Nucléaire, défense, Palestine: les annonces d'Emmanuel Macron en direct de Londres
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Mesdames et messieurs les ministres, généraux, amiral, mesdames les ambassadrices, mesdames et messieurs. Je veux d'abord ici remercier sa majesté le roi Charles II pour son invitation à effectuer cette visite d'État, la première d'un président français depuis 17 ans et pour l'accueil exceptionnel que nous avons reçu avec mon épouse et ma délégation. Je veux également remercier le premier ministre K Starmer pour la qualité de nos échanges au cours du 37e sommet franco britannique aujourd'hui à Downing Street et à l'instant même à Norwood.
Monsieur le premier ministre, cher vous venez de rappeler dans le détail beaucoup des avancées sur lesquelles nous avons conclu des accords, je le crois marquant pour les les années, les décennies à venir. Je voudrais revenir sur chacun d'entre eux. Je l'ai rappelé mardi à à Westminster, cette visite d'État vient rappeler la force de notre alliance au plan stratégique et la convergence retrouvée autour d'intérêts partagés, de projets communs pour notre avenir à tous.
D'abord en matière de défense et de sécurité, le Royaume-Uni et la France coopèrent déjà en profondeur. Nous sommes les deux états dotés de l'arme nucléaire en Europe, les deux membres permanents du Conseil de sécurité en Europe, les deux armées d'emploi ayant le plus de capacité et d'expérience de combat et celles qui font ensemble le haut du spectre des opérations antiterroristes les plus sensibles à la chasse au sous-marins ennemis. et nous l'avons encore vu tout à l'heure dans le commandement conjoint pour l'OTAN et depuis les traités de l'ancaster House en 2010 nous avons une coopération qui ne porte pas que sur l'équipement et les opérations mais aussi sur le nucléaire militaire.
Cependant, les temps ont changé. Notre partenariat doit aussi évoluer aujourd'hui. La question n'est plus seulement de faire des expéditions contre des terroristes dans des États faillis, mais de faire face à un conflit majeur en Europe impliquant des États sophistiqués à l'horizon des prochaines années.
Et dans cette hypothèse, l'Europe doit savoir qu'elle peut compter sur un mle stratégique avec la France et le Royaume-Uni. C'est pourquoi nous avons pris les mesures qui s'imposent reflété par la déclaration de Norsoud que vous venez d'évoquer. D'abord sur le nucléaire, nous avons pris trois décisions importantes.
La première concerne notre doctrine. En 1995 à Checkers, nous avions affirmé que nous ne voyons pas de situation où les intérêts vitaux de l'un soient affectés sans que ceux de l'autre le soient aussi. Aujourd'hui, dans le contexte radicalement différent qui est le nôtre et dans l'esprit de la dimension européenne que j'ai pu déjà évoquer, nous allons plus loin.
Nous reconnaissons que nous n'imaginons pas de situation de menace extrême à l'Europe qui ne susciterait pas une rapide réponse de notre part, quelle que soit la nature de cette réponse. La deuxième décision est que nous n'excluons pas la coordination de nos dissuasions respectives. C'est un message que doivent entendre nos partenaires et nos adversaires.
La troisième, c'est le choix d'approfondir encore notre coopération dans le domaine de la dissuasion, que ce soit pour la politique, les capacités, les opérations. Nous avons décidé pour cela d'établir une structure commune, le groupe de supervision nucléaire. qui sera chargé d'animer cette coopération.
Ce sont des décisions fondamentales que nous avons prises aujourd'hui dans l'accord signé. Nos deux pays restent indépendants, souverains, mais nous nous donnons les moyens lorsque nécessaires, devrait ensemble à la mesure de l'environnement nettement plus menaçant qui est devenu le nôtre. Au plan opérationnel, nous avons décidé de changer complètement d'échelle la force conjointe dit T Jeff que nous avions créé en 2010 et qui est la base de coopération structurante.
Nous faisons passer cette force conjointe du niveau d'une brigade à celle d'un corps d'armée, c'est-à-dire pouvant aller jusqu'à 50000 hommes, capable d'être employé dans un engagement majeur, ce qui représenterait une multiplication par 5 avec la France et le Royaume-Uni noyau dur capable d'agréger d'autres partenaires européens. et d'être mis à la disposition de l'alliance. Notre partenariat donne une crédibilité, une robustesse à ce pilier européen de l'OTAN sur le plan opérationnel et crédibilise aussi l'autonomie stratégique dans laquelle nous croyons.
Au plan capacitaire, nous avons décidé d'accélérer les coopérations existantes sur les futurs missiles de croisière et antinavire, mais aussi de lancer les travaux pour réaliser ensemble les missiles RR de future génération. les nouveaux missiles de défense surface a et également en coopération avec l'Allemagne les missiles de très longue porté pour la frappe dans la profondeur. Enfin, nous avons acté une coopération de défense accrue dans les domaines de l'intelligence artificielle, de l'espace, du cyber, mais aussi des manipulations de l'information à une époque où nos deux pays font l'objet de nombreuses menaces hybrides.
Vous le voyez, c'est une panoplie complète que nous avons décidé pour faire face à celle de nos défis des plus massifs au plus insidieux. Le Royaume-Uni a une position singulière en Europe, mais nos menaces n'ont pas de frontière institutionnelle et notre solidarité non plus. Nous pouvons bâtir ensemble sur nos forces évidentes avec le Royaume-Uni, notamment avec l'initiative européenne d'intervention.
Dans l'immédiat, ce qui nous unit aussi est la détermination à soutenir l'Ukraine. Et avec monsieur le premier ministre, nous avons réuni la coalition des volontaires. Le président Zelinski se trouvant à Rome présent pour la conférence pour la reconstruction au côté de la présidente du conseil Mélonie.
C'est avant tout un message d'unité que nous avons démontré une fois encore. Je le rappelle en février dernier lorsque nous avons tenu cette première réunion à Paris quelques semaines après dans votre pays monsieur le premier ministre nous avions une crainte c'était d'être laissé seul et au fond d'avoir une divergence transatlantique. Et nous voulions réaffirmer un message de soutien fort aux Ukrainiens.
Aujourd'hui, cette unité nous a permis, vous l'avez dit, de rassembler sénateur américain qui s'apprête à lancer des sanctions supplémentairire et l'envoyé spécial du président Trump, le général Kellog. Unité donc, mais aussi détermination à agir ensemble. D'abord pour continuer le soutien à l'Ukraine à très court terme sur des capacités indispensables, drone, missile, capacité mais aussi lutte antidrone, financement.
Pour obtenir le CC le feu, c'est le sens même des sanctions additionnelles que vous avez prises, du 18e paquet de sanctions européens que nous allons finaliser et des sanctions que les Américains s'apprêtent à prendre qui ont une cette fonction dissuasive plutôt de conviction à l'égard de la Russie. Et puis surtout, nous avons pu annoncer la finalisation de la planification militaire que nous avions décidé il y a plusieurs semaines. Et je veux ici remercier l'amiral Radakin et le général Burcart pour le travail qu'ils ont pu faire et leur coordination de tous les homologues. 30 pays sont mobilisés et autour de ce partenariat et cette codirection franco-britannique, la planification permet de prévoir ce qui le jour où un cesser le feu sera signé permettra de tenir se cesser le feu dans la durée et de le crédibiliser en air sur mer par une régénération des forces ukrainiennes et en cas de besoin par aussi des forces de réassurance que nous avons prévu.
Un étatmajor d'opération est aussi prévu à Paris. 200 planificateurs sont déjà mobilisés. Comme vous le voyez, la question nous était posée il y a encore quelques semaines.
Est-ce que votre coalition des volontaires est quelque chose de concret ? C'est ça n'est pas simplement quelque chose de concret. Ce sont des centaines de militaires qui sont déjà mobilisés.
C'est un étatmajor qui est bâti. Ce sont des décisions et des planifications déjà prises. Nous sommes convenus de renforcer notre partenariat aussi contre la flotte fantôme russe et pour lutter contre le contournement des sanctions et réduire les revenus pétroliers de la Russie, ce qui est essentiel dans la période.
Au-delà de l'Ukraine, nous avons la même approche sur le proche et Moyen-Orient. Appeler à la cessation des hostilités, à un chemin de paix, mettre fin à l'enchaînement guerrier qui a succédé à l'attaque terroriste du Hamas le 7 octobre 2023. Ensemble, nous avons appelé à cesser le feu à Gaza et à la libération de tous les otages.
C'est l'urgence absolue pour mettre fin au calvaire des otages et à celui des Gazaouis. La continuation d'une guerre sans fin et sans objectif stratégique fait peser une menace grave pour la région et pour notre sécurité collective. Elle est aujourd'hui le lieu d'une déshumanisation que rien ne peut justifier.
Ensemble, nous avons la nécessité d'offrir un chemin politique et je crois à l'avenir de la solution à deux États comme base d'une architecture de sécurité régionale qui permettra à Israël de vivre en paix et en sécurité avec ses voisins. Je crois à la nécessité d'unir nos voies à Paris, à Londres et partout ailleurs pour reconnaître un état de Palestine et initier cette dynamique politique qui est la seule conforme à une perspective de paix. Notre sommet a aussi permis d'acter notre convergence retrouvée 9 années après le Brexit et je soutiens pleinement les efforts du premier ministre Starmer pour restaurer la confiance, assurer le respect des accords conclus avec l'Union européenne et renforcer ce cadre par des coopérations ciblées et d'intérêt commun.
À cet égard, je me réjouis que nous ayons pu le 19 mai dernier définir une feuille de route pragmatique entre l'Union européenne et le Royaume-Uni sur l'énergie, le climat, la défense, les normes sanitaires et phytosanitaires et la mobilité des jeunes. Aujourd'hui, nous déclinons cette reconvergence, ce reset au niveau bilatéral. D'abord dans le domaine économique, nos échanges commerciaux excèdent leur niveau d'avant Brexit.
Nous sommes le 3e et le 4e investisseur l'un chez l'autre et les 3500 entreprises françaises présentes au Royaume-Uni demeurent le 2e employeur étranger. Plusieurs accords de coopération ont été signés entre nos universités, nos centres de recherche en intelligence artificielle sur le quantique et nous renforçons et ancrons aujourd'hui notre partenariat dans deux autres secteurs clés. Le nucléaire civil.
D'abord, EDF réalisera les deux réacteurs nucléaires repères de Sizwc et y investira à hauteur de 12,5 % du capital de la société projet. C'est bon pour la décarbonation de l'économie britannique. C'est bon pour sa sécurité énergétique pour l'emploi et pour les compétences.
Et c'est bon pour EDF qui développe ainsi la technologie EPR comme pour le site de Sizwell qui bénéficiera des efforts de série et de effets d'échelle qui sont issus des réacteurs d'inclay point. Le deuxième domaine économique est celui du spatial. Le gouvernement britannique participera à l'augmentation de capital de Telat venant s'ajouter à l'augmentation que nous avons annoncé le 19 juin, ce qui porte le montant total à 1,5 milliards d'euros et permet à nos partenaires britanniques de conserver au même niveau leur part dans le capital de l'entreprise.
Nous soutenons ainsi le plan stratégique de croissance de Telat, le développement de sa constellation léo et renforçons notre partenariat européen en matière de connectivité spatiale. Dans ces deux domaines, le nucléaire civil et le spatial qui sont deux domaines d'avenir, ce sommet permet des avancées massives. Et puis dans le domaine culturel et c'est avec 300000 français installés au Royaume-Uni et les 150000 Britanniques en France un enjeu important de notre relation.
Nous avons eu le plaisir ensemble d'annoncer hier le prêt et l'exposition au British Museum de septembre 2026 à juillet 2027 de la tapisserie de Bailleux qui est sans doute l'œuvre la plus symbolique de notre histoire partagée et dans le sens inverse du trésor de Sotenou et d'autres œuvres insignes du patrimoine britannique qui seront exposé à Camp et à Rouan. Tout sera mis en œufre pour assurer la protection de ces trésors nationaux, j'espère même face aux tentative de déstabilisation de Lar et le processus sera étroitement suivi par des experts pour veiller à la conservation des œuvres. Nous avons enfin convenu de renforcer nos efforts ensemble pour lutter contre les trafiquant de migrants en manche et maîtriser l'immigration clandestine.
Vous l'avez longuement évoqué, monsieur le premier ministre, c'est un enjeu essentiel pour nos deux pays. Dans le cadre des accords de Sanderst, nous avons mis en place une coopération exemplaire avec des résultats conséquents, notamment la quasi extinction des tentatives ferroviaires ou en transport routier via le tunnel. Et rappelons-nous, il y a quelques années, c'était l'objet de commentaires quotidien.
Nous avons réussi à justement réduire complètement ces voix. Nous avons réussi à prévenir beaucoup mieux qu'avant les départs de Smallboats, mais les moyens humains et techniques que nous engageons en effet n'ont jamais été aussi important. Néanmoins, nous constatons depuis janvier dernier une hausse des traversées illégales avec des modalités nouvelles, celles qu'on appelle les taxibats, les passeurs prenant toujours plus de risques pour faire ces traversées et faisant courir davantage de risques à ces personnes qui fuient la misère dans leur pays.
C'est en effet l'adaptation permanente face renforcement de nos contrôles. Nous mobilisons en effet aujourd'hui plus de 1200 forces de sécurité et d'intervention. C'est un problème des deux côtés de la Manche.
Outre la tension que cette situation génère dans nos territoires du nord comme sur vos côtes. C'est pourquoi nous allons renforcer notre action partagée sur plusieurs fronts. D'abord, il faut comprendre que depuis le Brexit, je le dis aussi avec honnêteté parce que je sais que ce n'est pas votre cas, monsieur le premier ministre, mais beaucoup de gens dans votre pays ont expliqué que le Brexit permettrait de lutter plus efficacement contre l'immigration clandestine.
Simplement, c'est depuis le Brexit que le Royaume-Uni n'a plus aucun accord migratoire avec l'Union européenne. En effet, il n'existe donc pour les candidats à la traversée ni voie d'admission légale alternative, ni dispositif de réadmission à l'issue d'une traversée. Et la situation actuelle crée en réalité une incitiation à réaliser la traversée.
C'est donc l'exacte inverse de ce qu'avait proposé plutôt promis les Brexiturs. Nous avons trouvé aujourd'hui, grâce à la proposition de nos ministres de l'intérieur et à leur travail toutes ces semaines, un accord politique de principe pour tester justement ce projet pilote qui exercera un effet très dissuasif sur le modèle des passeurs et sur les traversées. D'une part, en ouvrant une voie d'admission légale pour des personnes ayant des liens de connexion avec le Royaume-Uni, d'autre part, en prévoyant la réadmission de ceux qui réussissent à traverser selon le principe du 1 pour un.
L'accord sera signé dès que les procédures de vérification juridique seront achevées, y compris celles de la Commission européenne qui sont nécessaires s'agissant d'un enjeu lié à une frontière extérieure de l'Union européenne pour qu'il soit mise en œuvre de la manière la plus rapide. Deuxièmement, concernant la doctrine d'intervention maritime sur laquelle nous travaillons, en effet, elle vise à mieux partager le renseignement, à mieux lutter contre les filières de passeur et agir sur la globalité du dispositif maritime en intégrant étroitement les dimensions relatives à la lutte contre l'immigration clandestine et au sauvetage en mer. Troisièmement, nous allons intensifier notre coopération conjointe vers les pays d'origine et de transit tout au long des routes migratoire dans la lutte en amont contre les réseaux de passeurs pour dissuader les départs et agir sur les retours.
Nous travaillons sur le début du parcours dans les pays de départ en s'attaquant à la racine du problème et la tas force britannique sur cet enjeu lancé au sommet de 2023 fonctionne à plein et nous avons eu des premiers résultats avec l'Irak et nous poursuivons avec d'autres pays. Enfin, monsieur le Premier ministre a confirmé la mobilisation totale de son gouvernement pour traiter justement les facteurs d'attraction de migrants illégaux, notamment en ce qui concerne la lutte contre le travail illégal et le séjour irrégulier. Je l'en remercie vivement et notre sommet de ce matin a permis de revenir sur toutes ces actions.
Vous l'avez compris, c'est donc des décisions fortes, nouvelles en profondeur que nous prenons pour lutter contre ces réseaux et cette immigration clandestine et permettre justement d'assurer pleinement la sécurité dans nos deux pays. Voilà mesdames et messieurs ce qu'en complément de des propos de monsieur le premier ministre, je voulais ici redire. Mais laissez-moi terminer en en exprimant toute ma gratitude à votre endroit, monsieur le Premier ministre, pour se sommer nos décisions.
Et vous l'avez dit, je crois que tout ça c'est une confiance que nous avons rebâti plusieurs années après le Brexit. C'est une confiance entre nos gouvernements, entre nos deux nations et entre nous. Et je crois profondément aux actions que nous sommes en train de conduire.
Les derniers mois d'ailleurs l'ont montré quant à la coalition des volontaires que nous avons lancé ensemble. et je crois le montreront sur tous les sujets que je viens d'évoquer. Et au fond, par ces décisions et ce sommet, nous commençons d'illustrer, de donner un contenu à ce que sa majesté le roi a voulu et annoncer il y a quelques jours, cette entente amicale.
Nous lui donnons un contenu et nous dessinons ensemble cet avenir. Je crois profondément que cette formule est la bonne. C'est pourquoi nous avons décidé de l'adopter et ensemble d'avancer sur ce chemin de l'entente amicale main dans la main.
Merci beaucoup. Merci Emmanuel. Nous allons maintenant avoir des questions de la part des des médias français, des médias britanniques.
Je vais commencer avec Robert Paxton ITV. Oui, bonjour. Monsieur le premier ministre, est-ce qu'un un pilote qui voit peu ?
Je veux d'ailleurs vous rappeler que lorsque vous mettez un pound, nous mettons 3 € et donc nous mettons beaucoup d'argent pour défendre la frontière qui est une frontière extérieure de l'Union européenne. La deuxième chose, nous avons éteint des voies de passage. La voie terrestre, la voie ferroviaire est beaucoup réduit celle de ces small boats qu'on évoquait. simplement les passeurs s'adaptent et nous devons adapter notre réponse.
Ensuite, je le rappelais, nous devons surtout adapter la réponse au Brexit. C'est qu'on a vendu au peuple britannique un mensonge qui est que le problème c'était l'Europe. Simplement en laissant un vide juridique, le problème c'est devenu le Brexit.
Et avec votre gouvernement, nous sommes pragmatiques et nous apportons pour la première fois depuis 9 ans une réponse. Une réponse pour permettre que des gens qui ont des liens que vous voulez prendre qui sont utiles pour votre pays soient admis légalement sans prendre le moindre risque et pour aider à ce retour justement avec le principe du un pour un de gens que vous ne voulez pas qui n'ont pas de retour et en faisant nous c'est toute la difficulté qu'il y a derrière ce projet pilote. C'est aussi pour ça qu'on a tout ce travail avec l'Union européenne, c'est qu'il nous faut faire fonctionner les accords de Dublin parce qu'en aucun cas la France ne va récupérer les gens que vous ne voulez pas.
On doit ensuite nous faire fonctionner les accords avec les pays de première entrée parce que la France ne peut pas devenir le réceptacle des gens à qui vous ne donnez pas d'asile. C'est normal, vous feriez comme nous. Et donc on doit nous faire refonctionner nos accords.
Pour ça qu'il faut qu'on ait la coopération des Espagnols, des Italiens, des Grecs et vous vous nous aidez à l'obtenir. Voilà. Donc je crois que c'est un bon accord.
On fait le travail, on a des résultats, on doit s'adapter, on ne laissera rien faire. Et je veux le redire ici aussi, ce qu'on a réussi à obtenir par exemple avec l'Irak ces derniers mois ensemble par notre taxe force commune est très important parce qu'à la fin un/ers 1/3 des clandestins, des immigrants illégaux qui sont sur l'espace de Schengen sont des gens qui veulent accéder à votre territoire. Et donc le clé de la réponse, c'est évidemment ce qu'on fait à notre frontière commune, mais c'est réussir à avoir une gestion préventive avec les pays de départ et les pays de transit et réussir à éteindre les raisons pour lesquelles ils veulent traverser et donc exactement ce que votre gouvernement est en train de faire sur les cartes d'identité, sur la lutte contre le travail illégal parce que c'est la raison pour laquelle ils ne veulent pas l'asile chez nous d'ailleurs, ils le veulent chez vous.
Voilà donc on travaille sérieusement loin de toute démagogie. Ce qui me permet de répondre à votre deuxième question. qui est que je crois profondément que notre responsabilité dans ce moment d'abord c'est de toujours en revenir au fait, à la science, à la complexité du monde et d'expliquer ce que nous faisons et d'expliquer que face à ça, on peut avoir des désaccords politiques les uns avec les autres, mais qu'il ne faut jamais céder à la tentation des politi des populistes qui généralement est un déni ou un travestissement des faits.
C'est ça qui nous distingue des autres. Et ça, je crois que c'est vraiment un cœur de doctrine qu'on ne doit pas abandonner. Ensuite, c'est la conviction que la réponse à nos problèmes qui sont de plus en plus complexes passe par la coopération, une approche européenne, une coopération.
Là où les populistes vous ont souvent vendu une réponse qui passe par le repli nationaliste. Est-ce que les problèmes budgétaires, les problèmes d'immigration clandestine, les problèmes de croissance de la Grande-Bretagne d'il y a 9 ans ont été réglés par le Brexit ? Non, ils sont en train d'être réglés par un gouvernement qui veut se réengager avec ses partenaires de confiance et avec l'Europe.
Et c'est ça la responsabilité de gouvernement comme les nôtres. Enfin, vous savez, je me suis jamais senti isolé parce que je me souviens très bien du jour où j'ai été élu. C'était quelques mois après le Brexit, quelques mois après la première élection du président Trump et dans un moment, on disait "C'est fini pour tous les gens qui sont progressistes, qui ont une vision du monde complexe ou qui osent mettre le drapeau européen sur une estrade." L'élection de 2017 avait montré le contraire.
Je souhaite à beaucoup de dirigeants européens de continuer à gouverner en expliquant à leur peuple la vérité des choses, la complexité du monde et en proposant des solutions, je crois, d'avenir au fond en portant de l'espoir. Nos sociétés sinon vont complètement se replier sur elles-mêmes, ce qui n'est ni la solution à nos problèmes, ni ce qui ce qui permettra à nos jeunesses de regarder de l'avant. Donc je suis plutôt au contraire très optimiste.
Oui, c'est la mission de ce gouvernement. ma mission de nous réengager de rétablir notre place sur la scène mondiale grâce à la coopération et la diplomatie sérieuse pour obtenir des résultats pour la population britannique. Et c'est comme ça que nous avons décidé de de faire les choses et c'est comme ça que nous sommes venus à cet accord.
Si je puis ajouter quelque chose de très important, la l'immigration irrégulière est un vrai problème dans le monde et en Europe. C'est un problème pour tous les pays européens. C'est euh c'est discuté dans toutes les réunions européennes.
Ce n'était pas le cas il y a quelques années et cela demande une réponse sérieuse, pragmatique. Pas les performances politiques, les réponses faciles. devons pouvoir démontrer de façon collective, nous deux, en tant que dirigeants de deux grandes nations, de pouvoir surmonter cette menace pour montrer que la social-démocratie peut donner la réponse à ces problèmes sérieux.
Autrement, les réponses faciles vont obtenir l'assentiment. Nous avons travaillé très dur pour obtenir cet accord tandis que d'autres n'ont fait que prendre des photos, des photos du problème. Et ça c'est la différence.
Il faut montrer que la politique pragmatique est la façon d'obtenir les résultats qui vont permettre à nos deux peuples de d'avoir les bonnes réponses. C'est important pour la France, le Royaume-Uni et il est très important de montrer que la social-démocratie a les réponses au défis auquels nous faisons face en Europe et dans le monde. Merci Robert.
Passons à Stéphane maintenant du Times. Stéphane du Times. Oui.
Pouvez-vous garantir que cet accord ne va pas être discuté dans les tribunaux comme ce qui se passe au Rwanda et que ça ne pas ne verra jamais le jour ? S'agissant des personnes qui sont ramenées euh parmi les 800, vous allez en choisir 50. Comment seront-ils choisis ?
Et vous engagez-vous à ce que ce cette opération pilote ensuite soit faite à plus grande échelle ? Vous l'avez dit durant votre discours, depuis janvier, les chiffres ont augmenté. De qui est-ce faute ?
Est-ce que c'est votre faute ou celui qui est à côté de vous ? Stéphane, premièrement, pour répondre à la dernière partie de votre question, nous avons tous les deux des responsabilités pour résoudre cette situation. Et l'un des problèmes par le passé selon moi, ça a été les gens qui se rejetaient la faute et cela n'a rien n'a rien donné.
Et voilà pourquoi nous n'avons jamais vraiment essayé de résoudre le problème. C'est pour ça que l'Union européenne, le Royaume-Uni, nous avons remis en en place nos relation pour ne pas être dans cette dans ce jeu de se rejeter la faute ou pour discréditer nos partenaires. Et voilà la l'approche que j'ai avec Emmanuel.
C'est notre responsabilité à tous les deux. On ne va pas faire de la petite politique comme par le passé. Ça n'a pas marché.
Ça n'a pas marché pour le Royaume-Uni. Ça n'a pas marché pour la France non plus, ni pour l'Union européenne. Alors, s'agissant du projet pilote, et bien ça va être opérationnel dans les prochaines semaines.
Bien sûr, c'est comme c'est comme vous l'a dit, c'est pilote pour démontrer que ça peut marcher, pour montrer que si vous venez avec des petits bateau, on va vous ramener en France. Bien sûr, c'est un projet pilote. C'est important que cela marche et nous nous assurons que cela fonctionne.
Et si ça marche et bien ça va casser le modèle. Et c'est comme ça qu'on va en finir avec cette traite horrible d'êtres humain. Et nombreux gouvernements ont essayé d'y arriver n ont échoué.
En terme de ceux qui seront euh renvoyés, je ne vais pas aller dans les détails car ça va peut-être pouvoir ça aura peut-être des incidences sur le succès de l'opération. Mais il est important que nous voyons cela comme une avancée dans la façon dont nous allons nous attaquer à ce problème de la traite des êtres humains. Oui, je suis d'accord.
Il ne faut pas se rejeter la faute et nous travaillons ensemble de façon étroite. Et la seule façon d'être efficace, c'est de travailler ensemble. Il ne faut pas sous-estimer les impacts que la situation a sur le le nord de la France.
Et souvent, c'est sous-estimé notamment dans vos débats nationaux, mais ce n'est pas un cadeau pour Calais, d'Inker et d'autres villes de France d'avoir tous ces migrants illégaux et même quand on leur offre l'asile en France et des solutions ils refusent, ils veulent traverser la manche. Nous n'avons donc pas d'autre option que de travailler de façon étroite ensemble. Mais ce n'est pas une situation facile pour le peuple français, pour les villes que j'ai nommé.
Je veux remercier les maires et la population du nord de la France pour leur contribution à ce travail commun. Ensuite, ce qu'il est important de comprendre, c'est que c'est un travail coopératif, collaboratif. Nous allons parler du pays d'origine.
Nous allons adapter nos actions bilatérales et combattre cette situation illégale sur votre territoire. Et voilà l'efficacité de ce nouveau plan. Je suis tout à fait engagé pour que ce ce plan marche.
C'est notre intérêt commun. Et ce projet pilote, je voulais insister sur un point, ça va avoir un effet dissuasif. Au-delà des chiffres que vous avez évoqués, nous voulons avoir un effet dissuasif vis-à-vis de tous ces passeurs, tous ces trafiquants pour envoyer un message.
Nous sommes efficaces et ils n'ont plus d'intérêt à essayer de jouer avec les règles. Passons maintenant à Christelle de journaliste française. Président, la première question s'adresse à vous.
Vous envisagez donc une réponse rapide. Euh si des deux pays en cas de menace extrême à la sécurité de l'Europe, alors qu'entendez-vous par menace extrême et est-ce que l'Ukraine ferait partie du périmètre d'intervention si une force de réassurance est mise en place ? Question maintenant au monsieur le Premier ministre.
Quelle forme pourrait prendre la coordination entre les deux pays ? Avec quel type d'opération ? Et puis comment pourriez-vous arbitrer entre votre engagement vis-à-vis des États-Unis et votre engagement vis-à-vis de la France ?
Je vous remercie. Je vais d'abord faire le distingot. Merci pour votre question.
Quand on parle de force de réassurance à l'égard de l'Ukraine, ça n'a rien à voir avec la doctrine que nous venons d'évoquer. Je veux pas qu'il y a d'ambiguïté. Nous avons avec l'Ukraine un plan qui est d'abord l'aide d'armes, de capacité, de soutien, de formation à court terme.
Ensuite, le jour du CC le feu, nous avons mis en place un plan et c'est tout le travail qui a été fait par nos deux chefs d'état-major armées qui est précisément d'organiser la coalition, les 30 pays qui sont partenaires et de voir dans les airs sur mer pour régénérer l'armée ukrainienne comment justement pouvoir tenir ce cesser le feu. Et au-delà de ça, nous avons un schéma de force de réassurance qui est de pouvoir envoyer un signalement stratégique. Ça, c'est une chose.
Totalement à côté de ça, ça n'a rien à voir. Nous avons décidé de coordonner nos doctrines nucléaires de manière totalement inédite. À ma connaissance, il n'y a pas deux pays au monde qui ont une telle intimité sur leur doctrine nucléaire désormais.
Mais je l'ai dit d'abord, ceci n'enlève rien à l'ambié stratégique qui va avec nos doctrines nucléaires. Pourquoi je répondrai jamais à votre question dans les termes avec lesquels vous me l'avez posé ? Parce que c'est ce qui va avec l'effet dissuasif et la crédibilité de notre doctrine nucléaire.
Ensuite, parce que nous avons décidé d'une coordination d'échange stratégique, de partenariat aussi opérationnel et capacitaire, mais l'un comme l'autre, nous restons pleinement souverains et indépendants dans le déclenchement et le pilotage de nos capacités nucléaires. Donc, je veux vraiment distinguer les sujets parce que je crois que sinon ça créerait une confusion qui serait nuisible à tout ce qu'on a fait. Ce sont deux exercices totalement distincts, mais au fond, nous expliquons que on a des doctrines chacun pour ce qui nous concerne.
La doctrine française est connue, je l'ai raffirmé il y a maintenant plus de 3 ans sur ce sujet mais à côté de ça, on met en place cette coordination qui n'enlève rien à notre indépendance et ceci est totalement distinct de ce que nous faisons sur l'Ukraine. Merci. Simplement sur la question de l'accord nucléaire.
C'est historique et je comprends pourquoi il il y a beaucoup de d'attention qui a été portée sur l'accord sur l'immigration qui bien sûr est important en lui-même, mais je dirais que l'accord nucléaire auquel nous avons abouti est aussi important et significatif et historique car nous sommes les deux nations nucléaires en Europe et nous avons décidé d'une avancée historique ce matin de la façon nous allons coordonner nos capacités en soutien à l'Europe et à l'OTAN. Et c'est un moment historique pour nos deux pays, un moment historique pour l'Europe et pour le monde. Vous avez demandé posé une question à propos des États-Unis et de l'Europe.
Il n'y a aucun doute dans mon esprit. L'OTAN a été l'alliance militaire la plus efficace de tous les temps et depuis des décennies, elle nous a permis de vivre en paix et il est de notre responsabilité non seulement de célébrer ces succès, mais de nous assurer en tant que dirigeant que nous allions de l'avant en nous assurant que cela va durer pendant des années et des années à venir. façon d'y parvenir, comme je l'ai dit plusieurs fois, c'est pour l'Europe d'en faire davantage pour que l'Europe en fasse davantage dans sa défense collective et cela bien sûr à avoir avec le financement.
Il y a eu un accord à l'OTAN il y a de semaines et demi mais ça va plus loin que ça. Il s'agit de coordonner, de coopérer. Nous en avons parlé en profondeur avec Emmanuel.
Comment nos deux pays peuvent-ils montrer le leadership qui est nécessaire ? Et c'est pourquoi nous avons décidé de faire cette coalition des volontaires pour nous assurer que l'Europe pouvait voir que deux pays étaient prêt à agir sur ce sujet. Nous nous faisons la même chose pour le nucléaire et ça fait partie de ce ce cet argument plus large de défense européenne.
Et je comprends car c'est un vrai défi pourquoi l'immigration illégale a été plutôt le sujet de la tension de ce sommet. Mais l'accord nucléaire, la coordination nucléaire est également très importante en en terme historique de de la défense de l'Europe. Je vous remercie.
Et j'ai Thomas de RTL. Bonjour monsieur le Premier ministre. Bonjour monsieur le président.
Euh il y a quelques semaines, vous avez dit aux Français que face à cette nouvelle menace, à cette nouvelle donne, il fallait faire des efforts. Euh demain, le chef d'état-major des armées, à votre demande présentera l'état de la menace. À quoi faut-il s'attendre ?
Quel type d'effort devront faire les Européens et les Français en particulier ? Est-ce qu'il faut s'attendre à ce que certains soient mobilisés dans une forme de réserve par exemple ? Et monsieur le Premier ministre, le président Macron tout à l'heure a appelé à une reconnaissance commune de la Palestine.
Quel est votre regard sur cette reconnaissance ? Où en êtes-vous dans votre réflexion et quand tous les deux allez-vous prendre cette décision ? Merci beaucoup.
Merci beaucoup. Vous avez raison de rappeler en effet que face à la situation, j'avais il y a quelques mois appelé les Français ce sursaut cette prise de conscience mais à la nature du risque. Ceci n'a pas changé à la fois parce que nous devons continuer d'aider l'Ukraine qui est aux avant-postes parce que la menace russe est là et parce que la détermination russe est là aussi.
Et vous avez sur le sol européen géographiquement c'est le cas à la frontière de l'Union européenne à quelques milliers de kilomètres à peine de Paris une puissance dotée du nucléaire qui aujourd'hui alloue 40 % de son budget à un effort militaire et qui à marche forcée construit des capacités dans tous les domaines du jeu et dont rien n'indique qu'elle n'a décidé de s'arrêter à ce qu'elle s'est d'ailleurs fixée pour elle-même et de manière momentané comme le déclenchement de la guerre. Mais la Russie n'a jamais tenu ses engagements depuis le début. Donc oui, nous devons faire face à ce risque qui n'est d'ailleurs pas le seul parce qu'à côté de ça, la menace terroriste demeure parce que nous avons d'autres formes de conflictualité qui existent parce que la menace maritime cyber spatiale est là avec d'autres grandes puissances.
Le chef d'étatmajor des armées demain demande expliquera le la nature du risque aussi tous les efforts qui ont été faits à travers les deux lois de programmation militaire qui est un effort inédit de la nation française parce que nous n'avons pas attendu. Heureusement, nous avons commencé dès 2017 par une revue stratégique puis par une première loi de programmation militaire qui a réparé une deuxième loi de programmation militaire qui nous permet d'aller plus loin. Et très clairement, nous devons aujourd'hui réviser notre programmation et notre stratégie.
La réviser à la lumière de changement de la nature du risque. Et c'est pourquoi général Burcart donc demain fera ses explications et je m'exprimerai à Brienne comme il est de coutume, chez le ministre des armées dimanche soir, donc la veille de notre fête nationale pour annoncer quelques décisions stratégiques d'investissement. pour l'avenir.
Sur la question qui est ensuite posée de mobilisation de nos compatriotes, nous avons fait le choix il y a maintenant près de trois décennies d'une armée de métier complète et de la fin de la conscription. Nous avons aussi fait le choix de la compléter par une réserve et dans notre loi de programmation militaire en cours, cette réserve atteint des niveaux inédits que rappellera d'ailleurs demain le général. C'est quelque chose qui vient épauler notre armée et qui permet de mobiliser des des capacités et des compétences dans la société civile et de revisiter ce pacte armée nation qui est si important.
Nous devons et nous allons accélérer sur ce point. Une autre question est celle du service national. Sur ce point en début d'année, j'ai demandé un travail au ministre au SMA.
Il est en train d'être finalisé. Il fera l'objet d'études complémentaires durant l'été et à la fin de l'été, début de l'automne, conformément au calendrier que j'ai donné en début d'année, je reviendrai vers vous pour pouvoir expliquer les décisions qui sont les nôtres et qui évidemment s'inscriront dans la programmation budgétaire qui sera la nôtre. M.
Emmanuel Macron