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videoyoutube.com· 9 juillet 2026

2027 primaries: "This is not the model I would choose" - Sabrina Roubache

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour Sabrine Laroubache. Bonjour tout le monde. Vous êtes ministre de l'enseignement, de la formation professionnelle et de l'apprentissage.

Vous avez été secrétaire d'État à la Ville et également député des Bouches du Rhône. Vous êtes proche du président Macron. Alors tiens, on va commencer en parlant de lui avec le dernier baromètre IFOP pour l'opinion.

C'était ce week-end. Sa cote de satisfaction monte de 5 points. C'est une bonne nouvelle.

La mauvaise, c'est qu'il n'atteint que 23% de satisfaits. Ça veut dire plus de trois quarts des Français qui sont mécontents de son action. Ce n'est pas terrible quand même.

Non, ce n'est pas terrible. Ça dépend de ce qu'on appelle pas terrible dans un contexte international difficile. Reprendre un regain dans les sondages.

Alors moi, très sincèrement, les sondages, je ne les regarde jamais. C'est dommage parce que j'ai pas mal de questions sur les sondages. Quand je dis que je ne les regarde jamais, je ne me fie pas aux sondages pour essayer de faire des analyses politiques ou de comprendre ce qui se passe dans mon pays.

Ce que je sais, moi, en tout cas, c'est que le président de la République, dans les deux élections dans lesquelles il s'est présenté, il a gagné. Lui, il a gagné ces deux élections, ce qui n'est pas le cas de tout le monde. Alors, autre sondage qui a fait jaser, c'est cette enquête Elab, également publiée ce week-end.

Au premier tour de la présidentielle, Jordan Bardella ou Marine Le Pen arriverait très en tête, entre 31 et 38% selon les configurations et selon la candidature. Au deuxième tour, le candidat ou la candidataire ne remporterait la présidentielle dans toutes les configurations, sauf une, seul Edouard Philippe, je vais y arriver, serait en mesure de battre Bardella. 51,5 contre 48,5.

C'est un bon candidat, Edouard Philippe, pour 2027 ? Moi, ce que je crois, c'est que quel que soit le candidat qui pourrait réunir, on va dire, les forces du centre, de la droite et de la gauche raisonnable, je l'ai toujours dit, j'ai toujours une position claire, pour battre le Rassemblement national, il faudra se rassembler, c'est une certitude. Est-ce que ça sera le bon candidat ?

Je pense qu'on est quand même à un an de l'élection. Et je pense aussi qu'il va falloir parler aux Français de quelle est la vision, où est-ce qu'on veut les emmener, quel est le projet, où est-ce qu'ils attendent leur politique. Il ne faut pas oublier, vous savez, quand j'entends beaucoup de commentateurs dire ou rapporter que les Français ont honte de leur classe politique, quand ils parlent notamment de LFI.

Moi, je rappelle quand même à tout le monde que tout le monde est élu. Les Français votent. Donc, le sujet, c'est le projet, la vision.

Est-ce qu'on a envie de...

S'engager en politique, c'est difficile. C'est difficile, moi, je le vois, je viens de la société civile, je suis une chef d'entreprise, j'ai toujours été quasi dans toute ma vie intermittente et chef d'entreprise. S'engager en politique, c'est un sacerdoce.

Tu te dévoues, tu abandonnes tout ce que tu as pour servir l'intérêt général, mais servir ton pays. Ce n'est pas rien. Quand on parle de la présidentielle et que j'entends la légèreté avec laquelle on traite le sujet, moi, ça me heurte.

Le problème, c'est qu'il y a beaucoup de gens qui ont envie de servir leur pays, peut-être un peu trop. Vous citiez l'espace de la droite, droite modérée du centre. On en compte au moins 15 candidats possibles.

Comment on va faire pour les départager ? Il faut une primaire, Sabrina Roubach ? Moi, plusieurs choses.

Déjà, je suis contente, heureuse. de savoir qu'il y a plein de gens, plein de personnalités qui ont envie de s'engager sur une élection très difficile. La présidentielle, c'est un peu comme les municipales.

Je pense que c'est les deux élections très incarnantes pour les Français. C'est celle, je pense, où on s'identifie le plus à celui ou celle pour qui on va voter. Première chose.

Deuxième chose. Moi, je n'ai jamais été une fan des primaires. Enfin, je n'en ai jamais faite, mais dans ce que j'ai pu filmer, justement, quand j'étais productrice, ce que j'ai vu, c'est que les primaires emmènent souvent au fait que les familles politiques se déchirent et ça laisse des traces.

Et le problème, c'est que les humiliations, les traces, les douleurs, c'est compliqué à transcender quand on veut embarquer. Donc, je ne suis pas une, comment dire, comme ça, a priori, ce n'est pas le modèle vers lequel j'irai. Par contre, je crois, puisque c'est comme ça, en tout cas, que je me suis engagée en politique, aux côtés du président de la République, je l'ai toujours dit, j'ai démarré avec le président de la République en 2016 et je finirai avec lui en 2027 et j'éteindrai la lumière.

Je serai, non mais vraiment, toujours là. Et que, pourquoi je me suis engagée avec le président de la République, moi, qui n'ai jamais fait de politique, c'est parce qu'un jour, j'ai entendu quelqu'un qui a prononcé un discours et qui a dit des mots qui m'ont parlé. Moi, enfant de Marseille, des quartiers populaires de Marseille.

Alors, ça veut éteindre la lumière, ça veut dire que vous arrêtez la politique après 2027 ? Ça veut dire que, pour l'instant, je ne sais pas, je n'arrive pas à me projeter au-delà du président de la République. C'est vrai, c'est une réalité, c'est très sincère, c'est mon cœur qui parle.

J'ai dix ans de politique à ses côtés, à le servir, mais à servir, encore une fois, à mon pays. J'ai découvert ce que c'était la dureté, aussi, la dureté, la férocité du monde politique que j'avais beaucoup filmé. Mais quand tu le vis dans ta chair, ce n'est pas pareil.

Donc, le président de la République, vous savez, il a fait deux mandats, et je le répète toujours. On peut dire, on n'est pas d'accord, on n'a pas validé, on n'a pas souscrit à telle ou telle politique, telle idée, telle décision. Ce qui est sûr, c'est que lui, les deux fois où il s'est présenté devant son peuple, deux fois le peuple l'a élu.

Alors, quelques questions sur les municipales. D'ailleurs, le sondage que je citais tout à l'heure est intéressant. Il explique que le RN siphonnerait, à la présidentielle prochaine, jusqu'à un électeur sur quatre des Républicains et de la droite.

C'est aussi ce qu'on a constaté à Marseille. où Martine Vassal, candidate LR, s'est crachée avec 5% au second tour, et où les 9e, 10e, 11e, 12e arrondissements des bastions historiques de la droite marseillaise ont basculé au RN. Ça veut dire quoi ?

Ça veut dire que LR est en train de se faire grand remplacer par le RN ? Non, mais techniquement, moi, je l'avais annoncé depuis longtemps à Marseille. Donc, on peut me faire tous les procès.

J'avais dit, regardez les bureaux de vote. Il faut regarder quand on fait de la politique. Je le confirme, nous en avions parlé avant l'élection.

Voilà, exactement. Merci, David. Non, mais j'avais dit, regardez les dynamiques des bureaux de vote.

Et ça, je le vois. La dynamique du RN à Marseille, ça ne date pas de 2017, ça date de 2012. On remonte même plus loin.

On peut même remonter aux années 80. Absolument, absolument. Il ne faut jamais oublier les scores de Jean-Marie Le Pen, même pour l'époque, chez nous, notamment en région sud et à Marseille.

Et quand on regarde, pourquoi est-ce que les gens partent au RN quand on parle de la droite ? Parce que quand tu n'es pas clair, quand on ne sait pas où tu habites, les gens, ils ne votent pas pour toi. Les gens, les Français, et globalement même, de partout, ça se vérifie dans le monde, ils aiment et ils veulent savoir où est-ce qu'on veut les emmener et quelle est ton identité politique.

Les LR, à force de courir, je l'ai vu derrière le RN, le sujet, c'est qu'on choisira, et les Français choisiront toujours, l'original à la copie. Si vous me demandez si j'ai un vœu, c'est de retrouver la droite que j'aime. La droite que j'aime, c'était celle de Jean-Claude Godin.

Voilà. Et les Marseillais n'ont pas retrouvé la droite qu'ils aiment, celle de Jean-Claude Godin. Et il s'est passé quoi ?

Le 11e et le 12e, qui étaient ma circonscription, ils se sont retournés massivement vers le RN. Et le jour, tant qu'on ne comprend pas, c'est pour ça, vous voyez, moi j'ai toujours été macroniste, j'ai dit j'ai démarré, je finis. Et pourtant, en 2024, je fais un score, je fais 24,79 de mémoire, je suis qualifiée, dans un contexte improbable, au second tour, et je me retire.

Je suis la première candidate des 577 candidats, ministre en fonction, à me retirer face au RN. Donc la réalité, c'est que, tant qu'on n'est pas ferme sur ces positions, tant qu'on ne définit pas correctement ces valeurs, tant qu'on n'accepte pas d'avoir des positions fermes sur l'immigration, mais pas besoin de reprendre ni la sémantique, ni le vocable du RN. Moi, je suis, rappelez-vous, j'ai fait une interview dans le JDD, je suis une enfant d'immigré, et pourtant, j'ai porté la loi immigration, avec Gérald Darmanin, qui lui aussi est un enfant d'immigré.

Donc la réalité, c'est qu'on peut parler de beaucoup de sujets, tout en étant ferme sur ces valeurs, et tout en étant audible sur ces valeurs. Alors il y a un autre phénomène de ces municipales, c'est les conquêtes de LFI, une grande ville gagnée, Roubaix, une implantation dans un certain nombre de banlieues importantes, Saint-Denis, la Courneuve, Creil, Vénitieux. Pourquoi la banlieue est-elle sensible à l'offre de Jean-Luc Mélenchon ?

Est-ce que Macron n'a pas raté quelque chose là-dessus ? Parce que je me souviens qu'en 2017, il parlait à la jeunesse en promettant l'émancipation par le travail, et notamment à la jeunesse des quartiers. Est-ce que la gauche n'a pas raté quelque chose avant le président de la République ?

La réalité, c'est que moi qui viens des quartiers, je peux vous garantir que dans certains endroits, je ne vais pas donner de nom de ville, et encore moins de nom de circonscription, notamment chez moi à Marseille. Quand la gauche, pareil, c'est complètement dévoyé, quand la gauche a oublié ses valeurs, quand on a oublié ce que c'était réellement être de gauche, vous pensez qu'il se passe quoi ? Quand on est sur un vote, et moi je l'avais filmé beaucoup, les votes clientélistes, quand on expliquait aux jeunes des quartiers dont je faisais partie, c'est pour ça que je n'ai jamais voulu faire de politique à l'époque, et notamment avec la gauche.

Parce que, je le disais, on nous prend pour qui ? En fait, on nous expliquait qu'il fallait qu'on reste bien dans notre quartier, qu'il fallait mettre la pharmacie au milieu, qu'on ait tous les commerces, surtout qu'on ne sorte pas, parce qu'on avait tout à disposition, et qu'on a oublié une chose, l'autonomie, l'indépendance, la liberté de choisir mon avenir. C'est pour ça que mon portefeuille, en réalité...

Alors, justement, là-dessus, dans votre secteur ministériel, qu'est-ce que vous comptez faire pour renforcer ce fameux lien entre écoles et entreprises qui a toujours été un défi de nos gouvernements et de votre ministre ? Le Président de la République a parfaitement réussi. 300 000 apprentis, en 2017, voeux de toutes les entreprises.

Je suis chef d'entreprise. On avait besoin de prendre des apprentis, mais on avait besoin de la puissance publique pour nous aider à embarquer. D'accord ?

Quand tu veux embarquer sur une politique publique, tu as besoin de la puissance de l'État. 300 000 apprentis en 2017, 1 million maintenant. Donc, on peut dire, au moins sur le bilan des apprentis, le Président de la République a eu la bonne vision.

Et rappelez-vous, en 2017, moi, je me rappelle très bien de ces débats, quand ils parlaient de l'industrie de l'armement. Tout le monde lui rit au nez. Alors maintenant, croyez-moi que toutes les industries de l'armement, toutes les sociétés, quand on était à Naval Group, notamment sur le navire de nouvelles générations.

On est heureux, fiers, qu'en 2038, la France va se doter d'un projet industriel qui va permettre à la France d'être autonome, d'être souveraine, parce qu'on ne parle pas de souveraineté, et le fait d'investir massivement dans la formation, notamment de nos jeunes, de leur dire, moi, j'ai 49 ans, j'ai connu le chômage de masse. Mon père, voilà, a été à un moment donné de sa vie chômeur, parce qu'on était dans les années 80-90, c'était le chômage de masse. Maintenant, on dit aux jeunes, aux enfants, mais regardez, vous avez des industries, pas que de l'armement, l'intelligence artificielle, notamment.

Le président parle de souveraineté, le président parle d'investir dans les formations pour qu'on puisse attirer nos jeunes, et encore une fois, je l'avais dit, une formation, un métier, un avenir, c'est mon mantra, mais moi, en tant que chef d'entreprise, mais moi, en tant que française, je ne veux plus que dans, pour justement nos enfants des quartiers populaires et de la ruralité, et de la ruralité, les enfants de la ZEU, les Outre-mer, qu'ils puissent choisir leur destin, de choisir, de pouvoir faire des passerelles, de dire un enfant de 15 ans, un gosse de 15 ans, il a le droit de ne pas choisir la bonne formation au départ et de pouvoir être formé toute sa vie. Tout ça, encore une fois, héritage du président de la République, vision du président de la République depuis 2017, c'est une politique publique à 10 ans, et il nous reste encore 10 ans pour finir de former toutes les compétences dont on a besoin, notamment dans l'industrie. Alors, vous évoquez l'armement, on va bien sûr parler de la situation géopolitique, son impact.

Aujourd'hui, le litre d'essence est à plus de 2,20€, on sait que c'est un sujet... 2,29€, presque 2,30€.

Je suis allée ce week-end. On sait que c'est un sujet très sensible. Votre collègue de l'économie, Roland Lescure, s'est fait reprendre parce qu'il a parlé de shop pétrolier, il a dû s'excuser et rétro-pédaler.

Les Français sont inquiets, on sait que le pétrole, l'essence, c'est une matière explosive, on se soutient, sans jeu de mots, on se soutient des gilets jaunes. Est-ce que vous êtes inquiète ? Alors, écoutez, si j'étais dans un autre pays que la France, oui, je serais inquiète.

Mais comme on est dans un pays quand même...

Rappelons-nous les choses. Là, j'ai vu le chèque énergie, il me semble, 153€ pour un peu plus de 3 millions de foyers, les plus modestes, toujours. La France est quand même le pays qui protège le plus, les plus fragiles d'entre nous, notamment pendant le Covid et tout le monde s'en rappelle encore.

Merci, Madame la ministre. et à très bientôt sur Radio-G. Merci, David.

On vous retrouvera lundi. Fête de Pessah oblige. L'occasion pour moi de vous souhaiter de très belles fêtes.

Max Améa, à bientôt. Très belles fêtes.