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interviewLe Média (sur YouTube)· 3 décembre 2024 43 min

BARNIER BIENTÔT CENSURÉ : POURQUOI TOUT LE MONDE VEUT LA PEAU DE MACRON

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

c'est l'heure de la chronique de bire votre programme hebdomadaire consacré au regard affuté de bire Nabli sur l'actualité bire Nabli que vous connaissez très bien il est professeur des universités en droit public et cofondateur de chronique un collectif engagé dans le débat public une fois par semaine il nous parle de politique nationale et internationale avec un fil rouge le droit le droit public le droit international sert-il encore de boussole dans notre monde tourmenté chaque semaine dans cette émission vous aurez droit donc à l'éclairage de Bir [Musique] Nabli et au sommaire de cette émission Emmanuel Macron va-t-il devoir démissionner après la tempête politique qui s'abat en ce moment avec sur le gouvernement Barnier l'exécutif n'a plus de fusible à débrancher sinon lui-même et les appels à la démission ou à la destitution d'Emmanuel Macron se font de plus en plus insistant et de plus en plus entendre au sein euh des partis de l'opposition de LFI à LR en passant par les centristes alors le départ d'Emmanuel Macron est-ce la suite logique de cette séquence par parlementaire de fin d'année on en parle dans un instant avec bellire et en seconde partie de cet échange on évoquera l'actualité à Gaza et une question affligeante au regard du bilan en pertes humaines euh des frappes israéliennes depuis euh depuis le 7 octobre 2023 pourquoi le dénis du génocide persiste-t-il élément de réponse comme toujours dans cette chronique de bire Nabli bonsoir bire bonsoir alors on va parler donc je le disais de politique nationale Michel Barnier qui se retrouve sur la cell 3 mois seulement après sa domination à Matignon un ébranlement politique qui fait revenir sur le devant de la scène la question évidemment donc de la destitution de d'Emmanuel Macron voir de sa démission tout simplement euh cette question précise de la destitution celle de la destitution avait été poussée on se souvient il y a quelques semaines par les insoumis on se souvient qu'il y avait une proposition de loi hein de de LFI dans ce sens qui a été examiné en commission des lois et largement rejeté par 54 députés sur les 69 qui avaient pris part au vote mais euh la donne pourrait avoir changé c'est en tout cas ce que veut croire le coordinateur de LFI manuel bonpard on l'écoute je pense que c'est le départ du président de la République qui permet de débloquer cette situation ENF vous pouvez pas le pousser au départ de bah j'ai le droit de défendre le point le mienû mais tant qu'il le démissionne pas va bien falloir gver vrai vous savez il y a une procédure qui s'appelle la procédure de destitution du président de la République que nous avons engagé avec mes collègues de la franceç soumiss depuis maintenant plusieurs plusieurs mois à l'époque la destitution n'a pas pu être débattu à l'Assemblée nationale parce que Madame Le Pen s'y est opposé le rassemblement national s'y est opposé je pense que c'est ce sujet qui va monter en puissance et j'observe d'ailleurs et j'observe d'ailleurs que la semaine dernière monsieur Copé qui est pas de ma famille politique a dit la même chose que moi monsieurtion je suis d'accord mais au départ du président de la République Monsieur de coursant qui est pas de la même famille politique que moi a dit la même chose j'ai vu j'ai vu tout à l'heure oui oui je parle de la démission pas de problème la démission alors la question donc d'e démission d'une destitution et de plus en plus aborter et de surcroit 63% des français c'est un sondage qui nous l'apprend 63 % des Français seraient favorable à une démission d'Emmanuel Macron en cas de censure du gouvernement Barnier est-ce que la question devient de plus en plus incontournable bélire alors c'est une question qui a sa part de légitimité ça répond à une forme de rationalité aussi et en même temps elle peut surprendre au regard de la logique institutionnelle et constitutionnelle je m'explique d'un côté d'après la constitution de la 5e République le président de la République on peut pas engager sa responsabilité politique le seul organ exécutif qui peut voir sa responsabilité engagé c'est le gouvernement et c'est ce qu'on voit à travers la séquence actuelle puisqueune motion de censure a été déposée par des parlementaires pour faire tomber le gouvernement Barnier et pourtant et pourtant on a en même temps de l'autre partie donc le fait que derrière le gouvernement Barnier celui qui peut apparaître comme le véritable responsable sable de du du chaos institutionnel et politique en tout cas l'impression qu'on a au regard de de notre vie politique bien le véritable responsable c'est le président Macron parce qu'on considère certains considèrent qu'en vérité le fait qu'il exercer son droit de dissolution est à l'origine ou constitue ce qu'on pourrait qualifier le péché originel de cette séquence fait de confusion et d'instabilité donc il y a deux deux deux logiques contradictoire la logique institutionnelle et constitutionnelle qui protège le président de la République parce que apparemment on ne peut pas engager sa responsabilité politique sauf article 68 et procédure de destitution sur laquelle je reviendrai et de l'autre une réalité et et ce sentiment qui traverse également l'opinion publique suivant le laquelle suivant lequel finalement le premier responsable de cette situation de confusion générale et de blocage c'est le président de la République donc voilà il y a deux deux logiques il faut il faut voir comment finalement le le premier le premier acteur le premier interprète finalement de cette séquence réagira aux demandes à la montée de la pression savoir le président Macron on le dit imperméable à la pression et à ce type de suggestion on verra et pour clore un peu ce cette première question il y a il y a cette question cette perspective qui qui est la démission alors premier élément euh a priori on ne peut pas forcer le président à démissionner c'est une décision qui lui revient à lui d'abord et avant tout parce que précisément on peut pas engager sa responsabilité politique mais reste effectivement cette procédure exceptionnelle et en la matière il y a pas de précédent sous la 5e République cette procédure exceptionnelle prévu par l'article 68 où dans le cas où le président de la République finalement violerait ses devoirs constitutionnels ou des devoirs qui seraient inhérents à l'exercice de sa fonction et bien pourrait se voir destituer par les parlementaires au terme d'une procédure essentiellement de nature parlementaire bon c'est ce qu'a essayé d'initier donc le groupe LFI et c'est ce qui essaye aussi de réactiver dans un contexte qui est nouveau puisque faut rappeler qu'à l'époque c'était essentiellement lié au fait que le président Macron n'est pas ne se soit pas pli à la logique institutionnelle en nommant première ministre madame en tant que représentante de la coalition NFP là on est dans une autre configuration ce qui serait alors sa pas sur quel motif par exemple LFI pourrait justifier aujourd'hui la destitution du président de la République parce que dans le discours politique dans le débat politique il y a pas que LFI qui évoque l'hypothèse il y a Charles de Courson qui l'a exprimé il a Monsieur Copé personnalité plutôt de droite on va tous tous les écouter d'ailleurs et on va commencer par le responsable d'un parti qui qui idéologiquement serait euh à placer plutôt proche de la macronie puisque ce sera Hervé Moran quion va écouter le président du parti les centristes euh qu'on imagine idéologiquement proche de la macronie mais même ces partis qui étaient euh traditionnellement en accord avec la politique d'Emmanuel Macron commence à la remettre en question on écoute Hervé main mais est-ce que vous aussi vous appelez à la démission d'Emmanuel Macron ah ben j'ai déjà dit ça il y a 8 jours sur une autre antenne j'ai dit que la seule solution sera si on va pas perdre 2 ans et demi dans la situation dans laquelle est le pays au bord probablement d'une récession parce que je vous rappelle que le principe de l'économie c'est la confiance et qu'aujourd'hui moi qui suis dans la première région industrielle de France je vois bien que tout l'investissement industriel est en train de s'arrêter que la consommation est au plus bas plus des secteurs qui sont en grande difficulté comme l'automobile ou le bâtiment et donc on voit bien qu' entre la situation économique probable du pays au début d'année prochaine et la situation politique la seule façon de s'en sortir c'est qu'on ait le plus rapidement possible une élection présidentielle qui fasse que on retrouve un chemin normal avec des hommes et des femmes responsables complètement et totalement alors bire la la symbolique est assez forte de voir des gens qui idéologiquement sont proches d'Emmanuel Macron mais qui ne comprennent plus sa politique et qui m même avec des explications des justifications comme é Morin sur le terrain économique notamment demande à ce qu'il démissionne alors c'est pas si surprenant si on s'en tient finalement à la finalement à la séquence parlementaire depuis la dissolution et qui s'est caractérisé par quoi par l'absence de véritables socles commun derrière le pseudo socle commun qui était censé soutenir le gouvernement Barnier on a bien vu existait pas dans la mesure où il y avait des tensions des divergences des oppositions des luttes intestines qui fait qui explique en grande partie aussi finalement la motion de censure c'est sentiment de faiblesse du gouvernement Barnier et deuxième élément euh pour souligner aussi le caractère assez comment dire limité en fait de l'argument avancé par monsieur Morin lui il avance l'idée suiv pour pour justifier la démission du président Macron et de nouvelles élections bah la situation économique du pays le problème c'est que si on organise une nouvelle élection et qu'on élit un nouveau président de la République on peut pas dire que ça va être une source de de de de confiance pour autant en tous les cas vis-à-vis des opérateurs économiques ou des investisseurs étrangers je veux dire si on si on avance comme premier argument la confiance des des investisseurs et des opérateurs économiques on voit bien que c'est limité comme argument parce que l'élection en tant que telle d'un nouveau président public ne sera pas un gage de de confiance et ne répondra pas à cette urgence là non le l'urgence c'est d'apporter une une offre politique et donc un programme économique et social qui puisse pour le coup initier une nouvelle dynamique une confiance dans la population et la crise de confiance justement va bien au-delà de de la situation économique c'est c'est vraiment toute la politique à la fois socio-économique qui est devenu totalement illisible depuis euh le le la réélection en 2022 jusqu'aujourd'hui oui et dans le prolongement de de cette idée il faut garder à l'esprit le calendrier institutionnel et électorale si on a une élection présidentielle dans les semaines ou mois à venir bah le prochain président aura également à gérer une situation politique inextricable la même qu'aujourd'hui au niveau parlementaire en tous les cas donc avec l'inexistence d'une majorité parlementaire le soutenant à priori sauf à ce qu'il puisse dégager une coalition qui s'autoproclamerait comme une coalition parlementaire et présidentielle ou une majorité parlementaire qui serait en même temps une majorité présidentielle là à priori on ne voit pas très bien quel candidat à priori pourrait se transformer en président élu fort d'une d'une majorité à la fois parlementaire et présidentielle tout cela est reste assez assez hypothétique etch sachant pardon que de surcroit la la justification intérêt même d'une dissolution se repose à nouveau c'est que quel parti quelle force politique va-t-on voir au devant de la scène maintenant que les les républicains sont manifestement en échec on va écouter aussi l'une des personnes qui compte dans ce ce parti les républicains c'est Jean-François Copé qui apparemment lui aussi réclame la démission du président de la République on est tous tous de LFI au RN en passant par LR et macronistes on est tous victimes de cette dissolution qui ressemble à rien et dont on paye tous les jours le prix bon il n'y a plus qu'une solution pour résoudre le problème qu'une seule c'est une nouvelle élection présidentielle il faut qu'elle soit anticipée parce que il y a que Emmanuel Macron qui ne s'est pas rendu compte mais il va bien falloir que un moment ou un autre ses amis ou ceux qu'ilaiment bien le lui disent il ne s'est pas rendu compte qu'il ne peut pas tenir jusqu'en 2027 bon mais c'est pas possible il faut arrêter de se mentire j'ai envie de te demander à quoi jouent les les républicains ils étaient bien contents il y a quelques mois il y a 3 mois d'accéder à Matignon aujourd'hui ils se rendent compte que c'était en fait mission impossible ils se retrouvent d's au mur et réclam eux aussi la la démission d'Emmanuel Macron est-ce que c'est compréhensible c'est compréhensible si on on a à l'esprit l'objectif d'un tel discours l'objectif quel est-il c'est de ne pas apparaître comme les premiers responsables de de l'impasse de l'échec du gouvernement Barnier donc c'est sauf qui peut et il a un transfert de responsabilité vers le président de la République président Macron sauf que c'est vrai tu as raison de rappeler que il y a eu malgré tout un accord politique entre les LR et le président Macron pour finalement constituer un gouvernement autour d'un socle pas seulement un socle partisan non non un socle aussi idéologique autour du programme de LR ça s'est manifesté très clairement non seulement dans la la version initiale de la loi de finance mais aussi dans les priorités du calendrier du programme législatif annoncé par le gouvernement Barnier notamment la priorité que représente l'immigration et le retour à l'ordre il faut se rappeler he des premiers mots des premiers mots d'ordre de ce gouvernement Barnier he retour à l'ordre ou l'ordre l'ordre l'ordre comme disait le ministre de l'Intérieur rillot et et de l'autre l'immigration comme comme menace existentielle pratiquement pour la France au regard de du discours oiogène du ministre de l'Intérieur donc voilà il y a malgré tout une responsabilité à assumer et je je noterai même que gar à ce qu'on vient de rappeler à savoir ce socle idéologique peut-être que ce qui explique véritablement aussi l'échec du gouvernement Barnier c'est de ne pas être allé jusqu'au bout de cette logique à savoir de tenter une alliance tout simplement entre le RN et LR que la connexion la elle existe idéologiquement il y a eu des tentatives pourtant le Premier ministre a a convié à de nombreuses surtout il y a eu cioti avant qui lui a incarné cette cette jonction pour les pour les élections législative et mais Premier ministre Barnier n'est pas allé aussi loin lui il a négocié dans le dialogue effectivement c'est tu as raison de le rappeler que c'est aussi l'une des marques de fabrique du gouvernement Barnier c'est cette main tendue permanente ce dialogue régulier avec le rassemblement national et donc une participation sa normalisation institutionnelle et politique avec l'échec qu'on connaît parce que une fois que le RN a pris acte de finalement de la dépendance du gouvernement Barnier à son égard il en a joué jusqu'à être de plus en plus gourmand à demander de plus en plus de de cadeau pour reprendre une expression qui a été euh utilisée par le ministre de l'Intérieur retaill hein cadeau reconnu au Ren et donc c'est une stratégie qui a qui a échoué mais encore une fois peut-être parce que tout simplement LR n'est pas allé jusqu'au bout de sa logique en nouant finalement ce que beaucoup à droite et extrême et à l'extrême droite espèrent à savoir une jonction une fusion entre la droite parlementaire et l'extrême droite sioti a a franchi le Rubicon h euhement non pas pas officiellement je veux dire il appelle pas une alliance mais idéologiquement sur TER mais idéologiquement on pourrait idéologiquement faudrait rappeler que siioti était déjà à la tête de LR il pense il pense il pensait avant et après la même chose sauf que lui il a franchi le Rubicon le seuil en nouant une alliance électorale ce à quoi ne sont pas prêts les autres figures de LR de la droite parlementaire monsieur copier en tête mais pas parce que enfin je ne pense pas que ça soit pour des raisons fondamentalement idéologiques tant la proximité manifeste je pense surtout que c'est une question de de perspective politique euh de leadership hein si euh aujourd'hui le RN est tellement puissant et le le rapport de force est tellement favorable au RN face au alr que si nous un accord avec le RN ils accéderaient en partie au pouvoir mais sans avoir aucune perspective pour quelqu'un comme euh le renvoquer notamment d'être le candidat d'une telle coalition est-ce que est-ce que le rassemblement national sort un petit peu vainqueur de de cette séquence parce que eux aussi le parti d'extrême droite parle aussi de de de de d'mission enfin de à demimot de démission alors que lorsque cette proposition de LFI a été débatue en commission des lois ils avaient voté contre est-ce que au final et encore une fois au niveau de leur image ils sortent quand même vainqueur de la séquence politique parce que euh rapportter ou du moins considéré comme ceux qui s'oppose le plus à la politique d'Emmanuel Macron alors que de fait on les a vu dans des compromissions de temps en temps avec cette même politique par rapport à leur programme ou par rapport à ce qui est attendu par leur électorat oui c'est sûr en fait ils ont ils ont ils ont joué de manière très habile euh dans un premier temps ils ont joué la la carte du dialogue avec le gouvernement en essayant d'obtenir le maximum et euh pour paraître précisément comme un un groupe politique tout à fait institutionnalisé normalisé institutionnalisé accueilli plus ou moins officiellement à Matignon soit par soit par des coups de téléphone avec le Premier ministre lui-même soit en étant accueilli par des conseillers du Premier ministre Barnier bref la connexion fut permanente et régulière entre les deux entité et puis dans un deuxième temps voyant bien que le qu' avait peut-être un piège qui pouvait se refformmer sur le RN en apparaissant comme comme coresponsable de la politique gouvernementale et coresponsable de la loi de finances à venir à préférer rompre avec cette stratégie en tout les cas la réadapté eu égard précisément alors avec d'autres objectifs celui d'incarner une alternative parce qu'ils sont même s'ils exercent indirectement une partie du pouvoir ils ne sont pas à matinon ni à ni à l'Élysée et que par conséquent l'objectif étant bel et bien d'accéder au pouvoir il faut y accéder directement et en l'incarnant et pour pour arriver à cet objectif ben il faut continuer tout en se notabilisant continuer à incarner une alternative au pouvoir institutionnel en place et donc c'est cette équation un peu délicate qui a essayé de gérer Marine Le Pen et et ses troupes avec un élément avec un élément à ne pas sous-estimer même si on a du mal à à le mesurer dans dans ce qui s'est joué ces derniers jours ce sont les réquisitions du parquet dans le procès du Ren et de Marine Le Pen même si on aurait pu s'y attendre et Marine Le Pen en tête eu égar au fait incriminés et qui ont été relatés tout au long du procès euh il y a eu une onte de choc et un trauma vécu par Marine Le Pen à l'écoute des réquisitions avec la avec la perspective d'être automatiquement inélégible dès que la décision de justice sera rendue en mars si j'ai bien compris ou en avril prochain et donc la perspective de voir se refermer les portes de l'Élysée et en en établissant ou en plaquant à cette à ces réquisitions à l'endroit de sa personne et des cadres du RN emplaquant une lecture politique pour elle les réquisitions du procureur en fait sont la traduction d'un d'un d'une d'une imiction politique ou qu'il y a une lecture politique et une une parole politique qui s'est exprimée à travers ses réquisitions elle l'entend elle le perçoit comme telle donc elle s'est sentie agressée politiquement et d'une certaine manière elle a voulu en réaction montrer qu'elle pouvait répondre par un acte d'autorité celui de faire tomber le gouvernement et ne pas apparître comme complètement victime de la situation et passive voir impuissante alors la question donc de la la destitution les macronistes en font assz fill depuis quelques quelques semaines et pourtant Charles de Courson qu'on va écouter nous explique que ce n'est pas un tabou la démission d'un président de la République c'est déjà arrivé et Charles de courourson le député nous l'explique qu' on va l'écouter quand il y a une crise politique qu'est-ce que faisait le général de grôle un référendum soit un référendum so une démission mais mais un référendum ne résoudra pas notre affaire voilà et et et lui il a eu le courage de démissionner donc vous appelez à la démission d'Emmanuel Macron ah bah je dis c'est c'est c'est c'est au président qui est à l'origine du chaos politique c'est bien le président de la République lorsqu'il a fait cette dissolution que même ses propres amis n'ont pas comprise donc vous lui dites ce matin la seule le seul moyen de sortir cette crise monsieur le Président s démissionné h mais bien sûr qui qui qu'il respecte qu'il respecte le vote des Français voilà il y a un précédent et le fait qu'un président de la République qui ne trouve plus d'issue politique euh choisisse la démission ce n'est pas un déshonneur total en quelque sorte ce que nous explique le Charles de courourson c'est que la démission quand il n'y a plus de solution politique est tout à fait possible oui alors faut quand même clarifier les choses il faut distinguer la destitution de la démission la destitution elle contraint le président à démissionner il a pas le choix alors que la démission dont on parle et dont il parle renvoie la forme de responsabilité et à l'éthique de du du du principal concerné à savoir le président de la République qui est amené à faire un un examen de conscience une analyse de la situation politique pour en tirer les conséquences et démissionné ce qui renvoie en réalité effectivement une représentation gaulienne des institutions et et de la politique plus largement parce que le autant il n'y a pas de précédent pour ce qui est de la destitution autant il existe un précédent pour ce qui est de la démission puisqueeffectivement en 69 le général de Gaulle a démissionné parce que les résultats du référendum qu'il a initié euh n'était pas ceux qu'il attendait et donc il a ressenti euh enfin il a il a perçu ses résultats du référendum de l'époque comme un désaveu et le fait d'être désavoué par le peuple souverain l'amener selon lui à démissionner et en prendre donc toutes les conséquences le problème c'est que cette lecture gaulienne n'est plus en n'est plus n'est plus à la mode et ça ne date pas ça ne date pas de du président Macron parce que rappelez-vous président Chirac en 2004 avait un référendum autour du traité établissant une Constitution pour l'Europe il sétait engagé en faveur de oui à l'époque les Français ont voté en majorité pour le nom et malgré ce résultat il n'a pas démissionné alors même que ce résultat tendait manifestement à le désavouer donc il y a un précédent de ce côté-là savoir que un président ne tire pas les conséquences d'un désaveux populaire et il y a une rupture avec si j'ose dire une jurisprudence politique Gauliste ou goulienne et le président Macron semble s'inscrire dans cette lecture- là savoir que au soir du second tour de des élections législatives il n'a à aucun moment euh laissé transparaître euh aucune aucune perspective de démission qu'à la limite il ne semble pas concevoir euh cet échec et l'échec du gouvernement Barnier comme engageant sa propre responsabilité donc voilà là on tombe peut-être dans un dans une sphère qui est plus que politique même s'il y a de la psychologie naturellement en politique mais là on en est à voilà et je pense qu'il a dimension la dimension de la psychologie du président Macron qui entre en jeu pour savoir précisément la manière dont il ressent et analyse la situation quel rôle peut jouer l'opinion publique dans dans cette cette situation et cette épée de D cl au-dessus peut-être de de d'Emmanuel Macron lui-même je parlais tout à l'heure du sondage qui donne 63 % de Français favorbl à à à une démission à une démission je je précise à une démission d'Emmanuel Macron euh quel rôle euh peut jouer l'opinion publique sachant qu'en plus on a vu aussi ce site qui a été lancé par les insoumis le site qu'on pourra voir à l'écran le site Macron d'institution qui a collecté près de 400000 signatures bientôt euh en faveur de la destitution cette fois-ci euh que peuvent faire les citoyens pour pousser à un changement profond radical de de pouvoir qui pour eux serait illustré par un départ de du chef de l'État ben disons alors par esprit de de de contradiction pour ne pas dire de provocation je je on pourrait aussi prendre à contrepied en considérant que dans une séquence dans une période aussi instable on a besoin peut-être d'un élément de stabilité incarné précisément par celui qui est censé incarner la continuité de l'État et et euh la la centralité en tout cas l'institution clé de nos de notre République à savoir précisément le président de la République donc voilà dans un moment de de d'instabilité on a peut-être besoin d'un élément de stabilité euh d'autant plus que on aura remarqué même la volonté du président Macron finalement j'allais dire de se mettre un peu en retrait il ne prend plus autant la parole la vie politique française voilà concentre sur la scène internationale il ne veut pas s'imisser dans le programme gouvernemental commenter les initiatives de du Premier ministre et cetera donc voilà il y a quand même cet élément à souligner est-ce que dans un moment de de grande instabilité ça est-ce que la première initiative le premier réflexe doit tendre à nourrir un peu plus d'instabilité l'instabilité bon et en même temps faut bien prendre acte dans une démocratie le souverain c'est le peuple et si le peuple à travers l'opinion publique il faut naturellement distinguer les deux parce qu'ils ne se sont pas exprimés par l'exercice de leur suffrage donc on va s'en remettre aux enquêtes d'opinion qui laisseraiit donc transparaître cette volonté majoritaire d'une démission présidentielle il peut pas être insensible il peut pas être insensible pour au moins une raison euh c'est que il est affaibli en terme de légitimité démocratique certes il a été élu démocratiquement suivant les règles il n'y a pas si longtemps que ça à peine à peine 2 ans je pense maintenant le problème c'est que non seulement euh euh il y a eu des élections euh des élections et pas seulement Législatives les élections européennes qu'il ne faut pas minorer aussi quant à leur euh leur sens à leur porté au message qu'elles ont porté savoir donc des élections européennes et des élections législatives qui ont comme signification finalement le rejet du macronisme le rejet de ceux qui incarnent et représentent Emmanuel Macron et de plus il se retrouve aujourd'hui non seulement sans assis sans majorité parlementaire mais aussi il se retrouve confronté en plus à un populaire et ça c'est une noovation par rapport aux périodes de cohabitation qu'on a connu pendant les cohabitations qu'on a connu bien que le Président de la République mitteran et Chirac pour pas les citer bien à l'époque il n'avait pas de majorité parlementaire ils étaient plutôt isolés donc et affaiblis politiquement mais il n'était pas rejeté par l'opinion publique au contraire progressivement ils ont réussi à incarner quelque chose savoir justement cette force tranquille gage de stabilité de de continuité de l'État et cetera et donc ils ont gardé une forme de de bonne de côte non négligeable auprès de l'opinion publique là on a un président vraiment qui dans une dynamique négative qui n'arrive non seulement pas à convaincre ses troupes ses propres troupes mais qui en plus est de plus en plus rejeté affire à suivre en en prarlera certainement au terme de cette séquence politique avec l'instabilité aussi vécue par Michel Barnier et son gouvernement on passe au second sujet de cette chronique bellire on va parler de Gaza après la l'émission donc des mandats d'arrêt contre Benjamin netaniaou après les nombreuses constatations d'ONG d'institutions internationales sur le nettoyage ethnique les dizaines de milliers de morts à Gaza on a encore dans l'opinion publique en France à l'international un dénis du génocide un dénis même de de du droit international de la justice internationale on va écouter dans ce sens euh François Ruffin qui était l'invité de nos collègues de l'humanité pourquoi est-ce que vous ne parlez pas de génocide pour ce qui se passe à Gaza je considère que est-ce que il y a euh il va y avoir une extermination euh de euh des Palestiniens non c'est pas ça le sujet en revanche non en revanche le le ce qu'il y a c'est une volonté de destruction de la société palestinienne de destruction de sa culture oui de destruction de son peuple en le faisant éclater en différents en différents lieux il y a une volonté de de non pas d'extermination le génocide pour moi ça signifie l'extermination de de de de tous les habitants heureusement on en est pas là maintenant dire que de manière constante parce que vous dites ce que on n pas dit ce qu'on dit de manière constante c'est quand même que évidemment nous sommes pour un médias évidemment nous sommes pour un État palestinien et évidemment nous sommes pour la fin de la livraison d'armes à Israël évidemment nous sommes pour que l'une roi puisse faire son travail sur place ve dire tout ça relève toutes les grandes institutions parlent aujourd'hui d'un risque de gécide ils disent qu'il y a une possibilité de génocide qui a même Dominique de villep en parle ouais ils ne disent pas il y a le génocide est là et donc en disant nous citons l'ONU quand l'ONU parle de génocide nous citons l'ONU quand il dit qu'il y a la possibilité d'un génocide qui arrive on on cite l'ONU quand l'ONU duc c'est une situation apocalyptique qui se déroule à Gaza maintenant je pense que le sujet c'est pas dans la sémantique d'accord je pense que le sujet c'est aujourd'hui comment on pense que la France peut agir à croire que la sémantique serait vive de de sans bélire le sujet ne serait pas l'extermination ce ne serait pas le le génocide est-ce que tu comprends cette sortie médiatique bon euh d'abord c'est une question sérieuse et effectivement il faut faire attention à l'utilisation d'un mot aussi chargé symboliquement historiquement euh et j'allais dire même politiquement sur ça il y a aucun problème sur ce point par contre il y a quand même encore une fois une boussole qui est censé nous permettre d'avoir un dialogue avec un langage commun on puisse comprendre ce cette boussole c'est le droit international il existe précisément une définition du génocide qu'on a rappelé main de fois ici euh et qui vient contredire frontalement manifestement le bougli bougl qu'on vient d'entendre et qui vient de sortir de la bouche enfin qui est sorti de la bouche de Monsieur Ruffin parce qu'il considère lui que pour qu'il y ait un génocide il faut une extermination des Palestiniens donc une extermination totale ce qui est absolument faux au regard bah de la Convention sur la prévention du génocide dont la définition est elle-même reprise par l'article 6 du stat de Rome le traité qui crée la Cour pénale internationale et qui soulligne bien que l'extermination d'un groupe parce pour ce qu'il représente un groupe racial ethnique religieux et cetera euh dans sa totalité ce n'est pas une exigence préalable à la qualification du génocide il suivit qu'une partie de ce groupe soit visé ciblé fasse l'objet de d'une telle extermination il suffit de précédents il suffit de regarder les précédents il VI aussi des toutsis ce sont pas tous les toutsis qui ont été massacrésû je je ne voudrais pas euh revenir sur des sur des éléments qui me paraissent extrêmement évidents mais que un responsable politique qui en plus se enfin se enfin une certaine idée de lui-même qui considère qu'il a un destin national puisse tenir des raisonnements aussi inconsistants contre TR adctoire bah c'est ça nous renvoie aussi à autre chose c'est à la fois l'incapacité de notre classe politique à à assumer ce qui se passe à Gaza et assumer une part de responsabilité premièrement et aussi disons-le une forme de niveau de notre classe politique qui dès qu'il s'agit de tenir un raisonnement qui tienne un temps soit peu bah pour la plupart en tout cas pour Monsieur Ruffin en espèce dans ce cas-là voilà une forme de d'incomplétude ou d'insuffisance mais comment expliquer ce dénis on a parlit dans notre dernière émission un petit peu avant que qu'on apprenne que la France voulait accorder octroyerun certaine immunité pardon excusez-moi à à Benjamin netaniaahou comment expliquer que tout soit remis en question alors que les preuves d'une situation d'urgence à Gaza ont été maint fois prés présenté étayé et même aujourd'hui par toutes les institutions internationales comment expliquer qu'en France notamment il y a une classe politique qui soit autant dans le dénis alors ça se pose pas exactement dans les mêmes termes que dans que par rapport à ce qu'on vient d'entendre mais on retrouve là effectivement quelque chose qui relève du dénis mais je dirais peut-être que c'est encore plus grave d'une certaine manière parce que c'est on sait par exemple Ruffin on sait pas si il croit ce qu'il dit là la diplomatie française sait très bien ce qu'elle fait c'estàdire que lorsqu'elle reconnaît une immunité à Benjamin netanou euh eu égard soi-disant à un statut de chef d'État euh qui lui serait reconnu et qui d'après la diplomatie française en tout cas le communiqué qui a été rendu public serait serait source euh d'immunité précisément et sachant que cette immunité à l'égard des chefs d'État ne vaut plus précisément depuis l'entrée en vigueur du Statut de la CPI notamment depuis que la Cour a rendu un arrêt de 2014 ù elle a tranché clairement explicitement que cet argument cette exception ne valait pas à son égard et que cette information n'a pas pu échapper à notre diplomatie on voit bien qu'on est au-delà de on est au-delà du déniis là on est carrément dans une forme de désinformation une volonté de mal informer de désinformer donc et pour justifier l'injustifiable euh au regard de notre tradition euh dans notre rapport au droit international qui consiste précisément à en respecter la lettre et l'esprit et là on a exactement le contraire au nom d'intérêts qui ont été perçus comme tel par Emmanuel Macron à savoir la volonté farouche d'apparaître comme un intermédiaire qui a pu peser dans le dans le cesser le feu fictif au Liban euh apparaître donc euh comme ouais un acteur qui n'en est pas un en fait dans cette région du c'est le feu qui n'en est pas un non plus voilà et bien on a on a cédé sur quelque chose qui est qui fait partie de l'identité de la France sur la scène internationale à savoir d'acter de fonder son action sur le droit international là on a exactement on a cédé sur cet élément au nom de quelque chose qu'on a même pas obtenu donc l'échec est est à la fois morale et euh et politique euh une toute dernière question avant de conclure cette émission euh l'arrêt de de la Cour internationale de de justice parlant d'un risque de de génocide date de janvier dernier c'est-à-dire il y a euh quasiment 1 an bientôt 1 an euh aujourd'hui encore le le mot génocide a du mal à être employé euh alors qu'on sait que depuis Israël n'a pas cessé de bombarder la bande de Gaza que qui a eu des des études comme celles de Land 7 et et d'autres euh qui accréditent la thèse de beaucoup plus que euh les les bilans que nous communique euh le ministère de la Santé euh de la bande de Gaza euh on a un collègue à à toi Pascal Turlan qui est juriste international qui publie une tribune dans Le le journal La Croix dans le tribune dans laquelle il dit qu'il faudrait euh euh que le fait d'assener le mot génocide on va voir un extrait euh de de cette tribune le fait d'assener le le mot génocide sans mesure risque de rendre inopérante cette qualification juridique je rappelle que Pascal Turlan est ancien conseiller au bureau du procureur de la CPI peut-être en d'autres temps pour la CPI une époque un peu où où elle était un peu plus controversée euh comment expliquer qu'aujourd'hui encore ce terme ne soit pas appliqué à ce qui se passe à Gaza est-ce qu'il faut une une nouvelle un nouvel examen de la part de la CJ non en fait le propos du collègue comme tu dis il s'entend en soi on ne peut pas utiliser mobiliser la notion et la qualification juridique de de génocide sans un minimum de sérieux et sur ce point il n'y a aucun problème le problème c'est que le fondement est sérieux en l'espèce le fait de qualifier ce qui se passe à Gaza de génocide est tout à fait justifiable on peut l'argumenter et et si la Cour internationale de justice il y a un an n'a parlé que de risque plausible c'est parce qu'elle ne pouvait pas reconnaître dans un premier temps qu'il y avait génocide elle ne c'est c'est pas son rôle dans un premier temps la décision sur le fond quant à savoir s'il y a génocide ou pas sera rendu dans quelques années et là elle va trancher mais la question qui lui éé posé c'est de savoir précisément était de savoir précisément si il y avait un risque elle a répondu oui il y un risque et voilà ce que je propose pour éviter la survenance du génocide et elle a établi une liste de mesures conservatoires comme on dit c'est-à-dire de mesures à prendre pour éviter le génocide donc l'accès de l'aide humanitaire la fin donc du blocus total la fin des bombardements sur les civils et cetera et cetera le problème c'est que près d'un an plus tard ces mesures conservatoires n'ont pas été respectées logiquement on peut en déduire que le risque n'a pu que se euh renforcer d'autant plus que un rapport euh d'experts auusiens un rapport à minima au moins on ne les compte plus est venu étayer l'hypothèse en disant voilà ce qui se passe à Gaza relève d'une situation génocidaire amnestie internationale est sur le point de rendre un rapport extrêmement important extrêmement étayé sur précisément la situation à Gaza et allant également dans le sens de cette hypothèse bref euh voilà qu'il qu'il faille prendre cette qualification avec une certaine précaution oui ça va de soi il faut rester rigoureux intellectuellement pour justement être d'autant plus convainquant si on considère que la situation est tellement grave qu'elle relève effectivement d'une situation génocidaire merci beaucoup bire pour tes explications et merci à à vous d'avoir suivi cette émission et vous le savez peut-être le média a engagé sa campagne de dons et d'abonnement de fin d'année une campagne qui vise à nous permettre de rester debout ici au médias et de mener la bataille des idées dans un contexte de fascisation fascisation il faut le dire des sphères politiques et médiatiques nous avons déjà recueilli un peu plus de 45000 € mais ce n'est malheureusement pas suffisant si vous le pouvez aller sur le site internet leemediatv.fr/soutien et donnez-nous de la force donne vous de la force restez connectés au médias [Musique]

BARNIER BIENTÔT CENSURÉ : POURQUOI TOUT LE MONDE VEUT LA PEAU DE MACRON — Michel Barnier · Pourquijevote