Comment éviter la pénurie d’amoxicilline ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
la question du jour bonjour Marguerite Catton bonjour Guillaume bonjour à tous je suis en compagnie de Frédéric bizard pour trouver la réponse à une question comment éviter la pénurie d'amoxicilline l'amoxicilline c'est un antibiotique à large spectre parmi les plus utilisés notamment pour les enfants ils constituent même les deux tiers des prescriptions d'antibiotiques pédiatriques bonjour Frédéric bizarres bonjour vous êtes économiste de la santé quel constat dressez-vous à l'heure actuelle des tensions dans les pharmacies de ville l'hôpital approvisionné des risques de pénurie cet hiver oui parce que les causes sont structurelles si vous voulez en a pour ce qu'on appelle les médicaments matures les médicaments anciens les médicaments qui sont tombés dans le domaine public on appelle les génériques ou les bios similaires pour les biotechnologies en fait on a une production qui s'est qui s'est concentrée dans les mains de moins en moins d'acteurs si on prend l'amoxicilline c'est un cas extrêmement intéressant d'abord parce que un des antibiotiques les plus prescrits les plus consommés on a en France un seul producteur qui est encore qui ne produit pas la substance active la matière la première il ne fait qu'assembler en Mayenne c'est c'est le laboratoire JSK la matière active elle est produite pour GSK à Singapour et ensuite vous avez un autre laboratoire qui est sans dose qui appartient à Novartis qui produit en Autriche et ça c'est les deux laboratoires qui produisent pour le pour le monde entier après vous avez des distributeurs puisqu'en fait on est dans un marché concurrentiel c'est pas la même chose que les marchés ce qu'on appelle le principe de nouveau produit innovants là on est sur les anciens produits donc vous avez tout un tas de de producteurs ou de distributeurs qui ont le droit parce que le brevet dans le domaine public de distribuer les médicaments mais eux ils produisent ils produisent principalement en Inde et en Chine on considère on a considéré au moment du comique il y avait 90% des antibiotiques qui étaient produits en Inde et en Chine faut voir que ce qui pose un problème essentiel notamment de sur un plan écologique sur un plan des normes environnementales aidé rabat une ville au de l'Inde 150 industriels ont concentré leur production d'antibiotiques là-bas ce qui fait qu'on considérait que chaque jour juste pour que vos auditeurs est une idée quand même du problème que ça pose et de la raison de la une des raisons de la pénurie c'est qu'on considérait qu'il y avait chaque jour dans les rivières de rejeter l'équivalent de la consommation en antibiotiques de la Suède donc il a fallu fermer parce qu'on est quand même y compris en Inde aujourd'hui de plus en plus regardant sur les normes environnementales on a fermé tout un tas de ces usines là donc y compris dans ces pays là on a restreint les capacités de production la semaine dernière la mission a terminé mystérielle mandatée par Matignon pour trouver des solutions aux pénuries médicament après conduisez un new dit l’européen début juillet c'est la commission d'enquête sénatoriale lancé sur le même sujet qui dévoilait ses recommandations pour l'instant en attendant le projet de loi de financement de la sécurité sociale qui viendra normalement avec la rentrée parlementaire on a vu qu'une seule mesure pour lutter contre le risque de pénurie donc jeudi dernier l'Agence nationale de du médicament a pris la décision d'augmenter de 10% le prix de l'amoxicilline à quoi s'engage des laboratoires en contrepartie oui je crois que surtout qu'il faut prendre conscience de malheureusement de la nullité de l'impact d'une telle mesure pourquoi pour augmenter les capacités de production il faut que il faut que l'industriel investisse dans son usine une nouvelle ligne de production en langage de nouvelles forces vives une augmentation de 10% du premier octobre afin avril enfin il y a qu'un effet d'aubaine entre guillemets si on peut parler de ce domaine pour le laboratoire apprendre bien sûr que le laboratoire va prendre mais il va il peut toujours on peut toujours le forcer à s'engager mais faut quand même comprendre qu'il y a des mécanismes économiques derrière on peut considérer qu'il y a les gentilles et les méchants que les labos sont forcément méchants mais les labos ils répondent à une chose assez simple qui est une incitation économique d'accord s'il y a de il y a seulement GSK qui produit en France c'est que les conditions économiques de production de l'amoxicilline en France ne pas rempli pour attirer de nouveaux acteurs la France est un pays a très forte consommation de médicaments la France est un pays riche avec une sécurité sociale qui solvabilise la demande donc croyez moi que s'il y avait un intérêt économique à produire en France il y aurait des producteurs bon donc tant qu'on ne considère pas que il y a un problème de fond sur donner une visibilité un cap au laboratoire mais pas de de six mois pas de septembre pour octobre vous voyez donner un CAP de long terme arrêtons cette régulation purement comptable c'est-à-dire je baisse le prix à peu près autant que les volumes augmente pour avoir aucune augmentation du budget du médicament et en contrepartie il y a plein de choses à demander au laboratoire plus de transparence des laboratoires des laboratoires qui pensent un peu à l'avenir c'est à dire que la représentation des laboratoires en France et est juste à un mot à la bouche c'est baisser les taxes alors qu'il y a tellement d'autres choses à restructurer pour l'industrie que là je pense qu'il y a d'autres choses à demander en ce qui concerne l'amoxicilline la pénurie elle n'est pas qu'en France aux États-Unis de la même manière elle est placée depuis octobre sur la liste des médicaments en pénurie par l'Agence du Médicament américain et qu'en France ce soit simplement parce que manque de visibilité externes il y a des facteurs internes après vous savez moi je suis un peu stoïcien c'est à dire qu'il faut savoir sur quoi on peut agir tout de suite on peut dire c'est la faute au monde c'est la faute à l'Asie c'est la faute à la mondialisation ok mais une fois qu'on a dit ça on n'a pas dit grand-chose donc il y a des choses qu'on peut faire tout de suite c'est-à-dire de redynamiser une production qui existe vous voyez et c'est ce que je dis c'est que c'est pas 10% sur 6 mois qui vont qui vont le faire oui il y a eu évidemment qui a ce phénomène de d'ultra financarisation de l'industrie pharmaceutique qui aurait dû être maîtrisé avant par les États dans le monde entier la France n'a fait que faire ce qu'on fait les autres c'est-à-dire laisser l'industrie optimiser son retour sur capital en sans considération de de critères de santé publique donc nous payons ce que nous avons nous récoltons tout ce que nous avons semé oui mais encore une fois pour repartir il faut à la fois une action européenne et vous voyez bien qu'il y a aucune nouvelle usine en Europe de la faire donc on voit bien que c'est un phénomène en effet qui est mondial et qui est européen mais la France souffre de mots plus graves que non mais je vais vous donner juste un chiffre 2008 la France était le numéro 1 dans la production en Europe d'accord avec près de 10 milliards de d'excédents commercial pour la pharmacie en 2013 nous étions numéro 3 avec 6 milliards d'excédents aujourd'hui nous sommes numéro 13 avec moins de 3 milliards d'excédents le numéro 3 c'est la Belgique qui a 22 milliards d'excédents commercial donc nous sommes quand même dans une descente assez dramatique de notre industrie Pharma et moins vous produisez plus vous avez de pénurie ceci dit à plus court terme en échange de cette hausse de 10% que vous jugez de court terme mais je le comprends bien l'élaboratoires se sont quand même engagés à avoir des stocks et normalement à fournir de octobre jusqu'à mars des quantités suffis d'amoxicilline donc normalement on devrait peut-être passer le cap de la pénurie de cet hiver encore une fois j'aimerais que vous ayez raison moi j'essaie de vous donner une image assez réaliste vous n'y croyez pas parce que je vois bien je sais que les laboratoires ne vont pas engager les ressources suffisantes pour garantir cette usine de GSK à Mayenne exporte 80 % de sa production vous voyez donc 20% donc elle est assez libre vous voyez pour en fait trouver les débouchés qu'il le faut la demande est bien supérieure à l'offre donc le rapport de force entre les États et les laboratoires il faut les gérer avec une une un certain équilibre certaines raisons j'ai une dernière question à laquelle je voudrais que vous puissiez répondre très rapidement Frédéric bizarre quand il est difficile d'augmenter l'offre l'autre manière d'éviter les pénuries c'est évidemment de réduire la demande vendredi dernier le gouvernement a décidé d'autoriser les pharmaciens à délivrer eux-mêmes des antibiotiques pour certaines infections sans ordonnance médicale mais après un test vérifiant l'origine bactérienne est-ce qu'à votre avis peut-être que j'avance c'est une manière de réguler la prescription de antibiotique mais c'est une très bonne mesure parce que je pense qu'il faut en effet à partir de ces tests qui sont fiables et y compris d'ailleurs on pourrait y mettre les laboratoires les biologistes médicaux une fois que vous avez un test fiable il faut raccourcir les délais d'accès pour l'usager ce qui compte c'est ce qui compte pour l'usager le service à l'usager et une fois que les pharmaciens avec ce test là ce qu'on appelle ce trotte ces tests rapides ont détecté que c'était bien une bactérie il faut leur donner évidemment le droit à la prescription c'est une très bonne mesure merci Frédéric bizarre je rappelle que vous êtes économiste de la santé professeur association à l'escpe Europe président de l'Institut de santé merci Marguerite Catton
David Margueritte