RECONFINEMENT : MACRON, CET INCAPABLE !
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« J’ai décidé qu’il fallait retrouver à partir de vendredi le confinement qui a stoppé le virus. »
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« Nous avons ainsi poussé nos capacités qui sont passées de 5 000 lits avant la première vague à 6 000 aujourd’hui et nous allons les porter au delà de 10 000 lits en réanimation. »
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« Il y aura un deuxième pic de l’épidémie et vous le savez. »
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« Il faut 5 ans pour former un infirmier réanimateur. 10 ans pour former un anesthésiste. »
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J’ai décidé qu’il fallait retrouver à partir de vendredi le confinement qui a stoppé le virus. Est-ce que le gouvernement a véritablement tiré toutes les leçons de la première vague ? On a aussi des lits qui auraient dû être ouverts.
Ca a été dit au mois de mars, avril. Le problème de la stratégie du gouvernement c’est que c’est une stratégie sanitaire qui repose uniquement sur les épaules des Français. Si je suis votre raisonnement il faudrait qu’on débatte pendant 15 jours.
On ne peut pas dire qu’il y ait discussion. Ils vont continuer à ne rien faire, ne rien prévoir et organiser des confinements à tour de bras chaque fois que le système hospitalier sera débordé. La France qui replonge dans le confinement.
On en parle tout de suite dans le numéro 93 du P’tit coup de Bourbon. J’ai décidé qu’il fallait retrouver à partir de vendredi le confinement qui a stoppé le virus. C’est reparti pour un tour.
Les Français sont confinés au moins jusqu’au 1er décembre. Et peut-être pour plus longtemps encore. Ils ne pourront sortir de leur domicile que pour aller travailler, si le télétravail se révèle impossible.
Pour qu’ils puissent produire, on renvoie les enfants à l’école. De la crèche au lycée. C’est le retour des attestations, des déplacements limités, aussi bien en durée qu’en distance.
Plus de vie sociale, plus de culture, plus de sport. Comment en est-on arrivé là ? Qu’est-ce qui n’a pas marché ?
Une fois encore il faut avoir beaucoup d’humilité. Nous sommes tous, en Europe, surpris par l’évolution du virus. Emmanuel Macron a été surpris.
Pourtant, le 14 juillet, voici ce qu’il disait. S’il y a une deuxième vague qui arrive, est-ce que cette fois ci nous serons prêts ? Oui, nous serons prêts.
Nous avons à la fois les stocks et les approvisionnements qui sont sécurisés. Nous avons l’organisation, au plus près du terrain, qui permettrait de faire face. Nous avons l’organisation !
On a vu ce que ça donnait. Mais, malgré le désastre, le Tartarin de l’Élysée persiste dans l’autosatisfaction. Notre stratégie a été définie dès l’été.
C’était de vivre avec le virus. Il s’agissait de maîtriser sa circulation, en nous appuyant sur nos capacités pour tester, alerter, protéger, sur les gestes barrières. Avons nous tout bien fait ?
Non, et je l’ai dit il y a 15 jours on peut toujours s’améliorer. Mais nous avons fait tout notre possible, et je crois profondément que notre stratégie était, compte tenu des informations qui étaient les nôtres, la bonne. Ce n’est pas l’avis des députés que j’ai interrogé mardi et qui s’attendaient déjà à l’annonce d’un confinement.
On n’a pas, depuis le mois de mars, je trouve tiré tous les enseignements de ce qui s’est passé. On aurait dû prévoir quand même une organisation un peu différente pour les tests. On a envoyé tout le monde se faire tester, et aujourd’hui c’est encore très compliqué.
On a des gens dans des labos qui s’entassent. Ca ne va pas. On a des délais d’attente qui sont trop longs.
On a dit aux gens “faites attention à d’autres maladies, faites vous vacciner pour la grippe”. On manque de vaccins, tout le monde s’est précipité puisqu’on avait dit de se faire vacciner, sur les vaccins pour la grippe. On a aussi des lits qui auraient dû être ouverts, ça a été dit au mois de mars, avril, “on va passer de 5 000 à 12 000 lits”.
En réalité on est resté à 5 000 lits. Là aussi je dis ça avec précaution, mais fallait pas l’affirmer si on ne fait rien au bout. Cette question des lits de réanimation est centrale.
C’est parce que la capacité hospitalière atteint ses limites que ce nouveau confinement a été décidé. Dès lors, pourquoi ne pas avoir augmenté le nombre de lits ? Emmanuel Macron a répondu par avance à l’objection.
Quant à la piste de l’augmentation de nos capacités de réanimation, que certains évoquent comme une piste qui nous permettrait de ne pas prendre des mesures difficiles aujourd’hui. Je vais vous dire très clairement, nous sommes en train de le faire mais là non plus ça n’est pas une bonne réponse. Nous avons les stocks de médicaments, les respirateurs, les masques, les blouses, les gants, tout le matériel nécessaire.
Parce que nous avons appris de nos insuffisances, de nos manques durant la première phase. Nous avons aussi formé près de 7 000 infirmiers et médecins pour pouvoir travailler en réanimation. Et nous avons ainsi poussé nos capacités qui sont passées de 5 000 lits avant la première vague à 6 000 aujourd’hui et nous allons les porter au delà de 10 000 lits en réanimation.
De 5000, on va passer à 6 000 pour aller à 10 000 à La Saint-Glinglin. Mais pourquoi n’avoir ouvert ces lits plus tôt ? Dès le 17 juillet, une note de l’Assistance publique des hôpitaux de Paris envisageait ce scénario.
Avec 12 000 lits, on pourrait admettre un peu plus de 29 000 patients en réanimation. Mais voilà, les pouvoirs publics ont privilégié une hypothèse basse : 5 000 lits. Sans doute, parce qu’ils estimaient, à tort, que cela coûterait moins cher.
Pour avoir réclamé une planification sanitaire, Jean-Luc Mélenchon a été brocardé. Ecoutez ce que disait de lui, le 4 mai, le sénateur Claude Malhuret, médecin épidémiologiste de son état. J’ai suivi le débat à l’Assemblée nationale, mercredi dernier, monsieur le Premier ministre.
Il y a là-bas des virtuoses du coronavirus. Ils vous ont expliqué ce qu’il fallait faire hier, ce qu’il n’aurait pas fallu faire, ce qu’il faut faire aujourd’hui et ce qu’il faudra faire demain. Je revois encore le professeur Mélenchon de la faculté de médecine de la Havane, pointer sur vous un doigt vengeur et vous lancer de stentor “il y aura un deuxième pic de l’épidémie et vous le savez”.
Mardi, le patron des députés insoumis a eu beau jeu de souligner l’incurie du gouvernement. Nous avions d’ailleurs lancé l’alerte. Vers la fin de la première vague, “attention il y aura une deuxième vague il faut prendre un certain nombre de mesures”.
Il est évident qu’aucune de ces mesures n’ont été prises et que tel qu’ait fait le gouvernement, et tel qu’est préoccupé le président de la République, ça ne sera jamais fait. Autrement dit, ils vont continuer à ne rien faire, à ne rien prévoir, et organiser des confinements à tour de bras chaque fois que le système hospitalier sera débordé Pour l’heure, que peut-on faire ? Damien Abad, le président du groupe LR, ébauchait mardi plusieurs pistes.
D’abord nous lui demandons de mettre en place des hôpitaux éphémères, de mobiliser la réserve sanitaire, de mobiliser également des réanimateurs qui pourraient venir de l’étranger pour assurer les réanimations aussi en France dans des pays où le virus circule moins. Nous allons aussi lui demander d’accélérer les formations pour le personnel soignant existant, pour que par exemple des infirmières puissent davantage être internes, pour que des internes qui ont déjà connu des formations de réanimateur puissent avoir cette formation accélérée. Par exemple, pourquoi on a une promotion pour les infirmières qui va être mise au mois d’octobre ?
Pourquoi on l’a pas mise au mois de mai ? Ce que nous condamnons, ce que nous regrettons, c’est un espèce de fatalisme généralisé. Le problème de la stratégie du gouvernement c’est que c’est une stratégie sanitaire qui repose uniquement sur les épaules des Français.
Mais Jupiter a balayé d’un revers de main toutes ces propositions. Il faut 5 ans pour former un infirmier réanimateur. 10 ans pour former un anesthésiste.
Il n’y a pas de solution magique. Ca n’est pas en quelques mois que nous pourrons créer véritablement une capacité totalement différente. Nous ne pourrons pas non plus, compte tenu du fait que les autres pays européens sont saturés, faire appel à une main d’oeuvre étrangère à court terme.
Peut-on encore accorder du crédit à ces objections présidentielles ? L’exécutif a tant de fois menti pour dissimuler ses fautes qu’il est difficile de ne pas se montrer suspicieux. C’était en tout cas le sentiment dominant, mardi, salle des 4 colonnes.
Est-ce que le gouvernement a véritablement tiré toutes les leçons de la première vague ? Est-ce que nous sommes en effet prêts ? On peut en douter, affronter ce qui est en train d’advenir.
Je crois que les Français sont aussi inquiets par la pandémie que par la gestion de la crise par le gouvernement. Enfin, il y a la méthode. Une fois encore le parlement a été mis devant le fait accompli.
Même si, pour la forme, Emmanuel Macron a prétendu l’associer en le faisant débattre puis voter ce jeudi. Toutefois, ce vote n’engagera pas le gouvernement. Dès demain, un débat suivi d’un vote se tiendra au Parlement.
Dès demain, le gouvernement détaillera toutes ces mesures. Nous devons nous honorer de cette transparence et du fait que des décisions difficiles se fassent dans un cadre démocratique où toutes les oppositions peuvent s’exprimer. Le communiste André Chassaigne n’est pas vraiment de cet avis.
On l’a vu sur l’état d’urgence, on l’a vu sur le plan de relance la nuit dernière, on ne peut pas dire qu’il y ait discussion. Ce sont des choses qui sont imposées. Il y a, je crois, petit à petit une forme d’effacement de la démocratie.
Je pourrais comparer ça au jardin d’acclimatation qu’il y avait au début du 20e siècle, où on faisait venir des essences végétales, des espèces animales d’autres pays du monde et on acclimatait. Or actuellement, il y a une forme d’acclimatation qui se fait vers un effacement de la démocratie, vers des mesures qui sont imposées. On ne pense pas que c’est prendre une bonne direction.
Effacement de la démocratie dit André Chassaigne. Il a raison. Écoutez, pour vous en convaincre, cette sidérante réponse du député Bruno Questel, un des vice-présidents du groupe de La République en marche.
Si je suis votre raisonnement, il faudrait qu’on débatte là pendant 15 jours de la bonne adéquation des mesures à prendre pour garder notre bonne conscience droit-de-l'hommiste qui consisterait à dire “on nous a autorisé à mettre un couvre-feu généralisé, un couvre-feu sectorisé par exemple, etc”. “Bonne conscience droit-de-l’hommiste”. On appréciera l’expression employée par ce député qui a longtemps navigué entre le Parti socialiste et le parti radical de gauche.
Bruno Questel oublie tout simplement que la mission du parlement, c’est de voter les lois, mais aussi de contrôler l’action de l’exécutif. Un vent de panique s’est emparé du sommet de l’État. Le retour de la pandémie démontre l’échec du déconfinement.
Par négligence ou par cynisme, le gouvernement a fait comme si le Covid était derrière nous. Cette nouvelle crise sanitaire va mettre le pays à genoux. Les plus pauvres, les plus fragiles en feront encore les frais.
Ce pouvoir qui a réprimé à tout va le mouvement social est maintenant incapable de protéger le peuple. C’est insupportable.
Emmanuel Macron