L'intégrale du lundi 8 décembre
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 25 %Attaque 49 %Défensif 26 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 7:12OuverteRéponse directe
Quelle une choisissez-vous parmi les trois titres de presse régionale ?
- 8:43RelanceRéponse directe
Est-ce que c'est très responsable de rejeter ce budget quand on connaît les conséquences ?
- 15:03OuverteRéponse directe
Pourquoi ne pas profiter de cette baisse démographique pour réduire le nombre d'élèves par classe ?
- 20:31OuverteRéponse directe
Vous aviez une question pour le sénateur ?
- 24:49OuverteRéponse directe
N'avez-vous pas peur de perdre votre liberté d'action en représentant LR ?
- 27:12OuverteRéponse directe
Est-ce que vous allez incarner le leadership LR pour les élections municipales ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:53PrésentateurChiffre
« En cas de rejet du texte, sans budget, le déficit de la Sécurité sociale dépasserait les 30 milliards d'euros. »
- 3:48InvitéChiffre
« Une absence de texte sur cette partie pourrait entraîner un déficit de 30 milliards d'euros l'année prochaine, selon le ministère de l'Économie. »
- 9:12Olivier PacoChiffre
« La copie qui est sortie du Sénat, c'était un déficit à 17 milliards d'euros. Là, à l'Assemblée, on est à plus de 20 milliards d'euros. »
- 12:02PrésentateurChiffre
« Ces 4 000 environ suppressions de postes permettraient d'économiser entre 75 et 100 millions d'euros dans le budget 2026. »
- 12:31InvitéChiffre
« À l'horizon 2029, environ 5,7 millions d'écoliers devraient faire leur rentrée contre 6,1 millions aujourd'hui. »
- 14:01IntervenantFait
« Nous avons l'un des pires taux d'encadrement de l'Union européenne. Alors que la moyenne est à 13,7 enfants par professeur, nous sommes à 18,2. »
- 17:14Olivier PacoChiffre
« En 2010, on faisait 833 000 enfants. Nous allons passer en 2026 sous les 650 000. »
- 19:03IntervenantFait
« Nous avions depuis toujours une ligne directe Lyon-Bordeaux qui a été très mal entretenue, mais qui permettait quand même que des trains circulent. »
- 31:41PrésentateurFait
« Pour la première fois depuis 1978, on va importer plus de produits alimentaires qu'on en exporte avec une balance commerciale alimentaire négative. »
- 36:01InvitéFait
« Le Rassemblement National a voté quasiment toutes les hausses d'impôts proposées par les socialistes et LFI. »
- 36:06InvitéFait
« Le Rassemblement National est pour le retour de la retraite à 62 ans. »
- 39:30InvitéChiffre
« La viande que les Français mangent aujourd'hui, elle est là chez Leclerc, elle est à 95% française. »
- 44:01InvitéFait
« on va aller chercher des baisses de prix. Parce qu'il y a eu quand même sur trois ans des hausses de prix dont nous n'avons pas trouvé objectivement »
- 44:10InvitéChiffre
« nous n'avons pas trouvé les raisons de hausse de 38% de certaines graines de tournesol ou de pâtes sous prétexte d'Ukraine ou d'absence de moutarde, etc. »
- 45:17InvitéFait
« objectivement, on a été jetés en pâture du monde agricole et du monde industriel, avec des lois, d'ailleurs, qui n'avaient pas de sens. »
- 46:52InvitéFait
« La grande consommation, aujourd'hui, elle va rentrer dans une période légèrement déflationniste. »
- 46:56InvitéChiffre
« On ne va pas revenir en arrière sur les 28 ou 29% d'inflation qu'on a eus ces trois dernières années. »
- 49:25InvitéFait
« Il y a une épargne de précaution parce que beaucoup de jeunes pensent qu'ils ne toucheront jamais leur retraite. »
- 49:52InvitéChiffre
« Il manque 2,5 millions de logements sociaux en France et il y a beaucoup de logements à racheter et à rénover. »
- 55:46InvitéFait
« On voit bien que l'État se désengage complètement, qu'on a de plus en plus de compétences, que les finances ne suivent pas derrière et qu'on est obligé de faire avec des bouts de chandelles. »
- 57:30InvitéFait
« elle va lui demander que de nouvelles forces, mais surtout significatives, soient présentes au quotidien pour lutter contre ce narcotrafic qui gangrène la ville de Rennes maintenant depuis trop longtemps. »
- 1:00:10InvitéChiffre
« 69% des 18-30 ans du Nord-Pas-de-Calais disent bien maîtriser le sujet du changement climatique. »
- 1:00:31InvitéFait
« En 2023 et 2024, les crues ont durement touché les Hauts-de-France. »
- 1:01:17InvitéChiffre
« la hausse moyenne des prix dépasse les 45% et même plus de 50% dans le Finistère, les Côtes d'Armor et le Morbihan. »
- 1:01:44InvitéChiffre
« le prix du mètre carré est passé de 2 000 à 4 000 euros en l'espace de 10 ans. »
- 1:03:42InvitéFait
« Sébastien Lecornu sait qu'il doit trouver une majorité pour le vote de demain. »
- 1:05:15InvitéFait
« En cas d'échec du vote du projet de loi de finances de la sécurité sociale, ce serait un désaveu pour Sébastien Lecornu. »
- 1:05:21InvitéChiffre
« Une absence de texte sur cette partie pourrait entraîner un déficit de 30 milliards d'euros l'année prochaine selon le ministère de l'économie. »
- 1:15:42InvitéFait
« qu'il n'y avait aucun candidat naturel pour la droite actuellement »
- 1:15:45InvitéFait
« il n'était pas question de ce cordon républicain »
- 1:16:17InvitéFait
« il la rassure »
- 1:16:41InvitéFait
« c'est un petit peu ce qui se passe dans sa famille politique depuis la victoire de Nicolas Sarkozy en 2007 »
- 1:18:11InvitéFait
« ils ont voté pour le PLFS pour le projet de loi de finances certaines dispositions qui ressemblaient avec des hausses de fiscalité complètement déraisonnables »
- 1:20:13InvitéFait
« notre mouvement n'acceptera jamais l'entrisme religieux »
- 1:20:19InvitéFait
« ni de confier des responsabilités à quelqu'un qui dirait je le fais parce que je suis catholique »
Temps de parole
- Présentateur57 %
- Invité21 %
- Invité 214 %
- Intervenant4 %
- Invité 32 %
≈ 0,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Public Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous propose Bonjour Chez Vous. Bonjour à tous, très heureux de vous retrouver en ce lundi pour faire le tour de l'actualité politique et de l'information dans vos régions. Au sommaire de cette émission, Sébastien Lecornu, le Premier ministre, va-t-il réussir à faire passer le budget de la Sécurité sociale à l'Assemblée nationale ? Le vote a lieu demain et il s'annonce très incertain. On en parle dans une heure avec nos éditorialistes Yves Tréhard du Figaro et Aurore Malval du magazine Marianne.
Et puis pendant ce temps, la majorité de droite et du centre du Sénat examinent le budget de l'État et valident des mesures d'économie comme la suppression de 4000 postes d'enseignants l'an prochain. On interrogera sur ce point dans quelques instants Olivier Paco, sénateur Les Républicains de l'Oise et professeur d'histoire. Dans cette incertitude budgétaire, les Français vont-ils être prudents dans les supermarchés pour faire leur course de Noël ? On posera la question dans 30 minutes à Michel-Édouard Leclerc, le président du comité stratégique des centres Leclerc.
Et puis à la une de nos régions, un reportage de nos partenaires de la chaîne TV7 Loire à la rencontre des maires de certaines communes qui se mettent véritablement au service des autres mais avec parfois des conséquences sur leur morale. On est ensemble pendant une heure et demie. Bonjour chez vous ! Et on commence avec les repères de l'actualité de ce lundi 8 décembre. Bonjour Clémentine Louise. Bonjour Alexandre. Alors le budget de la Sécurité sociale, je le disais, à la veille du vote de l'Assemblée nationale, la tension monte pour le Premier ministre.
Oui, J-1 avant le vote sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale.
Le ministre du Travail met en garde contre une crise de politique économique et sociale. En cas de rejet du texte, sans budget, le déficit de la Sécurité sociale dépasserait les 30 milliards d'euros. Plus d'explications avec Nicolas Dandry.
Il était samedi face aux députés dans le cadre des discussions sur le budget de la Sécurité sociale. Sébastien Lecornu sait qu'il doit trouver une majorité pour le vote de demain. Le Premier ministre a même fait une publication sur Facebook samedi à l'aube pour annoncer qu'il continuerait à faire des propositions d'amendements, et ce jusqu'au dernier moment.
« Mardi se tiendra encore un dernier débat essentiel, le budget de nos hôpitaux. Le gouvernement fera une dernière proposition transparente et responsable qui devra être financée par des mesures structurelles. »
Des doutes commencent même à émerger au sein du bloc central, et chez les Républicains, le président du parti Bruno Retailleau appelle ses députés à ne pas voter en faveur du budget. « C'est un des pires PLFSS depuis des années.
Toujours plus de déficits, plus d'impôts, et c'est une politique aussi antilibérale.
Je pense notamment aux médecins libéraux, donc pour moi, ce texte n'est pas votable. » De leur côté, la France insoumise et le Rassemblement national restent sur leur position, en mettant en cause la méthode du gouvernement et en espérant sa chute.
« Sur l'article 53, un amendement du gouvernement qui a été défendu. On ne sait même pas comment a été défendu, quelle que soit notre position, on ne sait même pas ce qu'il y avait dans cet article, pourquoi le gouvernement le dépose, sérieusement, ce n'est pas responsable. » « Pourquoi il faut une dissolution ? C'est qu'il faut vraiment un autre plan politique pour faire des économies, pour rétablir les comptes et relancer notre pays. » « Vous souhaitez toujours aujourd'hui cette dissolution ? » « Mais plus que jamais, parce que les débats budgétaires que nous avons montrent que la Macronie est complètement agonisante, non seulement politiquement, mais intellectuellement.
Il n'y a plus de ressort, il n'y a plus d'idées. » En cas d'échec du vote du projet de loi de finances de la sécurité sociale, ce serait un désaveu pour Sébastien Lecornu. Une absence de texte sur cette partie pourrait entraîner un déficit de 30 milliards d'euros l'année prochaine, selon le ministère de l'Économie.
La guerre en Ukraine et Volodymyr Zelensky aujourd'hui à Londres avec ses alliés européens. Oui, et les Européens tentent de revenir dans la partie alors que les négociations pour la paix en Ukraine se jouent essentiellement.
À Washington, en petit comité à Londres, le président ukrainien échangera avec ses homologues français, britanniques et allemands.
L'Élysée a fait savoir qu'il s'agissait de cadrer la discussion entre les Américains et les Ukrainiens afin de consolider la position euro-ukrainienne pour converger sur une base solide. Et de l'autre côté de l'Atlantique, Donald Trump reproche à Volodymyr Zelensky de ne pas avoir lu sa proposition de paix dévoilée il y a trois semaines.
Je dois dire que je suis un peu déçu
que le président Zelensky n'ait pas encore lu la proposition. C'était le cas il y a quelques heures. Son peuple l'adore, mais lui non. La Russie est d'accord. La Russie, vous savez, la Russie préférerait sans doute avoir tout le pays si on y pense. Mais la Russie est, je crois, d'accord. Mais je ne suis pas sûr que Zelensky le soit. Son peuple adore la proposition, mais lui ne l'a pas lu. Un coup d'État échoue de peu au Bénin. Oui, c'est un spectacle glaçant qui a eu lieu hier à la télévision béninoise.
Des militaires annoncent prendre le pouvoir et démettre l'actuel président Patrice Talon. Quelques heures plus tard, le gouvernement a finalement annoncé leur arrestation après que des coups de feu aient été entendus à Cotonou. Les militaires ont justifié leur initiative par la dégradation sécuritaire du nord du pays et la négligence envers les soldats envoyés au front.
Et puis, une inondation importante au musée du Louvre. Oui, c'est la goutte pour le plus grand musée du monde. Après un cambriolage surréaliste il y a quelques semaines,
une salle de la Bibliothèque des Antiquités Égyptiennes a été inondée le 26 novembre. Entre 300 et 400 ouvrages sont endommagés. Selon le musée, l'incident est le résultat d'une fuite d'eau dans le réseau hydraulique qui alimente les équipements
de chauffage et de ventilation de la bibliothèque. Une des vannes de ce réseau aurait été ouverte par erreur. L'administrateur général adjoint du musée a expliqué que la vétusté du réseau hydraulique était connue depuis plusieurs années et qu'il ferait l'objet d'une rénovation en septembre prochain. Merci beaucoup Clémentine-Louis pour ce journal. D'abord, bonjour Olivier Paco. Bonjour Alexandre. Je le rappelle, vous êtes sénateur Les Républicains de l'Oise. On va revenir sur toutes ces actualités avec vous. Mais d'abord, nous avons sélectionné trois titres de presse régionale que nous allons regarder ensemble.
D'abord, la une du populaire du centre qui est consacrée à la tension qui monte entre les parents et les professeurs. Contestation de notes, agression verbale, pression. Les relations entre parents et enseignants se tendent. Deuxième une sélectionnée ce matin, la une du journal L'Alsace sur la souveraineté alimentaire. Un enjeu majeur pour la France avec les assises de la souveraineté alimentaire qui sont lancées par le gouvernement aujourd'hui. Et pour la première fois depuis une quarantaine d'années, la balance commerciale alimentaire française qui pourrait être négative.
Et puis enfin, la une du journal La Marseillaise sur ce service militaire volontaire qui avait été annoncé par Emmanuel Macron avec un débat mercredi à l'Assemblée nationale. Un service militaire. Mais pourquoi faire ? Se demande le journal La Marseillaise. Quelle une vous choisissez, Olivier Paco ? J'ai bien du mal. Ce sont trois sujets très intéressants, des sujets sociétaux très importants. Je vais choisir le premier parce que vous connaissez mon tropisme scolaire. Moi, le vieux professeur, parents, profs, l'attention montre, oui. C'est vrai qu'aujourd'hui, de plus en plus d'enseignants ont des rapports qui peuvent être malheureusement conflictuels avec les parents.
Des parents qui, parfois, sont trop intrusifs ou, à l'inverse, parfois, sont trop négligents avec le soutien aux apprentissages qu'ils devraient apporter à leurs enfants. La réussite scolaire passe évidemment par un enseignement de qualité délivré par les enseignants. Mais sans le soutien des parents, ce n'est pas possible. Le soutien, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que les parents sont derrière les professeurs, entre guillemets, c'est-à-dire que lorsque le professeur donne du travail, éventuellement puni, les enseignants doivent être soutenus, ne doivent pas être contestés par les parents.
Et même si les parents n'ont pas la possibilité d'aider leurs enfants, parce qu'intellectuellement, parfois, c'est un peu difficile, il faut qu'ils montrent leur intérêt pour le travail scolaire, qu'ils montrent que l'école, c'est essentiel pour s'épanouir, pour s'élever et pour réussir sa vie. Et malheureusement, on a de trop nombreux parents qui vont critiquer les enseignants. Il y a parfois des agressions. Ça n'existait pas auparavant. Et c'est un énorme problème. Alors, on va parler de questions politiques, notamment de questions budgétaires, Olivier Paco, avec ce vote très incertain demain à l'Assemblée nationale sur le budget de la Sécurité sociale.
Et le gouvernement a prévenu, s'il n'y a pas de budget voté pour la Sécurité sociale, eh bien, le déficit de la Sécurité sociale pourrait se creuser jusqu'à 30 milliards d'euros. Et dans ce contexte, on entend notamment chez les Républicains, Bruno Rotaillot, qui appelle à ne pas voter ce budget à l'Assemblée. Est-ce que c'est très responsable de rejeter ce budget quand on connaît les conséquences ? Notamment pour un parti dit gouvernement comme les Républicains ? – Alors, je vous dirais deux choses. La première des choses, c'est que la copie qui est sortie du Sénat, c'était un déficit à 17 milliards d'euros. Là, à l'Assemblée, on est à plus de 20 milliards d'euros. M.
Lecornu agite toutes les peurs, toutes les moules états possibles, en parlant de 30 milliards d'euros. Il dit que s'il n'y a pas de vote du budget, c'est le chaos, mais c'est déjà le chaos. C'est déjà le chaos. Nous sommes dans un pays où il y a 3 500 milliards de dettes. Le chômage repart à la hausse. Les faillites d'entreprises se multiplient. L'école est en souffrance. Le logement est en berne. Des narcotrafiquants se taillent des fiefs. L'accès aux services publics de santé est de plus en plus compliqué. Le pouvoir d'achat est à ce que... – Justement, il faut rajouter de l'instabilité à cette situation en ne votant pas le budget. – Alors, le mot « instabilité », on l'entend beaucoup.
Mais qu'est-ce que c'est que la stabilité que tout le monde appelle de ses voeux ? C'est de la sérénité. Aujourd'hui, qu'est-ce qu'on a ? On a la paralysie. Depuis 2024 et la dissolution, on a une assemblée qui ne fonctionne plus. Un gouvernement qui gère la situation courante au fil de l'eau et qui n'a qu'un seul but, c'est tenir, non pas agir, durer. Est-ce que c'est ce dont a besoin le pays ? Non. La preuve, il y a quelques jours, il me semble qu'il y a eu un sondage qui montrait que la nouvelle préoccupation première des Français, c'était la problématique politique. Aujourd'hui, on est dans un chaos politique, dans un triangle des Bermudes.
Et honnêtement, on nous demande de choisir entre un mauvais budget et un très mauvais budget. Voilà. Alors, oui, il faut un budget pour le pays. Une loi spéciale donnerait un budget, mais pas un bon budget. Très honnêtement, je pense que notre pays, et je sais que mes propos ne plairont pas, mais il a besoin de clarté. Et la clarté, la clarification en politique sous la Ve République, c'est le retour aux urnes. De Gaulle l'avait fait. Il faut une dissolution ? Pardon ? Il faut une dissolution ? Moi, je suis favorable à une dissolution, oui. Même si ça… À l'approche des municipales, en nom de la présidentielle ?
Non, mais c'est évident que plus on se rapproche des municipales, plus ça complique la donne. Il fallait la faire beaucoup plus tôt. Mais on a un gouvernement qui voulait à tout prix durer, pour durer, pour rester sous les ordres de la République, parce que depuis, ils ne nous ont rien proposé. En fait, je vous ai dit depuis 2024, mais depuis 2022, qu'est-ce qu'il y a eu ? Qu'est-ce qu'il y a eu dans ce pays ? Il y a eu une réforme. La réforme des retraites. La réforme des retraites qui, aujourd'hui, est en suspens. Donc, il n'y a rien eu. C'est la première fois, sous la Ve République, qu'on a un quinquennat sans rien. Donc, vous appelez à une dissolution pour régler cette crise politique.
Je ne sais pas si c'est la meilleure des solutions, mais en tout cas, ce qui se passe aujourd'hui, c'est dramatique. Alors, on continue à parler du budget, mais cette fois-ci, du budget de l'État, qui est débattu en ce moment au Sénat. On en parle avec Clémentine Louise. Clémentine, le Sénat a voté ce week-end la suppression de 4 000 postes d'enseignants dans ce projet de loi de finances 2026. Et on en parle avec vous, car c'est toujours une mesure qui fait débattre. Oui, 4 018 postes, très exactement. 2 373 dans le premier degré, 1 645 dans le secondaire. Ces 4 000 environ suppressions de postes permettraient d'économiser entre 75 et 100 millions d'euros dans le budget 2026.
Et pour justifier ces professeurs en moins, le gouvernement et la droite sénatoriale
s'appuient sur l'évolution démographique. Les Françaises et les Françaises font moins d'enfants. Résultat, à l'horizon 2029, environ 5,7 millions d'écoliers devraient faire leur rentrée contre 6,1 millions aujourd'hui.
Dans le secondaire, en revanche, la baisse est un petit peu moins marquée. Le nombre pourrait même repartir à la hausse d'ici l'année prochaine. C'est dû notamment aux politiques éducatives de lutte contre le décrochage. Malgré cela, l'éducation nationale
devrait perdre 1 million d'élèves environ entre 2019 et 2029. Et pour suivre pleinement cette baisse, le nombre de postes de professeurs à supprimer serait en fait de 9 000. Mais le gouvernement souhaite réduire progressivement. Écoutez le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, c'était samedi au Sénat.
Nous ne pouvons pas ne pas tenir compte de la démographie. Nous devons permettre, en réalité, à mon sens, un atterrissage en douceur par rapport à cette démographie et autant que possible, tempérer ses effets négatifs pour freiner autant que possible, bien sûr, les fermetures de classes. Nous devons, paradoxalement, prendre un petit peu de temps, un petit peu de temps, pour réfléchir à l'évolution de cette offre, territoire par territoire.
Et à gauche, justifier ces suppressions de postes par l'évolution démographique, eh bien, ça ne passe pas. Les élus socialistes estiment que, lorsque les naissances étaient à la hausse, eh bien, les postes n'augmentaient pas pour autant.
Et puis, ils estiment, les élus de gauche et du sens, estiment, pardon, que cette baisse démographique, eh bien, c'était aussi peut-être l'occasion de réduire le nombre d'élèves par classe.
Écoutez la sénatrice socialiste Marie-Pierre Monnier.
Nous avons l'un des pires taux d'encadrement de l'Union européenne. Alors que la moyenne est à 13,7 enfants par professeur, nous sommes à 18,2. L'évolution démographique devrait être perçue comme une opportunité pour améliorer les conditions de scolarisation pour toutes et tous à moyen constant. Pourtant, ce budget nous propose encore une vision comptable et des suppressions de postes.
Et dans le projet de loi de finances 2026, le budget de l'éducation nationale affiche néanmoins une hausse de 200 millions d'euros pour l'année prochaine. Cela est dû en partie à la création de plus de 5 000 emplois à plein temps. Alors attention, ces postes seront essentiellement occupés par des stagiaires, alors que les 4 000 postes supprimés concernent en fait des postes de titulaires. En somme, un peu plus de stagiaires, un peu moins de titulaires. Et c'est aussi pour ça que plusieurs syndicats
dénoncent un budget de l'éducation nationale en trompe-l'œil. Olivier Pacot, vous êtes le rapporteur spécial des crédits de l'enseignement. Je reviens sur ce que disait Marie-Pierre Monnier. Pourquoi ne pas profiter de cette baisse démographique pour essayer de réduire le nombre d'élèves par classe ? Écoutez, alors malheureusement pour Mme Monnier, c'est ce qui se passe depuis 2011 où nous étions à 25 élèves par classe dans le premier degré. Nous sommes arrivés aujourd'hui à 21 élèves par classe. Et l'année prochaine, même s'il y a un non-renouvellement de 4 000 postes, on continuera à baisser le nombre d'élèves par classe.
C'est vrai que le taux d'encadrement en France est plus élevé, par exemple, qu'en Italie. Pourquoi ? Parce que la chute démographique d'un pays comme l'Italie a commencé 10 ans avant nous. Nous allons aller vers une baisse du taux d'encadrement. Maintenant, quelle doit être l'attitude du gouvernement ? Je pense qu'avec une suppression, alors c'est un mot qui passe mal, moi je dis non-renouvellement, ce n'est pas de la rhétorique, d'une 4 000 professeurs, on s'adapte à la démographie et surtout, surtout, moi ce qui me semble le plus important, parce que dans la situation, dans le contexte, il y a trois choses. Il y a la problématique budgétaire.
Certains trouvent que le mot comptable est honteux, mais bon, c'est un budget, donc il faut tenir compte des chiffres. 3 500 milliards de dettes, un nombre d'élèves qui chutent dans le premier degré en l'espace de 10 ans, c'est plus d'un million d'élèves en moins. Et puis la troisième chose dont personne n'a parlé, c'est la crise d'attractivité du métier d'enseignant. Pourquoi ? D'abord parce que c'est un métier de plus en plus difficile, mais c'est un métier qui est mal payé. Or, comment aller réussir à trouver des marges budgétaires pour augmenter les professeurs sans dégrader le budget ? Il n'y a qu'un seul moyen, c'est par la réduction du nombre de professeurs.
En gros, sans vouloir reprendre l'expression malheureuse d'un ancien ministre de l'Éducation nationale, il ne s'agit pas de dégraisser le mammouth, il s'agit de muscler l'éléphant de la sagesse et du savoir. Et donc concrètement, il faut un tout petit peu moins de professeurs, mais mieux payer pour beaucoup moins d'élèves. Il faut prendre conscience du drame qu'est la chute de la natalité. En 2010, on faisait 833 000 enfants. Nous allons passer en 2026 sous les 650 000. Vous vous rendez compte de cette chute ? Et il faudrait garder exactement le même nombre de professeurs ? C'est irresponsable.
Vous aviez même proposé de supprimer jusqu'à 8 000 postes de professeurs, mais vous êtes revenu sur cette proposition. Pourquoi ? Alors, pour reprendre un vocabulaire SNCF, les conditions de départ du train n'étaient pas réunies. Si j'avais proposé effectivement cette mesure qui avait été adoptée par la Commission des finances, je me suis rendu compte que dans l'hémicycle, elle n'aurait peut-être pas été adoptée et qu'il vaut mieux avoir moins 4 000 pendant 5 ans pour arriver progressivement, plus progressivement, pour lisser cette baisse. Ce n'est jamais agréable pour un rapporteur du budget qui plus est professeur de prôner des mesures de baisse.
Je préférerais prôner des mesures de hausse. Mais dans la situation budgétaire et démographique que l'on connaît, il ne faut pas être démagogue. Donc je suis réaliste, je ne suis pas démagogue, même si ces mesures peuvent éventuellement effectivement faire débat, je le sais. – Allez, on va partir à la rencontre d'un élu local dans les territoires. Aujourd'hui, direction La Creuse, puisque nous allons à la rencontre de la maire de Guéret, Marie-Françoise Fournier, bonjour. – Bonjour.
– Alors Marie-Françoise Fournier, vous souhaitiez aujourd'hui alerter sur le nouveau tracé SNCF de la ligne Ouigo de TGV qui doit relier Lyon à Bordeaux, mais qui doit passer par la région parisienne et contourner le massif central. Et cette nouvelle ligne, elle met très en colère les habitants de votre territoire.
– Oui, tout à fait. Quand nous avons découvert le tracé, on a au début même pensé qu'il s'agissait d'une fake news, tellement il est aberrant de créer une ligne Lyon-Bordeaux qui passe par Paris. Nous avions depuis toujours une ligne directe Lyon-Bordeaux qui a été très mal entretenue, mais qui permettait quand même que des trains circulent puisque la coopérative RailCop, il n'y a même pas deux ans, avait déjà prévu de pouvoir réalimenter cette ligne et il y a eu une opposition massive de la SNCF à ce que ça se fasse.
Donc on se trouve maintenant avec des territoires qui sont complètement enclavés, qui n'ont plus aucune mobilité qui est proposée puisqu'en dehors de cette ligne transversale, et je veux quand même souligner que la Creuse fait partie de la Nouvelle-Aquitaine et qu'on n'a aucun moyen de joindre notre capitale régionale. Tous les trains intérieurs, toutes les petites lignes intérieures qui vont de préfecture à préfecture ou de préfecture à sous-préfecture dans le Massif central sont supprimées les unes après les autres. On nous dit que l'entretien coûte trop cher, que les lignes ne sont plus en état. Ça fait des années qu'il n'y a plus d'entretien de ces lignes.
Donc bien entendu, on est sur un mouvement de recul qui fait que nos territoires sont de plus en plus enclavés alors qu'ils ont un potentiel fantastique de développement et qu'on est en train de créer une véritable inégalité entre les territoires ruraux et entre les habitants de ce pays qui, je le rappelle, payent tous les mêmes impôts et n'ont plus accès aux mêmes services publics.
Marie-Françoise Fournier, vous aviez une question pour le sénateur ?
Alors, j'ai une question, évidemment. On nous met devant le fait accompli. J'ai déjà une très grosse colère par rapport au mépris. Donc, pour l'objet, les élus, et vous êtes là, monsieur le sénateur, pour représenter les élus de terrain, tout ce qui se passe au niveau du ferroviaire sur le territoire se fait sans les élus, sans les consulter, bien entendu, mais surtout sans les prévenir. C'est toujours dans la presse, au dernier moment, qu'on apprend ce que deviennent nos territoires et comment on est traité sur le plan de la mobilité. Donc, je pense déjà que les élus ont des choses à dire et à proposer, on n'est pas forcément des élus contestataires qui veulent tout révolutionner.
Par exemple, on nous explique qu'il y a des nouvelles formes de mobilité qui peuvent voir le jour, des petites navettes électriques qui pourraient alimenter nos territoires, dont actes. On nous dit en même temps, mais la SNCF n'ira absolument jamais sur ces formules innovantes. C'est aux élus de s'en saisir, c'est aux élus, donc, de mettre ça en place et de financer. Comment fait-on ?
Quand on sait, par exemple, que la région Nouvelle-Aquitaine a perdu 140 millions d'euros cette année et va en perdre 140 l'année prochaine, quand on sait ce que propose aux collectivités territoriales la loi de finances, comment va-t-on se saisir de ces solutions innovantes si l'État abandonne nos territoires ?
Il y a beaucoup de choses à dire. Effectivement, les problématiques d'environnement, de respect de l'environnement, parce que le train est un moyen écologique de mobilité, sont prégnantes. Et il est évident qu'on ne peut pas agir sans les élus de terrain. Je suis moi-même conseiller départemental. Et effectivement, ce sont les mieux placés pour savoir ce qui est souhaitable. Il y a parfois, effectivement, une forme de mépris ou de non-volonté de dialoguer. Et c'est parfaitement regrettable. Ensuite, la vraie problématique qui est évoquée par ce sujet, c'est l'absence d'aménagement du territoire. C'est une donnée qui a quasiment disparu.
Et qui mieux que l'État peut porter l'aménagement du territoire ? Il y a une décentralisation qui fait que chaque strat est bien placée pour gérer collège, école, etc. Mais l'aménagement du territoire, c'est du ressort de l'État en partenariat avec les collectivités territoriales concernées. Et moi, je ne veux pas paraître comme un ancien combattant qui regrette les temps du gaullisme triomphant, mais c'est vrai que la DATAR, cette fameuse délégation à l'aménagement du territoire, Dieu sait qu'elle fut utile. Et qu'aujourd'hui, on a l'impression d'avoir des territoires qui vivent côte à côte, sans coordination.
Et l'exemple, effectivement, de cette ligne ferroviaire entre Lyon et Bordeaux qui repasserait par Paris, c'est un retour au XIXe siècle qui est stupéfiant d'imbécilité. Donc, j'espère sincèrement qu'un des prochains chantiers du gouvernement, c'est de mettre en place un véritable aménagement du territoire pour une égalité des chances. La République, c'est l'égalité des droits et des chances partout et pour tous. Vous avez le sentiment que maintenant, c'est la rentabilité qui prime dans la stratégie ferroviaire, notamment avec l'ouverture à la concurrence de la SNCF et ses besoins de rentabilité ?
Alors, l'ouverture à la concurrence n'est pas forcément une mauvaise chose puisque ça peut parfois faire baisser des prix et c'est intéressant pour les usagers. Néanmoins, il faut qu'il y ait un minimum de coordination. Oui, mais sur les lignes principales qui sont desservies, pas dans les petites lignes d'éternation. Oui, c'est vrai que sur les petites lignes, les collectivités en charge, comme notamment les conseils régionaux, ont un rôle clé, mais l'État ne doit pas totalement abandonner cette donne. Et il le fait actuellement, c'est vrai. Merci beaucoup, Marie-Françoise Fournier, pour votre intervention. Je rappelle que vous êtes maire de Guéret dans le département de la Creuse.
De Guéret, nous allons à Beauvais, dans votre département, Olivier Paco, dans l'Oise, puisqu'on va retrouver nos partenaires de la presse régionale. Aujourd'hui, nous sommes avec le journal L'Observateur de Beauvais et Raphaël Thiolier, le chef d'agence à Beauvais de L'Observateur de Beauvais. Bonjour, Raphaël. Bonjour. Alors, vous aviez une question ce matin qui concerne précisément Olivier Paco et sa stratégie politique dans le département. Oui, bonjour, monsieur le sénateur. En 2017 et en 2023, vous avez été élue avec votre parti, notre parti, c'est l'Oise. Et à l'époque, vous nous aviez déclaré « Malice n'est pas soutenue par un parti politique. » On va dire les choses clairement.
Nous sommes totalement libres et indépendants des partis. Alors, ma question est, aujourd'hui, vous êtes secrétaire départementale de la section LR. N'avez-vous pas peur de perdre votre liberté d'action et de parole basée sur cette indépendance des partis en représentant directement le parti des Républicains dans l'Oise ? Merci, Raphaël. Alors, effectivement, je suis un vieux gaulliste, parfois un peu rebelle. Et mes prises de parole ce matin montrent que j'ai toujours mon indépendance de ton. C'est vrai qu'il fut un temps, entre 2017 et 2023, où je ne me suis pas senti forcément à l'aise dans ma famille politique.
Mais avec Bruno Retailleau et la clarification des positions idéologiques des Républicains, j'y suis revenu avec grand plaisir. Voilà. Donc, aujourd'hui, j'assume totalement le fait d'être le patron des Républicains dans l'Oise, même si je pense qu'avoir un minimum de liberté de réflexion et donc de ne pas être toujours aligné derrière toutes les positions de sa famille politique est plutôt un signe de pertinence. Elle est très claire, la ligne des Républicains, aujourd'hui ? Alors, il y a six mois, ils étaient dans le gouvernement. Bruno Retailleau a quitté le gouvernement. Mais il y a toujours des ministres LR dans le gouvernement de Le Cornu. Les Français n'y voient pas très clair.
Alors, pour reprendre précisément la problématique gouvernementale, le gouvernement de Le Cornu, c'est de l'ultra-macronisme. Du temps de Michel Barnier, puisque les Républicains sont rentrés au gouvernement sous Michel Barnier, il me semble que Michel Barnier n'était pas un macroniste, oui ou non. À partir du moment où, effectivement, le gouvernement a dérivé vers les rives du macronisme pur et dur, effectivement, les Républicains n'y avaient plus leur place. Et Bruno Retailleau y est parti. Alors, il en est parti, pardon. Effectivement, il avait un ministère clé, le ministère de l'Intérieur.
Maintenant, ce n'est pas au ministère de l'Intérieur qu'on oriente la politique économique et sociale. Et puis Raphaël, vous avez une question pour Olivier Paco sur les élections municipales. Oui, tout juste par rapport à votre poste de secrétaire départemental. Est-ce que vous allez incarner le leadership LR pour les élections municipales
et savoir un petit peu si vous êtes fixé des objectifs pour ce prochain scrutin ?
Alors, le scrutin municipal est un scrutin qui est très personnalisé. Lorsqu'une tête de liste sortante a bien fait son travail, ce n'est pas un parti politique de lui dicter la composition de sa liste. Dans l'Oise, il y a un corps électoral où les Républicains sont très bien représentés. Il y a beaucoup de listes, enfin de villes qui sont aux mains des Républicains. Nous les aiderons. Si on peut conquérir une ou deux villes, nous en serons ravis. A priori, le corps électoral devrait peu changer. Il y a peut-être un très beaucoup à jouer sur la ville de Creil, par exemple, qui est historiquement à gauche.
Mais aujourd'hui, entre les socials et les communistes et les LFI, il y a une guerre ouverte qui sera violente. Et une liste non marquée politiquement, mais soutenue par les LR, a une vraie chance. Merci beaucoup, Raphaël Thiolier, pour vos questions. Je rappelle la une de votre journal, l'Observateur de Beauvais, sur les graves problèmes de chauffage dans un quartier populaire de Beauvais. Il fait 12 degrés chez une centaine d'habitants du quartier Argentine. Merci beaucoup, Raphaël.
Merci beaucoup.
On continue à parler de politique et de la droite, Olivier Paco, puisque dans son dernier livre, écrit à la prison de la Santé, Nicolas Sarkozy affirme avoir assuré à Marine Le Pen qu'il ne s'assurerait pas à un front républicain contre le Rassemblement National aux prochaines élections. Il a raison, Nicolas Sarkozy, d'enterrer un peu plus cette idée du front républicain ? – Alors, certains disent qu'il avance vers l'union des droites, entre guillemets. Pour qu'il y ait une union des droites, il faudrait qu'il y ait une union idéologique. Et aujourd'hui, moi, quand je vois le Rassemblement National, il est plus à gauche qu'à droite. – Sur l'économie. – Sur l'économie.
Voilà, on ne peut pas s'allier avec des gens qu'on combat au niveau idéologique. Le Rassemblement National a voté quasiment toutes les hausses d'impôts proposées par les socialistes et LFI. Le Rassemblement National est pour le retour de la retraite à 62 ans. Le Rassemblement National a voté contre les mesures de limitation de l'assistanat et même sur certaines mesures régaliennes, concernant par exemple la loi contre le narcotrafic sur la maîtrise des messageries cryptées, ils n'ont pas voté pour. Donc, c'est très difficile d'avoir des positions communes avec ce parti qui en plus ne veut pas d'alliance avec les Républicains.
Par contre, c'est vrai que les militants ou les électeurs, eux, réclament cette union des droites. – Dernière question rapidement, il nous reste 20 secondes. Est-ce qu'il faut quand même une grande primaire des droites qui irait de Gérald de Darmanin à Saar Knafo pour reconquête ? C'est un peu l'objectif de Laurent Wauquiez. – Oui, Laurent Wauquiez qui, j'ai dit, c'était contre la primaire. Très honnêtement, il ne faut qu'il n'y ait qu'un seul candidat de la famille de droite et du centre pour qu'il ait une chance d'être au deuxième tour. Bon, alors, moi, je suis plutôt favorable à la primaire. Une primaire relativement élargie, pourquoi pas ? Oui, moi, j'y suis favorable.
– Merci beaucoup, Olivier Paco, d'avoir été notre sénateur du jour. On se retrouve dans 20 minutes, Clémentine, pour la revue de presse des territoires.
– Oui, on parlera de la flambée des prix des habitations sur la façade atlantique.
– Et tout de suite, place à notre entretien avec Michel-Édouard Leclerc, qui nous rejoint. Place à notre entretien du jour avec Michel-Édouard Leclerc. Bonjour. – Bonjour, bonjour à tous. – Vous êtes le président du comité stratégique des centres Leclerc. Vous êtes avec nous pendant une vingtaine de minutes pour une interview en partenariat avec la presse régionale, qui est représentée aujourd'hui par Stéphane Vernet, directeur de la rédaction parisienne du journal Ouest France. Bonjour Stéphane. – Bonjour, Michel-Édouard Leclerc, bonjour. – Bonjour, Ouest France, c'est maintenant la presse nationale ? – Ah oui, carrément. – Bien sûr.
– Avec un rayonnement national, c'est d'ailleurs le premier journal de France en termes de tirage, on peut le préciser.
Alors Michel-Édouard Leclerc, on a beaucoup de sujets à évoquer avec vous, mais d'abord parlons de souveraineté alimentaire, puisque le gouvernement ouvre aujourd'hui les assises de la souveraineté alimentaire et appelle tous les acteurs de la chaîne au grand réveil, je cite, face à notre perte de souveraineté dans notre alimentation, car pour la première fois depuis 1978, on va importer plus de produits alimentaires qu'on en exporte avec une balance commerciale alimentaire, négative, est-ce que vous allez répondre présent à cet appel, à cette demande de réveil de la part du gouvernement ?
– Alors, même breton, j'avais l'impression que j'étais dans la problématique de la souveraineté alimentaire française. – C'est un mot auquel je n'adhère pas, c'est… – Pourquoi ? – Je crois plus à la maîtrise, à l'indépendance, à l'autonomie, à la maîtrise des besoins en alimentation. La souveraineté, ça ne veut pas dire grand-chose, c'est… – Ça veut dire produire ce qu'on mange ? – Ça veut dire produire ce qu'on mange, mais quand vous êtes dans le Nord et que vous n'avez pas de fruits rouges, et qu'on… Enfin, ce qui est plus important, je pense, c'est de maîtriser. C'est de maîtriser…
D'abord, on ne mange pas pour rien, on mange pour maîtriser un système de santé, pour ménager un environnement, un cadre de vie, et là-dedans, il faut pouvoir piocher sans être trop soviétique, quoi. Et donc, oui, oui, j'adhère, bien sûr, à cette maîtrise. Alors, il y a des diagnostics négatifs, mais il y a des choses quand même très positives en France. On est quand même un des plus beaux fleurons dans le monde des pays producteurs de l'alimentation.
– Mais quand même, comment vous expliquez cette perte de souveraineté ? Par exemple, le fait qu'un fruit et légumes sur deux est importé aujourd'hui dans ce qu'on mange en France, c'est quoi ? C'est dû au libre-échange, à la mondialisation ?
– Oui, ou peut-être qu'on ne produit pas les bons produits. Il ne faut pas toujours chercher des choses grandioses dans les explications. S'il y a des produits qui se vendent plus et qu'on ne les produit pas, on va les chercher ailleurs. Ensuite, il y a une sorte de refus de voir les demandes sociales changer, y compris les demandes d'alimentation. Les jeunes Français vont continuer à manger moins de viande, ils vont manger plus de protéines végétales, on va beaucoup plus manger hors foyer, les interlocuteurs ne seront plus les mêmes, ce ne seront plus les commerçants, mais plutôt la restauration, voire les entreprises, le restaurant en entreprise.
Donc, en fait, c'est une chaîne, une série de conséquences, une série de raisons, pardon, qui fait qu'on ne mange pas pareil qu'il y a 40 ans et c'est tant mieux. J'ai 73 ans, je peux vous dire qu'on mange quand même vachement mieux maintenant qu'il y a 70 ans.
La grande distribution a un rôle à jouer dans cette promotion du Made in France, en mettant en avant les produits fabriques en France. Est-ce que vous le faites dans le réseau de vos magasins ?
Non seulement la grande distribution a un rôle à jouer, mais elle le joue. Le problème, c'est que les lois nationales qui s'appliquent, justement les lois dites de souveraineté, ne s'appliquent pas aux autres. C'est-à-dire, si vous allez à Rungis, il n'y a pas beaucoup de grossistes qui sont soumis aujourd'hui à ce qu'on appelle la loi EGalim, par exemple, sur la transparence du coût de la matière première agricole. Si vous prenez la restauration, elle n'est pas non plus là-dedans. Et comme on est un pays ouvert, où beaucoup d'offres agroalimentaires, je ne parle pas que de l'offre agricole agroalimentaire et d'origine multinationale, elle n'est pas non plus soumise à la seule loi française.
Donc, on voit déjà que même dans une volonté de bien faire, on n'a pas pris l'ensemble des acteurs pour atteindre un même objectif. Déjà, la première chose à faire, ce serait de faire appliquer les lois par l'ensemble des acteurs et d'arrêter de se payer la distribution comme mauvais joueurs.
Donc, il y a des acteurs de l'agroalimentaire aujourd'hui qui ne jouent pas le jeu du Made in France ?
Les deux tiers. Je ne veux pas dire qu'ils n'achètent pas français, mais ils ne sont pas obligés de jouer le jeu du Made in France ni de respecter les législations françaises. C'est ça que je veux dire. La loi EGalim, qui a plusieurs dispositions et qui est censée protéger, si ce n'est mettre un bouclier sur la rémunération du producteur lui-même, cette loi n'est pas applicable à de nombreux acteurs opérant sur le marché français.
Ça nous amène à parler de l'accord de libre-échange avec les pays du Mercosur en Amérique latine. C'est un accord qui pourrait être signé au niveau européen d'ici à la fin de l'année. Est-ce que, justement, il met en danger notre souveraineté alimentaire ? Est-ce que la France doit le signer ?
Alors, moi, au début, je me suis aligné sur les demandes des syndicats agricoles, de producteurs agricoles. Ce sont des syndicats patronaux, nos syndicats agricoles. Et donc, j'adhère au principe de réciprocité et d'application des normes françaises aux produits importés. Donc, la distribution n'est pas très concernée parce qu'en fait, nous n'apportons que très peu de ces zones-là. Un petit peu de vin chilien, un petit peu de vin argentin, ça fait sympa dans les grandes foires au vin que nous proposons aux consommateurs. Par contre, c'est à la puissance publique de négocier. On ne m'a jamais demandé mon avis.
Je n'ai jamais participé à une table de négociation de ces accords internationaux, bien qu'étant représentant le premier distributeur français. Mais de l'autre côté, l'Amérique latine, c'est aussi un formidable débouché à la fois pour l'industrie agroalimentaire, mais aussi pour l'industrie de la mécanique, de la voiture, de l'armement, de l'équipement. Et donc, il faut trouver le bon deal. Je trouve qu'on pourrait tout simplement obtenir des trois ou quatre grands acteurs français qui s'engageraient à limiter leurs importations de ces pays-là, en poulet par exemple, en viande, en intrant.
Ça obligerait les agriculteurs producteurs, l'agroalimentaire, la restauration et la distribution à un certain engagement de préférence nationale, par exemple, et à condition égale. Et ça permettrait du même coup quand même à notre industrie automobile, à notre industrie des sous-marins de l'Orient, vers là que j'habite, d'avoir des portes un peu plus ouvertes pour ne pas laisser ces marchés-là au marché chinois ou au marché américain. Ça pourrait même être une opportunité pour certaines filières agricoles,
un des bouchers supplémentaires. Aujourd'hui, puisqu'on parle de balance commerciale et de problématiques de souveraineté,
il faudrait peut-être aussi trouver des moyens de réexporter. Oui, mais justement, chez nous, on s'attribue, on se bat avec les Normands pour savoir où était le village d'Astérix, mais on est très défensifs. Moi, je suis d'une génération, la génération de mon père, la génération d'Alexis Gourvenec, la génération d'Antoine Riboud. On était très offensifs et je pense que c'est ça qu'il faut retrouver. On a des compétences, on a des territoires, on a des process de fabrication, on a des hommes et des femmes capables de faire de très bons produits et d'exporter et pas simplement dans le luxe.
Et donc, je trouve qu'aujourd'hui, on passe plus de temps à édifier des lignes maginaux, des barrages comme ça, comme si on allait empêcher les produits, bien sûr chinois, mais aussi d'Amérique latine et demain du Nigeria. Il y aura 350 millions d'habitants au Nigeria, l'Afrique du Sud, ils vont venir nous vendre des avocats, des kiwis. Donc, il faut aujourd'hui qu'on soit beaucoup plus offensifs.
Mais alors, est-ce que vous dites qu'il y aura de la viande argentine ou brésilienne un jour sur les étals de Leclerc, une fois que cet accord sera signé ?
Il y en a, mais c'est pour décorer. Le prix de ces viandes est très cher, mais c'est comme au restaurant. Vous avez un peu d'angusse écossais, vous avez du wagyu japonais. Ce n'est pas ça qui gêne la vente de produits français dans nos magasins. Et je trouve que c'est bien d'avoir des caves de maturation. Nous-mêmes, les centres Leclerc, nous sommes les premiers acheteurs lors des grandes foires des bêtes à concours, par exemple. Bon, ça vous montre, ce sont des symboles de professionnalisme. Ce sont des symboles, ça veut dire qu'on aime ça, qu'on propulse ça. Mais la viande que les Français mangent aujourd'hui, elle est là chez Leclerc, elle est à 95% française.
Le port doit être à 98% français et très largement breton. Et sur la volaille, il y a beaucoup de problèmes avec le Brésil. C'est surtout sur la restauration, ce n'est pas à cause de la distribution. Mais si on est honnête tous les deux, dans ce qu'on représente de Bretagne, c'est aussi les producteurs bretons qui sont allés produire là-bas et qui ont créé ce marché là-bas, avec des finances du Crédit Agricole. C'est les laboratoires C'était nous, Chili, tout ça.
Notamment le poulet breton qui a investi au Brésil.
Oui, on n'est pas toujours très clair.
Une question sur la Chine, justement, Michel-Édouard Leclerc, car on sent qu'il y a vraiment un bras de fer entre le gouvernement français et la Chine en ce moment, Emmanuel Macron qui menace Pékin d'une hausse des droits de douane pour protéger l'industrie européenne, pour protéger l'industrie européenne des importations chinoises qui viendraient envahir notre marché, notamment avec la guerre commerciale avec les États-Unis. Il a raison, Emmanuel Macron, de durcir le ton face à la Chine ?
Il a raison de durcir le ton, mais la question qui se pose, c'est la durée qu'on prend pour essayer de négocier, quoi. Que ce soit pour le Mercosur, ça fait 20 ans qu'on est là-dessus, non ? Oui. Ou 15 ans ? Et que ce soit la Chine, ce n'est pas d'aujourd'hui que les produits chinois se déversent en Europe. Vous en entendez parler à cause de Chine et des bêtises qu'il a faites illicites. Mais d'abord, il y a plein d'autres plateformes chinoises qui arrivent ou qui sont déjà en France, comme Temu, qui sont déjà la cinquième et sixième plateforme préférée des Français. Donc la question qu'il faut se poser, c'est quand est-ce qu'on se bouge ? Mais oui, c'est évident.
Et ça, ça appartient à l'État, c'est régalien. Les droits de douane, c'est une négociation globale. Il y a des plus et des moins à aller chercher dans un contexte qui est très variable. Je ne comprends pas, personnellement, c'est à l'autorité française et aux autorités européennes tout de suite de placer des billes. Et on ne peut pas accuser les commerçants d'acheter moins cher si en même temps, on les laisse acheter moins cher. Enfin, il faut voir la… On est dans une sorte de contradiction.
Pour le coup, le président de la République vous a entendu. Il revient de Chine. En Chine, aujourd'hui, il menace la Chine de réinstaurer ou d'élever les droits de douane par rapport à tout ce que les chinois peuvent exporter vers la France. Et notamment, ils exportent énormément vers l'Union européenne
parce que le marché américain s'est fermé aux produits chinois. Oui, mais vous savez, la manière dont on rapporte ça montre qu'on ne connaît pas les Chinois. Les Chinois, ce n'est pas la Chine. Les Chinois sont des entrepreneurs qui comprennent très bien si on les respecte, si on ne fait pas du racisme primaire en disant « les Chinois vendent dans la merde », etc. Si on les respecte, ils comprennent qu'il y a un prix d'accès au marché, que ça peut être le respect des normes, que ça peut être la position d'une information impact carbone que, par exemple, Leclerc va mettre sur tous les produits, y compris importés de Chine, dès le début de l'année. On va faire ça sur notre marque textile.
Les Chinois comprennent ça. Ils vont faire ce qu'il faut pour satisfaire la demande des marchés qu'ils veulent conquérir. Donc, maintenant, il faut que le politique comprenne qu'en phase 2, ils ont des entrepreneurs qui sont prêts à entendre ça. Et qui s'adaptent. – Et qui s'adaptent. Je pense qu'on a là une période où on a cassé la diplomatie, on a voulu être un petit peu partout, mais on n'a pas été suffisamment forts dans un monde où le hard power s'est réinstallé. Et donc, là, aujourd'hui, oui, très clairement, il faut mettre des contributions écologiques sur les trop petits colis. Ça n'atteindra même pas le pouvoir d'achat des Français. Ça va inciter à acheter des colis plus élevés.
On avait bien des droits de timbre sur les gros colis à la poste. Ce n'est pas un sujet tabou. Sur ce qui concerne les produits importés qui viennent casser le tissu industriel français, qui sont trop prédateurs, la législation, elle existe. On peut mettre des droits de douane, on peut mettre des obstacles, des freins à l'importation de ces produits. – Il faut savoir entrer dans le bras de fer. – Moi, je ne suis pas un ultra-libéral. Je suis pour le marché. – Alors, parlons des négociations commerciales,
Michel-Edouard Leclerc, des négociations qui ont commencé entre la grande distribution et l'industrie agroalimentaire. Elles vont durer jusqu'au 1er mars. Et le gouvernement a préparé une charte de bonne conduite pour tous les acteurs. Ça veut dire que ce ne sera pas la guerre des prix habituelles ? – Si, si, si.
Ça va être la guerre des prix habituelles. Et puis, je peux vous dire que nous, Leclerc, on va aller chercher des baisses de prix. Parce qu'il y a eu quand même sur trois ans des hausses de prix dont nous n'avons pas trouvé objectivement, et je respecte l'esprit de la charte, je ne polémique pas, mais nous n'avons pas trouvé les raisons de hausse de 38% de certaines graines de tournesol ou de pâtes sous prétexte d'Ukraine ou d'absence de moutarde, etc. Donc, on va aller chercher des baisses de prix pour nos consommateurs, pour les consommateurs français. Et la restructuration de la distribution française, la répartition des enseignes actuelles, va jouer dans le même sens.
Parce que quand on passe de casino à intermarché, l'intermarché va vendre 15% moins cher que le casino. On va aller chercher ces baisses de prix. Et les grands industriels, qui ont trop ramassé trop vite, comprennent aujourd'hui que s'ils ne se réalignent pas sur le pouvoir d'achat des consommateurs français, ils vont perdre du marché au détriment des marques de distributeurs. Donc, on va aller chercher des grandes marques moins chères. Et à défaut, nos marques de distributeurs, de toute façon, seront moins chères.
La charte des négociations commerciales, elle va dans ce sens. C'est une façon aussi de partager, de répartir la pression sur les différents acteurs. Ce que vous êtes en train de nous dire, c'est que la pression était beaucoup sur la grande distribution et très peu sur les industriels.
Oui, objectivement, on a été jetés en pâture du monde agricole et du monde industriel, avec des lois, d'ailleurs, qui n'avaient pas de sens. On nous demandait de vendre plus cher. Et puis, avec le fait qu'on aurait fait des profits, on aurait acheté des produits agricoles, la salade… Alors que vous nous dites que les profits ou la bulle est plutôt du côté de l'industrie agroalimentaire, les produits sur le produit transformés. La pression s'installe un peu. Les pouvoirs publics comprennent que quand il y a un contrat qui n'est pas légal, c'est les deux parties au contrat qui doivent être poursuivies et pas simplement le distributeur.
Et puis, ce qui est intéressant, c'est que dans la convention qu'on signe, et qui est très symbolique, mais elle dit quand même que les rôles sont répartis. – C'est une autre approche, c'est une nouvelle approche. – C'est une approche plus équilibrée. Si Nestlé et Leclerc ne s'entendent pas ou font des trucs qui ne sont pas bien, c'est à la fois Nestlé et Leclerc qui sont en cause et pas simplement Leclerc. Ça, c'est important pour nos collaborateurs parce que ça crée une atmosphère délétère et uniquement en France, alors qu'en Europe, c'est beaucoup plus cool.
– Et ces négociations, elles pourraient aboutir l'année prochaine à une baisse des prix. Vous parliez dans votre interview hier dans le journal du dimanche d'une légère déflation en 2026, alors que d'autres observateurs quand même parlent d'une inflation.
– Alors oui, ça dépend de quoi on parle et de quel secteur on parle. Parce que là, on parle secteur de la consommation, d'accord ? De la grande conso, celle de nos auditeurs à cette heure-là avant d'amener les enfants à l'école et d'aller au boulot. La grande consommation, aujourd'hui, elle va rentrer dans une période légèrement déflationniste. On ne va pas revenir en arrière sur les 28 ou 29% d'inflation qu'on a eus ces trois dernières années. On va casser ce mouvement d'inflation structurelle qui était très spéculatif. Franchement, c'était très spéculatif.
Et je pense qu'on va pouvoir manger et mieux vivre la consommation courante en 2026, au moins la première moitié de 2026, dans des conditions plus agréables. Le carburant, je ne sais pas, parce que ça dépendra beaucoup de la géopolitique. Ce n'est pas les quelques mouvements sur les certificats d'énergie, les surcoûts supplémentaires, où le gouvernement a mal répondu. Oui, il y a quelques centimes en plus qui seront dans la taxation du prix des carburants, correspondant à l'achat par les distributeurs d'énergie, de certificats d'énergie, justement.
Et ce n'est pas ça qui va faire le prix du carburant ?
Non, ce qui va faire le prix du carburant, c'est les tensions sur le prix du brut. Si ça dérape à Gaza, par exemple, ça peut repartir. Et puis, c'est aussi l'évolution du dollar. On oublie toujours que le prix du carburant, c'est beaucoup le prix du dollar.
Alors concrètement, quels produits vont baisser ? Quels produits vont augmenter ?
On n'a même pas commencé la négociation. On a jusqu'à la fin décembre, pour recevoir les conditions de vente des grands fournisseurs, il y a un groupe comme Leclerc qui négocie avec 7000 industriels. Je ne parle même pas des petites PME, des alliances locales, où on ne négocie pratiquement pas. Mais 7000, c'est du traitement, même à l'heure de l'IA et du numérique. J'ai lu dans l'interview que vous avez donné au journal du dimanche hier
que, en fait, malgré la détérioration du contexte économique et social, l'anxiété qui étera la France à tous les niveaux aujourd'hui, vous vous attendez à un Noël festif. Vous avez un observatoire des nouvelles consommations qui estime que 86% des Français vont dépasser leur budget habituel pour Noël cette année.
Oui, parce que Noël, ça a une fonction exutoire. D'ailleurs, les 3 ou 4 pages que vous avez consacrées à la conso dans Ouest France depuis 15 jours disent un peu ça aussi. C'est joli. Et je vous en remercie. Mais je vais me faire tuer par Coudurier, le patron du Télégramme. Et en fait, il y a une chape de plomb sur la société française. Les émissions politiques, on baisse le son, on ne sait plus où on en est. Avec deux effets ou trois effets inattendus, c'est la constitution d'une épargne d'attente. Il y a une épargne de précaution parce que beaucoup de jeunes pensent qu'ils ne toucheront jamais leur retraite.
On a compris qu'il fallait attendre la discussion de fonds sur d'autres mesures de financement du système social français. Elles ne viendront que dans le cadre des présidentielles et des programmes plus élaborés. Mais là, aujourd'hui, ce qui est très compliqué, par exemple, pour la consommation, c'est de savoir si on va continuer à avoir la prime Rénov' dans les bonnes conditions pour retaper le bâtiment. Il manque 2,5 millions de logements sociaux en France et il y a beaucoup de logements à racheter et à rénover. Donc, l'incertitude nuit au placement de cet argent, à cet investissement et donc à tout le secteur, des artisans, des plombiers, des peintres qui est derrière.
Ça, c'est un premier truc. Et de l'autre côté, c'est la bagnole. La bagnole, il y avait les pouvoirs publics qui n'étaient déjà pas très clairs entre l'électrique et le thermique avec la deadline, mais les constructeurs en rajoutent et notamment la rivalité entre les constructeurs allemands et français en rajoutent sur l'incertitude. Donc, les jeunes n'achètent plus de voitures. Ils achètent des voitures d'occasion éventuellement sans savoir la valeur de revente et ils louent. On est devenu, Leclerc, le premier loueur de voitures en France, c'est pour vous dire. Donc, ça, c'est pour la consommation, l'équipement.
Pour la bouffe, pour la joie des fêtes familiales, pour les cadeaux, ça va faire le plein. Black Friday, aujourd'hui, est le début des achats de Noël. Les remises ont été faites beaucoup dans tous les groupes de distribution. Regardez bien ça avec des tickets, du cagnottage qui sera dépensé en complément à Noël. Et donc, on sait déjà que Noël sera bon.
Qu'est-ce que vous dites à Michel-Édouard Leclerc, à nos parlementaires, à nos responsables politiques qui sont en pleine guérilla budgétaire aujourd'hui avec le risque qu'on n'ait pas de budget à la fin de l'année ?
En fait, on n'écoute plus trop ça. On se projette, après 2027, moi, en tant qu'influenceur d'un mouvement qui a 180 000 salariés, je les emmène sur 2035. On est sur le nouveau type d'alimentation qu'ils souhaitent. Le Nutri-Score en est un symbole. Ce n'est pas parfait, mais ça dit des choses. Ça veut dire moins de gras, moins de sucre, etc. On négocie ça avec les industriels. Les industriels ne sont pas réticents à ça. On est sur l'origine score. Vous parliez de souveraineté. On affiche sur les QR codes, sur les étiquettes de nos produits, l'origine des quatre principaux ingrédients de toutes nos marques de distributeurs, y compris les produits premier prix, Eco+, et tout ça.
Donc, il faut projeter les Français vers l'avenir plutôt que dans l'incertitude d'accueil. Mais entendez-le, parce que c'est intéressant. Je n'arrive pas à en faire comprendre l'importance. Les producteurs étrangers, même pour des biens chinois, Bangladesh, turcs, maghreb, qui viennent en France, on est en train de les voir un par un, et ils acceptent de mettre le poids carbone sur une étiquette avec les conditions environnementales et qui seront certifiées par des organismes internationaux type SGS, conditions sociales, ou Ecovadis, conditions environnementales. Et ça, c'est très positif. C'est très positif.
Et même, vous avez les chaînes d'hôtels aussi maintenant, vous avez aussi ce type de certification. Donc, on sort un petit peu du court-termisme, du présentisme de l'Assemblée nationale et du Sénat, et on se projette pour nos enfants sur les 10 ans qui viennent. Merci beaucoup. Merci beaucoup, Michel-Édouard Leclerc, d'avoir été… Il faut que toute la nouvelle économie reste accessible. Il ne faut pas que ce soit qu'un prétexte pour dire que ça va coûter plus cher. Avec l'IA et le numérique, les coûts marginaux vont devenir décroissants. C'est intéressant, la nouvelle économie aussi. Il faut se projeter dans l'économie du futur et dans la consommation responsable.
C'est là-dessus qu'il faut travailler.
Merci, ce sera le mot de la fin. Merci beaucoup, Michel-Édouard Leclerc, d'avoir été notre invité aujourd'hui. Merci, Stéphane. On va regarder la une du journal Ouest France, qui est beaucoup lue par Michel-Édouard Leclerc, une une consacrée aujourd'hui à la flambée des prix de l'immobilier sur la façade ouest. En 10 ans, il y a eu une véritable flambée des prix. Tout de suite, c'est l'heure du club et on va voir ce qu'il fait la une de nos régions. C'est l'heure de notre reportage en région. Il y a quelques semaines, on en a beaucoup parlé sur Public Sénat, plus de 10 000 maires s'étaient retrouvés à Paris pour le Congrès des maires de France.
Mais entre les baisses de dotations, les incertitudes budgétaires, le moral des élus n'est pas au beau fixe. Depuis 2020, ils sont même plus de 2 000 à avoir rendu leur écharpe tricolore. Pour comprendre les raisons de ce mal-être, Antoine Rivalin est allé à la rencontre de ces maires qui se mettent au service des autres. C'est un reportage de nos partenaires de TV7 Loire. Comme tous les lundis matins, c'est réunion de chantier pour Alain Montangon, maire de Goriaguay. Oui, il y a quelque chose d'urgent là ou quoi ? Sauvegarder le patrimoine, une des nombreuses missions de cet élu d'une commune de 1 100 habitants.
Il va falloir attendre cet après-midi, que le temps change un peu et puis que l'électricité revienne pour pouvoir commencer à poser déjà les litos. Et d'il depuis presque un demi-siècle, Alain s'est fait à l'idée d'être bien plus qu'un maire.
Je peux être psychologue, je peux être notaire, je peux être géomètre, on va les régler, on fait l'avocat, on va régler un problème, on fait le médiateur, quand il y a un problème avec des voisins. Je peux sacrifier ma vie à ma commune.
À quelques kilomètres de là, à Saint-Gervais, commune de 2000 habitants, le maire est tout autant polyvalent, mais avoir plusieurs casquettes, c'est aussi faire tampon avec les administrés.
Les habitants vont en portable, on n'a pas de filtre, donc le chien qui sauve, le chat perdu, l'enfant que les parents n'arrivent pas à maîtriser, enfin, on est appelé pour plein de choses et puis des fois ça dépasse nos compétences.
Une santé mentale qui se dégrade et un sentiment d'abandon par l'État qui perdure. Présent au 107e congrès des mères, il y a quelques jours avec 10 000 de ses confrères, Patrice Potier déplore la considération du gouvernement pour ses élus.
On voit bien que l'État se désengage complètement, qu'on a de plus en plus de compétences, que les finances ne suivent pas derrière et qu'on est obligé de faire avec des bouts de chandelles parce que finalement, on est quand même le dernier rempart par rapport aux abysans et on fait partie des collectivités les plus maltraitées.
Dans un sondage commandé par l'AMF, le maire reste la figure politique bénéficiant du plus haut niveau de confiance, loin devant les autres représentants élus. L'actualité dans nos régions grâce à nos partenaires de la presse quotidienne régionale direction aujourd'hui la ville de Rennes pour parler de narcotrafic. Nous sommes avec nos partenaires de la chaîne de télévision locale TVR et avec Stéphane Beigny, directeur de l'information de TVR. Bonjour Stéphane. Bonjour Alex. Alors on va parler de narcotrafic malheureusement. Rennes qui a été le théâtre d'un nouveau meurtre par balle dans la nuit de samedi à dimanche. Que sait-on de cette nouvelle affaire ?
Eh bien écoutez, à nouveau, vous l'avez dit, nouvelle scène très violente ce week-end. Dans la nuit de samedi à dimanche, un homme de 25 ans a été tué par une dizaine de balles dans le quartier du Blône alors qu'il circulait à bord de son véhicule sur un parking. Le procurant de la République a ouvert très vite une enquête judiciaire pour meurtre aggravée. Et pendant ce temps-là, un autre quartier de Rennes, Villejean, a essuyé, lui, deux épisodes de tir ce week-end également. Alors la CRS 82, qui a pour mission première de lutter contre les violences urbaines et le trafic de stupéfiants, a été déployé dans ces deux quartiers de la capitale bretonne.
La maire de Rennes rencontre, à l'heure qu'il est le nouveau préfet de région, Robyn, elle va lui demander que de nouvelles forces, mais surtout significatives, soient présentes au quotidien pour lutter contre ce narcotrafic qui gangrène la ville de Rennes maintenant depuis trop longtemps. Alors Stéphane, la lutte contre le narcotrafic sera donc du coup malheureusement un enjeu de ces élections municipales. Oui, on peut le dire, ce sera vraiment peut-être l'enjeu principal de ces élections de mars prochain et ce panorama des élections est en train de se dessiner.
Même si la maire de Rennes, Nathalie Appéret, a dit officialiser sa candidature en janvier prochain, ils sont aujourd'hui sept à partir à l'assaut de la mairie. Donc Nathalie Appéret, maire socialiste de Rennes qui souhaite partir pour un troisième mandat, elle sera rejoint et c'est une première maire depuis toujours. Les écologistes vont partir dès le premier tour avec la maire de Rennes dans une alliance très élargie, PS, écologistes, place publique, Parti communiste français ou encore Génération. Il y aura également une candidature de la France insoumise indépendante.
C'est Marie Messmer, la députée de la première circonscription d'Ille-et-Vilaine qui va se lancer à l'assaut de la mairie de Rennes tout comme Ulysse Rabaté, ancien militant LFI qui lui va partir pour une liste vraiment seule. Sinon, il y a à gauche encore R.L. Duclos, c'est une militante de la gauche radicale, candidate de révolution permanente. Alors, pour la droite, à droite, Charles Compagnon, élu d'opposition horizon, sera le chef de file d'une liste de centres, centre droit. Il aura à ses côtés l'ex-candidate Renaissance, Carole Gandon, elle aussi élu d'opposition.
Thomas Rousseau, le président du mouvement Rennes à droite et membre du parti LR de Bruno Rotaillot, s'est déclaré candidat à la mairie de Rennes. Il ira vraisemblablement seul au premier tour. Enfin, Julien Masson a été investi par le Rassemblement national pour mener campagne dans la capitale bretonne. Il y avait eu une forte poussée du RN aux dernières élections européennes en région Bretagne. À Rennes également, il faudra suivre ces sports avec une grande attention. Et on suivra ces élections municipales à Rennes. Merci beaucoup Stéphane Beignet. Je rappelle que vous êtes directeur de l'information de la chaîne TVR.
Allez, c'est l'heure de la revue de presse des territoires avec vous Clémentine. Et on commence avec le journal La Voix du Nord. À l'occasion de la journée mondiale sur le climat aujourd'hui, La Voix du Nord questionne les jeunes du Nord-Pas-de-Calais. Oui, et 69%
des 18-30 ans du Nord-Pas-de-Calais disent bien maîtriser le sujet du changement climatique. Mais beaucoup d'entre eux expriment un sentiment d'impuissance.
À l'horizon 2050, 64% d'entre eux se disent pessimistes. Et l'une des principales conséquences du changement climatique
dans le Nord-Pas-de-Calais, ce sont les inondations. En 2023 et 2024, les crues
ont durement touché les Hauts-de-France. Et c'est justement là-bas... Ah bah pardon, excusez-moi, ça a touché les Hauts-de-France. C'est notamment une petite commune qui s'appelle Blindec dans les Hauts-de-France.
Et c'est là-bas que La Voix du Nord s'est rendue et a rencontré une fratrie, une fratrie parmi laquelle Léo, 10 ans, explique que désormais il a peur que l'eau revienne. Et quand il pleut, eh bien il dit je regarde dehors ou je monte dans ma chambre
pour ne plus entendre la pluie. Et son père confie au journal que désormais le petit garçon regarde les bulletins météo tous les soirs pour voir s'il y aura des précipitations dans la semaine. Et plus à l'ouest, le journal Ouest France s'inquiète de la flambée des prix sur la façade atlantique. Oui, en disant la hausse moyenne des prix dépasse les 45% et même plus de 50% dans le Finistère, les Côtes d'Armor et le Morbihan. Ouest France nous explique que cette envolée est due à la croissance de la population, un peu plus de 0,8% par rapport au 0,3% pour la moyenne nationale. Conséquence, de plus en plus de personnes n'arrivent plus à accéder à la propriété.
Leurs revenus ne leur permettent plus. À Fouenand, par exemple, c'est à côté de Quimper, le prix du mètre carré est passé de 2 000 à 4 000 euros en l'espace de 10 ans. Et attention à vos sapins. Les vols de sapins de Noël se multiplient, notamment dans le département du Ménéloir. Oui, c'est le titre du courrier de l'Ouest ce matin. Alors ne prenez pas peur, il ne s'agit pas des sapins qui sont installés dans vos salons mais plutôt des sapins qui sont dans les communes par exemple sur les ronds-points
et c'est ce qui est arrivé par exemple dans la commune de Concourson sur Léon. C'est entre Saumur et Cholet
et le sapin a disparu dans la nuit du 3 au 4 décembre et malgré des postes sur les réseaux sociaux et bien le sapin est toujours porté disparu pour le plus grand malheur des enfants du village qui avaient décoré le sapin de la commune. Alors ce n'est pas très discret de voler un sapin de Noël. À la lune de la Provence, c'était l'événement du week-end pour les Marseillais. Oui, la bonne mer brillait de mille feux hier soir après 10 mois de travaux de restauration. La basilique Notre-Dame de la Garde fait son grand retour et des milliers de personnes étaient rassemblées pour assister aux illuminations pour célébrer bien sûr cette figure protectrice des habitants de la cité phocéenne.
Et c'est le retour saisonnier d'un sport et d'une passion, le ski forcément. Oui, bien sûr, 35 000 skieurs ce week-end et c'était dans les Pyrénées. Le Grand Tourmalet, Péragut, Cotteret ont fait carton plein pour leur réouverture. Les stations ont accueilli 5 000 skieurs de plus que l'an dernier et ces stations pyrénéennes
se réjouissent de réussir à capter une clientèle espagnole qui représente 8% de la clientèle totale.
Merci beaucoup Clémentine d'avoir fait le Tour de France de la presse régionale. C'est l'heure du club. On va parler forcément du budget de la sécurité sociale. Le Premier ministre Sébastien Lecornu va-t-il réussir à faire passer ce texte demain à l'Assemblée nationale ? Sébastien Lecornu tente le tout pour le tout pour sceller un compromis avec la gauche alors que le bloc central et la droite se crispent de plus en plus. Nicolas Dandry.
Il était samedi face aux députés dans le cadre des discussions sur le budget de la sécurité sociale. Sébastien Lecornu sait qu'il doit trouver une majorité pour le vote de demain. Le Premier ministre a même fait une publication sur Facebook samedi à l'aube pour annoncer qu'il continuerait à faire des propositions d'amendements et ce jusqu'au dernier moment.
Mardi se tiendra encore un dernier débat essentiel le budget de nos hôpitaux. Le gouvernement fera une dernière proposition transparente et responsable qui devra être financée par des mesures structurelles.
Des doutes commencent même à émerger au sein du bloc central et chez les Républicains le président du parti Bruno Retailleau appelle ses députés à ne pas voter en faveur du budget. C'est un des pires PLFSS depuis des années.
Toujours plus de déficit, plus d'impôts et c'est une politique aussi antilibérale. Je pense notamment aux médecins libéraux
donc pour moi ce texte n'est pas votable. De leur côté la France insoumise et le Rassemblement national restent sur leur position en mettant en cause la méthode du gouvernement et en espérant sa chute.
Sur l'article 53 un amendement du gouvernement qui a été défendu. On ne sait même pas comment a été défendu. Quelle que soit notre position on ne sait même pas ce qu'il y avait dans cet article pourquoi le gouvernement le dépose sérieusement ce n'est pas responsable. Pourquoi il faut une dissolution c'est qu'il faut vraiment un autre plan politique pour faire des économies pour rétablir les comptes et relancer notre pays. Vous souhaitez toujours aujourd'hui cette dissolution ? Mais plus que jamais parce que les débats budgétaires que nous avons montrent que la Macronie est complètement agonisante non seulement politiquement mais intellectuellement.
Il n'y a plus de ressorts il n'y a plus d'idées. En cas d'échec du vote du projet de loi de finances de la sécurité sociale ce serait un désaveu pour Sébastien Lecornu. Une absence de texte sur cette partie pourrait entraîner un déficit de 30 milliards d'euros l'année prochaine selon le ministère de l'économie.
Et pour parler de ce débat budgétaire à suspense à l'Assemblée nationale j'accueille sur ce plateau Aurore Malval. Bonjour. Bonjour. Vous êtes grande reporter au service politique du magazine Marianne et j'accueille également comme chaque lundi Yves Tréhard bonjour. Directeur adjoint de la rédaction du Figaro. Aurore Malval est-ce que Sébastien Lecornu peut réussir son pari et faire passer sans majorité ce budget de la sécurité sociale ?
Alors en tout cas il s'y emploie. Il mouille la chemise. Il mouille la chemise Sébastien Lecornu et c'est vrai qu'en tout cas il semble avoir réussi des petits pas là où on ne donnait pas grand chair de sa peau il y a encore quelques semaines. Alors tout est possible c'est-à-dire qu'on a quand même un suspense une dramaturgie qui est soigneusement entretenue d'ailleurs par tous les acteurs qui participent à ce pantomime du budget mais en fait on pourrait en rire mais ce n'est pas très drôle parce que c'est l'avenir aussi des Français qui est concerné. Est-ce que ça va passer ou pas mardi ?
C'est difficile de le dire puisque je dirais tous les groupes politiques n'ont pas encore arrêté leur position. On voit que le budget enfin ce vote du projet de loi de financement de la sécurité sociale il est menacé à la fois sur sa gauche et sur sa droite et lorsqu'on fait un geste lorsque Sébastien Lecornu fait un geste pour ramener un peu à gauche et bien mathématiquement il perd aussi ce qu'il y a à droite. Donc va-t-il réussir ou pas ? C'est très compliqué de le dire aujourd'hui en tout cas il est arrivé à un point où beaucoup n'auraient même pas réussi à aller.
En tout cas vendredi dernier le Premier ministre a réussi à faire passer la première partie de ce budget de la sécurité sociale sur les recettes notamment après un compromis entre la gauche et la droite sur une hausse de la CSG sur le capital. Yves, est-ce que Sébastien Lecornu quand même maîtrise cet art du compromis et est-ce que ça pourrait le faire réussir ? Ah oui, oui, il maîtrise, il est assez fort là-dessus on peut dire qu'il s'y prend, il y met beaucoup d'énergie mais il est malin il est rusé comme un vieux briscard alors qu'il est quand même plutôt jeune c'est un jeune Premier ministre et il est assez doué.
Alors après si vous voulez il y a l'exercice de la politique l'art de la négociation du compromis ce qu'il maîtrise parfaitement et puis il y a le résultat de la copie et on ne va pas se mentir la copie elle est nulle c'est une copie qui est dépensière c'est une copie qui n'a pas tellement de logique non plus puisque C'est un budget de compromis avec la gauche Un budget de compromis entre la gauche et la droite enfin bon c'est quand même un équilibre qui est très très précaire et ce n'est pas comme ça je veux dire qu'on va redresser notre pays simplement bon je pense que c'est le vote demain il est assez essentiel parce qu'il conditionne tout le reste c'est-à-dire que si demain ça passe bon il y a des chances pour que le budget de l'État aussi passe enfin la loi de finances passe dans la foulée ça voudra dire beaucoup de choses donc c'est vrai que l'expression est très galvaudée mais on est vraiment c'est l'heure de vérité là pour le coup c'est pas galvaudé du tout c'est vrai L'heure de vérité pour Sébastien Lecornu d'autant qu'il n'est pas vraiment aidé par son propre camp quand on entend les déclarations d'Edouard Philippe des députés Horizon qui estiment que ce budget est invotable tout comme celle des LR et de Bruno Rotaillot pareil qu'il ne veut pas que les députés LR votent ce budget c'est compliqué pour le Premier ministre
Oui c'est compliqué mais en fait c'est compliqué de par la période et en fait chaque semaine qui passe chaque jour qui passe nous amène encore plus près d'échéances électorales les premières ce sont les municipales et évidemment il y a aussi la présidentielle de 2027 qui est dans toutes les têtes mais ça on le répète à peu près depuis la dissolution de juillet enfin de juin 2024 ce qui se passe avec Horizon et d'ailleurs là Sébastien Lecornu a quand même tapé du poing sur la table parce que Edouard Philippe qui veut se présenter un petit peu comme le candidat de ce bloc central tout d'un coup fait défaut et Sébastien Lecornu a dit entre les lignes il aura quand même du mal à être notre candidat si là il ne nous accompagne pas c'est vrai que ce socle commun bon déjà il n'existe plus factuellement les LR même s'ils sont encore au gouvernement mais presque en dissidence accompagnés de façon relative par les députés à l'Assemblée nationale et effectivement même au sein du bloc central ça se fissure un petit peu et je vais vous donner un exemple simple par exemple il y a le côté droit donc c'est Horizon et les LR qui sont difficiles à convaincre parce qu'ils ont le sentiment que c'est le parti socialiste qui a tenu la plume de ce budget qui a rédigé toute la copie ce qui n'est pas franchement exact parce que il n'y a quand même pas de enfin ce budget n'est pas un budget de gauche et de l'autre côté par exemple les écologistes les écologistes dont le gouvernement espère et puis leurs alliés socialistes aussi espèrent l'abstention et qui pareil ont dit mais non Sébastien Lecornu ne nous écoute pas nous n'avons pas pu peser sur ce budget et tout se joue sur l'ONDAM l'ONDAM c'est justement la trajectoire des dépenses prévues pour le budget de la sécurité sociale et notamment pour les moyens alloués aux hôpitaux et cet ONDAM il était d'abord prévu à 2% il est à 2% d'augmentation il est maintenant à 2,5% les écologistes le souhaiteraient à 3%
donc l'ONDAM c'est l'objectif national des dépenses d'assurance c'est ça
exactement et donc les écologistes le souhaiteraient à 3% et dans le même temps un amendement le gouvernement voulait proposer un amendement justement pour le faire passer à 3% et pour essayer de s'allier le vote des écologistes cet amendement n'a pas été déposé il a été tout de suite retiré lorsque Gabriel Attal a appris que telle était la volonté du gouvernement et là le bloc central les macronistes et évidemment Horizon ont dit oh là là mais si cet amendement est déposé par le gouvernement c'est sans nous nous allons voter contre donc là on voit bien la situation un petit peu inextricable dans laquelle est Sébastien Lecornu
justement du côté des macronistes on va écouter leur chef à l'Assemblée nationale Gabriel Attal qui contrairement à Edouard Philippe dit quand même il faudrait voter ce budget on dit d'abord qu'on s'est battu et qu'on a travaillé pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois dans l'hémicycle pour défendre nos positions parfois avec succès je vous donne deux exemples le gouvernement dans le budget proposait de taxer les tickets restaurant pour les salariés les français qui ont des tickets restaurant on a réussi à empêcher que cette mesure soit mise en place je vous donne un deuxième exemple le gouvernement souhaitait baisser le salaire des apprentis des jeunes qui sont en apprentissage en augmentant les charges salariales sur l'apprentissage on a réussi à faire supprimer cette mesure il y a d'autres mesures qu'on n'a pas réussi à faire supprimer parce que le compromis nécessite que d'autres groupes qui sont aujourd'hui dans l'opposition aient pu défendre un certain nombre de mesures qui leur tiennent à cœur donc évidemment que ce budget n'est pas parfait mais je crois qu'un budget parfait en pareilles circonstances ne peut pas exister Yves, dans le même camp au sein du Bloc Central on a un décompté Edouard Philippe qui dit hors de question de voter ce budget et de l'autre Gabriel Attal qui dit il faut faire un effort il faut faire le compromis quand il y en a un qui dit blanc l'autre dit noir et le contraire c'est un peu le principe c'est assez malheureux d'ailleurs non mais c'est vrai que je pense que Edouard Philippe a été inspiré par sa chute dans les sondages où il s'est dit il faut que j'arrive à exister et c'est ça qui est problématique si vous voulez c'est que dans ce maestrum budgétaire les uns et les autres cherchent à exister de façon la plus distincte possible et je dirais qu'il avait pris cette position qui est une position assez radicale je pense que le problème d'Edouard Philippe c'est qu'il veut marquer des points à droite je pense qu'il a compris que c'était là que ça se jouait pour lui politiquement qu'il avait rien à gagner sur la gauche que face au rassemblement national et bien il fallait qu'il incarne une droite solide forte où Bruno Rotaillot semble avoir beaucoup de mal et donc je ne sais pas si vous avez remarqué mais il y a déjà eu l'épisode des retraites où il est allé très loin puisque les retraites il a proposé qu'on aille que l'âge de départ à la retraite soit repoussé à 67 ans il prend des mesures comme ça qui sont des mesures assez radicales pour se distinguer mais est-ce que ça va être bénéfique pour lui je ne sais pas on verra on verra on verra très vite si ça sera bénéfique pour lui ou pas de toute manière ce qui est sûr si vous voulez c'est que de se poser en héritier d'Emmanuel Macron je ne dis pas que Gabriel Attal fasse ça mais je ne suis pas sûr que ça soit une bonne chose non plus alors autre actualité politique ce week-end dans son dernier livre écrit à la prison de la santé Nicolas Sarkozy affirme avoir assuré à Marine Le Pen qu'il ne s'associerait pas à un front républicain contre le Rassemblement National aux prochaines élections regardez ce que lui répondent Xavier Bertrand le président de la région Hauts-de-France et Michel Barnier l'ancien Premier ministre
je préfère les positions politiques de Nicolas Sarkozy de 2007 vous étiez son porte-parole
de campagne à l'époque
que les positions politiques de Nicolas Sarkozy en 2025 c'est à dire c'est à dire qu'est-ce qui vous fait dire ça à l'époque combattaient le Rassemblement National et par l'action et par des convictions et par une fidélité aussi à ce qu'est le mouvement à l'époque l'UMP le mouvement de Jacques Chirac aucune collusion avec les extrêmes il n'y aura pas d'alliance ni d'association avec les partis d'extrême droite je suis sur cette ligne qui a toujours été celle de ma famille politique pas d'alliance pas de compromission en revanche parler aux électeurs qui nous ont quittés beaucoup viennent de chez nous tous ces partis sont dans l'Assemblée Nationale donc quelque part ils sont des partis qui participent au travail républicain mais nous n'avons pas la même idée de la République
Aurore Malval Nicolas Sarkozy essaye d'enterrer un peu plus cette idée du Front Républicain
alors il l'avait déjà attaqué un petit peu déjà en rencontrant justement Jordan Bardella et c'est vrai que Nicolas Sarkozy j'avais le sentiment d'ailleurs à l'époque de cette rencontre qu'il faisait aussi beaucoup pour embêter un petit peu Bruno Retailleau ça avait été assez mal vécu en tout cas dans le camp de Bruno Retailleau lorsqu'il avait dit qu'il n'y avait aucun candidat naturel pour la droite actuellement et qu'effectivement elle devait rassembler plus largement et qu'il n'était pas question de ce cordon républicain de ce cordon sanitaire qui avait été théorisé d'ailleurs par Jacques Chirac après l'élection de 2002 contre Jean-Marie Le Pen c'est vraiment là où il y a un basculement je dirais en bloc de la droite républicaine vis-à-vis du Front National à l'époque parce que avant dans les années 80-90 c'était pas du tout aussi clair et cette union des droites elle existait de façon sporadique justement leur déchéance locale donc effectivement Nicolas Sarkozy il donne un coup de plus de canif il parle de cette conversation qu'il a eue avec Marine Le Pen il la rassure et on a le sentiment effectivement alors qu'il enterre un peu plus l'union des droites mais surtout qu'il dit
le Front Républicain l'union des droites pas vraiment terrible
et que justement en fait cette union des droites il continue à laisser entendre qu'elle doit se faire mais toujours au profit quand même de la droite et il n'entend pas que la droite se range derrière le Rassemblement National parce qu'en fait c'est un petit peu ce qui se passe dans sa famille politique depuis la victoire de Nicolas Sarkozy en 2007 et puis surtout depuis sa défaite en 2012 et bien les leaders de droite continuent à penser qu'ils vont pouvoir réaliser la même OPA sur les voies de l'extrême droite qu'a réalisé Nicolas Sarkozy
car quand même Yves Nicolas Sarkozy écrit dans ce livre je le cite le chemin de la reconstruction de la droite ne pourra passer que par l'esprit de rassemblement le plus large possible sans exclusives et sans anathèmes c'est un pas vers l'union des droites avec le RN oui oui simplement comme ça a été dit là il ne faut pas se faire d'illusions c'est le Rassemblement National qui absorbe les LR c'est-à-dire si les LR vont dans cette direction je ne donne pas cher de leur peau ils disparaissent très très vite et M.
Retailleau peut passer à autre chose faire autre chose et puis les uns et les autres peuvent dissoudre leur mouvement parce que c'est comme ça que ça va se passer c'est-à-dire que si jamais il y a cette union qui se profile et bien elle se fera au bénéfice du Rassemblement National est-ce que c'est ça qu'une partie de la droite française veut ?
j'en suis pas persuadé parce que je suis désolé mais il y a une partie de la droite aussi qui regarde quel est le programme économique du Rassemblement National et le programme économique du Rassemblement National il est quand même pas très fréquentable c'est un programme qui est pas très loin de quoi qu'il en dise de la France Insoumise par certains aspects d'ailleurs ils ont voté pour le PLFS pour le projet de loi de finances certaines dispositions qui ressemblaient avec des hausses de fiscalité complètement déraisonnables donc je ne suis pas persuadé si vous voulez à commencer par l'invité que vous aviez avant nous je ne suis pas persuadé que ce soit cette droite là qui les inspire finalement l'objectif du patron du parti des Républicains Bruno Retailleau c'est d'essayer de capter l'électorat du Rassemblement National le dit en faire l'union des droites mais sur le terrain
exactement mais d'ailleurs c'est aussi l'objectif qui est un petit peu au Rassemblement National également c'est-à-dire qu'aujourd'hui Marine Le Pen qu'est-ce qu'elle dit d'ailleurs elle dit que son parti n'est ni de gauche ni de droite donc elle ne va surtout pas prôner une union des droites à la différence par exemple des hémouristes du parti Reconquête et elle espère qu'elle va finir de ramasser les derniers électeurs de la droite traditionnelle qui lui manquaient pour justement passer au-dessus de la barre des 50% Bruno Retailleau lui il espère aussi pouvoir ramener dans son giron en fait les électeurs LR qui sont partis au Rassemblement National et c'est vrai que sur le programme il n'y a quand même pas grand-chose qui les différencie aujourd'hui il y a beaucoup de thématiques sur la question d'immigration sur la question aussi du régalien globalement de la restauration de l'autorité de l'État etc.
où ils sont le Rassemblement National et les LR ont des positions assez similaires
On finit en parlant de laïcité puisqu'on fêtera demain les 120 ans de la loi de 1905 sur la laïcité qui garantit je le rappelle la liberté de conscience le libre exercice du culte et la neutralité de l'État et hasard du calendrier Jean-Luc Mélenchon était auditionné ce week-end par la commission d'enquête de l'Assemblée Nationale sur les liens supposés entre son parti la France insoumise et l'islamisme radical des accusations qu'il a rejetées en bloc On l'écoute
Évidemment que notre mouvement n'acceptera jamais l'entrisme religieux ni de confier des responsabilités à quelqu'un qui dirait je le fais parce que je suis catholique et je vais expliquer les vertus catholiques ou les vertus juives ou les vertus protestantes qui sont des vertus respectables mais qui n'ont rien à faire dans notre organisation ni dans nos candidatures donc sur ce plan je ne crois pas mais si vous avez des difficultés à nous signaler faites-le
Yves Tréard Jean-Luc Mélenchon qui n'a pas été vraiment inquiété par cette commission d'enquête lancée par Laurent Wauquiez sur de supposer les atteintes à la laïcité de la France insoumise pour vous Jean-Luc Mélenchon fragilise vraiment la laïcité aujourd'hui ?
Je ne sais pas s'il fragilise la laïcité ce qui est sûr c'est qu'il ne décourage pas je dirais une certaine forme de militantisme à caractère islamiste qui s'apparente quand même à une action politique je dirais et à un entrisme qui est flagrant et on ne peut pas dire que la France insoumise s'y oppose de façon claire et nette je veux dire le discours de Jean-Luc Mélenchon aujourd'hui est radicalement différent de celui qu'il tenait il y a 10-15 ans donc on ne va pas nous raconter l'histoire on n'est pas complètement idiot et Jean-Luc Mélenchon qui est un politique madré s'est manié je dirais l'entourloupe mais en tous les cas ce qui est sûr c'est qu'il faut défendre la loi de 1905 qui est une loi cathédrale je dirais pour employer un oxymore mais qui est une loi tout à fait essentielle pas toujours comprise c'est vrai dans notamment aux Etats-Unis dans beaucoup de pays émergents également mais qui est une loi tout à fait nécessaire essentielle et il faut vraiment que la France se fasse respecter à partir aussi de cette loi Aurore Malval sur la France insoumise Jean-Luc Mélenchon je vais peut-être poser même la question à l'inverse quand on a du côté de la droite des propositions d'interdiction du port de signes religieux dans l'espace public notamment pour les mineurs de moins de 18 ans quand la France insoumise s'oppose à ce type de proposition au titre de la liberté d'exercice du culte dans l'espace public justement est-ce que ce n'est pas une défense de la laïcité ?
Alors oui enfin encore une fois la laïcité elle est souvent mal comprise et aujourd'hui elle est aussi je dirais sujette à des instrumentalisations de part et d'autre la laïcité n'est pas une fin en soi la laïcité est la condition justement de réalisation de la promesse républicaine française de la devise liberté, égalité, fraternité c'est grâce à la laïcité justement qu'on y parvient c'est parce qu'on enlève on sépare l'état de la religion et des influences que la religion pourrait avoir sur l'état qu'on peut justement faire émerger des citoyens libres et égaux et effectivement lorsqu'il y a des mesures et aujourd'hui une partie de la droite et je pense que Laurent Wauquiez se range un petit peu dans cette catégorie lorsqu'il fait ses propositions s'appuie sur la laïcité pour porter des coups systématiques contre la même religion qui est l'islam et lorsqu'on propose effectivement d'interdire le voile dans l'espace public ça n'a pas grand sens au regard de la laïcité parce que la laïcité justement protège l'exercice aussi des cultes et n'interdit pas les sites religieux dans l'espace public il l'interdit pour les représentants de l'état dans les services publics ou dans les lieux qui sont des sanctuaires républicains comme l'école effectivement c'est hors de propos et quand on voit cette loi si on l'appliquait je vois mal encore une fois ce serait peut-être pas une entorse à la laïcité mais en tout cas à la promesse républicaine de liberté et d'égalité des citoyens si des policiers venaient contrôler les papiers d'identité de jeunes femmes dans l'espace public pour savoir si elles sont majeures ou non et si elles ont le droit de porter le voile
Donc ça ne bénéficierait pas
à la laïcité
et puis en ce moment on parle beaucoup de la laïcité à propos des crèches de Noël dans les mairies dans certaines villes notamment à Béziers la ville dirigée par Robert Ménard c'est un problème de laïcité quand un maire met une crèche de Noël dans sa mairie ?
Écoutez il ne faut pas quand même non plus être ridicule on est d'une culture judéo-chrétienne la France est un pays judéo-chrétien le fait moi sincèrement qu'il y ait une crèche ici ou là dans une ville ou dans un bâtiment public sincèrement ça ne me choque pas du tout bon on sait aussi pourquoi Robert Ménard le fait pour provoquer un peu il a aussi son côté son caractère provocateur on le connaît mais bon cela dit il n'est pas le seul il y a d'autres maires j'imagine qui font ça en toute en toute bonne foi et moi sincèrement ça ne veut pas je veux dire il ne faut pas qu'on renie non plus nos origines judéo-chrétiennes on est un pays judéo-chrétien on ne va pas dire le contraire donc il ne faut pas exagérer non plus aurore des crèches installées dans les mairies par des maires dans nos communes est-ce que ça vous pose problème en termes de neutralité de l'état
oui je pense qu'aujourd'hui on a du mal à faire comprendre et appliquer cette loi de 1905 et le problème c'est que ces initiatives prêtent le flanc ensuite à justement un petit peu l'expression d'un deux poids deux mesures alors effectivement que la région la religion catholique est sur le sol français depuis très longtemps et n'a pas du tout l'histoire l'historique qu'a l'islam cependant on voit bien qu'il y a à chaque fois à la fin de l'année cette espèce de concours de qui fera la plus grosse crèche dans sa collectivité entre certains maires de droite et je trouve que c'est dommage parce qu'en fait ça jette le discrédit sur ensuite tout ce qui peut se passer parce qu'à ce titre-là c'est une brèche c'est un petit coup de canif alors on dira c'est pas très important mais c'est quand même c'est quand même important
alors on reste dans le thème de la crèche de Noël pour finir avec l'histoire du jour qui d'ailleurs Yves est racontée par le journal Le Figaro à propos de la foire aux centons de Marseille les centons ces petites figurines qui viennent décorer les crèches de Noël et les maisons pendant les fêtes de fin d'année et la foire aux centons de Marseille c'est une institution elle s'organise chaque année sur le Vieux-Port depuis plus de 220 ans 400 000 visiteurs y sont passés l'an dernier cette année 21 artisans centonniers y sont présents pour vendre leur création et il y en a pour tous les goûts vous avez les centons classiques pour la crèche les centons historiques comme Napoléon Charles de Gaulle mais aussi les centons originaux Jean-Claude Duss le fameux personnage des bronzés fondus qui dans sa célèbre combinaison orange à son centon le professeur Raoul bien sûr à son centon depuis la période du Covid mais aussi le centon de Bernard Tapie à beaucoup de succès cette année dans la cité fosséenne alors Claude un centonnier interrogé dans le journal Le Figaro l'affirme je le cite tous les centons de la foire de Marseille sont faits en Provence il faut d'abord les mouler puis les faire cuire avant de les peindre à la main il faut une journée pour peindre environ quatre centons et donc pour les enfants qui voudraient apprendre ce savoir-faire ancestral tous les mercredis une centonnière vient à la foire de Marseille et montre comment mouler ses propres centons la foire des centons de Marseille c'est jusqu'au 4 janvier 2026 Yves vous êtes plutôt centon classique ou Jean-Claude Duss ?
plutôt classique classique
voilà on reste dans le classicisme pour les centons merci beaucoup d'avoir participé à ce club c'est la fin de cette émission merci à tous de l'avoir suivi et demain vous retrouvez Oriane Mancini aux commandes de la matinale très bonne suite des programmes sur Public Sénat Public Sénat en partenariat avec la presse régionale vous a proposé Bonjour Chez Vous retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat