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interviewrtl-fr· 23 juin 2026 8 min

Marina Ferrari, ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative, est l'invitée d'Anne-Sophie Lapix

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

A demain.

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Marina Ferrari

L'invité d'RTL Soir.

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Présentateur

Au moins 40 noyades depuis le 18 juin, jeudi dernier. Essentiellement des jeunes, a précisé le Premier ministre Sébastien Lecornu. C'est un phénomène qu'on observe à chaque vague de chaleur, dans des rivières, dans des lacs, souvent dans des zones non autorisées, mais aussi parfois dans des piscines. Comment empêcher ces noyades qui, avec ces canicules qui se multiplient, risquent d'être de plus en plus nombreuses ? Notre grande invitée RTL Soir est la ministre des Sports et de la Jeunesse. Bonsoir Marina Ferrari. Vous savez quelles sont les causes de ces noyades ? Ce sont des chocs thermiques, des conditions dangereuses ou des nageurs qui paniquent ?

0:37
Marina Ferrari

Il y a plusieurs causes, mais avant tout, merci d'avoir rappelé Madame Lapix, je crois que c'est important que beaucoup sont des accidents qui surviennent sur des zones de baignade qui ne sont pas autorisées ou qui ne sont pas surveillées. Je crois que c'est vraiment le message de prévention que nous avons à passer, c'est vraiment d'aller se baigner dans des zones qui sont sous surveillance aujourd'hui, puisqu'on le voit, malheureusement c'est beaucoup, vous l'avez rappelé, nous avons par exemple eu à déplorer deux jeunes qui sont disparus parce qu'ils sont allés dans un canal par exemple. Donc voilà, c'est des choses qui sont...

C'est un message tout simple, mais il faut vraiment s'astreindre à ce message. Et puis respecter tout simplement quand on rentre dans l'eau, on se mouille avant avec de telles températures, bien évidemment il y a un choc thermique qui peut intervenir, et donc c'est dangereux. Donc on se mouille la nuit d'abord ? On se mouille la nuit d'abord ? Ça peut paraître... Oui, mais des mouvements, des gestes... C'est essentiel vraiment parce qu'avec de telles températures, je veux dire, le corps doit vraiment s'adapter. Et puis c'est aussi la surveillance des enfants, on ne laisse pas un enfant seul à proximité d'un point d'eau, bien évidemment.

Et puis quand on ne sait pas bien nager, on s'équipe, voilà, tout simplement. Donc les enfants sont équipés, boués, brassards, et quand on est adulte aussi, on fait très attention. Et on respecte les consignes, on ne va pas sur une plage, j'entendais par exemple que vous parliez de la Gironde avec ce pic de canicule, on ne va pas sur une plage quand le drapeau rouge est levé, on ne va pas se baigner. On respecte les consignes de sécurité. Mais ça va très vite une noyade, surtout pour un enfant. Ça va extrêmement vite pour un enfant et pour un adulte aussi. Vous savez, on a beaucoup de cas également, malheureusement, de personnes qui sont décédées, qui étaient des seniors aussi.

Voilà, il ne faut pas surestimer non plus ces capacités. Donc il faut être extrêmement vigilant. Donc bien évidemment, nous, nous avions anticipé déjà fin mai, vous le savez, nous avons eu déjà un premier épisode caniculaire. Donc des mesures ont été mises, notamment en termes de prévention et de messages de prévention. Il faut qu'on le rappelle sans arrêt. Et là, on est vraiment dans notre rôle aujourd'hui de pouvoir public, de rappeler ce message de prévention. On va encore monter en puissance sur les jours à venir, vu malheureusement les incidents dramatiques que nous vivons aujourd'hui.

Et puis, bien évidemment, l'État et les collectivités se sont mobilisées en avance de phase pour à la fois développer les points de baignade surveillés. Vous savez que c'est du ressort des collectivités. Et je tiens à les remercier parce que c'est un coup aussi pour elles, mais c'est important. Et puis l'État qui mobilise les services de secours également derrière.

2:35
Présentateur

Vous parlez de prévention, mais il y a des gens qui ne savent pas nager. Il y a des enfants qui ne savent pas nager. Et notamment, il y a des endroits, des zones où il y a très peu d'enfants qui savent nager. Je pense qu'à Marseille, on avait parlé de cet établissement, de ce collège en zone prioritaire, où 85% des élèves arrivaient en 6e sans savoir nager. Là, c'est de la responsabilité des autorités.

2:54
Marina Ferrari

Alors, c'est absolument de la responsabilité de l'État. Et c'est pour ça que nous avons plusieurs plans pour le développement de la natation et l'apprentissage de la natation qui se déroulent d'ailleurs en France depuis de nombreuses années, sur lesquels nous avons accéléré. Donc, c'est nos politiques d'aisance aquatique pour les plus jeunes et de savoir nager. Aujourd'hui, votre statistique, elle est juste. Mais en sortie de collège, en revanche, en sortie de 6e, pardon, en revanche, la statistique, elle s'améliore beaucoup puisqu'on est à plus de 83% des élèves qui savent nager. On ne peut se nager avant.

Donc, c'est pour ça qu'il faut qu'on continue vraiment à soutenir ces politiques et dans lesquelles nous nous mobilisons beaucoup, avec d'ailleurs la Fédération française de natation, je tiens à les saluer, et les personnels de l'éducation nationale. Donc, c'est un travail que nous avons tous à faire.

3:30
Présentateur

Et on se souvient de cet appel lancé à la fois par des syndicats d'enseignants et par des nageurs, des personnalités, des nageurs olympiques, d'appel à construire 1000 piscines. Comme il y avait eu un plan 1000 piscines dans les années 70, on est revenu à un niveau, à un nombre de piscines qui correspondait à avant ce plan, en 1970 ?

3:50
Marina Ferrari

Non, on n'est pas revenu à un niveau antérieur. Simplement, aujourd'hui, on a un parc d'équipements aquatiques qui est vieillissant et qui nécessite des rénovations importantes. Mais si elles ne sont pas utilisables, ces piscines... Alors, ce n'est pas qu'elles ne sont pas utilisables, c'est qu'elles sont extrêmement coûteuses pour les collectivités qui, bien souvent, sont contraintes de les fermer. C'est pourquoi, il y a quelques mois, j'ai demandé à l'Agence nationale du sport de réorienter en priorité ces crédits, aujourd'hui, d'équipements sur les investissements de rénovation des piscines ou sur les piscines mobiles qui, aujourd'hui, se développent, notamment en milieu rural.

C'est important. Quel crédit ? De quel crédit vous parlez ? Alors, les crédits d'équipements de l'Agence nationale du sport, aujourd'hui, vous savez que nous avons des lignes d'équipements pour ce faire. Et puis, nous travaillons également avec Françoise Gattel, la ministre des Collectivités, pour que nous puissions mobiliser en priorité les crédits d'équipements des lignes classiques de l'État, dont dotation d'équipements au territoire. Comme on coupe tout le temps les dotations. Là-dessus, je m'inscris en faux, puisque les subventions à l'investissement des collectivités n'ont pas été réduites ces dernières années.

J'étais rapporteure du budget à l'Assemblée nationale avant d'être ministre, dont je connais bien ce sujet. Mais vraiment, il faut que nous insistions là-dessus, parce que nous devons réarmer, continuer à réarmer la France sur les piscines pour l'apprentissage de la natation. C'est essentiel.

4:52
Présentateur

Le mouvement dont je parlais pour la construction de mille piscines espérait qu'on allait mobiliser les 75 millions, 76 millions d'euros qui restaient des JO 2024. Où on a ce projet ?

5:03
Marina Ferrari

Le fonds de dotation de Paris 2024 n'a pas vocation à venir soutenir des opérations d'investissement. En revanche, il est mobilisé notamment sur le savoir nager. Et donc ça, c'est important, puisque le savoir nager, ce sont aussi des politiques. Alors, ils ne viennent pas se substituer au fond du ministère, ils viennent compléter pour massifier justement les actions. Donc c'est bien aussi que nous ayons pu flécher justement du fonds de dotation de Paris 2024 sur les opérations pour développer le savoir nager.

Je rappellerai également que grâce aux Jeux Olympiques, nous avons pu construire, notamment en Seine-Saint-Denis, vous le savez, qui était un département qui était sous-doté aujourd'hui, un équipement olympique pour l'apprentissage de la natation qui va être un des plus beaux héritages et également un bassin mobile qui est resté.

5:39
Présentateur

Vous êtes ministre des Sports et vous ne vous occupez pas seulement de natation, même si on commande cette actualité dramatique des noyades. Est-ce qu'il faut annuler les compétitions, les manifestations sportives dans les prochains jours ?

5:52
Marina Ferrari

Alors quand on est en alerte rouge, la responsabilité veut que oui, il faut annuler ou reporter certaines manifestations. La responsabilité de qui ? Des organisateurs et la responsabilité aussi des pouvoirs publics. Je crois qu'on est sur un phénomène de santé publique. Vous l'avez vu, on a malheureusement déploré, y compris en mai des décès, sur certaines manifestations sportives. Donc il faut savoir raison garder dans ces événements qui sont exceptionnels au niveau canicule. Mais vous, quelle est votre position ?

6:16
Présentateur

J'ai vu que la fédération de rugby reportait

6:18
Marina Ferrari

les matchs de samedi à dimanche. Et c'est une sage décision. C'est vrai que c'est la consigne qui a été passée lors du comité interministériel de crise sur le sujet. Nous avons été entendus, il y a beaucoup d'événements qui ont été reportés ou annulés. Je pense au meeting d'athlétisme par exemple à Bordeaux qui a été annulé. Mais également, il y a des arrêtés préfectoraux d'interdiction qui ont été prises, 29 ce week-end notamment, sur des événements. Après, il peut y avoir des exceptions, je tiens à le dire. Par exemple, dans le cadre du sport professionnel où les athlètes sont préparés, où toute la configuration est mise en place.

Je pense à la finale du top 14 qui doit avoir lieu ce week-end, comme vous le savez. Elle se tient à 21h le soir, dans une enceinte où le public peut être pris en charge aussi, où les joueurs sont aguerris, où le staff, bien évidemment, et les équipes seront correctement hydratés.

7:01
Présentateur

Finalement, on avait peur que nos footballeurs aient trop chaud aux Etats-Unis pour la Coupe du Monde. Ils sont davantage gênés par la pluie, mais ça ne les empêche pas d'être performants. Vous les avez regardées hier soir ?

7:09
Marina Ferrari

Oui, je les ai regardées jusqu'à 3h du matin d'où mon état un peu de fatigue, mais ça valait la peine.

7:13
Présentateur

Alors, ça se passe plutôt bien pour eux. Ce sont peut-être les pierres que vous leur avez offre ?

7:16
Marina Ferrari

Alors, ce sont des petites pierres, mais je vais vous faire une révélation et c'est vous qui l'aurez de prime abord. En fait, ce sont des petites étoiles que je leur ai offertes. Alors, c'est vrai que j'ai laissé feuilletonner. Je trouvais ça assez amusant aussi de voir tout le monde s'agiter autour de ça. Non, j'ai simplement voulu leur adresser un petit message d'amitié à titre personnel, un petit porte-mandeur. Donc, ce sont des étoiles, une bleue, une blanche, avec la promesse d'avoir la rouge si nous ramènent la troisième étoile sur le maillot et tout le monde en rêve. Ce qui comptait, ce n'était pas la pierre, c'était l'étoile. C'était l'étoile, absolument. C'est une belle symbolique.

Vous savez qu'au Japon, c'est une tradition. On offre une étoile qui porte chance. Voilà, c'était la symbolique. Eh bien, merci pour cette explication. Ça nous avait bien intriguées.

7:49
Présentateur

Merci beaucoup, Marina Ferral, ministre des sciences et de la jeunesse. Et prudence. Dans un instant, on retrouve la petite bande d'RTL Soir, l'info spéciale Coupe du Monde qu'on a failli manquer. C'est la célébration des Norvégiens. Vous allez voir, ce sont nos prochains adversaires. Le petit phénomène, ce sont les desserts à boire. Et puis, la tentation du soir nous emmènera visiter la cité des films d'animation à Annecy. On y croise Shrek, entre autres. À tout de suite. Tous les jours, toute la journée, RTL.