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Podcast / conversationEurope 1 (sur YouTube)· 14 mai 2025 14 minComplaisantPortrait personnelCulture, médias & sportInstitutions & élections

Jacques de Villiers : "Depuis mon plus jeune âge mes parents m'ont fait baigner dans cet univers"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 95 %Défensif 5 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Jacques Devilier, vous avez un nom célèbre, votre grand-père Philippe Deviler est très présent sur Europe 1. Vous partagez un goût pour l'histoire et le roman historique. Quel âge avez-vous ?

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Pourquoi avez-vous ce goût pour l'histoire et le roman ? C'est votre premier roman ?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    À quoi ressemble la France en 1285 ?

  • 8:00OuverteRéponse directe

    Qui est le bâtard du Roussillon ?

  • 12:00OuverteRéponse directe

    La jeune génération n'a pas de repères sur l'histoire de France. Pourquoi selon vous ?

  • 15:00OuverteRéponse directe

    Vous avez grandi en Vendée. Vous avez fait des études de lettres et d'histoire. Quel avenir vous voyez pour vous ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 7:00Jacques DevilierFait
    « Philippe Lebel est tout jeune, il a 17 ans »
  • 9:00Jacques DevilierFait
    « La France de 1285, c'est une France encore féodale »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

11h 13h sur Europe 1 Pascal pro. Alors Jacques Devilier, d'abord vous avez un nom qui est célèbre puisque votre grand-père s'appelle Philippe Deviler et qu'il est très présent sur cette antenne d'Europe 1 notamment news et puis vous partagez un goût mais manifestement c'est dans les gênes. C'est un goût pour l'histoire et j'ai envie de dire le roman historique.

Mais vous avez quel âge Jacques Devilier ? Écoutez, j'ai 22 ans, mais c'est vous êtes très jeune pour avoir écrit ce ce roman qui d'ailleurs ce roman qui se lit euh merveilleusement parce que il raconte une histoire, une épopée et que il y a ce goût que vous avez manifestement de raconter une histoire. Pourquoi avez-vous comment avez-vous eu ce goût pour l'histoire et puis ce goût pour le roman ?

C'est votre premier roman ? C'est mon premier roman. Oui, tout à fait.

Écoutez, je pense que c'est c'est un goût effectivement, vous dites dans les gênes, je pense que c'est beaucoup lié à la transmission. C'est vrai. Et depuis mon plus jeune âge, voilà, mes parents m'ont fait bénir dans cet univers là.

Mon grand-père qui a cette capacité, voilà, de de poétiser tout ce qu'il entoure et de raconter avec sa sa sa voilà son sa sa son génie narratif. Toutes les anecdotes de l'histoire de France, ça m'a marqué aussi. Et puis euh même même mon oncle Nicolas de Villier qui préside le P du fou aujourd'hui et qui a cette capacité aussi à à rendre spectaculaires les histoires.

Forcément, quand on baigne là-dedans dans ce bain là, dans ce bain créatif, et bien c'est assez naturellement que l'envie vous prend au moment de vous essayer à à l'écriture et c'est en trouvant et en cherchant voilà ce sur ce sujet de Philippe Lebel de la royauté de la Croisade d'Aragon qui m'est venue l'idée de de cette intrigue de ce roman. Alors effectivement, c'est un épisode assez bien connu quand même de l'histoire de France. C'est la croisade d'Arabogon.

Faut parler de Philippe Lebel. Philippe Lebel, c'est c'est le premier des rois maudits. Tout à fait.

Tout à fait. Philippe Lebel, c'est un roi à la légende sombre. C'est un roi dont Maurice Druon a a fait peut-être pour l'éternité, c'est à avoir un roi perçu comme un roi presque maléfique, je pourrais dire.

C'est-à-dire un roi manikéin, solitaire, austère, lointain de loin de son peuple et d'une certaine manière voilà un roi assez négatif. Loin de la vision que j'en donne dans dans le roman. Alors dans mon roman, Philippe Lebel est tout jeune, il a 17 ans.

Il est il n'est même pas au pouvoir en fait. C'est son père Philippe Le Hardi qui est encore roi pour un an et il va assister impuissant à cette croisade immense qui qui emmène une armée de plusieurs dizaines de milliers d'hommes du roi de France vers l'Aragon pour détrôner Pierre d'Aragon. Il va y assister et Philippe Lebel déjà très jeune à 17 ans et bien il s'en méfie. il se méfie de cette expédition, il respecte l'autorité de son père, mais c'est dans cette tension déjà qu'il habite parce qu'il est très méfiant quant aux objectifs politiques et même matériels de de cette croisade.

Et bien, c'est cette tension là qui m'a intéressé pour voir comment est-ce que cet épisode va déjà construire, fabriquer en lui quelque chose du futur roi qui qu'il saura plus tard et dont je pense et bien voilà qu'il a été un un immense souverain peut-être un des plus importants de l'histoire de France. le roi de fer tel qu'on l'appelait et puis un roi particulièrement cruel par exemple ses filles, je crois que ce sont ces filles qui avaient des amants. Il va faire chatrer les amants de de ses filles puisque l'adultère n'était pas une chose vraiment à la mode.

On est en 1285. À quoi ressemble la France en 1285 ? Écoutez, c'est c'est une excellente question parce que c'est vraiment ce qui motive tout tout mon roman.

La France de 1285, c'est une France encore féodale, pour prendre un exemple très parlant, c'est une France dans laquelle le roi est itinérant. C'est-à-dire que le roi n'a pas de palais dans lequel il réside avec les fastes de la cour, mais il il marche, il va à cheval euh de province en province, de ville en ville, de village en village. Parfois même il dort à la belle étoile quand il n'a pas pu atteindre son objectif.

Donc, il y a une dimension encore traditionnelle très importante, féodale et pour autant, il y a déjà l'héritage de Saint-Louis et il y a cette volonté de centraliser davantage le royaume, c'est-à-dire de le structurer, euh d'opérer une voilà un changement, une voilà une quelque chose qui qui rend l'État plus puissant, plus cohérent et qui lui donne une capacité à se défendre contre les ennemis de l'extérieur plus importante. Et donc c'est un siècle passionnant, c'est une période passionnante puisqu'elle est véritablement à la frontière entre deux mondes. Un monde comme celui que l'on connaît depuis et un monde ancien disparu mais qui à l'époque est encore vivant et bien présent.

Et c'est vrai que l'histoire de la France c'est une centralisation à marche forcée où on imposera d'ailleurs à tous ne serait-ce que de parler le français et on voudra gommer toutes les différences et c'est ainsi que la France deviendra la France. Alors le bâtard du roussillon, qui est ce bâtard ? Ja de ce bâtard est un personnage très étonnant et un personnage qui a réellement existé puisque je m'attache dans le roman à à créer un cadre le plus vraisemblable possible pour que mon lecteur puisse s'immerger dans l'histoire avec confiance en se disant on me raconte pas des histoires, je suis pas là pour transformer l'histoire.

Mais pour en revenir au bâtard du Rossillon, c'est un personnage issu de nulle part, qui n'a pas d'attache, qui n'a pas d'origine et qui pourtant pour une raison assez mystérieuse devient gouverneur de la ville d'Elne qui est juste à côté de Perpignan en Rousillon et qui a à l'époque la capitale du Rousillon. Et et bien, il va fermer les portes à l'armée du roi de France qui descend, une armée, je le disais, plusieurs dizaines de milliers d'hommes. Il va fermer les portes au roi de France, ce qui est tout à fait inexplicable.

Toute la région s'est rendue. Il n'a aucune chance de s'en sortir. C'est incompréhensible.

Et pourtant, il pose cet acte là en disant "Non, le roi de France ne passera pas." Et donc ce personnage là, très étonnant, très mystérieux et pourtant d'une liberté assez phénoménale et d'un courage ou d'une inconscience aussi grande, et bien il m'a intéressé parce qu'il va rencontrer et je n'en dis pas plus mais il va rencontrer le jeune Philippe Lebel au cours de multiples péripéties et et c'est cette rencontre là qui est intéressante entre un jeune promis aux plus hautes fonctions de l'État et quelqu'un qui n'est personne mais qui pourtant partage avec ce jeune promis un pragmatisme à toute épreuve et un sens des instincts et des évidences historiques. Alors, on l'appelle Philippe Lebel.

En fait, c'est Philippe I absolument qui a marqué l'histoire de France. Ceux qui se souviennent comme moi lorsqu'ils étaient enfants avoir découvert Philippe Lebel avec les rois maudits, se souviennent que c'était George Marchall qui interprétait Philippe Lebel qui était un vieil acteur. Il était pas forcément vieux d'ailleurs encore en 71 ou 72 mais c'était un très bel homme George Mar George Marchall et il y avait cette passion pour les rois maudits.

Ce qui avait été un succès absolument incroyable. Vous avez dit tout à l'heure que c'est Maurice Druon qui avait écrit sans doute aider euh Domon de Charles Rou. Euh c'est la légende en tout cas qui le dit.

Il y a eu je crois six ou sep épisode euh ça avait été réalisé par Claude Berma. Il y avait Jean-Pierre qui jouait le Baron écarlate, il y avait Louis Senier qui jouait le le banquier. Il y avait Maoui de qui était joué par François Seignier peut-être.

Et non Hélène Duc. Hélène Duc. Donc tout ça c'était des des comédiens de de la comédie française et c'est vrai qu'il y a une passion pour l'histoire qui ne se dément pas avec le puit du fou dans votre famille évidemment et et l'illustration le puit du fou qui est ouvert en ce moment et qui tous les jours fait le fait le plein.

C'est absolument incroyable cette passion pour l'histoire de France. Et en même temps, moi ce qui me frappe, c'est que la jeune génération euh n'a pas de repère sur cette histoire de France toujours et elle est noyée notamment dans la période du Moyen-Âge. Mais je pense que c'est lié à quelque chose d'assez paradoxal, c'est-à-dire que on a basculé peu à peu du roman du roman national vers une histoire plus scientifique qui se veut objective et c'est en soi une bonne chose.

Mais le travers de cela, c'est que finalement on ne célèbre les héros de cette histoire de France. Euh ce qui consiste pas à dire qu'on occulte les pages sombres, c'est pas la question, mais euh c'est plutôt l'idée que c'est dans ces pages sombres qu'émergent les héros et que c'est à ces héros qu'il faut s'attacher. Et pour ça, il y a une part de célébration nécessaire.

Et donc je pense que en s'éloignant progressivement de cette idée du roman national qui par définition célèbre et donc met en valeur de façon peut-être un peu légendaire certains personnages, et bien on arrive à quelque chose qui est beaucoup plus technique, beaucoup plus neutre et du coup beaucoup plus froid et qui par définition va moins passionner les jeunes générations. Mais vous voyez, moi vous disiez j'ai 22 ans, c'est vrai, mais en fait en baignant dans cet univers là depuis que je suis tout petit et bien c'est quelque chose que j'ai à cœur naturellement et les héros de l'histoire de France il me fascine, il m'émerveille parce qu'on m'a donné l'occasion de les voir. Donc je pense que c'est peut-être là que réside le secret.

Mais c'est vrai que ce que vous dites est tellement juste et on le disait d'ailleurs tout à l'heure sur l'histoire de France entre le discours par exemple de George Pompidou en 1969 qui célèbre Napoléon Bonaparte à à Ajaxo la naissance de Bonapart. Bonaparte est né en 1769. Entre ce qu'on dit de Bonapart, de Napoléon en 1969 et ce qu'on dit aujourd'hui de Napoléon qui est un personnage, je pense pour les plus jeunes quasiment euh comment dire négatif.

Je pense que si vous allez dans la rue et que vous demandez un gosse de 15 ans qu'est-ce qu'il pense de Napoléon, il va vous dire tout de suite peut-être esclavagiste, misogyne et tout ça. La légende noire l'a emporté euh alors qu'avant c'était un héros positif. Donc ça c'est forcément intéressant.

Vous avez grandi en Vendé ? J'ai grandi en Vendé. Oui, tout à fait.

Bon comme toute la famille, le berceau de la famille. Et aujourd'hui, alors moi je suis très impressionné parce que vous avez 22 ans. Euh c'est vrai, Géraldine doit l'être comme moi.

Euh je suis impressionné par votre votre aisance au micro. Je suis impressionné par ce livre que vous avez écrit et je me dis quel avenir pour Jacques Devilier euh lorsqu'on sait que cette famille s'intéresse à la politique et que j'imagine qu'on écrit jamais des romans historiques sans penser parfois à autre chose. Bien sûr.

Et d'ailleurs une une des questions mais une des questions principales du roman qui m'intrigue au-delà enfin qui m'intéresse au-delà de l'intrigue, c'est la raison d'état. C'est-à-dire cette capacité du souverain à poser des actes difficiles mais qui sont parfois nécessaires. Voilà, c'est quelque chose de très intéressant.

Mais pour vous répondre euh je pense que la la politique évidemment elle est au cœur de de au cœur de mes de mes de mes intérêts parce qu'elle est elle est passionnante et qu'elle nous concerne tous. Et vous avez envie de vous engager ? Euh à l'heure actuelle, je ne pense pas parce que ça n'est pas la voix que que je que que j'essaie d'écrire.

C'est plutôt à travers la la réflexion culturelle, la mise en valeur spectaculaire de l'histoire, des choses comme ça qui me tiennent plus à cœur. Mais je pense que voilà, se fermer définitivement la porte de la politique mais qu'elle soit dans un engagement local par pour commencer et bien c'est une erreur parce que il faut pas aller à la politique mais peut-être laisser la politique aller à soi et peut-être que dans 30 ans, dans 40 ans des gens qu'on avait pas soupçonné, ça ça ça voilà s'engageront en politique. C'est une chose que je pense intéressante et l'aborder comme plutôt un idéal au lieu d'une d'une d'un aspect technique me semble être une bonne approche.

Bon, Jacques Devilier est avec nous. Il a écrit le bâtard du roussillon aux éditions Fillard. 22 ans.

Il y en a qui font une dissertation et puis il y en a d'autres qui écrivent des romans historiques. Donc il y en a il y en a qui sont un peu en avance parfois sur les autres. Mais les études sont finies Jacques études sont presque finies.

Vous avez fait des études de J'ai fait des études de lettrre et des études d'histoire que je finis actuellement en Vendé à lises. Et ensuite, quel vous avez envie d'être écrivain ? Vous avez envie d'être ensuite je pense que vous avez raison, c'est l'écriture m'a m'a passionné et en fait j'ai pas trouvé difficile cet exercice là.

Au contraire, je l'ai trouvé passionnant. Alors, il est parfois un peu délicat et il faut tenir dans la durée mais c'est quelque chose que je veux continuer. C'est une certitude.

Écoutez, je vous je pense que vous allez avoir un grand avenir et à l'oral et à l'écrit. Alors, je pourrais lire bien sûr des des des passages. D'abord, c'est très très bien écrit.

Euh chaque habitant avait entendu compter la légende du bâtard du Rousillon au détour d'une conversation de boutique ou au coin du feu lors d'une veillée d'avant. On savait confusément qu'un jeune enfant avait été recueilli par le comte Nouno Sanchez des Rousillons. Il y avait bien longtemps de cela.

Le vieil homme désargenté, disgracié par le roi d'Aragon dans des conditions troubles, avait fini par sombrer dans la folie, se livrant à des crises aigues de violence. Il vivait solitaire dans son château des sanches engoncé dans la montagne au-dessus d'elle. Alors c'est très concret, c'est très visuel.

Donc ce qui est très intéressant, c'est à la fois très simple mais c'est la simplicité dans une langue et en littérature, c'est finalement comme dans toute chose d'ailleurs, le plus difficile à atteindre. Et je ne pense que ce roman est promis à un joli succès. Et puis peut-être il y en aura-t-il d'autres ?

Vous penchez déjà sur une autre histoire de Exactement. Ben en fait, j'aimerais balayer la vie de Philippe Lebelle et donc potentiellement écrire de futurs romans sur ce thème avec le bâtard du Rousillon. Je travaille déjà sur le suivant.

Et puis alors il avait effectivement fait brûler notamment comment s'appelait ce Jacques de Molet qui sur le bûcher avait dit Maurie Maurie vous saurez tous ma jusqu'à là combien ? Parce que la 10e génération 10e c'est 10e génération et de fait c'est pour ça qu'on a appelé les rois maudits. La légende, c'est que chaque roi qui a suivi Philippe Lebel a eu un destin cruel et funeste et a été de ce point de vue maudit.