Déclaration du Président Emmanuel Macron et du Premier ministre du Royaume des Pays-Bas Mark Rutte.
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- 0:15Emmanuel MacronFait
« la condamnation absolue de l'agression russe en Ukraine, le soutien à l'Ukraine et aux Ukrainiens et les sanctions à l'égard de la Russie pour stopper au plus vite cette agression »
- 2:00Emmanuel MacronChiffre
« La hausse importante du budget de défense néerlandais est à cet égard un élément-clé »
- 4:00Emmanuel MacronPromesse
« une Europe à la pointe de la transition climatique, se dotant de la neutralité carbone »
- 5:00Emmanuel MacronFait
« nous travaillons ensemble à un dispositif européen reconfiguré au Sahel »
- 7:00Emmanuel MacronFait
« nous avons beaucoup de projets européens et bilatéraux sur le cloud, sur l'hydrogène, sur la santé et les semi-conducteurs »
- 9:00Mark RutteFait
« nos échanges aujourd'hui seront essentiels pour analyser les conséquences pour l'Union européenne »
- 10:00Mark RutteFait
« nous avons vu à quel point Poutine était insensible, sans pitié et brutal »
- 11:00Mark RutteFait
« la France assume la présidence de l'Union européenne à cette occasion est essentiel »
- 12:00Mark RutteChiffre
« nous augmentons nos dépenses de défense, dans le but d'atteindre l'objectif de 2 % aussi rapidement que possible, avec une augmentation de 25 % des dépenses aux Pays-Bas »
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Bonjour, Messieurs, Dames. Bonjour Mesdames et Messieurs. Je souhaite la bienvenue à Paris à Monsieur le Premier ministre, Mark Rutte, cher Mark, ainsi qu'à vos ministres à l'occasion de ces premières consultations bilatérales entre nos deux pays.
C'est, en effet, la première fois que nous mettons en place ce format exceptionnel qui va permettre à plusieurs de nos ministres, après la prise de fonction de votre gouvernement, de travailler ensemble. Ceci à la veille d'un sommet de l'Union européenne qui se tiendra donc à Versailles jeudi et vendredi et, surtout, dans un contexte particulièrement lourd et tragique qui est celui de l'agression de l'Ukraine par la Russie. Vous le savez, au cours des deux dernières semaines, la coordination européenne a été très étroite, d'une rapidité et d'une unité historiques, avec des sanctions massives prises très rapidement et notre ligne, en lien étroit avec les autres pays membres de l'OTAN et avec les pays du G7 est claire et simple : la condamnation absolue de l'agression russe en Ukraine, le soutien à l'Ukraine et aux Ukrainiens et les sanctions à l'égard de la Russie pour stopper au plus vite cette agression.
Nous avons ensemble pris plusieurs décisions en la matière et nous reviendrons sur plusieurs des conséquences à court et moyen terme sur ce sujet. Je sais, cher Mark, l'importance que tu apportes aussi à ce contexte et ce chantier majeur de l'approfondissement de l'Europe, et je tenais à remercier Monsieur le Premier ministre d'avoir fait un discours important ce matin à Paris, à Sciences Po auprès des étudiants, et d'avoir donné sa vision de l'Union européenne. Depuis votre première visite en juin 2017 ici, je m'en souviens comme si c'était hier, nous avons ardemment travaillé ensemble pour bâtir une vision commune et approfondir cette Europe compétitive, ouverte sur le monde, fidèle à ses valeurs et à l'État de droit, une Europe à la pointe de la transition climatique, se dotant de la neutralité carbone.
Nous étions parmi les premiers pays à prendre ces initiatives [ INAUDIBLE ] en la matière. Aujourd'hui une Europe qui doit bâtir, on le voit bien, une plus grande souveraineté et une plus grande indépendance stratégique en matière de défense, et je veux saluer ici les choix que vous avez récemment annoncés, en matière également de technologie, en matière bien évidemment de climat et d'énergie, avec là aussi des ambitions très fortes et des choix fondamentaux qui ont été pris par votre gouvernement. Nous allons travailler sur chacun de ces sujets ensemble, pour faire de notre Europe une véritable puissance géopolitique, mais qui s'appuie sur des pays qui font ce choix.
La hausse importante du budget de défense néerlandais est à cet égard un élément-clé, comme je l'ai évoqué, de même que le renforcement de la présence militaire néerlandaise dans le cadre de l'OTAN en Lettonie et en Slovaquie. Je veux ici dire aussi que, quand on parle de puissance, et nous l'évoquerons avec les ministres, nous travaillons ensemble à un dispositif européen reconfiguré au Sahel, nous intensifions nos coopérations bilatérales, y compris dans le domaine naval dans la zone des Caraïbes, et nous travaillons ensemble sur plusieurs projets en matière d'industrie et de défense. Donc, vous le voyez, cette Europe plus souveraine, plus indépendante et plus unie, qu'il s'agisse de climat ou qu'il s'agisse de défense, est celle à laquelle nous croyons.
La résilience et la solidarité dont nous avons collectivement su faire preuve nous rappellent aussi l'importance d'avoir des efforts communs dans d'autres domaines, l'asile et la migration. Là aussi, je veux saluer la convergence de vues. Nous poussons cette réforme de Schengen qui est, dès 2016, un thème que le Premier ministre Mark Rutte a poussé et qui avait donné lieu d'ailleurs à des échanges avec les pays du Bénélux en 2018 et 2019.
Par ailleurs, l'Europe doit continuer à s'affirmer comme puissance économique, compétitive et innovante. Là aussi, nous avons beaucoup de projets européens et bilatéraux sur le cloud, sur l'hydrogène, sur la santé et les semi-conducteurs, comme nous l'avons déjà fait sur les technologies quantiques. Je me félicite du travail en vue de former un véritable pacte pour l'innovation et la croissance durable entre les Pays-Bas et la France, avec le soutien du Medef et de son homologue le VNO.
Voilà quelques uns des points que je voulais ici évoquer. Vous le voyez, la force de la relation bilatérale c'est évidemment l'amitié entre deux peuples, deux pays, deux dirigeants, et je veux ici vous redire toute mon amitié, mais elle permet aussi de rendre plus forte notre Europe et notre ambition européenne. C'est par les accords que nous avons trouvés que nous continuerons aussi d'avancer et, sur tous ces sujets qui comptent, la déclaration que nous avons adoptée le 31 août dernier nous offre un cadre bilatéral, renouvelé, enrichi et intensifié, qui rend plus forte la relation entre nos deux pays mais plus forte aussi notre Europe à un moment si important, cette guerre que j'évoquais sur le sol européen, et qui nous impose de faire encore davantage et d'en tirer les conséquences pour nous-mêmes à court et à moyen terme.
Merci encore, cher Mark, d'être aujourd'hui à Paris. Merci beaucoup, Monsieur le Président. Merci beaucoup, Emmanuel, pour cet accueil très chaleureux.
C'est la première fois que nos deux équipes se réuniront ainsi. Bien entendu, nous nous voyons souvent à Paris, à Bruxelles, à La Haye, mais c'est la première fois que nos deux équipes seront réunies à la même table, entre amis, entre nous, pour parler de tous les sujets dont nous avons besoin de débattre. Bien sûr, quand nous avons prévu et organisé ces consultations, nous ne pouvions pas avoir anticipé l'invasion de l'Ukraine par la Russie, qui est intervenue il y a quasiment deux semaines.
Depuis, nous avons vu à quel point Poutine était insensible, sans pitié et brutal, et il est essentiel que nous soyons unis dans ce contexte. Il est très important que nous puissions œuvrer à la désescalade et nos efforts, au téléphone notamment, auprès de Moscou sont essentiels. Le fait que la France assume la présidence de l'Union européenne à cette occasion est essentiel aussi.
L'objectif principal est, bien évidemment, d'arrêter ce bain de sang inutile. Arrêtons cette invasion. Soyons aux côtés du peuple ukrainien.
Bien entendu, nos échanges aujourd'hui seront essentiels pour analyser les conséquences pour l'Union européenne, entre autres pour notre relation bilatérale. Bien sûr, si nous voulons que nos deux pays soient en sécurité, nous ne pouvons le faire que si nous avons une Union européenne forte, une OTAN forte, une alliance forte. C'est essentiel.
Nous avons vu, en Europe, la rapidité avec laquelle nous avons été en mesure de convenir et de nous mettre d'accord sur un paquet de sanctions extrêmement fort qui a d'ores et déjà un effet sur la Russie, principalement sur les dirigeants russes parce que, bien évidemment, nous ne sommes pas en conflit avec la Russie et le peuple russe mais avec le dirigeant russe et son gouvernement. Ce sont eux qui sont, en conséquence, les cibles de nos sanctions. Il faut vraiment faire en sorte que l'Union européenne et notre économie soient plus fortes, pour permettre la croissance de notre économie.
Plus notre économie sera forte, mieux ce sera, et ce sera à l'agenda de nos discussions aujourd'hui et des discussions que nous aurons dans les jours à venir. Encore une fois, il faut trouver l'équilibre entre les réformes d'un côté et, d'un autre côté, traiter la question de réduire la dette en pourcentage du GDP. Il faut qu'on ait plus de temps, si nécessaire, pour parvenir aux objectifs en pourcentage [ INAUDIBLE ].
Cela signifie également qu'il nous faut vous parler de nos vulnérabilités, notamment de notre dépendance au gaz et au pétrole russes. Je ne dirais pas qu'il faut dès aujourd'hui, parce que nous ne sommes pas en mesure de le faire, couper toutes les importations de gaz et de pétrole russes, néanmoins nous pouvons faire plus, notamment en décarbonisant notre économie, dans le contexte de tous les efforts en faveur du climat. Nous avons ce Pacte Vert dont nous avons déjà convenu.
Dans ce contexte, nous adopterons aussi de nouvelles technologies, nous créerons de nouveaux emplois. Tout cela a toujours été dans nos objectifs. Il faut nous concentrer sur l'innovation et faire en sorte que nous ayons une autonomie stratégique ouverte.
Nous en avons parlé ensemble dès 2017, dès votre élection. Comment faire pour que nous soyons plus compétitifs, dans le cadre d'une relation forte, afin que nous puissions pleinement jouer notre rôle dans le monde ? C'est une chose pour laquelle nous avons, toi et moi, régulièrement milité et qui est de plus en plus soutenue au sein de l'Union européenne.
L'OTAN, comme je le disais, il nous faut faire plus dans le cadre européen, faire plus ensemble, augmenter les dépenses de défense. La France en fait déjà beaucoup mais, nous, nous étions en dessous des 2 % et nous augmentons nos dépenses de défense, dans le but d'atteindre l'objectif de 2 % aussi rapidement que possible, avec une augmentation de 25 % des dépenses aux Pays-Bas. C'est également un débat que nous aurons jeudi et vendredi, à l'occasion de la réunion informelle du Conseil européen mais le principal message, pour jeudi et vendredi, doit être celui d'une Union européenne unie qui se dresse devant la Russie, tout en réalisant qu'une page s'est tournée dans l'histoire de l'Union européenne.
Il nous faut travailler plus encore ensemble au sein de l'Union européenne et au sein de l'OTAN, afin de garantir la sécurité de nos peuples. Depuis 2017, ton amitié a beaucoup compté pour moi. Je ne peux évidemment pas prédire le résultat des élections en France, néanmoins je dois dire que j'espère pouvoir continuer avec toi en tant qu'ami et entre nos deux pays car, bien souvent, nous sommes parvenus à trouver des compromis européens au cours des quatre ou cinq dernières années, dans le cadre de nombreux débats européens.
Cette notion de compromis est essentielle et cette amitié, encore une fois, me tient beaucoup à cœur. Merci.