Direct • Juan Branco face à la presse
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Pour ces victimes, il y a aussi des fonctionnaires qui ont été persécutés du fait de leurs idées. Il y a des citoyens qui n'avaient pas d'engagement politique particulier et qui ont subi des crimes de meurtre du fait de l'utilisation de balles réelles par les forces de sécurité, par des nervis, alors même qu'ils étaient sans rapport avec les faits dont la situation les a amenés à se trouver confrontés.
Et ces crimes, nous les avons vérifiés individuellement, de façon indépendante des travaux qui avaient déjà été menés par des organisations internationales, que ce soit Amnesty International, que ce soit Human Rights Watch, que ce soit le haut commissariat aux droits de l'homme, que ce soit enfin la Cour en rouge sénégalaise, qui ont tous constaté l'existence d'une répression particulièrement féroce, qui avait vocation à utiliser la violence politique à des fins de perpétuation au sein du pouvoir, dans un contexte où la découverte de ressources gazières et pétrolières sur ce territoire a créé une avidité et une volonté de se maintenir coûte que coûte dans une position que la Constitution interdit d'accaparer.
Je suis, vous le savez, parmi d'autres confrères, l'avocat d'Ousmane Sonko.
Mais je suis aussi, dans cette procédure, l'avocat de nombreuses parties civiles, d'individus qui ont été victimes directement de ces violences, dont certains sont français et sénégalais, ce qui va nous permettre, c'est le deuxième point, de débrancher des procédures, en France également, complémentaires à celles qui ont été menées auprès de la Cour pénale internationale, de façon à ne pas dépendre des effets de pouvoir qui influencent cette institution, dont on sait ce qu'elle peut avoir en termes de rapport à la compromission, et pour s'assurer, évidemment, qu'il n'y aura pas d'impunité et que les dignitaires de ce régime ne puissent plus remettre les pieds sur le continent européen, sans craindre de se voir arrêtés.
Nous avons reçu plus de 4 500 éléments de preuve vérifiés qui ont trait aux événements depuis mars 2021. Ces éléments, nous avons vécu avec, jour après jour, ce dernier mois, essayant de vérifier qui en était la cause, qui en était la victime, dans quel contexte était intervenu, et si, en effet, cela avait un lien avec la répression politique dirigée par le régime sénégalais.
Nous en avons gardé 710, qui servent de support à cette communication de 170 pages que nous avons transmise à la Cour pénale internationale, en particulier au bureau du procureur, à qui nous demandons d'ouvrir sans délai, à partir de ces éléments, un examen préliminaire et une enquête, et de se saisir de lui-même, au titre de l'article 13. Nous avons entendu, dans le cadre d'une conférence de presse, où 4 membres du gouvernement ont tenté de répondre par avance à nos arguments, qu'il fallait qu'un État se saisisse la Cour pénale internationale. C'est faux.
Toute personne, au titre de l'article 15, peut transmettre des éléments à la Cour pénale internationale et au bureau du procureur pour qu'il s'en saisisse. Mais nous prenons les mots du ministre des Forces de la Défense, nous le prenons au mot, et nous lui demandons de saisir lui-même la Cour pénale internationale. que le Sénégal, s'il est le pays des droits de l'homme, comme il le réaffirme, si ce régime respecte, comme il le dit, le statut de Rome et les conventions internationales, qu'il aille sans crainte saisir le bureau du procureur pour laver son image et son honneur.
Qu'il tente, et l'on verra alors quelle sera la réaction, et si en effet des crimes contre-humilité ont ou non été commis. Et je note que ce ministre n'a pas nié l'existence de crimes, mais a tenté simplement de justifier qu'il n'était pas assez grave pour saisir la Cour pénale internationale. Je pense que les images qui sont diffusées en ce moment derrière moi, de par leur nombre, de par ce qu'elles montrent, suffisent à comprendre à quel point cette position est absurde. Par ailleurs, un argumentaire juridique détaillé que nous laisserons en accès libre permettra de démontrer que nous atteignons sans aucune difficulté le seuil de gravité qui est requis par la Cour.
Je souhaiterais vous partager quelques noms de personnes qui sont responsables des faits que vous êtes en train de voir derrière cet écran. Nous avons aujourd'hui identifié 112 suspects sur l'ensemble de la chaîne de commandement que nous avons reconstitué. Parmi ceux-ci, je voudrais commencer par un compatriote. M. Khaled Belabad, conseiller technique auprès du ministre de l'Intérieur, du gouvernement sénégalais, d'être informé de toute décision qui est prise au cœur du pouvoir et de l'appuyer ou au contraire de tenter de la censurer. Aujourd'hui, la France n'a rien fait pour éviter les massacres dont on parle. La France a continué à fournir des armes.
La France a continué à soutenir le régime. La France, aujourd'hui, accueille Macky Sall sans avoir fait une déclaration condamnant les violences en question. M. Belabad a suivi au quotidien les organisations qui, les réunions qui organisaient ces violences au sein du cabinet du ministre de l'Intérieur et les a rapportées à son ministère de tutelle, le ministère de l'Intérieur français et aux autorités françaises. Il est donc complice de crimes contre l'immunité. M. Jean-François Gome, polonel, a joué le même rôle au sein de la gendarmerie sénégalaise auprès de M. Moussafal. Au commandant de la gendarmerie nationale, il est complice de crimes contre l'humanité.
Au sein de la présidence de la République, M. Macky Sall a mis en place un système qui s'appuyait d'un côté sur l'utilisation de forces de l'ordre légales dont nous parlerons et d'un autre côté sur l'organisation de ce que l'on appelle des NERVI, c'est-à-dire des forces miliciennes, paramilitaires, financées par le gouvernement et par ses fonds spéciaux pour maintenir l'ordre selon ces termes pour commettre des crimes contre l'humanité. Il s'est appuyé sur un premier cercle d'intimes, en particulier Mariem Feissal, sa femme et Amadousal qui ont organisé le recrutement et le financement de ces NERVI. Ils sont responsables à titre principal de la commission de crimes contre l'humanité.
Au sein de cette présidence, Meissa Sallendiay, aide de camp, a participé à l'organisation de ces faits, aux côtés notamment d'un certain nombre d'individus dont Abdoulaye Saï, Saïl, pardon, dit Leïkara, le chauffeur du président, qui faisait le lien avec les organisations de NERVI. Autour de la présidence, des éléments extérieurs sur lesquels nous reviendrons, dont un certain Farbangom, Griot, ont joué un rôle extérieur qui consistait à créer des fiefs, à eux-mêmes constituer des groupes paramilitaires, à les armer, de façon à s'assurer que des crimes contre l'humanité soient commis.
Afin d'armer ces NERVI, la présidence de la République, elle-même, directement, en tant qu'institution, a mis en place des commandes d'armes particulièrement massives, dont nous avons retracé dans le moindre détail le cheminement. Ces commandes d'armes ont été organisées avec l'aide d'un intime de Macky Sall qui s'appelle Gabriel Perretz. Gabriel Perretz, à la tête d'une société qui est bien connue, a fait livrer 104 tonnes d'armes à la présidence de la République, au deuxième semestre 2022.
Ces armes sont en partie encore stockées à l'ancien aéroport Léopold-Sédar-Sangor et font l'objet de distributions régulières et notamment de placements dans des caches dans certains espaces du territoire sénégalais de façon à pouvoir être mobilisés en cas de crise politique. Ces 104 tonnes d'armes constituent principalement des munitions pour des armes lourdes et des armes légères ainsi que des armes légères qui ont été livrés et qui sont à disposition de la présidence en dehors de tout contrôle démocratique comme s'il y avait la possibilité de s'approprier ces faits-là.
Le financement de ce contrat nous semble être lié à toute une série de fonds spéciaux qui échappent au contrôle politique sénégalais et des représentants de la nation sénégalaise. Ils sont permis aussi par des avances qui sont faites par Gabriel Perretz des lignes de crédit qui ont été octroyées jusqu'en 2024 à hauteur de 300 millions de dollars.
Nous avons une attestation de la maison militaire de la présidence de la République du colonel Adam Haguey complice de crimes contre l'humanité pour avoir je cite je sous-signé colonel Adam Haguey gouverneur militaire du palais certifié par la présente que les matériels énumérés ci-dessous fournis par la société ADECON LTD seront exclusivement réservés à l'usage du palais présidentiel munition 5.56 x 45 mm de 500 grammes quantité 3.550 000 munition 9 mm quantité 3.250 000 munition 7.62 mm quantité de 110 000 plus de 7 millions de munitions je cite ce document de la présidence de la République de sa maison militaire signé par Adam Haguey 7 millions de munitions exclusivement réservées à l'usage du palais présidentiel livré document signé 11 octobre 2022 dans quel régime politique qui se veut démocratique une présidence de la République se fait livrer à usage exclusif 7 millions de munitions et quelles sont ses intentions dans la perspective de l'après Gabriel Peretz a procédé à ses livraisons qui proviennent de Saint-Pétersbourg de la Russie nous avons retracé le moindre cheminement de ses munitions et de ses armes et la façon dont elles ont été livrées à Dakar et il y a procédé dans le cadre des très nombreuses des très nombreux liens qu'il entretient avec la présidence du Sénégal et avec M.
Makissal et il est donc complice de la commission de crimes contre l'humanité M.
Gabriel Peretz qui est de nationalité belge mais qui habite aujourd'hui en Israël a été accompagné dans son travail par Marcel Zuckerman et par Biram Koulibaly un aviateur français un aviateur sénégalais pardon qui a représenté la société AD dans l'opération dont il est question il nous apparaît que cette commande a été réceptionnée par la société sénégalaise d'ETL 6 West Foire au numéro 45 à Dakar qui est détenu par un certain Halil qui se trouve être un ami très proche d'Amadou Sal qui est à ce titre complice de la commission de crimes contre l'humanité nous avons jusqu'au manifeste des conteneurs nous avons jusqu'à la signature du capitaine qui a transporté ces armes nous avons tous les éléments qui permettent de prouver l'existence de cette livraison et la présence de ces armes encore aujourd'hui à l'aéroport Léopold Sangor nous avons l'ensemble des réservations qui ont été faites par monsieur Peretz au Pullman de Teranga sa présence notamment à la veille des événements de mars 2023 au Sénégal probablement pour les préparer et les conséquences qu'il aura à subir nous connaissons aussi le nom de ses collaborateurs les personnes qui l'ont appuyé et les conséquences qu'ils auront à connaître du fait de cette complicité aux côtés d'un autre homme d'affaires évidemment Tierno Ndomba dont vous avez tous entendu parler et qui joue un rôle cardinal dans un certain nombre d'opérations particulièrement étranges pour rester modeste dans mon expression d'ordre militaire de commandes d'armement qui ont été livrées là encore en dehors dans le cadre de contrats de gré à gré et qui complètent les éléments que nous avions déjà qui permettent de déterminer l'existence d'autres contrats de cet ordre là cela avait déjà fait débat dans l'espace public vous vous souvenez de ce contrat de 45 milliards de francs CFA avec le ministère de l'environnement et le ministère des finances nous avons donc les moyens qui sont apportés aussi via la société Norinco chinoise qui a travaillé sur un certain nombre de ses contrats d'armement à la présidence nous avons la structure de la présidence avec au cabinet civil un certain nombre d'individus particulièrement responsables et qui ont été impliqués au premier chef dans l'organisation de la répression et de la légitimation des violences qui ont été commises nous avons évidemment les responsables que tout le monde connaît comme Mahmoud Saleh comme Daouda Diallo Abdoulaye comme le général Joseph Mamadou Diop ou Mahmoud Diop mais nous considérons que les plus responsables au sein de cette présidence ont été évidemment le général Mbaye Sissé et Omar Wad qui a été nommé le 6 avril 2023 dernier dans un contexte particulier ce qui à notre avis est le signe qu'il a eu une certaine difficulté au sein de la présidence pour maintenir son autorité du fait des événements et ce qui a amené à l'organisation d'un certain nombre de désignation la commission de violence à des fins politiques exige une impunité elle exige aussi d'effacer les preuves de ces crimes elle exige enfin un discours qui permette de les justifier le ministre de l'intérieur vous en a fait la démonstration à plusieurs moments nous avons découvert que cette organisation discursive cette tentative de légitimation des faits que nous sommes en train de vous présenter au sein de la présidence a été mise en oeuvre notamment par Yorodia qui est le coordinateur de la communication présidentielle mais aussi par Eladjim Malik Gay et Wondifa Brame au niveau de la communication ceux-ci ont travaillé de façon coordonnée avec le porte-parole du gouvernement et avec d'autres instances pour s'assurer qu'il y avait une légitimation des actes qui étaient commis au niveau de l'organisation de l'impunité le rôle évidemment d'Ousmane Houma qui est notamment important comme conseiller juridique du président de la république dans l'organisation de la légitimation du troisième mandat mais qui est aussi important un rôle cardinal dans la désignation des magistrats pour s'assurer que les procureurs que les juges n'enquêtent pas et pour s'assurer que les enquêtes qui sont lancées n'aboutissent pas car il y a encore au Sénégal des magistrats et des fonctionnaires courageux qui essayent de faire la vérité mais ce que l'on a vu et ce qui a été établi c'est que depuis mars 2021 aucun des événements je dis bien aucun des événements qui sont constitutifs de crimes n'ont fait l'objet sinon de poursuites du moins de procédures étant arrivées à leur terme plus de 26 mois après les faits ce qui nous amène aujourd'hui à mettre en oeuvre la présente saisine nous en arrivons maintenant à l'organisation de l'appareil répressif une fois que vous avez les moyens une fois que vous avez organisé les conditions qui vous permettent de vous assurer que cela pourra se dérouler il faut que cela arrive et nous avons évidemment à ce titre nos deux principaux suspects les personnes les plus importantes dans la commission de ces crimes et en courant la plus lourde responsabilité monsieur Antoine Félix Dium ministre de l'intérieur et monsieur Moussa Fall monsieur Antoine Félix Dium a joué un rôle important d'abord comme magistrat particulièrement bien utilisé par ce régime afin de lui dégager la voix dans le cadre d'un certain nombre d'affaires sensibles notamment l'affaire de Karim Ouad et celle de Khalifa Sale et ensuite comme ministre de l'intérieur nommé peu de temps avant les événements de mars 2021 il a joué donc je le disais un rôle cardinal pour assurer au régime la possibilité de se perpétuer à tout prix au sein du pouvoir monsieur Antoine Félix Dium a tenté en mars 2021 comme entre les mois de mars 2023 à juin 2023 de prétendre que des forces occultes étaient responsables des crimes qui étaient commis au Sénégal cela en soi est constitutif d'une participation de crimes à un crime contre l'humanité pour la raison simple qu'il s'agit non seulement évidemment d'un mensonge mais d'une tentative d'une tentative de légitimer et de masquer la commission de ces crimes à ce seul titre monsieur Dium par ces mensonges répétés et par ces tentatives de faire disparaître des preuves ou de nier l'existence de crimes tout au long de ces périodes est passible de poursuite mais monsieur Dium évidemment a eu un rôle bien plus important que celui-ci il a en fait été au coeur de la chaîne de commandement afin de s'assurer que les forces de police et de sécurité soient dirigées de façon à commettre ces crimes ou à les laisser commettre par des nervis il a en conséquence notamment par le truchement de son pouvoir de nomination chercher à obtenir la possibilité que des personnalités particulièrement violentes ou particulièrement prônes à autoriser voire à commettre directement des violences aient un rôle et une responsabilité au sein de la chaîne hiérarchique nous pensons évidemment à Saïdou Bokhariag mais nous pensons aussi directeur général de la police qui était auparavant directeur général adjoint qui était directeur général adjoint de la police nationale au moment des événements de mars 2021 et qui pourtant malgré l'échec patent de cet épisode a été promu le 21 avril 2021 pourquoi l'a-t-il été ?
était-ce parce que Ousmane C refusait de continuer son prédécesseur sur la voie qui était proposée par le régime ? cela se sera aux enquêteurs de le déterminer il y a évidemment Amadou Amadilam directeur du gros compound mobile d'intervention lors des événements de mars 2021 M. Ndiaga Diop son successeur Maserin Fay commandant de la GMI de Dakar M.
Ousmane Foll commandant de la brigade d'intervention polyvalente et surtout surtout Barra Sangar commandant de la sûreté urbaine à Dakar suspecté d'avoir commis de nombreuses tortures d'en avoir ordonné aussi et d'avoir de façon systématique procédé à des arrestations arbitraires pour intimider des opposants politiques et des manifestants ces individus accompagnés notamment de Mudunga Kendi-Yang qui a été directeur de la sécurité publique lors des événements de mars et avril 2021 et qui ensuite a été promu directeur adjoint de la police nationale Ibrahim Adiop commissaire de police divisionnaire directeur de la sécurité publique entre avril 2021 aujourd'hui que vous avez tous découvert lors d'une conférence de presse indécente il y a quelques semaines ou tentant de répondre aux informations que nous avions diffusées qui nous permettaient d'établir que celui-ci cherchait à se désolidariser du régime a été poussé par Antoine Félix Dium dans cette conférence de presse ridicule dans laquelle le régime a tenté d'attribuer l'organisation de crimes à des manifestants alors que l'on a découvert que les nervis qui étaient montrés travaillaient directement avec les forces de l'ordre cette conférence de presse organisée dans la précipitation montre l'importance du travail qu'on est en train d'être mené parce qu'elle a amené le régime à commettre une erreur fondamentale à s'exposer et du coup à être exposé par la presse internationale notamment qui a démontré les mensonges qui avaient été énoncés au sein de la gendarmerie nous avons aussi des responsables importants et vous avez tous noté l'utilisation notamment d'enfants comme bouclier humain par les forces de sécurité cette utilisation est intervenue à de nombreux lieux sur le territoire de façon coordonnée le même jour ce qui signifie qu'elle est la résultante d'une politique et non d'une déficience temporaire ponctuelle localisée d'une force de gendarmerie cette déficience ce crime a été commis par des gendarmes à chaque fois et donc la responsabilité de Moussafal à ce seul titre est engagée il est évident en réalité que la responsabilité de monsieur Moussafal est beaucoup plus importante nommée le 17 juin 2021 à la suite des événements de mars et avril 2021 celui-ci a évidemment joué un rôle fondamental dans les désignations qui au sein de la gendarmerie nationale ont permis la commission des crimes dont nous parlons nous avons identifié au sein de son cabinet des responsables le chef de cabinet notamment le colonel Pape Suleymane Sissé mais aussi évidemment au-delà de son cabinet de ses aides de camp de ses adjoints en préopération comme Pape Dihoff le chef du centre de renseignement cardinal comme Issa Diak ou Cheikh Saar évidemment le haut commandant le haut commandant en second Tiaka Tio qui était commandant de la gendarmerie mobile auparavant et qui a été promu en juillet 2021 encore une fois dans la suite des répressions qui avaient été menées à ses côtés que ce soit le général Daouda Diop le lieutenant-colonel surtout Abdoul Bengue ou Maga Tenbay Aliou Ndiaye et Omar Ndoy nous avons au sein de la gendarmerie un certain nombre de personnes identifiées notamment dans les légions de Dakar et de Casamance qui auront à répondre de leurs actes un jour ou l'autre et dont je rappelle encore une fois qu'ils seront confrontés à des accusations qui sont imprescriptibles et donc à n'importe quel moment en cas de changement de régime ou à l'étranger ils auront dont ils ont à répondre la chaîne hiérarchique des forces de sécurité c'est très bien mais on a vu que dès le moment où la Cour pénétrationale a commencé à devenir un sujet au Sénégal il y a eu comme un mouvement de retrait de la part de ces forces de sécurité et de défense qui ont compris les risques auxquels étaient confrontés et les conséquences qu'elles pouvaient endurer et nous avons vu une bascule progressive de l'exercice de cette force vers ce que l'on appelle des nervis nous avons exposé au sein de la présidence les principales personnes responsables de l'organisation de ces réseaux paramilitaires en dehors de toute loi qui coopèrent contrairement à ce qui a été dit de façon très serrée avec les forces de l'ordre la présidence est le donneur d'ordre mais l'organisateur principal se trouve évidemment au sein du siège du parti présidentiel à l'APR c'est là que se retrouvent les pick-up qui ont été achetés de différentes façons afin de distribuer les nervis à Dakar et qui à partir de ce centre de commandement va distribuer des instructions en région pour s'assurer que des exactions soient commises afin de terroriser la population et s'assurer que celle-ci ne se rebelle plus ces nervis comme je vous le disais ont à la fois une structuration qui est liée aux fonds spéciaux au fonds du parti et donc au mode de financement illégaux qui ont cours au sein du parti en place mais également à travers un certain nombre de féodalités qui expliquent l'ascension de personnalité à la qualité médiocre et qui pourtant ont obtenu des portefeuilles importants notamment au sein du gouvernement parmi ces individus qui jouent un rôle clé au sein du pouvoir nous trouvons évidemment sans importance hiérarchique dans mon énonciation des personnes comme Doudouka le ministre des transports qui dispose de réseaux de nervis qui descendent jusqu'à Zien-Chor nous trouvons évidemment des suspicions concernant des individus importants et sur lesquels il faudra travailler comme Pat Malikendou comme Alin Guindiai comme Man Bai Niang que l'on connait pour d'autres raisons et évidemment au premier chef comme Pierre Amphay ministre auprès du ministre de l'intérieur Pierre Amphay joue un rôle très important pourquoi ?
parce qu'on le sait l'énervi qui joue un rôle au Sénégal établi depuis une quinzaine d'années notamment au sein du parti présidentiel de la majorité précédente avait au départ un rôle qui consistait simplement à accompagner les politiques à faire la claque comme on dit lors des événements électoraux à s'assurer de la protection de ceux-ci et quelque part à les valoriser alors qu'ils n'avaient pas accès aux ressources gouvernementales progressivement l'APR a décidé de dévoyer ce rôle et les a constitués en milice cette évolution a produit un certain nombre de conséquences importantes on l'a vu notamment avec un certain nombre de nervis qui en 2019 ont cherché à réclamer une reconnaissance dans leur action on a vu le président des marrons de feu donc le groupe de sécurité qui entourait monsieur Salle réclamer son intégration à l'appareil de pouvoir gouvernemental et être payé sur les télévisions sénégalaises Ibrahim Deuil joue aujourd'hui encore un rôle cardinal dans l'organisation des nervis et dans la répression paragouvernementale des mouvements d'opposition au pouvoir en place Pierre Mfaille s'est vu octroyer un poste de ministre auprès de monsieur Diom dans l'objectif de formaliser de légaliser une partie de ces réseaux illégaux la création de l'agence de sécurité de proximité des agents de sécurité de proximité avait pour vocation de créer au sein de l'état un corps parallèle à celui des forces de sécurité de défense qui certes moins formé aurait une attitude plus grande à l'heure de commettre les exactions dont nous parlons monsieur Pierre Mfaille a évidemment continué son double jeu à la fois comme ministre et comme organisateur sans respecter le moindre des droits fondamentaux qui s'appliquent à chaque homme s'ils l'ont fait alors que j'étais en tant qu'avocat venu à Dakar défendre un homme c'est parce qu'un sentiment d'impunité s'est développé au sein d'une région que nous avons militarisé que nous avons transformé en une série d'états policiers par notre peur fanique de la différence et par notre angoisse d'une perte de stabilité ce sont les populations africaines qui souffrent aujourd'hui de cette transformation de ces états en prisons à ciel ouvert et c'est ce qui explique leur révolte contre ceux dont ils savent qui sont responsables de cette situation je veux rendre hommage à tous ceux qui ont eu la dignité la décence le courage de dénoncer cette situation qui nous menaçait tous celle qui consiste à mettre en détention et menacer de perpétuité un homme pour avoir voulu en défendre un autre je les appelle désormais à continuer cette lutte pour tous ceux qui aujourd'hui encore demeurent privés de leur liberté et de leur dignité nous sommes à six mois d'une échéance cardinale pour le devenir du Sénégal mais également de l'ensemble de la sous-région et peut-être du continent qui déterminera des bascules fondamentales Ousmane Sonko reste hospitalisé souffrant notamment d'insuffisance rénale suite à une grève de la faim mise en oeuvre pour attirer l'attention non seulement sur son sort mais sur celui de l'ensemble de ses frères et soeurs de Luj qui sont persécutés sur son pays sur son territoire et il me semble essentiel de prolonger ce mouvement de solidarité qui a commencé à leur égard et de s'engager pour trouver au plus vite une solution qui permette d'assurer une transition démocratique au Sénégal comme le prévoit sa constitution et de s'assurer que la volonté souveraine de ce peuple soit respectée il en va de nos intérêts à tous y compris ceux des sociétés occidentales il en va d'une idée du genre humain il en va aussi d'une potentielle nuit noire dans laquelle serait plongé le Sénégal si les desseins du pouvoir actuel étaient respectés et que ceux-ci réussissaient arbitrairement à empêcher une partie de la population de se voir représentée nous avons demandé à Ousmane Sonko de mettre fin à sa grève de la faim pour une raison très simple cet homme fait communauté cet homme permet à des milliers d'autres comme je l'ai vu à Dakar mais aussi au-delà de retrouver une forme d'espoir et d'espérance parce qu'il leur permet de retrouver un sens de la fraternité et de la lutte collective ce n'est pas l'individu en tant que tel qui compte c'est ce qu'il a su enfanter et créer en conséquence de quoi nous avons besoin de lui encore une fois non pas du fait d'une lutte idéologique mais simplement parce que à travers lui nous allons protéger cette idée du politique qui consiste à créer du lien à travers la lutte redonner de l'espoir et permettre aux individus de survivre dans des conditions qui autrement les amèneraient au désespoir et à la catastrophe je suis très heureux et très fier d'être aux côtés de mon confrère Maître Larifou qui décomore à rejoindre le pool d'avocats qui assistent Ousmane Sonko je voudrais rendre hommage à mes confrères qui au Sénégal au quotidien sont confrontés au risque pour leur carrière mais aussi pour leur liberté comme le cas de Babacar Ndiaye l'a encore démontré parce qu'ils ont décidé de se placer du côté des déshérités ces individus doivent être protégés ils doivent savoir que nous sommes à leur côté que nous ne les lâcherons pas et que chaque fois qu'il faudra prendre un risque y compris s'il s'agit de traverser des milliers de kilomètres et de se confronter à des mandats d'arrêt internationaux iniques et injustifiés ils nous trouveront de leur côté je laisse la parole à mon confrère et nous répondrons ensuite à toutes les questions que vous souhaiterez de poser
au nom de mes confrères
constitués pour le président Ousmane Sonko je tiens à exprimer tout notre soutien à notre confrère pour son courage sa détermination et sa conviction à assurer la défense de notre client commun Ousmane Sonko mais au-delà de notre client toutes les personnes victimes je le dis volontairement je prononce volontairement le mot de la barbarie et puis de la méchanceté humaine et puis du goût du pouvoir on a tendance à parler moins de leur sort et notre confrère a le mérite d'avoir été le premier à saisir les instances internationales des crimes contre l'humanité commis au Sénégal et c'est parce qu'il a eu ce courage de porter haut et partout la cause des centaines des centaines des Sénégalais qui souffrent que le pouvoir en place a cru justifier de le humilier de l'empêcher d'exercer son métier d'avocat puisque c'est la question qui se pose c'est la libre le libre choix d'une personne à savoir Ousmane Sonko fait en la personne de M.
de Maître Branco pour assurer sa défense le cas de notre confrère illustre parfaitement les difficultés que nous rencontrons sur place à Dakar pour assurer la défense de notre client nous ne sommes pas libres alors que c'est le principe fondamental à toutes les sociétés démocratiques pour assurer la défense de notre client je tiens quand même à le rappeler la veille d'un procès sur une diffamation une diffamation un délit de diffamation auquel notre client était prévenu alors qu'il est arrivé à Dakar la veille pour assurer au même titre que nous la défense de M.
Ousmane Sonko notre confrère a fait l'objet d'une interdiction de rentrer sur le territoire du Sénégal a été recondue aux frontières donc n'a pas assisté alors qu'il avait préparé sa défense et la défense de M. Ousmane Sonko reposait en partie au travail qui a été fait par notre confrère qui n'a pas su donc assurer la défense de notre client il a travaillé à distance mais ce n'était pas suffisant on lui reproche aujourd'hui d'avoir trouvé le moyen d'entrer sur le territoire du Sénégal pour assumer sa responsabilité et puis assurer la défense de M.
Ousmane Sonko c'est dans ces circonstances qu'il a fait l'objet d'humiliation au-delà de sa personne ce sont tous les avocats qui ont été humiliés par les autorités sénégalaises et ça nous ne pouvons pas accepter cette humiliation je tiens aussi à rappeler que de nombreux confrères constitués pour M. Ousmane Sonko font l'objet des procédures disciplinaires et il y en a d'autres qui font l'objet des poursuites pénales également ce sont des mesures qui ont été opportunément des procédures qui ont été opportunément ouvertes pour justement décimer la défense de M.
Ousmane Sonko donc pour ça notre confrère a notre soutien et nous exprimons notre admiration et notre encouragement à notre confrère il a pris le risque et le risque qu'il a pris est l'illustration des difficultés que nous rencontrons pour justement assurer la défense de M. Sonko et puis de toutes les victimes de cette barbarie puisque lorsque vous envoyez des milices accompagnées par des forces
soi-disant de sécurité mais des forces de désordre pour tuer frappement au vu et au sud de tous des manifestants
c'est que ce régime n'a rien de démocratique l'état de droit au Sénégal a été volontairement liquidé par le régime actuel nous avons l'habitude de parler du Sénégal comme étant l'exemple même de la démocratie d'un régime apaisé mais là ce n'est pas le cas il y a une liquidation de toutes les valeurs héritées et ça nous ne pouvons pas accepter il est difficile effectivement de parler de la situation pénale de notre client sans glisser sur le volet politique et mon confrère a bien fait de le dire on est quand même à six mois d'une élection capitale pour le Sénégal puisqu'il est question pour le Sénégal de choisir un de ses enfants librement un de ses enfants pour justement dégager une vision qui n'est pas celle de ceux qui conduisent ce pays au jour d'aujourd'hui et celui qui est le favori de tous les sondages fait l'objet depuis deux ans d'un harcèlement judiciaire d'un harcèlement policier d'un harcèlement je dirais même militaire pour les pousser à bout si aujourd'hui monsieur Osmane son corps est hospitalisé c'est pas pour rien puisqu'accumuler autant de pression accumuler autant d'harcèlement judiciaire policier et toute forme d'harcèlement accuser des faits d'une extrême d'une extrême gravité c'est pas facile à supporter et je peux comprendre qu'aujourd'hui arrivé à bout il soit admis à l'hôpital et cette visibilité que vous offrez à la cause de tous les sénégalais est une opportunité pour nous effectivement de dénoncer ce qui se passe sur place c'est pas parce que notre confrère a été malmené a été humilié que la profession d'avocat a été humiliée par le régime en place au Sénégal que nous allons baisser le bras nous y retournerons pour continuer notre travail et nous ne serons pas seuls puisque cette profession elle est portée par des millions des millions des gens qui croient qu'il faut de la défense dans une société démocratique et ce qui n'est pas le cas bon donc ce mépris affiché à la défense ce mépris affiché à l'état de droit ce mépris affiché à la justice aura une réponse c'est notre détermination et notre volonté infaillible pour rassurer la défense de monsieur Sonko et puis des autres Sénégalais qui souffrent en ce moment de ce déficit démocratique de ce déficit de droit dont est victime ce pays il y a effectivement et mon confrère a bien fait le dire il y a une solidarité des peuples et puis il y a aussi une convergence des luttes pour les libertés et la démocratie en Afrique notre client a le mérite d'avoir été d'être l'un de pilier de ce combat et ce combat maintenant est partagé par tous les 54 pays d'Afrique il y a de Ousmane Sonko qui se réveille dans tous les pays d'Afrique et ça personne ne peut empêcher ce vent de liberté et nous nous devons en tant qu'avocat effectivement accompagner ceux qui en Afrique partout en Afrique aspirent à ce grand changement voilà est-ce que vous pouvez
revenir plus précisément sur les circonstances de votre relation américaine
je pense j'ai eu la j'ai la chance d'être aujourd'hui devant vous alors que tout t'invitait à ce que des mois voire des années me maintiennent enfermé dans la prison de Robos j'ai cette chance grâce à vous qui grâce à une responsabilité écrasante celle de décider ce qui doit être reçu et ce qui au contraire peut être ignoré avait décidé d'en parler avait poussé la société civile les gouvernants mes confrères à intervenir pour empêcher que ce soit le cas des milliers d'autres n'ont pas cette chance et c'est pour eux qu'aujourd'hui il faut prendre la parole et utiliser cet espace que vous nous donnez les circonstances dans lesquelles j'ai été enlevé puisqu'il ne s'agissait pas d'une arrestation puisqu'aucun mandat ne m'a été donné puisqu'aucun procureur ni juge n'est intervenu puisqu'aucun de mes droits n'a été respecté puisque mon intégrité physique a été atteinte ne sont qu'un symptôme un exemple de ce à quoi sont exposées les populations non seulement du Sénégal et de la Mauritanie mais d'une grande partie de la sous-région encore une fois ce sont des régimes que nous soutenons parce que nous avons peur du terrorisme parce que nous avons peur des vagues migratoires et parce que nous ne vivons qu'à travers cette peur ce qui nécessairement suscite la révolte chez les millions de citoyens de ces pays qui se sentent déconsidérés par ce traitement souvent discriminatoire insultant et rabaissant qui consiste à n'en faire que des sasses de protection à l'égard notamment du continent européen j'ai pu m'en sortir grâce à la mobilisation d'un certain nombre de personnes qui se reconnaîtront et qui savent ce que je leur dois dont le soutien public ou privé m'oblige et m'obligera notamment dans l'exercice de mes fonctions en tant qu'avocat je pense évidemment au Paro de Paris qui a été exemplaire et qui a eu un rôle cardinal aux côtés d'autres comme le syndicat des évocats de France dans ma libération les mots de ma bâtonnière qui résonnaient et étaient relayés jusque au sein de la prison de Robos et qui me sont parvenus dans ce cadre là et qui ont probablement été aux côtés des efforts d'un certain nombre de gouvernements dont le gouvernement espagnol dont je salue l'engagement mais aussi le gouvernement portuguel et peut-être peut-être même du gouvernement français ont permis de régler cette situation mais d'autres personnes sont en prison encore et dont certaines de mon fait que ce soit un prétexte ou une vérité je sais la responsabilité que j'ai dans la situation d'un certain nombre de Sénégal je sais la responsabilité que j'ai pris en prenant le risque de me rendre au Sénégal de façon légale contrairement à ce qui était dit pour défendre un avocat pardon pour défendre mon client en tant qu'avocat et je sais que les conséquences que ça pouvait avoir sur un certain nombre d'individus mais je sais aussi le risque que je prenais en faisant ce geste nous avons ensemble décidé de le prendre et les conséquences sont potentiellement lourdes donc c'est avant tout à eux que je pense aujourd'hui vers eux que nous sommes engagés pour obtenir leur libération rapide mais de façon plus générale de façon structurelle et systémique pour s'assurer qu'il n'y ait plus ce genre de violence qu'il se répète et qu'on cesse ce régime d'utilisation de la violence mais aussi de l'instrumentalisation de la justice à des fins politiques j'invite Matissal à ce que ma libération soit la première à ce qu'elle ouvre la porte à la libération de l'ensemble des prisonniers politiques pour permettre encore une fois cette transition démocratique que lui réclame le peuple sénégalais je l'invite à faire cesser les violences qu'il infige Othmane Souko à le laisser se présenter librement aux élections qui viennent et j'invite la communauté internationale qui s'est intéressée au sort du Sénégal à travers mon affaire les nombreuses personnes qui se sont mobilisées pour la première fois au sujet de la situation au Sénégal du fait de mon affaire à prolonger leur effort et à inciter ce gouvernement souverain à faire ce geste qui permette de réduire les violences qui ont traversé et continuent de traverser autrement ce pays comme nous l'avons fait je pense avec un certain succès en saisissant la courpaine internationale ce qui a permis à mon sens déjà de réduire l'utilisation de la violence par le régime actuel pour réprimer les manifestations il faut que cet effort collectif continue il faut savoir passer la page je pense qu'il y a la possibilité peut-être la dernière d'une main tendue pour sortir de cette situation autrement je crains que les heures qui attendent ce pays soient sombres et que ce soit encore une fois le peuple sénégalais qui empaie les conséquences nous ne le souhaitons pas notre client ne le souhaite pas et il espère que la raison ne revienne pas et qu'encore une fois à travers cette première libération d'autre suivre nous avoir pris celle d'un journaliste reconnu à Dakar ce jour qui a été détenu de façon parfaitement injustifiée mon confrère à la carrière a été libéré il faut que ce mouvement s'étende et que le Sénégal retrouve sa normalité démocratique peut-être une deuxième question
est-ce que dans les conditions présentes vous allez continuer à défendre son cours
j'ai encore reçu des instructions de sa part aujourd'hui quant à cette conférence de presse il m'a demandé d'utiliser ma situation de vous l'exposer afin qu'elle serve d'illustration de ce que traversent des milliers d'autres Sénégalais qui n'ont pas ma chance je répète je le redirai encore et encore c'est un privilège et cela m'oblige de vous avoir devant moi parce que des milliers d'autres individus de par le monde et au Sénégal en particulier n'ont pas cette chance et ne peuvent pas s'accrocher à l'espoir que vous représentez pour sortir de la situation qui est là le soin de son co comme je vous l'ai dit souffre d'une insuffisance renale du fait de sa grève de la faim a eu une crise d'hypogétinée sévère qui l'a amené à faire un malaise et être admis haute urgence sa situation se stabilise je le répète nous lui avons demandé de cesser sa grève de la faim et nous espérons qu'il comprendra les motifs de notre demande parce que nous considérons qu'il est trop important pour trop de personnes je l'ai vu à Rebus son sort détermine le sort de milliers d'autres personnes ils attendent de lui qu'il soit à leur côté y compris dans la difficulté et les épreuves que lui font traverser le régime actuel
nous ne sommes pas
des porte-parole politique mais
deuxième question je l'ouvre votre courage mais qu'est-ce qui prouve que quand vous-même vous dites que vous avez traité de bâtissage devant la CPI quels sont les chances pour qu'une telle demande aboutisse
sur la première question la dissolution du PASTEF de la même façon que les tentatives de mettre fin à la candidature d'Ousmane Sonko en prétextant d'une contumace donc d'un décement par contumace ne sont que des artistes juridiques sans effet Ousmane Sonko jusqu'au bout portera la parole du grand peuple des déshérités et s'assurera qu'elle soit portée aux élections qui viennent que ce soit à travers le PASTEF si les recours qui ont été engagés par mes confrères au Sénégal aboutissent ou à travers un autre parti de la coalition d'opposition qui s'est mise en oeuvre que ce soit en son nom si Macky Sall revient à la raison et cesse cette persécution judiciaire contre lui ou à travers d'autres personnes qui pourront se présenter en son nom et porter sa parole à qui il donnera mandat pour le faire et contre lequel Macky Sall ne pourra rien et ça c'est un message important que nous adressons respectueusement au président du Sénégal il nous semble impossible d'éviter qu'en février 2024 les idées d'Ousmane Sonko soient représentées et il est donc déraisonnable d'insister sur cette voie et en ce qui concerne la groupe nous ne sommes pas juges et nous ne sommes pas procureurs et je pense qu'en général lorsqu'on a fait le choix de la défense de la robe c'est justement parce que nous ne souhaitons pas devenir juges ou procureurs et de prendre en main le destin d'autres personnes et de faire face à des responsabilités qui peuvent amener à des destins tragiques nous n'avons donc jamais affirmé que nous allions traduire en justice son Macky Sall cependant les procédures que nous avons planchées auprès du procureur de la Cour Plain Nationale auprès des procureurs français et des juges d'instruction du pôle crime contre l'humanité du tribunal judiciaire de Paris ont toutes les chances de prospérer les victimes sont constituées au-delà évidemment des membres du PASTEF des familles de victimes de meurtre de torture les faits sont établis sont étayés et le travail que nous avons fait effectuer qui a été rendu public est suffisamment solide pour lancer l'ouverture d'une instruction qui mettra fin à toutes formes d'impunité cependant nous l'avons dit et nous le répétons notre espoir ce que c'est l'espoir d'Ousmane Sonko c'est que cette résolution soit sénégalienne d'abord politiquement et ensuite judiciairement Ousmane Sonko est un souverainiste et considère que c'est au peuple et en particulier au peuple africain de régler leur propre destin et si jamais une transition démocratique intervenait au Sénégal ce serait de façon privilégiée cette solution qui serait adoptée que ce soit par la création de chambres mixtes et d'un tribunal ad hoc qui permette de juger ces crimes ou à travers l'utilisation des juridictions naturelles qui sont aujourd'hui en capacité de poursuivre des personnes pour ces faits encore une fois notre seul tort dans la défense de cet homme et il me semble d'avoir permis une réduction de la violence au Sénégal et il est important que ce travail continue il est important que l'on comprenne que ma venue au Sénégal contrairement à ce qui a pu être affirmé n'était pas une provocation n'était encore moins une transgression ou la commission d'un quelconque délit mais il était au contraire la réaffirmation de principes fondamentaux de tout régime démocratique et libéral qui consiste à permettre à un homme d'être défendu par l'avocat qui se choisit et de ne pas avoir cet avocat poursuivi du fait de cette défense
Par rapport à votre contrôle judiciaire est-ce que c'est faisable quelles sont les conditions est-ce que vous pensez que c'est une décision sérieuse ou simplement un club de la part des autorités judiciaires pour le Sénégal pour tout le reste comme des accords aussi j'ai lu quelque part que par rapport à votre mandat international c'est un procureur de la République qui devait le faire au lieu de la République c'est le procureur général qui devait le faire au lieu de le procureur de la République est-ce que ce mandat est-ce qu'il est résuméable ou pas ?
La justice a été instrumentalisée dans cette affaire et continue et continuera de l'être il ne s'agit donc pas pour moi de rentrer dans un débat qui virera à l'argussie rapidement qu'il soit procédural ou pas les seuls mots que j'ai prononcés devant la justice sénégalaise comme cela a été rappelé publiquement sont les mots qui ont été prononcés par l'une des figures les plus importantes du panafricanisme Thomas Sankara dans un discours à l'ONU ces mots étaient seule la lutte libère ces mots sont la seule réponse que j'ai adressée à la justice sénégalaise non par défiance mais justement par respect et c'est ces mots auxquels je me tiendrai aujourd'hui en réponse aux procédures qui m'étaient enclenchées à mon encontre j'appelle encore une fois le régime sénégalais à sortir de l'instrumentalisation des questions judiciaires et à rentrer dans une discussion de fond enfin avec ses opposants afin de permettre la transition démocratique à laquelle tout s'aspire au sein de ce pays
Excusez-moi
avant de prendre une autre question je souhaitais rebondir par rapport à une question qui a été posée par le doyen pour dire que bon s'agissant de la candidature de monsieur Ousmane Sonko tout le monde est conscient que la volonté affichée par les autorités au pouvoir au Sénégal c'est d'empêcher Ousmane Sonko d'être candidat et de devenir le président le cinquième président de ce pays ça c'est une volonté qui est affichée depuis des années et à partir de là il y a instrumentalisation à ciel ouvert de l'institution judiciaire si vous vous souvenez c'est récent il y a d'abord une première procédure soit disant pour des faits de viol qui ne tenaient pas de vous et puis il y a une histoire de diffamation Ousmane Sonko n'a pas été jugé par le tribunal correctionnel de Dakar il a demandé à ce que l'affaire soit renvoyée pour lui permettre d'être présent puisque les conditions ne s'y prêtaient pas du tout il y a ses avocats je le disais tout à l'heure il y a un des avocats notamment mon confrère qui a été empêché de se rendre au Sénégal il y a un des confrères qui était constitué dans le dossier la veille de l'audience a fait l'objet d'une mesure l'empêchant immédiatement d'exercer son métier d'avocat et le client n'a pas été autorisé enfin le client ne pouvant pas pour des raisons de santé prendre part à son procès et puis qu'est-ce qu'ils ont décidé ils ont décidé de le condamner malgré son absence malgré l'absence des avocats et et puis c'est pas fini lorsque la décision a été rendue le ministre en question qui avait engagé la procédure qui avait déposé plainte contre M.
Ousmane Sonko lorsque le verdict a été rendu a exprimé sa satisfaction quelques instants après a dit qu'il allait interjeter appel parce que ce qui l'intéressait c'était pas la condamnation pécuniaire de M. Ousmane Sonko puisqu'il était de partie civique mais ce qui l'intéressait c'était l'inégibilité de M. Ousmane Sonko si vous constatez dans les sorties médiatiques des ministres je ne parle pas de procureurs mais des ministres chaque fois qu'ils interviennent ce qui ressort de leurs préoccupations c'est l'inégibilité de M.
Ousmane Sonko donc l'institution c'est tout le monde est d'accord l'institution judiciaire sénégalaise est discréditée par le pouvoir en place elle est instrumentalisée que ce soit contre les avocats de M. Ousmane Sonko que contre M.
Ousmane Sonko lui-même donc à partir de là effectivement est-ce qu'il faut s'attendre à ce que la justice sénégalaise repose sa tâche au droit pour rendre ses décisions ou bien il faut une logique politique pour pousser les autorités à prendre conscience qu'il faut que ce pays soit libéré donc s'il faut attendre à ce que la justice sénégalaise donne à Ousmane Sonko l'autorisation de se présenter aux élections présidentielles je pense que là c'est faire vraiment preuve de naïveté voilà donc c'est pour cette raison qu'il s'agit d'un problème politique et la réponse ne peut être judiciaire mais politique voilà
je pense qu'il y a
une forme d'indécence à m'interroger sur les états d'âme que j'aurais pu avoir au nom dans des conditions qui vous imaginez étaient particulièrement dures je pense avoir maintenu une forme de dignité à tout instant notamment face aux autorités sénégalaises qu'elles soient policières ou judiciaires je pense avoir aux côtés de mes frères et sœurs de lutte tenu droit à tout instant de façon toujours respectueuse mais exigeante et sans concéder à quelconque moment à une quelconque forme de peur et d'intimidation malgré les forts et dangers auxquels nous étions confrontés nous continuerons à le faire encore une fois que ce soit auprès de Ousmane Sonko ou des nombreuses personnes qui luttent à travers le monde et que nous avons eu l'honneur et le privilège de défendre le Julian Assange le fondateur de Wikileaks dont je rappelle qu'il est encore enfermé dans une prison antiterroriste après des années de persécution par les Etats-Unis qui a fait l'objet de cavales séminaire à celle qu'a subi Ousmane Sonko
et qui n'a eu
pour seul tort que de rendre public des informations d'intérêt général concernant des crimes commis par des pouvoirs occidentaux j'ai eu son sort à l'esprit très souvent au cours de ces jours où j'ai été arrêté placé en garde à vue d'abord en Mauritanie puis enlevé transféré à Dakar et dans les jours précédents parce que j'avais conscience du risque du piège qui me serait tendu j'avais souvenir de façon précise que le mandat d'arrêt international dont on n'est pas certain de son existence réelle qui avait été annoncé par le procureur de Dakar avait été précédé 48 heures avant d'un signalement du 14-16 aux autorités judiciaires françaises et nous avions la conscience d'une potentielle instrumentalisation de cette situation à des fins politiques politiciennes dans mon pays en France et de l'instrumentalisation de l'instance judiciaire non plus seulement à Dakar au Sénégal mais également en France et dans ces conditions-là il m'apparaît important de rappeler l'universalité de la lutte à laquelle nous sommes aujourd'hui confrontés et de l'importance partout de veiller pour l'expert des principes que nous énonçons parce qu'il en va de la souveraineté du peuple de leur capacité à défendre leur bonheur et leur droit à la souveraineté et à l'intégrité et parce qu'il en va potentiellement de notre destin à tous les juges auxquels j'ai été confronté à Dakar les magistrats pourront demain faire l'objet de cabale similaire à celle que nous avons subie en tant qu'avocat il faut qu'ils en aient conscience si notre Europe ne protège pas si la fonction de journaliste si le mandat parce qu'il y a de nombreux maires qui sont aujourd'hui détenus à Dakar démocratiques si ce mandat démocratique ne protège pas et bien c'est l'ensemble des corps intermédiaires comme on les appelle qui sont exploités alors quelque part c'est bien parce que ça leur permet de vivre avec la peur que connaissent les simples citoyens entre guillemets de se rendre compte de cette vulnérabilité de ne pas se sentir protégé mais de l'autre côté évidemment ça fragilise l'ensemble des institutions et donc la stabilité du pays il faut prendre garde à force de vouloir préserver à toute fin notre influence la sorte de cohésion artificielle que les régimes autoritaires permettent sur le territoire donné de mettre en oeuvre de ne pas nourrir de ne pas mettre en germe la violence voire la guerre civile parce que la décomposition des territoires et des états pardon de la sous-région est encore envisageable avec des conséquences catastrophiques qui pourraient marger et il ne faut pas oublier que le phénomène djihadiste est nourri par des logiques de concurrence et tactique est nourri par le système tel qu'il existe aujourd'hui et tel qu'il est maintenu artificiellement sous respiration artificielle pardon par un régime politique il y a vraiment une réflexion à avoir de fond là sur ce qui est en train de se passer je pense que ce qui se passe au Sénégal ce qui se passe au Niger de façon coagulée et évidemment s'influençant actuellement la position de la France des états occidentaux au Sénégal est influencée par ce qui se passe au Niger est influencée de façon générale par les changements politiques qui sont intervenus au Burkina qui s'installent sans racine au Centrafrique et la peur que cela suscite en nous gouvernant sauf que cela peut amener à des mauvais choix à des erreurs voire à des qui auront par nombre des conséquences potentiellement catastrophiques pour les peuples qui seront prises en otage de ces luttes d'influence il faut sortir justement de cette dynamique qui consiste à favoriser un tel régime ou un autre sur le fondement de luttes d'influence de politiques il faut renouer avec une forme de coopération et d'engagement avec et pour les peuples la politique diplomatique de la France si elle souhaite retrouver son influence doit s'adresser directement aux populations doit mettre en place des politiques d'investissement d'éducation de formation d'échanges culturels à égalité dans les deux sens qui touchent directement les populations c'est la seule façon pour la France de recouvrir une forme de respect une forme d'écoute au sein de populations qui n'en peuvent plus de ces jeux de pillages d'influence et de tricherie mutuelle sauf que et c'est la seule incise politique peut-être que je vais me permettre par rapport à la situation en France on a l'impression que notre gouvernement ici est tout aussi aveugle aux aspirations de son peuple souverain qu'à d'Aqqa c'est ce qui explique probablement que la parole que je porte au nom de Ousmane Sonko ait cette influence à Dakar et qu'à l'inverse la lutte du peuple sénégalais ait cet écho en France au sein d'un certain nombre de mouvements notamment des Gilets jaunes il y a une identité mutuelle qui s'est créée on a l'impression d'être confronté à des problématiques similaires ces problématiques semblent identiquement ignorées par nos gouvernements sur les territoires avec des gestions et des formes de violences qui sont certes différentes à la fois en termes d'intensité et d'organisation mais qui trouvent aussi des échos communs et c'est encore une fois du coup à l'horizontale et de façon très humble et très admirative que je me suis engagé pour porter cette parole d'Ousmane en son nom avec un respect et une admiration qui ne sont pas fortes il nous apprend beaucoup et le peuple sénégalais nous apprend beaucoup à travers lui j'avais le privilège d'échanger quotidiennement avec M.
Sonko jusqu'à son arrestation et c'est là aussi à mon avis une conscience de la part du pouvoir sénégalais c'est-à-dire l'importance du lien que nous avons formé qui peut-être est plus puissant encore que celui qui naturellement se forme entre un avocat et son client dans le cadre d'une affaire pénale particulière et c'est probablement ce à quoi le gouvernement sénégalais mais probablement aussi mon gouvernement souhaitait s'attaquer pendant ces périodes j'appelle encore une fois un changement d'attitude non de façon obélicueuse ou provoquante non pour défier que ce soit Matissal ou l'Elysée mais leur demander de prendre conscience qu'ils sont rentrés dans une dérive qu'ils sont allés trop loin qu'ils sont allés trop loin parce que le soutien que j'ai eu l'honneur de recevoir pendant cette période provenant de toute famille politique de personnes qui se sont opposées férocement à moi ces dernières années qui m'ont déconsidéré pour de nombreuses raisons et significatifs non pas de ma valeur mais au contraire de la gravité de la transgression qui a été commise par les personnes qui nous font face et c'est pour défendre un certain nombre de valeurs que ces personnes ont décidé de me défendre moi j'en ai pleinement conscience et je salue leur capacité à avoir dépassé les différents pour s'engager de cette façon
Merci beaucoup facecheck sénégal .
Alors maître il y a certaines questions que beaucoup de Sénégalais se posent vous êtes arrivé au Sénégal en français par la ganglie selon des informations venant du ministère de l'intérieur sénégalais vous êtes arrivé à Dakar vous avez assisté à la conférence de presse des avocats de Kousman Sonko vous avez fait un discours un texte de 10 minutes vous êtes reparti qui est vite et bien embarqué dans son véhicule vous avez tenté de tuer le Sénégal passant par une pirogue le pleuve sénégal arrivé en Mauritanie interpré et venu aux autres des Sénégalais à la ville pourquoi vous n'avez pas voulu rester sur place après votre conférence presse et défier les autres Sénégalais et puis vous avez préféré partir en fuite et vous savez que ce n'est pas possible ce n'est pas facile et c'est juste la periode la merde l'océan est-ce que qu'est-ce que vous avez arrivé au Sénégalais et au monde en qui ils ont suivi cette que si on regarde
objectivement avec un peu de distance tous les éléments qui soient vrais ou faux que vous avez énoncés deviennent insignifiants si on regarde la situation dans son ensemble encore une fois du Sénégal et le caractère massif des violations des droits fondamentaux du peuple sénégalais et du nombre de personnes qui les subissent aujourd'hui et des conséquences potentielles que cela peut avoir pour le destin de millions de personnes et c'est à mon avis de cela et de cela seul dont il faut parler et non pas faire nourrir la chronique du spectacle du scandale qui m'apparaît très indécente dans ces circonstances que j'ai vu à Rebus c'est de cela dont je souhaite que l'on parle c'est de cela dont il faut parler et non pas le sort d'un petit occidental blanc qui peut-être parce qu'il est un petit occidental blanc a eu le privilège de voir une attention particulière se lever sur lui que ce qui m'est arrivé comme elle demande Ousmane serve simplement d'illustration moins être particulièrement protégé moins être dont on sait les conséquences que cela aurait d'atteindre à son intégrité si l'on sait t'attaquer à moi de cette façon imaginez-vous ce qui arrive au quotidien pour des millions de Sénégalais qui ne bénéficient pas des protections qui sont les miennes voilà la seule chose qui compte aujourd'hui exposer la situation actuelle dans ce pays en sachant que à travers cette lutte bien d'autres s'en nourriront et qu'elle permettra par répercussion comme je l'ai dit quand j'ai dit à Dakar de la Guadeloupe à la prison de Belmarche en passant par bien d'autres peuples et bien d'autres personnes en lutte de mettre en avant leur situation et ce que cela en coûte y compris dans des régimes d'apparence démocratique de tenir droit de ne pas plier et de se maintenir fier à ses principes quel qu'en soit le coup et quels que soient les risques que l'on prend pour le faire si ce qui m'est arrivé peut servir d'exemple et si l'on cherche à salir de différentes façons ce que j'ai fait c'est justement pour éviter que cela servait c'est justement pour décourager des personnes qui pourraient se sentir inspirées par ce geste par cet engagement et par ce courage donc je refuse de rentrer dans à la fois cette mise en scène potentielle de ce qui s'est passé et dans le débat que l'on chercherait à créer sur les conditions ce qui a été fait a été fait c'est très clair je suis venu au Sénégal défendre un homme parce que cet homme me l'avait demandé je l'ai fait dans le respect des principes fondamentaux de ma profession des lois des règlements on a voulu me le faire payer cher et tout un monde s'est levé pour l'empêcher et ceux-là ceux-là et ceux-là et ceux-là seuls
qui doivent être rappelés oui je souhaiterais rebondir là-dessus pour dire qu'effectivement de ce qui est arrivé à notre confrère je me répète puisque c'est quand même important de ce qui lui est arrivé moi je pense qu'il faut retenir l'essentiel l'essentiel c'est quoi c'est les difficultés que rencontrent les avocats pour exercer leur métier lorsqu'il s'agit de la défense de monsieur Ousmane Sonko et de toutes les victimes de la répression militaire au Sénégal ces derniers temps parce que mon confrère n'est pas allé au Sénégal pour faire du tourisme il est allé là-bas en qualité d'avocat pour assurer la défense des intérêts de ses clients et de notre client commun je pense que c'est l'essentiel c'est ce qu'il faudrait retenir et il y a une première c'est même pas une tentative puisque moi je me suis rendu au Sénégal j'étais présent à l'audience correctionnelle dans le cadre de l'affaire de la diffamation il devait être là aussi bon j'ai eu la chance d'arriver l'avant-veille mais si j'étais dans le même avion que lui peut-être j'aurais été aussi reconduit aux frontières il a été reconduit aux frontières alors qu'il assure la défense d'un individu qui est resté je pense qu'il faut le rappeler 56 jours ça on le dit rarement Ousmane Sonko est resté séquestré chez lui 56 jours sans recevoir la visite de ses avocats les avocats ont été empêchés de tout contact avec leurs clients ça c'est quand même inimaginable et puis là on reproche à l'avocat d'avoir trouvé des moyens légaux pour se rendre au Sénégal il n'est pas passé par l'aéroport international de Dakar mais il est passé par d'autres voies légales pour rentrer au Sénégal on lui reproche de ça bon donc moi je pense qu'effectivement dans d'autres circonstances on aura peut-être si cela s'avère utile de parler des circonstances de son arrivée pourquoi il est passé par la voie maritime ou bien la voie terrestre ou bien la voie aérienne mais ce qui est sûr c'est qu'il est allé au Sénégal non pas pour faire du tourisme mais pour dans le cadre de l'exercice de son métier d'avocat pour assurer la défense nous savons qu'au Sénégal lorsqu'il s'agit de la défense de M.
Sonko c'est risqué la preuve il y a des confrères qui sont sur place qui font l'objet des poursuites judiciaires qui font l'objet des mesures disciplinaires il y a certains qui ont été suspendus et il y a un harcèlement qui est exercé sur les avocats de M. Ousmane Sonko la défense est décimée donc voilà c'est dans ces circonstances que notre confrère s'est rendu sur place
une question vous avez fait quelques jours la prison aujourd'hui vous êtes on peut dire un droit de l'homiste aujourd'hui dans les prisons sénégalais il y a beaucoup de citoyens qui sont embastillés est-ce que vous pouvez nous décrire les conditions dans lesquelles parce que le plus souvent les prisonniers quand ils bénéficient d'une liberté provisable ou d'une liberté totale ils ont des secrets est-ce que les quelques jours vous avez visité en prison vous pouvez nous décrire des conditions d'Afrique les prisons sénégalais dans quel état
elles se trouvent j'ai dormi j'ai dormi aux côtés de corps torturés de corps qui portaient la trace de lourdes tortures il est très important que cela soit su les cicatrices liées à des violences policières qui n'étaient pas exceptionnelles j'ai vu des corps j'ai vu des corps qui ont été traversés par des balles j'ai vu ces blessures dont on m'avait fait transmettre les photographies les preuves documentaires qui ont été adressées à la courbe internationale et aux juridictions françaises je les ai vues de mes propres yeux entassés par centaines dans des conditions inhumaines inimaginables dans lesquelles des individus ne peuvent se déplacer faute d'espace pour aller uriner sont obligés de faire leurs besoins sur place souillent et en tâches ceux qui sont à leur côté et restent pendant des heures dans cette position sans pouvoir s'allonger s'écarter ou tout simplement circuler cette situation elle est le fruit direct des choix politiques qui ont été faits par le régime actuel parce que cette surpopulation carcérale massive on parle encore une fois je le répète d'une prison construite pour 600 détenus qui en accueille 3000 3000 cette situation elle est le fruit du choix d'une répression féroce massive utilisant la justice pour éliminer les adversaires politiques des adversaires politiques à toutes les échelles il y avait à mes côtés des individus qui ont été placés en détention provisoire par des magistrats sur ordre direct du président de la république parce qu'ils s'étaient sentis offensés d'une comparaison qu'ils avaient pu faire sur un post-sur-File c'est important de l'entendre ces hommes c'est des pères de famille cet homme en particulier Mohamed Bilal-Diop est placé en détention provisoire donc sans jugement depuis plus de 4 mois pas de quasi-judiciaire maire d'une commune il continue d'ailleurs à exercer depuis la prison son mandat comme il le peut et donc je veux encore une fois que ces mots traversent les murs de ces prisons et les fassent rugir eux qui sont détenus dans une situation où ils pourraient se croire oubliés sans espoir ou abandonnés par des personnes qui l'ayant traversé éphémèrement comme c'est le cas en seraient sortis et préféraient tourner la page et ne plus jamais les regarder c'est l'inverse qui va se produire ils ont commis l'erreur fondamentale de me faire voir ce qui ne saurait être vu parce qu'encore une fois même mes confrères n'ont pas accès aux chambres de détention ils sont évidemment retenus au niveau des parloirs donc ils entendent ce que leur dit
leur client
mais moi je me suis retrouvé au milieu de ces personnes de leurs espoirs de leurs craintes et de leurs inquiétudes et c'est ce qui m'a amené à demander à Ousmane Sonko d'arrêter sa garde à vie pardon sa trêve de la faim parce qu'ils ont besoin de lui ils ont besoin de cet espoir qu'ils représentent parce que cet espoir c'est tout simplement celui de retrouver une vie normale de sortir de cet enfer il faut aussi que les personnes qui se rendent au Sénégal pour faire du tourisme pour retrouver les leurs aient conscience qu'à quelques pas de là sur la corniche de Dakar au centre de la terre des milliers d'êtres humains sont entassés comme de la volaille parce qu'ils ont osé penser lutter lutter
est-ce que vous pouvez pas nous préciser parce que c'est important pour l'avenir les conditions pour lesquelles votre contrôle judiciaire sont assortis exactement
pour des raisons diverses je préfère ne pas parler du fond de cette affaire qui n'en est pas une qui n'en est pas une à mon sens et qui n'est qu'une pièce dans le rapport de force politique qui a tenté de mettre en oeuvre le régime à l'égard de son principal opposant et donc commenter le fond de cette affaire ce serait rentrer dans le piège de ces dialectiques c'est de la même façon et pour cette même raison que je ne rentre pas dans les arbusties juridiques qui touchent la situation judiciaire de ce Mme Sonko nous avons tous conscience aujourd'hui que cette situation judiciaire est directement le fruit de son engagement politique et d'ailleurs quelque part heureusement heureusement qu'il est enfin poursuivi politiquement de façon assumée après des années passées à le salir à tenter de le dégrader de pouvoir enfin assumer la nature politique des poursuites qu'il subissait aujourd'hui M.
Sonko il n'y a pas besoin de supputer à cet égard c'est assumé par le pouvoir et poursuivi pour des raisons politiques les interactions pour lesquelles les places d'attention provisoire sont politiques par nature et donc nous pouvons enfin discuter honnêtement de la situation de M.
Sonko sans nous perdre dans les questions relatives en effet à la diffamation aux conditions enfin le vrai débat se pose est-ce qu'il est normal acceptable est-ce que nous souhaitons qu'il soit possible de faire arrêter un opposant politique parce qu'il est un opposant politique c'est aussi simple que ça aujourd'hui est-ce que le fait d'avoir des mots consistant à résister à des injustices et à proposer des réformes fondamentales de ce pays peuvent suffire à amener à se retrouver privé de ses droits et emprisonné M. Sonko a souhaité que je vous rappelle c'est un point important que tout cela commence par sa radiation quand même c'est-à-dire que M.
Sonko devient un acteur politique de son pays parce qu'il dénonce que c'est cette corruption et qu'il est radié de la fonction publique c'est-à-dire que tout commence par une persécution tout commence par un engagement de sa part dans une forme de vérité et de défense des intérêts populaires qui à l'époque était désintéressé au sens politique du terme il ne cherchait pas à se faire élire il dénonce quelque chose il est ravi de la fonction publique et au lieu de se taire de s'écraser il prend à la volée le problème et il décide de s'ouvrir c'est très bien et bien maintenant aujourd'hui on en arrive à la situation qui fait qu'on cherche à lui faire payer par des peines qui peuvent aller jusqu'à la perpétuité cet engagement-là ça c'est important aussi qu'on le sache pour plusieurs raisons d'une part parce que plus vous accroissez le coût de l'engagement politique dans une société moins sa vitalité démocratique est possible pas seulement à l'égard de la personne que vous sanctionnez mais à l'égard de tous les autres qui se sentent intimidés ça c'est important que quoi que vous pensiez des positions du Sommel Sonko vous êtes en train de détruire l'édifice démocratique d'un pays en acceptant sa persécution et le deuxième point c'est tout simplement que c'est moralement peu acceptable en fait de se retrouver dans une situation comme celle-ci où le pouvoir utilise des instruments qui sont faits pour défendre l'intérêt général les intérêts d'une population pour se maintenir au pouvoir et procéder à la défense de ses intérêts donc dans ces circonstances le défendre encore une fois c'est bien au-delà de ce que l'on peut penser de l'individu ou pas c'est tout simplement s'engager pour des principes qui me semblent assez fondamentaux et qui encore une fois ont une résonance directe avec des luttes qui sont menées y compris dans ce pays et qui affectent aussi par ailleurs d'un point de vue de la raison d'Etat les intérêts profonds de ce pays
nous savons tout ce qu'il y a nous savons tout ce qu'il y a nous savons tout ce qu'il y a nous savons tout ce qu'il y a nous fait le fil même un nazi qu'on aurait attrapé ou les droits et une défense aujourd'hui même les avocats sénégalais n'ont pas accès vous pensez personnellement est-ce que c'est par rapport à la plainte de ces pays
ou votre premier tweet que cette animosité est excessive Ousmane Sonko m'a appris à ne pas spéculer sur les intentions de l'adversaire c'est quelque chose qu'il me dit à chaque fois qu'on échange il me dit pourquoi ils font ça si on commence à se perdre dans des spéculations ils ont déjà gagné c'est-à-dire qu'on devient prisonnier d'hypothèses qui peuvent être vérifiées ou pas donc en fait qu'importe le pourquoi ils l'ont fait ils agissent de telle façon et nous nous réagissons nous nous défendons et nous essayons de nous adapter afin de s'assurer que ces stratégies et ces tactiques ne soient pas appliquées Ousmane Sonko est dans une position où il peut surtout ne pas s'adresser au peuple sénégalais il ne peut pas préparer lui-même sa peut-être probable élection que ce soit par lui-même ou par un tiers puisque ce sera finalement ce qui interviendra si jamais on l'empêche de se présenter directement les peuples sénégalais choisira quelqu'un qui agira en son nom jusqu'à ce que justement se règle cette situation en toutes circonstances je pense que c'est au détriment de l'ensemble du peuple sénégalais
M. Roséquier-Latata certainement vous avez l'encontré des consuls payés quel est le mot qui devenait le plus quand ils vous l'encontré
J'ai pleuré d'émotion j'ai pleuré d'émotion à de nombreuses reprises et c'est la seule fois d'ailleurs que j'ai pleuré quand ils m'ont témoigné de leur estime et de leur soutien quand un des co-détenus m'a dit qu'il avait pleuré pendant la conférence de presse que nous avions donnée à Dakar et que de façon générale on m'a dit que cela leur avait redonné de l'espoir du courage et de l'envie de se battre j'ai y compris dans les fourgons qui me trimbalaient d'un lieu à l'autre vu des visages qui se rapprochaient du mien qui m'envoyaient des signes et j'ai vu en sortant de la prison de Dakar lors d'une de mes extractions la prison rugir de soutien et c'est donc le point levé que je suis sorti accompagné de de leurs cris qui sont des cris d'espérance parce que ce sont des personnes que l'on prive de leur droit à la parole et qui ont trouvé en moi un allié une personne qui permette ponctuellement de pallier aux impossibilités qui sont faites à leurs représentants de défendre leur parole aujourd'hui c'est moi si ma détention s'était poursuivie cela aurait été quelqu'un d'autre et dans cette course de relais que nous maintiendrons et bien tout simplement la liberté et la souveraineté
il y a quelqu'un
qui n'a pas posé des questions pour l'instant
maître bonjour j'aimerais poser des questions qui pourraient faire espérer une personne j'aimerais de votre bouche une réponse sincère qu'on s'est précisé j'aimerais savoir comment on vous a laissé ce peuple debout on va finir
peut-être sur ce point je vais répéter en fait ce qui a déjà été dit le peuple sénégalais nous a donné un exemple et continue de le faire en se levant massivement pour défendre l'honneur dans un premier temps puis la liberté d'un homme parce qu'ils avaient conscience que cette lutte était celle qui permettrait de garantir la défense de leurs intérêts et leur souveraineté ils l'ont fait aux côtés et pour un homme qui lui-même refuse une quelconque compromission que ce soit avec des régimes étrangers ou que ce soit avec d'autres forces politiques dans les cadres des accords corruptifs que met en place régulièrement le régime pour réintégrer un certain nombre d'opposants politiques d'opposants politiques tout en conditionnant leur opposition et en conséquence un restreignement Ousmane Sonko a tenu droit il n'a rien d'échelle il n'a rien concédé et c'est pour les rendre hommage et en réponse à cette force que le peuple sénégalais s'élever et le monde entier le monde entier doit regarder avec admiration cette force qui aujourd'hui fait encore tenir debout des milliers de détenus politiques dans des conditions inhumaines propres des pires dictatures qui n'aient jamais existé c'est avec un grand respect une grande émotion que nous devons les regarder et c'est pour cela c'est parce que j'ai vu ce peuple se lever et c'est parce que du coup j'avais confiance en ce peuple que j'ai pris le risque de me rendre à ta car pour être à la côte la dernière question peut-être est-ce que vous croyez
que cette chronique n'a pas lié à la situation de votre client et n'a pas renforcé la situation pour lui et la donne dans le second plan de la guerre
au contraire elle a mis en lumière pour de nombreuses personnes qui n'avaient pas conscience de l'existence de cette problématique en France et ailleurs que le Sénégal n'était plus le pays que l'on avait longtemps respecté du fait de son engagement pour les droits de l'homme la démocratie et pour sa stabilité elle a permis de rendre visible d'abord avec notre procédure auprès de la propriété internationale la multiplicité des exactions et des crimes qui ont été commis et dans un second temps la situation d'Ousmane Sonko enfin la situation de ceux qui sont aux côtés d'Ousmane Sonko y compris encore une fois lorsqu'ils sont protégés privilégiés comme cela a pu être mon cas du fait de mon statut d'avocat et du fait de ma condition Ousmane a je pense été ému c'est ce qui me revient de ce qui s'est passé et c'est évidemment aussi pourquoi nous sommes sortis immédiatement nous avons refusé au cours de ces conférences de presse de nous attarder sur ce qui me serait arrivé ou non parce qu'il serait indécent de se centrer sur ce petit cas particulier qui n'en est qu'un parmi les milliers et qui n'a en rien une importance supérieure à celle de ceux que j'ai vus au quotidien à Robus les personnes qui ont commencé à me confier leur dossier pour que je m'occupe de leur défense et que je tente de leur enfoncer à leur tour ce à quoi je me suis occupé pendant les jours où j'étais présent sur place et de façon plus générale aux victimes que nous continuons et continuerons de défendre à travers les nombreuses procédures que nous avons enclenchées pour essayer de leur permettre d'être protégés à l'avenir c'est le plus important et plus justice au fait à leur égard et je pense que
on nous entend pas pour les Sénégalais de la diaspora qui sont là et qui veulent rentrer il y a un camarade il y a même pas deux semaines qui est parti en vacances à sa vie qui s'appelle Maudoba qui a été arrêté par l'État sénégalais en lui collant des motifs qui n'existent pas parce que personne on le connait très bien qu'est-ce que vous pensez des Sénégalais de la diaspora qui veulent rentrer et qui sont devenus maintenant prisonniens ici en France parce qu'il faut plus se déplacer au Sénégal dans la mesure ils ont une liste adressée devant l'aéroport
il faut qu'on se sentait là mais encore une fois il faut regarder la situation générale du Sénégal non pas encore une fois pour stigmatiser mais au contraire parce qu'il y a encore un espoir au Sénégal c'est ça aussi qui est très important il y a des pays où une nuit s'est étendue et sera très difficile à renverser au Sénégal nous sommes encore sur ce moment où toutes les bascules sont possibles et c'est pour cela que nous nous accrochons que nous assistons tant sur la situation actuelle c'est-à-dire que il sera bien moins coûteux en termes d'efforts d'éviter l'effondrement d'éviter de plonger dans un système autoritaire installé de façon définitive cela beaucoup moins coûteux qu'à l'inverse accepter cette lampe dérive qui sera mortifère et qui pendant deux décennies plongera non seulement les citoyens dont on parle et les détenus politiques dont on parle mais l'ensemble d'un peuple dans une situation dans laquelle il sera très difficile de sortir aujourd'hui la possibilité de sauver un régime démocratique existe il faut un effort important de la part des différents états des étrangers pour tenter de médier et d'inciter le régime actuel à rouvrir la discussion et éviter une nouvelle phase de transgression qui sera coûteuse en vie humaine qui sera coûteuse pour le peuple sénégalais pour leurs citoyens merci à tous d'être venus
merci beaucoup merci merci
Juan Branco