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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 25 août 2022 25 minContradictoireActualité / polémiqueTravail & emploiÉconomie & entreprisesSolidarités & familleRetraites

Emmanuel Macron et la "fin de l'abondance", réforme de l'assurance-chômage... Le "8h30 franceinfo" de Philippe Martinez

Source d'origine 5 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 15 %Attaque 65 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:46OuverteRéponse directe

    Est-ce que cette expression, la fin de l'abondance, elle vous semble refléter la situation économique, géopolitique, climatique dans laquelle nous vivons ?

  • 1:58RelanceRéponse directe

    Vous dites quoi qu'il y a toujours de l'abondance, Philippe Martinez ?

  • 2:34OuverteRéponse directe

    Mais d'après vous, quel est le sens de sa déclaration ? Il y a une stratégie, selon vous, de rentrée ?

  • 3:23ComplaisanteRéponse directe

    Et en même temps, on ne peut pas contester qu'il y a un certain nombre de sources d'inquiétudes, la guerre en Ukraine, l'inflation... Il y avait besoin aussi d'être dans un discours de réalité ?

  • 4:18RelanceRéponse directe

    Vous voulez dire quoi ? Qu'il faut aller vers une taxation des super-profits qui a été refusée au Parlement ?

  • 4:42OuverteRéponse directe

    Ça pourrait être quoi, le mécanisme ? Une taxation temporaire, parce que la situation est particulière ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:55Invité politiqueFait
    « C'est sûrement la situation que vit le président de la République, l'abondance avec ses amis. »
  • 1:00Invité politiqueFait
    « Mais ce n'est pas la réalité de millions et de millions de citoyens et de citoyennes de ce pays, ceux qui fréquentent les associations caritatives. »
  • 1:08Invité politiqueChiffre
    « Vous savez qu'y compris, ça a augmenté suite au Covid. Je pense à ses millions de chômeurs, ses millions de précaires, ses femmes précaires. »
  • 1:31Invité politiqueFait
    « On parle, il parle d'abondance et tout de suite derrière, il veut s'attaquer une nouvelle fois aux chômeurs en réduisant l'assurance chômage. »
  • 2:13Invité politiqueFait
    « Oui, il y a de l'abondance pour un petit nombre. Oui, oui. »
  • 2:20Invité politiqueFait
    « Quand les bénéfices des entreprises augmentent de façon indécente et que, dans le même temps, il y a une loi sur le pouvoir d'achat au mois de juillet votée par la majorité et ses amis de droite et d'extrême droite, où on ne cite « on ne parle jamais de salaire » »
  • 3:56Invité politiqueFait
    « On peut parler des bénéfices de Total, si vous voulez, enfin bénéfices de Sanofi, vous vous rendez compte ? »
  • 4:00Invité politiqueFait
    « Ceux qui n'ont pas réussi, qui suppriment des emplois, qui ont touché des aides publiques et qui ont dit « le vaccin on verra plus tard ». »
  • 4:55Invité politiquePromesse
    « Il faut un mécanisme qui taxe, à partir d'un certain niveau, les profits. »
  • 4:57Invité politiquePromesse
    « Il faut taxer les transactions financières. »
  • 5:15Invité politiquePromesse
    « Par exemple, revoir la TVA sur un certain nombre de produits, parce que la TVA est un impôt injuste. »
  • 5:33Invité politiqueFait
    « Il n'y a jamais eu autant de grèves sur les salaires. »
  • 5:39Invité politiqueFait
    « Vous voyez ? Et la réponse, c'est qu'on va tripler la prime Macron alors que la moyenne de la précédente était largement en dessous du plafond. »
  • 12:07Invité politiqueChiffre
    « Vous savez, madame, que un chômeur sur deux n'est pas indemnisé. Un sur deux. »

Temps de parole

  • Invité politique67 %
  • Présentateur15 %
  • Invité8 %
  • Intervenant7 %

1,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bienvenue si vous nous rejoignez sur France Info, la radio ou sur France Info, canal 27, pour accueillir notre invité, Jean-François Aquilier, à mes côtés. Bonjour Jean-François. Bonjour Céline. Et bonjour à vous Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT. Merci d'avoir accepté notre invitation ce matin. Alors j'imagine que vous avez vu, comme nous, comme beaucoup d'entre nous, le discours d'Emmanuel Macron hier lors du Conseil des ministres de la rentrée. Discours filmé, ce qui est exceptionnel. Discours destiné visiblement à marquer les esprits. Le chef de l'État, écoutez-le, qui évoque la fin de l'abondance.

0:31
Invité

Je crois pour ma part que ce que nous sommes en train de vivre est plutôt de l'ordre d'une grande bascule ou d'un grand bouleversement. Cette fin de l'abondance, cette fin de l'insouciance, cette fin des évidences, montre que c'est au fond une grande bascule que nous vivons, face à laquelle, évidemment, nos compatriotes peuvent réagir avec beaucoup d'anxiété.

0:46
Présentateur

Alors qu'en pensez-vous, Philippe Martinez ? Est-ce que cette expression, la fin de l'abondance, elle vous semble refléter la situation économique, géopolitique, climatique dans laquelle nous vivons ?

0:55
Invité politique

C'est sûrement la situation que vit le président de la République, l'abondance avec ses amis. Mais ce n'est pas la réalité de millions et de millions de citoyens et de citoyennes de ce pays, ceux qui fréquentent les associations caritatives. Vous savez qu'y compris, ça a augmenté suite au Covid. Je pense à ses millions de chômeurs, ses millions de précaires, ses femmes précaires. Ce n'est pas la réalité.

1:19
Présentateur

Vous savez qu'Emmanuel Macron a dit abondance de matières premières, de produits technologiques, pas forcément abondance financière.

1:26
Invité politique

Il pèse ses mots quand il parle, le président de la République, il envoie des messages. On parle, il parle d'abondance et tout de suite derrière, il veut s'attaquer une nouvelle fois aux chômeurs en réduisant l'assurance chômage. Donc c'est le discours typique que tient le président de la République depuis qu'il est élu, pas la deuxième fois. Dès la première fois, c'est ces petites phrases qui sont méprisantes vis-à-vis de la population et qui montrent sa visée politique.

1:58
Intervenant

— Vous dites quoi qu'il y a toujours de l'abondance, Philippe Martinez ?

2:02
Invité politique

— Écoutez, je suis entendu une chronique sur votre antenne sur les profits des entreprises françaises. Oui, il y a de l'abondance pour un petit nombre. Oui, oui. Quand les bénéfices des entreprises augmentent de façon indécente et que, dans le même temps, il y a une loi sur le pouvoir d'achat au mois de juillet votée par la majorité et ses amis de droite et d'extrême droite, où on ne cite « on ne parle jamais de salaire », oui, oui, il y a deux mondes qui se côtoient dans ce pays.

2:34
Intervenant

— Mais d'après vous, quel est le sens de sa déclaration ? Il y a une stratégie, selon vous, de rentrée ? Comment est-ce que vous l'interprétez, au juste ?

2:40
Invité politique

L'interprétation, c'est qu'il a oublié le message des élections présidentielles, avec le taux d'abstention que tout le monde connaît, et il veut continuer à imposer des sacrifices aux mêmes. J'ai évoqué les chômeurs, avec le projet de réforme de l'assurance chômage. Je viens de parler des salaires, où le gouvernement et le président de la République refusent, par principe, de parler de salaire, dans un pays où les salaires sont bas. C'est le projet dont il parle moins, mais dont il a beaucoup parlé, de réforme des retraites. Donc c'est un message pour imposer des sacrifices toujours aux mêmes.

3:23
Présentateur

— Et en même temps, on ne peut pas contester qu'il y a un certain nombre de sources d'inquiétudes, la guerre en Ukraine, l'inflation, les questionnements autour de l'approvisionnement en écologie, le péril climatique aussi, avec tout ce qu'on a vu concernant la sécheresse, la canicule cet été, les incendies. Il y avait besoin aussi d'être dans un discours de réalité ?

3:39
Invité politique

— Premièrement, sur les questions économiques et sociales, partagent évidemment ces inquiétudes. C'est ce qu'on côtoie, nous, avec nos voisins, ceux qui travaillent. Mais on ne peut pas contester non plus que dans cette période, il y en a quelques-uns qui s'en mettent plein les poches. On peut parler des bénéfices de Total, si vous voulez, enfin bénéfices de Sanofi, vous vous rendez compte ? Ceux qui n'ont pas réussi, qui suppriment des emplois, qui ont touché des aides publiques et qui ont dit « le vaccin on verra plus tard ».

Et puis, oui, il y a la crise écologique, mais il était temps que le président de la République s'en occupe avec ce qui s'est passé cet été et tout ce qu'on nous promet pour l'avenir.

4:18
Intervenant

— Vous voulez dire quoi ? Qu'il faut aller vers une taxation des super-profits qui a été refusée au Parlement ?

4:23
Invité politique

— Des profits tout court. — Des profits tout court. — Une taxation des profits. Évidemment, on ne peut pas accepter que pendant, justement, que certains, les plus nombreux, continuent à faire des sacrifices qui leur sont imposés, d'autres s'en mettent plein les poches. Enfin, vous connaissez les résultats des bénéfices de cette année.

4:42
Présentateur

— Ça pourrait être quoi, le mécanisme ? Une taxation temporaire, parce que la situation est particulière ? Ou bien un mécanisme plus pénible ?

4:48
Invité politique

— Il faut un mécanisme qui taxe, à partir d'un certain niveau, les profits. Il faut taxer les transactions financières. Ça aussi, c'est un sujet que nous portons depuis très longtemps et qui ne se fait pas, parce que là, c'est juste de la spéculation. Mais à côté de ça, parce que ça, c'est indécent, et à côté de ça, il faut d'autres mesures. Par exemple, revoir la TVA sur un certain nombre de produits, parce que la TVA est un impôt injuste. Et puis, il faut parler des questions sociales et notamment des salaires.

5:18
Intervenant

— Vous estimez, Philippe Martinez, que nous allons vers une sorte d'inconnu cet hiver, ne serait-ce que sur le climat social, ne serait-ce que sur les pénuries éventuelles d'énergie ?

5:27
Invité politique

— Non mais sur le climat social, il est tendu depuis déjà le printemps. Il n'y a jamais eu autant de grèves sur les salaires. Vous voyez ? Et la réponse, c'est qu'on va tripler la prime Macron alors que la moyenne de la précédente était largement en dessous du plafond. Oui, il y a des problématiques, mais qui ne sont pas nouvelles, y compris sur les questions d'énergie. Y compris sur les questions d'énergie. La libéralisation de l'électricité, vous voyez ce que ça donne, avec des boîtes privées qui s'en sont mis plein les poches et qui, maintenant, disent « on laisse tomber », avec EDF, qui est la vache à lait, l'entreprise nationale, qui est la vache à lait des entreprises privées.

C'est des sujets qui ne sont pas nouveaux et que le gouvernement précédent et le président de la République actuelle et précédent n'ont jamais voulu traiter. Ou alors, quand ils le traitent, c'est toujours en favorisant certains au détriment de la majorité.

6:21
Présentateur

Appeler à la sobriété énergétique, est-ce que c'est une bonne chose ?

6:26
Invité politique

Vous savez qu'il y a 12 millions de personnes dans ce pays qui sont en dessous de la sobriété. Ils n'arrivent pas à chauffer. Eux, c'est tout le temps. Ils n'arrivent pas à avoir d'eau chaude. C'est quoi le message pour ces gens-là ?

6:39
Présentateur

La sobriété énergétique, elle ne vise pas que les particuliers. Elle est aussi à destination des entreprises, des institutions publiques.

6:47
Invité politique

Ça, c'est votre analyse. Mais le message, c'est qu'il faut baisser le chauffage d'un degré. Donc ça, ce n'est pas uniquement les entreprises.

6:56
Présentateur

Ce n'est pas seulement mon analyse. Les collectivités locales aussi sont appelées à les garages. Les grandes entreprises dans leur siège.

7:04
Invité politique

Les particuliers, et je vous dis, il y a 12 millions de précaires énergétiques dans ce pays. Ceux-là, on va leur demander quoi ? De faire encore des économies ? Non, il faut une autre répartition des richesses. Ça, c'est important. Et puis, oui, il y a des efforts à faire en matière d'économie d'énergie, mais pas en ciblant uniquement ou en faisant cet amalgame, je vous le concède peut-être, de mélanger ceux qui se déplacent en jets privés. Donc des économies hors les millions de précaires ? Il faut que ceux qui s'en mettent plein les poches s'en mettent beaucoup moins et que cet argent, ils puissent bénéficier à ceux qui n'ont rien ou pas grand-chose.

7:45
Présentateur

8h40 sur France Info. Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, est dans le studio de France Info. Tout de suite, ce qu'il faut retenir de l'actualité de ce jeudi matin. C'est le Fil Info et c'est avec Louise Buguin.

7:56
Invité

Au moins 22 morts et plusieurs dizaines de blessés dans une frappe russe sur la gare de Chapliné à l'est de l'Ukraine. Attaque qui intervient six mois après le début de la guerre et le jour de la fête nationale ukrainienne. Et en pleine guerre, des soupçons pèsent sur Total Energy. L'entreprise est accusée par une ONG d'avoir extrait du gaz de Sibérie pour fabriquer le carburant d'avion de guerre russe, le groupe pétrolier d'Aimant. Pour réchauffer les relations entre la France et l'Algérie, Emmanuel Macron entame une visite de trois jours dans le pays.

Cet après-midi, le chef de l'État va déposer une gerbe au mémoriel du martyr à Alger avant de rencontrer son homologue algérien Abdel-Majid Teboun. La question de la jeunesse et de l'innovation sera aussi au cœur du voyage. N'achetez pas de stylo bille à vos enfants pour la rentrée et l'appel de l'UFC Que Choisir qui a mené une étude sur une trentaine de produits scolaires. La moitié contiennent des substances potentiellement dangereuses. L'association dénonce une réglementation européenne trop laxiste. Avec Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT,

9:06
Intervenant

le gouvernement s'apprête à présenter sa réforme de l'assurance chômage. Philippe Martinez qui doit prolonger le durcissement d'accès aux indemnités. Y aura-t-il une véritable consultation des partenaires sociaux ? Écoutez ce qu'on a dit hier matin à votre place, ici même Olivier Dussopt, le ministre du Travail, du Plein-Emploi et de l'Insertion.

9:24
Invité

En cas de carence du dialogue social, et seulement en cas de carence du dialogue social, l'État reprend la main. Mais je pense que sur un sujet comme celui-ci, qui vise à adapter les règles à l'évolution du marché de l'emploi, je suis assez convaincu qu'un chemin de compromis peut être trouvé.

9:37
Intervenant

Pardonnez-moi, un chemin de compromis qui doit être trouvé. Vous êtes consulté, j'imagine, là-dessus ?

9:44
Invité politique

Je pense que nous avons pour l'instant un rendez-vous, mais j'en suis pas sûr encore. C'est-à-dire ? Il y a un flou là, sur un rendez-vous, mais je pense que nous allons être consultés. La problématique, il y en a deux problématiques. La première, c'est, on parlait de sacrifice, c'est les chômeurs qui sont pointés du doigt. Et j'ai entendu le ministre hier ici, c'est, oui, il y a des pénuries d'emploi, il faut que les chômeurs absolument aillent au boulot. Donc sans discuter de quel type d'emploi, pourquoi il y a des pénuries d'emploi. Or tout le monde le sait, c'est reconnu par tout le monde, il y a deux problèmes, conditions de travail, pénibilité et salaire. Attractivité des métiers.

Ça, pas de réponse. La deuxième chose, c'est comment on négocie.

10:32
Intervenant

Quelle est la méthode ? Vous allez voir quoi, une feuille de route ?

10:34
Invité politique

La méthode, c'est toujours la même. On nous envoie un courrier, et on nous dit, voilà le résultat que je veux. Après, on peut négocier. C'est comme si à l'école, on vous donnait la... Quelle est la part de négociation ? Quelle est la marge au fond ? Aucune. Aucune. Puisque le gouvernement, c'est ça les lettres de cadrage. Ça porte bien son nom. Et le cadre, il est tout petit. Donc on vous dit, voilà le résultat qu'on veut, débrouillez-vous pour trouver.

Évidemment, la négociation est déjà tronquée, et ça donne un bon prétexte au gouvernement pour dire, et vous l'avez déjà entendu sur d'autres négociations, ils n'arrivent pas à se mettre d'accord, donc c'est à nous de prendre nos responsabilités. Il n'y a pas de compromis possible là-dessus, Philippe Martinet ? Mais aucun. Enfin, aucun. Dans la façon dont on nous présente les affaires.

11:19
Présentateur

On va rappeler d'ailleurs peut-être les grands principes de cette réforme de l'assurance chômage, telle que le prévoit Olivier Dussopt, c'est de moduler l'indemnisation des chômeurs, la durée, le montant, en fonction de la santé économique du pays. En gros, plus le marché de l'emploi sera porteur, moins cette indemnisation sera forte. L'idée étant évidemment d'inciter les personnes en demande d'emploi de se réorienter vers des secteurs en tension par exemple. C'est le principe même de cette réforme qui vous pose problème ou est-ce que ce sont les modalités que vous allez discuter ?

11:50
Invité politique

C'est le principe, la philosophie. Si vous n'avez pas de boulot, c'est de votre faute. C'est ça la philosophie. Et donc, comme c'est de votre faute, si vous ne trouvez pas de boulot, n'importe quel boulot, eh bien on coupe le robinet. On réduit, on ne coupe pas. Vous savez, madame, que un chômeur sur deux n'est pas indemnisé. Un sur deux. Vous voyez, elle est privilégiée, elle encore. Donc oui, on réduit les indemnités et on les coupe au bout d'un moment. Vous savez, il y a des radiations. Vous le savez. Vous ne dites pas de modulation, en fait, c'est ça. Mais en quoi... Parce que c'est le projet.

En quoi ceux qui cherchent du boulot, qui n'ont pas de boulot, sont responsables d'une situation économique ? Enfin, et quand est-ce que d'abord, on s'attache à la qualité de l'emploi, à l'attractivité des métiers ? Je pense à l'hôpital, à l'éducation. Vous voyez les problèmes qu'il y a. Mais on en a beaucoup parlé dans la dernière période des chauffeurs de bus qui emmènent les enfants à l'école qui sont plus que précaires, qui ont des horaires complètement atypiques et qui gagnent 600, 700 euros par mois. On va demander à un jeune qui a un bac plus 5 de dire, bah oui, mais prends ça, c'est mieux que rien. C'est cette philosophie-là qu'il faut discuter.

13:07
Présentateur

Alors comment on fait, justement, pour faire face aux pénuries d'emploi dans certains métiers ? Vous avez cité le transport scolaire, on pourrait citer la restauration, l'hôtellerie, les crèches aussi, l'éducation nationale. Les hôpitaux, si. Or, on a un taux de chômage à 7,4%. Comment on fait pour, justement, que ces secteurs arrivent à recruter ?

13:24
Invité politique

Eh bien, on fait ce que... J'ai essayé de vous expliquer ce qu'on propose depuis longtemps. C'est quel est le problème de l'attractivité, ce qu'on appelle l'attractivité ? C'est le salaire. Vous voyez bien, dans l'éducation, par exemple, maintenant, tout le monde le sait, ceux qui démarrent dans l'éducation nationale, les enseignants qui démarrent, sont beaucoup, beaucoup, beaucoup moins bien payés que dans le reste de l'Europe. Comment on revalorise les grilles de salaire dans l'éducation nationale ? L'attractivité des métiers, c'est aussi, ce que je vous disais, la pénibilité, le sens du travail. C'est-à-dire, pourquoi je vais bosser ? Et est-ce que j'ai la liberté ?

Évidemment, pas la liberté totale, mais de faire mon boulot comme je le conçois. Or, de plus... Retrouver du sens, c'est ça ? C'est retrouver du sens au travail. Or, c'est un vrai sujet. Il y a beaucoup, beaucoup de salariés, que ce soit dans le privé ou dans le public, qui démissionnent parce qu'ils se disent à quoi je sers dans mon boulot. Intéressons-nous au problème. Ça fait 5 ans que j'en parle au président de la République. 5 ans. Et on n'est pas les seuls à CGT. La CFDT en parle aussi.

14:30
Intervenant

Philippe Martinez, vous diriez, là, par rapport à l'assurance chômage, mais il y aura d'autres sujets que nous sommes dans une situation de blocage, qu'il n'y aura pas de marge de manœuvre, de dialogue possible. Ça bloque ?

14:40
Invité politique

Si on nous dit négocier, mais à la fin, voilà ce que je veux... Oui, c'est ce que vous disiez tout à l'heure. C'est compliqué. C'est quoi la négociation ? D'autant plus, et ça, j'insiste aussi, c'est que l'ensemble des organisations syndicales la contestent, cette réforme. Donc, un président qui dit... Il l'a dit à plusieurs reprises dans le premier quinquennat, mais il l'a redit. Non, je vais écouter, j'ai changé. Mais quand tous les syndicats dans ce pays, bien placés pour le savoir, sont contre quelque chose, c'est un signe. On a plutôt tendance à être divisé sur un certain nombre de...

15:11
Intervenant

S'il y a blocage avec les syndicats, avec les partenaires sociaux, s'il y a blocage au Parlement, qu'est-ce qui se passe, Philippe Martinez ?

15:18
Invité politique

On verra. En tout cas, nous, ce qu'on souhaite, c'est qu'autour de l'ensemble de ces problèmes, pas uniquement l'assurance chômage, mais ça en fait partie, et vous le savez qu'il y a besoin de se mobiliser. J'ai évoqué la question des salaires. Il y a eu beaucoup, beaucoup de grèves sur les salaires. Il y en a encore dès cette rentrée dans les entreprises, publiques ou privées. Il y a besoin de se mobiliser. C'est pour ça qu'on propose une journée d'action dès le 29 septembre autour de la question des salaires. Il faut augmenter les salaires.

15:42
Présentateur

Justement, cette journée d'action, journée de grève interprofessionnelle, CGT solidaire, et c'est tout ?

15:48
Invité politique

Il y a une réunion la semaine prochaine, oui, c'est la semaine prochaine avec l'ensemble des organisations syndicales, et on a signé un texte commun mi-juillet tous les syndicats.

15:56
Présentateur

Si vous êtes tous d'accord,

15:59
Invité politique

interprofessionnels ? Ce n'est pas à ceux qui y vont qu'il faut demander ça. Vous demanderez à ceux qui hésitent encore. Mais moi, j'ai bon espoir qu'il y a une vraie attente du monde du travail et plus globalement des citoyens d'une mobilisation. À l'exemple de ce qui se fait en Grande-Bretagne, par exemple. Vous voulez vous inspirer de ce qui se produit actuellement outre Manche ? En tout cas, j'ai l'impression que c'est eux qui s'inspirent de ce qu'on fait régulièrement parce qu'on nous reproche, nous les Français, d'être dégaulois réfractaires et toujours en grève. Il n'y a pas qu'en France qu'il y a des grèves.

Et oui, c'est un problème général et il y a besoin que le monde du Trois-Raveils soit reconnu. Et si tous les syndicats en France pouvaient se mettre d'accord pour dire « Voilà ce qu'on veut, une augmentation des salaires », eh bien, ça serait bon pour l'ensemble des citoyens de ce pays. Vous le souhaitez, Philippe Martinez, ce grand mouvement dans la rue ? C'est indispensable. C'est indispensable. Il y a eu des mouvements dans de nombreuses entreprises. Je l'ai dit, quand on voit le résultat de la loi sur le pouvoir d'achat ou pas un mot sur les salaires, il faut passer à la vitesse supérieure et donc, il faut et des syndicats unis, et des salariés mobilisés et unis.

17:03
Présentateur

9h moins 10 sur France Info, Philippe Martinez. Vous restez bien sûr avec nous, secrétaire général de la CGT. Tout de suite, c'est Louise Buyens pour le Filinfo.

17:11
Invité

L'abondance, ce n'est pas la réalité de millions de citoyens. Réagit sur France Info, Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, après les propos d'Emmanuel Macron hier en Conseil des ministres. Le président a prédit la fin de l'abondance et de l'insouciance face au réchauffement climatique et la crise énergétique. Des mots déplacés et provocateurs, selon le leader communiste Fabien Roussel. En parlant d'énergie, les réserves de gaz en France dépassent ce matin les 90% de remplissage pour cet hiver, annonce la plateforme européenne en charge du stockage de l'hydrocarbure.

Deux jours après l'accident à Lyon qui a coûté la vie à deux adolescents à trottinette percutés par une ambulance, le conducteur a été mis en examen hier soir pour homicide involontaire. Il a aussi interdiction de prendre le volant. Contre qui vont jouer les Marseillais et les Parisiens en Ligue des champions de foot cette saison ? Réponse ce soir à partir de 18h. Le tirage au sort est à suivre sur France Info. Les matchs de la face de poule démarrent le 6 septembre.

18:09
Locuteur non identifié

France Info

18:13
Invité

Le 8.30 France Info Jean-François Aquili Céline Asselot

18:18
Présentateur

Toujours avec nous Philippe Martinez secrétaire général de la CGT. Alors on évoquait il y a une minute la réforme de l'assurance chômage mais il y a une autre réforme un autre grand dossier qui s'annonce pour les prochains mois c'est la réforme des retraites. Alors hier Olivier Dussopt le ministre du travail du plein emploi disait il n'y a pas de totem tout est négociable qu'est-ce que vous espérez négocier ? C'est comme sur l'assurance chômage

18:37
Invité politique

il n'y a pas de totem tout est négociable mais voilà ce qu'on veut le message il est clair du président de la république il faut travailler plus longtemps là aussi c'est en décalage avec la réalité le vécu d'un certain nombre nous on veut on ne veut pas imposer à ceux qui bossent de partir obligatoirement à 60 ans mais il faut qu'il y ait un âge de référence qui soit moins qu'aujourd'hui c'est-à-dire 60 ans et travailler plus longtemps c'est nier la réalité du travail enfin vous imaginez les aides soignantes ou les infirmières des EHPAD travailler en ayant le même âge que les résidents enfin c'est ça la réalité on nie la réalité du travail ce sont des gens les ministres le président de la république qui ne connaissent pas le monde du travail

19:21
Présentateur

qu'est-ce que vous espérez obtenir dans le cadre de cette négociation ces négociations il y a

19:25
Invité politique

c'est ce que promet le ministre écoutez cette question elle a fait l'objet de 18 mois de discussion avec monsieur Delevoye avec madame Borne avec tout est sur la table tout le monde connaît la situation et la vie des uns et des autres donc il faut abaisser l'âge de la retraite pour vous le débat a déjà eu lieu en fait 18 mois ça fait ça fait ça fait et vous avez vu les mobilisations c'est-à-dire qu'il y a y compris une opinion publique qui est très largement en défaveur d'un allongement de l'âge de la retraite

19:57
Intervenant

apparemment le président de la publique va solliciter son futur là il démarre le 8 septembre il met en place le 8 septembre le CNR le conseil national de la refondation pour notamment évoquer les retraites ça fait partie de la future négociation

20:11
Invité politique

mais moi j'ai pas le détail de ce CNR personne qui ben voilà on en reparlera quand on y verra plus clair parce que qui va y participer la CGT peut y être associé ou ça dépend qui comment pourquoi faire est-ce que c'est pour comme le grand le grand débat qu'il y avait eu vous savez derrière les gilets jaunes où on dit où où la convention citoyenne où on discute et puis à la fin il y en a un qui tranche et il fait ce qu'il veut

20:42
Intervenant

vous êtes hostile à ce type de de propositions de création c'est une question

20:46
Invité politique

non non mais il faut la négociation fait partie de la vie sociale du pays mais pour qu'il y ait négociation il faut déjà que tout rien ne soit écarté en matière de propositions ce qui n'est pas le cas et puis que ça soit loyal la négociation or ce n'est pas le cas ni d'ailleurs avec le MEDEF ni avec le gouvernement

21:06
Présentateur

est-ce que vous êtes optimiste alors pour la suite tout se jouera dans la rue on n'arrive pas à négocier

21:10
Invité politique

je suis par principe toujours optimiste à partir du moment où les salariés et les citoyens s'en mêlent je vous l'ai dit il y a beaucoup de mobilisation mais il faut que on porte plus fort les préoccupations du monde du travail de la jeunesse et les questions par exemple environnementales on les a peu évoquées mais c'est essentiel comment on fait en sorte que on n'oblige pas on ne culpabilise pas les citoyens individuellement mais qu'on ait une vraie politique en matière rénovation de logement relocalisation réindustrialisation des mots qui sont chers au président de la république au ministre de l'économie et pour l'instant les usines continuent à fermer je pense aux salariés de la SAM dans l'Aveyron par exemple quand la Dacia filiale de Renault va fabriquer son véhicule électrique en Chine vous voyez l'empreinte carbone que ça fait quand on réimporte ça c'est des vrais sujets vous voyez

22:00
Présentateur

vous n'êtes pas assez peu associé à la CGT aux questions climatiques c'est pas une

22:04
Invité politique

vous savez mal vous suivez mal l'actualité ça m'étonne de vous peut-être que c'est pas

22:09
Présentateur

en tout cas c'est pas l'image que vous donnez

22:10
Invité politique

de vous préoccuper

22:12
Présentateur

de ces questions là

22:13
Invité politique

on vient de gagner une bataille on vient de gagner une bataille en Normandie à la chapelle d'Arblay avec des ONG comme Greenpeace vous voyez ensemble avec la CGT pour la réouverture d'une usine de recyclage de papier usé c'est une question industrielle une question sociale et une question environnementale

22:29
Présentateur

vous suivez les préoccupations des français sur ce point vous évoluez en même temps

22:33
Invité politique

ça fait un petit moment qu'on a évolué mais il faudra qu'on fasse plus d'efforts pour que ça arrive jusqu'à vous

22:37
Intervenant

Philippe Martinez ces réformes vont se jouer en partie au Parlement également à l'Assemblée Nationale est-ce que comme jadis avec le parti communiste du temps de on va dire de sa splendeur est-ce que vous êtes en lien aujourd'hui avec la France insoumise

22:49
Invité politique

pas spécifiquement avec la France insoumise avec tout ce sauf l'extrême droite avec qui nous refusons de discuter pour diverses raisons d'ailleurs vous avez noté que l'extrême droite a voté la loi sur le pouvoir d'achat avec les mêmes arguments que le président de la République vaut mieux une petite prime que rien du tout on est loin des discours sur l'augmentation du SMIC et les salaires nous discutons avec les parlementaires avec les partis politiques France insoumise le PC le parti socialiste l'Europe écologie les verts mais je pense que ces partis là devraient encore plus s'imprégner de ce que disent les organisations syndicales pour préparer

23:29
Présentateur

vous écoutez pas assez selon vous ?

23:31
Invité politique

ils nous écoutent pas assez on peut formuler ça comme ça ils devraient plus écouter et qu'il y ait plus de liens entre la réalité du monde du travail et ce qu'on peut porter à l'Assemblée nationale par exemple le fait que avec l'augmentation du SMIC au 1er août et bien 89% des branches des grilles des branches professionnelles démarrent en dessous du SMIC

23:50
Intervenant

c'est pas normal vous voulez dire qu'ils ne seront pas forcément ces forces politiques là de la gauche ne seront pas forcément associées vous évoquiez le mouvement du 29 septembre il y en aura j'imagine vous en organiserez d'autres à ces mouvements là

24:00
Invité politique

si si il faut qu'il y ait un lien entre le mouvement social mais c'est quoi c'est peu mieux faire déjà voilà on pourrait dire à la veille de la rentrée scolaire on va faire ça alors

24:09
Présentateur

comment vous voyez le quinquennat comment vous voyez les 5 prochaines années

24:12
Invité politique

on l'a évoqué il faut qu'il y ait plus de participation des citoyens dans les mobilisations si on veut quelque chose change l'objectif du président de la république malgré tous ses discours il n'a pas changé c'est sacrifice et puis moins d'abondance pour tout moins d'abondance pour tout le monde l'objectif reste le même et donc si on ne s'en mêle pas et on a des responsabilités les organisations syndicales et la CGT pour que on soit plus présent aux côtés des citoyens si on ne s'en mêle pas ça risque d'être un quinquennat comme celui qu'on vient de vivre

24:53
Présentateur

merci beaucoup Philippe Martinez d'être venu ce matin sur le studio de France Info dans le studio de France Info sur notre plateau secrétaire général de la CGT merci à vous Jean-François Aquili on se retrouve demain et d'ici là bien sûr restez avec nous sur France Info