La France perd un supercalculateur à 10 milliards d’euros !
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Et à la une, on a décidé de vous parler de ce sujet et pas d'un petit sujet tout simplement de 10 milliards d'euros bah qui s'évadent de la France. Bonjour Thomas Forê. Oui, bonjour à vous.
Merci beaucoup d'être avec nous ce matin. Vous êtes spécialiste du numérique, président et fondateur du réseau social Waller. Commençons par le début de ce sujet.
Qu'est-ce qu'un super calculateur et pourquoi est-ce indispensable dans la course à à Lia qui déchaîne les grandes puissances actuellement ? parce que ces 10 milliards dont on s'apprête à parler, ben ils ne sont pas actuellement dans les caisses de la France tout simplement parce que ça concernait un super calculateur. Donc c'est quoi un super calculateur ?
En fait, c'est un ensemble de machines d'ordinateurs, on appelle ça des serveurs, mais qui sont faits en l'occurrence spécifiquement pour pouvoir faire fonctionner des intelligences artificielles comme Chat GPT, cloud ou surtout Mistral puisque en l'occurrence la société française Mistral qui produit de l'intelligence artificielle, qui entraîne des modèles d'intelligence artificielle utilisait une partie de ces serveurs déjà de cette société euh en question. H il faut donc c'est aujourd'hui crucial d'avoir ces infrastructures, c'est crucial de les avoir chez nous parce que ce dont il s'agit ici c'est euh et je suis sûr qu'on va en parler, c'est infin la maîtrise euh des technologies par les Européens et par les Français en particulier. Hm.
Et justement, on va en parler, tout le monde pouvait se réjouir de ce projet parce que ce fameux supercalculateur eth ben il devait être installé à Boskel dans le nord de la France et il participait à ce fameux plan de 109 milliards d'euros d'investissement qu'Emmanuel Macron avait annoncé notamment lors du sommet de l'IA. C'était il y a quasiment c'était il y a un peu plus d'un an, c'est-à-dire en février 2025 2025. Mais cette fois-ci, qu'est-ce qui s'est passé ? parce que la France avait réussi à se réjouir de l'implantation de cette entreprise sur notre sol et avait déjà vanté le budget que celait lui rapporter.
Je rappelle quand même la seule la somme 10 milliards d'euros. Qu'est-ce qui s'est passé ? Bah ce qui s'est passé c'est tout simplement des négociations plus avantageuses avec les États-Unis.
Cette société, elle a signé des gros contrats avec des entreprises américaines récemment et en particulier la société anthropique. Alors anthropique, c'est l'intelligence artificielle qui s'appelle Claude qui est un qui est le premier concurrent de Chat GPT que le grand public connaît et qui fait partie des géants de l'intelligence artificielle. Ils ont décidé de de d'acheter donc des supercalculateurs et de louer ces ces machines à cette entreprise.
Et pas mais la contrepartie évidemment d'avoir ces gros contrats américains, bah c'était d'aller aux États-Unis installer les serveurs. Donc il y a pas eu de il y a pas eu de friction avec les Français, ça c'est important de le noter. Il y a pas eu de problème mais c'est évidemment un problème géopolitique et politique.
Oui. Est-ce que est-ce que sans enfin sans en effet évoquer des frictions qui auraient eu ou qui n'auraient pas eu lieu dans ce dossier, est-ce qu'on peut tout simplement reconnaître, est-ce qu'on peut expliquer la décision de cette entreprise à ne pas s'installer en France ? Parce que ben tout ce qu'on dénonce depuis des années, tout ce que dénoncent certains économistes, certains politiques, c'est-à-dire une fiscalité trop lourde, un territoire pas suffisamment attractif, des enjeux du futur qui ne sont pas suffisamment considérés en France, est-ce que ça c'est un argument valable pour expliquer la, on va dire cet envolé de 10 milliards d'euros ?
Moi, je suis pas alors d'abord, je suis pas dans le secret des de cette négociation, mais je ne pense pas que ce soit le sujet. Je pense que le sujet, c'est que les États-Unis ont mis beaucoup sur la table, euh ont expliqué à cette entreprise qu'elle devait qu'elle allait travailler avec les entreprises les plus importantes en dans l'intelligence artificielle qui sont américaines. Euh et que l'entreprise a tout simplement fait un choix économique.
Elle a d'ailleurs changé son siège social à New York. Donc ça devient maintenant une entreprise américaine. Donc c'est vraiment bien sûr un un un changement de dimension totale et exactement.
Et le sujet ce n'est pas seulement l'image hein, vous commencez vous commenciez à lesquisser au début de notre conversation, ce sont les infrastructures, les puces, l'électricité, la capacité de calcul. Bref, une capacité tout simplement à ce que notre pays soit souverain sur cette sur ces nombreuses dimensions et des enjeux du futur comme l'intelligence artificielle. Est-ce que la France après ce type d'épisode a encore aujourd'hui les moyens d'être parmi les leaders en Europe voire dans le monde de ces enjeux du futur, c'est-à-dire de l'intelligence artificielle ?
Oui, la France a a les moyens, ça souvent on pose cette question, elle a d'abord les moyens intellectuels, c'est-à-dire qu'on forme les meilleurs ingénieurs du monde. On a la capacité de comprendre, de mettre en place ces technologies sans sans aucune difficulté. Ce qu'il nous manque aujourd'hui, c'est probablement une politique plus agressive en matière de souveraineté.
Alors, on voit qu'il y a des efforts, que le sujet commence à à venir dans le débat public, mais c'est évidemment totalement insuffisant. Euh par exemple, pourquoi moi je reproche beaucoup toute cette politique de de True France, du sommet euh euh organisé par le président de la République qui a donné lieu à ces annonces parce que c'est beaucoup d'annonces justement, c'est beaucoup d'annonces de choses qui disent pas en fait. On accueille, on fait les poignées de main avec les sourires mais derrière peut-être qu'on ne suit pas suffisamment et comme vous le disiez à l'instant, on n peut-être pas suffisamment agressif pour s'assurer que bah ces projets, ils viennent bien s'implanter en France.
Exactement. Mais surtout, on essaie de faire venir des entreprises étrangères sur le sol français. Bon, c'est une bonne chose, mais est-ce qu'on n'oublierait pas un petit peu trop de de penser à faire grandir et croître nos propres entreprises ?
Oui. Et tous les talents sur le sol français avec toutes les compétences que l'on a et notamment les nombreux talents d'ingénieurs que vous avez évoqué au début de cette conversation. Merci beaucoup Thomas Foret d'avoir été avec nous spécialiste du numérique, président et fondateur du réseau social Wall de nous avoir expliqué pourquoi tout d'un coup la France qui se réjouissait quand même d'un projet à plus de 10 milliards d'euros sur son sol et des emplois notamment dans le sud et dans le nord de la France s'est retrouvé d'un coup évaporé pour des raisons un peu connues.
Merci d'avoir décrypté tout ça pour nous. Il est 8h24.
Olivier Faure