PRIMAIRE DE LA GAUCHE : LA MASCARADE
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Il faut organiser une primaire de cette gauche. Je ne suis pas favorable, et je l’ai dit déjà, à ce type de primaire. Il y aura un bulletin Anne Hidalgo dans l’urne le 10 avril.
Une union qui serait perçue comme artificielle parce qu’il y a des candidats qui depuis très longtemps sont déclarés, ne fonctionnerait pas. La gauche qui a trahi comme on l’a vécu avec Hollande et les Verts. On n’en veut plus.
Avec Christiane Taubira, la proximité est tellement forte que nous n’avons aucune raison d’avoir peur de Christiane Taubira. Christiane si elle est candidate, ça ne marchera pas. Une candidature d’union n’a de sens que s’il y a un programme commun.
L’appel surprise d’Arnaud Montebourg et Anne Hidalgo à une primaire de la gauche. On en parle tout de suite dans le numéro 27 d’un Bourbon Sinon Rien. Les électeurs du parti socialiste ont dû tomber de leur chaise, hier soir, en regardant le journal de TF1.
Voilà que leur candidate réclame une primaire de la gauche. Si l’on en croit de nombreux sondages, aucun candidat de gauche, ni vous ni un autre n’est en mesure de se qualifier pour le second tour de l’élection présidentielle. Est-ce que vous en avez tiré des conséquences ?
Oui, j’en ai tiré des conséquences parce que cette gauche fracturée, cette gauche qui aujourd’hui désespère beaucoup de nos concitoyens doit se retrouver, se rassembler. Se rassembler pour gouverner. Et la conséquence que j’en tire, c’est qu’il faut organiser une primaire de cette gauche, arbitrée par nos concitoyens.
Il y a trois semaines encore, elle écartait pourtant l’idée d’une primaire : Je ne suis pas favorable et je l’ai dit déjà, à ce type de primaire. D’abord, il y a une grande division. La question c’est : Quelles sont les offres qui sont portées ?
Je ne me reconnais pas dans l’offre portée par Jean-Luc Mélenchon, je ne me reconnais pas complètement non plus dans l’offre portée par les Verts. Il faut laisser le débat se dérouler, se développer. Les Françaises et les Français auront, bien sûr, à se prononcer.
Le 31 octobre, elle était tout aussi formelle. Le 10 avril, il y aura un bulletin Anne Hidalgo dans les bureaux de vote. Oui, il y aura un bulletin Anne Hidalgo dans l’urne le 10 avril.
Je suis candidate, je l’ai déjà dit, portée par un courant politique, un courant politique qui est fort. Le 25 octobre, interrogée sur l’appel à rejoindre les écologistes que venait de lui lancer Sandrine Rousseau, voici ce qu’elle déclarait : C’est une… J’aime beaucoup Sandrine Rousseau, et je sais que, comme moi, elle considère que les femmes n’ont pas simplement à passer les plats aux hommes. Donc, merci Sandrine, mais je ne le ferai pas dans ces conditions-là.
Le 30 novembre, enfin, elle répondait par la négative au mouvement de la primaire populaire qui revendique 230 000 signatures en faveur de la désignation d’un candidat unique de la gauche. Bref, Anne Hidalgo entendait aller jusqu’au bout. Et voilà qu’elle change d’avis.
Que s’est-il passé ? L’affaire s’est jouée en deux temps. Hier matin, dans Libération, Arnaud Montebourg appelle à l’union des forces de gauche.
La proposition n’emballe pas la candidate Hidalgo. Il est vrai que Montebourg a cette phrase cruelle dans Libération : “Anne Hidalgo qui était la plus haute, baisse à chaque fois qu’elle parle”. Il appelle à une unification des projets, des candidatures à gauche.
Un candidat et un projet commun, il rêve ? Je ne sais pas, en tous les cas ce qu’il faut c’est pouvoir porter notre vision. Moi ma vision, elle est très claire, nous avons… Mais ensemble, c’est ça qu’il dit.
Ensemble, devant les Français, pouvoir en débattre, pouvoir échanger. Mais vous savez très bien qu’aujourd’hui une union qui serait perçue comme artificielle parce qu’il y a des candidats qui depuis très longtemps sont déclarés, ne fonctionnerait pas. Anne Hidalgo veut bien débattre, mais de candidat à la présidence à candidat à la présidence.
Quelques heures plus tard, c’est le grand revirement. En route vers La Rochelle, Hidalgo interrompt son voyage à Poitiers, saute dans un train qui remonte vers la capitale et se précipite dans les studios de TF1. Il faut organiser une primaire de cette gauche.
Que s’est-il passé dans l’intervalle ? La candidate socialiste vient d’être prévenue que Montebourg est prêt à se retirer. En effet, dans une “Adresse au peuple de gauche”, l’ancien ministre déclare : “Je suis prêt à offrir ma candidature à un projet commun et à un candidat commun.” En clair, s’il y a une primaire, j’y participerai et je me rallierai au vainqueur.
L’appel de Montebourg tombe à pic. Tellement d’ailleurs que l’affaire sent la manœuvre concertée. Car Montebourg végète à 2 % d’intentions de vote.
Quant à Anne Hidalgo, créditée de 8 % d’intentions de vote au moment de sa déclaration de candidature, elle se traîne aujourd’hui à 3 %. En se renvoyant la balle sur la tenue d’une primaire de la gauche, l’un et l’autre peuvent espérer relancer leur candidature ou bien quitter avec dignité la compétition électorale. Car comment croire que toute cette affaire ne soit pas cousue de fil blanc ?
En effet, au même moment, une troisième candidature s’avance à pas de loup selon une rumeur rapportée par BFM. Celle de Christiane Taubira. Ses instigateurs estiment que l’ancienne Garde des Sceaux pourrait s’imposer naturellement sur les autres candidats de gauche.
À l’exception de Mélenchon et Roussel. Mardi à l’Assemblée, on ne parlait que de cela. Mais l’enthousiasme restait très modéré.
Je ne commente pas des éléments que je ne connais pas, voilà. Ce serait certainement une candidate parmi les autres à gauche. Elle est une bonne candidate sans doute, encore faudrait-il savoir sur quel programme elle se fonde.
Pour l’instant, à ce stade, moi de toutes les conversations que j’ai eues avec elle, j’ai eu le sentiment qu’elle ne voulait pas rajouter une candidature de plus à l’élection présidentielle. Personne n’a peur de personne. Nous sommes dans une situation où, avec Christiane Taubira, la proximité est tellement forte que nous n’avons aucune raison d’avoir peur de Christiane Taubira.
Pour Fabien Roussel, il n’est pas question de se rallier à Christiane Taubira. La gauche qui a trahi comme on l’a vécu avec Hollande et les Verts, on n’en veut plus. Nous, on a décidé d’y aller avec une grande ambition pour la France.
C’est la France des jours heureux, le programme des jours heureux. Après les Français choisiront. Enfin, du côté de la France insoumise, on n’y croit pas.
Un candidat, ce n’est pas quelqu’un qui dit : “Je suis candidat.” c’est quelqu’un qui a un programme. Christiane, elle a beaucoup de qualités, mais je la suis comme vous depuis longtemps.
Je répète : Je ne sais pas sur l’Europe, ce qu’elle pense, sur les institutions, ce qu’elle pense, sur le social, ce qu’elle pense, sur l’écologie, ce qu’elle pense. Il y a deux ans, j’étais à côté d’elle, elle écrit des livres qui ne sont pas des livres politiques. On ne va pas régler le problème que nous avons aujourd’hui qui est celui de mobiliser les milieux populaires qui est une tâche à laquelle nous nous employons nous avec Jean-Luc Mélenchon c'est-à-dire faire campagne en collant des affiches, en diffusant des tracts en faisant du porte à porte.
Christiane si elle est candidate, ça ne marchera pas. J’espère surtout, mais connaissant Chritiane elle ne le fera pas, que ça ne va pas rajouter un candidat supplémentaire. Quoi qu’il en soit, la direction du PS s’est réunie en urgence hier soir.
Apparemment, personne n’était au courant de la primaire voulue par Hidalgo. Et pour cause. Car un des buts de la maire de Paris est également de torpiller la candidature Taubira.
Si cette dernière veut vraiment se présenter, elle est contrainte de se soumettre à la primaire proposée par Hidalgo dans le sillage de Montebourg. Avec le risque d’échouer. Pourquoi s’exposerait-elle à pareille humiliation ?
Hier soir, c’est François Hollande qui est ressorti du placard pour dire tout le mal qu’il pensait de la proposition d’une primaire de la gauche. Une candidature d’union n’a de sens que s’il y a un programme commun. Si tous les candidats qui se désistent pour la personnalité qui pourrait les réunir, partagent les mêmes propositions, les mêmes conceptions.
Or, on sait que ce n'est pas le cas. Ou si ça devait être le cas, ça aurait dû être préparé depuis très longtemps. Ça ne s’improvise pas.
Donc je ne crois pas qu’il sera possible d’avoir une candidature unique de toute la gauche. Je ne pense pas que, par exemple, monsieur Mélenchon veuille se mettre dans ce processus. La petite manœuvre d’Anne Hidalgo a tourné court hier soir.
Yannick Jadot, Fabien Roussel et Jean-Luc Mélenchon ont décliné sa proposition. Et comme un duel entre Montebourg et la maire de Paris à quatre mois du premier tour n’aurait aucun sens, la primaire a vécu. Même si, ce matin, Olivier Faure sur France inter tentait encore de sauver la proposition.
Là, depuis des semaines et des semaines, la gauche baisse à chaque sondage. Et toute la gauche baisse. Est-ce que quelqu’un, à un moment, va finir par avoir la lucidité ?
Il y a quelqu’un qui l’a eue hier, elle s’appelle Anne Hidalgo. Franchement, je salue son courage. Anne Hidalgo a tenté un coup.
À l’instinct. Elle aura beau jeu de dire : “Je voulais l’unité, ce sont les autres qui n’ont pas voulu”. Mais qui l’entendra vraiment ?
La manœuvre était trop grossière. Et la fin de campagne n’en sera que moins glorieuse. Si vous avez apprécié cette chronique, si vous voulez nous soutenir, n’hésitez pas à vous abonner à notre chaîne Youtube.
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Anne Hidalgo