Face à Face : Marine Tondelier - 24/06
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous écoutez RMC, RMC jusqu'à 9h, Apolline Matin, face à face, Apolline de Malherbe.
Vous êtes bien sur RMC et BFM TV, bonjour Marine Tondelier. Bonjour et merci de votre invitation. Merci de répondre à mes questions ce matin, vous êtes secrétaire nationale des écologistes et c'était hier la journée la plus chaude jamais mesurée en France. Épisode intense, précoce, durable, étendu et aujourd'hui c'est encore 58 départements qui sont en vigilance rouge, on pourrait déjà battre les records que l'on a battus hier. La France souffre, clim ou pas clim ?
Commencez par apporter mon soutien aux Français qui souffrent. Moi je fais partie des gens qui souffrent deux fois, un, de la chaleur, deux, en écoutant sur les plateaux télé, certains racontenté n'importe quoi et préciser que lundi on a connu en France une température qui était supérieure à celle de 98,8% du globe, c'est-à-dire qu'il n'y a que 1,2% des endroits du globe. Vous avez plus chaud lundi qu'en France, c'est-à-dire l'Iran, l'Irak, le Sahara. En gros, c'est pour vous montrer que la France n'échappera pas au phénomène climatique.
Alors sur la clim, je le dis depuis un plateau climatisé, il fut un temps où on disait qu'en fait on ne peut pas climatiser partout tout le temps et c'est passé à l'urgence. L'urgence dans les années 70, c'était de se battre pour qu'il n'y ait pas de changement climatique ou le moins possible. Là où nous en sommes aujourd'hui, on est obligé de combiner deux choses, l'atténuation, donc continuer à se battre pour que ça n'empire pas, et l'adaptation, c'est-à-dire maintenant qu'il est présent, très fortement présent, comment on fait ?
Mais je dis bien à celles et ceux qui n'ont comme réponse que la clim, il y en a beaucoup, que si vous avez une fuite dans votre cave et que vous écopez sans jamais colmater la fuite, alors vous allez écoper longtemps.
Oui, mais l'un n'empêche pas l'autre, c'est ce que vous dites aujourd'hui, à la fois adaptation et en effet gérer l'urgence, c'est quand même pas ce que vous disiez, c'est-à-dire qu'aujourd'hui vous dites, non, on n'a jamais été totalement contre. Regardez, il y a encore un an, le conseil confédéral du parti a voté, c'était en juin dernier, contre la clim, la climatisation est, je cite, contre-productive, coûteuse, inégalitaire, c'est une maladaptation, elle aggrave la situation, la climatisation individuelle réchauffe, ainsi les quartiers et pèse sur le réseau électrique.
Est-ce que vous n'avez pas privé une partie des Français, et notamment les plus modestes, de l'idée de dire, écoutez, nous on constate qu'il va y avoir un réchauffement climatique, et donc on va protéger les plus modestes ?
Alors, premièrement, ce que nous disons là est vrai. La clim fait partie des solutions, vous savez, le climat c'est comme un effet boule de neige, c'est-à-dire qu'il y a cette boule de neige qui dévale la pente, et en fait ce que vous mettez en place aggrave le phénomène. La clim, c'est ça, c'est-à-dire que vous êtes dans un logement parisien, vous avez la chance d'avoir la clim, la chaleur de votre logement est rejetée à l'extérieur, donc dans la rue, et au bord des fenêtres de vos voisins, qui peut-être n'ont pas cette chance. Donc on dit que ce n'est pas une solution miracle, et que ça n'empêche pas de dire que dans les services publics...
Vous ne disiez pas juste que ce n'était pas une solution miracle, vous disiez... C'est une mal-adaptation, évidemment. Vous disiez que c'est contre-productif, coûteux, inégalitaire. C'est vrai, c'est inégalitaire de se dire, aujourd'hui, comme le fait le RN, la seule solution c'est la clim, parce que tout le monde ne l'aura pas, et tout le monde ne l'a pas aujourd'hui. Donc si vous ne faites pas ce que font les mairies écologistes... Mais vous auriez pu aussi décider que c'était des investissements sur lesquels il fallait accompagner les Français ? Pas vous, et pas à moi. Aujourd'hui, les villes écolos mettent en place des choses que les villes de droite ne mettent pas en place.
La gratuité des piscines, la baignabilité d'espaces naturels, le fait d'avoir cette règle des 333, c'est-à-dire à 300 mètres de chez vous un parc, de votre fenêtre trois arbres, forcément, et 30% de couverts végétal l'été n'importe où dans la ville. Les villes écolos font ouvrir les musées climatisés pour que tout le monde y ait accès. Le lourd va fermer plus tôt ce soir. Ce n'est pas une ville écologiste. Regardez à Lyon, je serais avec Grégory du Céteau tout à l'heure. Pardon, mais les écologistes gouvernent à Paris avec la majorité sociale. Est-ce que vous pouvez admettre que c'est toujours de la faute des écologistes dans ce pays ?
Moi, j'en ai ras-le-bol de ce niveau de débat public déplorable, où on alerte pendant des décennies et on se moque de nous, et quand le problème arrive, c'est encore de notre faute. Mais les autres, ils faisaient quoi ? Ils ont fait quoi pour empêcher qu'on en arrive là ? Ils sortent un plan clim, Mme Le Pen, qui sort son plan clim. Elle sort exactement la même proposition qu'il y a un an. Elle n'a pas travaillé entre-temps. Ce plan clim n'est pas chiffré, ne figure dans aucun de ses programmes et aucun de ses documents de campagne. Et moi, ce que je retiens du Rassemblement national, c'est qu'en 2023, elle disait, oui, mais le GIEC, ils sont toujours alarmistes.
Ils ont toujours été alarmistes. Ils travaillent tellement sur le sujet qu'ils sont très pessimistes. Thomas Ménager, porte-parole du Rassemblement national. On ne peut pas se baser sur les données du GIEC. Si on suit totalement les données du GIEC, on risque de contre-venir à la qualité de vie des Français. Mais aujourd'hui, la qualité de vie des Français, elle souffre de leur inaction climatique et de tous les votes contre l'écologie qu'ils ont fait. Et donc, moi, je veux bien être responsable une première fois. Parce que quand on lance l'alarme, on nous dit qu'on est pénible.
Mais si en plus, quand le risque sur lequel on alerte depuis des décennies, seul et sous les moqueries générales, se produit, c'est encore de notre faute, ça commence convenaisant à faire beaucoup.
Si tout le monde est d'accord sur le fait que les risques, vous faites partie des premiers à avoir alerté et à avoir alerté inlassablement. Mais il y a quand même une question. Aujourd'hui, pourquoi est-ce qu'y compris des experts très écologistes, vous parliez du GIEC, on peut parler aussi de Jean-Marc Jancovici, des gens qui aujourd'hui disent pourquoi est-ce que la France peut se permettre la clim ? Parce qu'en France, l'énergie est décarbonée. Et pourquoi elle est décarbonée ?
Alors, je vois que vous allez l'emmener sur le nucléaire, mais je vous dis tout de suite que en ce moment et quand il y a des clims, c'est le moment où l'énergie solaire marche à plein. On a atteint des records hier de production solaire. Et donc, en pleine canicule, par principe, quand il y a une canicule, il y a beaucoup d'énergie solaire. Au-delà d'aujourd'hui, pourquoi est-ce que l'énergie est décarbonée en France ? Pour l'instant, c'est grâce au nucléaire, parce que la France est le bonnet d'âne européen sur les énergies renouvelables.
Mais il n'empêche que le nucléaire est trop cher et de plus en plus cher et que les nouveaux EPR, personne ne sait les financer, même la Cour des comptes le dit. Il n'empêche que le nucléaire est trop lent pour atteindre la neutralité carbone à temps pour respecter les accords de prix parce que les nouveaux EPR ne ouvriront pas avant 2045, si tout va bien. Il se trouve que le nucléaire est très vulnérable en perte de canicule. comme en Allemagne où ils ont suivi les verts, ont demandé des gaz à effet de serre beaucoup plus importants. Madame Malherbe, l'Allemagne sera à 80% de renouvelables en 2030. Les verts font leur... On ne prend pas de leçon.
Les verts allemands font aujourd'hui leur mea culpa. Vous l'avez entendu. Les Français ne font pas de leçon de morale sur le renouvelable. Les Français sont les bonnés d'âle de l'Europe. Quand ils ont dû fixer leur objectif pour l'énergie renouvelable, ils ont fixé l'objectif le plus faible d'Europe. Aujourd'hui, on est le bonnés d'âle. On est le seul pays qui n'a pas respecté ces accords.
Quand on regarde les chiffres...
Décarbonisation, c'est maintenant. Carbonation, c'est le décarbonation.
L'INSEE donne ce chiffre. 25% de moins d'émissions de gaz à effet de serre en France depuis 10 ans. Est-ce que vous reconnaissez ce chiffre ?
Il y a eu des années où ce chiffre s'est produit parce qu'on a eu une désindustrialisation, qu'on a eu des hivers beaucoup plus chauds, moins rigoureux, donc moins de chauffage, et qu'on a eu une crise de Covid qui fait que dans certains secteurs très émetteurs, notamment l'aviation, ça s'est arrêté un temps. Il y a aussi des secteurs qui s'améliorent, l'industrie notamment, mais je vous l'ai dit, pas que pour des raisons... Ma question était, est-ce que vous vous félicitez de ce chiffre ? 25% de moins d'émissions de gaz à effet de serre en France.
Ce que je vous dis, Madame de Malherbe, et vous verrez que les nouveaux scénarios de RTE sortiront en octobre et montreront que le 100% renouvelable est possible et que là, il rend la France d'ailleurs vraiment indépendante de l'uranium russe, que l'on continue à emporter malgré les sanctions économiques qu'on est censé respecter. Et donc, le 100% renouvelable, c'est possible. Beaucoup plus fiable que le nucléaire, beaucoup moins cher et beaucoup plus résistant. Vous prenez donc toujours la sortie du nucléaire ? Évidemment, mais pas demain, pas en trois semaines, pas sans prolonger les centrales actuelles. On n'a pas le choix, sinon il y aura un effet falaise.
Mais vous verrez que la centrale de Golfech, depuis deux jours, est à l'arrêt parce que la Garonne est à 38 degrés, qu'elle ne fonctionne plus, que dans l'un, au bugé, on a dû ralentir aussi la production. Parce que le risque de refroidissement, effectivement, de la centrale... Alors, soit on est au bord d'un fleuve
donc, problème, pas résilient. Marine Tendier, je vous repose la question. Est-ce que vous vous félicitez malgré tout que la France ait réussi à baisser de 25% ses émissions de gaz à effet de serre ? Ça, c'est toujours une bonne nouvelle,
mais elle aurait pu le faire par du renouvelable, comme le font d'autres pays, qui sont aujourd'hui à 80% de renouvelables dans leur production d'écrit, comme l'Allemagne, et quand nous, on galère. L'Allemagne, qui a beaucoup plus d'émissions de gaz à effet de serre que nous. À cause du gaz. Et à cause des centrales à charbon. Mais on a du gaz aussi en France. Pourquoi les centrales à charbon ? Non, madame de la mer, il y avait du charbon avant, et il y en a pendant, et la part de charbon baisse. Ma question, c'est, est-ce que malgré tout, c'est-à-dire que quand je vous écoute, il y a zéro, zéro, zéro...
Je veux dire qu'on passe toutes les émissions sur le nucléaire, je ne pense pas que dans la torpeur de cet été, c'est-à-dire qu'il y a des Français. Mais non, parce que si on était en 100% renouvelables, on n'en serait pas là, voilà, non plus. Et on n'aurait pas des centrales qui galèrent à fonctionner l'été, et dont on ne sait pas comment elle fonctionnera. Il y en a deux. L'été 2023, je ne savais pas. J'aimerais bien qu'ils nous disent comment à l'été 2100, ces centrales nucléaires fonctionneront.
Est-ce qu'aujourd'hui, vous estimez que parmi le plan, je crois que vous avez un grand plan que vous allez d'ailleurs présenter cet après-midi, pour s'adapter effectivement à ce réchauffement climatique ? Je vous repose quand même la question de la clim, parce que vous m'avez dit, je ne suis pas contre, mais est-ce que vous êtes favorable à aider les particuliers, par exemple, comme on les a aidés à un moment, à mettre le chauffage, comme on les a aidés à adapter leurs habitations, à pouvoir se procurer la clim ?
Bien sûr, mais en fait, les Français vivent mal l'été dans leur logement. Il y a, c'est la moitié, le gouvernement dit un tiers, mais en fait, le vrai juge, c'est la moitié des Français qui vivent dans une bouilloire thermique et neuf Français sur dix qui vivent dans un logement qui en fait est vulnérable à la chaleur l'été. Quand vous faites une rénovation thermique de votre logement, il y a plein de choses. Le diagnostic thermique, en fait, c'est beaucoup basé sur l'hiver, très peu sur l'été.
Et donc, les méthodes pour se protéger l'été qui peuvent être la clim dans des régions ou dans des cas où on ne peut pas s'en passer, mais qui peuvent être aussi des clims non électriques, des clims, vous savez, au plafond, ça peut être des volets. Il y a plein de logements aujourd'hui en France qui n'ont pas de volets. Eh bien, équipmer son logement de volets, ce n'est pas pris en charge comme une mesure d'isolation. Et si vous êtes locataire et que vous n'avez pas de volets, vous n'avez pas de droit opposable à dire propriétaire, ce serait quand même bien d'en mettre. Nous, nous voulons changer tout ça. Mais ce que nous voulons surtout, c'est que l'État respecte ses promesses.
Quand ils disent qu'ils vont isoler 40 000 écoles d'ici dix ans au rythme où ils vont actuellement, ça prendra trois siècles. Trois siècles parce que le fonds vert qui était créé pour aider l'adaptation au changement climatique a été, tenez-vous bien, divisé par quatre en deux ans. Et qu'entre la vague de chaleur de mai et la vague de chaleur de juin, il n'y a quand même que trois semaines, eh bien, ils ont trouvé le moyen en trois semaines de réannoncer un gel de 20% de ce fonds vert. Et donc, on n'arrive pas à avancer. Donc, nous, ce fonds vert, nous le remettons à plein.
Mais vos mesures d'urgence, c'est quoi ?
En fait, c'est ça le paradoxe. C'est qu'on ne peut pas dire qu'on ne fait rien sur le climat pendant des décennies. Et tout d'un coup, là, c'est urgent. En trois jours, on a les solutions. Ça, ça ne marche pas. On fait tout ce qu'on peut dans les villes écolos. Je vous ai dit, on ouvre les musées, on ouvre les espaces airs. À Lyon, les parcs restent ouverts la nuit pour que les gens puissent y dormir si le logement n'est pas adapté. Et dans les mesures d'adaptation qui prennent un peu plus de temps, il y a cette végétalisation dont je vous ai parlé. Dans les villes écolos, on débitume les cours d'école.
Les gamins, quand ils ont une cour d'école végétalisée plutôt que bitumée, voient bien la différence en ce moment. On veut aussi mettre en place le congé climatique. Ça, c'est une mesure qu'on pourrait mettre en place très rapidement. J'ai entendu beaucoup d'âneries sur le congé climatique. Peut-être que je rappelle ce que c'est. Alors dites-nous,
parce que votre congé climatique,
c'est cinq jours par an pour les salariés exposés. Ou quatre ou six à discuter. Ou quatre ou six. Tout ça est à discuter. Moi, je mets une idée sur la table comme je l'ai conçu. Après, le débat suit son cours et on fera au mieux selon ce que les gens sont prêts à faire. Décider par qui ? Comment financer par quoi ? Alors, le principe aujourd'hui, c'est qu'il y a des employeurs qui, des fois, disent à leurs salariés « Venez pas travailler aujourd'hui. » Ils prennent sur eux. Il y a des salariés qui peuvent faire valoir ce qu'on appelle aujourd'hui le cas de force majeure en disant « Moi, aujourd'hui, je ne peux pas venir travailler.
» Dans ces cas-là, ils ont le droit de ne pas venir, mais ils ne sont pas payés. Donc, en fait, il y a déjà des gens qui payent. Les employeurs ou les salariés concernés, mais ce n'est pas un risque qui est mutualisé. Donc, moi, je veux que, comme l'assurance maladie, ce risque qui est un nouveau risque du XXIe siècle soit assuré collectivement. Donc, il coûtera le même prix, sauf que ce sera assuré collectivement. Ça ne concerne pas tous les Français. Il y a des gens qui peuvent télétravailler dans leur logement climatisé s'ils ont de la chance. Il y a des gens qui ne sont pas concernés, mais il y a aussi des personnes dont le poste de travail est inadapté.
Ceux qui sont concernés ou ceux qui ne le sont pas ? On fait appel au beau sens et on écrira les cas. Par exemple, je pense que dans le BTP, il paraît assez évident à tout le monde. Moi, je reçois des salariés du BTP qui m'envoient des photos. Ils sont avec les parasols et tout sur les toits. C'est ingérable. Dans certaines exploitations agricoles, des gens qui ont des bureaux. J'étais au Muséum d'Histoire Naturelle la semaine dernière. Dans un bureau, il fait 48 degrés. Comment voulez-vous qu'on travaille là ? Ce n'est pas possible. Il y a des postes qui sont télétravaillables.
D'autres, non. Mais aujourd'hui, on adapte les horaires. Par exemple, vous parlez de ces bureaux au Muséum d'Histoire Naturelle. J'imagine qu'ils peuvent venir plus tôt, partir plus tard.
Dans le BTP, si vous dites que vous arrêtez à 14h au lieu de 16h, ce qui est le cas dans certaines noites, vous êtes un exposé. Oui, mais si vous dites que c'est pour y compris, par exemple, les gens qui travaillent dans un bureau où ils se préparent. Dans les bureaux, comme on n'a pas le droit avec les assurances d'ouvrir les fenêtres la nuit, ce n'est pas vrai que les températures baissent la nuit dans les bureaux. Est-ce que plutôt
qu'un congé climatique,
il ne faudrait pas obliger à ouvrir la nuit ? Oui, bien sûr. Les gens la nuit qui n'auront pas de métro pour aller travailler.
Non, à ouvrir.
Ça fait partie de notre plan d'adaptation, de demander aux assureurs même dans les crèches, dans les écoles, c'est interdit d'ouvrir les fenêtres la nuit. Donc, on devrait pouvoir avoir des gardiens de nuit et ouvrir les fenêtres la nuit dans les périodes de canicule. Mais sur le congé climatique, moi, je vous dis une chose. Les vérités, ça subit toujours trois phases. La première phase, ce sont les mots criés. Moi, j'avais entendu Louis Sarkozy dans le bureau, dans le studio d'à côté, expliquer que c'était un astrologue qui allait donner des arrêts de travail. Franchement, c'était n'importe quoi. Vous lui donniez la réplique, même vous, vous étiez consterné.
J'ai entendu ensuite la deuxième phase, c'est-à-dire la phase où c'était... Vous vous dites ce sera décidé par qui ? Parce qu'il y a l'idée où c'est moqué et il y a le moment de la deuxième phase où c'est qui décide aujourd'hui ses congés. Il y a la phase où c'est moqué et il y a la phase où on commence à argumenter. Et moi, j'ai entendu M. Martin du MEDEF à votre antenne hier qui disait...
Il dit, je n'en passe pas de bien, c'est l'inverse de ce qu'il faut faire. On va devoir faire face à un mur d'investissement précisément pour se protéger de dérèglement climatique. Le problème de fond, c'est qu'on ne produit pas assez. Je suis totalement contre par philosophie. La décroissance n'est pas la solution. C'est chronique. Il faudrait toujours moins travailler si on les écoute. Les écoutes, c'est vous. Comment on peut gagner plus en travaillant moins ? Voilà la question que je vous pose.
M. Martin a dû lire les mêmes chiffres que moi faits par l'assureur Alliance qui est un spécialiste de l'évaluation qui dit une journée de canicule, c'est l'équivalent d'une demi-journée de grève Quand il dit à votre antenne que si on ne travaille pas les jours de canicule, on ne pourra pas financer la transition énergétique, c'est-à-dire qu'il faut que les gens meurent sur les toits dans le BTP pour qu'on puisse isoler nos écoles. Ça n'a aucun sens. M. Martin, en l'occurrence,
il ne dit pas que les gens doivent mourir sur les toits puisqu'il dit par ailleurs que les patrons sont responsables de la sécurité de leur ouvrier Oui, mais j'avais entendu
figurez-vous les ministres du Travail dire la même chose à la vague de canicule de mai en disant que Marine Tonneli elle est bien gentille M.
le ministre du Travail dit le matin Marine Tonneli elle est bien gentille les employeurs savent ce qu'ils vont faire le soir même un jeune de 19 ans meurt à l'hôpital après avoir fait un malaise sur un toit Donc oui, il y a des employeurs qui sont très responsables qui prennent les bonnes décisions mais il y a aussi les autres et la loi est là justement pour protéger tous les travailleurs tous les travailleurs Moi, je ne suis pas là pour dire Mme de Malher a droit à un congé climatique vous savez bien que vous, votre boulot il est supportable par canicule plus que d'autres et quand on travaille dans une cuisine par 50 degrés ça n'est pas possible et quand les écoles ferment ce qui est le cas de beaucoup d'écoles en France aujourd'hui et bien quand on n'a pas les moyens de télétravailler parce que le congé climatique ça n'applique pas quand on a du télétravail quand on n'a pas le moyen de télétravailler et que ses enfants ne sont pas en âge de se garder tout seul on fait comment ?
Donc évidemment qu'il faut fournir ces droits-là sinon on a juste les gens en difficulté Gabriel Attal dit
c'est une très mauvaise solution
à un vrai problème ça me confirme que ça doit être une bonne solution
Monique Barbu la ministre de la transition écologique vient de dire que cet épisode pourrait durer jusqu'à 3 semaines peut-être même jusqu'à la mi-juillet est-ce que 5 jours si on va dans votre logique est-ce que 5 jours ce sera suffisant ? c'est-à-dire que quitte à faire un congé écologique vous allez finalement ouvrir une boîte de Pandore et on va se retrouver avec 3 semaines peut-être un mois peut-être 2 mois sans pouvoir travailler Je vous redis
Madame de Malherbe que dans les moments comme ça de l'histoire les bonnes idées sont d'abord moquées puis critiquées sur le fond comme c'est le cas actuellement on est dans la phase 2 Pascal Pro lui est resté la phase 1 pour toute sa vie et la phase 3 c'est que ça paraît évident
pour les congés payés
en 1936 on a eu les mêmes phases aujourd'hui personne ne dit les congés payés ça crée la misère dans le monde et bien là ce sera pareil ça paraît très évident moi je suis allée en Espagne où Yolanda Diaz procédé écologiste a mis en place cette mesure suite à des morts dans les exploitations agricoles dans le BTP et dans le gros épisode d'inondations à Valence
c'est après
les inondations à Valence oui mais ça venait de loin et le portait depuis longtemps les inondations fait que dans l'opinion publique et dans le patronat par exemple on arrête de dire non ça dure 4 jours et après on bascule dans le régime du chômage partiel on passe au bout de 4 jours en Espagne au chômage dans le régime du chômage partiel mais qui est moins indemnisé
qui va porter cette mesure aujourd'hui effectivement quand on entend Gabriel Attal quand on entend le patronat est-ce que vous avez suffisamment autour de vous est-ce que vous avez pu convaincre les socialistes les communistes LFI qui va porter cette mesure avec vous ?
Écoutez cette mesure sera déposée sous forme de proposition de loi par Damien Girard on a une conférence de presse cet après-midi pour l'annoncer il est député écologiste de l'Orient et j'entends à gauche pour l'instant soit du soutien très très franc soit pas d'opposition donc on a déjà convaincu notre famille politique qui n'est pas solidaire surtout tout le temps donc je le note et les autres on ira aller chercher un par un avec le soutien des français on a lancé une pétition sur les écologistes.fr On a besoin de faire monter pour soutenir ce soutien Vous avez parlé de privilèges climatiques ? Oui bien sûr C'est quoi les privilèges climatiques ? Qui sont les privilégiés du climat ?
Les privilèges climatiques c'est le fait déjà que les milliardaires émettent en 90 minutes plus de CO2 qu'un habitant mondial moyen dans toute sa vie en 90 minutes et que les mêmes qui contribuent et qui accélèrent ce changement climatique sont ceux qui en sont préservés parce qu'ils ont la clim parce qu'ils n'ont pas les boulots qui sont exposés et qu'ils auront toujours les moyens de se sauver y compris comme Elon Musk en disant moi je vais aller sur Mars Donc ça c'est un premier sujet Le deuxième sujet c'est que regardez les statistiques dans les 10 départements les plus pauvres il y a 31% de surmortalité en cas de chaleur que dans les 10 départements français les plus riches Donc les plus vulnérables sont plus exposés à chaleur ils ont les boulets les plus durs ils habitent dans les quartiers les plus bétonnés ils ont les logements les moins bien isolés et donc moi je le dis les privilèges climatiques ça suffit et comme il y a eu la nuit du 4 août 1989 d'abolition des privilèges et bien moi je suis pour une ou du 4 août 2027 quand nous aurons gagné pour abolir les privilèges climatiques Marine Tondelier secrétaire nationale des écologistes merci d'avoir répondu
à mes questions il est 8h47 sur RMC et BFM TV
Marine Tondelier