Jacques Boyer
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Chapitres
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 27:29InvitéFait
« Sa maman, Odile Esdra, dont elle nous en reparlera dans un instant, était chanteuse. »
- 27:36InvitéFait
« où il fait une rencontre essentielle, celle de Jean Ferrat, qui sera à la fois son ami et son partenaire de tournée. »
- 27:46InvitéFait
« Mais il restera au moins comme le créateur du célébrissime « Mon vieux ». »
- 27:54InvitéFait
« Elle a été écrite, cette chanson, en 1962 par Mme Michel Sanlis et mise en musique par Jean Ferrat. »
- 28:06InvitéFait
« Et puis l'année suivante, le père de Michel Sanlis est décédé. »
- 28:17InvitéFait
« Et puis en 1974, Daniel Guichard, contre la volonté de Michel Sanlis, reprend la chanson. »
- 28:25InvitéFait
« Il en change quelques mots, ce qui lui permet au passage de toucher une part des droits d'auteur. »
Temps de parole
- Présentateur70 %
- ?11 %
- Invité6 %
- Invité 26 %
- Invité 35 %
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Jean a rencontré Jean Soussac par Christine Sèvres,
qui
a été
la
femme de Jean Ferrand.
Je
dis bien la femme de Jean Ferrand. C'est-à-dire que toute la carrière de Jean et ce qu'il a écrit, les chansons d'amour, etc., c'est Christine.
À
part une pour Colin.
Attention,
vous
mangez la
soupe
!
Dans ce village, il y
a
eu deux personnes importantes. Il y a eu d'abord Jean Soussac
et
Hélène Vessade. C'est-à-dire que Jean Soussac était un peintre qui était maire du village d'Entreille et qui a promotionné ce village. Et il était à Paris parce qu'il faisait des peintures,
qu'il
peignait, c
'est
-à
-dire
l'artiste peintre, qui ne vendait quand même pas beaucoup et il se débrouillait pour essayer... Ah non, mais après
!
Quand
à la
Méditerranée, on se donne la
main,
on fait la ronde et chacun veut en profiter.
Faudrait
boire à pas mélanger les torchons avec les serviettes, les caviares
et la vache
enragée, les clocheurs avec les starlets...
Mais donc, moi j'ai connu Jean à ce moment-là, plus de 50 ans, on était dans les cabarets ensemble, etc. Enfin bon,
je
ne
veux
pas... Si,
si, mais
si,
c'est intéressant ! C'est intéressant ça
! Et donc, si tu veux, que Christine Sèvres, qui était une femme exceptionnelle, une chanteuse et une emmerdeuse de première, mais qui était quelqu'un de vraiment de formidable, Christine.
Et
Christine, évidemment, faisait des cabarets, était très connue, beaucoup plus connue que Jean au départ, Jean était inconnu.
Sur
la Seine, il y a des bateaux mouches, avec des dames en décolleté, qui rient très haut, qui font des touches.
Et
il
y a
aussi la suicide... On va pas mélanger les torchons avec les serviettes... On n'a pas le même
goût,
selon comment tout la
vue
par en-dessus...
Moi,
quand j'ai rencontré Christine, dans un cabaret, elle m'a dit, je vis avec un gars qui s'appelle Jean Ferrat, Ténén Boum, et ils étaient absolument inconnus, et j'ai dit, ben moi je cherche des chansons pour le cabaret, etc. Ah bon, ben je vais te le présenter, c'est là qu'on s'est rencontrés. Et donc, elle a rencontré Jean Sossac, qui lui a dit, oh j'habite un petit village merveilleux, etc.
En
Ardèche, elle est venue, elle a été séduite par le village, elle en a parlé à Jean, et Jean est venu.
Et
moi, je suis venu avec lui, là on a couché chez...
On
était très amis, très proches, évidemment. Et on a couché chez Hélène Bessade, et donc c'est la présence, grâce à Sossac, qui a fait la même chose avec Brasseur, avec... Avec Lino, oui.
Et
donc, Jean est venu, on est arrivés,
on
couchait chez Hélène Bessade, là, dans la maison où elle est, là, il y
avait
deux chambres.
Et
puis après, tout s'est enchaîné.
Il
y
a
des
murs
où au matin blême, on met en rang les entêtés. Il y a des murs où au matin blême, on dit que la mort,
ça
n
'a
pas le même goût.
Donc
là, c'est vrai que c'était un village,
je
dis c'était parce qu'il a changé, c'était un village extraordinaire, parce que... Bon, les gens, c'était Jean Ferrat, bien sûr, mais il n'était pas encore une grande vedette. Il a été connu, ça a commencé à marcher, mais c'était pas...
C
'était... Il avait eu le prix d'Ulysse, quoi.
Et
donc, Jean est tombé amoureux de ce village
et
des gens,
et
de...
Parce
que lui, il n'avait pas de racines à part Paris, Jean.
Il
n'avait rien. Voilà. Et là, vraiment, il est tombé en amour de ce village. Il a acheté Berniole, parce que Sossac
essayait
toujours de... Aussi bien avec Francesca qu'avec Jean, essayait toujours
de... Que
les gens restent. Avec Brel, ça n
'a
pas marché. Avec Linos, presque. Mais, voilà, avec Catherine.
Je suis arrivé, je n
'ai
pas vu la maison. Elle était envahie par les roses.
Mais, dans
le fond
du
terrain, j'entendais un bruit. C'était le torrent qui coulait. Et rien que ce bruit-là, c'est ce qui m'a séduit. Et j'ai
dit... Ben,
je suis d'accord, j'achète. Nous sommes en 1964. Jean Ferrat est surmené. Il est alors aux fêtes de sa popularité. Et enchaîne session d'enregistrement et gala. L'Ardèche sera son havre de paix. Elle lui inspire aussi sa chanson la plus célèbre.
Si tu veux, donc, là, c'était vraiment le village simple, avec des gens très chaleureux,
en
été, moins l'hiver,
parce
que l'hiver, tout le monde était chez soi.
Mais,
c'était vraiment formidable. Donc, après, avec Jean, on est resté ensemble, on
a
travaillé ensemble, etc., pendant très longtemps. Et quand il a décidé, quand il a eu ses
premiers
problèmes de santé, il a fallu qu'on arrête. Donc, on a fait ensemble la montagne,
pour
que je puisse rester avec lui, quoi. Enfin, rester au village. Je parle
du restaurant.
On a fait un restaurant, qu'on a appelé avec ma femme, d'à l'époque, Odile, la mère de Natacha.
On
a appelé, parce qu'on était sur la place du village, avec Jean dans la voiture,
et
il y avait Soussac.
Et
Soussac nous dit, tiens, il y a ce
café,
là, chez la mère de Laïgue,
qui
était pourri, etc., et vient de mourir. Et elle, je ne
sais
pas ce que ça va devenir, etc.
Et
je savais que Jean allait s'arrêter un an ou un an et demi après, puisqu'il fallait des sports à faire, des trucs comme ça, encore.
Et
il dit à Jean, «
Mais
pourquoi tu ne
l
'achèterais pas ? » Et Jean me dit,
«
Bon, bon, bon…
» Il
me regarde, je conduisais,
il
me dit, « Mais qu
'est
-ce que tu fais après, toi ? » Moi, je dis, je ne
sais
pas, peut-être que
je
peux m'occuper de CIM ou de Vaux, je ne sais rien, je ne
sais pas,
je vais voir. Alors,
il
me dit, «
Mais
tu ne prendrais pas ce café ?
» Bon,
je dis, « Écoute, je ne
sais
pas, il faudrait que j'en parle avec Odile. » Et puis, voilà, ça s'est fait comme ça. Et donc, Jean a acheté les murs, et nous, on a acheté le fonds qui n'existait plus, et on a fait les travaux, etc., et on a ouvert
ce
café qui s'appelait « La Montagne
»,
qui était un café-hôtel, par restaurant.
Vous avez appelé « La Montagne ».
Qu'on a appelé « La Montagne », à cause de Jean, avec Christy. Donc, ça, ça a été quand même important, pas seulement « La Montagne », mais là, et nous, on faisait les tournées avec Jean, on était en tournée, moi, je faisais la saison d'été, parce qu'on ne travaillait jamais l'été, ni à Noël, ni l'été. Juillet-août, il travaillait, il écrivait, etc. Vous avez fait quoi avec Jean
? Ah,
ben, je m'occupais de lui, totalement, voilà, de tout. De ses caprices, de ses envies, de ses...
De
tout,
de
tout,
de tout.
Ah,
ben
oui, j'ai vécu 50 ans. Vous avez des
caprices ? Hein
? Vous avez des caprices de star, Jean,
le
frère ? Non, jamais, jamais, non. Non, non, non. Grande fidélité en amitié, énorme.
Beaucoup
de générosité, bien qu'on dise qu'il était très radin, ce qui n
'est
pas vrai, mais il était économe, ça. Aucun doute là-dessus. Très, très économe.
La
première belle voiture,
la
première belle voiture que Jean a eue, c'est quand on partait en tournée, je me rappelle, on partait à Lyon, et c'est une DS-21, éjection électronique, la première.
Et
comme il fallait qu'on parte en tournée, c'est moi qui l'ai rodé dans la nuit, j'ai mis deux nuits, je suis parti de Paris, j'allais à Lyon,
et
je retournais pour pouvoir faire rodé la voiture pour partir en tournée. Non, ce n
'était
pas un dépensier, jusqu
'à
la fin.
Ah
non, non, ça c'était celle, non, parce qu'après, il y
a
eu les voitures, il y
a
eu celle du père de... Non, non. Non, ce n
'était
pas un dépensier, ce n
'était
pas un dépensier, du tout, du tout. Non, la première belle voiture qu'il a eue, c'était bien après, quand il a rencontré un copain qui était
avec
Colette, là, c
'était... Qui
était, voilà,
c
'était la première, une Audi.
C
'était la première belle voiture. Ils s'en foutaient, en fait. Ils s'en foutaient complètement. Mais donc, pour en revenir au village, là, c'était vraiment la grande époque, parce que le village d'Entraeg, il y avait... Il y avait... Il y avait chez la... Chez Louisette.
Il
y avait à la montagne. Il y avait l'Oboe des Laux, avec Hélène Bessade, qui a été très, très importante, puisque
Hélène
Bessade, pour en revenir au village et à la mentalité du village, pendant... Hélène Bessade a fait de ce petit café, au départ, c'était un café où elle vendait des journaux avec son mari. Elle n'était pas du tout... Elle était une bonne cuisinière, comme ça. Elle faisait des champignons, le machin, un truc comme ça.
Et
puis, elle invitait les gens. Après, ça
a
augmenté. Elle a racheté après le... Enfin, pas les murs, mais le fonds de commerce qui joue au Podelo, qui était une charcuterie. Et là, elle a agrandi. Et elle invitait tout le monde. Quand c'était la Saint-Michel, tous les gens qui s'appelaient Michel, ils pouvaient y manger gratuitement.
Et
quand c'était le carnaval, si on venait déguiser, on mangeait gratuitement. Là, ce n'était pas du tout, du tout une gestionnaire. La fin l'a prouvé. Et cette femme qui a invité le village,
qui
a fait
etc., elle
a maintenant 90 ans. Elle vit dans sa maison. Bon, elle a un certain nombre de problèmes aussi. Mais elle a eu un certain nombre de problèmes. Mais il
n
'y a personne qui va l'avoir.
Les
gens qui l
'ont
complètement oublié. C'est extraordinaire, quand même.
Alors,
la montagne, donc, avec Jean, il a acheté les murs et les travaux de la toiture étaient foutus, etc. Puis, nous, avec Odile,
on
a refait tout l'intérieur. Il y avait quatre chambres.
Et
puis, un café à l'ancienne, etc. Et on faisait des... Enfin, moi, parce que moi, j'étais en tournée avec Jean. Moi, je n'avais jamais fait le bar. Et je le faisais l'été. Parce que, évidemment,
on
était en... Je me rappelle,
quand
on arrivait avec Jean,
quand
on avait screené, on disait « Oh, mon pays !
» Quand
on descendait.
Et
là, pendant les mois d'été, je servais au bar. J'étais le patron, quoi. Enfin, je veux dire, voilà. Et on faisait des omelettes, charcuterie, des machins, des trucs comme ça. Ça marchait très bien. C'est du boulot, hein. parce que je repartais début septembre avec Jean pour faire les tournées, le palais des sports, les machins, les trucs. Et puis, pendant deux mois, je maigrais de 5-6 kilos, minimum, parce que c'était le matin à 5h, 5h30, 6h, il
fallait
balayer, préparer. Et puis, attends, ça marchait, le feu de Dieu, hein. C'était la grande époque d'entrée. La dernière tournée, c'était comment
?
Festif ? Ah, formidable. Ah, ça a toujours été festif, hein. Toujours.
Il
a les yeux qui brisent.
Je ne
vous
en ai pas les programmes à l'entracte.
Jusqu'au verdon
sur la scène, tu penses,
vous avez les
fleurs, tu t
'occupais de tout, tout, tout,
tout. Ah, ben, c'est moi qui m'occupais de tout, absolument, oui.
J
'étais administrateur et
régisseur.
Alors, tu sais pourquoi il a arrêté la serre
? Ben,
parce qu'il en a un art.
Ça, c
'est pas une légende, c'est
ça,
c'est le rubis. Non,
non, non.
D'abord, il était fatigué, il n'avait qu'un seul poumon, donc,
il
était quand même... Et puis, il en avait marre. Jean, c'était
pas...
C'était autant Brel, c'était un artiste de scène, une bête de scène. Jean, pas du tout. Moi, je me suis battu beaucoup avec Jean pour faire... Je faisais les éclairages, je faisais tout.
Il
y avait que... je conduisais la voiture,
j
'étais...
On
vivait ensemble.
Supervisé.
Ouais, on vivait... On habitait à côté...
Un papa qui...
Ah
ben, c'était mon meilleur ami, quand même.
C
'était... On a vraiment vécu ensemble.
Je suis... Je suis là. Ça, je tiens à
le dire, parce que... Maintenant, ça commence à me gonfler, parce que, je veux dire, moi, j'ai vécu avec Jean pendant 50 ans et les 20 dernières années, j'ai vécu,
mais
plus avec lui qu'avec mes femmes de l'époque. Je veux dire, aussi bien avec...
C'est bien de vous
dire. Ouais,
je veux
dire.
Alors,
quand j'entends les gens maintenant qui racontent des trucs,
des
fachins, mais c'est n'importe quoi. Non, on dit... À l'époque, on faisait toutes les tournées,
on
faisait 120, 130 000 km en voiture par an. Toutes les tournées se faisaient en voiture. On était toujours, toujours ensemble. Toujours. Et à Ivry,
on
habitait...
D'abord, j
'habitais dans son appartement à Louis-Maurice-Torès et après, lui, habitait rue Boudin
et
puis après, quand on a habité en Traigle, on a... Voilà.
Non,
non, c'était un type assez exceptionnel. Les gens, il était très... Et ils te partageaient avec d'autres
? Taboussé
avec d'autres gens aussi
? Bah,
j'ai été ami avec plein de gens, bien sûr.
C'est
pas... C'était un ami de longue date, oui.
Oui,
oui. Oui,
oui,
Simon.
Non,
mais si tu veux, on a fait... On s'était des... Une autre époque. On s'est détournés.
D
'abord, Jean n'a jamais fait de spectacle tout seul. Jamais.
Toujours
une première
partie.
Toujours. Toujours. Toujours avec Avon Évrard, avec Sim, avec moi, je chantais, avec plein... Toujours.
Et
oui. Oui,
oui.
Enfin, il y a bien longtemps.
Non,
voilà. Mais donc, si tu veux, pour en venir au village, voilà, ça a beaucoup, beaucoup, beaucoup changé et je crois que ça reviendra progressivement, mais les années passent et maintenant, c'est beaucoup plus calme parce qu'évidemment, il y a quand même beaucoup, beaucoup de monde qui viennent. Mais il y a eu un changement après la mort de Jean. Ça, c'est sûr.
C
'est certain.
Ça
passera. Parce qu'évidemment, après la mort de Jean, quand il y
a
eu l'enterrement, il y
a
eu 5000 personnes, il y
a
eu... Bon, ça... Il y
a
eu plein de gens. Moi, j'ai des trucs qui m'ont marqué. Ça a été extraordinaire parce que
je
me souviens que j'étais...
J
'étais descendu, il y avait la course lardéchoise.
et
je descends la course cycliste
et
je vois une centaine de vélos ou une cinquante vélos qui étaient... C'est
au
mois de
juin.
Oui, mais après la mort de Jean. Il est mort en mars, le 13 mars. Et après, je vois la course, je vois des vélos le long du cimetière.
Je me dis,
mais qu'est-ce qu'ils font tous ces vélos ? Ben, c'était des gens de lardéchoise
qui
s'arrêtaient pour aller sur la tombe de Jean-Flaude.
Ça,
c'est quand même extraordinaire, je veux dire.
Quand je m'en vais un rêve, découvre mon écluse à toutes les délais. Dans un remous de croque, c'est chez toi que j'arrive.
Tu viens à Cuba, tu as le voyage, Je dis, mais moi, je peux voir,
j
'avais d'autres trucs, je travaillais, quoi. Donc, les musiciens, ils sont allés et moi,
je
suis, après ça, Jean m'a dit, quand il est revenu,
il
m'a dit, il faut absolument que tu ailles à Cuba et je suis parti à Cuba,
je
suis resté trois mois pour m'occuper d'un village, tu vois, avec LVG,
il
réservait à la vacance de la jeune,
à
la cité, les premiers qui allaient, touristes, qui allaient à ce village et juste après Jean.
Ça,
c'était absolument extraordinaire.
l
'ambiance à Cuba à ce moment-là, c'était fabuleux.
Quelle
année
?
C'était l'année d'Abregen, après on a fait venir les trucs en tournée ici avec nous.
Je me rappelle, puis
c'est joli, mais
je
me rappelle, il y avait une île où ils avaient essayé de faire
un
truc où il y a communiste où il n'y avait pas d'argent, pas de trucs,
c
'était des échanges,
c
'était le machin.
Ça
a duré six mois
et
puis au bout de six mois,
c
'est un fois-même parce que le communisme, c'est extraordinaire.
C
'est fabuleux, le communisme, seulement ça n'a jamais existé nulle part.
Non,
c
'est pas le faire.
Non,
parce que c'est trop parfait.
C
'est dans l'être humain qui va...
C'est parfait,
pas parfait. Si tu prends le communisme en Union Sovietique, quand je suis allé au Japon pour retrouver Odin et que j'ai traversé à Moscou, là, j'ai toujours parti à l'époque.
Putain,
j'en ai pris un coup, parce que, alors là, c'était pas du tout ce qu'on disait, ce qui se passait à l'époque.
Tu
vois, j'aurais parlé avec Jean. Tu sais qu'avec Jean, on n'est quand même jamais allé en Union Sovietique
ni
dans les partis veillis communistes. Pourquoi
? Pourquoi
? Pour une seule raison.
C
'est que quand on nous a proposé de faire les tournées là-bas, avec Jean-Marc, je me rappelle, on nous a dit mais ça, c'est une chanson camarades là-fond, parce qu'on ne
peut
pas la chanter sans...
Sans
chanter, sans chanter. Non, j'y vais pas.
Et
on ne y est jamais allé à cause de ça.
Si
tu veux. Parce
que, tu
es même un cubain, même à Cuba, pas à l'époque où j'y suis allé. Ça, c'était fabuleux. Mais après,
si
tu n'étais pas d'accord,
tu
ne pouvais pas donner...
Mais quelles
chansons tu te souviens que
tu
pourrais être...
Il y avait camarades,
il
y avait toutes les chansons de gens qui étaient un peu contre... qui n'étaient pas d'accord avec la la mentale. On prend le temps de quoi rêver du de choses que tu... Oui, oui, oui. Non, mais ça, c'est sûr. Mais ça, ça ne peut que faire plaisir à une génération de comédistes. Ah, mais bien sûr. Maintenant. Mais avec toi, il y en a qui se battaient. Francis, le Marc, tout ça.
Là,
on a eu des sacrés moments. Parce que moi, j'ai vécu avec tout ça, avec moi. J'étais en plein... Mais bien après, mais Aragon, tout ça, c'était... Aragon, c'est autre chose. Mais c'était un type étonnant. J'ai un souvenir d'Aragon.
J
'en ai plusieurs, mais j'en ai un. Mais Aragon, si tu veux,
il
était dans le système. Et après, après, il a dit, oui, je me suis trompé, en quelque sorte. Le testament, quand Jean m'a fait voir, je me rappelle, quand j'étais à Berger, quand je suis allé voir qui est le dernier disque, qui est son plus beau disque.
Le
disque d'Aragon,
c
'est un disque fabuleux.
D
'abord, au point de vue vocal, au point de vue, c'est magnifique.
C'est
un des meilleurs disques de Jean. Et puis, comment ça s'appelle le dernier, là, je lui ai dit à
Jean,
mais ça, c'est ton testament, et c'est le
testament d
'Aragon. Épilote. Ça, c'est une chanson fabuleuse, si on l'écoute bien.
Il
dit tout, là.
Je
me suis trompé, ça m'est arrivé, je
me
suis trompé, même si on en parlait entre nous. Mais là, ça ne
va
pas, ça ne va pas. On était dans une cellule, moi, j'étais à Ivry, on dit, camarade,
tu
vas dire ce qui ne
va
pas, etc. Ça ne montait jamais, c'était au
niveau
des trucs. Mais c'est comme ça, et la preuve, ils regardent à Cuba. Maintenant, c'est fabuleux Cuba, parce que là,
ils
vont s'en sortir. Mais, moi, quand j'étais à Cuba, même après, j'étais avec Jean, j'avais discuté avec des gens,
ce
n'était pas facile, parce que,
il
y avait, la chose la plus extraordinaire que j'ai eue à Cuba, pendant les trois mois, je suis resté, parce qu'on pouvait pas, je suis resté trois mois,
je
devais rester que deux, mais on n'avait plus d'un long pour revenir, parce qu'on était obligé d'aller en autocar jusqu'à Prague pour pouvoir prendre l'avion pour aller à Cuba, parce qu'on ne pouvait pas prendre l'avion depuis nous. Il n
'y
avait pas de... Où c'était Bruxelles, puis on était allé à Prague. Et, ce qui était extraordinaire, c'est qu'il n
'y
avait aucun racisme. Aucun.
Ça,
je ne l
'ai
jamais rencontré ni dans un voyage
en
Afrique, ou en machin, où il y a un racisme entre
eux déjà. Mais,
à Cuba, non.
C
'était fabuleux.
C
'était vraiment, vraiment... Jean-Ferre et l'Afrique.
Ah,
ça, c'était autre chose. Non, on a fait toute l'Afrique, un petit nord,
on
a fait,
on
a fait, on a fait Alger, l'Algérie,
deux
fois. La première fois, c'était avec, pour ça, on faisait, d'abord, à Cirmel, à Simé-Sahoud, et après Alger.
Et,
c'était, au début de l'indépendance
? Ah
oui, oui, bien sûr, mais on est allé, tu penses, on avait vu un avion, un DC-3, je me souviens, avec une troupe algérienne qui faisait, on
ne
repartir, on atterrit à, dans le désert, et personne ne connaissait Ferra, là, bon,
on
n'a rien, avec le piano, avec les machins,
et
tout, alors, première partie, les, les gars qui chantent,
tu as
un triomphe Ferra, pfff, pfff, pfff,
pfff, pfff,
après, à Simé-Sahoud,
un
peu mieux, on dormait dans des, dans des trucs en fer, là, du machin, c'était merveilleux, et on repart, on remonte dans l'avion, dans le DC-3, pour décoller,
et
il y avait tous les, la troupe algérienne, tu vois, qui était adorable, et, et, Jean-Edi Ban, il
y
a le commandant de bord qui dit, vous voulez voir le décollage dans l'avion ? Oui,
je
dis, ben oui, on y va, alors, on va, c'est
tout
pire,
et puis, le commandant, il dit, je vais vous faire voir comment est l'avion, et il commence à faire des trucs,
il
y
avait les gars qui hurlaient derrière, et il y
a
un qui dit, c'est le monsieur Ferra qui conduit,
rires, et
après, on est retourné, on est retourné, quelques, deux ans après,
là,
à Alger, invité par le gouvernement, c'est Beauméliens, et on a fait quatre spectacles à Alger,
il
dit, je me souviens,
et
j'ai organisé tout ça,
il
y
a
un truc, et quand on est revenu d'Assiamel et d'Assimé Saoul, avec l'avion,
on
ne volait pas très haut, on voit un truc, avec Jean,
et
Jean, il dit au commandant, il dit, mais qu'est-ce que c'est de sous ? et le gars, il lui dit, c'est le Mzab, les Mozabites, et Jean, il dit, ben tiens, j'aimerais bien voir, il y a les rangs,
et
quand on y est allé la deuxième fois, le gouvernement dit à Jean, qu'est-ce qui vous ferait plaisir, parce qu'on était payé, mais on devait laisser 50%
de
notre cachet en Algérie,
donc
c'est là où Jean a acheté un tapis, du machin, des trucs, des horreurs,
et,
on,
on
dit, et le gars, qu'est-ce qu'il ferait, ben Jean dit, ben je serais bien allé à, au Mzab, mais comment ça s'appelle ? Gardaïa, hein, Gardaïa, à Gardaïa, attends, et, bon, on dit, mais oui, mais en fait, ben il dit, on vous invite une semaine, si vous voulez, donc 5 jours, 5 jours, une voiture et tout, les gens, il dit, ben écoute, il dit à Gérard, avec moi, mais qu'est-ce qu'on fait
?
Je dis, bon, j
'ai
rien spécial, bon, alors on est restés, tous les trois, et puis, les musiciens sont rentrés en France,
et
on a fait le tour d'une dame, avec le lion et tout, et invités par le gouvernement, ça c'était assez extraordinaire, comme on a
dit,
voilà, je vous raconte ma vie. Non, c'était pas ton genre, les chansons de Ferrat, ou, ton camarade.
je
les ai subies pendant ce, ah non, non, c'était pas du tout, non.
C'était
quoi
ton genre, qui avait
arrivé ?
Moi, c'était des chansons, ce qu'on appelait des chansons fantaisistes, un peu comme Marcel Amand, en mieux,
si
Marcel était,
il
me
tue,
non, non, oui, oui, c'était différent.
Toi,
tu voulais faire rire,
tu voulais faire sourire.
Oh, bah, j'étais comédien, surtout, donc, j'ai fait le conservateur, tout ça,
et
non, mais je faisais aussi, bah, j'ai chanté mon vieux, créé mon vieux.
La chanson
Natacha, comme je le disais en début d'émission, est ce qu'on appelle une enfant de la balle. Sa maman, Odile Esdra, dont elle nous en reparlera dans un instant, était chanteuse.
Et
son papa, Jacques Boyer, était chanteur lui aussi. Jacques Boyer se produisait au début des années 60 dans les cabarets parisiens,
où
il fait une rencontre essentielle, celle de Jean Ferrat, qui sera à la fois son ami et son partenaire de tournée. Jacques Boyer a quitté la chanson, en tout cas comme interprète, depuis longtemps. Mais il restera au moins comme le créateur du célébrissime « Mon vieux ». Une chanson qui a une histoire intéressante quand même.
Elle
a été écrite, cette chanson, en 1962 par Mme Michel Sanlis et mise en musique par Jean Ferrat. Alors la chanson a été enregistrée par Jacques Boyer, mais elle est passée à peu près inaperçue lors de sa sortie. Et puis l'année suivante,
le
père de Michel Sanlis
est
décédé. Et alors à ce moment-là, Michel Sanlis a refusé que cette chanson soit à nouveau interprétée. Elle ne
m
'y tenait plus et bon,
voilà,
elle peut se comprendre. Et puis en 1974, Daniel Guichard, contre la volonté de Michel Sanlis, reprend la chanson. Il en change quelques mots, ce qui lui permet au passage de toucher une part des droits d'auteur. Il en fait son plus grand succès à tel point que beaucoup de gens croient d'ailleurs que cette chanson est de Guichard.
Alors
on appréciera le procédé comme on voudra,
mais
moi j'avais envie de vous faire réentendre la belle version qu'en avait donnée son créateur Jacques Boyer, qui me l'a gentiment fait parvenir et que je remercie ici. Voici donc mon vieux par le papa de notre invité d'aujourd'hui. Dans son vieux par-dessus, râpé, il s'en allait l'hiver, l'été, dans le petit matin frileux.
Mon
vieux,
il
n
'y
avait qu'un dimanche par semaine, les autres jours c'était la graine
qu
'il allait gagner comme on peut.
Mon
vieux,
mon
vieux,
mais
quand on travaille au chemin de fer,
on
ne peut pas dire que c'est la misère,
mais
c'est pas non plus le paradis, paradis.
Et
quand je reste dans mon vieux,
à
bien sentir passer la vie,
C
'est bien souvent que je pense à lui. Mon vieux,
dans
son vieux par-dessus, râpé,
il
a fait pendant des années le même chemin,
le
même boulot.
Mon
vieux,
car
il était comme beaucoup de gens,
pas
très malheureux, mais pourtant,
il
n'a jamais gagné le gros lot.
Mon
vieux,
mon vieux, et
moi j'étais
comme
tous les gosses,
je
baillais devant les carrosses, Toutes les fois que je pouvais me payer
le
ciné.
Mais
après, quand je rentrais chez nous,
ça
me semblait,
bien
petit tout d'un coup,
Et
je me disais,
que
je le quitterais,
et
vite,
le
vieux,
Dire
que j'ai passé des années,
à
côté de lui sans le regarder.
Comme
si on était différents, nous deux.
J
'aurais pu, c'était pas malin,
faire
avec lui un bout de chemin,
Ça
m'aurait pas coûté tellement.
Mon
vieux,
Mais
quand on a juste vingt ans,
On
n'a pas le cœur,
assez
grand,
Pour
y loger,
toutes
ces choses-là.
Moi,
et moi, Maintenant que j'ai un peu vieilli,
En
me rappelant tout ça, Je me dis,
Eh
ben,
Il
était pas si mal que ça.
Si
seulement il pouvait être là, à côté de moi, Ben je lui dirais,
On
va s'en jeter un,
Mon
vieux, Allez, viens.
Je
ne sais pas combien de temps, Je ne
sais
pas combien
de temps, Je ne sais pas
toucher à Guetta.
Parce
que tu nous as redonné ton pêche.
C
'est la fin des vacances,
Mon
cercle
blanc, Sur
la
plage en d'or, La chance, Mon cercle,
Vont nous
paraître,
Autrons apparu,
Nous trouverons la pluie,
C'est
drôle, Mais
quand
j'y porte,
Mon
cercle,
Les
copains, Les amis, Les amis,
Et
rebonjour Paris.
Pourquoi
il faut écouter de la chanson française
?
Parce que c'est la meilleure
? Hasta
siempre, Camarade.