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Interviewfranceinfo — L'invité éco (sur Site radio)· 5 juin 2023 8 minComplaisantFond programmatiqueEurope & internationalÉconomie & entreprisesNumériqueTransports

L'invité éco du lundi 5 juin 2023 - Laurence Boone, secrétaire d’Etat chargée de l’Europe : les entreprises et les entrepreneurs « sont complètement mêlés dans la bureaucratie bruxelloise comme une mouche dans une toile d’araignée ».

Source d'origine 2 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:41OuverteRéponse directe

    Comment et avec qui gagner le pari des transitions énergétiques et numériques ?

  • 1:03OuverteRéponse directe

    La France peut-elle assumer seule les 66 milliards d'euros par an pour la transition énergétique ?

  • 2:28OuverteRéponse directe

    Les distorsions de concurrence entre pays européens ne créent-elles pas des inégalités ?

  • 3:17OuverteRéponse directe

    Les acteurs de terrain ont-ils accès aux fonds européens ?

  • 4:03OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui va être annoncé précisément jeudi soir à Marseille ?

  • 4:15OuverteRéponse directe

    Quels arguments la France défend-elle à Bruxelles pour ses intérêts ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:03Invité politiqueChiffre
    « Le rapport publié récemment par l'économiste Jean Pisani Ferry sur l'impact économique de la transition énergétique chiffre à 66 milliards d'euros par an sur la décennie, les sommes qu'il va falloir mettre sur la table pour assurer cette transition. »
  • 1:15Invité politiqueChiffre
    « Avec le plan de relance après la pandémie, l'Europe a mis 750 milliards sur la table dont 250 milliards un tiers sont dédiés à la transition énergétique. »
  • 1:21Invité politiqueChiffre
    « Quand la France met un plan de relance de 100 milliards, 40 milliards viennent de l'Europe précisément pour cette transition énergétique et numérique. »
  • 1:55Invité politiquePromesse
    « Nous, la France, nous poussons beaucoup pour que l'Europe fasse beaucoup plus. »
  • 2:05Invité politiqueChiffre
    « Il avait été annoncé par Ursula von der Leyen en septembre. Nous, on dit voilà, il reste 70 à 100 milliards d'euros dans un fonds européen qui s'appelle RepowerEU qui arrive à extinction. »
  • 3:20Invité politiqueFait
    « Ils sont complètement mêlés dans la bureaucratie bruxelloise comme une mouche dans une toile d'araignée. »
  • 5:13Invité politiqueFait
    « Dès le 1er juillet de cette année, on va pouvoir utiliser des outils anti-subvention, anti-dumping sur tous les véhicules électriques qui sont sursubventionnés par la Chine. »
  • 5:50Invité politiquePromesse
    « On a mis en place justement un groupe de travail qui va faire des propositions pour qu'on puisse décider quels investissements on veut faire à l'étranger, quels investissements on veut chez nous. »
  • 6:29Invité politiqueFait
    « Vous êtes dans un aéroport, vous passez la sécurité. Vos données sur la sécurité, quand vous passez là, que ça fait bip parce que vous avez gardé vos clés dans votre poche, vous voulez qu'elles restent en France, qu'elles restent en Europe. »
  • 7:16Invité politiqueFait
    « Twitter et le marché européen pour Twitter, c'est quand même quelque chose d'énorme. »
  • 7:30Invité politiqueFait
    « Dans tous les pays d'Europe de l'Est, il y a de l'ingérence russe via les réseaux sociaux. »

Temps de parole

  • Invité politique69 %
  • Présentateur31 %

9,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Bonsoir à tous, la France fait face à un énorme défi, deux énormes défis en fait, les transitions énergétiques et numériques où cela va demander beaucoup, beaucoup de capitaux, des centaines de milliards d'euros à la fois public et privé et qui plus est évidemment dans une très vive concurrence internationale. Alors question, comment et avec qui gagner le pari ? Bonsoir Laurence Boone. Bonsoir Emmanuel Quigny. Vous êtes secrétaire d'Etat en charge de l'Europe auprès de la ministre des Affaires étrangères. Demain vous serez à Bruxelles pour parler souveraineté et sécurité économique. On va y revenir dans le détail, nous sommes vraiment au cœur du sujet.

Le rapport publié récemment par l'économiste Jean Pisani Ferry sur l'impact économique de la transition énergétique chiffre à 66 milliards d'euros par an sur la décennie, les sommes qu'il va falloir mettre sur la table pour assurer cette transition. Est-ce que la France peut assumer cela toute seule ? Est-ce qu'elle a besoin d'alliés en l'occurrence de l'Europe ?

1:03
Invité politique

C'est tout l'objectif de l'Europe et c'est tout l'objectif de l'Europe depuis assez longtemps. Donc ça veut dire quoi ? Vous savez qu'avec le plan de relance après la pandémie, l'Europe a mis 750 milliards sur la table dont 250 milliards un tiers sont dédiés à la transition énergétique. Quand la France met un plan de relance de 100 milliards, 40 milliards viennent de l'Europe précisément pour cette transition énergétique et numérique. Donc en pratique, c'est quoi ? En pratique, c'est l'usine ACC inaugurée par Bruno Le Maire et Agnès Pannier-Renaché.

1:36
Présentateur

Le batterie électrique dans le nord de la France.

1:38
Invité politique

Voilà, la semaine dernière. C'est aussi aujourd'hui même l'usine ST microélectronique à Kroll près de Grenoble. C'est un investissement de 3 milliards. Donc oui, la France avec l'Europe a de quoi mettre sur la table les investissements nécessaires. Est-ce qu'on fait assez ? La réponse est non. Nous, la France, nous poussons beaucoup pour que l'Europe fasse beaucoup plus. Et vous avez entendu parler du fonds de souveraineté. Il a été demandé par le président dès décembre. Il avait été annoncé par Ursula von der Leyen en septembre. Nous, on dit voilà, il reste 70 à 100 milliards d'euros dans un fonds européen qui s'appelle RepowerEU qui arrive à extinction.

On veut que cet argent-là continue d'aller dans la transition.

2:20
Présentateur

Alors cela dit, Laurence Boone, chaque pays n'est pas logé à la même enseigne parce que chaque pays, on voit notamment l'Allemagne, débourse beaucoup, plus que d'autres d'ailleurs. La France a moins de moyens. Est-ce que ça ne crée pas finalement des distorsions de concurrence au sein même de l'Europe entre les pays qui ont peut-être moins besoin de l'Europe et d'autres qui en ont réellement besoin ?

2:38
Invité politique

Alors je vous arrête, tout le monde a besoin de l'Europe. Regardez, l'Allemagne c'est 80 millions de personnes, nous c'est 66. Qu'est-ce qu'on pèse face à la Chine, à l'Inde et les Etats-Unis ? En revanche, en Européen, on est 440 millions. Et là, on peut commencer à parler sur un pied d'égalité. Ça, c'est la première chose. La deuxième chose, c'est est-ce qu'il y a un risque d'inégalité ou de fragmentation ? Mais oui, bien sûr que oui. C'est à ça pour ça que nous avons demandé le fonds souverain de souveraineté. Mais c'est aussi pour ça que nous avons demandé, que je pousse, et ça sera aussi l'occasion demain, pour plus de flexibilité dans l'utilisation des fonds.

Parce que des fonds, il y en a, il y en a beaucoup, mais les acteurs de terrain, ceux que je vois, les régions, les entreprises, les entrepreneurs...

3:17
Présentateur

Ils n'ont pas forcément l'argent nécessaire ?

3:19
Invité politique

Mais ils sont complètement mêlés dans la bureaucratie bruxelloise comme une mouche dans une toile d'araignée.

3:24
Présentateur

Mais ça, c'est pas nouveau.

3:25
Invité politique

Alors, deux choses. La première, c'est qu'on a poussé Bruxelles à simplifier ses procédures, à passer de procédures des années 90 à des procédures qui soient modernes, agiles, flexibles. La deuxième chose, c'est qu'avec mon arrivée, on a mis en place, dans l'administration européenne française, le secrétariat général des affaires européennes, une cellule dédiée à l'utilisation des fonds par les régions, par les collectivités.

3:49
Présentateur

Donc ça veut dire que ce sera plus efficace, vous visez l'efficacité, qui n'était pas le cas jusqu'à présent.

3:52
Invité politique

On veut aider tous les acteurs de terrain à pouvoir utiliser ces fonds. C'est d'ailleurs ce qui va être annoncé, je vous le dis à vous, en avant-première, jeudi soir à Marseille par Renaud Muselier et le gouvernement.

4:03
Présentateur

Qu'est-ce qui va être annoncé précisément ?

4:04
Invité politique

C'est ça, la flexibilité des fonds et de pouvoir les utiliser plus longtemps, dans le temps, ce qui n'était pas possible avant et ce que les régions nous demandaient.

4:10
Présentateur

Alors justement, Laurence Boone, secrétaire d'État en charge de l'Europe auprès de la ministre des Affaires étrangères, quand vous vous rendez à Bruxelles, quels sont les arguments utilisés par la ministre française pour défendre ses intérêts ? Finalement, vous êtes là pour ça, quelque part ?

4:23
Invité politique

Je suis là...

4:24
Présentateur

Défendre les intérêts de la France, bien sûr.

4:26
Invité politique

Absolument, mais je suis là aussi pour que l'Europe avance plus et fasse plus, pour que nous puissions en bénéficier plus. Donc là, je vous l'ai dit, il y a le fonds de souveraineté, c'est une idée de la France. Nous demandons maintenant que les fonds arrivent dans ce fonds de souveraineté pour qu'ils puissent être utilisés. Je répète, c'est 70 à 100 milliards qui sont bientôt disponibles. Ensuite, on parle aussi beaucoup de sécurité économique.

4:48
Présentateur

C'est quoi la sécurité économique ? C'est la souveraineté ? C'est le protectionnisme ?

4:52
Invité politique

C'est la souveraineté. C'est que les États-Unis ne nous disent pas ce qu'on doit faire comme relation commerciale en nous auperchant d'exporter des puces ou des semi-conducteurs. C'est aussi que face à la Chine, on puisse dire, vous faites des subventions énormes et ça ne passera plus. Sinon, très concrètement, qu'est-ce qu'on fait, par exemple, face à la Chine ? Dès le 1er juillet de cette année, on va pouvoir utiliser des outils anti-subvention, anti-dumping sur tous les véhicules électriques qui sont sursubventionnés par la Chine. On mettra des quotas ou on mettra des tarifs pour rééquilibrer les relations de concurrence. Après, ce n'est pas que ça.

Est-ce que c'est aux Américains de nous dire ce qu'on doit exporter ou où on peut investir ? Pas du tout. C'est ce qu'ils font jusqu'à présent ? C'est à l'Europe. Ils pourraient être tentés de nous empêcher d'exporter ci ou ça ou d'investir en Chine.

5:44
Présentateur

Franchement, ils le font, si vous voulez l'éloquer, Laurence Beaune.

5:48
Invité politique

Non, ils ne le font pas. Ils sont tentés, je vous le dis. Mais c'est pour ça que nous, nous construisons cette doctrine de sécurité économique avec Roland Lescure, avec Olivier Becht. On a mis en place justement un groupe de travail qui va faire des propositions pour qu'on puisse décider quels investissements on veut faire à l'étranger, quels investissements on veut chez nous, en Europe comme en France, et quel type de contrôle aux exportations on veut mettre pour garder aussi ce lead technologique et puis pour ne pas ouvrir nos infrastructures critiques à n'importe qui.

6:18
Présentateur

Donc, contrôler encore plus les investissements étrangers en France et en Europe ?

6:22
Invité politique

Oui, parce que vous savez maintenant, quand on parle de cyber, quand on parle de protection des données, je vais vous donner un exemple très concret. Vous êtes dans un aéroport, vous passez la sécurité. Vos données sur la sécurité, quand vous passez là, que ça fait bip parce que vous avez gardé vos clés dans votre poche, vous voulez qu'elles restent en France, qu'elles restent en Europe. Vous ne voulez pas qu'elles soient absorbées par la Chine, par exemple. C'est exactement de ça dont il s'agit.

6:44
Présentateur

Alors, Twitter, Elon Musk, le patron de Twitter, va sortir, annoncer qu'il sortait du code de bonne conduite européenne pour la transmission vraie de l'information. La vice-présidente de la Commission européenne dit tout à l'heure qu'elle déplorait, en tout cas, qu'Elon Musk choisisse la confrontation, dont acte. Pour l'instant, ce sont des mots, on ne va pas plus loin.

7:06
Invité politique

D'abord, je déplore, je ne crois pas qu'il veuille se couper du reste de l'Europe. Le ministre Jean-Noël Barraud a été très clair là-dessus. Il faut jouer avec les règles européennes. Donc, c'est absolument ce qu'on va lui redemander. Un dialogue va s'engager. Twitter et le marché européen pour Twitter, c'est quand même quelque chose d'énorme. On sait maintenant que c'est dangereux, que les enfants peuvent suivre n'importe quoi, qu'on sait qu'il y a beaucoup de mésinformations, de désinformations. Vous savez, j'étais en Europe de l'Est. Dans tous les pays d'Europe de l'Est, il y a de l'ingérence russe via les réseaux sociaux. On ne veut pas vendre notre démocratie à la Russie.

7:39
Présentateur

Merci beaucoup, Laurence Boone, secrétaire d'État chargée de l'Europe, invité de l'écho ce soir sur France Info.