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interviewRMC — Face à Face· 21 avril 2022 20 min

L'interview : Jordan Bardella - 21/04

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC, RMC, l'interview à Pauline de Valherbe. 8h33 sur RMC et BFM TV. Bonjour Jordan Bardella, vous êtes le président du Rassemblement National. Merci de répondre à mes questions ce matin. J-3 avant le second tour et le lendemain bien sûr de ce débat. On va refaire le match ensemble ce matin. On va revenir évidemment sur ce débat. Je voudrais aussi que vous puissiez répondre aux propos du président de l'Ukraine hier sur BFM TV qui en quelque sorte s'est adressé directement à Marine Le Pen. Et puis on va revenir aussi sur la suite et la question des législatives. Mais d'abord, refaire le match. Elle n'a pas perdu mais elle n'a pas gagné. Vous aviez besoin qu'elle gagne.

0:45
Jordan Bardella

Je pense qu'elle a montré aux Français d'abord la solidité de son projet. Elle a pu aller dans le fond des choses, expliquer sans outrance ni caricature du camp d'en face que nous subissons d'ailleurs depuis deux semaines, quel horizon elle proposait au pays pour cinq ans. Moi, je suis comme beaucoup de Français. J'ai été très surpris par l'attitude d'Emmanuel Macron. Une attitude que j'ai trouvée arrogante, méprisante, avachie au fond de son fauteuil et qui, je crois sur le poids des images qu'il laisse derrière lui, symbolise assez bien la manière qu'il a eu de considérer le débat et la démocratie pendant cinq ans dans notre pays.

Un président que j'ai trouvé sans envie, sans fougue ni envie et je me suis dit non, je ne l'ai pas trouvé à l'offensive. J'ai trouvé qu'il courait derrière Marine Le Pen et qu'en vérité, le seul horizon qu'il propose aux Français pour les cinq prochaines années, c'est de les faire travailler jusqu'à 65 ans. Donc maintenant, on va se poser un choix très clair aux Français. Je pense qu'à la lumière de ce débat, ils ont pu se faire un aperçu maintenant très clair des deux choix de société que nous leur proposons. Donc est-ce qu'ils veulent continuer avec, par exemple, un carburant, il y a 60% de taxes ?

Est-ce qu'ils veulent continuer l'impuissance avec l'insécurité qui se démultiplie partout dans notre pays ? Ou est-ce qu'ils veulent rompre avec ce modèle qui a créé beaucoup de tensions dans notre pays ? Je pense qu'il est temps de se choisir en France une présidente de la République qui aime les Français, qui les respecte. Et c'est peut-être ça la grande différence de fond entre les deux.

2:04
Présentateur

Vous insistez beaucoup, depuis hier soir d'ailleurs, sur la question de l'attitude d'Emmanuel Macron. J'ai bien entendu, en quelque sorte, sa manière même d'être en l'écoutant ou en la regardant. Mais dans les mots, il a été effectivement offensif. Mais en aucun cas, ça s'est resté assez courtois d'un côté comme de l'autre, vous diriez, non ?

2:25
Jordan Bardella

Non mais ce n'est pas un match de boxe, vous me l'admettrez. Ce n'est pas un match de boxe, c'est une confrontation démocratique. Donc voilà, maintenant les Français vont pouvoir se faire un choix. En fait, il est là le choix. Emmanuel Macron propose au pays la seule chose qu'il propose. Est-ce qu'on est capable de citer plus de trois mesures que propose Emmanuel Macron ?

2:42
Présentateur

Ne vous inquiétez pas, on va rentrer dans le fond. Mais je voudrais quand même qu'on s'arrête encore un instant là-dessus. Parce qu'on a quand même eu un peu l'impression hier qu'à force de vouloir en effet montrer qu'elle était calme, qu'elle était respectueuse, qu'elle était apaisée, par contraste avec la brutalité que vous dénoncez depuis le début de cet entre-deux-tours, qui serait du côté d'Emmanuel Macron, elle-même avait l'air comme un peu interdite, un peu en retrait.

3:03
Jordan Bardella

Non mais le problème, c'est que quand Marine Le Pen est offensive, vous lui reprochez d'être offensive. Et quand elle est dans le concret, qu'elle laisse son interlocuteur terminé, vous lui reprochez d'être sur la défensive. Donc de toute manière, on trouvera toujours des reproches à faire. Le jour où une grande partie des médias dira qu'on a réussi le débat, je pense qu'il faudra qu'on commence à s'inquiéter.

3:30
Présentateur

Je recevais ce matin sur RMC Alexis Corbière, qui était aussi arbitre, qui dit que j'aurais bien aimé qu'elle avance sur McKinsey, sur les gilets jaunes.

3:36
Jordan Bardella

Alexis Corbière, qui est représentant de la France insoumise. La France insoumise va-t-elle voter pour Emmanuel Macron ? Est-ce que, M. Mélenchon, les cadres de la France insoumise vont voter pour la retraite à 65 ans ? Est-ce qu'ils vont voter pour l'homme qui est responsable des ordonnances de la loi travail ? De la loi sur l'indemnisation du chômage ? De celui qui a augmenté les taxes sur les carburants ? De celui qui a été extrêmement brutal en la gestion du mouvement des gilets jaunes ? Donc c'est ça le choix qu'il va se poser.

Et moi, dimanche, j'appelle tous ceux qui ne veulent pas d'un nouveau quinquennat d'Emmanuel Macron à se porter sur la candidate qui a fait le choix dans cette campagne de la sécurité et du pouvoir d'achat et qui, en matière de retraite, garantit une retraite à 60 ans et 40 annuités pour tous ceux qui ont travaillé entre 17 et 20 ans. Marine Le Pen est candidate pour servir la France et pour servir les Français. C'est une femme libre. Elle ne dépend pas d'intérêts privés. Alexis Corbière a, je l'ai écouté ce matin, évoqué McKinsey.

C'est vrai qu'on a le sentiment qu'Emmanuel Macron a, je pense que Marine l'a très bien résumé, livré la France à la fois à des prédateurs d'en bas avec la multiplication des agressions et des violences et à la fois à des prédateurs d'en haut, où on a le sentiment qu'il ne défend plus les intérêts français et qu'il a livré la France à des cabinets privés internationaux qui, évidemment, n'avancent que sous le saut de la rentabilité et du profit.

4:46
Présentateur

Jordan Bardelin, quand vous dites que c'est une femme libre, c'est la réponse qu'elle a fini par apporter à Emmanuel Macron. Qui lui a dit cette phrase ? Quand vous parlez à la Russie, vous parlez à votre banquier.

4:59
Jordan Bardella

Oui, l'injure, l'anathème, l'insulte, Emmanuel Macron est l'insulteur public numéro un. C'est de l'insulte ? Oui, parce que quand il insulte Marine Le Pen, comme le font d'ailleurs l'intégralité de ses soutiens depuis deux semaines, en vérité, ce sont les Français qui l'insultent. Ce sont tous les Français qui s'apprêtent à voter pour Marine Le Pen. Il y a un Français sur deux qui, dimanche, s'apprête à voter pour le Rassemblement national et pour la candidate du Rassemblement national, c'est-à-dire pour Marine Le Pen. Donc, nous, on a souhaité que ce débat, il ait lieu sereinement.

Or, je note que depuis maintenant deux semaines, la République en Marche et le camp d'Emmanuel Macron multiplient les fake news,

5:31
Présentateur

multiplient les désinformations, et multiplient les diffamations.

5:34
Jordan Bardella

Et moi, je veux juste, j'en termine, si vous me le permettez, moi, je veux juste dire aux Français, ne cédez pas aux insulteurs, ne cédez pas aux marchands de peur, lisez les programmes, soyez des Français libres et faites votre choix en votre âme et conscience. Ils cherchent à vous faire peur et en réalité, ils cherchent à vous démobiliser, à vous démoraliser. Ça fait 30 ans que ces gens-là se partagent le pouvoir et je crois qu'il est temps de tourner la page parce que je crois qu'une course contre la montre est engagée dans notre pays.

5:56
Présentateur

Alexei Navalny, qui est l'opposant à Vladimir Poutine, n'a pas dit autre chose que ce qu'a dit Emmanuel Macron hier soir. Il a tweeté hier, « Croyez-moi, il ne s'agit pas d'une simple affaire douteuse. J'ai été choqué, dit Navalny, d'apprendre que le parti de Marine Le Pen a obtenu un prêt de 9 millions auprès de la banque FCRB. Croyez-moi, il ne s'agit donc pas d'une simple affaire douteuse. » Il ajoute, « Cette banque est une agence de blanchiment d'argent bien connue créée à l'instigation de Poutine. Ça vous plairait si un politicien français obtenait un prêt auprès de la Cosa Nostra ? » Et bien là, c'est pareil.

6:29
Jordan Bardella

Vous relayez les déclarations d'un soutien d'Emmanuel Macron que personne ne connaît. Il est en prison aujourd'hui à cet homme pour être un opposant de la numérique. En Russie. Donc il fait donc de l'ingérence dans la politique française. Permettez-moi de vous rappeler que, je vais clarifier une nouvelle fois les choses, parce que ça a besoin d'être dit, en 2015, le Front National à l'époque, qui s'appelait le Front National, a contracté un prêt auprès d'une banque russe pour financer la campagne des élections régionales. Pourquoi nous avons été contraints d'aller chercher une banque à l'étranger ?

Parce qu'aucune banque française, aucune banque française, ni européenne, n'avait souhaité prêter au Front National à l'époque pour financer sa campagne électorale.

7:07
Locuteur non identifié

Pourquoi les banques russes ne s'avaient pas prêté ?

7:09
Jordan Bardella

Je ne sais pas. Je n'ai pas d'amis dans les grandes banques. Il faut demander à M. Macron.

7:12
Locuteur non identifié

Il faut avoir des amis dans les banques pour se faire prêter.

7:14
Jordan Bardella

Emmanuel Macron a beaucoup plus de facilité à obtenir les financements de sa campagne que nous. Je pense que ça n'aura échappé à personne. Oui, bien sûr que c'est politique.

7:22
Présentateur

Donc c'est politique quand une banque russe décide de vous soutenir ?

7:24
Jordan Bardella

C'est le même argument. Mais ça veut dire que quand un étranger obtient un prêt...

7:28
Présentateur

Il y a donc une intention de la part du banquier russe qui vous prête ? Puisqu'il y a une intention de la part du banquier français qui ne vous prête pas ?

7:34
Jordan Bardella

D'abord, cette banque a fait faillite. Permettez-moi de vous rappeler que si cette banque avait été liée au Kremlin, au pouvoir russe, a priori, elle n'aurait pas fait faillite. Premièrement. Deuxièmement, ce prêt était un prêt à 6% que nous sommes et que nous continuons de rembourser. Permettez-moi de vous rappeler que 6% ce n'est pas vraiment un prix d'amis et que si dès demain matin, ça fait 5 ans que nous le disons, une banque française accepte de nous reprendre cette banque, Mais voyez bien le piège et l'hypocrisie d'Emmanuel Macron.

C'est-à-dire qu'en même temps, il empêche les candidats d'opposition, en tout cas l'opposition que nous représentons qui est aujourd'hui donnée au second tour et en capacité de l'emporter, de se financer auprès des banques françaises pour ensuite aller se voir reprocher d'aller à l'étranger pour trouver un prêt. Mais il faudrait faire quoi pour trouver un prêt bancaire ? Emmanuel Macron avait promis une banque de la démocratie en 2007. Il n'a pas tenu cette parole.

Donc moi je note que sous Emmanuel Macron, la France ressemble de moins en moins à une démocratie et ça, ça devrait inquiéter tout le monde parce que les libertés ont reculé, parce que la violence avec laquelle il a traité des manifestations et notamment ce grand mouvement populaire des Gilets jaunes n'est pas acceptable. Il avait promis la proportionnelle aux élections, il ne l'a pas faite. Il a balayé d'un revers de main le référendum d'initiative citoyenne que nous mettrons en œuvre dès notre élection. Il ne l'a pas fait. Donc je veux dire, est-ce que les Français veulent continuer dans cette voie-là cinq années supplémentaires ?

Moi je pense que cinq années supplémentaires d'Emmanuel Macron, ça va être cinq années supplémentaires de saccage social. De saccage social. On va continuer la vente de nos grandes boîtes, de nos grands groupes comme il le fait depuis cinq ans. Est-ce que les Français vont laisser leur pays se faire dépecer par des gens qui se partagent le pouvoir depuis 30 ans, qui vendent nos entreprises, qui tapent toujours sur les mêmes, sur les classes moyennes et sur les classes populaires ? Et permettez-moi de vous rappeler que la première décision, une des premières qu'a prise Emmanuel Macron quand il a été eu en 2007, c'était l'augmentation des taxes sur les carburants.

Donc voilà ce qui vous attend si Emmanuel Macron devait être réélu. Et nous avons fait le choix hier, c'est vrai, d'être extrêmement concret, d'apporter des réponses sur le pouvoir d'achat. Et permettez-moi de vous rappeler que l'une des premières mesures que nous prendrons si Marine Le Pen est élue dimanche, c'est la baisse de la TVA de 20% à 5,5% sur l'ensemble des carburants et des énergies pour rendre du pouvoir d'achat aux Français.

9:33
Présentateur

Jordan Bardella, il y a deux points encore que j'aimerais qu'on puisse préciser et qui n'ont pas été tout à fait clairs hier. Sur les retraites, vous le disiez à l'instant, on partira, si Marine Le Pen est élue, à 62 ans. Mais est-ce que...

9:48
Jordan Bardella

60 ans, 40 annuités, si vous avez commencé à travailler entre 17 et 20 ans. Et pour le reste, exactement.

9:53
Présentateur

Mais à cela, Emmanuel Macron a répondu vous ne prenez pas en compte les critères de pénibilité, il a précisé, comme vous ne prenez pas en compte ces critères, chez vous, un professionnel avec un métier pénible qui débute à 25 ans ira jusqu'à 67 ans. Est-ce que vous pouvez répondre à cela ?

10:06
Jordan Bardella

Non, mais c'est faux. Je veux dire, il y a un processus qui est extrêmement simple. Entre 17 et 20 ans, vous partez à 60 ans avec 40 annuités. Au-delà, il y a une progressivité qui se met en place et qui ne dépasse pas un âge de départ légal à 62 ans et un nombre d'annuités de 42 ans. Avec nous, il n'y a aucune surprise. Sur le site de campagne de Marine Le Pen, il y a un tableau. Vous savez à quel âge avec nous vous allez rentrer sur le marché du travail et à quel âge vous allez en sortir. Ce que je note, c'est que nous sommes les mieux-disants sur cette réforme et que la réforme, ce n'est pas seulement la comptabilité, c'est un choix de société.

Est-ce que les Français conçoivent à partir à 65 ans ? Il y a des millions de Français dans notre pays de travailleurs qui font des métiers difficiles, qui travaillent dans la voirie, qui travaillent dans le secteur du bâtiment, qui font tous ces métiers de force et métiers manuels et qui aimeraient pouvoir arriver à la retraite sans avoir le dos cassé, le bras cassé. Ces Français-là, Emmanuel Macron, veulent les faire travailler jusqu'à 65 ans. Sauf que là où il le ment, c'est qu'aujourd'hui, d'après l'adresse, 42% des Français qui arrivent à la retraite sont au chômage.

Donc la vérité et l'objet de cette réforme, c'est de baisser les cotisations de retraite et de faire des économies sur le dos des travailleurs français. Sur ce point-là,

11:12
Présentateur

le chiffre que vous avancez n'est pas exact. Il est exact pour ceux qui partent à la retraite à 60 ans. En effet, ceux qui partent à la retraite à 60 ans, pour 50% d'entre eux, sont en réalité au chômage et font donc le choix, en effet, de partir à la retraite. 42% pour aujourd'hui. Mais ça, c'est ceux qui partent à 60 ans parce qu'en effet, justement, ils préfèrent partir à la retraite que de rester au chômage quitte à partir avec une petite retraite. Ceux qui partent à la retraite à l'âge moyen de 62 ans et 7 mois, aujourd'hui, ne sont pas à la retraite sauf 14% d'entre eux. Vous voyez bien que vous avez pris le chiffre qui vous a arrangé. Ce n'est pas tout à fait juste.

11:47
Jordan Bardella

Non, je n'ai pas pris le chiffre qui m'a arrangé. En revanche, cela m'amène à dire une seconde chose, c'est que les retraités aujourd'hui dans notre pays n'arrivent plus à boucler les fins de mois et qu'Emmanuel Macron, depuis 2017, a sous-indexé les pensions de retraite sur l'inflation. Donc, si Marine Le Pen est élue présidente dimanche, nous garantirons un niveau de retraite de 1 000 euros, pas une seule retraite en dessous de 1 000 euros et ces 1 000 euros seront indexés sur l'inflation. Parce que c'est bien beau comme le fait Emmanuel Macron de proposer 1 100 euros parce qu'il a fait son projet en catastrophe. Il reprend nos mesures en essayant de les bricoler.

Quand vous dites 1 000 euros, ça veut dire pas moins de 1 000 euros

12:14
Présentateur

et sans doute plus puisque ça évoluera

12:16
Jordan Bardella

pas moins de 1 000 euros indexés sur l'inflation et il s'agit aussi d'aller baisser toutes les dépenses contraintes parce que, permettez-moi de vous rappeler qu'il y a des retraités aujourd'hui qui vivent avec 8 ou 9 euros par jour qui n'arrivent plus à se chauffer et c'est la raison pour laquelle nous souhaitons baisser la TVA de 20% à 5,5 sur le gaz, l'électricité, le fuel, sur tout ce qui est en réalité un produit de première nécessité pour se déplacer de ce changement.

12:36
Présentateur

Alors là, c'était climato-sceptique comme critique lancée par Emmanuel Macron à Marine Le Pen, c'était climato-hypocrite comme critique en retour mais quand on regarde dans ce qu'elle a défendu hier Marine Le Pen elle a défendu ce qu'elle appelle le localisme mais est-ce que le localisme ce n'est pas simplement la préférence nationale ? Repinte en vert.

12:54
Jordan Bardella

Je pense que le vote pour le climat dimanche c'est le vote pour Marine Le Pen.

12:57
Présentateur

Ce n'est pas de l'écologie en fait c'est la préférence nationale.

12:58
Jordan Bardella

Je pense que d'abord le GIEC nous alerte sur le fait que nous avons moins d'une décennie et moins de 7 ans en réalité jusqu'à 2030 pour diviser par deux nos émissions de gaz à effet de serre. Le Haut Conseil pour le Climat nous dit quoi ? Il nous dit que la moitié de nos importations la moitié pardon de nos émissions de gaz à effet de serre est liée à nos importations c'est-à-dire qu'elle est liée à notre modèle économique et les Français voient bien qu'on ne peut pas défendre l'écologie tout en soutenant un modèle économique qui est basé sur le grand déménagement du monde et qui vise à les faire produire en Chine par des esclaves pour vendre en Europe à des chômeurs.

Donc nous on veut casser ce modèle économique pour défendre le localisme la proximité les circuits qu'ont autrement dit le patriotisme économique et vous savez que c'est l'une des mesures que nous portons depuis plusieurs années que nous mettrons en place dès 2022 c'est le patriotisme économique qui consiste à donner à l'ensemble des boîtes françaises l'ensemble des TPE-PME françaises un avantage dans les marchés publics c'est un moyen de développer les circuits courts et par opposition aux accords de libre-échange qui sont négociés depuis maintenant trop longtemps et qui ont été des conséquences catastrophiques sur nos agriculteurs et sur nos filières et Emmanuel Macron a continué de le faire au Parlement européen les députés de La République En Marche continuent de multiplier les accords de libre-échange avec la Nouvelle-Zélande avec le Vietnam et ça c'est en train de tuer nos agriculteurs et de tuer nos filières

14:06
Présentateur

Jordan Vardella je voudrais que vous puissiez répondre au président ukrainien Volodymyr Zelensky qui a accordé une interview hier à BFM TV si madame la candidate comprend qu'elle s'était trompée alors notre relation pourrait changer Marine Le Pen est-elle prête à reconnaître qu'elle s'est trompée ?

14:21
Jordan Bardella

Elle ne s'est pas trompée elle a condamné avec la plus grande fermeté l'agression de l'Ukraine par la Russie nous avons toujours été extrêmement clairs sur ce sujet nous avons en ce qui nous concerne voté au Parlement européen le déblocage de fonds FEDER pour aider les réfugiés ukrainiens et nous avons encore une fois voté sans ambiguïté le 1er mars une résolution qui condamnait l'attaque de l'Ukraine par la Russie et qui exigeait des sanctions donc on ne s'est pas trompé j'invite juste le président ukrainien peut-être à ne pas se laisser avoir par la désinformation qui peut être faite aujourd'hui par nos opposants politiques qui cherchent à effrayer les Français pour se maintenir en place

14:56
Présentateur

Marine Le Pen est interdite de séjour en Ukraine vous le savez depuis qu'elle a reconnu l'annexion de la Crimée c'est à ça aussi qu'il fait référence c'est pas juste à la campagne

15:06
Jordan Bardella

on peut faire si vous voulez la campagne électorale sur M. Zelensky sur la Crimée sur M. Navalny je ne suis pas certain que ça passionne les Français que ça réponde en tout cas à leurs préoccupations

15:15
Présentateur

je ne suis pas certain

15:17
Jordan Bardella

que ça réponde en tout cas à leurs préoccupations quotidiennes à leur inquiétude de fin de mois toujours plus difficile et encore une fois la question de l'insécurité qui se multiplie partout dans notre pays mais vous savez Marine Le Pen a la vocation d'être présidente de la République elle a toujours défendu une forme d'équidistance entre à la fois l'Est et l'Ouest c'est vrai que depuis trop longtemps nos relations sont déséquilibrées s'agissant de l'annexion de la Crimée il y avait eu un référendum dont on peut encore une fois on peut reprocher l'organisation de ce référendum mais il y a eu un référendum

15:42
Présentateur

Jordan Bardella je voudrais aussi que vous puissiez répondre aux propos de Marion Maréchal qui était à ce même micro hier pour lancer un appel à une grande coalition des droites elle dit que Marine Le Pen ne pourra pas gagner sans cette coalition il faudra être en mesure de construire une majorité présidentielle autour de Marine Le Pen ou d'imposer une cohabitation à Emmanuel Macron au fond un peu ce que dit Jean-Luc Mélenchon quand il dit qu'il faut s'emparer de ces législatives êtes-vous prêt à accepter cette main que vous tend Marion Maréchal ?

16:12
Jordan Bardella

D'abord le temps des législatives viendra il serait parfaitement indécent d'évoquer devant vous la question des législatives du mois de juin alors que nous avons un choix important à faire pour les Français que les Français vont faire dans trois jours ce que je note quand même et c'est assez cocasse c'est de voir des gens qui ont pu s'éloigner de notre famille politique qui ont pu porter des critiques parfois très sévères je ne parle pas évidemment de Marion directement mais porter des critiques à notre égard aux côtés de la candidature d'Éric Zemmour c'est vrai et venir nous solliciter pour avoir un soutien aux élections législatives donc c'est assez cocasse mais c'est la vie et on aura probablement effectivement l'occasion de discuter de ces élections législatives après l'élection présidentielle mais je vous rassure il n'y aura pas d'alliance de parti il y aura des candidats rassemblement national partout parce que l'idée est de donner la majorité la plus forte possible à Marine Le Pen mais il peut y avoir dans ces candidatures soutenues ou rassemblement national investies par le RN soutenues par le RN des gens qui viendraient de l'extérieur et encore une fois cela se déterminera au cas par cas je vous réponds précisément

17:06
Présentateur

ce que vous êtes en train de dire quand vous dites il y aura des candidats rassemblement national partout ça veut dire qu'au fond ce que Marion Maréchal propose c'est à dire qu'il y ait des candidatures communes vous n'êtes pas pour ou alors seulement s'ils viennent derrière votre manière

17:19
Jordan Bardella

comprenez bien que c'est de l'intérêt aujourd'hui de l'entourage d'Éric Zemmour de venir solliciter le soutien du RN puisqu'ils ont fait 7% ils ont fait une campagne importante mais qu'ils finissent à 7% nous sommes qualifiés au second tour donc évidemment que Marine Le Pen et le RN vont être le pôle de structuration soit de la majorité présidentielle ce que je souhaite soit évidemment de la première opposition à Emmanuel Macron

17:43
Présentateur

on est à l'initiative mais on ne demande pas en effet à en avoir le leadership

17:47
Jordan Bardella

mais écoutez le temps des législatives viendra je ne veux pas m'avancer je veux juste vous rassurer dessus vous pourriez vous dire bon bah ça tombe bien c'est quand même pas mal ils ont fait 7% on va se mettre tous ensemble la majorité la majorité que nous souhaitons créer

17:59
Présentateur

vous préférez quand même chacun rester dans votre compte

18:01
Jordan Bardella

non la majorité que nous souhaitons créer dépassera les frontières du RN il y aura des gens qui viendront d'autres horizons politiques qui peuvent venir des républicains nous l'avons fait par le passé mais en tout cas la volonté qui est la nôtre depuis quelques jours vous l'avez bien compris dans ce que nous défendons c'est un gouvernement d'union nationale idée d'une majorité

18:15
Présentateur

large

18:16
Jordan Bardella

les majorités sont toujours larges les majorités sont toujours plurielles et en tout cas du côté de ceux qui croient et qui défendent la France moi je n'aurai jamais d'adversaire

18:23
Présentateur

est-ce que ça veut dire que si Marine Le Pen n'est pas élue dimanche vous pourriez en effet lancer la campagne législative en disant dans ces cas-là au moins qu'elle soit premier ministre comme l'a fait Jean-Luc Mélenchon

18:33
Jordan Bardella

je ne vais pas spéculer sur les résultats de dimanche soir laissons les français voter et ensuite on en tira toutes les conclusions Marine Le Pen souhaite remporter cette élection présidentielle et le dernier message que je souhaiterais que les français aient en tête avant de voter dimanche c'est que si le peuple vote le peuple gagne soyez libre ne cédez pas encore une fois à la peur ne cédez pas aux marchands de peur faites-vous votre choix en votre âme et conscience si vous allez voter Emmanuel Macron sera battu dimanche si vous restez chez vous vous ferez réélire Emmanuel Macron

19:00
Locuteur non identifié

pas grand chose n'a changé quand même depuis 2017

19:02
Jordan Bardella

pourquoi ?

19:03
Locuteur non identifié

dans cet entre deux tours

19:04
Jordan Bardella

la différence c'est que nous pouvons l'emporter et qu'il a fallu peut-être plusieurs présidentielles pour expliquer aux français cette restructuration entre les patriotes les localistes les globalistes que défend Emmanuel Macron vous y croyez vraiment encore sur la main oui j'y crois bien sûr j'y crois encore une fois si les français se déplacent Marine Le Pen gagnera cette élection présidentielle c'est la seule raison ne vous fiez pas aux intentions de vote ne vous fiez pas aux sondages fiez-vous à votre cœur et fiez-vous à vos convictions si vous allez voter dimanche alors Emmanuel Macron sera battu

19:33
Présentateur

Jordan Bardella président du rassemblement national merci d'avoir répondu à mes questions ce matin il est 8h52 sur RMC et BFM TV