedans.
Il n'était pas très content quand D.Trump avait parlé d'annexer le Canada, dont il est chef d'Etat. - C.Roux: Vous avez regardé toutes les images, Anthony, je le sais. - A.Bellanger: La famille royale britannique me fascine, parce que c'est une continuité historique cérémoniale depuis Guillaume le Conquérant...
Il y a une continuité du château de Windsor depuis 1000 ans. Les Britanniques savent remarquer les impairs. - C.Roux: Là, ça s'est bien passé? - A.Bellanger: Ca s'est bien passé.
C'est sa 2e visite royale depuis le début de l'année. Il est allé voir le roi de Suède...
Maintenant, le roi du Danemark. - C.Roux: Il y a une proximité entre E.Macron et le roi Charles III? - A.Bellanger: Il y a une complicité dans le fait d'avoir fait la nique à D.Trump.
Pour E.Macron, c'est le but, en ce moment. Il n'a pas grand-chose à donner du point de vue national, donc il passe son temps à faire des niques à D.Trump.
Lui passer devant en Grande-Bretagne, du genre "je suis mieux reçu que toi" par le roi Charles III, ce n'est pas de bonne politique. - C.Roux: Sur la relation entre les 2 hommes, on avait accueilli après sa nomination Charles III à Versailles.
Ils se connaissent, ils ont des points communs. La première dame et la reine Camilla ont quasiment le même âge et s'entendent très bien. - C.Norris Trent: Oui.
Les 2 hommes s'entendent très bien aussi. Charles est francophone. On sait qu'il est francophile.
Il y a cette complicité. Il y a cette volonté de montrer que la France et le Royaume-Uni sont forts face à D.Trump et aux Etats-Unis, pour envoyer un message fort. - J.Staron: Au-delà de ça, Charles III a montré depuis des années que c'est quelqu'un de très engagé malgré les consignes qu'il recevait.
Il était très engagé sur l'écologie, bien avant que ça devienne un sujet...
Il est progressiste par rapport à d'autres membres de la famille royale. Il est libéral dans sa manière de penser. Les réformes qui sont conduites depuis qu'il est roi, en termes de financement, de rentabilité, ça montre une modernisation de la royauté.
Il est proche idéologiquement d'E.Macron, et d'une forme de courant libéral progressiste européen. Il avait été très touché négativement par le Brexit.
C'est une manière de se rapprocher de l'Europe, à laquelle il tient beaucoup. - C.Roux: On va voir jusqu'où vont ces retrouvailles.
C'était la une de "Paris Match" Cette semaine. Ca aide, quand ça se passe bien, personnellement? - A.Bellanger: Bien sûr.
Il y a une convergence de vues entre Paris et Londres. Il y a une alliance qui a été scellée au XIXe siècle. Ce n'est pas plus mal de la renouveler.
E.Macron est là depuis 8 ans. C'est un président que Charles III connaît bien.
Il l'a connu comme prince de Galles et comme président de la République. Il y a une syntonie. - C.Roux: La dernière visite d'Etat, c'était N.Sarkozy et C.Bruni.
Votre regard sur l'apparat, la puissance de la monarchie, pour raconter une histoire qu'on va commenter ce soir, celle des retrouvailles entre la Grande-Bretagne et la France après des années tendues, en raison du Brexit? - Gal P.Dutartre: La France adore la monarchie.
Et ce, plus que les Britanniques. La France est pleine de contradictions. Charles III, je l'ai croisé quand il est venu nous visiter en ex-Yougoslavie.
C'est un homme à l'écoute, qui allait voir ses soldats. Il est très francophile. Il parlait français.
C'est un bien pour l'Europe. Rarement, dans l'histoire, il y a eu autant un rapprochement avec le roi Charles III, mais également avec K.Starmer.
C'est une très bonne chose pour les deux et pour la sécurité de l'Europe. - C.Roux: "Nos 2 pays sont confrontés à une multitude de menaces complexes en tant qu'amis et alliés.
Nous les affrontons ensemble." Voilà ce qu'a dit Charles III au chapitre réconciliation. On va rentrer dans le détail au-delà du faste.
C'est une visite d'Etat de 3 jours qui se termine pour E.Macron. La monarchie britannique a déployé tous les symboles dont elle est capable pour afficher le renouveau d'une relation entre la France et le Royaume-Uni, et tourner les pages douloureuses des années Brexit.
Au-delà de l'apparat et des amabilités, les sujets de crispation demeurent, à commencer par la question migratoire. - Pas un symbole n'aura manqué du faste britannique. Accueil par le roi Charles III, "Marseillaise", procession en carrosse jusqu'au château de Windsor.
E.Macron est même invité à passer en revue la garde d'honneur. Le couple présidentiel français, traité avec tous les égards, a droit à une visite privée de l'abbaye de Westminster. - C'est ici qu'a été couronné Guillaume le Conquérant en 1066. - Avant un dîner faste devant plus de 150 convives, dont M.Jagger, dans la chapelle Saint-Georges. - C'était les petits plats dans les grands, les 5 verres...
Il est très important pour la Grande-Bretagne et la France de renouer des liens après le Brexit, après les rapports difficiles qu'il y a eu entre les Premiers ministres précédents, avec B.Johnson...
C'est important que cette alliance soit renforcée par un tas de petits symboles. - Comme ce clin d'oeil appuyé du président à la princesse Kate, dont la présence aux événements officiels se fait rare depuis son cancer. Le rapprochement était bien le mot-clé dans les discours des 2 chefs d'Etat, qui réinventent l'Entente cordiale, traité d'alliance vieux de plus d'un siècle. - Charles III: Aujourd'hui, nos 2 pays sont tirés dans des directions différentes et dans un contexte complexe.
Nous y ferons face ensemble dans une entente, non seulement passée et présente, mais aussi pour l'avenir et non plus seulement cordiale, mais amicale. - E.Macron: Vive l'amitié franco-britannique. - E.Macron est invité à prendre la parole au Parlement britannique.
Une première pour un dirigeant des 27 depuis le Brexit, à l'heure où l'allié américain est devenu imprévisible. - E.Macron: Nous devons travailler ensemble pour défendre un multilatéralisme efficace et protéger l'ordre international tel que nous l'avons forgé après la Seconde Guerre mondiale. - En diplomatie, les messages passent parfois par des canaux plus inattendus.
En grande pompe, K.Starmer annonce un échange d'oeuvres d'art. Il est autant propos de Guillaume le Conquérant que de D.Trump. - E.Macron: Ces échanges culturels sont des outils imbattables.
Il n'y a pas de guerre commerciale ni de droits de douane contre ce type d'approche. - Derrière les propos chaleureux, reste un sujet de tension: l'immigration. Londres s'agace du nombre record de traversées illégales de la Manche.
Près de 20 000 sur les 6 premiers mois de l'année. Ce soir, K.Starmer a obtenu un accord qui lui permettra de renvoyer en France un migrant dont le visa est refusé, en échange de l'admission d'une personne éligible au regroupement familial.
Paris cède après des mois de refus et donne des gages sur l'empêchement des traversées. Ces derniers jours, ces images de gendarmes perçant un bateau mis à l'eau ont beaucoup fait parler. Durcissement salué côté britannique.
En contrepartie, la France espère obtenir plus d'argent de Londres pour mener ce contrôle le long du littoral. - C.Roux: Nous allons revenir sur ces questions liées à l'immigration.
Question. - C.Norris Trent: Très largement, selon les sondages.
Très peu après le Brexit, il a quelques années, déjà. Une majorité claire regrette aujourd'hui le Brexit. Des personnes plus jeunes qui peuvent voter, mais certains qui ont changé d'avis aussi.
Une majorité, pour essayer de rejoindre l'Europe, mais pas dans des délais immédiats. - C.Roux: Ca a laissé beaucoup de traces dans les relations entre la France et la Grande-Bretagne.
La France est accusée d'avoir été jusqu'au-boutiste au moment de la négociation du Brexit. Ces années-là sont derrière nous? Dans ces retrouvailles, ce sujet a été écarté? - A.Bellanger: Si la France a été très dure au niveau de la négociation du Brexit, la Grande-Bretagne était très dure avec la France au moment de la conclusion de l'accord focus entre la Grande-Bretagne et l'Australie.
C'est un coup de poignard dans le dos. On nous a privé du contrat du siècle, de sous-marins qu'on avait vendus à l'Australie. Coup pour coup, balle au centre.
J'ai un avis différent sur le Brexit...
Les Britanniques pensent que ça les embête un peu, parce que ça les empêche de venir librement en France. Ca les embête aussi pour d'autres raisons. Pas mal de business...
Ils doivent remplir de la bureaucratie pour exporter leurs produits en Europe. Personne ne se risquera à poser la question Aux Britanniques avant 1 ou 2 générations. - C.Roux: Vu de ce plateau, en abordant un tas de sujets diplomatiques depuis des mois voire des années, on a l'impression qu'il y a une volonté des Britanniques de renouer avec l'Europe.
C'est le cas? C'est aussi ce qu'on voit avec cette visite d'Etat? - J.Staron: Ca s'inscrit dans un contexte très particulier.
L'arrivée au pouvoir de K.Starmer a changé la donne. On est face à un Premier ministre britannique qui a un attachement idéologique aux valeurs européennes.
Ce n'était pas un brexiteur par nature. Il y était opposé. Il est plus enclin à un rapprochement qu'à une rupture sèche.
En revanche, il y a des dossiers qui restent en suspens. L'immigration...
L'accord qui a été conclu n'est pas très favorable à la France. Le dossier de la pêche, également... - C.Roux: Si on parle de l'immigration, ce "one pour one", c'est une concession faite par la France? - J.Staron: On verra à combien ça se chiffre.
On verra combien les Britanniques ont octroyé à la France pour faire ce travail. Ca ne satisfera pas l'opinion publique française. Ce n'est pas à la France de gérer un problème qui concerne les Britanniques.
Ce sont des personnes qui veulent traverser la Manche. - C.Roux: La une "Daily Mail", s'adresse à E.Macron en disant "Rendez-nous nos 771 millions de livres sterling".
C'est tout ce que perçoivent les Britanniques? - C.Norris Trent: Dans les journaux britanniques, on a une perception différente de la France.
On voit des articles et des reportages de télévision où on se demande ce que fait la police française. C'est un vrai enjeu politique pour n'importe quel Premier ministre britannique. Il doit essayer d'arrêter ces petits bateaux qui arrivent.
Aujourd'hui, il y a plus de 200 personnes qui sont arrivées pendant qu'ils négociaient les derniers détails de ces accords. - C.Roux: On voit que la France crève des canots, une nouvelle stratégie de la police française pour limiter...
Ca met en risque les embarcations. 20 000 personnes sont parvenues à rejoindre les côtes les 6 premiers mois de 2025. C'est une hausse de 50 %. - A.Bellanger: Par rapport à 2024.
Ca signifie que les vagues d'immigration face à la Grande-Bretagne n'ont jamais cessé et se sont renforcées. Ce sont des mois calmes sur la Manche. Beaucoup de bateaux traversent.
Les migrants ne veulent pas rejoindre la Grande-Bretagne parce que c'est un eldorado, mais parce qu'ils y ont des familles, des amis et une communauté à rejoindre. C'est souvent leur famille, leurs cousins depuis la Grande-Bretagne qui ont payé pour qu'ils puissent les rejoindre. C'est un projet familial et économique d'intégration dans une communauté qui existe déjà sur place.
Les Britanniques oublient qu'ils n'ont pas les moyens de les arrêter quand ils sont sur le territoire britannique parce qu'il n'y a pas de carte d'identité en Grande-Bretagne, de papiers. Quand vous y arrivez...
Il pourrait y avoir des policiers, mais visiblement pas assez. Quand vous arrivez en Grande-Bretagne, vous prenez le bus, vous arrivez à Londres et c'est fini. Plus personne n'est là pour vous arrêter. - C.Roux: C'était le prix à payer pour se retrouver, de se coucher face à ces questions sur l'immigration? - A.Bellanger: Je pense qu'on va le payer très cher.
On a gagné depuis 2018, 771 millions. Ce n'est pas cher payé. On ne les contrôle pas seulement sur nos côtes, mais aussi à l'entrée du tunnel sous la Manche.
Pour d'autres raisons géopolitiques dans les mois qui viennent, il risque d'y avoir un commencement de vague de migrants qui vont vouloir rejoindre la Grande-Bretagne. Quand la côte nord française va être bloquée par ce type...
Vous allez voir les conséquences d'un accord qui a été conclu à la va-vite et qui aurait mérité autre chose. - J.Staron: Il y aura un retour de bâton.
Clairement, l'opinion publique française pense pareil que l'opinion publique britannique, mais pour elle-même. "Pourquoi on aurait besoin de s'occuper d'un problème qui concerne les Britanniques et pour lequel eux-mêmes n'investissent pas tant que ça?" Les sommes de 2018 sont ridicules par rapport à l'ampleur.
Les côtes sont longues, les garde-côtes ne sont pas si nombreux. Sur les côtes Britanniques, il n'y a pas un dispositif beaucoup plus conséquent. Il y a des questions de droit maritime, humanitaire.
Tout ça entre en compte. On ne peut pas faire n'importe quoi. Les Britanniques le savent bien.
C'est une négociation. E.Macron est ressorti avec un message fort, qui va être celui sur lequel il va capitaliser, le rapprochement géopolitique et sécuritaire avec le Royaume-Uni.
Son objectif, c'est ça. - C.Roux: C'est le coeur de cette édition.
On va revenir sur la question de la dissuasion nucléaire. C'est difficile à intégrer, l'idée d'une coordination nucléaire avec les Britanniques. Un mot sur la pêche...
Ce sujet a été évoqué? Il a été tranché? - C.Norris Trent: Récemment, il y avait un reset qui a été négocié. - C.Roux: Ca veut dire qu'on met tout à plat. - C.Norris Trent: Les pêcheurs britanniques n'étaient pas contents.
Ils ont dit que K.Starmer avait donné presque gratuitement leurs droits à la pêche pendant les 20 prochaines années. Ca reste un sujet où c'est très tendu, même si on est loin de B.Johnson qui avait envoyé des frégates sur les côtes de Jersey...
Ca s'est apaisé, mais ça demeure. - A.Bellanger: Les eaux britanniques sont poissonneuses.
C'est là que les chalutiers français, néerlandais et belges peuvent faire des campagnes de pêche intéressantes. Ne pas avoir de droit de pêche dans cette région, ça peut être la ruine pour ces pêcheurs. Les pêcheurs britanniques avaient voté pour le Brexit, pour empêcher les pêcheurs français, belges et néerlandais de venir "piller leurs eaux". - C.Roux: De quoi parle cet accord? - J.Staron: Cet accord est plutôt favorable aux Européens et à la Grande-Bretagne.
C'est du donnant-donnant. On part de loin. Les négociations pour le Brexit ont duré des années.
M.Barnier était à la manoeuvre à l'époque. La question de la pêche continue à être traitée.
Personne n'est véritablement satisfait. La question de l'immigration, ça pose des tas de questions en matière de droit, en matière de droit communautaire et d'espace Schengen. Ces questions font partie de compléments aux accords qui sont déjà signés.
On est loin d'avoir réglé la question du Brexit. - C.Roux: Cette page est tournée, c'est ce qu'on sent dans ce que vous nous expliquez.
Il y a la volonté de retricoter quelque chose. - C.Norris Trent: On sent un apaisement.
Ces images qu'on a vues avec cette visite d'Etat auraient été inimaginables il y a quelques années. Il y a le sentiment que les adultes sont dans la pièce. On ne se lance pas des insultes les uns aux autres.
On est construction. K.Starmer est obligé d'aller de petits pas à petit pas à cause des difficultés politiques à la maison.
Les députés de son parti ne veulent pas le suivre. Il n'arrive pas à faire passer des réformes sociales, parce que c'est très impopulaire avec la gauche de son parti. Il est un peu bloqué.
Il n'a pas de marge de manoeuvre. - A.Bellanger: En clair, il est nul. - C.Roux: Ce n'est pas l'image qu'on a ici. - A.Bellanger: On a l'image d'un garçon qui est bien coiffé.
Il était nul dans le premier mois de son mandat. Il a fait une victoire incroyable que le Parti travailliste n'avait pas obtenue en 20 ans. Il a commencé par sucrer des programmes sociaux, l'inverse de ce qu'il avait promis.
Il aurait pu attendre un peu. Ca lui a beaucoup coûté. - C.Norris Trent: Il a été élu parce qu'il n'était pas du parti conservateur. - C.Roux: Pour finir sur la partie de la visite d'Etat...
Le roi Charles III est devenu populaire en Grande-Bretagne comme l'était sa mère? - C.Norris Trent: Il n'est pas aussi populaire qu'elle.
Elle reste parmi les personnalités publiques les plus populaires, malgré le fait qu'elle ne soit plus là. Charles reste derrière son fils William et son épouse Kate. Il est plutôt populaire, mais ce n'est pas une star. - C.Roux: Les 2 puissances nucléaires en Europe ont promis de coordonner leurs dissuasion nucléaire et de protéger l'Europe de toute menace extrême.
E.Macron et K.Starmer veulent afficher un front commun face à la Russie et derrière l'Ukraine.
Dès qu'il s'agit de moyens militaires, le Royaume-Uni se tourne vers le grand frère américain. - Plus de 500 ogives nucléaires: la France et la Grande-Bretagne vont conclure un accord pour une plus grande coopération en matière de dissuasion nucléaire. Un changement de doctrine historique. - K.Starmer: Nous renforçons notre puissance commune en tant que seules puissances nucléaires européennes. - E.Macron: Je me félicite que ce sommet puisse sceller des avancées en matière de culture stratégique et d'actions communes. - Les contours sont encore flous, mais voici l'idée phare.
Mais la France et la Grande-Bretagne garderaient chacune le dernier mot en cas de frappe, question de souveraineté. Cela pourrait prendre la forme de coordination pour faire patrouiller plus efficacement les 4 sous-marins britanniques et les 4 français. Des exercices communs ou même un partage des plans de frappe.
Les 2 puissances veulent protéger l'Europe, un discours particulièrement assumé par E.Macron depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie. - E.Macron: Aujourd'hui, plus encore qu'hier, les intérêts vitaux de la France ont une dimension européenne. - En Grande-Bretagne, K.Starmer fait aussi passer ses messages stratégiques.
Il s'affiche aux côtés de ses sous-mariniers. Ils ont battu il y a quelques semaines le record de la plus longue mission: 204 jours sous l'eau. Contrairement à la France, la Grande-Bretagne ne possède pas d'avion dans son arsenal nucléaire.
Elle est entièrement dépendante de ses sous-marins pour sa dissuasion. Le Premier ministre britannique veut que cela change. - K.Starmer: Je peux annoncer que nous allons nous procurer au moins 12 avions de chasse F-35.
Nous mettrons à disposition nos avions de combat pour porter des armes nucléaires, si nécessaire. - Cette fois-ci, c'est vers les Américains qu'il se tourne. Ces futurs avion de l'armée britannique seront achetés aux Etats-Unis et porteront des armes nucléaires américaines.
Ne pas oublier Washington, qui reste le partenaire privilégié en matière de nucléaire. Malgré tout, la France et la Grande-Bretagne renforcent leur arsenal en matière de défense. Nouveau projet, nouvelle commande annoncée.
Ces missiles ont été livrés à quelques centaines d'exemplaires à l'Ukraine. La France et la Grande-Bretagne continuent de soutenir Kiev. Mais sur ce dossier, les 2 puissances militaires européennes ont du mal à rallier leur allié américain. d'armes à l'Ukraine. d'armes à l'Ukraine.
Le lendemain, il s'en prend à Poutine. - D.Trump: Poutine balance beaucoup de conneries, si vous voulez la vérité.
Il tue trop de gens. Alors, on envoie des armes défensives en Ukraine. - Pour la première fois, les Etats-Unis vont participer aujourd'hui à une réunion de la coalition des volontaires.
Ce groupe, présidé par la France et la Grande-Bretagne, vise à apporter un soutien continu à Kiev. Paris et Londres ont envisagé de déployer des troupes en Ukraine en cas de cessez-le-feu. - E.Macron: Nos armées, ensemble, constituent le socle de ce pilier européen de l'Otan.
Il y a la capacité de se projeter sur plusieurs théâtres d'opérations, de défendre le sol d'opérations. - K.Starmer: Nous réunissons la coalition des volontaires pour pousser Poutine à la table des négociations. - La France et la Grande-Bretagne ont dépensé 246 milliards d'euros dans leur budget militaire l'année dernière. - C.Roux: Nous reprenons avec cette question.
Une question pour vous, général. De quoi on parle quand on parle de "coordination des dissuasions nucléaires"? - Gal P.Dutartre: On a une dissuasion européenne qui passe à 500 ogives nucléaires, du jour au lendemain.
Nous partageons des intérêts vitaux. L'engagement des 2 côtés, c'est lorsque vos intérêts vitaux sont menacés. - C.Roux: On a les mêmes intérêts vitaux? - Gal P.Dutartre: Oui.
Le dénominateur commun est pratiquement le même. Un pays majeur de l'Europe est attaqué. Ca veut dire que les prochains, c'est soit la Grande-Bretagne, soit la France. - C.Roux: C'est une bascule, de voir les choses comme ça? - Gal P.Dutartre: Ce n'est pas un changement de doctrine.
C'est créer des synergies entre nos deux capacités nucléaires. C'est comme ça qu'il faut le lire. Je prends un exemple de gesticulations.
Vous avez une menace de plus en plus pressante aujourd'hui. Aujourd'hui, heureusement, si j'ose dire, on n'a qu'une menace importante: la Russie. Si elle devient de plus en plus pressante chez nous, on peut mettre en alerte les avions Rafale de l'armée de l'air et de l'espace, en gesticulant avec des armes nucléaires.
Vous pouvez faire la même chose avec des futurs F-35 équipés de la même arme en Grande-Bretagne. Le fait qu'il y ait deux pays qui le fassent, c'est autre chose, plutôt quelqu'un. Si vos sous-marins nucléaires partent ensemble, c'est un signe d'une extrêmement forte détermination. - C.Roux: Est-ce que ça nous prive d'une part de souveraineté, dans une question de défense, celle d'activer la dissuasion nucléaire? - Gal P.Dutartre: Que ce soit le Royaume-Uni ou la France, aucun ne voudra perdre son autonomie et sa prise de décision.
Ca montre une volonté commune. C'est ce que disait le président Macron à l'instant. Le pilier européen de l'Otan est matérialisé par cette dissuasion nucléaire.
Les Britanniques n'ont pas de composante aérienne pour l'instant. Les Trident qui équipent les sous-marins nucléaires sont de fabrication américaine. Il y a toujours une ambiguïté si c'est une simple ou une double clé...
Ca ne change rien à la dissuasion française. - C.Roux: Question. - Gal P.Dutartre: Il y a un flou artistique là-dessus.
En termes de dissuasion nucléaire, il vaut mieux qu'il y ait des flous. Là où il ne doit pas y avoir de flous, c'est en détermination. Il n'y aura aucun doute dans la détermination française.
Même chose chez les Britanniques. Concrètement, les Anglais peuvent, S'ils sont attaqués, décider eux-mêmes d'intervenir avec leurs sous-marins nucléaires, mais pendant une période limitée. Au bout d'un certain temps, il faut qu'il y ait une révision américaine.
Il y a des clés... - C.Roux: Les F-35 que les Britanniques viennent d'acheter aux Américains, ils en avaient besoin? - Gal P.Dutartre: Ils en avaient déjà commandé, 130 ou pas loin.
Ils veulent en plus en commander 12 capables d'emporter la bombe nucléaire. - C.Roux: Les Américains ont toujours...
Par rapport à notre dissuasion...
Les Anglais n'ont pas ce contrôle... - Gal P.Dutartre: Ils n'ont pas cette souplesse.
Avec l'armée aérienne, vous pouvez mettre en alerte les chasseurs, les Boeing ou les A330 ravitailleurs en alerte. Vous pouvez faire des exercices. On est le pays dans le monde qui fait le plus d'exercices nucléaires chaque année.
On en fait 3 à 4 par an. C'est comme si on montait en puissance, notamment avec les avions de combat. Ils pourront le faire lorsqu'ils auront leurs F-35. - J.Staron: Coordination n'implique pas automaticité de la réponse.
On a des annonces qui vont dans le prolongement des accords de Lancaster, signés en 2010, qui disent que les forces nucléaires seront coordonnées dans le cas où les intérêts vitaux français ou britanniques seraient attaqués pour que, potentiellement, il y ait une réponse collective. On dit bien "potentiellement". - C.Roux: Ca change quoi?
C'est de l'affichage? - J.Staron: Mettons-nous à la place de V.Poutine, qui pourrait entendre ça. "C'est un pas de plus.
Ca me dissuade davantage, peut-être"...
Il n'y a pas d'automaticité. Il y avait un espace de coordination nucléaire, l'Otan. C'est un système de partage nucléaire, traduit littéralement, dans le cadre de l'Otan.
Les Français n'en ont jamais fait partie. Les Français gardent une indépendance et une souveraineté totale sur leurs capacités nucléaires. Les Français se mettent en coordination, non pas dans le cadre de l'Otan, mais en bilatéral avec la seule puissance nucléaire européenne autre que nous, le Royaume-Uni. - C.Roux: Sur ce plateau, on avait parlé de la France qui aurait pu partager, ce n'est pas le bon mot, la dissuasion nucléaire avec d'autres pays européens, à commencer par les Allemands et les Polonais.
Est-ce que ça s'inscrit dans cette logique? Est-ce que les Britanniques sont dans la même approche que nous vis-à-vis des Allemands et des Polonais? - A.Bellanger: Je crois qu'il y a un malentendu depuis le départ.
Les Français envisagent la dissuasion nucléaire européenne comme une espèce de France en grand. On étend le domaine du possible à nos armes nucléaires à l'Allemagne et, généreusement, à la Pologne. C'est le président français qui dit qu'on sacrifie Paris pour sauver Francfort ou autre.
Si vous posez à un président français la question de savoir si vous sacrifiez demain Marseille ou Narbonne pour Francfort ou autre, il dira non. Les Allemands ont tenté de constituer probablement, avec l'aide de la France, pas forcément une arme nucléaire tout de suite, mais d'être très près du seuil. Ils ont signé le traité de non-prolifération nucléaire.
Ils peuvent être très près du seuil et l'être très indépendamment des Américains. Demander aux Français leur aide, à la fois pour fournir la technologie nucléaire et la technologie des missiles qui va avec. "Vous avez travaillé dessus depuis 60 ans.
Vous êtes indépendants. Vous pouvez nous aider." Ca fait frémir les épaulettes des généraux français. - C.Roux: Je n'ai pas vu frémir les épaulettes du général P.Dutartre. - A.Bellanger: Parce que c'est un militaire civil, et vous avez sans doute raison.
L'idée De remilitarisation de l'Allemagne, qui va devenir dans les 5 ans une armée plus puissante que la France et qui serait dotée de la presque arme nucléaire, ça ne va pas faire que des heureux côté militaire français. - Gal P.Dutartre: Je n'envisage pas une seconde qu'on soit à nouveau en conflit avec les Américains.
Avec les Allemands, pardon. L'immense force de l'Europe, c'est un grand succès. C'est la paix pendant plus de 80 ans. - C.Roux: Le fait que l'Allemagne redevienne l'armée la plus puissante de l'Europe, parce qu'ils ont des marges de manoeuvre pour le faire, ce n'est pas un sujet pour les Français ou les Britanniques? - Gal P.Dutartre: Au contraire, c'est bien.
C'est une dynamique de défense européenne. C'est mon sentiment aujourd'hui. Il est hors de question qu'on ait à nouveau une adversité avec l'Allemagne.
On n'a qu'une seule menace...
On a deux menaces: le terrorisme et la Russie. Personne d'autre...
Les Chinois ne vont pas venir chez nous. Il est hors de question. On a mûri là-dessus.
On a pardonné beaucoup de choses. C'est extraordinaire, ce qui s'est passé depuis 80 ans. On peut en être fiers, mais ce n'est pas facile.
Il faut continuer. - C.Roux: La Grande-Bretagne fait partie de cette stratégie de défense européenne. - Gal P.Dutartre: Elle n'a pas le choix.
Géographiquement, elle fait partie de l'Europe. Elle est là. C'est une île un peu plus loin que l'île d'Yeu ou la Corse, mais encore près. - C.Roux: Mais elle est dans une position compliquée.
Elle regarde vers l'Europe, et en même temps, dès qu'elle tend la main, elle regarde à l'ouest, du côté du grand frère américain. Ce réflexe, ils l'auront toujours. - C.Norris Trent: Oui, mais ils ont pris une claque avec l'arrivée de Trump.
L'imprévisibilité de D.Trump, ça fait peur au Royaume-Uni. On parle de planification pour le long et le moyen terme.
Au jour le jour, les partis politiques, les hommes et les femmes politiques, ont eu très peur au Royaume-Uni. "Qu'est-ce qu'il va faire, après?" - C.Roux: Vous pensez à l'Otan, à un désengagement de l'Otan, à un abandon en rase campagne des Ukrainiens? - C.Norris Trent: Tout à fait.
Je connais des personnes qui travaillent dans les ministères britanniques et qui craignent ça. Une des raisons derrière cette volonté de s'afficher avec la France, il y a aussi ça. On ne va pas abandonner notre relation spéciale avec les Etats-Unis, mais on a peur.
On se tourne un peu plus vers l'Europe. - A.Bellanger: On ne met pas tous les oeufs dans le même panier.
Comme disait Churchill: "Le Royaume-Uni aura toujours à choisir entre l'Europe et le grand large." Il y avait un contrat signé il y a une dizaine d'années avec l'Australie, l'AUKUS. Ca a été considéré comme le contrat du siècle.
E.Macron en était très fier. Il avait invité plusieurs fois le Premier ministre australien pour vanter la qualité de nos sous-marins.
Le Royaume-Uni a fait annuler le contrat de la France avec l'Australie et leur a vendu de la camelote, à mon avis. Ce n'est pas la première fois qu'elle a fait ça. A chaque fois que la Grande-Bretagne a à choisir entre l'Europe et le grand large... - C.Roux: Elle choisit le grand large.
Si on reste sur la question de défense, il paraît qu'il y a un petit différend en termes de stratégie pour l'Ukraine entre la France et le Royaume-Uni pour l'achat d'armes. Il paraît que la France est plus favorable à l'idée que les Britanniques achètent des armements européens, là où les Britanniques veulent aider les Ukrainiens à produire eux-mêmes leurs appareils militaires. C'est le cas? - Gal P.Dutartre: C'est un peu le cas.
C'est historique, surtout vis-à-vis de nos industriels et de nos situations militaires respectifs. On est très alignés sur le fait qu'on veut défendre absolument l'Ukraine, et cette prise de conscience que l'Ukraine, c'est le bouclier de l'Europe aujourd'hui. On a du mal à le comprendre, mais c'est extrêmement important.
C'est aussi le bouclier de l'Otan. A quoi sert l'Otan? A se protéger contre les Russes.
On a l'Ukraine, un pays que quasiment personne ne connaissait avant l'invasion russe, qui est la pointe de protection de l'Otan. C'est une raison importante. - C.Roux: On est totalement alignés sur l'urgence d'être aux côtés de l'Ukraine avec les Britanniques. - Gal P.Dutartre: Oui.
C'est des modalités de comment faire. Il y a des divergences, essentiellement industrielles. Mais même les Français pensent que c'est bien de produire directement en Ukraine.
On préférerait que les Anglais achètent des Rafale plutôt que des F-35. - C.Roux: Il y a un projet commun de missiles de croisière et de missiles anti-navire produits en commun? - Gal P.Dutartre: On a les Storm Shadow et les Scalp.
On va ressortir des Scalp modernisés, peut-être encore plus furtifs et avec une plus longue portée. Il y aura aussi des missiles anti-navire. Les Français et les Britanniques sont pratiquement les meilleurs du monde dans ce type d'armement.
Souvenez-vous, pendant la guerre des Malouines, les Anglais avaient perdu un bateau parce que les Exocet fabriqués par la France... - C.Roux: On est très alignés sur l'Ukraine, même si sur la partie industrielle, il y a peut-être des nuances...
L'idée qu'il pourrait y avoir une force franco-britannique de 40 000 hommes envoyés pour sécuriser un cessez-le-feu...
On est alignés sur ce point? - A.Bellanger: C'est ce à quoi je crois le plus.
Je pense que les Anglais tenaient à leur accord sur les migrants. La coalition des volontaires avec les 2 armées qui comptent en Europe aujourd'hui...
La France et la Grande-Bretagne vont s'engager auprès de l'Ukraine, pas sur le front, mais à l'arrière du front, pour sécuriser les installations cruciales Comme les centrales électriques. J'y crois beaucoup plus. C'est ce dont ne veut pas entendre parler V.Poutine.
C'est un élément de négociation très compliqué à introduire auprès de la Russie. - C.Roux: On étudie jour après jour les humeurs de D.Trump vis-à-vis de l'Ukraine.
Il donne le sentiment d'être un peu agacé face à la réaction extrêmement brutale, ce qui se joue à Kiev, avec des attaques très massives et brutales, à coups de drones. Est-il en train de changer de stratégie vis-à-vis de la Russie? - J.Staron: C'est difficile à dire.
Ce qu'on va dire un lundi va être démenti un mercredi, avec D.Trump. Il y a presque une analyse psychologique qu'on peut faire.
Il est humilié par l'attitude de V.Poutine. - C.Roux: "Poutine dit beaucoup de conneries". - J.Staron: Depuis janvier, il tend le bras à V.Poutine, en échange d'un cessez-le-feu auquel il met très peu de conditions.
V.Poutine ne répond pas, ne donne aucun gage à D.Trump.
D.Trump, après sa grande victoire sur l'Iran, est un peu pris dans cet engouement du succès militaire. Il ne veut pas se faire humilier davantage par la Chine.
Peut-être, je dis bien peut-être, qu'il y a un infléchissement et que les Etats-Unis pourraient, si ce n'est aider l'Ukraine, empêcher un désengagement. - C.Roux: Question. - C.Norris Trent: C'est la primauté de la visite d'Etat, qui peut piquer D.Trump. - C.Roux: Parce qu'il tenait à rencontrer Charles III. - C.Norris Trent: Il est très fan de la famille royale anglaise.
Le fait que Macron soit arrivé avant lui, ça peut piquer. - C.Roux: La Grande-Bretagne veille à ne pas froisser l'allié américain.
K.Starmer a été le 1er à signer un accord commercial Qualifié d'historique avec D.Trump.
Le président américain maintient une pression maximale sur les Européens, toujours en négociation pour limiter le coût, à une semaine d'une hausse des tarifs douaniers. - C'est une mise en scène comme il les aime. - D.Trump: Nous avons le Premier ministre au téléphone.
Nous avons une bonne liaison. C'est le genre de liaison qui ne va pas nous poser de problème. Votre voix ressort magnifiquement ici. - Dans son bureau Ovale début mai, D.Trump multiplie les amabilités à l'encontre de K.Starmer.
Un accord commercial vient d'être trouvé entre Londres et Washington. - D.Trump: Je tiens à remercier le Premier ministre K.Starmer et son équipe très talentueuse pour leur grand professionnalisme et leur partenariat. - K.Starmer: Merci.
C'est un jour historique et fantastique où nous pouvons annoncer cet accord entre nos deux grands pays. - Les Etats-Unis s'engagent à réduire les droits de douane sur les voitures britanniques de 5 à 10 % et annulent la taxe de 25 % sur les importations d'aluminium et d'acier. Les Britanniques acceptent d'acheter pour 10 milliards d'avions aux Etats-Unis et d'ouvrir davantage leur marché à l'éthanol et au boeuf américain.
Une trahison, pour les agriculteurs anglais, inquiets des normes sanitaires et d'une concurrence déloyale. - Le secteur bovin se porte bien. Soudain, on arrive à cet accord.
Que voulez-vous que je vous dise? C'est un coup dur pour l'agriculture britannique. - Jamais à court de revirements, D.Trump joue avec les nerfs du monde entier.
Alors que la Maison-Blanche avait fixé la date butoir du 9 juillet pour trouver des accords, elle repousse l'entrée en vigueur de ses taxes douanières au 1er août et maintient la pression. - Ce que je dis à ces pays, c'est que si vous voulez accélérer les choses, foncez. Si vous voulez revenir à l'ancienne taxe douanière, vous avez le choix. - D.Trump pourrait pousser à 20 % les taxes douanières sur les importations depuis l'UE. - U.von der Leyen: J'ai eu un échange constructif avec D.Trump.
Nous restons fidèles à nos principes. Nous défendons nos intérêts. - Lors d'un sommet à Bruxelles le 26 juin, E.Macron avait tenté de faire monter la pression. - E.Macron: Il y aura immanquablement une compensation sur les biens et produits vendus par les Américains, sur le marché européen, de ces tarifs.
Sinon, nous serions naïfs, faibles ou les deux à la fois. Nous ne sommes ni l'un ni l'autre. - Ces derniers jours, le ton se veut plus conciliant au gouvernement. - L.Saint-Martin: Une augmentation faible des droits de douane sur l'aéronautique, sur les vins et spiritueux, sur les cosmétiques notamment...
Ils peuvent être réduits. - Eux ont décidé de faire barrage au président américain. Les Brics ont fait part de leurs préoccupations par rapport à la politique commerciale agressive de D.Trump. - Nous ne voulons pas d'un empereur.
Nos pays sont souverains. Je pense qu'il n'est pas responsable, pour le président d'un pays comme les Etats-Unis, de menacer le monde de droits de douane sur les réseaux sociaux. - Fureur de D.Trump, qui menace les pays frondeurs d'un droit de douane supplémentaire de 10 %.
Les droits de douane, arme politique contre Lula, accusé de persécuter l'ancien président brésilien d'extrême droite. ...
Le président chinois, absent du sommet des Brics, a tenté de calmer le jeu en assurant que les pays émergents ne cherchaient pas la confrontation. Il y a un mois, Pékin et Washington ont trouvé un accord pour éviter une nouvelle escalade dans la guerre commerciale. - C.Roux: Nous allons dire un mot rapidement de ce feuilleton de la guerre commerciale qui n'en finit pas.
D'abord, question. - J.Staron: Oui et non.
Il essaye de ne pas avoir tous ses oeufs dans le même panier. Les Européens sont moins naïfs qu'ils ne l'étaient à une époque. Ils négocient durement avec les Britanniques.
Il y a une conjoncture qui fait qu'on a des intérêts communs, qui nous poussent à trouver des terrains d'entente. - C.Roux: Eux ont signé un accord avec D.Trump. - J.Staron: L'enjeu est là, commercial.
Les Britanniques ne font plus partie de l'UE et ne sont plus soumis à la politique commerciale européenne. Ils auraient pu essayer de discuter avec les Européens, desquels ils essayent de se rapprocher, avant de discuter à Washington, mais ils ne sont pas les seuls à tenter ça. G.Meloni a rencontré le président américain il y a quelques mois.
Le chacun pour soi est aussi une pratique interne. - A.Bellanger: J'ai l'air d'être le méchant de la bande.
Il faut toujours se méfier des Britanniques quand ils signent des accords de libre-échange. Ils ont fait ça tout le long de leur histoire. Ils signent des accords commerciaux illégaux entre la Grande-Bretagne...
Quand ils étaient un empire et régnaient sur les mers, ça allait très bien pour eux, moins pour les pays avec qui ils signaient des accords commerciaux. Il y a toujours une tentation chez les Britanniques...
Je le comprends. Même s'ils n'échappent pas à la géographie européenne, ils ont la tentation de poursuivre cette bonne vieille tradition, qui consiste à signer des traités inégaux et d'en profiter ensuite pour les appliquer en fonction de leurs intérêts. - C.Roux: Vous êtes sur la ligne Napoléon. "L'Angleterre est une nation de boutiquiers". - A.Bellanger: J'ai une grande fascination et admiration pour les Britanniques, que j'aime. - C.Norris Trent: C'était aussi un coup politique pour K.Starmer, qui avait largement besoin de signer cet accord.
Il est en difficulté politique. Il se pressait de signer cet accord avec D.Trump, tant qu'il avait ses faveurs.
Il a flatté très largement le président américain lors de sa visite à Washington. Il a promis cette visite d'Etat. Il s'est pressé de signer cet accord avant que Trump ne change d'avis.
Il y a peut-être un double jeu, mais c'est aussi l'économie britannique, qui va mal. Il a envie de limiter les dégâts. - C.Roux: Elle va mal en conséquence du Brexit ou ça n'a rien à voir? - C.Norris Trent: On a perdu 4 % de PIB, grosso modo.
Ca allait déjà mal. La croissance ne reprend pas. Il a très peur pour l'industrie. - C.Roux: Un mot sur la guerre commerciale.
Est-ce que ce feuilleton va se terminer? On a l'impression d'un supplice quotidien, de la part de D.Trump.
Si on parle de nous, des 27 et des Européens, où en est l'échéance? - J.Staron: C'est compliqué à dire.
On a un D.Trump qui "s'adoucit" sur cette question des droits commerciaux. On se rappelle qu'au tout début, on était dans une brutalité féroce.
Il n'y avait quasiment pas de délai. Il fallait négocier uniquement à l'avantage des Etats-Unis. Finalement, les délais ont été progressivement repoussés.
Il a pris des coups par la Chine. Il a dû négocier à la baisse ses ambitions. Il a peut-être appris un peu.
Aujourd'hui, il a aussi besoin de marges financières importantes. Il n'est pas à l'aise au sein de la politique intérieure américaine. Son budget, qu'il veut faire voter par le Congrès, même s'il trouve que c'est formidable...
C'est un budget qui va creuser les déficits. Il a besoin d'une économie florissante et d'accords commerciaux signés à un moment ou à un autre, plus rapidement que tardivement. - C.Roux: Quelle est l'échéance? - J.Staron: Début août, pour les Européens.
Ca peut être repoussé. On a des pays européens qui ont envie d'en terminer et qui ont envie de signer un accord qui ne sera peut-être pas extrêmement avantageux pour les Européens, qui limitera la casse. Tout le monde a envie d'en finir et d'être fixés une fois pour toutes.
Cette instabilité a une conséquence sur les marchés financiers, les entreprises, même les plus petites. - C.Roux: Un nouveau bras de fer est en train de débuter avec les Brics. - A.Bellanger: Les Brics, c'est un groupe de pays...
Il pensait que l'Espagne en faisait partie. C'est vous dire s'il connaît des choses sur les Brics. Pour les pays d'Amérique du Sud, c'était insupportable, les taxes douanières.
Les Brics ont perdu l'Argentine. Les Brics, qu'il estime être son arrière-boutique...
Le Brésil...
Le Brésil, c'est une économie à 2000 milliards. - C.Roux: Lula montre les dents. - A.Bellanger: Surtout ses exportateurs de biens agricoles, qui le supplient de ne pas en rajouter.
On parlait de la Grande-Bretagne. Elle est en train de changer de modèle économique. Elle a toujours été un émirat pétrolier depuis les années 70.
Elle produit du pétrole et du gaz. Vis-à-vis de la France et de l'Allemagne...
Le gaz et le pétrole, c'est en train de se terminer. Les recettes fiscales qui vont avec, la possibilité pour la Grande-Bretagne de vivre sans exporter du pétrole et du gaz, c'est fini aussi. - C.Roux: On revient à vos questions.
Question. - C.Norris Trent: Sans être dans les Confidences royales, ça en a l'air.
Elles ont des centres d'intérêt...
Je pense qu'on peut l'affirmer dans la mesure du possible. - C.Roux: C'était cité par S.Bern: la lutte contre le harcèlement scolaire, la littérature... - A.Bellanger: Et l'Europe unie.
Elles étaient habillées en bleu, blanc et rouge, les 3. C'était les couleurs du drapeau français. C'est chic, quand même. - C.Roux: Là, elle est en vert. - A.Bellanger: Oui, mais pour le dîner d'Etat! - C.Roux: Question.
Il est tenu à une forme de réserve, le roi. - C.Norris Trent: Il n'a pas le droit de donner son avis politique, surtout négativement.
Il doit se tenir à des règles de respect plus strictes. On devine qu'il n'y a pas un énorme respect et une affection, mais il va le recevoir, peut-être à la rentrée, peut-être en grande pompe aussi. - C.Roux: Avec des divergences, peut-être sur des questions écologiques.
On se souvient que D.Trump voulait annexer le Canada...
Il le veut peut-être toujours. - A.Bellanger: Il est allé ouvrir le Parlement au Canada il y a quelques mois.
C'était un geste bien pensé pour dire: "Ici, c'est chez moi." - C.Roux: Question.
Plus que les uns et les autres séparément? - Gal P.Dutartre: Je dirais que l'union fait la force.
C'est plus impressionnant d'avoir 2 pays qui sont en train de pointer leurs armes simultanément, ou de manière coordonnée. L'idée est bien la coordination, de gesticuler, de montrer que c'est une vraie tension. On est toujours plus forts à 2 ou à 3 que tout seul. - C.Roux: Question. - C.Norris Trent: Non.
Il a fait campagne pour un 2e vote suite à ça pour essayer de changer les résultats. - C.Roux: Question. - J.Staron: Pas très bien.
Il n'y a pas eu énormément de progrès sur cette question. C'est un dossier presque figé. On a des mini-accords, un peu plus d'argent, de migrants ou inversement.
On n'arrive vraiment pas à gérer cette question sereinement avec les Britanniques. - C.Norris Trent: Le seul truc qui a vraiment changé, c'est que K.Starmer a abandonné les accords avec le Rwanda. - C.Roux: C'était l'idée de les installer au Rwanda en phase de transition. - A.Bellanger: Ca a changé le type de migrants qui vont en Grande-Bretagne.
C'est beaucoup moins d'Européens, beaucoup plus issus de l'ancien empire colonial. - C.Roux: Question. - Gal P.Dutartre: Non.
La première Entente cordiale, c'est 1833. Ensuite, il y a eu la guerre de Crimée, où les Français et les Britanniques étaient ensemble, avec les Turcs, contre la Russie. Je l'ai vécue aussi physiquement, sur le théâtre des opérations.
Quand les Français et les Britanniques sont alignés sur le plan politique et ont le même objectif militaire, les armées sont redoutables. Elles sont très complémentaires. Vous avez le pragmatisme britannique, et une efficience et une adaptabilité française.
On n'a pas les mêmes approches, mais les 2 ensemble, ça peut être redoutable sur le théâtre des opérations. On se souvient des histoires de Suez, à l'époque. On est capables de faire de très bonnes choses.
On l'a montré en ex-Yougoslavie. - C.Roux: Question.
Ils ont payé ou pas? - A.Bellanger: C'est un grand point d'interrogation pour moi.
Je suis désolé de ne pas avoir la réponse. C'était 50 milliards, je crois. Je ne sais pas. - C.Roux: Question.
C'est rare, quand une question de téléspectateur fait sécher les experts de "C dans l'air". Si on est réconciliés... - Gal P.Dutartre: Ils ont déjà commandé 130 F-35.
Il faut un seul modèle d'avion, ne serait-ce que pour l'entretien, les pièces de rechange, les mises à jour. C'est beaucoup plus facile. C'est la même chose pour l'Allemagne.
C'est pour ça que d'acheter ou de transformer une commande en 12 F-35A, puisque les F-35A peuvent emmener l'arme nucléaire...
Les Britanniques peuvent avoir une dissuasion nucléaire aérienne, ce qu'ils n'ont pas aujourd'hui. - C.Roux: En Europe, certains achètent des Rafale? - A.Bellanger: Il y a la Croatie, la Grèce et la Serbie.
Le Rafale n'est pas fait pour les marchés européens, pas ceux de l'Otan. Il est fait pour des marchés adjacents, dans lesquels les pays se posent la question s'ils achètent américain ou pas. - C.Roux: Question. - J.Staron: C'est intéressant.
Au tout départ, l'idée de coalition des volontaires, avec V.Zelensky dans le bureau Ovale, on avait une coalition à 4. On avait la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne et la Pologne.
Très vite, l'Allemagne et la Pologne se sont discrètement retirées en disant: "Cette force de réassurance, on ira que si on a une force américaine derrière." Aujourd'hui, les Français et les Britanniques sont relativement seuls dans cette coalition des volontaires. - C.Roux: Question.
Le mot de la fin. - Gal P.Dutartre: Ce qui est sûr, c'est qu'on n'a rien à gagner à avoir des guerres mondiales.
Il faut montrer nos muscles aujourd'hui, c'est vrai. - C.Roux: C'est la règle de la loi du plus fort.
Merci à tous les 4. C'est la fin de cette émission, qui sera rediffusée ce soir aux alentours de 22h30.
Emmanuel Macron